L'Abîme, 1939-1945.
P., Imprimerie Nationale, 1982, gr. in-8°, 611 pp, 15 cartes, notes bibliographiques, index, imprimé sur papier de Rives, reliure percaline grise de l'éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Politique étrangère de la France)
"Faisant suite à 'La décadence', paru en 1979, ce livre sur la politique étrangère de la France de 1939 à 1944 était impatiemment attendu. J.-B. Duroselle est le premier à avoir accédé à l'ensemble des archives de Vichy, Alger et Londres récemment ouvertes. Ces sources inédites, jointes à une connaissance parfaite de la production des historiens des relations internationales (dont beaucoup sont ses élèves), lui ont permis de réaliser un livre très riche, qui fait la synthèse de tous les acquis récents (et aussi de quelques-uns à venir, car J.-B. Duroselle a pu utiliser les travaux en cours de ses élèves). La partie consacrée à la drôle de guerre est celle qui innove le moins. Les recherches de F. Bédarida, F. Kersaudy et quelques autres avaient bien déblayé le terrain. Pas de réelles nouveautés donc, mais un tableau d'ensemble très solide et très clair. En revanche, l'affrontement Vichy-Alger-Londres restait encore largement dans le brouillard, moins éclairé qu'embrouillé par les multiples témoignages des acteurs de ce drame, savamment reconstruits après coup. J.-B. Duroselle nous en donne pour la première fois une présentation fondée sur des sources d'archives qui, si elles n'apportent pas de révélations fracassantes, rectifient maints détails et permettent souvent de démêler le vrai du faux. Par exemple, elles mettent en lumière le rôle capital de Weygand dans la non-application des accords de Paris par lesquels Darlan ouvrait aux Allemands les colonies françaises. Se trouve ainsi rectifiée l'image abusive de Vichy uniformément « collaborationniste » proposée par Robert Paxton. (...) Un livre très clair et parfaitement documenté qui nous permet de mieux comprendre une période sur laquelle nous n'avions jusqu'à présent que des travaux partiels ou des écrits engagés." (Hervé Coutau-Bégarie, Politique étrangère, 1983)
Histoire de l'Empire byzantin. Tome II : 1081-1453.
P., Picard, 1932, fort gr. in-8°, 482 pp pp, traduit du russe par P. Brodin et A. Bourguina, 14 pl. de gravures hors texte, 14 tableaux généalogiques, 7 cartes repliées hors texte, biblio, index, broché, bon état
Tome II seul (sur 2). — "Une remarquable histoire générale de l'Empire byzantin. L'auteur décrit successivement (...) le temps des quatre premières croisades (1081-1204), l'empire grec de Nicée et l'empire latin de Constantinople (1204-1261), enfin la chute de Byzance (1261-1453). Tous les chapitres sont suivis d'une bibliographie systématique et critique. M. Ch. Diehl écrit que « cet ouvrage représente, à la date de 1931, l'état exact et la bibliographie complète de nos connaissances sur l'histoire de Byzance ». On s'aperçoit vite, à la lecture, que cette appréciation flatteuse répond à la vérité. M. Vasiliev a fait entrer dans ses volumes les résultats les plus sûrs des recherches les plus récentes ; il a largement utilisé les travaux des byzantinistes russes, qui furent, on le sait, nombreux et importants, depuis la seconde moitié du 19e siècle. Tous les ouvrages essentiels sont utilisés et cités. La traduction est pour ainsi dire parfaite. C'est du français authentique, aux phrases limpides et aux vocables précis. Le deuxième volume se termine par une liste des empereurs byzantins, des tables généalogiques des dynasties et un index." (R. Draguet, Revue belge de philologie et d'histoire, 1933)
Le Persan contemporain. Textes et vocabulaires.
P., Librairie C. Klincksieck, 1954, gr. in-8°, 163 pp, reliure pleine basane fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièce de titre basane acajou (rel. de l'époque), bon état
Marins et flibustiers du Roi-Soleil : Carthagène, 1697.
Aspet, PyreGraph, 2002, gr. in-8°, 276 pp, nombreuses illustrations en noir dans le texte et sur 16 pl. en couleurs hors texte, annexes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état
L'exploitation des richesses du Nouveau Monde, les guerres de religions et la soif de liberté, firent fleurir aux Indes occidentales une demi-caste tantôt adulée, tantôt vilipendée, suivant le besoin que l'on en avait : les flibustiers. Il est rare de voir présentés, agissant de concert sous un même commandement, des vaisseaux du roi et des frégates flibustières, des troupes régulières et des frères de la Côte : planteurs, flibustiers ou nègres. L'expédition de Carthagène est l'une de ces exceptions. À la fin du XVIIe siècle, la politique de grandeur du Roi-Soleil a vidé les caisses de l'État. Même la capitation ne suffit plus pour soutenir l'effort militaire. C'est donc assez facilement que le roi se laisse convaincre qu'il peut aller se servir directement dans les coffres que l'Espagne possède en Amérique. Les deux grands protagonistes sont des Pyrénéens : Pointis est le seul amiral commingeois et Ducasse est béarnais. Voilà décrite l'expédition de Carthagène. Ultime engagement entre France et Espagne avant le traité de Ryswick. Le duc de Saint-Simon écrit dans ses Mémoires : "Cette expédition, qui a tout à fait l'air d'un roman, fut conduite avec un jugement, et, dans l'exécution, avec une présence d'esprit égale à la valeur."... Cette passionnante étude sur l'expédition de Carthagène, que l'on connaît mal bien qu'on la cite souvent, est basée sur un lot de manuscrits mis en vente en 1960 qui concernent cette expédition et la famille de Pointis, complétés par de nombreuses recherches au Service Historique de la Marine à Vincennes et à Brest. L'expédition unissait "sous un même commandement, des vaisseaux du Roi et des frégates flibustières", fait exceptionnel. Les annexes donnent historique, caractéristiques et personnels des bâtiments, liste des officiers morts, blessés, disparus ou prisonniers, état des munitions et dépenses faites... et la longue liste des sources.
Les Lumières de Cordoue à Berlin. Une histoire intellectuelle du judaïsme.
Lattès, 1996-1998, 2 vol. gr. in-8°, 513 et 544 pp, biblio et index dans chaque volume, brochés, couv. illustrées, bon état
1. De Cordoue à Berlin ; tel fut l'itinéraire suivi par les idées au sein du judaïsme rabbinique qui dut se confronter à l'irruption de legs intellectuels différents du sien. Ce fut d'abord le legs gréco-musulman grâce aux traductions que les Arabes avaient confiées aux plus grands : Avicenne, Avempace et Averroès. Ainsi débutait l'ère du magister dixit en langue arabe. Au Moyen Age, en réaction à l'intellectualisme maïmonidien, fut remis en scène un vieux legs mystique, la kabbala, pour faire valoir les droits de la vraie tradition d'Israël. Après l'expulsion des juifs de la péninsule Ibérique, le mouvement kabbalistique subjugua tout l'effort intellectuel d'Israël. Le présent volume couvre tout cet espace judéoarabe et judéo-européen jusqu'à l'âge prémoderne. Cette histoire intellectuelle du judaïsme est la première à paraître en langue française. — 2. Les grands penseurs, les courants majeurs, les débats, du XVIIe à aujourd'hui. Le monde savant, les lecteurs, la presse ont d'ores et déjà consacré l'œuvre du philosophe et écrivain Maurice-Ruben Hayoun comme classique. Ce second tome embrasse la période qui va du XVIIe siècle siècle à aujourd'hui. On y retrouve les grandes figures de la pensée juive – de Hirsch et Geiger à Cohen, Rosenzweig, Baeck ou Scholem -, ainsi que ses courants majeurs - de la néo-orthodoxie au réformisme, du hassidisme au renouveau talmudique –, sans oublier d'importantes mises en perspective sur la piété, la politique, l'esthétique. Toute la genèse spirituelle et intellectuelle d'un pan méconnu de la culture européenne.
Histoire vécue du peuple chrétien.
Toulouse, Privat, 1979, 2 forts vol. gr. in-8°, 461 et 481 pp, 8 pl. en couleurs et 32 pl. de gravures et photos en noir hors texte, 11 cartes et tableaux dans le texte, index, reliures pleine toile décorées sous coffret cartonné imprimé en couleurs, bon état
Deux volumes illustrés, superbement présentés en coffret, regroupant sous la direction de J. Delumeau les contributions de trente-trois historiens. Certains textes d'historiens renommés sont des modèles de pertinence. Tous répondent à une même préoccupation historique : « explorer l'espace... où vivaient et vivent les chrétiens de tous les jours qui n'étaient et ne sont ni des saints ni des théologiens », comme le dit si bien Delumeau (I, p. 8), qui remarque encore que « la piété des masses a souvent pris de court les théologiens » et que « les Églises officielles ont subi la pression des fidèles plus qu'elles ne l'ont avoué» (ibid.). C'est dire l'ampleur du champ sur lequel porte l'enquête... — Tome 1 : De la clandestinité à la chrétienté (par Annie Jaubert, André Mandouze, Paul-Albert Février, Charles Piétri, Gilbert Dagron, Jules Leroy, Pierre Riché, Francesco Chiovaro, Jacques Le Goff, Jean-Claude Schmitt, Charles de La Roncière, Aleksander Gieysztor, Francis Rapp, Bernard Vogler, Janine Estebe, Marie-Elisabeth Ducreux, Eugenio Dos Santos) – Tome 2 : Vers quel christianisme ? (par Hervé Martin, François Lebrun, Alain Molinier, Michel Vovelle, Louis Pérouas, Michel Lagrée, Jean-Marie Mayeur, Père Gérard Defois, Willem Frijhoff, Bartolomé Bennassar, Serge Gruzinski, Charles Antoine, Junko Stuveras, Kristina Debowska, Père Bernard Dupire, Edward Tiryakian).
Alésia et les ruses de César.
Flammarion, 1958, in-12, 218 pp, 8 pl. de photos hors texte, 4 figures et 2 cartes dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état. Édition originale, ex. du SP enrichi d'un envoi a.s.
Jérôme Carcopino apporte ici les preuves de l'identification d'Alésia avec la commune bourguignonne d'Alise Sainte-Reine. — "On connaît le « problème » d'Alésia. L'archéologie et la toponymie désignent Alise-Sainte-Reine. César, lui, a laissé une description assez générale qui peut s'appliquer à un grand nombre de sites d'un type commun en France, et dans le passé des théories diverses se sont autorisées de la lettre du texte pour identifier Alésia avec d'autres localités. Parmi tant de systèmes aberrants et périmés, celui d'Alaise dans le Doubs a recruté jusqu'à ce jour des défenseurs... (...) En la personne de l'auteur, on ne saluera pas seulement le grand historien, mais le grand avocat, le défenseur de la vérité scientifique. Il fallait qu'une grande voix s'élevât et plaidât le dossier, tout le dossier d'Alésia, y compris les thèses adverses, pour qu'enfin, après tant de papier gâché, tant de querelles, tant d'acrimonie, Alésia fût Alésia, pour que nos chercheurs pussent travailler en paix. Il le fallait pour l'honneur de notre pays. La cause est plaidée et gagnée par l'éloquence, par le savoir, par l'autorité de M. J. Carcopino." (Michel Rambaud, Revue des Études Anciennes, 1959)
Les Soldats oubliés. De Cao Bang aux camps de rééducation du Viêt-minh.
Albin Michel, 2008, gr. in-8°, 332 pp, préface de Hélie de Saint Marc, 16 pl. de photos hors texte, 9 cartes, lexique, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
"Témoignage vivant et nuancé sur le combat et la captivité de l'auteur, mais celui-ci éprouve le besoin d'enfoncer le clou en consacrant un chapitre à Boudarel (qu'il n'a pas connu) et une annexe sur les causes de la mortalité des prisonniers du C.E.F.E.O." (Pierre Brocheux, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1993) — "Au mois de septembre 1950 s'engageait la bataille de Cao Bang, tournant décisif dans la guerre d'Indochine. Depuis le mois précédent, le Viêt-minh disposait sur la célèbre RC 4 d'un corps de bataille de plus de 30.000 hommes puissamment armés par la Chine. Le gouvernement et le commandement français décidaient alors de replier les forces de Cao Bang et maintenaient cette manoeuvre bien que le général Giap, prenant les devants, se fût assuré du poste clé de Dong Khé. Contre-attaquant, les colonnes Charton et Le Page étaient englouties dans Ici jungle et emportées sous les vagues d'assaut de l'adversaire. Le bataillon étranger de parachutistes – ou 1er BEP – tentait de faire sauter le verrou et se sacrifiait au cours de l'un des affrontements les plus féroces et les plus sanglants de la guerre. Le livre de Louis Stien, l'un des officiers « fondateurs » de cette unité d'élite, trois fois blessé avant Cao Bang, est le récit pathétique et précis de ces combats qui s'achevèrent, pour ses camarades et lui, par quatre années d'internement dans les camps du Viêt-minh. Louis Stien, qui tenta par deux fois de s'évader, nous donne sur ces camps où régnaient la faim, la misère et la maladie et sur le système de rééducation et d'endoctrinement politiques auxquels étaient soumis les prisonniers, un témoignage saisissant et définitif." (4e de couverture)
Crabes et alligators dans les rizières. Indochine 1953-1954. Avec les Amphibies de la Légion étrangère.
Lavauzelle, 1999, gr. in-8°, 239 pp, préface du général Jean-Claude Fuhr, 43 photos sur 16 pl. hors texte, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état
Souvenirs en cent lettres et commentaires du général Jacques Jauffret. — Les deux dernières années de l’Indochine. Cent lettres écrites par un jeune officier, volontaire pour y servir. Affecté à la Légion étrangère, il y entre comme en Chevalerie, animé par la foi ardente du néophyte. Il découvre des chefs et des soldats hors du commun, qui se battent et « dégagent » avec la même ardeur, sans jamais se prendre au sérieux. Il apprend à manœuvrer avec ces formidables engins de guerre : les amphibies, qui sont, sur les côtes de l’Annam et dans les plaines des deltas, plus rapides que les fantassins du Viêt-minh. Il rencontre des hommes et des femmes d’une population sympathique et courageuse. Ces Vietnamiens qui, dans leur majorité, sont encore attachés à l’œuvre de la France... (4e de couverture)
Tu-Binh. 1446 jours au Camp n° 1. Septembre 1950 - Septembre 1954.
Lavauzelle, 1996, gr. in-8°, 256 pp, 10 pl. de dessins et peintures (en couleurs) et 4 cartes hors texte, broché, bon état
Le 17 septembre 1950, Norbert Héry, lieutenant de Légion en Indochine, est porté tué au combat de Dong-Khé. Son nom sera gravé dans le marbre de l'Hôtel de ville de Rennes parmi les morts de la Guerre d'Indochine. Près de cinquante ans après, son nom est toujours là ; Norbert Héry, aussi, parfaitement en vie. Il a pourtant bien effectué un séjour dans l'au-delà durant quatre ans, de septembre 1950 à septembre 1954 : l'au-delà viêt-minh du Camp n° 1 des « officiers prisonniers français. ». 1446 jours parmi les morts-vivants, 1446 jours d'une vie quotidienne à l'état sauvage, dans un camp itinérant sans autres barbelés que la nature hostile du Tonkin. Norbert Héry retrace par touches successives cette vie quotidienne où l'humour côtoie la mort, où l'astuce combat la faim, où les séances de rééducation oscillent entre le grotesque et le tragique, où les « Tu-Binh » (prisonniers) font face à leur destin. Voici la vérité vécue au Camp n° 1. Engagé volontaire à 18 ans, Norbert Héry entre à Saint-Cyr Coëtquidan en 1946. Sous-lieutenant de Légion en 1948, il embarque pour l'Indochine en décembre. Après un an passé au Cambodge et dans le Delta, il rejoint le 3e Étranger sur la frontière chinoise. en février 1950. Le 7 septembre, sa compagnie arrive au poste de Dong-Khé. Le 16 au matin, les 250 hommes de la garnison sont attaqués par 15.000 Viêt Minhs. À l'aube du 18, la citadelle tombe : il n'y a plus que des morts et des blessés. Norbert Héry fait partie des blessés. Ils sont emmenés en captivité, les officiers au Camp n° 1 (21 % succomberont), les sous-officiers et hommes de troupe dans divers mouroirs de la jungle (mortalité supérieure à 90 %). Pour le rescapé Norbert Héry, ce sera ensuite la Guerre d'Algérie à la tête d'une compagnie portée du 2e Étranger... (4e de couverture)
Un marin au cœur de l'exode indochinois, 1954-1955.
Pascal Galodé Éditions, 2010, in-8°, 269 pp, 64 photos sur 32 pl. hors texte, 8 cartes, 5 fac-similés en annexes, broché, couv. illustrée, bon état
"Rares sont les récits de marins ayant participé à la douloureuse fin de la guerre d’Indochine. Inscrit maritime avant d’entrer à l’école des mousses, Pierre-Jean Yvon, 20 ans, a connu tout cela à bord de sa péniche de débarquement achetée à l’US Navy ; le LSM 316 devenu L 9015. De sa traversée du Pacifique depuis la Californie pour rallier la péninsule indochinoise, à son retour en métropole, indifférente au drame qu’il a vécu, il raconte ses missions sur le Fleuve Rouge au Tonkin, la récupération des fugitifs sud-vietnamiens puis le recueil des rescapés français de leur enfer, mais aussi le transfert des communistes du Sud vers leur nouveau Nord Viêtnam. Sans nostalgie, écrit dans un style direct, celui d’un reporter, le témoignage est ponctué d’émotions, d’impressions, de passion même." (L'Écrivain combattant, juin 2012)
Margis : de la Somme au Tonkin, 1939-1946.
Nîmes, C. Lacour Éditeur, 2015, in-8°, 125 pp, pièces annexes et photos (11 photos et fac-similés, suivis de 19 cartes postales anciennes), broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.
Un ouvrage écrit à partir du carnet de guerre du père de l'auteur. Ce vieux cahier retrace l'histoire de Louis Luiggi, officier engagé volontaire en 1939, qui, après des combats acharnés et la débâcle échappe à la captivité grâce à l'armistice de 1940. En 1941, c'est le départ pour l'Indochine, qui connaît une période de paix jusqu'en 1945. Alors que la Métropole, entrevoit la fin de la seconde guerre mondiale, en Asie tout bascule dans un enchaînement dramatique oublié de notre histoire. C'est l'histoire du « Margis » (Maréchal des Logis) et de ses camarades. Jean-François Luiggi voulais faire connaître ce témoignage, "en hommage à tous les hommes tombés à Lang-Son en Indochine entre le 9 et le 12 mars 1945, pour que ces événements sortent de l'angle mort de notre histoire et prennent leurs justes places dans notre mémoire collective." (La Provence)
Le Crépuscule de la vérité d'un A. C. « Rest » 39-45. Indo-Algérie.
Éditions des Écrivains, 2001, in-8°, 223 pp, broché, couv. illustrée, bon état
"Je m'appelle Monsieur Eugène-Louis Agnetti, (alias Bob dans la résistance), né le 23 mai 1923 (donc Gémeaux) à Saint-Denis (93) et le fils de Joseph Agnetti et de Gabrielle Juliette Lambert, du fait du destin. Je pense qu'ils auraient mieux fait d'employer un préservatif que de me mettre au monde. Mais voyez, le sexe était déjà d’actualité. Orphelin de Maman très tôt, mon père ne m'a jamais pris sous son aile, trop indépendant qu’il devait être ! Très jeune livré à moi-même dans la jungle parisienne, il a fallu la guerre pour que je puisse me jauger et me juger avec impartialité, mais l'existence plutôt que la vie m'a tracée un destin assez rocambolesque. Je n'y suis pour rien. J'ai toujours écris. Journal de marche pendant la guerre ou intime permanent, je n'ai jamais sollicité d’être édité jusqu'à ce jour, comme quoi tout peut arriver !"
La Guerre du Pacifique a commencé en Indochine, 1940-1941.
Passés composés, Ministère des Armées, 2019, in-8°, 318 pp, 6 cartes, notes, biblio, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état
Version remaniée de la thèse de l'auteur. — Le 23 septembre 1940, l’armée japonaise viole la frontière indochinoise malgré la conclusion d’un accord à Hanoï quelques heures plus tôt. Pour l’Indochine française, c’est le début de près de cinq années d’occupation, qui aboutissent, le 9 mars 1945, à l’élimination de la présence française. Ainsi, l’action des forces nippones a pour conséquence de précipiter l’indépendance du Vietnam, du Cambodge et du Laos, et déclenche la guerre d’Indochine. Pour le Japon, nouvel allié de l’Allemagne, c’est la première étape de l’expansion vers le sud qui mène, quinze mois plus tard, à l’éclatement de la guerre du Pacifique. Fruit d’un long travail de recherche et d’analyse d’archives françaises et japonaises, ce livre explore le rôle du Japon, longtemps resté absent des études sur le second conflit mondial et sur les origines de la guerre d’Indochine, bien qu’il ait précipité la crise qui allait changer pour toujours le destin de l’ancienne colonie indochinoise, ainsi que celui de l’ensemble de la région Asie-Pacifique.
A Dragon Apparent. Travels in Indo-China.
London., Jonathan Cape, 1951, in-8°, 317 pp, une photo couleurs en frontispice et 24 pl. de photos en noir hors texte, une carte dépliante hors texte, reliure toile rouge de l'éditeur, jaquette illustrée (2e plat de la reliure sali, 2e plat de la jaquette abîmé), bon état. Édition originale. Texte en anglais
En janvier 1950, le journaliste et écrivain Norman Lewis part pour Saigon, à l'époque où les trois pays de l'Indochine française se libèrent de la tutelle coloniale. Il entreprend un périple qui le mène jusqu'au nord du Laos en passant par les hauts plateaux vietnamiens, alors sous le contrôle des maquisards viêt-minh, et par Phnom Penh et le site d'Angkor. Ce voyage, durant lequel l'auteur se retrouve souvent dans des postures peu confortables ou carrément rocambolesques, est relaté ici avec un flegme et un humour tout britanniques. Qu'il réalise une interview du fantasque roi du Cambodge, qu'il s'entretienne avec des officiers français ou avec les nationalistes farouchement anticoloniaux, ou encore qu'il décrive les curieuses pratiques de la secte Cao-Dai, Norman Lewis est le narrateur extraordinaire d'une Indochine en pleine effervescence.
Lélia ou la vie de George Sand.
Hachette, 1953, in-8°, 563 pp, biblio, index, reliure demi-basane carmin, dos à 2 larges faux-nerfs filetés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état
Copieuse biographie consacrée par André Maurois à George Sand (1804-1876). Cette Lélia est avec ses vies de Victor Hugo (Olympio) et de Balzac (Prométhée), l'un des modèles souvent cités du genre biographique. André Maurois a découvert très jeune l'œuvre de George Sand, par Proust qui admirait la prose fluide et lisse de "François le Champi" ou de "La Petite Fadette" et par Alain qui s'inclinait devant l'élévation morale d'une « grande femme » qui épousa les grandes causes du siècle. Au demeurant la vie de George Sand est un sujet éminemment romanesque. Arrière-petite fille du Maréchal de Saxe (le vainqueur de Fontenoy), elle compte quelques têtes couronnées dans sa lignée paternelle, tandis que sa mère, une grisette parisienne à la vie amoureuse bien remplie, semble sortir d'un roman de l'abbé Prévost. Formée à la lecture de Rousseau, mais aussi de Chateaubriand et de Bernardin de Saint-Pierre, elle quitte son Berry familial pour aller en vraie lionne romantique chercher la gloire et l'amour à Paris. Passions et passades (Balzac, Béranger, Chopin, Lamennais, Liszt, Musset...) donnent du lustre à sa carrière. Elle emprunte d'ailleurs son nom de plume à l'un de ses premiers amants (Jules Sandeau). Le féminisme romantique, la dénonciation – en noir et blanc – des injustices sociales, inspirent son oeuvre jusqu'à la Révolution de 1848 dont les excès doucheront son enthousiasme. Ses grands romans paysans, ceux que l'on lit encore aujourd'hui, paraissent à partir de 1846. Après un premier « bilan d'étape », Histoire de ma vie (1854-1856), elle abandonne le roman à thèse, se réconcilie avec l'ordre établi sans renier ses amis dont elle demande la grâce à l'Empereur et tout en restant fidèle à l'anti-catholicisme rousseauiste de sa jeunesse... — "Tous les éléments d'un mauvais roman-feuilleton se trouvent réunis dans la vie de George Sand. Transposée de nos jours, cette existence tumultueuse avec ses amours illustres et son défi aux conventions sociales ferait les délices des échotiers qui nourrissent si complaisamment la curiosité du public populaire pour les destins hors série et les personnages exceptionnels. On peut raconter cette vie en une suite de tableaux animés aux décors pittoresques et colorés : Nohant et ses plaisirs rustiques, Paris bohème et romantique, etc. On peut s'attarder sur ces silhouettes figées dans une attitude pour l'éternité, sur une légende où les redingotes et les cigares de George Sand ont pris plus d'importance que son œuvre, bref passer à côté d'une grande femme et d'un écrivain de bonne race. André Maurois, dans Lélia ou la Vie de George Sand, ne sépare jamais l'une de l'autre, et c'est pourquoi, tout en se lisant comme un roman, son ouvrage est un des plus documentés et des plus complets qui aient été écrits sur George Sand. S'il ne dissimule rien de ce qui fit scandale à son époque – et qu'on lui reproche bien encore un peu de nos jours – il s'efforce de faire comprendre et d'expliquer comment la fière et ardente baronne Dudevant, lasse de subir un mariage qui l'étouffait, partit à la recherche, dans sa vie comme dans son œuvre, de l'homme qu'elle rêvait d'aimer, de la femme qu'elle espérait être. Le biographe, sans abdiquer son esprit critique, sympathise profondément avec celle qu'il raconte et c'est pourquoi il peut tout dire sans la rapetisser." (Janick Arbois, Le Monde, 15 mars 1968)
Mémoires, I : Années d'apprentissage et années de travail.
Flammarion, 1948, in-12, 339 pp, reliure demi-maroquin citrouille, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée, couvertures et dos conservés, non rogné, ex-libris contrecollé sur le premier feuillet, très bon état. Édition originale. Un des 275 exemplaires de tête numérotés sur pur fil Outhenin-Chalandre, enrichi d'un envoi a.s.
Édition originale française de cette première partie des "Mémoires" d'André Maurois (1885-1967), de son enfance en Normandie à 1939, que l'écrivain écrivit et publia en exil à New York (Éditions de la Maison française, 1942). Le tome II n'est jamais paru. Après la mort de Maurois en 1967, Flammarion éditera en un volume les "Mémoires 1885-1967" (1970), la seconde partie paraissant alors pour la première fois.
La Marine en bois.
Fayard, 1978, in-4°, 209 pp, 165 gravures et photos, annexe, glossaire, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état
Unissant leur connaissance des choses de la mer et de l'histoire de France les auteurs ont choisis vingt-quatre bateaux d'autrefois représentés, dans cet album richement illustré, par des maquettes originales. (...) Brossée à grands traits, c'est toute l'histoire de la marine en bois, depuis les galères jusqu'aux derniers vaisseaux de ligne. (...) La plupart de ces maquettes sont de véritables chefs-d'œuvre du Musée de la Marine. Certaines, contemporaines des navires qu'elles représentent, ont été construites il y a plus de deux siècles. Toutes évoquent une page de notre histoire maritime. L.-M. Bayle a été directeur du musée de la Marine à partir de 1972. J. Mordal a été responsable du service de documentation et des études de Chaillot.
Histoire et expérience du moi.
Flammarion, 1971, in-12, 241 pp, broché, bon état (Coll. Science). Édition originale
Ce que les historiens aperçoivent du monde contemporain, et , par récurrence, du monde passé, leur fait soupçonner l'action d'une logique inconsciente des passions. Ils sont donc conduits à interroger la psychologie de leur temps , la psychanalyse. Ce livre essaie d'établir quelques règles pour la bonne conduite du débat, de sorte que ni l'historien ni le psychanalyse n'aient rien à abandonner de ce qui fait la valeur de leur métier. Il se pourra alors que l'histoire psychanalytique apparaisse au premier dans le droite tradition de l'histoire telle qu'elle a toujours été écrite, et au second comme une branche nouvelle de la psychanalyse appliquée. Cela parce qu'elle s'appuie sur l'expérience méthodique et sensible que l'historien-psychanalyste fait de son moi. (4e de couverture) — "Le très grand intérêt, pour le philosophe, de ce petit livre (peu remarqué) est que son A. est également compétent dans les deux domaines qu'il rapproche. Sous-directeur d'études en Histoire russe à I'EPHE VIe et psychanalyste, L'auteur a déjà abordé en historien et en clinicien le monde russe, dans Le Tsarévitch immolé, Essai sur la symbolique de la loi dans la culture russe (Paris, Plon 1968), auquel ce livre emprunte quelques exemples. Il ne s'agit pas ici d'un livre d'histoire, mais d'un livre de méthode et d'essais de la méthode, écrit par un historien qui sait que les questions posées aux documents et que ceux-ci proposent, ne lui sont pas imposées seulement par sa situation historique (Weber, etc.), mais « par cette partie de nous que nous voudrions soustraire à la pression historique et qui peut-être lui échappe de toute façon, l'inconscient ». Si bien que « l'historien peut avancer dans la connaissance du texte sans mener concurremment ce nécessaire examen de conscience qu'aucun vrai historien n'a jamais éludé et qu'aujourd'hui la psychanalyse oriente à sa façon » (p. 10). « II existe une analogie de position entre le psychanalyste et l'historien à l'égard du texte » (p. 17). Tels sont les thèmes que le premier texte analyse et qu'appliquent un article sur la fonction du rêve dans le roman russe et un autre sur La sorcière de Michelet, tandis que les deux derniers textes méditent sur le rapport au temps de l'histoire et sur la notion d'idéologie..." (Rémi Brague, Revue Philosophique de Louvain, 1974)
Histoire de l'Algérie en images ou Iconographie historique de l'Algérie depuis le XVIe siècle jusqu'à 1871.
P., Bibliothèque des introuvables (Claude Tchou), 2002, fort in-4°, 540 pp, préface par Jeannine Verdès-Leroux (3 pp), "L'Histoire de l'Algérie et l'iconographie" (13 pp) et "Gabriel Esquer, 1876-1961" (4 pp) par Fernand Braudel, suivis de 37 pages d'avant-propos, 110 pages de texte explicatif, et 1011 illustrations sur 354 planches dont 19 en couleurs, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, dos lisse, pièce de titre basane noire, armoiries au 1er plat, sous coffret bleu (un bord du coffret renforcé avec du scotch), bon état (Coll. l'Algérie d'autrefois). Tiré à 1.500 ex. numérotés (n° 1128)
Réimpression en un fort volume des 3 volumes publiés en 1930. Un livre qui retrace, avec plus de mille illustrations, l'Histoire de l'Algérie. Gabriel Esquer, Conservateur de la Bibliothèque d'Alger, réunit et annota, en 1930, ces images qui témoignent de tout un passé de relations complexes entre la France et l'Algérie, et dont notre époque n'a retenu qu'une image souvent simplifiée. Ce livre était introuvable. Édité par le gouvernement général, il était offert aux hôtes de marque et ne fit l'objet d'aucune diffusion commerciale. Sa publication, aujourd'hui, permet de revisiter un passé riche d'événements, de découvertes, de conflits, d'échanges. — "Les trois beaux volumes de M. Gabriel Esquer sont une révélation. C'est l'histoire d'un pays resté longtemps mystérieux racontée de la façon la plus vivante, avec une richesse de documents qui permet de ne rien ignorer des images infiniment variées que les artistes européens nous ont données de l'Afrique du Nord, depuis le XVIe siècle. Ces albums, où l'inédit abonde, nous montrent comment l'Occident a vu l'Orient barbaresque depuis l'époque où l'Espagne s'installa en quelques points de la côte algérienne, tels que Bòne ou Bougie (...) Ce qui est particulièrement curieux, c'est de voir comment les Européens imaginaient la vie musulmane en Afrique du Nord ; à la veille même de la conquête, on n'en connaissait qu'une parodie romanesque, aussi éloignée que possible de la réalité. L'ouvrage de M. Esquer donne sur l'idée que l'on se faisait de l'Algérie, au début du XIXe siècle, des documents précieux et amusants. Toute cette partie qui nous initie à l'Orient africain tel que le voyait l'Occident est pleine d'inédit et d'imprévu. (...) Ces quelques considérations suffisent à nous donner une idée de l'extrême richesse de la publication de M. Esquer ; on y trouve réuni un ensemble de faits, de documents et d'idées qui est un remarquable commentaire de l'histoire de l'Algérie depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours. Par la clarté et l'intelligence de l'exposé, l'abondance et la sûreté de l'information, c'est une œuvre qui fait le plus grand honneur à la Collection du Centenaire de l'Algérie." (Jean Alazard, Revue Historique, 1930) — "Cette luxueuse publication, la plus volumineuse de toutes celles qu'avait entreprises la Commission du Centenaire, s'est assigné un objet strictement documentaire. (...) L'ouvrage représente un dépouillement à peu près complet de tout ce qui est en Algérie, dépôts publics ou collections privées ; en France, Versailles, Chantilly, le Cabinet des Estampes et la Bibliothèque de la Guerre ont été consciencieusement exploités. Le résultat est de tout premier ordre. Car M. Esquer ne s'est pas borné à recueillir les images et à les publier : il a accompagné cet album de deux introductions, dont l'une est une étude sommaire de la manière dont s'est constituée l'iconographie de l'Algérie, et l'autre une sorte de commentaire continu fournissant pour chaque document des informations qui transforment un peu l'ouvrage en un dictionnaire historique, biographique et même topographique de l'Algérie française..." (J. Tramond, Revue de l'histoire des colonies françaises, 1931) — Plus d'un millier de documents rassemblés par l'archiviste paléographe Gabriel Esquer (1876-1961), administrateur de la Bibliothèque nationale d'Alger. Précédé d'une étude sur l'iconographie historique algérienne, avec une notice sur les documents reproduits et des tables. L'essentiel de la publication est constitué par les œuvres (peintures, dessins, estampes, images populaires, sculptures, médailles, etc.) que les événements ont inspirées, les portraits, les vues de ville et les aspects du pays. Les œuvres reproduites ont été choisies non en raison de leur valeur artistique, mais du point de vue documentaire. La plus importante source iconographique relatant l’histoire de l’Algérie. — Détail : Planches 1 à 66 (XVIe siècle-1826) ; Planches 67 à 217 (1827-1837) ; Planches 218 à 354 (1838-1871).
Le Palais du Louvre. Sa vie, ses grands souvenirs historiques.
Editions de Minuit, 1961, in-8°, 159 pp, 13 plans, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
"Annoncée pour paraître dans la collection « Les Grandes Réussites françaises », cette excellente monographie fut en définitive retranchée de la série et précipita son abandon, tant elle était supérieure aux autres volumes parus." (Vignes, 224)
Voie de la Liberté. Guide historique et touristique. [Réalisé avec le concours du lieutenant colonel E. C. Deane. Texte sur Paris par René Héron de Villefosse. Déclaration du commandant G. de La Vasselais] .
P., Les Grandes Éditions françaises, 1947, in-8°, 189 pp, nombreuses photos, une carte dépliante en couleurs in fine, broché, couv. illustrée, bon état. Édition originale
La voie de la Liberté est une voie commémorant la victoire des Alliés et la libération de la France, de la Belgique et du Luxembourg pendant la Seconde Guerre mondiale. Le commandant Guy de la Vasselais, ancien chef de la Mission militaire française de la liaison tactique près le XXe Corps de la IIIe Armée U.S, conçoit, dès juin 1944, de réaliser un souvenir grandiose de la Libération, une « Voie de la Liberté », sorte de voie sacrée reliant Sainte-Mère-Église à Bastogne. Elle est matérialisée par une série de bornes kilométriques le long du réseau routier entre Sainte-Mère-Église (borne 0) et Utah Beach (borne 00), en Normandie, et Bastogne, dans la province belge du Luxembourg, marquant l'itinéraire suivi par la 3e armée américaine commandée par le général Patton. Ces bornes de 1m20, initialement en béton, fabriquées par la maison Ferret, sont toutes identiques. On peut y voir une torche jaillissant de l'océan, symbole emprunté à la statue de la Liberté, ainsi que 48 étoiles du drapeau américain de l'époque, rappelant que les combattants sont venus de chacun de ses états. L'itinéraire choisi est certainement un des plus glorieux puisqu'il épouse la percée du général Patton et célèbre sa chevauchée historique qui l'amène en cinquante-quatre jours de la Normandie à Metz.
Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle.
P., Chez l'auteur, 1959, gr. in-8°, xii-768 pp, 22 figures dans le texte, 15 planches hors texte, importante bibliographie de près de 50 pages en fin de volume, index, reliure toile rouge recouverte d'un film transparent, dos lisse, pièce de titre basane olive, couv. conservée (rel. de l'époque), C. de bibl. annulé, bon état. Édition originale (Oberlé Fritsch, 226)
Édition originale du plus important ouvrage sur le sujet, « travail magnifique » selon Oberlé. Le chef-d’œuvre de Roger Dion, qui a révolutionné l’approche traditionnelle de l’histoire et de la géographie viticoles. Non, la qualité des vins de France ne tient pas seulement à celle des terroirs, ni à celle des cépages. Elle dépend surtout de la position géographique des vignobles par rapport aux marchés, des goûts et des attentes des clients. Les crus classés de Bordeaux ? Ils doivent leur richesse à la stratégie commerciale des Anglais, qui ont cherché dès le Moyen Âge des produits de qualité pour un marché formé de princes et de négociants. Les grandes appellations de Bourgogne ? Elles s’expliquent par les exigences de la cour des ducs de Bourgogne à Dijon. Le nez frais et ouvert des Côtes-du-Rhône septentrionales, dominé par de subtiles notes épicées ? Il doit son originalité aux attentes de la bourgeoisie lyonnaise. Le succès du Champagne ? Il résulte d’une invention anglaise qui a connu une grande vogue dans la haute société britannique et française. À l’inverse, le Languedoc a mis du temps à produire des vins de qualité car la région a connu des difficultés à l’export : ses péniches qui descendaient le Canal du Midi étaient bloquées avant Bordeaux... Pour Roger Dion, le terroir est un « fait social et non géologique », une construction historique avant toute chose. Une ode amoureuse aux terroirs des vins de France et aux hommes qui les façonnèrent. La référence inégalée pour comprendre la grande aventure des vignobles et du vin français. — "La vigne en Gaule : ses origines, la localisation des vignobles. Les grands vignobles au Moyen Age : étude par régions, caractères généraux du commerce des vins. Enfin, l'adaptation de la production vinicole aux besoins de la société moderne : le rôle de la concurrence étrangère, l'influence de Paris, l'avènement du Champagne. L'ensemble constitue une véritable encyclopédie du vin où sont étroitement réunis la géologie, le folklore, l'histoire et la vie économique des provinces de France." (Revue française de science politique, 1959)
Drames et fantaisies.
P., Michel Lévy frères, 1865, in-12, 390 pp, introduction de Saint-René Taillandier, reliure percaline bleue, dos lisse, titres, fleuron et doubles filets dorés (reliure de l'époque), bon état (Coll. Œuvres complètes). Édition originale
Édition originale en français des œuvres de jeunesse de l'auteur précédées d'une importante introduction de Saint-René Taillandier, publiée dans les œuvres complètes (Vicaire IV, col. 57). Tiré à 1.500 ex. d'après le contrat d'édition établi le 23 septembre 1854. La seconde édition paraîtra en 1886 (Calmann Lévy). Recueil composé de : Almansor – William Ratcliff – Le Retour – Nouveau printemps – Le Rabbin de Bacharach – Le Romantisme. — Fuyant l'antisémitisme allemand qui l'empêchait de trouver un emploi, Henri Heine vint s'installer à Paris en 1831, et fit de la France sa seconde patrie. Il devint tout naturellement le médiateur entre les deux cultures. — "Aucun écrivain allemand n’a suscité de réactions aussi violentes de son vivant que Heine. À l’exception de Goethe, aucun poète allemand, de loin, n’a bénéficié d’une popularité aussi grande. De même, l’histoire de la littérature allemande ne connaît pas de semblable exemple d’une réception posthume si agitée, ni si passionnée, ni bien sûr si ambivalente : aucun des grands poètes allemands n’a été plus copieusement insulté, n’a été combattu avec plus d’obstination." (Marcel Reich Ranicki, Germanica, 2019)
Envers et contre tout. Souvenirs et documents sur la France Libre, 1940-1944.
Laffont, 1947-1950, 2 vol. in-8°, 470 et (vii)-453 pp, annexes, brochés, dos du tome 1 lég. abîmé, petites taches au 1er plat du tome 2, bon état. Édition originale, un des 100 ex. numérotés sur Alfa Mousse Navarre (n° 5) (seul grand papier), les 2 tomes enrichis d'un envoi signé : « à André Dewavrin (Passy), j'offre en toute amitié ces souvenirs d'une lutte à laquelle il a pris une si grande part pour le bien de la France, Jacques Soustelle » et « à André Dewavrin, en souvenir du Colonel Passy, de nos luttes communes et du temps où prit naissance une fidèle amitié, Jacques Soustelle ».
Édition originale. Tome I : De Londres à Alger, 1940-1942. – Tome II : D'Alger à Paris, 1942-1944. — Mémoires de guerre de Jacques Soustelle (1912-1990). Pendant la guerre, membre du cabinet de Charles de Gaulle, il est nommé à Alger le 27 novembre 1943, à la tête de la Direction générale des services spéciaux (DGSS). Il s'efforce de réaliser la fusion de l'ancien BCRA de la France libre avec le Service de renseignements d'Alger afin d'intervenir aux côtés de la Résistance intérieure. — Jacques Soustelle est resté surtout connu comme spécialiste des civilisations précolombiennes et comme partisan déclaré de l'Algérie française. Or cet ethnologue américaniste fut aussi Commissaire national à l'Information (1942-1943), responsable des Services spéciaux de la France combattante (novembre 1943-avril 1945) et secrétaire général du Rassemblement du peuple français (1947-1951). Quatre fois élu député, il occupa divers postes ministériels dont celui de l'Information et fut nommé gouverneur général de l'Algérie (1955-1956) : de l'entourage le plus immédiat de De Gaulle à l'affrontement et à la proscription durant la Présidence du général...
La Bataille des Droits de l'Homme. Le combat d'Emmanuel Fréteau, député du bailliage de Melun. Tome I.
Ville de Vaux-le-Pénil, 1998, in-4°, vi-350-(5) pp, préface de Vladimir Petrovsky, nombreuses gravures en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée, bon état
Un ouvrage consacré au député Emmanuel Fréteau, l'un des rédacteurs de la Déclaration des droits de l'homme en 1789, personnage clé et pourtant occulté de la Révolution française. Pierre Argillet laisse un second tome inachevé.
Vie et secrets de Robert-Houdin.
Fayard, 1971, pt in-4° carré, 186 pp, 127 gravures, photos et reproductions de documents d'époque, chronologie, annexes, reliure percaline blanche de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état, bande éditeur conservée. Edition originale (Fechner, 511)
"Illusionniste et prestidigitateur lui-même, M. Seldow a voulu dans cet ouvrage rendre hommage au plus célèbre magicien de tous les temps, Robert-Houdin (1805-1871), ce méconnu..." — Formidable ouvrage publié lors du centenaire de la mort du prestidigitateur. Exemplaire complet de sa bande d’annonce orange fluo : "Attention les secrets de Robert-Houdin. Après plus de cent ans de silence, Robert-Houdin lui-même vous révèle le secret de quelques-unes de ses plus étonnantes expériences magiques. Nous demandons à nos amis journalistes d’avoir l’extrême gentillesse de ne pas les dévoiler; tout spécialement celui des fameux anneaux chinois."
La Vie privée d'autrefois. Les repas et la table. Civilités et usages.
P., Arnaud de Vesgre, 1994, in-8°, 284-(3) pp, une eau-forte d'Abraham Bosse repliée en frontispice, page de titre illustrée, 16 gravures hors texte, qqs gravures et figures dans le texte, reliure plein cuir véritable à grain carmin, dos lisse orné en long, titres dorés sur fond noir encadré de filets dorés, encadrements dorés sur les plats, toutes tranches dorées, imprimé sur papier vergé 120 grammes, bon état. Édition limitée à 1.900 exemplaires numérotés et signés, celui-ci un des 1.450 ex. reliés en plein agneau Shetland (n° 525)
Réédition luxueuse de l'ouvrage paru chez Plon en 1889. — Sur l’histoire de l’alimentation. Jean-Jacques Hemardinquer constatait en 1962 que “en France, en dehors de la contribution de Marc Bloch à “L’Encyclopédie française”, peu connue, on ne trouvait que des œuvres anciennes et surtout les études d’Alfred Franklin sur la cuisine bourgeoise et seigneuriale." (Annales ESC, 1962) — "La collection sur “la Vie privée d’autrefois” due aux savantes recherches de M. Alfred Franklin, et publiée par la librairie Plon, est un véritable panorama des modes, mœurs, usages, arts et métiers des Parisiens du XIIe au XVIIIe siècle, collection admirablement documentée par le texte, d’une lecture attrayante, dont le seul défaut est de ne pas être assez riche en images." (Le Livre & l'Image, revue documentaire illustrée mensuelle, 1893)
L'Art en France sous le Second Empire.
P., Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1979, pt in-4° carré, 533 pp, 372 illustrations en noir, 12 pl. en couleurs, chronologie, biblio, index des artistes, broché, couv. illustrée, bon état
Catalogue de l'Exposition présentée du 11 mai au 13 août 1979 au Grand Palais. On joint le carton d'invitation pour l'inauguration et une coupure de presse sur l'exposition (par André Fermigier, le Monde, 17 mai 1979). L’art constitue un élément essentiel de la mise en scène du pouvoir. Les événements dynastiques, tels le mariage des souverains (1853) puis le baptême du prince impérial (1856), célébrés à Notre-Dame de Paris, sont autant d’occasions de susciter l’adhésion des Français à un régime encore fragile et qui se veut digne du premier Empire. Dessiné par Baltard, le somptueux berceau du petit prince (1856, musée Carnavalet), chef-d’œuvre des arts décoratifs, est offert par la Ville de Paris en vertu d’un usage immémorial. L’installation des souverains dans les anciennes demeures des rois (Tuileries, Fontainebleau, Saint-Cloud, Compiègne...) et la poursuite des travaux du Louvre s’inscrivent dans la tradition napoléonienne et manifestent l’attachement de Napoléon III à la continuité monarchique. Le même souci se devine dans l’admiration de l’impératrice Eugénie pour la reine Marie-Antoinette et l’imitation de son goût, à l’origine du style « Louis XVI-Impératrice » qui s’impose aux meilleurs ébénistes (Fourdinois) comme aux fournisseurs des intérieurs bourgeois. Les fêtes de la cour impériale, jeune et brillante, font revivre les fastes de la monarchie française et éblouissent l’Europe...
Histoire de France.
Fayard, 1924, in-12, 572 pp, broché, bon état (Les Grandes Études historiques). Édition originale sur papier alfa
"Ce livre a fait du bruit, a été beaucoup lu et l'est encore, non sans raison ; il ne prétend pas être d'érudition, ni bien original ; il se contente de développer cette idée que personne aujourd'hui ne conteste : c'est la monarchie française, ce sont les rois, et surtout les Capétiens, qui ont construit la France dans un travail lent et patient de plus de dix siècles. L'auteur groupe en vingt-deux tableaux les grandes époques de l'histoire de France, depuis la conquête par les Romains, jusqu'à la dernière guerre et ses suites. Après avoir résumé dix siècles en trois chapitres, dans lesquels tout d'abord il montre comment les Carolingiens et les héritiers de Clovis jetèrent les bases ethniques, territoriales et sociales sur lesquelles travaillèrent les vrais fondateurs, les Capétiens, il aborde ceux-ci, raconte dans trois autres chapitres leurs premiers efforts et leurs luttes pour se soustraire au chaos féodal. Enfin, il pénètre au cœur de son programme avec Louis XI, et expose en détail les résultats de ce règne et des suivants, qui aboutissent à organiser de toute pièce la monarchie, c'est-à-dire la nation française. On peut dire qu'avec Louis XIV, et surtout à partir de Louis XV, c'est la Nation qui se forme, pendant que la royauté, surmenée par le grand roi, penche sur son déclin. Nous avons donc dans les dix derniers chapitres la partie vraiment neuve, vivante et instructive de l'ouvrage. (...) Le rôle néfaste des philosophes, l'opposition étroite et obstinée des parlements, la maladresse des ministres qui les rappelèrent, y compris Turgot, l'incapacité de Necker et autres fauteurs de cette Révolution sont suffisamment mis en lumière. L'auteur ne méconnaît ni Napoléon Ier, ni les Bourbons, ni Louis-Philippe, et il souligne leurs fautes comme leurs mérites ; il rend justice à Napoléon III et à la troisième république..." (P. Richard, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1925) — Quand il était au collège, Jacques Bainville n'aimait pas l'histoire. Que discerner dans ce tissu de drames sans suite, cette mêlée, ce chaos ? Lui voulait savoir "pourquoi les peuples faisaient des guerres et des révolutions, pourquoi les hommes se battaient, se tuaient, se réconciliaient". Déjà célèbre pour son intelligence des relations internationales, il se plongea deux ans dans l'écriture d'une Histoire de France qui paraîtrait en 1924 et serait un immense succès de librairie : 160 000 exemplaires tirés avant 1940. Ce grand ouvrage embrasse d'un seul regard, où l'élégance du style le dispute à la hauteur de l'analyse, le destin de la nation française de la Gaule romaine au premier après-guerre. Livre de chevet d'une génération, il est de ceux où l'intelligence, au-delà des partis pris politiques, vient sans cesse éclairer "l'inerte matière historique".
Pougues, ses eaux minérales, ses environs, par le Docteur Félix Roubaud, rédacteur en chef de la France médicale, et médecin-inspecteur des eaux minérales de Pougues.
P., Librairie nouvelle - A. Bourdillat et Cie éditeurs, 1869, in-12, 311 pp, une gravure de Pougues en frontispice, une carte dépliante de Pougues et ses environs, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs pointillés, titres et caissons fleuronnés dorés (rel. de l'époque), bon état
Depuis longtemps fréquentées par les habitants des contrées voisines, c'est au XVIe siècle que les eaux de Pougues étendirent leur renommée, grâce à la consécration apportée par les rois de France et les plus hauts personnages de la cour. Henri III ouvrit la série de ces puissants protecteurs. Lors de son deuxième séjour, il fut accompagné de Catherine de Médicis qui fit construire un couvent confié à des capucins pour procurer asile, soins et nourriture aux malades qui venaient des pays lointains. Henri IV y soigna ses coliques néphrétiques et sa goutte. Louis XIV fut si satisfait qu'il rendit un édit pour le transport des eaux. Jean-Jacques Rousseau, furieux de la fermeture de la grille entourant la fontaine, écrivait « qu'on vend au poids de l'or l'eau qu'ici l'on veut boire ». Au XIXe siècle, « joli petit bourg dans le centre de la France, sans aspect grandiose ni terrible », Pougues se développera du côté de l'ouest, le besoin de loger chaque année des visiteurs riches et nombreux donnant aux habitations « un cachet de coquetterie et de confort » inhabituel en milieu rural. En 1875, les hôtels qui accueillent les buveurs d'eau sont au nombre de quatre : hôtel des Eaux, hôtel des Bains, hôtel des Baigneurs, hôtel du Cheval Blanc ou hôtel Petit. Pour les curistes, « c'est la vie de famille avec toutes les convenances du monde, avec toutes les délicatesses d'une bonne éducation », occupée en priorité par les soins du traitement, mais laissant la place également aux divertissements et à la promenade. Un casino construit face à l'établissement hydrothérapique offre salle de lecture, fumoir, concerts, bals, pièces de théâtre, tables de jeux, billards, etc. Après avoir exposé les vertus et les inconvénients des eaux de Pougues, le Dr Roubaud propose en complément du traitement une série d'excursions, que le curiste pourra faire à pied ou en voiture, pour « prévenir l'ennui mortel et le découragement funeste ». C'est l'occasion de rappeler quelques éléments du passé des environs : le château ducal élevé à Nevers par Jehan de Clamecy ; Prémery, résidence d'été des évêques de Nevers ; les forges réputées de Guérigny ; la chronique du château de Remeron ; La Charité, ville monacale ; l'église de Germigny ; le musée de pipes de Garchizy. Ce guide médical et touristique, très simple et d'un accès facile, donne de nombreux renseignements sur la société au XIXe siècle, ainsi que sur une activité économique alors florissante à Pougues-les-Eaux (Nièvre). (Micberth)
Le Costume civil en France du XIIIe au XIXe siècle.
Flammarion, s.d. (1926), in-4°, 380 pp, ouvrage orné de 700 illustrations directes par la photographie, d'après les documents du temps (statues, peintures murales, tapisseries, vitraux, etc.), reproduites sur sur 11 planches hors texte en couleurs (dont le frontispice) et en noir dans le texte et à pleine page, broché, couv. illustrée, bon état
"Voici un ouvrage très digne d'attirer l'attention du public qui veut s'instruire en regardant de belles images choisies par un artiste et commentées par un historien. On remarque un souci de faire connaître par le costume toutes les classes de la société, celle des artisans comme celle des gens qui « s'habillent ». On n'y trouvera pas l'illustration banale tirée des livres que tout le monde peut consulter. La plupart des images sont peu connues et quelques-unes inédites. Le texte qui les accompagne, sobre et précis, fournit les explications nécessaires pour bien faire comprendre la forme et l'emploi des diverses pièces du costume. Il faut féliciter la maison Flammarion d'avoir conçu l'entreprise et d'en avoir confié l'exécution à un des hommes les mieux qualifiés pour la mener à bien." (Ch. Bémont, Revue Historique)
Madame Craven intime (Pauline de la Ferronnays).
P., Librairie des Saints-Pères (Béduchaud éditeur), 1906, in-12, xiv-207 pp, un portrait sous serpente en frontispice, préface du Vicomte de Meaux, reliure demi-basane fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés et fleuron à froid, tranches mouchetées, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état (Coll. Figures de femmes)
"Le talent de M. Flornoy était merveilleusement approprié à un tel sujet : personne ne pouvait mieux nous introduire dans l'intimité de Madame Craven, et l'hommage qu'il lui a rendu est digne d'elle." (Le Correspondant) — "M. Eugène Flornoy, qui est loin d’être un inconnu pour la Vendée et nombre de Vendéens, vient de nous adresser les délicieuses pages qu'il a consacrées, dans la collection "Figures de femmes" à Madame Craven Intime (Pauline de la Ferronnays). Cet exquis volume est précédé d'une charmante Préface du Vicomte de Meaux, l’ancien Ministre." (Revue du Bas-Poitou, 1908)
La Vie à Paris. 1883. Quatrième année.
P., Victor Havard, s.d. (1884), in-12, x-548 pp, index des noms cités, reliure demi-chagrin carmin à bandes soulignées de filets dorés, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée (reliure vers 1930), bon état
Chroniques rédigées par Jules Claretie (1840-1913) pour Le Figaro. 17 volumes furent publiés, qui donnent un compte-rendu de la vie parisienne pour quasiment chaque année de 1880 à 1910. — "... Je voudrais parler du chroniqueur, c'est-à-dire de l'auteur de ces savoureuses “Vie à Paris”.. Je sais si bien la joie que j'éprouve à lire un Brantôme, un Tallemant des Réaux, un Bachaumont, un Mercier..., que je suis assuré d'avance du plaisir raffiné qu'éprouveront les braves gens du XXIe siècle, amoureux de notre époque, à compulser ces livres délicieux où le meilleur d'un écrivain s'est peut-être dépensé... Nous devons beaucoup de remerciements à M. Claretie rien que pour nous avoir présenté les Parisiens de façon aussi avantageuse. Surtout si, comme je le crois très sincèrement, ces “Vie à Paris” doivent traverser les siècles et être lues aussi longtemps qu'on s'occupera des Parisiens. C'est-à-dire toujours..." (Georges Grappe, Jules Claretie, 1906)
Vie de Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI.
P., Jacques Lecoffre et Cie, 1859, in-8°, vii-564 pp, nouvelle édition revue et considérablement augmentée, testament de Louis XVI et lettre écrite de la Conciergerie par la Reine à Madame Elisabeth en annnexes, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), qqs très rares rousseurs, bon état
Biographie de référence écrite par un ardent et talentueux légitimiste. Marie-Thérèse, qui épousa le duc d'Angoulême fils aîné de Charles X, mourut en 1851.
Le Débarquement de Provence.
Passés Composés, Ministère des Armées et ECPAD, 2024, pt in-4°, 176 pp, très nombreuses photos, sources, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
Le 15 août 1944, à 8 heures, les troupes alliées débarquent en Provence. Unités américaines, commandos britanniques puis une armée française réarmée, menée par le général de Lattre de Tassigny, s’élancent depuis les navires de guerre qui les transportent des côtes italiennes et d’Afrique du Nord vers les plages du Sud de la France. À Hyères, Toulon puis Marseille, la défense allemande cède devant l’avancée des forces alliées, rejointes par les résistants de l’intérieur. Discutée depuis des mois, l’opération Anvil-Dragoon est un franc succès, malgré des combats éprouvants et meurtriers, y compris pour la population civile. Pour la première fois, à l’appui d’archives photographiques saisissantes et souvent inédites, Claire Miot retrace ces deux semaines de combats à l’issue desquels les armées de la Libération se portent désormais vers l’Allemagne.
Les Légendes hagiographiques. 4e édition reproduisant la 3e (1927) et augmentée d’une notice sur l’auteur par Paul Peeters.
Bruxelles, Societé des Bollandistes, 1973, gr. in-8°, xvi-226-lii pp, broché, bon état
"Un livre remarquable. L'auteur étudie les déformations que l'imagination populaire, d'une part, les écrivains hagiographiques, de l'autre, font subir à la trame sur laquelle ils brodent. Pauvreté de l'imagination populaire, rhétorique et supercherie des auteurs nous sont décrites... Dans le chapitre VI, intitulé “Réminiscences et survivances païennes”. Le P. Delehaye polémique contre l'école d'historiens qui veut voir, dans les pratiques officieuses du culte des saints et les traits merveilleux de leurs mythes, des survivances directes de la mythologie et des cultes du paganisme. La légèreté avec laquelle ont souvent procédé les historiens de cette école donne beau jeu au savant jésuite, qui en triomphe en bon avocat..." (H. Hubert, L'Année sociologique, 1905) — "On n'a plus à rendre compte des Légendes hagiographiques du bollandiste Hippolyte Delehaye : cette œuvre incontournable constitue depuis près d'un siècle une référence indispensable pour toute étude scientifique des sources hagiographiques. Il n'est, pour s'en rendre compte, que de se reporter au manuel récent de J. Dubois, J.-L. Lemaitre, “Sources et méthodes de l'hagiographie médiévale”, Paris, 1993 pour constater la fécondité méthodologique des « coordonnées hagiographiques » (le lieu de sépulture et l'anniversaire de la déposition) définies par Hippolyte Delehaye comme fondement du culte des saints. (...) Publiée pour la première fois à Bruxelles en 1905 et réédité l'année suivante, une troisième édition paraissait en 1927, dotée par l'auteur d'une nouvelle préface qui mettait explicitement en lumière les relations entre le culte liturgique et la littérature hagiographique (p. XXXIX). Enfin, près de quinze ans après le décès d'Hippolyte Delehaye (1941), une quatrième édition définitive est parue, en 1955 (réimp. 1973), augmentée d'une notice nécrologique d'une trentaine de pages due au père Paul Peeters et d'une impressionnante bibliographie des travaux de l'érudit bollandiste (239 titres)." (Bernard Merdrignac, Annales de Bretagne, 1999)
"Ces êtres intéressants et infortunés". Les enfants trouvés des Basses-Alpes au XIXe siècle.
Forcalquier, C'est-à-dire Éditions, 2012, gr. in-8°, 224 pp, avant-propos d'Anne Carol, postface de Virginie De Luca Barrusse, nombreuses illustrations et fac-similés, en noir et en couleurs, 4 tableaux et graphiques, sources et biblio, index, broché, bon état
"Ces êtres intéressants et infortunés". Cette formule apparaît très fréquemment sous la plume des administrateurs des Basses-Alpes. Traduisant un certain désarroi, elle illustre bien la difficulté que rencontre l'administration à venir à bout de l'augmentation des abandons d'enfants. Durant le premier tiers du XIXe siècle ce sont près de 30.000 enfants qui sont admis chaque année dans les services d'assistance en France et ils sont 6.947 recueillis dans les hospices des Basses-Alpes entre 1809 et 1834. Le décret napoléonien de 1811 "concernant les enfants trouvés ou abandonnés et les orphelins pauvres" tente d'organiser l'accueil des nourrissons au niveau des départements, et instaure un tour d'abandon dans chaque arrondissement. Ce système garantit l'anonymat des parents "abandonneurs", mais est l'objet de vives controverses jusqu'à l'arrêt de son usage à la fin des années 1860. En 1831 est créée l'Inspection départementale des Enfants trouvés des Basses-Alpes qui a pour fonction de contrôler les placements en nourrice et la bonne utilisation du budget alloué. C'est l'analyse des rapports des inspecteurs conjuguée à la lecture fine d'autres archives, tels les registres d'entrée des différents hospices du département, Manosque surtout, mais aussi Digne, Sisteron... qui permet à Isabelle Grenut de faire renaître ces destins de vie souvent éphémères, et au travers d'une attention toute particulière pour les billets et les marques (tissus, rubans...) laissés par les parents, de montrer que l'abandon ne rime pas de toute évidence avec rupture du lien ou indifférence.
Le Jansénisme. Étude doctrinale d'après les sources. Leçons données à l'Institut catholique de Paris, novembre 1907 - janvier 1908.
P., Bloud et Cie, 1909, in-12, 523 pp, reliure toile jaune canari, dos lisse, pièce de titre basane noire, bon état
Jules Paquier a étudié plus particulièrement le dogme et la morale jansénistes dans cet ouvrage. — "M. J. Paquier, bien connu par ses travaux sur l'humaniste Jérôme Aléandre, a marqué les points principaux de la doctrine Janséniste dans une série de dix conférences données à l'Institut catholique de Paris. Ce travail demeure, et c'est un mérite, un résumé clair et facilement abordable. (...) « Le Jansénisme, c'est une vue à part sur l'opposition entre ce que l'humanité devrait être et ce qu'elle est en réalité, une vue à part sur les conséquences du péché originel. Pour le Jansénisme, cette faute a établi une différence formidable entre deux états de l'humanité : l'état primitif, ou état d'innocence et notre état présent, l'état de déchéance et de corruption où nous sommes misérablement plongés. » La doctrine catholique dit : après le péché originel l'homme est faible : le Jansénisme dit : il est totalement corrompu. D'où de cette dernière hypothèse, on conclut : l'homme corrompu tend nécessairement au mal, et seule une grâce victorieuse l'entraînera vers le bien... En face de cette doctrine, il est d'autres systèmes orthodoxes : le thomisme et le molinisme (chap. V.) Le premier fut d'abord combattu par les Jansénistes ; après leur condamnation, ils essayèrent au contraire de se rapprocher de lui afin de créer des équivoques. Le thomisme considère la question du côté de Dieu ; le molinisme l'examine du côté de l'homme. « Le thomisme a une plus belle tenue scientifique », mais le point difficile à expliquer pour lui, c'est la question du mal, et la réprobation. Le molinisme « de prime abord, semble beaucoup plus humain que l'autre », mais il aboutit à des difficultés considérables : il exalte la puissance de l'homme, au détriment de l'action divine; « il en arrive à nier la liberté, cette liberté qu'il a si bien voulu défendre » ; « il apparaît comme un précurseur de l'agnosticisme kantien » dans l'impossibilité où il est de donner aucune explication de la prescience divine. L'apologétique de Pascal (chap. VI) se rattache à la doctrine Janséniste ; l'auteur en étudie les fondements et la valeur. – La morale Janséniste (chap.VII), malgré son aspect imposant, est ruineuse dans ses conséquences, car elle fausse la nature de nos rapports avec Dieu, elle fausse la nature humaine par la condamnation de toute jouissance, même permise, même utile. – Parmi les grands hommes du XVIIe siècle qui ont eu des rapports avec le Jansénisme, M. Paquier étudie Bossuet (chap. VIII) et Racine (chap. IX). (...) – Une dernière conférence est consacrée aux miracles du Jansénisme." (M. Jacquin, Revue des Sciences philosophiques et théologiques, 1910)
Où est l'Ennemi ? Cléricalisme et radicalisme. Par un ancien membre des Assemblées françaises.
P., E. Dentu, 1879, in-8°, iv-532 pp, reliure demi-veau glacé fauve, dos lisses, filet à 5 nerfs filetés soulignés de doubles filets dorés, pièce de titre basane aubergine, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), pt accroc au 1er plat, bon état
"« Où est l’Ennemi? » Sous ce titre piquant a paru ces jours derniers une étude politique et religieuse du plus vif intérêt. L’auteur n’a pas livré son nom à la publicité. Aussi bien, était-ce inutile, car il n’est personne ayant suivi les brillantes discussions de l’Assemblée nationale qui ne retrouve dans ces pages émues, pleines de verve et d’originalité, la méthode et l’allure de l’un des plus jeunes membres de cette assemblée, qui fut un instant l’enfant gâté du parti conservateur. Après avoir lu ce livre, on éprouve un sentiment étrange. – On voudrait partir en guerre ; on se sent prêt au combat. L’ennemi est si clairement démasqué, ses procédés malhonnêtes apparaissent avec tant de clarté que l’on a envie de lui courir sus. Inutile d’ajouter que l’ennemi, c’est le radicalisme. « J’ai cherché, dit l’auteur, qui avait tort, des catholiques accusés de trahir la France et de violer ses lois, ou de ceux qui profèrent ces accusations. » Dans cet examen très approfondi, très détaillé, aucune trace de passion religieuse. C’est avant tout au point de vue politique que s'est placé l’écrivain, et c’est en politique qu’il traite les questions délicates et scabreuses de son livre. (...) Où notre approbation est entière, c’est lorsque l’auteur examine et critique les moyens à l’aide desquels le radicalisme moderne entend déraciner l’idée chrétienne en France. La philosophie de ce parti, sa doctrine politique et sociale qu’il appelle « la doctrine du Dieu-État, » y sont fustigées de main de maître, avec une vigueur à laquelle, hélas ! les conservateurs sont trop rarement habitués. Mais c’est surtout quand il entre dans les détails, lorsqu’il nous révèle les prétentions du parti en ce qui concerne la suppression du budget des cultes, des ordres religieux, de la liberté religieuse du citoyen et de la liberté d’enseignement, que la lecture de ce livre devient d’un haut intérêt. L’ennemi apparaît avec toutes ses ruses, avec sa mauvaise foi, et par-dessus tout avec l’horreur de cette liberté dont il a cependant toujours le mot sur les lèvres. Il y a profit à la lecture de ces pages. Les amis de l’Église, au milieu de critiques sévères et parfois injustes, pourront y puiser de solides arguments à opposer à leurs adversaires Les ennemis du radicalisme y verront ce parti traité comme il le mérite. Tout le monde y goûtera l’esprit et le talent." (Le Correspondant, 1879)
Histoire des Princes de Condé pendant les XVIe et XVIIe siècles. I-II.
P., Calmann-Lévy, 1885, 2 vol. in-8°, iii-582 et 588 pp, 2 portraits gravés sous serpentes en frontispices, une grande carte dépliante hors texte au tome II, reliures demi-chagrin bleu-nuit, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés (rel. de l'époque), bon état
Tomes I et II, seuls volumes parus en 1885 : Louis Ier de Bourbon, Henri Ier et Henri II de Bourbon (de 1530 à 1610). — Cette étude magistrale sur les princes de Condé est peu courante. Les deux premiers volumes étaient imprimés (1863-1864) lorsque le gouvernement du Second Empire interdit leur publication et les fit saisir. Le duc d'Aumale intenta un procès qu'il gagna mais qui ne dura pas moins de six ans. Ce fut seulement en 1869 que l'ouvrage put être mis en vente, avec le texte de présentation du duc d'Aumale, daté de Palerme, le 20 mars 1869, inséré au début du tome premier. Henri d'Orléans put se remettre au travail et cinq autres volumes furent publiés de 1886 à 1896 (Drujon, Livres condamnés, p. 196 ; voir aussi Vicaire I, 153-154). — "Ouvrage considérable." (Saffroy, I, 11588).
Histoire du café.
Desjonquères, 2002, in-8°, 251 pp, édition mise à jour, notes, biblio, annexes, broché, couv. illustrée, bon état
L'origine du café est légendaire. C'est en Ethiopie que semblent être nés les premiers plants de café, transportés plus tard en Arabie et au Yémen. Au XVIIIe siècle, quelques plants finissent par quitter l'Arabie pour l'Inde, et le Yémen pour la Hollande. Les premières cultures parviennent aux Antilles vers 1723 et quelques années plus tard dans les îles Caraïbes d'où le café se répand au Brésil puis à Saint-Domingue. L'engouement des pays occidentaux pour cette boisson provoque un développement rapide des plantations caféières dans la région de Rio et l'organisation d'une économie originale où des « fazendas » assurent la culture, la cueillette, la torréfaction et l'expédition vers les ports du Havre, de Bordeaux... Simultanément, de l'autre côté du globe, les Indes néerlandaises développent leur production pour satisfaire les consommateurs de l'Europe du Nord. L'abolition de l'esclavage modifie l'exploitation caféière au Brésil et la fin du XIXe siècle voit la Colombie, Haiti et Saint-Domingue fonder leur prospérité sur le café. A la même époque, l'Afrique centrale s'impose comme un producteur important, faisant notamment de la Côte d'Ivoire le troisième exportateur mondial. Cette Histoire du café se devait d'évoquer la guerre féroce livrée pour la conquête du marché du café soluble entre les fabricants nord-américains et leurs concurrents brésiliens. Cette boisson devenue aussi mythique que le thé, son rival, est non seulement une matière première c'est aussi une boisson conviviale dont l'usage et les rites diffèrent suivant les pays et les civilisations. Frédéric Mauro explore l'ensemble des curiosités que cette boisson suscite et les éclaire d'un appareil documentaire riche et récent. — "Ceci est l'ouvrage d'un historien à la fois spécialiste du Brésil et de l'histoire économique. D'où probablement le double plaisir qu'il a eu à l'écrire, et que l'on sent à la diversité des points de vue : depuis l'agronomie moderne de la plante jusqu'aux intérêts en jeu autour du café soluble, en passant par une histoire et une géographie de la graine et de la boisson. On apprend ainsi que la France bat l'Italie pour la consommation par tête (5 kg par adulte, contre 2,3 en 1965), qu'aux États-Unis 23% du café consommé est décaféiné, et qu'il est en perte de vitesse, face aux autres boissons réputées moins dangereuses. Précisément l'auteur accorde une grande importance à une anthropologie du café, boisson sociable entre toutes. Soulignons encore que les chapitres consacrés aux réalités contemporaines sont d'un grand intérêt : l'auteur a ici utilisé avec profit la documentation de la Fédération nationale du commerce des cafés verts. L'ouvrage constitue une indéniable réussite. Il éclaire aussi bien des pans entiers de l'histoire moderne et contemporaine (esclavage et café au Brésil, émergence d'économies caféières en Amérique latine et Afrique) que de l'économie : la lutte pour le soluble entre Nord-Américains et Brésiliens transpose sur ce terrain concret certains aspects des rapports Nord-Sud. Enfin, bien informé, le livre fourmille de détails précis, pittoresques (ainsi la liste des succédanés), sinon corsés (les supposées vertus aphrodisiaques du café)." (Thomas Calvo, Revue française d'histoire d'Outre-mer, 1992)
Histoire de la Civilisation contemporaine en France. [1789-1885].
Armand Colin, s.d. (1896), fort in-12, viii-750 pp, 3e édition, notes, index alphabétique, table analytique, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs pointillés, pièce d'auteur basane acajou, titre, fleurons et filets dorés (rel. de l'époque), bon état
"A la fin de sa remarquable Histoire de la civilisation française depuis les origines jusqu'à 1789 (même librairie, 2 vol. in-12), M. Alfred Rambaud donnait, en une trentaine de pages, un tableau très abrégé de notre « civilisation contemporaine », se bornant à en indiquer les grandes lignes, à en mettre en lumière les caractères incontestables, à montrer ce que la France nouvelle tient de l'ancienne France et en quoi elle en diffère. Son nouveau volume, n'étant autre chose que le développement de cet essai rudimentaire, embrasse l'histoire politique et militaire, littéraire et scientifique, économique et morale du siècle dans lequel les progrès de la civilisation ont atteint leur plus large sinon leur complet épanouissement. Dans l'examen des divers régimes que nous avons essayés depuis la Révolution, l'auteur ne méconnaît aucun de leurs bons côtés, « ni les idées généreuses et humaines de la Constituante, ni l'énergie patriotique de la Convention, ni le génie organisateur de Napoléon, ni la probité parlementaire de nos deux monarchies constitutionnelles, ni l'ardent esprit de justice sociale qui animait la Seconde République, ni les grands progrès matériels accomplis sous le Second Empire ». Le plus difficile était, en abordant l'étude de la période tout à fait contemporaine, de présenter sous un jour vrai les événements et les faits du temps actuel, et, sans manquer aux égards nécessaires, de juger les hommes vivants en appréciant leur caractère et leur œuvre. M. Alfred Rambaud, qui ne voulait point laisser son livre inachevé, n'a pas reculé devant cette tâche épineuse ; il s'en est acquitté avec beaucoup de tact et de savoir, avec une préoccupation d'impartialité manifeste, mais mêlée parfois d'un peu d'optimisme." (Journal des débats politiques et littéraires)
D’arme et d’entr’aide : 120 ans de solidarité.
P., Mutuelle de la Gendarmerie, 2008, in-4° (23,5 x 32), (3)-32-(2) pp, cart. illustré de l'éditeur, bon état
La mutuelle de la Gendarmerie commémore 120 ans d’histoire avec un album BD anniversaire (scénario Philippe Périé et Mykaïa, dessin Pierre Alary). Cette bande dessinée est le fruit d'un travail collectif d'administrateurs et de personnes de la Mutuelle de voir restituer l'histoire de la CNG-MG de manière pédagogique ... afin que tous, jeunes et moins jeunes, sachent ce que 120 ans de solidarité mutualiste ont apporté à la communauté de la gendarmerie. Le 23 avril 1888 était créée la Caisse du Gendarme. 120 ans après, la Caisse est toujours là, efficace et solide. Ses missions ont largement évolué. Singulièrement depuis 1947 où elle sert de caisse complémentaire à la Sécurité sociale. Elle s’est étoffée et renforcée tant en effectifs que financièrement. Elle a su faire sa place et se hisser dans le cercle restreint des 25 premières mutuelles de France. Malgré toutes ces évolutions, elle a su garder les valeurs d’humanisme et de solidarité chères à son fondateur, François-Jean Paoli.
Napoléon.
P., MA Éditions, 1985, in-12, 223 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le monde de...)
Napoléon a-t-il définitivement changé le cours de l'histoire de France? Que garde-t-il de l'œuvre révolutionnaire, que conserve-t-il de l'Ancien Régime? Rupture ou continuité ?Ce volume propose quelques réponses: il regroupe tous les éléments essentiels de l'histoire napoléonienne. De nombreux articles consacrés aux mœurs, aux institutions, aux courants d'opinion, aux mouvements intellectuels et artistiques, ainsi qu'aux personnages clefs de l'époque, en France et en Europe, permettent d'établir un bilan politique, économique, sociologique et culturel de cette période cruciale pour la compréhension des temps modernes.
Le Palais Bourbon. Texte de Jean Marchand. Photographies de Jacques Boulas.
Hachette, 1962, pt in-4°, 120 pp, 60 photos reproduites en héliogravure, 4 pl. en couleurs hors texte (peintures de Eugène Delacroix), un plan, notices historiques et artistiques, broché, jaquette illustrée, bon état
"Pour visiter le Palais Bourbon et commenter soixante photographies de M. Jacques Boulas, les lecteurs ont un guide qualifié en la personne de M. Jean Marchand qui, pendant bien des années, occupa le cabinet, fort bien meublé, du bibliothécaire de l'Assemblée nationale et est de surcroît un excellent historien. La reproduction d'un fragment du plan Turgot nous montre ce qu'était le palais construit vers 1725 par la duchesse de Bourbon, et Jean Marchand nous apprend comment le comte de Lassay, son adorateur, s'installa tout près d'elle en un hôtel qui, la Révolution venue, abrita le Président de la Constituante. En 1791, devenu « Maison de la Révolution », le palais sert de prison. Sous le Directoire, une salle des séances y est aménagée pour les Cinq Cents. Enfin, sous l'Empire, Napoléon, voulant perfectionner l'ensemble constitué par les palais de Gabriel de la place de la Concorde et la colonnade à huit fûts de la Madeleine, plaqua sur le Palais Bourbon une façade à douze colonnes qu'il qualifia lui-même de « ridicule paravent ». On apprendra bien d'autres détails curieux en lisant M. Jean Marchand et en admirant les beaux clichés de Jacques Boulas." (André Gavoty, Revue des Deux Mondes, 1962)
De quoi vivait Lamartine ?
Éditions des Deux-Rives, 1952, in-12, 160 pp, broché, un portrait en couv., bon état (Coll. De quoi vivaient-ils ?)
"Les deux auteurs, sans mésestimer les nombreuses biographies parues antérieurement sur l'auteur des Méditations, ont pu avoir accès à des documents inédits. Grâce à eux, ils nous offrent un Lamartine inconnu et passionnant dont la vie fut dirigée avec la maîtrise d'un grand homme d'affaires ! Qui l'eût cru ? Sait-on, par exemple, que l'exploitation des œuvres du poète nécessita la création d'une société commerciale, et que les droits d'auteur de Lamartine s'élèvent à la somme fabuleuse de près d'un milliard de nos francs 1952 ?" (Revue des Deux Mondes, 1952)
Tableau politique de la France de l'Ouest sous la Troisième République.
Armand Colin, 1913 gr. in-8°, xxviii-535 pp, 102 cartes et figures, une carte dépliante hors texte, broché, pt morceau de scotch en tête, dos en partie fendu, sinon bon état. Edition originale, bel envoi a.s. à Ed. Bonnefous
Ce livre paru en 1913 constitue l'un des ouvrages fondateurs de la science politique française, le premier à examiner dans une perspective scientifique le rapport entre le comportement électoral d'une région, les données de la géographie physique et humaine, et le tempérament des hommes qui l'habitent. — "Ce livre est un excellent exemple des services que la méthode géographique peut rendre à l'étude des questions de sociologie et de politique." (P. Vidal de la Blache, Annales de Géographie, 1914) — "De 31 à 38 ans, André Siegfried se consacre à l’élaboration du "Tableau politique de la France de l’Ouest sous la Troisième République" qui devient, par sa publication fin 1913 chez Armand Colin, l’acte de naissance de la science politique et de la sociologie électorale. Cette œuvre, née du positivisme de la Belle Époque, est fille de son temps en faisant fi des « frontières » entre sciences sociales – jeunes disciplines dont les règles scientifiques commencent à s’élaborer. André Siegfried emprunte ses démarches, postulats et méthodes à la géographie, la science politique, l’histoire, la sociologie et l’anthropologie, voire l’ethnologie afin d’analyser le comportement électoral observé durant les trente premières années de la IIIe République pour un Ouest politique composé de la Vendée, de la Bretagne, du Maine, de l’Anjou et de la Normandie." (Alexandre Niess, Parlement[s], Revue d'histoire politique, 2014)
Napoléon devant l'Espagne. Ce qu'a vu Goya.
Fayard, 1946, fort in-12, 531 pp, broché, très bon état (Les Grandes Études historiques). Édition originale sur papier alfa classique des Papeteries Navarre
"Plutôt qu'une histoire suivie de la guerre d'Espagne, ce livre est une succession de tableaux détachés sur la résistance espagnole. M. Lucas-Dubreton s'est inspiré des célèbres planches de Goya, les Désastres de la Guerre. Son oeuvre est comme le commentaire historique de ces sombres et émouvants dessins. Cruautés de la guerre du maquis, à laquelle participe tout un peuple, hommes, femmes et enfants ; horreurs des camps de prisonniers voués à la faim et à la mort lente : l'époque napoléonienne a déjà connu ces atrocités que notre âge barbare a portées à leur comble. La collection des « Grandes études historiques » ne comporte aucune illustration. On peut dans ce cas le regretter. Les soixante planches de Goya et d'autres encore eussent été à leur place dans ce récit puissant et dramatique où elles se trouvent constamment évoquées." (Joseph Lecler, Etudes, 1947) — "Les événements espagnols ont été racontés par M. J. Lucas-Dubreton avec sa verve ordinaire et des références fréquentes à l'œuvre de Goya." (J. Godechot, Revue Historique, 1951)
Sampiero Corso, 1498-1567. Un mercenaire européen au XVIe siècle.
Ajaccio, Alain Piazzola, 1999, gr. in-8°, 544-(8) pp, 16 pl. de gravures et fac-similés hors texte, 2 cartes, 3 tableaux généalogiques, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"Une volonté de s'affranchir du légendaire avec la somme, remarquablement éditée, qu'Antoine-Marie Graziani et Michel Vergé-Franceschi consacrent à Sampiero Corso, figure emblématique surjouée de la Corse. Chef de guerre plus représentatif que le connétable du temps de Charles Quint, l'homme a combattu les lansquenets impériaux de Bourbon pour le compte du Valois et suggéré plus tard à François Ier d'assassiner l'empereur, selon Brantôme. Mercenaire fixé au service du Français, Sampiero a fait souche : modèle possible de l'Othello de Shakespeare, il a plus sûrement enté sa lignée sur celles des grands commis de la monarchie. C'est le versant ascendant d'une fortune militaire dont Bourbon incarne l'opposé." (P.-J. Catinchi, Le Monde) — Sampiero de Bastelica (v. 1498-1567) – dit Sampiero Corso ou Sampieru Corsu – est, avec Paoli et Napoléon, le plus célèbre des Corses. Beaucoup de choses ont été écrites sur lui. Sérieuses ou inventées. Aucune publication cependant n'est allée aussi loin dans la quête et l'exploitation scientifique des documents d'archives. Pour la première fois, une biographie replace Sampiero dans sa famille d'origine jusqu'alors inconnue. Pour la première fois, ce livre répond à des questions jusqu'alors pendantes : en 1536, François Ier voulait-il user de Sampiero pour assassiner Charles Quint ? En 1564, Catherine de Médicis a-t-elle ordonné le meurtre de Vannina d'Ornano par son vieil époux Sampiero ? Mercenaire au service des Médicis, de l'Empereur puis des Valois, capitaine, colonel, colonel-général, Sampiero fut – avant tout – un soldat. Ambassadeur auprès de Soliman le Magnifique, présent au couronnement du pape Léon X, aux noces d'Henri II comme à la cour du sultan, connu de Rabelais, de Du Bellay, de Brantôme ou Montluc, Sampiero est beaucoup plus que le légendaire "roi des Corses" (ainsi l'appelait-on de son vivant à Alger). Il est l'une des figures les plus troublantes du "beau XVIe siècle". Troublante, parce qu'en ces temps où "l'incroyance" semblait ne pouvoir exister, il servit le Très Chrétien, allié à Barberousse, cherchant à mettre au service de son épée le Turc comme le Chrétien, le Corse catholique, comme les Luthériens ou les Vaudois. Neveu de mercenaires, père et grand-père de maréchaux de France – les maréchaux d'Ornano –, Sampiero est un personnage hors du commun. Ce livre a pris le parti, difficile mais réussi, de substituer au "mythe" Sampiero un autre portrait du "héros" : celui d'un homme de chair et de sang, celui d'un "chef" moins insulaire qu'on ne le croit et, finalement, beaucoup plus européen.
Histoire de la civilisation contemporaine en France (1789-1909).
Armand Colin, 1909, fort in-12, x-840 pp, 8e édition mise à jour jusqu'en 1909, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs, titres et fleurons dorés, plats de percaline verts avec décor à froid (rel. de l'époque), dos lég. frotté et uniformément passé, bon état
"A la fin de sa remarquable Histoire de la civilisation française depuis les origines jusqu'à 1789 (même librairie, 2 vol. in-12), M. Alfred Rambaud donnait, en une trentaine de pages, un tableau très abrégé de notre « civilisation contemporaine », se bornant à en indiquer les grandes lignes, à en mettre en lumière les caractères incontestables, à montrer ce que la France nouvelle tient de l'ancienne France et en quoi elle en diffère. Son nouveau volume, n'étant autre chose que le développement de cet essai rudimentaire, embrasse l'histoire politique et militaire, littéraire et scientifique, économique et morale du siècle dans lequel les progrès de la civilisation ont atteint leur plus large sinon leur complet épanouissement. Dans l'examen des divers régimes que nous avons essayés depuis la Révolution, l'auteur ne méconnaît aucun de leurs bons côtés, « ni les idées généreuses et humaines de la Constituante, ni l'énergie patriotique de la Convention, ni le génie organisateur de Napoléon, ni la probité parlementaire de nos deux monarchies constitutionnelles, ni l'ardent esprit de justice sociale qui animait la Seconde République, ni les grands progrès matériels accomplis sous le Second Empire ». Le plus difficile était, en abordant l'étude de la période tout à fait contemporaine, de présenter sous un jour vrai les événements et les faits du temps actuel, et, sans manquer aux égards nécessaires, de juger les hommes vivants en appréciant leur caractère et leur œuvre. M. Alfred Rambaud, qui ne voulait point laisser son livre inachevé, n'a pas reculé devant cette tâche épineuse ; il s'en est acquitté avec beaucoup de tact et de savoir, avec une préoccupation d'impartialité manifeste, mais mêlée parfois d'un peu d'optimisme." (Journal des débats politiques et littéraires)
Tous soldats : conscrits, soldats, réservistes, territoriaux. Dessins de Job. Texte de Charles Leser.
P., Charavay, Mantoux, Martin, s.d. (1892), in-4°, 664 pp, 220 illustrations en noir de Job, Michelet et Paul Carrey dans le texte et pleine page dont 72 par Job, index, cartonnage rouge de la Librairie d'éducation de la jeunesse, 1er plat et dos décorés vert et or, dos lég. abîmé, bon état. Edition originale
Table : Le conscrit ; Le soldat ; La cavalerie ; L'artillerie ; L'état-major et les services auxiliaires - La prochaine guerre ; La mobilisation ; Réservistes et matériaux ; Les armées européennes ; La marine française. — Charles Leser (1854-1907) est le type même de l'écrivain militaire et républicain, défenseur dans ses livres et articles de ces options, et en cela très représentatif de la militarisation de la société française après la débâcle de 1870.
La Décadence, 1932-1939.
P., Imprimerie Nationale, 1979, gr. in-8°, 568 pp, notes bibliographiques, index, reliure percaline grise de l'éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Politique étrangère de la France)
La diplomatie française de 1932 à 1939. — "... De droite ou de gauche, tous les gouvernements qui se succèdent à Paris de 1932 à 1939 ont leur part dans cette « décadence » que Jean-Baptiste Duroselle analyse en puisant aux meilleures sources. En effet, directeur de l’Institut d’histoire des relations internationales contemporaines et président de la Commission pour la publication des documents relatifs aux origines de la guerre 1939-1945, J.-B. Duroselle a admirablement sélectionné et interprété une énorme masse d’archives pour aboutir à un récit vivant et nuancé..." (Claude Julien, Le Monde diplomatique) — "L'histoire des relations internationales pendant les sinistres années 30 ne cesse de s'enrichir. J.-B. Duroselle nous livre sa contribution ; elle porte sur la diplomatie française entre 1932 et 1939. Il a eu accès aux archives françaises (ainsi qu'aux documents diplomatiques étrangers) ; c'est là un gros progrès par rapport aux travaux antérieurs. Il a également utilisé de nombreux mémoires, rapports et thèses rédigés par ses étudiants. Nous voici donc en présence d'une synthèse scrupuleuse et rigoureuse. J.-B. Duroselle consacre d'abord cinq chapitres à la période qui va du retour d'Edouard Herriot en juin 1932, à la crise rhénane de 1936. Il examine aussi la politique d'Herriot (seul « apport positif » : l'accord franco-soviétique), celle de Paul Boncour, qui cherche à se rapprocher de l'Italie, le redressement trop vite interrompu de « l'ère Barthou », la diplomatie complexe et fuyante de Laval, ainsi que « l'enlisement » auquel aboutit l'affaire de la Rhénanie. Puis Duroselle examine ce qu'il appelle l'ambiance, l'état du civisme, les aspects casaniers de la France de cette époque, le choc en retour de l'immigration, les effets des propagandes étrangères sur l'opinion. Il étudie les intérêts économiques de la France dans le monde, la situation militaire – doctrine, forces et commandement – et la « machine diplomatique », dont il brosse un tableau nuancé et plutôt positif. Enfin, il revient à l'histoire proprement dite : le Front populaire, Munich, la période d'incertitude qui suivit Munich, l'échec de la négociation avec l'URSS, la marche à la guerre. (...) L'ouvrage vaut à la fois pour le tableau d'ensemble qu'il nous donne, et pour les détails. On retiendra en particulier l'analyse précise des intérêts bancaires, industriels et commerciaux à l'étranger, celle des divergences et nuances qui séparèrent Daladier et Bonnet, celle des dernières manœuvres de Bonnet entre le 1er et 3 septembre 1939. Duroselle, comme d'autres, montre l'attitude cavalière des dirigeants anglais à l'égard de la France, tenue en laisse, et la dépendance acceptée par les dirigeants français, surtout à partir de 1936. Ce n'est certes pas la faute de l'auteur si cet ouvrage mesuré et documenté est un livre accablant." (Stanley Hoffmann, Politique étrangère, 1980) — "Grâce à une documentation, souvent inédite, et notamment par l'étude des archives encore inexplorées du Quai d'Orsay, l'auteur nous propose une analyse sévère, implacable de la politique étrangère de la France durant les années 30. Dans sa grande majorité, le personnel politique de la Troisième République était incapable, inconscient. Les dérobades, les abandons, les capitulations des dirigeants français devaient permettre à Hitler d'affermir son régime. L'auteur n'épargne aucun responsable, il déboulonne certaines réputations. Bien avant que le sort des armes lui soit défavorable, la France était battue sur le front de la diplomatie." (Lectures n° 14, juillet-août 1983)
Le Mamelouck de Napoléon Ier. Les Mémoires de Roustam, le garde du corps de l'Empereur.
Paris-Bruxelles, Jourdan, 2010, in-8°, 218 pp, préface de Paul Cottin, appendices, broché, couv. illustrée, bon état
Les fameux mamelouks qui composaient la garde rapprochée de Napoléon étaient réputés puissants, mystérieux et fanatiques. Réputation que Bonaparte, n'ignorant pas que la crainte est le commencement de la sagesse, se gardait bien de démentir. De tous les mamelouks de l'Empereur un seul, cependant, était populaire : Roustam qui toujours paradait sur un cheval superbe aux côtés du Premier Consul. On le voyait partout où se montrait l'Empereur. Très vite il deviendra populaire au point que : "Tout étranger qui vient à Paris veut le voir". La confiance de Napoléon envers Roustam était sans limite : il couchait sur le seuil de l'Empereur, parfois même en travers de sa porte... Ce sont les propres souvenirs du fidèle mamelouk qui composent ce récit, depuis les multiples enlèvements dont il fut victime très jeune, sa condition d'esclave, sa rencontre avec Bonaparte au Caire, les différentes campagnes auxquelles il prit part aux côtés de l'Empereur et tous les grands moments de l'Empire qu'il vécut en témoin privilégié. Les Souvenirs de Roustam, fertiles en anecdotes sur la vie intime de l'Empereur et des grands soldats de l'Empire, n'avaient plus été publiés depuis 1911. — "Ces Mémoires sont fertiles en anecdotes sur Murat, Berthier, Duroc et la vie intime de Napoléon aux Tuileries. "(Tulard, 1282)
Napoléon.
Fayard, 1946, fort in-12, 592 pp, biblio, broché, bon état (Les Grandes Études historiques)
"Chez Bainville, ce qui domine, ce qui plaît, ce qui rend commode et attachante la lecture d'un livre, dont l'aspect extérieur paraît cependant redoutable, c'est l'aisance admirable du style, d'abord, puis l'absence de toute longue citation, la netteté sobre, mais profonde des jugements, l'objectivité lucide des exposés, un don d'analyse subtile, qui s'efforce de se tenir éloigné de l'éloge ou du blâme, de l'admiration béate ou de la critique tendancieuse. (...) Que de clartés répandues tout le long de ces pages sur l'évolution même de la personnalité de Napoléon ! La formation du jeune Bonaparte par l'étude et par une immense lecture est traitée de manière à apparaître comme une nouveauté ; la mort du duc d'Enghien est à signaler ; plus loin, la politique de rapprochement avec la Russie et Alexandre Ier et les efforts désespérés tentés par l'empereur pour maintenir l'alliance envers et contre tous ; la campagne de France et l'abdication ; puis, les deux derniers chapitres, le Martyre et la Transfiguration, où l'auteur, et cela étonne un peu, ne semble pas être pris d'une pitié exagérée pour l'exilé... C'est dans ces pages consacrées à Sainte-Hélène que M. B., et ceci est une originalité de ses découvertes, nous montre en le prisonnier de Hudson Lowe, l'« homme de lettres » avec tout ce que cette expression laisse entendre de souci de gloire posthume, de vanité, d'apologie, à l'exemple de tant de mémorialistes. (...) Un livre qu'on lit et relit avec le plaisir que procure une belle et forte oeuvre d'art." (F. Magnette, Revue belge de philologie et d'histoire, 1932)
De l'Opposition dans le gouvernement et de la liberté de la presse. Par M. le vicomte de Bonald, Pair de France.
P., Ad. Le Clère et Cie, 1827, in-8°, (4)-163 pp, reliure demi-percale acajou à coins, dos lisse, titres, filets et fleuron dorés, couvertures conservées, petite tache d'encre en marge inf. des derniers feuillets sans atteinte au texte, qqs rousseurs éparses, bon état. Édition originale enrichie d'un rare envoi autographe de Louis de Bonald au dos du faux-titre ("De la part de l'auteur à Monsieur ..."), ex-libris Eug. Forgues
L'année 1827, la dernière du long ministère Villèle, fut marquée par l'extraordinaire agitation parlementaire et extra-parlementaire à l'occasion de la nouvelle loi (loi du 29 décembre 1829) sur la presse, la plus répressive que l'on ait vue depuis la promulgation de la Charte, et baptisée "Loi de justice et d'amour" d'après l'expression ridicule que le ministre Peyronnet avait employée pour la défendre dans le Moniteur. Dès lors, le rejet de ces dispositions, finalement votées le 12 mars 1827, unira les libéraux et les ultras dans une même détestation du ministère, qui ne connaîtra plus que des difficultés sans nombre jusqu'au début de 1828. L’auteur donne ici le point de vue des Ultras hostiles à la liberté de la presse. — « Pourquoi une opposition est-elle regardée comme une des nécessités du gouvernement représentatif, et quel en est le caractère ? » Par cette phrase qui ouvre cet ouvrage, Bonald apparait, sous la Monarchie restaurée, comme le premier théoricien de cette opposition qui est l’une des conditions d’exercice revendiquées par les démocraties modernes.
La Coalition anti-hitlérienne. La coopération diplomatique de l'URSS, des États-Unis d'Amérique et de l'Angleterre pendant la deuxième guerre mondiale (1941-1945).
Moscou, Éditions du Progrès, 1971, fort in-12, 634 pp, traduit du russe, reliure toile écrue, titres en noir et bleu au 1er plat et au dos, jaquette (pt mque au dos), bon état
Dictionnaire des Religions. Avec la collaboration de H.-S. Wiesner.
Plon, 1990, in-8°, 364 pp, index commenté (53 pp), reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état
L'une des dernières œuvres d'Eliade. Un ouvrage de référence qui propose non seulement d'importants articles consacrés aux différentes religions du monde, mais également toute une série de notices sur les fondateurs de religion, les prophètes, les livres sacrés et les divers courants spirituels qui ont marqué l'histoire religieuse de l'humanité.
Sous le béret vert.
Plon, 1987, gr. in-8°, 380 pp, broché, couv illustrée, bon état
Après les campagne de Provence et d’Alsace en 1945, Cabiro passe par Cherchell, y conquiert l’épaulette et choisit la Légion Etrangère. Il participe à toute la Guerre d’Indochine, de 1946 à 1954. Il est une des figures les plus marquantes des paras de la Légion, les « bérets verts ». Puis c’est l’Algérie et la fin de sa carrière. — "Aidé par Jeannine Balland, cet officier légionnaire, figure de légende, resté dans les mémoires à travers son surnom « le Cab », raconte ses souvenirs de guerrier. Evadé de France, engagé pour la durée de la guerre, il est affecté en 1943 au 8e régiment de tirailleurs marocains. C'est avec cette troupe de qualité qu'il fait la campagne d'Italie, dans les pires conditions, dues au climat, au relief et à l'acharnement de la résistance allemande. Il combat près de Cassino, participe à la prise de Sienne et, en septembre 1944, se retrouve en Provence. En novembre, il est dans la région de Belfort. Il ne va pas plus loin. Excellent soldat, gradé bien noté, ses supérieurs l'expédient à Cherchell pour suivre les cours d'officiers de réserve. A la sortie de l'école, en août 1945, il choisit la Légion... Commence pour lui une grande aventure : en février 1946, c'est la Cochinchine à peine contrôlée avec des moyens de fortune, puis il suit le 2e régiment étranger d'infanterie dans le Sud-Annam. Il s'initie aux opérations sans résultats, aux embuscades meurtrières, aux renseignements douteux qu'il faut interpréter, aux ruses et aux trahisons des habitants pris entre la double crainte des Français et du Viêt Minh, mais aussi à la contre-guerilla et aux actions de commando. En décembre 1946, il est au Tonkin juste à temps pour répondre au coup de force du 19 et participer à la pacification du delta. Blessé, titulaire de nombreuses citations et chevalier de la Légion d'honneur, il rentre en France en 1948. Volontaire pour devenir parachutiste, il retrouve l'Indochine en janvier 1949 et sert dans le 2e bataillon étranger de parachutistes (B.E.P.) au Cambodge, en Cochinchine et en Annam. En 1950, après le désastre de la R.C.4, simple lieutenant, il est déjà officier de la Légion d'honneur, avec onze citations. Nommé capitaine en 1951, affecté au 3e B.E.P., il séjourne successivement en Tunisie, en Algérie et revient en Indochine. En novembre 1953, il saute avec le 1er B.E.P. sur Diên Bien Phu, mais une blessure le fait évacuer en mars 1954 et lui épargne le cauchemar de cette bataille maudite et peut-être la mort au combat ou en captivité. Par la suite, il opère en Algérie avec le 2e régiment étranger de parachutistes. Compromis dans le putsch des généraux, en avril 1961, il est emprisonné, mais condamné seulement avec sursis..." (Pierre L. Lamant, Revue française d'histoire d'Outre-Mer, 1988)
Catalogne Romane 1.
La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1960, gr. in-8°, 288 pp, 99 héliogravures et 15 photos en couleurs par Jean Dieuzaide hors texte, cartes et plans, reliure toile éditeur, jaquette illustrée (un peu défraîchie), bon état (la Nuit des Temps 12)
Tome 1 : Montbui, Cardona, Cassérres, San Llorenç del Munt, Corbera, Frontanyà, Taüll, Ripoll.
Autour de l'Étoile. De Colbert à Haussmann.
Hachette, 1926, in-12, 70 pp, 15 gravures et un plan hors texte, biblio, cartonnage gris moucheté illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Pour connaître Paris)
Joséphine répudiée (1809-1814).
Albin Michel, s.d. (v. 1925) in-8°, 428 pp, broché, bon état
Dictionnaire des capitaines de vaisseau de Napoléon.
SPM, 2003, in-8°, 427 pp, préface par Jacques-Olivier Boudon, texte sur 2 colonnes, sources, biblio, index, reliure simili-cuir carmin décorée de l'éditeur, bon état
Un ouvrage de référence pour tous les chercheurs : consacré aux capitaines de vaisseaux de la Marine de l'Etat sous l'Empire, ce dictionnaire présente les éléments biographiques et de carrière de 194 officiers de marine, dont les noms sont le plus souvent oubliés de l'Histoire, en raison des revers que connût la Marine à cette époque. Tableaux des origines géographiques, des professions et des fonctions politiques, récompenses, titres de noblesse, sanctions, etc. : les notices sont précédées d'une fort utile étude prosopographique.
L'Architecture militaire au Moyen Age.
Fayard, 1974, in-8° carré, 204 pp, 76 photos dans le texte et à pleine page, aperçu bibliographique, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Résurrection du passé)
L'ouvrage que voici ne se borne pas à compléter par une quantité d'observations inédites les définitions toujours valables du “Dictionnaire de l'architecture” de Viollet-le-Duc ; il multiplie les perspectives nouvelles, dans un secteur de l'archéologie dont la diversité n'est pas le moindre attrait. En outre, Raymond Ritter étend son étude à l'Occident tout entier, ainsi qu'au Moyen-Orient des croisades...
Les Églises comtoises. Leur architecture, des origines au XVIIIe siècle. Préface de Lucien Febvre.
Picard, 1954, fort in-4°, 448 pp, illustré de 10 cartes, de 82 plans d'églises, de 26 figures dans le texte et de 72 planches hors texte, index, broché, qqs rousseurs, bon état. Un des 1200 ex. numérotés sur fleur d'Alpha des papeteries d'Avignon, seul tirage
Les églises comtoises se répartissent dans les départements du Doubs, du Jura, de la Haute-Saône et le Territoire de Belfort. Celles qui sont étudiées ou citées dans ce volume s'élèvent à près d'un millier. C'est donc un ouvrage monumental que vient de leur consacrer M. René Tournier, singulièrement bien placé pour les connaître et les étudier en sa qualité d'architecte des Monuments historiques du Doubs. C'est en même temps le premier ouvrage d'ensemble sur des édifices dont il n'existait guère jusqu'à présent que des études disséminées pour la plupart dans des articles de revues. Pour mesurer l'effort de M. Tournier, il suffit de rappeler que les synthèses de l'abbé Brune, vieilles déjà d'une soixantaine d'années, concernaient seulement le Jura, ne consacraient que vingt-six pages aux églises romanes de ce département et moins encore aux églises gothiques. L'auteur décrit l'architecture religieuse dans la Comté suivant les grandes étapes de son évolution : époque romane précédée des expériences pré-romanes, époque gothique, époque classique. Dans chacune de ces grandes divisions, il étudie dans leur plan et leur ordonnance intérieure les monuments les plus importants sans oublier pour autant la construction, la décoration, les élévations extérieures, les clochers, et rattache les autres édifices à l'analyse des plus caractéristiques. (...) Tel qu'il se présente, ce travail comble une importante lacune. Il est non seulement un bilan des connaissances acquises enrichi de notions inédites et d'aperçus très nouveaux, mais aussi un excellent instrument de travail qui, avec ses cartes, ses plans réduits à la même échelle, sa copieuse illustration et son index, peut servir de point de départ à des recherches nouvelles. (Jean Vallery-Radot, Revue d'histoire de l'Église de France, 1955)
Châteaux disparus.
Firmin-Didot et Cie, s.d., in-12, 124 pp, broché, bon état (Coll. Nouveaux tableaux de Paris)
A Paris : l'Hôtel Saint-Pol et les Tournelles, le Temple, les Tuileries. Autour de Paris : Choisy, le Raincy, Saint-Ouen, Issy et Conflans (Charenton), les châteaux du Bois de Boulogne. — "Joyaux de la couronne de Paris, témoins de ses fastes et de ses désastres, tous ces châteaux, des Tuileries royales à la charmante Muette, du Temple à Madrid, de Choisy à Mousseaux, sont à jamais inséparables de son histoire. Détruits par l’incurie ou l’avarice des hommes, par la fureur révolutionnaire ou par l’action fatale des éléments et des années, leur perte est irréparable. On n’a pas revu, dans les édifices nouveaux, tant de grâce unie à tant de noblesse. Puisse la leçon du passé servir aux fervents du vieux Paris. Ne pouvant ressusciter les châteaux disparus, qu’ils défendent et sauvent ceux qui restent."
La dernière Dauphine. Madame, duchesse d'Angoulême (1778-1851).
P., Émile-Paul, 1909, in-8°, (8)-436 pp, Ouvrage illustré de 2 portraits en héliogravure sous serpentes légendées, dont un en frontispice, et de 2 planches hors texte, reliure pleine percale verte, dos lisse, titres et filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Édition originale
Biographie de Marie Thérèse Charlotte de France, née le 19 décembre 1778 à Versailles et morte le 19 octobre 1851 à Frohsdorf en Autriche, fille aînée du roi Louis XVI et de Marie-Antoinette d’Autriche. Elle est le seul membre de la famille royale stricto sensu à avoir survécu à la Révolution de 1789. Le 10 juin 1799, en épousant son cousin, Louis, elle devient duchesse d’Angoulême, puis dauphine de France, puis en exil comtesse de Marnes.
L'Occupation italienne en Corse.
P., Paul Fieschi, 1949, in-8°, 246 pp, préface de Maître V. de Moro-Giafferri, une carte, un hors-texte dessiné par Gabriel Giner, broché, bon état. Peu courant
"En 1949, l’instituteur et rédacteur ajaccien du radical-socialiste "Le Journal de la Corse", Jean-André Livrelli (1874-1967), ancien déporté en Italie puis en Autriche, publie "L’occupation italienne en Corse". Cette violente charge italophobe consacre néanmoins ses quarante premières pages à expliquer – sous une forme plus « intuitive » que strictement historique mais très éclairante d’un point de vue anthropologique – la naissance du sentiment résistant dans la population insulaire. Viennent ensuite le récit – qui est davantage un témoignage – de la captivité des résistants corses déportés par les Italiens et enfin, une longue chronologie de la Libération de la Corse. Œuvre personnelle à plus d’un titre, son propos extrêmement « revanchard », représente une source incomparable pour ce qui est de la représentation mentale de l’Italien dans l’imaginaire social corse des années 1930-1940 et de son impact dans les processus de gestation du phénomène résistant et d’engagements personnels." (Sylvain Gregori, (Ré)écrire l’histoire de la Résistance corse, 2014)
Les Invasions barbares et le peuplement de l'Europe. Introduction à l'intelligence des derniers traités de paix.
Payot, 1937-1942, 2 vol. in-8°, 349 et 319 pp, 45 cartes, brochés, couv. illustrées, bon état (Bibliothèque Historique)
Tome 1 : Arabes et Maures. Scandinaves. Slaves du Sud et du Centre. – Tome 2 : Slaves de l'Est. Finno-Ougriens. Turcs et Mongols. États issus de la décomposition des Empires du Centre et de l'Est. — "Le sujet que nous traitons dans cet ouvrage est disparate et s'étend sur une aire immense : nous devons entraîner le lecteur éperdu, des extrémités occidentales de l'Europe, de l'Espagne, jusqu'aux abords de la Sibérie ; il devra, à la suite des pirates Scandinaves entrer dans les fleuves et les villes riveraines des Pays-Bas, de la Grande Bretagne, de l'Irlande, de la France, de l'Espagne, visitées par les terribles pirates. Il aura le spectacle de la marée slave inondant l'Europe centrale et la péninsule des Balkans au VIIe siècle. Il se fatiguera à compter les morceaux cassés du mystérieux monde finnois. Du centre de l'Asie, des confins de la grande muraille de Chine, il verra accourir, de siècle en siècle, vague après vague, les hordes invincibles des populations turques et mongoles..." — "Ce volume est la première partie d'un véritable traité de l'histoire du peuplement de l'Europe, dont déjà l'auteur avait analysé quelques problèmes essentiels dans un précédent ouvrage sur Les Invasions germaniques. Dans ces études la plus forte part est accordée à l'époque de la formation des nationalités au moyen âge ; Arabes en Espagne, France et Italie, Scandinaves dans toute l'Europe occidentale, Slaves dans la péninsule balkanique et l'Europe centrale ; « une énigme et un miracle historique : le peuple roumain ». La colonisation des peuples barbares, leurs influences, les réactions suscitées, tout est passé en revue et minutieusement analysé par Mr F. Lot. Enfin le sort de chacune des nationalités qui germèrent au moyen âge est indiqué jusqu'à la Grande guerre et aux traités qui la suivirent." (Annales de Géographie, 1937, à propos du tome I) — "Dans ce second volume l'auteur achève ce véritable traité du peuplement de l'Europe, dont nous avons déjà signalé ici le précédent (voir Annales de Géographie du 15 juillet 1937, p. 412). Dans la première partie de ce volume, M. Lot étudie les invasions barbares en Europe orientale ; dans la seconde, il entre dans le domaine géographique pour nous montrer, en un résumé très clair et concis, comment la carte politique de l'Europe centrale et orientale d'aujourd'hui reflète l'histoire européenne du IVe au Xe siècle." (Annales de Géographie, 1937, à propos du tome II) — "... On sent que l'exposé repose sur la connaissance directe des sources, fécondée par de longues méditations. Le sujet est repris dès les origines : la Germanie d'avant les Invasions. Les invasions mêmes sont largement exposées et non moins la formation des états germaniques. Enfin, ce qui est essentiel, l'auteur a consacré une importante partie de son livre à la fusion des éléments germaniques et romains, à la formation des nationalités..." (F. L. Ganshof, Revue belge de philologie et d'histoire)
La Révolution française.
Armand Colin, 1959, fort in-8° carré, (12)-577 pp, préface de Henri Calvet, édition illustrée de 225 gravures, portraits et et fac-similés de l'époque, dans le texte et hors texte, imprimé sur papier Téka, broché, couv. illustrée à rabats (maquette de Jeanine Fricker), bon état
I : La chute de la royauté. II : La Gironde et la Montagne. III : La Terreur. — "Notre souci principal a été de substituer à l'iconographie traditionnelle une illustration vivante tirée des sources les moins connues des bibliothèques, des archives et des musées. Circulant avec le texte, elle permet de suivre de la façon la plus "contemporaine" les personnages et les événements. C'est dire qu'on y trouvera avec des gravures populaires, des caricatures du temps, les portraits les moins connus des grands hommes de la Révolution ainsi que des objets et de nombreuses reproductions de la presse du temps."
Les siècles obscurs de l'Afrique noire. Histoire et archéologie.
Fayard, 1971, in-8°, 314 pp, 91 illustrations, cartes et plans, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état
"Raymond Mauny, dont on connaît la thèse monumentale, “Tableau géographique de l'Ouest africain au Moyen Age”, occupe depuis 1962 la chaire d'Histoire de l'Afrique jusqu'en 1600. Il nous fait bénéficier de son enseignement et de son expérience étendue d'archéologue et d'historien dans ce volume. Il le fait avec sa clarté ordinaire, sa netteté, son honnêteté. Au passage il pourfend des monstres : le voyage d'Hannon, la découverte de l'Amérique par l'empereur du Mali. Après les hypothèses sur les origines des peuples, il retrace la lente ascension de la préhistoire, avec une précision et une largeur d'information qui éclaire et rénove le sujet ; à signaler notamment les développements sur l'introduction des métaux, le dessèchement du Sahara, les routes des chars avec une bonne carte. Suivent les exposés sur les navigations antiques, les incertitudes et limites des connaissances des Anciens sur l'intérieur de l'Afrique, les découvertes archéologiques du passé le plus lointain. Les étapes du Moyen Age avec la formation et la vie des grands royaumes soudaniens sont ensuite évoquées, à l'aide des traditions historiques et des grandes fouilles, sans oublier l'Afrique non-islamique, chrétienne et animiste. Les révélations récentes de l'archéologie et leur mise au point y jouent un grand rôle. L'Afrique obscure peu à peu se révèle dans ce texte d'un de ses meilleurs chercheurs. Sur l'expansion portugaise, mieux connue, il s'étend beaucoup moins. Par contre, le dernier chapitre, intitulé « L'ère des traites négrières et de la dissémination des pouvoirs », occupe une place importante. Période de confusion politique, où la traite côtière européenne s'ajoute à la traite musulmane bien antérieure..." (Hubert Deschamps, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1972)
Liberté, Liberté chérie (1940-1942). Suivi de Roissy-en-France : récit d'un vol du "Groupe Lorraine" (3 octobre 1945).
Fayard, 1977, gr. in-8°, 428 pp, 8 pl. de fac-similés et photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
En juin 1940, Pierre Mendès France, lieutenant aviateur, s'embarque à Bordeaux sur le Massilia pour suivre son unité militaire repliée au Maroc et continuer la guerre contre l'envahisseur allemand. Arrêté par les autorités de Vichy, il est incarcéré à la prison militaire de Clermont-Ferrand et condamné à six ans de prison, après une procédure mouvementée. Il s'évade le 21 juin 1941 et, après dix mois de vie clandestine en France, il s'engage dans les Forces aériennes françaises libres et effectue de nombreuses missions de bombardement avec le Groupe Lorraine . Cet ouvrage est le récit écrit sur le vif, en 1942, de son "voyage affreux à travers la patrie défaite, humiliée et asservie". De ce voyage – écrit l'auteur – j'ai rapporté quelques photographies qui sont un témoignage authentique et émouvant sur le choc du printemps de 1940 – depuis la scène politique jusqu'aux prisons où on entasse les patriotes. C'est aussi le récit d'une évasion pittoresque, de la vie clandestine quotidienne dans “la faim et le froid” – du réveil du pays et des débuts de la Résistance. — "C'est en pleine guerre, en 1943, que M. Pierre Mendès-France publia à New-York son livre “Liberté, Liberté chérie”, où il raconte dans quelles conditions il fut arrêté par le gouvernement de Vichy, jugé, condamné, comment il put s'évader de la prison où il avait été enfermé, et comment il dut vivre clandestinement pendant plusieurs mois avant de rejoindre à Londres le gouvernement de la France Libre. En 1939, M. Mendès-France a trente-deux ans. Il est député. Il a déjà été Sous-Secrétaire d'État dans le ministère Blum. Il a été antimunichois. Il est lieutenant de réserve dans l'armée de l'Air (...) S'il donne des analyses fort pertinentes de l'opinion française en ce début d'occupation, M. Mendès-France ne peut parler qu'avec discrétion et sans précision de son activité propre, puisque son livre fut publié en 1943, et qu'il ne pouvait compromettre les « résistants » qu'il avait vus en France après son évasion de la prison de Clermont-Ferrand. En fait, il entra en rapports avec des patriotes, put (grâce à des contrebandiers « désintéressés ») passer clandestinement de Thonon en Suisse, y prendre contact avec les consuls anglais et américains (les seconds plus favorables que les premiers), ainsi qu'avec quelques Français qui s'y étaient réfugiés (Marius Moutet, par exemple). Il traversa plusieurs fois le lac, effectua plusieurs missions de liaison, monta lui-même un réseau qui se révéla fort utile par la suite, prit des contacts avec des fonctionnaires civils et militaires et quitta, enfin, la France, en février 1942, en se mêlant (muni de vrais visas polonais obtenus en Suisse) à un groupe de Polonais qui traversaient les Pyrénées. De là, il atteignit Lisbonne, puis Londres, où il s'engagea dans les F.F.L. Versé dans le groupe Lorraine, il participa à plusieurs raids de bombardement avant de devenir, à la demande du général de Gaulle, « commissaire aux Finances » du Gouvernement provisoire d'Alger (novembre 1943). (...) Le texte de M. Mendès-France sur “Roissy en France, l'attaque de Chevilly-Larue par le groupe Lorraine, le 3 octobre 1943” est intéressant non seulement pour les précisions qu'il apporte sur le raid de Chevilly-Larue, mais aussi pour l'analyse des sentiments des aviateurs qui y participèrent. Son livre, “Liberté, Liberté chérie...”, est important pour tout ce qu'il nous apprend sur les événements de Bordeaux, sur l'affaire du Massilia, sur les intrigues marocaines au cours de l'été 1940, sur l'acharnement avec lequel Vichy a poursuivi, à cette époque, et Mandel et Mendès-France et tous les hommes qui représentaient les idées démocratiques et, enfin, sur l'état de l'opinion publique entre 1940 et 1942." (Marie Granet, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1958)
Les Pousse-au-jouir du maréchal Pétain.
Seuil, 1975, pt in-8°, 238 pp, préface de Roland Barthes, 8 cartes, repères chronologiques, broché, couv. illustrée, bon état. Édition originale
« Écrit par un jeune homme, qui n'a pu connaître le régime du maréchal Pétain, le livre de Gérard Miller possède pourtant un pouvoir intense de résurrection : ridicule et menaçant tout à la fois, le pouvoir pétainiste revient à petits coups de phrases comme un cauchemar sinistre et glacé. » (Roland Barthes). — Un ouvrage de référence pour qui veut comprendre la période trouble des années 40. (L'Éditeur)
La Tragédie de Tsoushima.
Payot, 1934, in-8°, 330 pp, traduit du russe, reliure demi-toile verte, dos lisse avec fleuron et double filet dorés, couv. illustrée conservée, pièce de titre basane rouge, bon état (Bibliothèque Historique)
La bataille de Tsushima a lieu les 27 et 28 mai 1905 entre la flotte de la Baltique de la Marine impériale russe commandée par l'Amiral Rojestvenski, et la Marine impériale japonaise sous les ordres de l'amiral Tōgō, dans le détroit de Tsushima qui sépare la Corée du Japon. La quasi-totalité de la flotte de la Baltique russe fut perdue dans la bataille... L'auteur, ancien matelot-cambusier sur le croiseur cuirassé Orel, a tenu son journal de bord pendant toute la durée de la campagne qui vit le désastre de Tsoushima. Il sera fait prisonnier par les Japonais. Bien des années plus tard, il reprit son Journal et le compléta par une enquête auprès des survivants et dans les archives pour nous donner ce récit. "Nous avions couvert plus de 18.000 milles. Trois jours de route nous séparaient seulement de Vladivostok. Mais pour toucher la terre de la Patrie, il fallait traverser le terrible passage de la mort, le passage de Tsoushima."
Doc-Lap ! (L'indépendance ou la mort !). Choses vues en Indochine.
Éditions Kergour, 1999, in-8°, 246 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Réédition de l'édition Jean Vigneau de 1946 (et non 1956 comme indiqué fautivement au dos de la page de titre)
En septembre 1941, Jean-Michel Hertrich, après avoir enseigné neuf ans dans les collèges d'Indochine, prend le dernier bateau qui reliera l'Indochine à la France. Il trouvera la France défaite, occupée, il résistera courageusement, mais au cours de son combat toujours il continuera de rêver à cette Indochine où il a laissé une partie de son être. Dès 1944, il veut être de ceux qui vont repartir en Indochine... Il n'a pas de titre qui lui permette d'intégrer des unités combattantes alors il se débrouille, il devient journaliste-correspondant de guerre et en juillet 1945, il rejoint en Inde la Mission Militaire Française. Mais août 45 c'est la bombe, le Japon capitule. La conférence de Potsdam a décidé qu'en Indochine les Japonais seraient désarmés par les Chinois au Nord et par les Anglais au Sud du 17e parallèle. Quant à la France elle est oubliée : rien n'est prévu pour permettre son retour en Indochine. Plus que jamais il faut se débrouiller et Hertrich se débrouille : il part avec le premier contingent anglais qui arrive à Saïgon, le 6 septembre 1945, quelques jours après que l'Administrateur Cedille ait été parachuté avec mission de reprendre en main l'Administration de la Cochinchine. Hertrich va vivre, au jour le jour, Saïgon et la Cochinchine au cours de cette période trouble et angoissante qui précède l'arrivée de Leclerc et des premières troupes françaises en fin septembre 1945. Puis, il suivra la reconquête de la Cochinchine et enfin, toujours accompagnant Leclerc, il débarquera au Tonkin et parviendra à Hanoï. Observateur privilégié, il va "voir et témoigner", avec une honnêteté bouleversante, écartelé entre son amour de la France qui, pour lui, n'est qu'une avec son Empire et son immense affection pour ces "Annamites" qu'il considère comme des frères et qui aujourd'hui le rejettent. Ce témoignage, certes, a vieilli, car alors ni Hertrich ni personne n'avait de vision claire et réaliste de la situation en Indochine. A l'époque, personne ne savait ce qu'était le Viêt-minh et encore moins qui étaient les hommes du Viêt-minh... Alors, on disait, on racontait... La rumeur tenait bien souvent lieu d'information, mais ce témoignage n'en reste pas moins un document inestimable car il est celui d'un homme de bien, d'un être immensément humain.
Les Femmes devant l'échafaud.
P., Ballay, 1862, in-8°, 317 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs filetés soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état. Rare
Édition originale. Table : Marie-Antoinette, Madame Élisabeth, Madame Rolland, Charlotte Corday, Lucile Desmoulins, Olympe de Gouges, La comtesse du Barry, Madame Tallien, La princesse de Lamballe, Mlle de Sombreuil, Élisabeth Cazotte, Cécile Renaud, Mlle de Coigny, Sophie Lapierre, Les Inconnues de la Révolution.
De l'autre côté de l'eau. Indochine, 1950-1952. Édition établie par Stéphane Audoin-Rouzeau.
Tallandier, 2010, pt in-8°, 165 pp, 2 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
De février 1951 à juin 1952, le lieutenant Dominique de La Motte prend la direction du commando 12, une unité de supplétifs hébergée dans une plantation d'hévéas près de Câu Khoi, non loin de la frontière cambodgienne. Au milieu de ses partisans, le jeune officier est roi de guerre. Sa mission : créer une zone interdite au Viêt-minh. Son quotidien : la guerre des postes, faite de patrouilles incessantes, d'embuscades souvent frustrantes, de contrôle des populations, de chasse aux renseignements, de prises de butin... Et puis un jour, le commando passe "de l'autre côté de l'eau", au-delà de la rivière qui marque la limite de son territoire. Pour atteindre l'ennemi, pour tuer un autre roi de guerre. Surplombée de trop haut par la tragédie de Diên Biên Phu, recouverte ensuite par le conflit algérien, la guerre d'Indochine est une guerre oubliée. Par la force de son récit, Dominique de La Motte nous la jette au visage. Son regard singulier et intime nous livre un témoignage intemporel sur la liberté de la guerre, écrit à la pointe de la lame.
Émeutes et journées révolutionnaires en Côte-d’Or, 1775-1800.
Dijon, Archives départementales de la Côte-d’Or, 2009, gr. in-8°, 176 pp, broché, bon état
Actes de la journée d’études du 25novembre 2005, Cahier du Comité départemental pour l’histoire de la Révolution en Côte-d’Or, nouvelle série n° 2. — Ce volume aborde des enjeux sociaux tels que le problème des subsistances ou la question de l’accès à la terre qui met en compétition villageois et propriétaires à Géanges (J.Sirdey) comme à La Bussière-sur-Ouche (J.Bart). Sur le plan politique, sont examinés les réformes de Turgot et les oppositions qu’elles suscitent, la nouvelle compétition électorale, le contrôle de la garde nationale (G.Lévêque) et encore le découpage départemental et les divers enjeux qu’il recèle. Sur le plan culturel, différentes contributions abordent la question religieuse (de l’anticléricalisme des Lumières à l’agitation attisée par les réfractaires), la mutation de l’éducation et les résistances auxquelles elle se heurte (S.Morlot), le répertoire théâtral et sa censure (C.Trehorel). Ces multiples enjeux mobilisent des acteurs très variés. À l’étude des mobilisations du peuple des villes et de celui des champs répond celle des élites, aristocrates ébranlés mais pas résignés à l’instar de ceux de Beaune (S.Dollinger), ou bien bourgeois affirmant leurs prétentions nouvelles tant politiques qu’économiques. L’examen des tensions religieuses passe tant par l’étude de l’avidité des moines de Cîteaux (F.Seichepine) que par celle des résistances des fidèles, en particulier les femmes, paroissiennes attachées aux prêtres réfractaires, ou encore jeunes filles de l’hospice de Dijon récalcitrantes à l’arrivée d’éducatrices acquises aux principes révolutionnaires. Sur le plan militaire, à l’analyse d’une mutinerie menée en 1790 par des soldats probablement mus par une hostilité sociale contre leurs officiers au sang bleu (R.David) fait écho l’intérêt porté aux insoumis sous le Directoire (C.Farenc). Enfin, des pratiques diverses sont mises en œuvre par ces différents acteurs suivant les scènes et les enjeux des affrontements: lutte électorale, cris séditieux, charivari, voire meurtre. Au total, une chronologie des tensions départementales s’esquisse, qui s’inscrit dans la dynamique révolutionnaire générale: Grande peur de 1789, tensions entre patriotes modérés et avancés en 1791 (par exemple à Vitteaux), emprisonnement de nombreux suspects en 1792, affrontement entre républicains et royalistes sous le Directoire. Mais alors réapparaît la question de l’anII dans ce département «bleu» (C.Lamarre). L’action vigoureuse des représentants en mission et des sans-culottes locaux, organisés en sociétés populaires et comités de surveillance, a en fait contenu les tensions, sans les faire disparaître. Cet ouvrage intéressera tous ceux que passionne la Révolution.
Un Ministère de la Guerre de vingt-quatre jours, du 10 août au 4 septembre 1870.
Plon, 1871, gr. in-8°, 196 pp, 2e édition, un tableau dépliant, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et caissons fleuronnés dorés (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire très bien relié et sans rousseurs
"... C'est en présence des dispositions stratégiques d'un ennemi aussi vigilant qu'audacieux et avec des forces à peine rassemblées à Châlons que le général de Palikao parlait de revenir aussitôt à l'action. Il avait deux ou trois plans de campagne en quelques jours. Il voulait ou qu'on allât droit sur Verdun pour culbuter le prince de Saxe et donner la main à l'armée de Metz, – ou qu'on marchât par Stenay sur Montmédy, si Bazaine ne pouvait plus percer que de ce côté, – ou bien enfin qu'on se jetât sur le prince royal de Prusse en marche sur Paris par la ligne de l'Est. Il n'y avait que le choix des combinaisons tour à tour proposées et agitées, malheureusement fondées les unes et les autres sur une appréciation bien peu juste de nos forces, et sur une ignorance des mouvemens de l'ennemi qui ne fut peut-être jamais égalée, qui reste un des phénomènes les plus étranges de cette étrange et triste guerre..." (Charles de Mazade, Revue des Deux Mondes, 1874) — "Celui qui fut le commandant en chef de l'expédition de Chine dénonce la politique d'économie dont l'armée fut l'objet." (Bourachot, 107)
Écrits apocryphes chrétiens, I. Édition publiée sous la direction de François Bovon et Pierre Geoltrain.
Gallimard, 1997, in-12, 1856 pp, traduits de différentes langues par un collectif de traducteurs, index établis par Sever J. Voicu, reliure plein cuir doré à l'or fin de l'éditeur, rhodoïd, étui carton, bon état (Bibliothèque de la Pléiade)
Premier volume (sur 2). — Les textes recueillis dans ces deux volumes sont des apocryphes, ce qui signifie qu'en dépit d'un contenu comparable à celui des Écritures ils n'appartiennent pas au canon. En effet, soit ils s'écartent de la doctrine officielle de l'Église en véhiculant des idées hétérodoxes, soit ils font trop appel au merveilleux, aspect dont l'Église s'est toujours méfiée. Mais rappelons que le canon des Écritures n'a pas été fixé tout de suite, son histoire court jusqu'à la quatrième session du Concile de Trente (1546). Ajoutons aussi qu'il y a toujours désaccord en la matière entre l'Église catholique et les Églises protestantes pour certains livres. Les textes réunis dans le premier volume relèvent de l'Antiquité chrétienne et recoupent différents genres bibliques : évangiles (auquel il convient d'adjoindre des écrits relatant la vie et la dormition de Marie, mère de Jésus), épîtres, Actes des apôtres, apocalypses (sur les derniers temps et l'au-delà). (Les textes réunis dans le second volume sont, dans leur majorité, plus tardifs). Ces pièces sont précieuses. Elles permettent une connaissance plus approfondie des premiers temps de l'Église et la compréhension de traditions – dans le domaine de la piété, de la liturgie ou de l'art – dont nous n'avons pas trace dans les textes canoniques. Les écrits chrétiens que l'on dit « apocryphes » n'ont cessé d'être diffusés, récrits, adaptés. Ils furent le terreau de l'imaginaire chrétien, et une source d'inspiration pour les sculpteurs, les peintres, les écrivains, les musiciens... Ils se développent en quelque sorte dans les interstices des livres canoniques. Ils comblent des vides, inscrivent une parole dans les silences, donnent une voix aux personnages muets, un nom et un visage à ceux qui n'étaient que des ombres. Comme toute littérature, ils rusent avec le discours clos. — Ce volume contient : Sur Jésus et Marie : Prédication de Pierre - Évangile selon Thomas - Évangile secret de Marc - Protévangile de Jacques - Évangile de l'enfance du Pseudo-Matthieu - Livre de la nativité de Marie - Dormition de Marie du Pseudo-Jean - Histoire de l'enfance de Jésus - Vie de Jésus en arabe - Évangile de Pierre - Questions de Barthélemy - Livre de la Résurrection de Jésus-Christ par l'apôtre Barthélemy - Épîtres des apôtres - Fragments évangéliques. Visions et révélations : Ascension d'Isaïe - Apocalypse d'Esdras - Apocalypse de Sedrach - Visions d'Esdras - Cinquième livre d'Esdras - Sixième livre d'Esdras - Odes de Salomon - Apocalypse de Pierre - Apocalypse de Paul - Livre de la révélation d'Elkasaï. Sur Jean-Baptiste et les apôtres : Actes d'André - Actes de Jean - Actes de Pierre - Actes de Paul - Actes de Philippe - Actes de Thomas - Doctrine de l'apôtre Addaï - Légende de Simon et Théonoé - Éloge de Jean-Baptiste - Correspondance de Paul et de Sénèque.
Les Royaumes Celtiques. Édition augmentée d'un chapitre sur : La Gaule dans le monde celtique, par Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux.
Fayard, 1974, gr. in-8°, 452 pp, traduit de l'anglais, 105 illustrations sur 64 pl. hors texte, 8 cartes, notes, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette, bon état
La civilisation des Celtes, difficile à dégager des légendes, est le refuge des Celtomanes et pseudo-historiens de la tradition qui attribuent aux Celtes tout ce dont leur cause a besoin. Les Royaumes Celtiques, ici présentés, se dessinent avec fermeté, au-dessus de la mêlée des légendes, des déformations et des rêveries. Cette étude magistrale sur l’histoire et la culture des Celtes couvre l’ensemble de la période qui va des origines préhistoriques à l’invasion de la Bretagne par les hommes du Nord. Les royaumes celtiques se dégagent : peuples insulaires, Irlandais et Gallois, sont décrits à travers toutes les aventures de leur histoire. De la mer du Nord à la Caspienne, le génie particulier des Celtes s’est manifesté, non seulement par des expéditions guerrières, mais par la religion, la littérature et les arts.
Le Directoire et la paix de l'Europe, des traités de Bâle à la deuxième coalition (1795-1799). (Thèse).
Félix Alcan, 1912, fort in-8°, 956 pp, annexes, index, reliure demi-chagrin chocolat, dos à 5 nefs pointillés soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), mors frottés en partie fendus, coupes frottées, C. de bibl., sinon bon état
Remarquable étude sur la diplomatie européenne sous le Directoire. Précieuse bibliographie. — "Cette thèse, soutenue en Sorbonne est double : 1) L'auteur soutient, contrairement à Albert Sorel, que la guerre du Directoire avec l'Europe n'a pas été la conséquence forcée d'une situation primitive une fois donnée (la conquête des frontières naturelles par la Convention), mais que les puissances avaient accepté ces frontières et que la paix aurait pu être conclue entre 1795 et 1799. – 2) Il ajoute que si elle ne l'a pas été, c'est en raison de la politique de Bonaparte en Italie. « L'origine des luttes continentales, qui se sont succédées jusqu'en 1815, dit l'auteur, doit être cherchée, non dans l'annexion de la rive gauche du Rhin et de la Belgique, mais dans l'établissement d'une république italienne qui devait en susciter d'autres. » (...) On ne peut que rendre hommage aux recherches de l'auteur, qui se sont étendues, sinon à toutes les archives, du moins à tous les recueils de documents diplomatiques publiés durant ces dernières années. Ce livre renouvelle presque à un certain point l'histoire du Directoire et peut rendre de réels services." (Annales révolutionnaires, 1912) — "Le beau travail de M. Raymond Guyot attaque la question, si controversée toujours, de la possibilité d'une pacification européenne durable après les succès des armées de la Convention. Les royalistes français et de nombreux savants étrangers, hostiles pour la plupart à notre pays ou à l'idée républicaine, ont soutenu de bonne heure qu'aucune paix n'était possible entre l'Europe monarchique et la Révolution, cette dernière ayant trop besoin de conquêtes pour assurer sa propre durée. Les historiens allemands surtout, à la suite de Sybel, ont répété les mêmes affirmations, formulant, comme une espèce de dilemme, la nécessité pour la France d'écraser l'Europe ou d'être écrasée par elle. Cette doctrine a été reproduite chez nous et Albert Sorel, en particulier, l'a développée avec un talent supérieur. Mais une réaction sérieuse se fait sentir contre cette façon de voir et M. Guyot, après avoir examiné très à fond la politique européenne et plus particulièrement celle des gouvernants français depuis 1795, arrive à des conclusions assez différentes. Est-il bien vrai que, depuis la paix de Bâle, signée avec la Prusse, il n'y aurait pas eu moyen de s'entendre, et les nations ennemies, l'Angleterre en particulier, n'ont-elles jamais été vraiment disposées à reconnaître les conquêtes françaises et le gouvernement même de la République ? N'est-ce pas plutôt le Directoire qui n'a pas voulu la paix ? C'est là-dessus que porte l'enquête de l'auteur, enquête complexe et délicate, guidée par une critique pénétrante et basée sur un dépouillement minutieux de la littérature imprimée de tous les pays et sur de nombreuses recherches d'archives." (Rod. Reuss, Revue Historique, 1913)
Histoire générale illustrée du Théâtre.
P., Librairie de France, 1931-1934, 5 vol. in-4°, vi-236, 301, 269, 296 et 438 pp, très nombreuses gravures (plus de 1000), important index des auteurs, des acteurs et des pièces, reliures toile brique, dos lisses avec pièces de titre et de tomaison basane vert olive (frottées), couv. et dos conservés, bon état. Compte-tenu du poids important de l'ensemble (10 kg), nous serons amenés à demander des frais d'expédition plus importants en cas d'envoi
Ouvrage de référence. Complet. Cette monumentale histoire du théâtre par Lucien Dubech, un des meilleurs critiques de son temps, est illustrée de plus de 1000 reproductions in et hors-texte, en noir et en couleurs avec de belles photographies en héliogravure. Dans le cinquième et dernier volume, un chapitre entier est consacré au Théâtre Libre. Texte établi avec la collaboration de Jacques de Montbrial et de Claire-Eliane Engel. C'est à Madeleine Horn-Monval, bibliothécaire à l'Arsenal, qu'on doit la très riche iconographie. — Tome 1 : Le théâtre grec – Le théâtre latin. Tome 2 : Le théâtre des miracles et des mistères – Le théâtre profane au Moyen Âge – Le théâtre espagnol – Le théâtre italien. Tome 3 : Le théâtre anglais aux XVIe eyt XVIIe siècles – Le théâtre français. Tome 4 : Le théâtre français au XVIIIe siècle – Le théâtre européen au XVIIIe siècle. Tome 5 : Le théâtre français au XIXe et au début du XXe siècle – Le théâtre européen au XIXe siècle.
Histoire de la Turquie. Seconde édition revue, corrigée et continuée jusqu'en 1856.
P., Hachette et Cie, 1859, 2 vol. in-12, 364 et 387 pp, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, filet à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire finement relié et sans rousseurs. Rare
Deuxième édition, en partie originale car revue et corrigée. Table : 1. Description de la Turquie. – 2. Histoire de l’islamisme jusqu’à l'avénement des Turcs Ottomans. – 3. Depuis la prise de Constantinople jusqu’à la paix de Carlowitz (1453-1699). – 4. Depuis la paix de Carlowitz jusqu’à la paix d’Yassi (1699-1792). – 5. Depuis la paix d’Yassi jusqu'au traité de Paris (1792-1856).
Mémoires de Madame Élisabeth de France, sœur de Louis XVI ; annotés et mis en ordre par F. de Barghon Fort-Rion.
P., Auguste Vaton, 1858, in-8°, xi-380-(2) pp, broché, couv. imprimée frottée, assez bon état. Édition originale
Édition originale. Il ne s'agit pas à proprement parler des mémoires de Madame Élisabeth, guillotinée en 1794, mais d'une biographie composée à partir des documents disponibles par François-Joseph-Antoine [de] Barghon (1832-1899), suivie d'un ensemble de documents la concernant, dont des lettres, des pièces justificatives relatives au procès et à l'exécution, des Fragments historiques sur la captivité de la famille royale par Louis François de Turgy (important témoignage sur la captivité de la famille royale au Temple, par un officier de bouche du roi), etc. (Fierro, 506)
S-51 par le fond.
Arthaud, 1952, in-8°, 284 pp, traduit de l'américain, avant-propos de René Jouan,12 pl. de photos hors texte, plans du sous-marin en dépliant hors texte, glossaire, broché, couv. illustrée, jaquette illustrée, bon état
Histoire du renflouement du sous-marin américain S 51 en 1926. — Le 25 septembre 1925, le USS S-51 coula au large de Point Judith après une collision avec le paquebot « City of Rome ». Seuls 3 hommes survécurent sur les 36 à bord. — "Le sous-marin américain S-51 fut abordé au large de Block Island par le vapeur « City of Rome », et coula par quarante mètres de fond. La marine américaine entreprit de le relever. La direction des travaux de renflouage fut confiée au capitaine de frégate Ellsberg qui avait déjà fait preuve de qualités techniques exceptionnelles. L’équipe de sauvetage livra une véritable lutte à la mer pour lui arracher l’épave. Elle se prolongea pendant près d’un an et connut des péripéties souvent dramatiques. Le courage et l’obstination des hommes l’emportèrent à la fin. C’est le récit de cette lutte que nous donne le commandant Ellsberg dans un style si plein de vie qu’il sait intéresser aux détails les plus techniques et que son livre est passionnant d’un bout à l’autre, plus que la plupart des romans d’aventures. L’émotion n’y manque pas, tant les scaphandriers eurent à subir d’épreuves, souvent dramatiques, au fond de l’océan. L’ouvrage possède donc ce caractère extrêmement rare d’intéresser à la fois les spécialistes qui y trouveront les enseignements les plus précieux, et le grand public qui trouvera dans ce récit vécu et où pas un détail n’est inventé plus de satisfactions de tous ordres que ne peuvent lui en offrir les ouvrages d’imagination. Soulignons, d’autre part, que la traduction ne laisse rien à désirer du point de vue de la précision des termes de marine, si souvent négligée." (Revue Défense Nationale, 1953) — "Par une sombre nuit de septembre 1925, le vapeur « City of Rome » abordait le sous-marin américain S-51 qui coula en quelques secondes par quarante mètres de fond. Le 5 juillet 1926, le S-51 était de nouveau à flot. Les travaux de sauvetage avaient duré plus de 9 mois. C'est la relation de cette campagne héroïque que nous présente le capitaine de vaisseau Edward Ellsberg. Nul récit, à notre connaissance, ne montre mieux les multiples et insidieuses embûches que rencontrent les scaphandriers dans les profondeurs et ne conte d'une façon aussi parfaite les innombrables épreuves que connaissent les plongeurs et les équipes engagés clans le relevage des sous-marins. Ces hommes sont des héros à leur manière, accomplissant leur devoir, le plus simplement, le plus noblement, déployant parfois, tout naturellement, le courage le plus admirable. En dehors de la mise en œuvre de cette plus haute qualité humaine, le relevage des sous-marins pose des problèmes techniques d'une extrême complication dont peu de gens se rendent compte à l'exception d'un petit groupe de spécialistes. Le présent livre les expose dans tous leurs détails, avec un tel bonheur dans l'expression que tout demeure passionnément intéressant..." (Revue militaire suisse, 1953)
Œuvres.
Gallimard, 1967, in-12, 1676 pp, préfaces, chronologies, notices par Sylvie Luneau et Louis Martinez, traductions et notes par Sylvie Luneau, Louis Martinez, Henri Mongault, Pierre Pascal et Boris de Schlœzer, reliure plein cuir doré à l'or fin de l'éditeur, demi-jaquette papier, rhodoïd, étui carton, bon état (Bibliothèque de la Pléiade). Volume épuisé
Leskov n'a pas encore dans la littérature mondiale la place qu'il mérite. Cet écrivain original, à la verve inépuisable, nous montre la vie russe sous ses aspects les plus variés. Appelé par ses occupations à voyager à travers toute la Russie, il fut vraiment mêlé au peuple et étudia inlassablement ses mœurs et son langage. Le recueil présenté ici réunit des œuvres d'époques très différentes, qui s'échelonnent de 1865 à 1892 : deux romans, Gens d'église qu'admirait tant Gorki, Une famille déchue dont l'action commence en 1812, au moment où se termine Guerre et Paix, et quelques nouvelles, choisies pour être traduites parmi des dizaines d'autres : Lady Macbeth, Platonide et Cotin, L'Ange scellé, Le Vagabond ensorcelé, L'Artiste en postiches et Le Bêta. Nous nous y trouvons de plain-pied avec le peuple russe, passionné, endurant, mystique, nomade, révolté ou résigné, capable à la fois d'assumer le malheur et de savourer la moindre joie et toujours étonnamment accordé à la vie. Rédacteur du Contemporain, puis des Annales de la Patrie, Saltykov-Chtchédrine (1826-1889) incarna l'intransigeance de ces « radicaux » russes qui préparèrent la Révolution. Polémiste redouté, il consacre toute son énergie au journalisme. Une grande part de son œuvre a vieilli, mais deux de ses livres gardent toute leur force : les Golovlev, où il montre, au-delà de l'agonie d'une famille de hobereaux, la mort d'un monde et d'une morale ; l'Histoire d'une ville, terrible pamphlet lancé contre l'autocratie russe, et dont plus d'un trait peut sembler prophétique.
Châteaux fantastiques.
Flammarion, 1969-1973, 5 vol. in-8°, 268, 270, 271, 271 et 267 pp, environ 500 photos et photos dans le texte et hors texte, plans, biblio, brochés, couv. illustrées, bon état. Rare complet des cinq volumes
"C'est de bien jolis livres que M. Eydoux propose au grand public pour lui rendre le goût de cet aspect longtemps négligé de l'archéologie qu'est la castellologie. Des livres quelque peu teinté de romantisme, eux aussi, mais sérieux et documentés – comme le prouve les bibliographies en fin de volume – , des livres écrits avec le talent que l'on connaît à l'auteur et qui, en évoquant l'histoire de chacun des châteaux choisis, rend pour un moment la vie à ces fantômes de pierre depuis longtemps inutiles. Châteaux fantastiques ! On pourrait certes en retenir beaucoup d'autres, car il n'est guère de forteresse médiévale qui ne réponde à cette définition ; du moins les 104 que M. Eydoux nous présente sont-ils, en effet, des constructions fantastiques, quelques-uns, comme Peyrepertuse, véritablement stupéfiantes. La plupart ont éveillé l'attention passionnée des romantiques, que ce soit Victor Hugo, Prosper Mérimée ou Viollet-le-Duc..." (Francis Salet, Bulletin Monumental) — Tome 1 : Arques-la-Bataille (Seine-Maritime), Peyrepertuse (Aude), Termes (Aude), Bonaguil (Lot-et-Garonne), Gavaudun (Lot-et-Garonne), Druyes-les-Belles-Fontaines (Yonne), Chauvigny (Vienne), Châlucet (Haute-Vienne), Ortenberg (Alsace), Largoët-en-Elven (Morbihan), Mornas (Vaucluse), Comarque (Dordogne), Tiffauges (Vendée), La Ferté-Milon (Aisne), Septmonts (Aisne). Tome 2 : Falaise (Calvados), Clisson (Loire-Atlantique), Le Coudray-Salbart (Deux-Sèvres), Les Tours de Merle (Corrèze), Fleckenstein (Bas-Rhin), Wasenbourg (Bas-Rhin), Crussol (Ardèche), Tarascon (Bouches-du-Rhône), Montaner (Pyrénées-Atlantique), Sauveterre-la-Lémance (Lot-et-Garonne), Castelnau-de-Lévis (Tarn), Penne d'Albigeois (Tarn), Puivert (Aude), Roquefixade (Ariège), Le Crac des Chevaliers (Syrie). Tome 3 : Quéribus et Puylaurens (Aude), Lagarde (Ariège), Najac (Aveyron), Tonquédec et La Hunaudaye (Côtes-du-Nord), Landsberg (Bas-Rhin), Portes (Gard), Vivieures (Hérault), Blot-le-Rocher (Puy-de-Dôme), Domeyrat (Haute-Loire), Boulbon (Bouches-du-Rhône), La Tour-d'Aigues (Vaucluse), Angles-sur-l'Anglin (Vienne), La Roche-Guillebaud (Allier), Le Sahyoun (Syrie), Okhaydhir (Irak). Tome 4 : Tournoel (Puy-de-Dôme), Gençay (Vienne), Murat (Allier), Rauzan (Gironde), Arlempdes (Haute-Loire), Polignac (Haute-Loire), Ventadour (Corrèze), Boulogne (Ardèche), Présilly (Jura), Andlau (Bas-Rhin), Schoeneck (Bas-Rhin), Aguilar (Aude), Saint-Martin-de-Toques et Saint-Pierre-des-Clars (Aude), Bassoues (Gers), Sainte-Mère et Le Tauziat (Gers), Belvezet (Gard), Vianden (Luxembourg), Châteaux du Liban (Saida, Byblos, Beaufort, Caves de Tyron, Le Toron, Le Maron, Belhacem, Msailha, Tripoli, Akkar). Tome 5 : Villandraut (Gironde), Herisson (Allier), Lavardin (Loir-et-Cher), Murol (Puy-de-Dôme), Coucy (Aisne), Beaucaire (Gard), Rochebaron (Haute-Loire), Montfort (Côte-d'Or), Vaujours (Indre-et-Loire), Rochechinard (Drôme), Le Tournel (Lozère), Ranrouet (Loire-Atlantique), La Haute-Guerche (Maine-et-Loire), Armentières (Aisne), Saint-Ulrich (Haut-Rhin), Arques (Aude), Montalet (Gard), Busséol (Puy-de-Dôme).
Joséphine de Beauharnais, 1763-1796.
P., Ollendorff, 1899, in-8°, xxxix-300 pp, 5e édition, reliure demi-basane violine, dos lisse, pièce de titre chagrin acajou (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état
"M. F. Masson vient de consacrer un important volume à Joséphine Tascher de la Pagerie, la future Joséphine impératrice et reine. Telle qu'il a représenté son héroïne, substituant la réalité à la légende, « ce n'est plus, comme il le dit lui-même, une impératrice, ce n'est plus une grande dame : c'est une femme » – et une femme qui, si elle était remplie de charmes, était aussi remplie de défauts. Elle éblouissait par sa grâce ; c'était le masque qui dissimulait son égoïsme, sa rouerie, sa frivolité, sa légèreté. Cependant on n'a pas le cœur de lui en vouloir de ses faiblesses, tant elle apparaît inconsciente, et on l'aime, malgré tout, parce qu'elle était affable et bonne. – Dans ce volume, M. Masson prend Joséphine à son berceau, et il ne la quitte qu'au moment de son mariage avec le général Bonaparte. Il la suit pas à pas pendant toute une période de sa vie qui, jusqu'ici, avait presque complètement échappé aux historiens. Les intrigues qui préparèrent son premier mariage, sa venue de la Martinique, son union avec Alexandre de Beauharnais, ses malheurs conjugaux, la rupture et, finalement, la séparation et les consolations : l'enquête minutieuse de M. Masson ne laisse rien dans l'ombre. Il ne s'est pas contenté d'ailleurs de raconter des événements, de faire un portrait, neuf par bien des côtés ; de tracer une étude de caractère, souvent fine et ingénieuse ; de remettre au point des incidents de la vie de Joséphine, dénaturés plus ou moins, ceux-ci par les admirateurs, ceux-là par les malveillants , il a élargi son sujet par des peintures, à la fois documentées et pittoresques, de la vie coloniale à la fin du XVIIIe siècle, de la Société de l'Ancien Régime, des milieux révolutionnaires, des prisons de la Terreur, etc. Son livre se ferme sur l'apparition du jeune général Bonaparte, qui se laissa prendre, si impétueusement et si naïvement, à des mines de grande coquette où il croyait découvrir des façons de grande dame." (Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1899) — "L'existence de Joséphine depuis sa naissance jusqu'à son union avec le général Bonaparte. C'est ce livre pour lequel l'historien de Napoléon avouait « sa complaisance »." (Revue militaire française) — "Le célèbre historien de Napoléon et des Napoléonides est mort le 20 février dernier à l'âge de 76 ans. Son œuvre restera. On lui reproche parfois son style, peu élégant, lourd, confus, mais on oublie trop que son récit a de la vie, de la couleur, que la psychologie de ses personnages est fine et nuancée, qu'il a de l'imagination et que son sens critique, comme le prouvent ses études hélénoises est souvent très aiguisé. Sans doute, il a ses partis pris, mais du moins il ne cherche pas à s'en défendre. Combien d'autres, en apparence plus impartiaux, plus réservés, plus discrets, sont moins sûrs que lui et, somme toute, moins vrais ! Ce n'est pas assez de dire qu'il a renouvelé l'histoire du premier Empire, il l'a créée par endroits de toutes pièces et ce n'est pas un mince mérite." (Albert Mathiez, Annales révolutionnaires, 1923) — Frédéric Masson (1847-1923), historien et membre de l’Académie française, fut le plus grand spécialiste de Napoléon au début du XXe siècle. Secrétaire et ami du prince Jérôme Napoléon, il régnait sur une armée de documentalistes qui, dans son hôtel particulier de la rue de la Baume, dépouillaient des milliers de documents et lui préparaient les notes nécessaires à l’écriture de ses nombreuses études historiques sur le Premier Empire, en particulier sur l’entourage proche de Napoléon et surtout la famille de celui-ci (Napoléon et sa famille : 13 volumes de 500 pages). Même si les historiens contemporains ont, depuis, beaucoup défriché et fait avancer l’état de nos connaissances sur cette période, Frédéric Masson, auteur de plus de 50 volumes, nous offre une documentation encore aujourd’hui irremplaçable. Dans son œuvre, trois ouvrages sont dédiés à Joséphine.
Guerre (Krieg).
Flammarion, 1929, in-12, 332 pp, broché, état correct. Edition originale de la traduction française par C. Burghard
La guerre vue par un soldat allemand : la marche en avant, la guerre de position devant Chailly, la bataille de la Somme, blessé, la bataille de l'Aisne et de la Champagne (1917), l'effondrement. — Engagé volontaire et officier dans l’armée allemande, Arnold Vieth von Golssenau commande un bataillon sur le front occidental durant la première guerre mondiale. Sous le pseudonyme de son personnage principal, Ludwig Renn rédige, à partir de ses notes de terrain, "Krieg", publié d’abord en feuilleton dans la Frankfurter Zeitung en 1928, puis en volume. Le roman rencontre un immense succès : 600.000 exemplaires vendus, 25 traductions, et une réception critique comparable à celle de "À l’Ouest rien de nouveau" d’Erich-Maria Remarque, auquel il est souvent associé. Mais "Krieg" s’en distingue par une tonalité plus sèche, plus impersonnelle : la guerre y est décrite comme un néant absolu, sans discours, sans message, sans transcendance. Le style, délibérément sans ornement, fait de cette sécheresse une force expressive. L’inspiration vient en droite ligne du "Feu" de Barbusse, dont Renn se déclare lecteur admiratif. L’auteur ne poursuit pourtant pas une carrière littéraire classique : arrêté dès 1933 par le régime nazi, condamné pour « haute trahison littéraire », il rejoint les Brigades internationales en Espagne, en lutte contre le franquisme, d’où il s’exilera en Grande-Bretagne puis au Mexique où il présida le comité de l’Allemagne libre pendant la guerre. Oublié aujourd’hui en France, Ludwig Renn demeure un témoin essentiel de la guerre vécue côté allemand, dans un style d’une grande sobriété. (Walden)
Histoire de la libération de la France, juin 1944-mai 1945.
Fayard, 1959, fort in-8°, 779 pp, 6 cartes, biblio, index, broché, bon état, pt décharge de colle sur les pages de faux-titre et de titre, envoi a.s.
"Ce nouveau livre de R. A. fait suite à son Histoire de Vichy. Il faut rendre hommage à l'ampleur de l'enquête réalisée par l'auteur, ainsi qu'à son souci d'objectivité ; les passages dont l'intérêt est le plus général ont trait aux exécutions sommaires (que R. A. évalue à 35.000 environ) et à l'attitude hésitante et divisée des communistes devant la perspective d'une prise du pouvoir (pp. 633-637). On peut regretter que ce livre indispensable aux historiens réserve une place souvent excessive à la petite histoire et qu'il n'indique jamais les sources utilisées." (Revue française de science politique, 1959)
Rebelle et conseiller de trois souverains : le Président Jeannin, 1542-1623.
Barré-Dayez, 1981, in-8°, 279 pp, 16 pl. de gravures et portraits hors texte, biblio, broché, bon état, envoi a.s. et carte de visite a.s.
Pierre Jeannin, baron de Montjeu, connu sous le surnom de Président Jeannin, né vers 1540 à Autun, et mort le 22 mars 1623 à Chaillot, est un avocat, président à mortier du Parlement de Bourgogne, ambassadeur de France aux Provinces-Unies, conseiller des rois Henri III, Henri IV et Louis XIII, surintendant des Finances.
Une amie de Marie-Antoinette : Madame Atkyns et la prison du Temple (1758-1836), d'après des documents inédits.
Perrin, 1905, in-8°, xvi-454 pp, préface de Victorien Sardou, 4 portraits hors texte, dont le frontispice, index, reliure demi-basane moutarde, dos à 5 nerfs filetés soulignés de filets dorés, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), dos lég. sali, bon état
"Frédéric Barbey, élève de l'École des Chartes, par un travail scrupuleux a réussi à mettre à jour les “Papiers inédits de Mme Atkins”, véritable correspondance qui établit de façon très probante l'évasion du dauphin du Temple, en même temps qu'elle accrédite à postériori les dires d'un certain Naundorff !" (Parois, 57) — "De bonnes parties, ainsi tout ce qui concerne les aventures d'Auerweck, baron hongrois qui pourrait bien avoir trempé dans l'assassinat des plénipotentiaires français de Rastadt. (...) L'ouvrage ébranle singulièrement la thèse de Beauchesne sur la mort de Louis XVII au Temple." (Revue Historique) — "Ce livre abonde en renseignements curieux. Une Anglaise. Charlotte Walpole, avait épousé lord Atkyns. Elle était venue à Versailles, s'était passionnée pour la reine. A prix d'or, elle parvint plus tard à pénétrer près d'elle dans la prison et lui promit de ne rien négliger pour sauver le Dauphin. Elle devait, en effet, dans cette entreprise, dépenser plus de 2 millions, c'est-à-dire à peu près toute sa fortune, ce dont la Restauration lui fut fort peu reconnaissante. Comment mena-t-elle son affaire? A Londres, elle nous apparaît aux mains de trois personnages: le chevalier de Frotté, chef, à un certain moment, de la chouannerie normande; Yves-François Cormier, émigré, ancien procureur du roi au présidial de Rennes; et un petit homme fort remuant, le baron d'Auerweck. C'est Cormier qui mène tout, après avoir mis à l'écart le chevalier de Frotté, pour lequel cependant lady Atkyns semble avoir eu quelques bontés. Rien de plus énigmatique que l'ancien procureur du roi. Il règle la dépense de lady Atkyns dans son entreprise et lui raconte des histoires plus ou moins romanesques. Dans la prison, on aurait, dit-il, substitué d'abord un muet, puis un scrofuleux au fils de Louis XVI, caché dans les combles jusqu'au jour où sa fuite serait possible. Peu à peu s'en vont toutes les ressources de la bonne et naïve Anglaise, qui se contente des imaginations de Cormier. Pas l'ombre d'un Louis XVII, pas une seule apparition bien constatée de l'enfant royal... Une femme enthousiaste et simple et deux hommes douteux, voilà ce que l'on saisit dans toute cette affaire." (L'Illustration, 1905)
La Guerre d'aujourd'hui.
P., Chapelot, 1913, 2 vol. gr. in-8°, xxiv-401 et 467 pp, traduit de l'allemand par M. Etard, sous la direction du lieutenant-colonel J. Colin, 4 tableaux hors texte, 2 cartes hors texte dont une dépliante, brochés, bon état
Tome I : Principes et éléments de la guerre moderne. Tome II : Attaque et défense. Conduite de la guerre. — Publié en allemand en 1911, cet ouvrage est traduit en français en 1913. Connu pour son exaltation du militarisme prussien dans un autre ouvrage célèbre, "Deutschland und der nächste Krieg" "(L’Allemagne et la prochaine guerre"), l’ultranationaliste général s’attache ici à une réflexion plus proche de la tactique et de l’emploi des armes, non sans rappeler en introduction les principes qui lui sont chers. Sur le recours à la guerre régénératrice : « Notre importance dominatrice en tant que peuple civilisateur éclate à tous les yeux depuis l’unification gouvernementale des États allemands [...]. Si nous voulons obtenir pour notre nation la place qui lui convient dans le monde, il faut nous confier à notre glaive, renoncer à toute utopie pacifiste efféminée, et regarder avec fermeté les dangers qui nous entourent » (p. 22). Sur l’emploi des armes nouvelles, notamment de la mitrailleuse : « En rase campagne, il sera à peine possible d’approcher davantage d’une position occupée [...]. Ces procédés ont complètement transformé le caractère du combat » (p. 97). Bernhardi marque avec force une rupture fondamentale avec la pensée militaire prussienne. C’est bien l’audace qui devra selon lui être l’atout principal de l’armée allemande dans une guerre future. Il croit fermement, en 1911, que la prochaine guerre sera bien plutôt une guerre de mouvement qu'une guerre de position. Dans son esprit, l’audace et les vertus souveraines de l’offensive sont étroitement liées. En cela, Bernhardi reflète la pensée dominante dans la nouvelle génération d'officiers généraux allemands qui exerceront les plus hautes fonctions pendant la Première Guerre mondiale.
Hommes des montagnes du Hoggar.
Grenoble, Glénat, 1985, in-8°, 279 pp, 32 pl. de photos en couleurs et 64 pl. de photos en noir hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état
En 1967, Odette Bernezat découvre le Hoggar et le peuple Touareg. Ce sont des années d'expérience et de vie qu'elle nous décrit avec simplicité, par un récit qui, avec humour, évite le sérieux et le didactique. Elle laisse aller sa mémoire au fil d'un voyage dont chaque étape est le prétexte d'une histoire. Elle fait part de ce qu'elle observe en ethnologue passionnée. L'ouvrage se termine par un petit vocabulaire tamahaq et arabe. — "Finesse de l'observation, véracité, authenticité et justesse du ton et du témoignage. (...) C'est en ce sens que ce livre mérite d'être cité au meilleur rang de la littérature de voyage saharienne." (Marceau Gast, Revue du CNRS)
Les derniers combats d'Indochine, 1952-1954.
Albin Michel, 1986, gr. in-8°, 282 pp, 4 cartes, annexes, fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Combattants)
L'auteur a servi en Indochine sans discontinuer de novembre 1945 à juillet 1954. Il nous conduit sur les traces du Groupe de commandos mixtes aéroportés dans les marécages de la plaine des Joncs (Opération Choc en juillet 1952), aux côtés de l'armée royale khmère dans les grandes forêts du Nord Cambodge en 1953, avec les commandos au Laos et au Nord Viêt-nam (Opérations Condor et Albatros en mai-juin 1954, mises sur pied pour tenter de porter secours aux rescapés de Dien Bien Phu). — "Voici un témoignage et un récit d'une exceptionnelle intensité sur les combats qui se déroulèrent pendant les deux dernières années de la guerre d'Indochine. L'auteur, qui assuma "sur le terrain" d'importantes responsabilités de commandement, retrace des épisodes majeurs d'une tragédie où s'illustrèrent tant de combattants qui ont mérité de figurer dans les annales de nos gloires militaires. Ils nous conduit sur les traces du Groupe de commandos mixtes aéroportés dans les marécages de la plaine des Joncs, aux côtés de l'armée royale khmère dans les grandes forêts du Nord Cambodge, des commandos au Nord Viêt-nam non loin de la fatale cuvette de Diên Biên Phu. Ce livre, fruit de l'expérience d'un des meilleurs spécialistes des Etats associés du Viêt-nam, du Cambodge et du Laos, apporte de surcroît une contribution précieuse à la connaissance d'un conflit lointain et meurtrier où la France fut impliqué pendant de longues années."
Vandenberghe, le pirate du Delta.
Balland, 1973, gr. in-8°, 328 pp, 2 cartes, annexes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale
Récit de la vie de Roger Vandenberghe, guerrier légendaire de la guerre d'Indochine. — "Les Viets avaient mis sa tête à prix. À vingt-trois ans, Vandenberghe leur faisait peur. Il releva le défi, se livra, puis captura ses geôliers. Il avait le goût des actions brèves et violentes, agissant de nuit avec une poignées d'hommes, semant la panique sur les arrières de l'ennemi. En trois ans, à la tête de son commando « Tigre Noir », il lui avait infligé plus de pertes qu'une division d'infanterie. Sa tactique, utiliser contre les Viets, d'autres Viets qui le suivaient aveuglément. Il improvisait sa guerre comme d'autres de la musique. Sans avoir appris. En trois ans, il avait franchi tous les échelons de la hiérarchie, était devenu le familier du général de Lattre qui le citait en exemple au Corps Expéditionnaire français. Le Delta tonkinois était son domaine. Plus encore, son royaume. Homme secret, étrange et fascinant, il partait pour de longues expéditions mystérieuses dans la jungle, les rizières, les zones refuges adverses. Toujours en tête. Il avait été blessé huit fois au corps à corps. Sa vie, c'était cela, un jeu terrible et dangereux qu'il menait avec violence, en un pari permanent avec la mort. Pour les Viets, il était l'ennemi, impossible à vaincre de face. Il ne restait plus, pour l'abattre que la trahison et l'assassinat. Il mourut seul, à vingt quatre ans, déjà légendaire parmi les guerriers d'Indochine. Après Vandenberghe, la guerre en Indochine ne devait plus être tout à fait la même." (4e de couverture)
Le Mythe des Esséniens des origines à la fin du Moyen Age.
Plon, 1958, in-8°, 334 pp, 3 tableaux dépliants hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état. Édition originale
Henri Del Medico (1896-1970) est le premier à avoir fait une critique textuelle sérieuse des notices présumées être de Flavius Josèphe relatives aux « Esséniens ». — "... Le titre seul de cet ouvrage indiquait bien la thèse « révolutionnaire » qu'allait soutenir Del Medico, pour qui les Esséniens loin d'appartenir à l'Histoire n'étaient qu'une création mythique, fruit de textes inexactement compris ou volontairement déformés. La théorie, on s'en doute, ne rencontra pas grand assentiment et l'auteur ne se faisait aucune illusion en déclarant qu'elle se heurterait « à un mur ». Cependant tout n'était pas à rejeter dans cette étude passionnée..." (André Parrot, Syria, 1970)
Les Bourreaux volontaires de Hitler. Les Allemands ordinaires et l'Holocauste.
Seuil, 1997, in-8°, 579 pp, 16 pl. de photos, index, broché, bon état
Daniel Jonah Goldahagen reprend, dans ce livre qui a suscité un intense débat, la question des responsables de la Shoah. Les études antérieures du génocide des Juifs ont concentré l'attention sur les dirigeants nazis ou SS, ainsi que sur l'extermination "industrielle" dans les chambres à gaz et sur le rôle de la bureaucratie dans l'Holocauste. Lui s'intéresse aux simplse citoyens. Sans consensus, le génocide, ordonné d'en haut, n'aurait pu avoir lieu. C'est une erreur de penser, dit D. J. Goldhagen, que les bourreaux n'ont agi que sous la contrainte d'un système totalitaire. La cause profonde tient dans l'antisémitisme dont la société allemande a été nourrie au long de son histoire, qui s'est exacerbé à la fin du XIXe siècle et que Hitler a porté à son point d'incandescence.
Le Maréchal Ney, 1769-1815.
Fayard, 1941, in-12, 345 pp, biblio, broché, bon état (Les Grandes Études historiques). Édition originale sur papier alfa
Tous les historiens s’accordent sur le tempérament impulsif du maréchal et sa vaillance légendaire. Jean Lucas-Dubreton défend la mémoire du valeureux soldat : "La mémoire de Ney a été décantée par le temps, et quand on l’appelle le « Brave des braves », on a tout dit. Il n’y a rien à ajouter, rien à retrancher." — "Une biographie renseignée et agréable à lire." (G. Lefebvre, Revue Historique, 1946)