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GOBINEAU (Joseph-Arthur, comte de).

L'Inégalité des races. Précédé de La Révolution Gobinienne par J.-G. Malliarakis.

Editions du Trident/La Pensée Française, 1984, in-8°, 224 pp, broché, bon état

DION (Roger).

Histoire des levées de la Loire.

P., Chez l'Auteur, 1961, gr. in-8°, 312 pp, 20 pl. de gravures et photos hors texte, 25 figures, sources et biblio, index des termes et locutions propres au langage des riverains de la Loire et au vocabulaire technique concernant les levées, index géographique et historique, reliure cartonnée de l'éditeur, bon état

Depuis plusieurs siècles se joue, dans une riante et fertile vallée de France, un drame intense entre les hommes et la nature, entre la Loire et ses riverains. Car cette Loire moyenne, entre Decize et Angers, apparemment si paisible, peut se montrer brusquement sauvage, débordant de son lit et emportant avec elle les patients produits de l’agriculture et du négoce. Les inondations de 1790, 1856 ou de 1910 sont encore inscrites dans les esprits et les pierres des maisons. Depuis l’Antiquité, à Tours, Saint-Benoît-sur-Loire, Blois ou Saumur, les hommes ont élevé des murailles de terre, de pieux et de fagots pour mettre à l’abri les riches terres du Val et leurs communautés. Et c’est un prince, Henri II Plantagenêt, qui, en 1160, va réussir à établir les premières grandes levées – les « turcies ». L’endiguement du fleuve ne cessera plus jusqu’à nos jours, alternant tâtonnements, succès et échecs. Une histoire passionnante que nous conte un maître de la géographie historique. Digne héritier de Marc Bloch, Roger Dion mêle ici observation perçante des paysages et analyse critique de toutes les sources archivistiques. — "Auteur d'une magistrale Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle, entre autres beaux ouvrages qui font autorité, M. Dion nous donne aujourd'hui un modèle dans une discipline qu'il a portée à sa perfection : la géographie des humanistes selon la meilleure tradition de l'école française. A vrai dire, ce volume est la réédition sous une forme allégée de sa thèse sur le Val de Loire (1934). Il en a gardé la partie centrale avec ses assises scientifiques et leur apparat. Mais ici, la vocation historique de l'auteur s'affirme non seulement dans l'hommage liminaire qu'il rend au maître et initiateur que fut Marc Bloch, mais encore dans la prédilection accordée à la vie et au comportement du grand fleuve dans son Val, à l'action des hommes et à la réaction des forces naturelles. Une histoire qui part de l'époque de saint Martin de Tours, pour s'achever en notre temps, et qui tire sa matière aussi bien des documents d'archives, des chroniques, des rapports des ingénieurs et des décisions des pouvoirs publics que de l'observation et de l'analyse du paysage rural ou urbain, dans ses constantes et dans ses variables. (...) Nous ne saurions mieux faire en terminant, que d'en conseiller la méditation aux jeunes chercheurs – géographes autant qu'historiens – et d'attirer l'attention sur cette Loire moyenne, partie intégrante à bien des égards de l'ensemble des pays de l'ouest de la France dont l'histoire, les coutumes, les institutions furent jadis si étroitement solidaires." (Raymonde Foreville, Annales de Bretagne, 1961)

BORDONOVE (Georges).

Les Bourbons. De Henri IV à Louis XV, 1589-1774.

Pygmalion, 2005, fort gr. in-8°, 862 pp, notices biographiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Rois qui ont fait la France)

Quatre règnes qui sonnent l'apogée de la France. Parti du petit royaume de Navarre, lointain cousin de la branche régnante des Valois, Henri IV conquiert pièce à pièce son royaume et relève la France des ruines engendrées par les guerres de religion. Ses trois successeurs poursuivent avec acharnement son œuvre : Louis XIII se montre un inflexible serviteur du devoir politique en se sacrifiant au bien de l'Etat. Louis XIV, roi à chaque instant de sa vie et travailleur infatigable, incarne le Grand Siècle même si l'éclat engendré par ses cinquante premières années de règne est terni par une fin tragique, suscitée par des guerres désastreuses. Louis XV, enfin, conscient de la nécessité d'amorcer des réformes qui seront reprises par les Révolutionnaires et Napoléon 1er, permet à l'économie nationale de prendre son essor ; il rattache la Lorraine et la Corse à la France. Pour les seconder, tous ces princes savent promouvoir des ministres de grande envergure (Sully, Richelieu, Mazarin, Colbert) qui consacrent leur intelligence et leur énergie au rayonnement de la France dans le monde occidental.

[La Réunion] – ALBANY (Michel)(dir.).

A la découverte de la Réunion. Tout l'univers réunionnais de ses origines à nos jours.

Saint-Denis, Editions Favory, 1980-1982, 10 vol. in-4°, texte sur 2 colonnes, très nombreuses photographies, gravures, figures et cartes, en noir et en couleurs, lexique et biblio, reliures simili-cuir rouge de l'éditeur, titres dorés sur les plats supérieurs et aux dos, bon état. Peu courant

10 volumes pour mieux connaître l’île de la Réunion. L’île de la Réunion, ce petit caillou de basalte en plein milieu de l’Océan Indien, est un lieu où de nombreuses coutumes et croyances se mélangent. Les différentes colonisations, qui ont eu lieu depuis sa découverte, ont défini le mode de vie et ce mélange de cultures. En effet, les réunionnais partagent différentes cultures, croyances et art de vivre. De plus, la flore et la faune, souvent endémique, se découvrent sur tous les pans de l’île. Cette encyclopédie permet de découvrir ou redécouvrir toutes ces coutumes, toute cette flore ou encore la langue créole... — Détail : Volume 1 : Géologie et volcanisme, par Lucien Montaggioni • Vol. 2 : Histoire, par Daniel Cadet • Vol. 3 : Approche géographique, par René Robert • Vol. 4 : Flore 1, par Thérésien Cadet • Vol. 5 : Flore 2, par Thérésien Cadet • Vol. 6 : Faune, par Harry Gruchet • Vol. 7 : L'homme et la langue créoles, par René Robert • Vol. 8 : Rites et croyances, par Christian Robert • Vol. 9 : L'art de vivre, par Michel Albany • Vol. 10 : L'art de dire : la littérature réunionnaise, par Jean-Claude Fruteau. — "... Ces dix volumes sont donc pour nous l'occasion de procéder à un inventaire que nous souhaitons aussi complet que possible de notre univers. Il ne s'est posé à moi aucune difficulté pour recueillir la signature d'un certain nombre de spécialistes dont les travaux depuis quelques années font autorité dans le domaine qui leur est propre – qu'ils soient fils de Bourbon pour la plupart ou, mieux encore, passionnés par cette île, par ses contrastes." (Michel Albany, présentation)

GAUTIER (Léon).

La Chevalerie. Édition préparée et adaptée par Jacques Levron.

P., Arthaud, 1960, in-8°, 368 pp, 180 illustrations tirées en héliogravure, imprimé sur papier hélio, index bibliographique, broché, jaquette illustrée, un coin de la page de titre découpé, bon état

"Les Éditions Arthaud viennent de rééditer l'ouvrage sur “La Chevalerie” de Léon Gautier, qui eut un grand retentissement à la fin du XIXe siècle. M. Jacques Levron, directeur du Service des Archives de Seine-et-Oise, a été chargé d'en rajeunir la présentation. Dans un avant-propos émouvant, il a fait revivre la belle figure de Léon Gautier, qui a passé toute sa vie de savant à étudier les textes poétiques du Moyen Age et qui, à la lumière de ces textes, a dressé un véritable code de la chevalerie aux XIIe et XIIIe siècles, époque à laquelle elle atteignit son apogée. On suit le seigneur depuis sa naissance jusqu'à sa mort à travers ses occupations, ses distractions, ses aspirations et ses vicissitudes : la chasse, la danse, les tournois, la guerre sont tout naturellement évoqués. M. Levron a eu l'heureuse idée de rejeter à la fin du volume, dans un substantiel appendice, certaines notes de Léon Gautier, qui, malgré leur grand intérêt, alourdissaient le texte et qui traitent des vêtements, des armes, des chevaux et de la fauconnerie. La présentation est impeccable. L'illustration, excellemment choisie, fait revivre le texte par l'image à travers les manuscrits ou toute autre œuvre d'art contemporaine." (Marc Thibout, Bulletin Monumental, 1960) — "Cet ouvrage, quoique déjà ancien, reste encore la meilleure étude que l'on ait faite sur la chevalerie." (Saffroy, I, 3577)

DES CARS (Jean) et Pierre PINON.

Paris - Haussmann. Le pari d'Haussmann.

Edition du Pavillon de l'Arsenal et Picard, 1991, in-4° oblong, 365 pp, texte sur 2 colonnes, nombreuses illustrations (croquis, gravures, photos, plans) en noir et en couleurs, tableau chronologique des principales percées, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

En 1891 meurt le baron Haussmann ; cent ans plus tard, une équipe d'architectes, d'urbanistes, de juristes, de paysagistes et d'historiens de l'art fait revivre son oeuvre, la création du Paris moderne. Dix-sept années seulement ont permis à l'énergique Préfet de réaliser cet extraordinaire bouleversement, cette métamorphose sans précédent qui hissa Paris au rang des prestigieuses capitales du monde. Souvenirs de familles, plans, cartes, relevés, mobilier urbain, témoignages des contemporains ont été rassemblés pour reconstituer le roman de cette transformation longtemps décriée et contestée. À l'heure où l'avenir des villes suscite de nouvelles et graves interrogations, il est indispensable de connaître cette leçon du passé tout proche : Haussmann, en s'attaquant aux problèmes d'hier, abordait bien des difficultés d'aujourd'hui et recensait des solutions audacieuses et originales que l'on n'a pas fini d'évoquer et de méditer.

HEYERDAHL (Thor).

Aku-Aku, le secret de l'île de Pâques.

Albin Michel, 1958, in-8°, 345 pp, traduit du norvégien, 40 pl. de photos en couleurs hors texte, 5 illustrations, 3 cartes, broché, jaquette illustrée, bon état

L'ouvrage raconte l'histoire de la première expédition archéologique conduite à l'île de Pâques (1955) et qui fut à la source de découvertes appelées à bouleverser nos conceptions du peuplement du monde. Par-delà la chronique d'une mission scientifique, “Aku-Aku” témoigne de l'affrontement pathétique de deux cultures : aux chercheurs norvégiens affairés à déterrer leur passé, les derniers Pascuans mentent – parce qu'ils hésitent à confier leurs secrets, et notamment celui de leur réseau de cavernes sacrées surveillées par les aku-aku, ces esprits gardiens invisibles. À travers le désarroi de ces hommes oubliés de l'Histoire, mais dépositaires d'une tradition millénaire perpétuée dans l'ombre, se donne ainsi à entendre miraculeusement la rumeur d'un monde perdu. — "Thor Heyerdahl peut être un grand savant, mais je lui trouve un humour, une modestie, un sens du pittoresque, un talent de conteur qu'on ne voit pas toujours à ses rivaux." (La Libre Belgique)

GOBINEAU (Joseph-Arthur, comte de).

Les Pléiades.

Monaco, Editions du Rocher, 1946, in-8°, xxxii-384 pp, établissement du texte, introduction et notes par Jean Mistler, notes, biblio, reliure pleine toile bleue, dos lisse, pièce de titre chagrin bleu-nuit, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), bon état

Ce chef-d’œuvre n'a eu aucun succès lors de sa parution en 1874 : il n’y eut que 508 exemplaires vendus entre 1874 et la fin du siècle, pour un tirage limité à 1750 exemplaires. Le roman est porteur d’une thèse : il développe l’idée « qu’il n’y a plus de classe, qu’il n’y a plus de peuples, mais seulement dans toute l’Europe, quelques individualités surnageant comme des débris sur un déluge » avait écrit Gobineau dès 1872. Dans Les Pléiades, s'exprime l'obsession de la décadence où s'enfonce l'humanité. Au sein de la médiocrité, quelques êtres hors normes, les « fils de roi », sont les champions d'une cause qu'eux-mêmes savent perdue. Modèles inaccessibles, ils ne peuvent faire échapper l'univers à la déchéance promise. Les Pléiades est aussi un roman d'amour fou. "L'édition originale est parue en 1874. Jean Mistler, le spécialiste de Gobineau, note : « Le début des “Pléiades”, écrit au milieu de l'effondrement de la France impériale, dans la fumée des incendies de la Commune, est un pamphlet profondément pessimiste. » De fait, la peur de la révolution se lit en filigrane dans la première partie de l'ouvrage : telle conversation, par exemple, sur la nécessité d'une répression préventive et impitoyable (Livre II, chapitre II)..." (A. Roche, G. Delfau, “La Commune et le roman français”, in “La Commune de 1871”, colloque tenu à Paris les 21-23 mai 1971)

EIFFEL (Gustave).

La Tour Eiffel / The Eiffel Tower.

Albin Michel, 2009, gr. in-8°, 137 pp, extraits choisis de “La Tour en 1900” de Gustave Eiffel (1902), édition établie par Nicolas de Cointet, avec de très nombreuses photos en noir et en couleurs, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état. Édition bilingue en français et en anglais

La redécouverte d'un texte exceptionnel de Gustave Eiffel : fourmillant d'anecdotes et d'informations passionnantes, les meilleurs extraits de “La Tour Eiffel en 1900” sont ici réédités pour la première fois depuis 1902. – Une iconographie inédite : Issues des fonds des collections de la Ville de Paris, de fabuleuses images complétées des archives privées de la tour Eiffel : le chantier en construction, les expositions de 1889 et 1900, les appartements personnels de Gustave Eiffel, les expériences et exploits autour du site... – Un portfolio exclusif : les lieux mythiques et secrets de la tour Eiffel dévoilés dans un portfolio d'Eric Emo : de la salle des machines souterraine au phare en passant par l'escalier vertigineux qui permet d'accéder au sommet, une balade insolite et inoubliable.

RINGGREN (H.) et A. V. STRÖM.

Les Religions du Monde.

Payot, 1966, in-8°, 462 pp, traduit de l'allemand, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

"En premier lieu, les auteurs définissent brièvement les principes et les notions fondamentales de la science des religions. Puis, ils exposent rapidement, mais avec précision, quelles sont, pour chaque religion, les sources, la doctrine, la piété et la morale. Ensuite, dans le second chapitre, les Egyptiens, les Sumériens et les Akkadiens, les Sémites occidentaux, les Hittites, Israël et le Judaïsme, le Christianisme, l'Islam ; dans le troisième chapitre, consacré aux civilisations indo-européennes : les Iraniens, les Indiens de l'époque classique, l'Hindouisme, le Bouddhisme. les Grecs, les Romains, le syncrétisme hellénistique, les Celtes, les Germains, les Slaves et les Baltes ; dans le quatrième, qui traite des civilisations écrites de l'Extrême-Orient : les Chinois, les Japonais. Un dernier chapitre a trait aux civilisations sans écriture. L'ouvrage est excellent." (M. Philonenko, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses)

CAPDEBOSCQ (Anne-Marie) et Jean-Pierre Clément (éd.).

La Ville dans le monde ibérique et ibéro-américain (Espace, pouvoir, mémoire) : Actes du XXVIIe congrès de la Société des hispanistes français de l'enseignement supérieur, Poitiers, 24-26 mars 1995.

Poitiers, La Licorne, 1995, in-8°, 285 pp, 4 pl. de gravures hors texte, 2 gravures et une carte, broché, couv. illustrée, bon état

25 contributions érudites : La ville andalouse et le pouvoir (Gabriel Martinez Gros), La ville idéale du théoricien catalan Eiximenis et la genèse de la ville ibéro-américaine (Geneviève Barbé Coquelin de Lisle), "Por las calles acostumbradas de esta ciudad" La ville comme espace de répression ; l'exemple sévillan (Michèle Escamilla-Colin), La ville et ses mythes fondateurs dans l'Espagne du Siècle d'Or (Jean-Michel Laspéras), Tolède ou la Ville-synthèse au temps de Philippe II (Ricardo Saez), Le Madrid de Charles III : un lieu de mémoire revisité par l'Histoire (Jacques Soubeyroux), La ville latino-américaine au milieu du XIXe siècle vue par la mission de Castelnau (Michel Bajon), L'inscription du Dos de Mayo dans l'espace urbain madrilène aux XIXe et XXe siècles. Les enjeux de la mémoire dans la constitution d'un sentiment national espagnol (Christian Demange), L'absorption des élites par Lima métropolitaine : le cas des médecins (Emilio Fernando Orihuela-Egoavil), etc.

BRILLAT-SAVARIN (Jean-Anthelme).

La Physiologie du goût, ou Méditations de gastronomie transcendante. Ouvrage théorique, historique et à l'ordre du jour dédié aux gastronome parisiens. Avec des illustrations de Joseph Hémard.

Bruxelles, Editions La Boétie, 1947, 2 vol. gr. in-8°, xvii-178 et 170 pp, nombreuses illustrations originales (lettrines, têtes de chapitres et vignettes dans le texte) en noir et blanc de Joseph Hémard, brochés, couvertures de relais de la Librairie Gibert Jeune, bon état. Tirage limité à 4800 ex. numérotés, 4661 sur Alfa et 139 sur Vergé supérieur, celui-ci sur Alfa mais non justifié

Le plus célébre ouvrage gastronomique de tous les temps et toutes les littératures. — "Brillat-Savarin (1755-1826) inaugure avec génie cette intellectualisation de la gastronomie qui ne devait pas cesser jusqu’a nos jours. Il est témoin de l’époque où s’impose le restaurant, lieu pour manger, au détriment de l’auberge, refuge du voyageur sans feu ni lieu, ou l’on ne faisait guère que boire et se nourrir. La cuisine se professionnalise et toute profession suscite discours ; se mettre à table est affaire de langage. Au-delà du besoin de manger, le plaisir de la table est comme une mise en scène : le "luxe" du désir. La nourriture désirée est une sorte de cérémonie ethnographique par laquelle l’homme célèbre son pouvoir, sa liberté de brûler son énergie "pour rien". "En ce sens, dit Roland Barthes, le livre de Brillat-Savarin. est de bout en bout le livre du "proprement humain", car "c'est le désir (en ce qu’il se parle) qui distingue l’homme". (J.-F. Revel)

KIX (Paul).

Le saboteur. L'histoire vraie du gentleman qui a défié les nazis.

Le Cherche Midi, 2019, in-8°, 285 pp, traduit de l'anglais, broché, couv. illustrée, bon état

Juin 1940. Robert de La Rochefoucauld a 16 ans lorsque l'Allemagne nazie envahit la France. Farouchement décidé à défendre son pays, il gagne Londres, y rencontre le général de Gaulle avant d'être recruté par la branche action des services secrets anglais. Après un entraînement commando, il est parachuté en France. Multipliant les fausses identités, il y accomplit de nombreuses missions, il est capturé à plusieurs reprises par les Allemands, s'évade à chaque fois, dans des conditions souvent rocambolesques. A partir de centaines d'heures d'entretiens, de recherches inédites dans les dossiers officiels, Paul Kix a reconstitué la vie romanesque et palpitante de ce héros peu ordinaire. — "Paul Kix interroge la capacité de notre mémoire collective à revenir sur son histoire et à dépasser le prisme du bien et du mal, impropre à dépeindre cette période troublée." (Le Journal du dimanche)

GIONO (Jean) et Jean LURÇAT.

Animalités. Illustré de lithographies originales en couleurs de Jean Lurçat.

P., Éditions Bernard Klein, 1965, in-folio, 131 pp, préface inédite de Jean Lurçat, avant-propos de Jean Giono, en feuillets, avec 15 lithographies originales en couleurs de Jean Lurçat dont 3 sur double page, sous couverture imprimée rempliée beige, plus 4 lithographies originales signées par Jean Lurçat dans une chemise cartonnée toilée rouille ; l'ensemble sous emboîtage cartonné toilé rouille doublé de feutrine noire de l'éditeur, dos titré et signature des auteurs estampée au plat supérieur, bon état. Édition originale

Édition originale illustrée de lithographies originales de Jean Lurçat tirées sur les presses de José Berto et mises en couleur (procédé manuel) par Daniel Jacomet, sous le contrôle de l'artiste : soit 3 hors texte à double page, 11 hors texte à pleine page, la page de titre et quelques in-texte. L'exemplaire est complet de la chemise contenant les quatre lithographies originales à double page supplémentaires rehaussées et signées au crayon par l'artiste. Tirage limité à 250 exemplaires numérotés et quelques H.C., celui-ci un des 150 ex. sur vélin d Arches (n° 179), signé par l'auteur et l'artiste sur l'achevé d'imprimer.

SAINT-MARTIN (Louis-Claude de).

Le Crocodile ou la guerre du bien et du mal arrivée sous le règne de Louis XV. Poème épico-magique en 102 chants. Texte intégral authentique d'après l'édition originale de 1799. Préface par Robert Amadou, analyse par S. Rihouët-Coroze.

Triades-Editions, 1979, gr. in-8°, 252 pp, 3e édition, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, fortes rousseurs, état correct

Poème épico-magique de Louis-Claude de Saint-Martin, écrit au temps de la Révolution, vision anthropologique mêlée des échos des événements du moment. — Le “Crocodile” est paru en 1799, édité par l'imprimerie-librairie du Cercle social. L'on connaît ce club, issu des milieux maçonniques, fondé par Nicolas de Bonneville et l'abbé Claude Fauchet. Le « philosophe inconnu » avait déjà publié sous l'égide du Cercle, “Ecce Homo” et “Le nouvel homme” en 1792, “L'Eclair sur l'association humaine” en 1797, mais du présent ouvrage, il ne réclame pas la paternité, et signe : « Œuvre posthume d'un amateur de choses cachées. » Sans doute, veut-il par là manifester la place particulière de ce livre par rapport à sa production habituelle, de genre didactique. Nous songeons à “Des erreurs et de la vérité” (1775) ou à “L'homme de désir” (1790). Le “Crocodile” fut un échec. Saint-Martin souhaitait une seconde édition. Elle ne vit le jour qu'en 1962, préfacée par Robert Amadou et accompagnée d'un commentaire analytique de S. Rihouet-Coroze. Voici donc la troisième. L'action se situe sous Louis XV, elle conte un des multiples épisodes de la lutte éternelle entre le Bien et le Mal, mais, historiquement datée, elle veut être aussi l'annonce des affres révolutionnaires qui apparaissent à l'auteur à la fois comme punition et comme purification, passage nécessaire par le négatif. Poème épico-magique, parodie burlesque où l'on assiste au combat entre les forces des ténèbres, logées dans les entrailles de la bête immonde et qui symbolisent la philosophie des Lumières et ses soi-disant excès : le matérialisme, l'athéisme, l'appel à la violence. Le Crocodile et ses séides, génies supraphysiques, et personnages physiques, ces derniers hauts en couleur – tels la femme de poids ou le grand homme sec – défient et affrontent leurs « bons » adversaires. C'est le mystérieux Joaillier dont les attributs sont ceux du Christ, qui par ses miraculeuses interventions permettra à ses amis de triompher. Vision manichéenne et cocasse où l'Illuminisme, la « vraie » lumière, prétend dissiper les « fausses » Lumières de la philosophie du XVIIIe siècle ! Le symbole « mordicant », comme aurait dit Bachelard, du Crocodile renvoie à toute une tradition qui remonte à la mythologie égyptienne, et représente à la fois Satan et l'Enfer, l'armée des forces diaboliques, les damnés, et toutes sortes d'animaux nauséabonds, dignes du bestiaire de l'art roman. Il faut lire l'horrifique et surréaliste description de son anéantissement (Chants 97-98-99) ! (D. Leduc-Fayette, Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, 1980)

MOLLÂ LUTFÎ'L MAQTÛL, bibliothécaire du Sultan Mahomet II.

La Duplication de l'autel : Platon et le problème de Délos. Texte arabe publié par Sereffetin Yaltkaya. Traduction française et introduction par Abdulhak Adnan et Henry Corbin.

De Boccard, 1940, gr. in-8°, (8)-84 pp, 61 pp en francais suivi de 22 pp en arabe, broché, surlignures stabilo et annotations crayon sur 17 pp, sinon bon état (Études orientales publiées par l'Institut francais d'archéologie de Stanboul, VI)

LOTTMAN (Herbert R.).

De Gaulle/Pétain. Règlements de comptes.

GLM/Perrin, 2010, in-8°, 236 pp, traduit de l'anglais, notes, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

« En février 1945, François Mauriac confiait à son fils Claude que le sort de Pétain était le “grand souci” du Général. A cette date, une confrontation Pétain/de Gaulle par le verbe faisait même l’objet d’un projet éditorial. Sans rejeter l’idée, le Général estima celui-ci “inopportun”. Et si l’heure était venue de régler ces comptes par le biais de la confrontation historique ? Telle est l’entreprise que nous avons poursuivie dans le livre : éclairer d’un point de vue original les tenants d’une aventure conflictuelle mais jamais interrompue. Notre parcours, sans être strictement biographique, s’apparente aux “vies parallèles”, chères aux auteurs classiques. Sur les choix stratégiques avant et après 1914, sur leurs rapports humains et hiérarchiques, sur leur rôle en mai-juin 1940, en novembre 1942 ou encore en 1945, le lecteur trouvera les pièces du dossier. A lui d’en tirer d’éventuelles leçons. » (H. L.) — "Le mérite d'Herbert Lottman est de donner au lecteur les pièces d'un puzzle complexe sans imposer ses conclusions. On est loin de la légende sulpicienne. Au fil des pages on découvre un Pétain très conscient du rôle de l'aviation dès les années vingt, et un de Gaulle entrant progressivement dans son nouveau rôle en Juin 1940." (Eric Roussel, Le Figaro littéraire, 20 mars 2008)

OURSEL (Raymond).

Itinéraires romans en Bourgogne.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1977, pt in-4°, 104 pp, 2e édition, 47 héliogravures sur 48 pl. hors texte, une carte de la Bourgogne romane à double page., 9 cartes d'itinéraire, index des noms de lieux, broché, couv. illustrée, bon état (les travaux des mois 11) (Prix Bourgogne 1977)

La très riche matières des églises romanes de Bourgogne.

TAPIÉ (Victor-L.).

Baroque et classicisme.

Plon, 1972, fort in-8°, 526 pp, 2e édition, profondément remaniée et complétée, 48 planches d'illustrations hors texte, notes, biblio, reliure toile moutarde, dos lisse, pièce de titre chagrin noir, couv. illustrée conservée, bon état (Coll. Civilisations et mentalités)

Ouvrage classique de l'histoire de l'art, qui s'ouvre sur une superbe évocation du Bernin et de Borromini, ce livre est aussi une contribution majeure à l'archéologie de l'Europe contemporaine. Il montre en effet comment le baroque est à la fois solidaire de la contre-réforme catholique, mais aussi d'une Europe qui accepte durablement le pluralisme des nations sur son territoire et se trouve interpellée par le pluralisme religieux. Victor L. Tapié s'attache à doter d'un contenu historique précis les notions de "baroque" et et "classicisme". Une brillante synthèse, devenue un classique, dont la lecture est indispensable à qui veut comprendre l'avènement de l'Europe moderne.

DU HAMEL (Comte Victor).

Histoire d'Espagne. Nouvelle édition.

Tours, Mame et Cie, 1855, in-12, 283 pp, 6 gravures hors texte sous serpente dont le frontispice, reliure pleine basane vert bouteille, dos à 4 nerfs, titre et caissons dorés, décor frappé à froid, encadrement et cadre floral ovale doré sur les plats, tranches marbrées (rel. de l'époque), dos lég. frotté, coupes frottées, coins émoussés, bon état (Bibliothèque de la jeunesse chrétienne)

Par Victor Auguste Du Hamel (1810-1870). Il se consacre d'abord à l'histoire et à la littérature. Membre de la Société des gens de lettres, il publie deux romans, la Duchesse d’Halluye en 1842 et le Château de Rochecourbe en 1843, puis une Histoire constitutionnelle de la monarchie espagnole (411-1833), en 1845. L'édition originale de son Histoire d'Espagne date de 1848. Préfet du Lot en 1849, du Pas-de-Calais en 1852 et de la Somme en 1854, il sera député des Deux-Sèvres de 1857 à 1863.

LUXEMBOURG (Rosa).

Grève générale, parti et syndicats.

P., Éditions Spartacus, 1947, pt in-8°, 79 pp, avant-propos de Bracke (Alexandre-Marie Desrousseaux), introduction de Froelich, broché, couv. lég. salie, sinon bon état

"Dans Grève de masses, parti et syndicats, en 1906, Rosa Luxemburg voit dans la Révolution russe de 1905, une confirmation de sa critique de Lénine : en Russie « tout d’abord l’occasion qui déclencha le mouvement fut fortuite et même accessoire, l’explosion fut spontanée ». L’insurrection ne fut aucunement déclenchée par un quelconque « ordre » du comité central des révolutionnaires professionnels. Certes, par « spontané » il ne faut point entendre « réaction brut d’ignorants ». Rosa Luxemburg croyait à l’efficacité de la parole, de l’enseignement (elle même ne cessa de parler ni d’écrire) puisqu’elle observe que par la manière « dont le mouvement fut mis en branle se manifestèrent les fruits de la propagande menée pendant plusieurs années ». Mais cette éducation générale n’a rien à voir avec une direction militaire car la grève de masse « refuse de fonctionner au moment où l’on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l’Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux ; tantôt elle jaillit du sol comme une source d’eau vive, tantôt elle se perd dans la terre ». Rosa Luxemburg poursuit : « Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant (...) elle n’est pas un moyen ingénieux pour renforcer l’effet de la lutte prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution »..." (Yvon Bourdet, Le marxisme anti-autoritaire de Rosa Luxemburg, 1976)

ZUCCOTTI (Susan).

The Italians and the Holocaust. Persecution, Rescue, and Survival.

New York, Basic Books, 1947, pt in-8°, xviii-334 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, index, reliure toile éditeur, jaquette, bon état. Texte en anglais

"L'ouvrage de Susan Zuccotti, The Italians and the Holocaust, est une tentative courageuse d'analyser le problème de la réponse de l'Italie - et plus particulièrement des Italiens - à l'antisémitisme fasciste et nazi et au génocide des Juifs d'Europe par les nazis. Zuccotti nous donne d'abord un aperçu général des dimensions du génocide des Juifs italiens et une brève histoire des Juifs en Italie depuis l'Antiquité. Elle poursuit son récit par un compte rendu chronologique de l'introduction des mesures antisémites en Italie et dans les territoires occupés par l'Italie, d'abord par les Italiens eux-mêmes, puis, après septembre 1943, en collaboration avec les forces d'occupation allemandes. Zuccotti conclut son histoire en expliquant comment les Juifs, avec l'aide de chrétiens italiens, ont réussi à survivre en Italie, leurs tentatives réussies et avortées de s'enfuir en Suisse, et l'activité antifasciste des Juifs. Il faut remercier Zuccotti d'avoir entrepris ce travail ; l'histoire du génocide des Juifs italiens est complexe et confuse. Son livret contient des passages clairs, lucides et pleins de compassion. Zuccotti éprouve de la sympathie pour les personnes sur lesquelles elle écrit, et elle soulève des questions essentielles..." (The Journal of Modern History, 1990)

Atlas de Saint Cyr.

Atlas de Géographie, extrait de l'Atlas de Saint Cyr. Gravé par J. Geisendörfer.

Jouvet et Cie, s.d. (v. 1885), in-folio (45 x 32 cm), 20 doubles cartes en couleurs format 62 x 44 cm, montées sur onglet, cartonnage rouge de l'éditeur avec titre et fer dorés au 1er plat (Atlas de géographie. Extrait de l'Atlas de Saint-Cyr), plats détachés, intérieur en très bon état

1) Carte géologique de la région française / 2) Carte physique de la région française / 3) Carte historique de la région française / 4) France militaire / 5) Camp retranché de Paris / 6) Principales places des frontières du Nord et du Nord-Est / 7) Carte militaire des Pyrénées / 8) Algérie et Tunisie / 9) Europe politique / 10) Carte politique de l’Europe centrale / 11) Europe centrale (partie centrale) / 12) Europe centrale (partie orientale) / 13) Îles britanniques / 14) Carte militaire de la Suisse / 15) Italie / 16) Carte physique et militaire de la Péninsule / 17) Russie et pays scandinaves / 18) Hongrie et Turquie / 19) Carte militaire des États-Unis (partie orientale) / 20) Carte militaire des États-Unis (partie occidentale). orientale). — "Dans l’ensemble de la cartographie française il importe de mettre hors de pair les cartes murales de M. Levasseur, le nouvel Atlas manuel de la librairie Hachette, l’atlas Andrivau-Goujon et celui de Saint-Cyr. C’est, à notre avis ce que la France possède aujourd’hui de plus satisfaisant. (...) Nous avons nommé l'Atlas de Saint-Cyr ; nous avons le droit d’en être satisfait, et un géographe allemand, M. Kettler, lui a rendu un juste hommage dans la “Revue de géographie” en 1883. Les cartes en sont claires, bonnes d’aspect et suffisamment nombreuses pour toutes les parties essentielles de la géographie. L’orographie est excellemment traitée comme tout ce qui concerne les études militaires, cela va de soi. (...) L’atlas est dû à la collaboration successive de MM. Bureau, Hue et Gœdorp, professeurs ou anciens professeurs à Saint-Cyr." (Revue pédagogique, 1884)

[Cuisine] – Collectif.

Larousse gastronomique. Avec le concours du Comité gastronomique présidé par Joël Robuchon.

Larousse, 1998, fort pt in-4°, 1216 pp, plus de 600 photos, reliure éditeur, jaquette, bon état

En 1216 pages, le Larousse gastronomique propose 3000 recettes (dont 400 données par les plus grands chefs d'aujourd'hui) et répond à toutes les questions sur la gastronomie (avec 4000 articles sur les produits et ingrédients, les appellations, les techniques, l'histoire et la culture...) Magnifiquement illustré de plus de 600 photos (100 plats, 40 planches de produits, 175 gestes professionnels, etc). cet ouvrage comporte aussi 22 doubles pages consacrées aux cuisines des régions de France. Un livre qui fera le bonheur de tous les gourmets d'aujourd'hui.

FLEISCHMAN (Théo).

En écoutant parler les grognards de Napoléon. Illustré d'après des estampes populaires flamandes d'époque.

Bruxelles et P., Brepols, 1963, in-8°, 245 pp, 12 pl. en couleurs hors texte, une planche en noir, 9 bois dans le texte, annexes, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

"Tout était remarquable dans ces hommes granitiques." (Pons de l'Hérault)

LÉVY (Claude) et Paul TILLARD.

La Grande Rafle du Vel d'Hiv. 16 juillet 1942.

Laffont, 1992, gr. in-8°, 288 pp, préface de Joseph Kessel, 16 pl. de photos et documents hors texte, postface, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Ce jour-là)

Imaginé par l'esprit pervers d'Heydrich et rendu possible par la complicité de Pierre Laval, un plan diabolique vient d'être mis sur pied. 27.388 fiches ont été préparées par les soins des services préposés aux questions juives. Le 16 juillet 1942, à l'aube, plus de 9.000 hommes des forces de l'ordre, sous contrôle de l'occupant, déclenchent l'une des plus grandes opérations policières menées dans Paris depuis l'arrestation des Templiers et la Saint-Barthélemy : ce jour-là, et le lendemain, 12.884 juifs étrangers ou d'origine étrangère vont être arrêtés. On expédie directement en Allemagne ou en Pologne, via Drancy, les célibataires ou les couples sans enfants ; les familles avec enfants sont concentrées au Vél d'Hiv : plus de 7.000 personnes vont demeurer prisonnières sous cette immense verrière, dans une chaleur effroyable, presque sans eau. Parmi elles, 4.051 enfants... Cela s'appelait l'opération «Vent Printanier». — "Nous assistons, dans ce livre profondément émouvant et accusateur, à la grande rafle des Israélites français entassés au Vél. d'Hiv. avant leur envoi par wagons et trains entiers, dans les sinistres camps de la mort d'Allemagne et de Pologne, d'Auschwitz en particulier. Entreprise qui, imposée par les dirigeants de l'Allemagne hitlérienne, fait partie de cette politique de génocide, que le national-socialisme prétendit étendre à l'Europe entière. Les auteurs, dont l'un, Paul Tillard, est ancien déporté de Mauthausen, se gardent de tout effet littéraire. Leur récit a le ton d'un rapport et constitue un témoignage historique irréfutable sur l'antisémitisme des sectateurs de Mein Kampf. Il apparaît aussi, hélas, que cette grande rafle fut une opération entièrement exécutée par la police et la gendarmerie françaises, dirigée par de hauts fonctionnaires de Vichy ; les instructions de l'occupant excluaient de l'extermination par les gaz les Juifs de moins de 16 ans : ce furent des fonctionnaires vichyssois, Laval en tête, qui insistèrent pour que les enfants fussent aussi arrêtés, et les auteurs nous content que devant cette proposition transmise à Berlin, Eichmann, le bourreau des Juifs, fut tellement estomaqué à la réception de la dépêche, qu'il mit quinze jours à répondre par l'affirmative." (Jean Hugonnot, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1967) — “La Grande Rafle du Vel d’Hiv” est le document de référence sur le crime du « Jeudi noir » de juillet 1942. Des témoins se souviennent, des acteurs parlent. La responsabilité des autorités de Vichy apparaît, décisive. Claude Lévy a rejoint la Résistance dès 1942. Arrêté en décembre 1943, livré aux Allemands par les autorités de Vichy, il est déporté en juillet 1944. Il s’évade fin août et rejoint le maquis. Il sera démobilisé en 1945. – Engagé très tôt dans la Résistance, Paul Tillard est arrêté par la police de Vichy en août 1942 et déporté au camp de Mauthausen. Dès son retour, il publie le premier témoignage français sur les camps nazis.

REYNAUD (Michel) – Amicale des Anciens d'Eysses.

Eysses contre Vichy, 1940-...

Éditions Tiresias, 1992, in-8°, 220 pp, 33 pl. de photos et documents hors texte, mémorial des Eyssois et des familles de disparus, reliure toile rouge de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état. Un des ex. du tirage de tête ; 721 ex. numérotés de 1 à 721, tirés sur papier vergé et reliés pleine toile

En octobre 1943, la prison d'Eysses, à Villeneuve-sur-Lot, devient un lieu stratégique où les autorités de Vichy décident de concentrer tous les condamnés politiques de la zone Sud. Le chiffre des prisonniers politiques détenus à Eysses atteindra 1.400 début 1944. Eysses contre Vichy est le récit unique des hommes, – tant par leur part dans la résistance, – tant par leur comportement en prison, – tant part leur attitude en déportation – que part leur combat d’hier jusqu’à nos jours, qui surent en plus conjuguer le mot humanité. De leur expérience au bagne d’Eysses (47), ils donnèrent sens et existence aux mots : Vie, Liberté, Respect, Solidarité, Culture, Démocratie, Instruction, République. Après leur insurrection, ils furent pour leur très grande majorité déportés au camp de la mort lente de Dachau. 12 furent fusillés par les GMR... — "En 1943, toutes les prisons de France regroupent des “terroristes” : le gouvernement de Pétain-Laval ne reconnaît pas de détenus politiques ; pourtant en regroupant, à l'automne 43, a la Centrale d'Eysses prés de Villeneuve-sur-Lot, des centaines d'emprisonnés politiques jusqu'alors disséminés dans diverses prisons (de la zone sud en majorité), il s'agissait pour lui de mieux empêcher les évasions qui se multipliaient dans les petites prisons, en même temps que de garder sous la main une masse d'otages tout désignés. Les 1200 détenus sont représentatifs de la Résistance considérée dans la diversité de ses composantes et de ses formes d'action. Mais “frères d’armes”, déjà organises, dés les premiers jours, les détenus patriotes et anti-fascistes élisent une délégation générale des différents “préaux” qui réussit a arracher à la direction de la Centrale des avantages (droit de fumer, d'enseigner, d’envoyer et recevoir des lettres...) qui permettent, entre autres, a l'organisation clandestine “militaire” de se renforcer sous couvert d'activités sportives. Bien vite, le collectif prend en main toute la vie quotidienne des détenus, sans un esprit de solidarité qui a imprégné ces militants bien au-delà des quelques mois passés à Eysses, et dont témoigneront les quelques survivants rescapés des camps ou les hitlériens, “conscients du danger que leur faisait courir ce rassemblement de patriotes indomptables, merveilleusement unis et organisés”, les avaient déportés après que Vichy les eut remis aux autorités allemandes en mai 44. En effet, tout entière tournée vers la perspective d'une évasion collective, I'héroïque action du bataillon d’Eysses, entreprise le 19 février 44, a échoué : livrant combat à armes inégales contre des GMR abrités dans des blockhaus qu'a fait élever récemment le nouveau directeur du fort (un colonel milicien nommé a la suite de l'évasion réussie, le 3 janvier, de 54 détenus politiques français et anglais), et malgré la complicité de quelques gardiens et l'attente des groupes locaux de résistance, les détenus, pris sous les mitraillettes et les grenades des miradors, durent se rendre plutôt que d'attendre le carnage (les Allemands alertés se préparaient à bombarder la partie de la prison tenue par les insurgés). Sans doute faut-il chercher la cause de cet insuccès en partie aussi dans la mauvaise liaison avec la Résistance à l'extérieur : l'insurrection à l'intérieur de la Centrale devait être appuyée par une action des Groupes Francs de Lyon à l'extérieur (sous la direction du COMAC). En février, sachant ne plus pouvoir compter sur une aide extérieure rapide et efficace, le collectif décide de l'action : on ne peut risquer de voir les miliciens découvrir les armes cachées à l'intérieur, et d'autre part les combattants libérés pourront former un noyau de résistance renforçant les actions des bataillons Soleil, Hercule, Carlos de Dordogne-Sud (eux-mêmes constituant un important élément de diversion pour soulager les maquis de Savoie). Il faut lire le récit détaillé de ce combat, avec ses moments d'espoir et de repli, les multiples actes d’héroïsme de la part de ces hommes jeunes (moyenne d'âge : 28 ans) mais ayant déjà de nombreuses luttes et actions derrière eux (y compris dans la guerre d'Espagne) : il faut lire le récit de sa féroce répression par les miliciens (12 fusillés le 23 février) et l'horrible rappel des conditions de la déportation, dans des wagons à bestiaux ou les hommes sont entassés sans nourriture, et, plus horrible encore, sans eau (d'où l'hécatombe du convoi de la mort, de Compiégne à Dachau, 2-5 juillet 44). Ce livre écrit par Michel Reynaud à la demande de I'Amicale d’Eysses, après et d'après celui de Jean-Guy Modin, maintenant épuisé, en citant les noms et les actions de nombreux combattants de l'ombre, rappelle utilement qu'au-delà des statistiques et des explications historiques, c'est l'engagement individuel dans l'esprit de révolte et de désobéissance au “désordre établi” et à la honte comme politique qui a été le terreau de la Résistance..." (Claude Papp, Gavroche, 1993)

FLEURIOT de LANGLE (P.).

La tragique expédition de Lapérouse et Langle.

Hachette, 1954, in-12, 253 pp, 8 pl. de gravures et portraits hors texte, 2 cartes, dont une des voyages de Lapérouse sur double page, biblio, annexes, reliure demi-basane carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée par Gustave Alaux conservée (rel. de l'époque), bon état

"L'exploration du Pacifique semble à première vue un de ces sujets bien connus, et sur lequel tout a été dit. Par le mystère qui entoure sa fin tragique, Lapérouse en particulier jouit de ce prestige qui récompense presque uniquement les explorateurs malheureux. Descendant de marins voué à l'archivistique, l'auteur a centré son livre sur le second, le « vicaire » du navigateur languedocien, son trisaïeul le Breton Fleuriot de Langle... Paul-Antoine-Marie Fleuriot de Langle n'eut pas un destin ordinaire. Né le 1er août 1744 au chateau de Kerlouet, diocèse de Tréguier, c'est en l'église Saint-Louis de Brest qu'en bon marin il se maria (décembre 1781) en présence de la fleur de la noblesse bretonne, baptisa son fils trois ans plus tard, et fut inhumé le 25 juin 1889 (ce n'est pas une coquille) après que ses restes eurent connu pendant un siècle une sépulture... provisoire sous un arbre voisin de l'anse de l'Ile Tutuila (Samoa) où le 11 décembre 1787 il était tombé sous les casse-têtes avec M. de Lamanon, de l'Académie de Turin, et dix autres, quelques mois seulement avant le naufrage des frégates à Vanikoro. J'avoue avoir été conquis par cette figure un peu mélancolique, un peu hautaine, tendre et humaine en même temps. L'homme a ses nostalgies : en un siècle où le tour du monde est encore une merveilleuse aventure, où l'Océanie apparaît un paradis pré-romantique, il rêve – en bon gentilhomme – à sa famille, à sa terre, à son manoir qu'il veut agrandir... Il a ses secrets : tel autre de ses descendants, Jean de La Varende, affirme plus nettement sur la foi d'une tradition qu'il aurait été choisi d'abord pour commander l'expédition, dont il devint second en prodiguant d'ailleurs à son ami Lapérouse (il l'avait déjà accompagné en 1782 à la baie d'Hudson) le dévouement le plus complet. Sa mort, bien que survenue au grand soleil du Pacifique et devant tant de témoins, reste aussi mystérieuse que celle de son chef..." (Jean-Paul Faivre, Journal de la Société des Océanistes, 1954)

FIERRO (Alfred) et Jean-Pierre SARAZIN.

Le Paris des Lumières d'après le plan de Turgot (1734-1739).

Éditions de la Réunion des musées nationaux/GLM, 2005, in-4° oblong (28,5 x 32,5), 144 pp, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, index sélectif des noms de personnes et de lieux, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

Le Paris dessiné en 1734-1739 par Louis Bretez à la demande du prévôt Michel Étienne Turgot n'a pas encore tout à fait disparu... A partir de ce plan célèbre et des textes qui l'accompagnent dans ce livre, un effort d'imagination est toutefois nécessaire pour retrouver ce Paris de l'époque des Lumières qui faisait l'admiration de l'Europe. — Le Paris arpenté et croqué par le dessinateur Louis Bretez aux ordres du prévôt Michel Etienne Turgot n'a pas encore tout à fait disparu de notre paysage urbain. Cependant, dans maints endroits, un effort d'imagination est nécessaire pour restituer à partir des images et des commentaires l'ambiance des rues, les alignements des immeubles, les places et les parvis d'églises, les berges de la Seine. Face à la clôture des Universités Paris VI et VII, place Jussieu, est-il possible en fermant les yeux d'imaginer l'entrée de l'abbaye Saint-Victor ? Assis au pied de la fontaine des Innocents, a-t-on idée que l'on pénètre l'ancien domaine des morts de Paris du cimetière des Innocents ? Côté est de la place Saint-Germain des Prés, sur un banc du square Laurent Prache, on se souviendra qu'à cet emplacement s'élevait l'une des plus précieuses bibliothèques des XVIIe et XVIIIe siècles, où étudiaient et écrivaient les savants de l'époque. A l'inverse, une promenade au jardin des Plantes, une visite place des Vosges où dans les hôtels du Marais illustreront livre en main et sur place l'exactitude des dessins et la permanence de l'occupation des lieux. L'association judicieuse des extraits du plan de Paris de Turgot aux images contemporaines – gravures, dessins, tableaux -, aux photographies modernes et aux commentaires des auteurs permettront à tout un chacun d'aller à la rencontre, non pas de fantômes, mais de témoignages du passé. Cet ouvrage n'est pas le récit nostalgique de l'altération ou de la disparition des sites et des monuments anciens de Paris, mais l'histoire illustrée par plus de cent lieux caractéristiques, lieux de vie et lieux de mémoire.

SALAMON (Laura).

Souvenirs.

Chez l'Auteur, 1999, in-8° étroit, 94 pp, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. à rabats, bon état, envoi a.s. de Colette Sirat, fille de l'auteur

Écrits à 86 ans, les souvenirs de Laura Salamon, arrivée de sa Transylvanie natale en septembre 1929 à Paris à l'âge de 18 ans. Laura Salamon est la mère de Colette Sirat, directrice d'études à l'École pratique des hautes études de Paris, qui a publié de nombreux travaux sur la philosophie juive.

GUILLEMOT (Gisèle) et Samuel Humez.

Résistante. Mémoires d'une femme, de la résistance à la déportation.

Michel Lafon, 2009, gr. in-8°, 210 pp, broché, couv. illustrée, bon état

Souvenirs de Gisèle Guillemot, née en 1922 à Mondeville (Calvados) ; résistante ; internée dans les prisons de Karlsruhe, Lübeck, Cottbus ; déportée « NN » aux camps de Ravensbrück (matricule 85 279) puis de Mauthausen ; libérée le 24 avril 1945 par la Croix Rouge. — Un témoignage précieux qui dévoile un pan méconnu de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale : la résistance à l'oppression nazie de milliers de femmes restées anonymes. Dans la cité ouvrière où elle a grandi, Gisèle étouffe. Elle ne supporte plus la sirène de l'usine qui la réveille tous les matins à 6 heures, ni l'attitude résignée des manœuvres de son quartier face à l'exploitation dont ils sont victimes. Aux sorties entre filles, Gisèle préfère les réunions politiques, celles des Jeunesses communistes où elle se rend avec sa bande de copains. Elle a 17 ans, et veut changer le monde. Quand les Allemands envahissent la Normandie en juin 1940, les habitants de la cité baissent la tête, comme d'habitude. Gisèle et ses amis, eux, sont impatients d'en découdre. La petite bande couvre les murs de la ville de slogans antinazis et trafique les motos des soldats. Un grain de sable dans la machine de guerre allemande, mais Gisèle et ses camarades se voient déjà des héros. L'adolescente exaltée devient une combattante de l'ombre. Des cartes de rationnement volées dans les mairies aux convois d'explosifs sur les routes normandes, Gisèle s'engage aux côtés des résistants communistes du Calvados. Jusqu'aux premières trahisons. Traquée par la Gestapo, condamnée à mort, déportée en Allemagne, Gisèle doit maintenant se battre pour sa propre survie.

MOGENET (Maurice).

Un siècle d'économie française 1863-1963 : le Crédit Lyonnais.

Montrouge, Imp. Draeger frères, pour le Crédit Lyonnais, 1963, pt in-4°, 243 pp, 123 gravures et photos, plus 11 pl. en couleurs hors texte, certaines doubles, cart. éditeur, couv. rempliée, bon état. Édition originale sur vélin pur fil des Papeteries de Renage

"Qu'on nous permette de signaler un ouvrage de belle tenue, paru en 1963 en l'honneur du centenaire du Crédit Lyonnais. Luxueusement présenté, ce livre a été rédigé par M. Maurice Mogenet, Directeur des Études financières au Crédit Lyonnais. Il surclasse tous les travaux du genre « histoire d'entreprise » rédigés sous les auspices des entreprises elles-mêmes. Et particulièrement les histoires de banques françaises. En fait, l'essor du Crédit Lyonnais est replacé dans l'histoire économique générale – ce qui nous vaut par exemple des pages non dénuées d'intérêt sur l'économie française entre les deux guerres mondiales. On relèvera comme significatifs les passages consacrés à l'exportation des capitaux avant 1914 (pp. 104-107), point sensible, on s'en doute..." (Jean Bouvier, Annales ESC, 1966) — Sommaire : 1863-1878 : Croissance d'une banque régionale. – 1879-1913 : Le Crédit Lyonnais prend rang aux côtés des plus grandes banques du monde. – 1914-1945 : Deux guerres et une crise ébranlent l'économie et ruinent la monnaie. – 1946-1963 : Réadaptation difficile puis renouveau de l'économie française.

CATON (Joannès).

Journal d'un déporté de la Commune à l'île des Pins.

France-Empire, 1986, gr. in-8°, 486 pp, présenté par Clément Rouanay, 12 pl. de gravures, photos, fac-similés et cartes hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

"Journal d'un déporté stéphanois, secrétaire de la Commune de cette ville, qui tranche sur les autres témoignages par sa fraîcheur. Caton n'avait que 21 ans en mars 1871. Après un échec en Australie, il reviendra en 1880 à Saint-Etienne où il fera partie de la municipalité." (Le Quillec, 443).

GUILLEMINAULT (Gilbert)(dir.).

Les Années folles, 1918-1927. Le roman vrai de la IIIe République.

Denoël, 1960, pt in-8°, 317 pp, environ 200 gravures et photos du temps, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

La première de Phi-Phi (12 novembre 1918) (Pierre Minet et Anne Manson) ; Landru (1919-1921) (René Masson) ; Le match du siècle : Carpentier-Dempsey (2 juillet 1921) (Robert de Thomasson) ; Le scandale de “La Garçonne” (1922) (Anne Manson) ; L'étrange histoire de Jean Galmot (François Brigneau) ; Le destin tragique d'Isadora Duncan (Anne Manson) ; Les belles du Montparno (Armand Lanoux) ; Paul Poiret le magnifique (Anne Manson) ; Le mystère Philippe Daudet (23 novembre 1923) (Henri Legros).

JULLIAN (Marcel).

L'affaire Seznec.

Monte Carlo, Edition°1, 1979, in-8°, 209 pp, 12 pl. de photos et fac-similés hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

"Cet homme au crépuscule d'une vie accablée par vingt-quatre années de bagne est-il l'assassin de Quémeneur ou l'innocente victime d'une incroyable machination policière ?" Marcel Jullian reprend l'hypothèse d'un règlement de comptes entre trafiquants de stocks américains, à Paris ou dans la région parisienne. — "A partir de la série d'émissions d'Europe N° 1, Marcel Jullian rédige un livre dans lequel il fait le choix de l'hypothèse d'un Quéméneur victime d'affrontements entre gangs liés au trafic des voitures américaines bien évidemment sur fond d'accointances politiques et de services secrets soviétiques." (Michel Pierre)

MAAS (Peter).

Mafiosi et Mafia. Les mémoires de Joseph Valachi.

Club Français du Livre, 1969, in-8°, 296 pp, traduit de l'américain (“The Valachi Papers”), 8 pl. de photos hors texte, reliure skivertex éditeur, jaquette illustrée, bon état

"En 1964, aux États-Unis, un mafioso emprisonné et menacé de mort par son organisation, Jo Valachi, rédigea des mémoires à l'instigation du département de la Justice, alors dirigé par R. Kennedy. Le journaliste Peter Maas fut ensuite autorisé à publier, non pas les mémoires intégraux qui soulevaient trop d'émoi dans la population italo-américaine, mais un ouvrage rédigé à partir du document brut et des entretiens qu'il eut avec Jo Valachi. “Mafiosi et Mafia” a pour objet de révéler pour la première fois en public l'emprise de la Cosa nostra – véritable nom de la Mafia – sur la vie politique et économique des États-Unis et sa part dans la criminalité organisée. Outre ce propos de démythification, cet ouvrage constitue une précieuse source de renseignements pour le criminologue. Le crime organisé constitue la plus importante affaire américaine. Le département de la Justice évalue à 40 milliards de dollars son chiffre d'affaires annuel. Certes, la Cosa nostra n'embrasse pas la totalité du crime organisé, mais elle en constitue la force dominante et ce livre la décrit comme un véritable état dans l'État. Le crime organisé n'a pas été introduit aux États-Unis par les seuls Italiens. On en trouve trace déjà dans les bas-fonds florissants au XIXe siècle. Mais ce sont eux – et particulièrement certains émigrants venus de Calabre, de Naples ou de Sicile – qui apportèrent un sens traditionnel du clan, le mépris de l'autorité légale et un talent d'organisation qui devait finir par leur permettre de dominer le gangstérisme aux États-Unis. La prohibition fut, dans les années 1920, l'occasion inespérée d'une multiplication de fraudes et de trafics générateurs de substantiels revenus et pratiqués avec la complicité de millions d'Américains. De cette conjonction favorable, on peut dater la véritable naissance de la Cosa nostra. (...) Quelle peut être la portée en criminologie de ces révélations sur le crime organisé et le coût du crime ? Notons tout d'abord que de nombreuses affirmations de Valachi concernant le passé ont pu être recoupées avec des renseignements que le F.B.I. tenait d'autres sources. “Mafiosi et Mafia” se présente en effet plus comme un ouvrage historique consacré au passé de l'organisation que comme le point de la situation actuelle..." (L'Année sociologique, vol. 21, 1970)

Collectif.

Vie quotidienne en milieu urbain. Actes du Colloque de Montpellier (février 1978).

Centre de Recherche d'Urbanisme, 1980, fort in-4°, 570 pp,

BERNADAC (Christian)(prés. par).

« Dagore ». Les carnets secrets de la Cagoule.

France-Empire, 1977, fort gr. in-8°, 611 pp, broché, couv. à rabats, bon état

Les Carnets secrets d'Aristide Corre (Dagore pour la Cagoule). — La Cagoule ! Mystérieuse cagoule. Si mystérleuse qu’aujourd’hui encore, devant l’absence d’archives, de documents officiels (Ia plupart des dossiers de police et d’instruction ont été pillés ou simplement épurés pendant Ia Seconde Guerre mondiale par d’anciens Cagoulards) et surtout devant le truquage des pièces fournies aux divers interrogatoires d’avant-procès, devant les faux témoignages, les repentirs, les aveux extorqués et repris, les alibis fabriqués, les dénonciations, les soutiens politiques et militaires, journalistes, écrivains, historiens, en sont à s’interroger sur Ia réalité de ses actions de commando ou de plastiquage, l‘organisation interne du mouvement, son financement, son armement, ses relations avec les facismes italien, espagnol, allemand... La Cagoule – organisation secrète d’action révolutionnaire – fondée en 1936 par des membres dissidents de l’Action française, deçus et irrités par « le manque de combativité » du vieux mouvement royaliste et nationaliste, devant Ia « montée et les dangers » du Front Populaire et du communisme, avait son chroniqueur quotidien et, jusqu’à Ia pubIication de ce livre, chacun l’ignorait. Les Carnets d’Aristide Corre (Dagore pour Ia Cagoule) contiennent Ia plupart des secrets de I’organisation terroriste. Comment imaginer que celul, sans qui sans doute, le fondateur Eugène Deloncle, n’aurait rien entrepris, alt pu commettre l’imprudence de confier chaque jour à des cahiers : notations, réflexions, commentaires, informations concernant les crimes et les objectifs de la Cagoule. Assurément, nul homme n’aurait été plus mal choisi pour occuper le poste de chef du Deuxième Bureau, chargé du renseignement et de Ia mise en place des actions de l’organisation. Ce besoin d’écrire – noir sur blanc – qul est refusé à tout agent secret, Dagore allait se montrer incapable de le réprimer et, lorsque le policier Jobard perquisitionnera chez lui, les carnets reliés – racontant tout ou presque tout – seront là, bien rangés à quelques centimètres du bout de son nez, sur les rayons de la bibliothèque. II est vrai que Ia police a des excuses de ne pas avoir poussé plus loin ses investigations, elle venait de trouver chez Dagore une grande liste d'« abonnés » de I’O.S.A.R., ce qui permit, indicateurs infiltrés aidant, de mettre pratiquement fin à l’organisation. C’est par hasard que Christian Bernadac a retrouvé les précieux carnets secrets d’Aristide Corre et a décidé de les publier et de les présenter en les commentant. La vie d’Aristide Corre, telle qu’iI Ia raconte sans rien cacher ni de son action, ni de ses amours, est un document humain qul révèle un personnage hors série... — "En poursuivant des recherches sur les camps de concentration, le journaliste Christian Bernadac fut amené à rencontrer, en 1969, le père Joseph Fily, déporté à Dachau et ancien Cagoulard. Ce dernier lui communiqua les carnets d'Aristide Corre, qu'il avait en dépôt depuis 1942. Aristide Corre, dit Dagore, fut le chef du 2e Bureau de la Cagoule. Ami d'enfance d'Eugène Deloncle, il le suivit à l'Action Française, puis dans la constitution de l'organisation clandestine qui devait renverser le régime honni par l'extrême-droite. Recherché par la police française, Dagore se réfugia à Saint-Sébastien en octobre 1937 et il vécut en exil en Espagne jusqu'à la défaite de 1940. Engagé dans la Résistance, contrairement à ses amis Deloncle, Filliol et Darnand, il fut fusillé à la prison du Cherche-Midi le 31 mars 1942, sous la fausse identité de Claude Meunier, ce qui explique qu'à la Libération la police le recherchait toujours. Bernadac vient de publier ces carnets sous la forme de larges extraits annotés qui, au-delà des renseignements fournis sur l'Organisation Secrète d'Action Révolutionnaire, apportent une meilleure compréhension de la psychologie des principaux Cagoulards, tels que Deloncle, Filliol, Jeantet, sans oublier l'auteur méconnu, écrivain manqué qui mêle l'introspection à la conspiration. Il peut paraître surprenant de voir le responsable du 2e Bureau d'une organisation clandestine tenir régulièrement un journal dans lequel il consigne des notations parfois détaillées sur les réunions auxquelles il a participé ou sur les projets de "coups" à monter, même si elles apparaissent sous une forme qui n'est pas toujours très claire pour le non- initié. C'est ce qui fait l'intérêt de cette publication originale qui nous permet de mieux connaître le milieu Cagoulard, à défaut de tout savoir sur le "Complot" et ses prolongements. Aristide Corre signale souvent qu'il ne peut encore noter dans son journal ce qu'il a vu ou entendu le jour même, mais il y revient à coup sûr les jours suivants avec des précisions de plus en plus nettes, qu'il s'agisse du trafic d'armes, de la suppression de traîtres et d'ennemis ou de la constitution de dépôts d'armes et de munitions dans la région parisienne. Il écrit plus librement après son exil en Espagne, certes, mais sa situation d'isolement et de dépendance le préoccupe de plus en plus, au détriment des notations politico-militaires, qu'elles concernent la situation française ou la guerre civile. C'est pourquoi le lecteur reste souvent sur sa faim, à moins qu'il n'apprécie l'étalage des états d'âme et des phantasmes de l'auteur. La lecture de ces carnets apporte la confirmation que la Côte d'Azur a constitué pour la Cagoule un secteur important, que ce soit pour le trafic d'armes ou pour les contacts avec les services spéciaux italiens. Joseph Darnand est intimement lié à ces deux affaires et son nom revient souvent sous la plume de Dagore." (Jean-Louis Panicacci, Cahiers de la Méditerranée, 1977)

QUATREBARBES (Comte de).

Une paroisse vendéenne sous la Terreur.

Rennes, Yves Salmon, 1980 (réédition de l'éd. de 1877), pt in-8°, 228 pp, une carte de la Vendée dépliante hors texte, notes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Réédition de l'éd. de 1877

Théodore, Comte de Quatrebarbes (1803-1871), raconte la vie d'une paroisse vendéenne, celle de Chanzeaux, bourgade des Mauges, située sur la route de Cholet à Angers. Chanzeaux fut l'une des paroisses qui souffrit le plus de la Révolution. A travers la vie de ses habitants, ce livre dépeint les mœurs de l'époque et es événements qui frappèrent la paroisse. Au final, Chanzeaux a perdu près de la moitié de ses habitants. L'auteur narre l'histoire précise des principaux faits marquant l'insurrection vendéenne : le passage de la Loire par les Vendéens, la marche sur Granville, les batailles de Dol, Pontorson, Angers, Le Mans et Savenay, la Caillaudière, les généraux vendéens, les colonnes infernales, la pacification de la Vendée jusqu'à la campagne de 1815, les mœurs vendéennes...

FALL (Bernard).

Le Viet-Minh. La République démocratique du Viet-Nam, 1945-1960.

Armand Colin, 1960, gr. in-8°, xii-377 pp, préface de Paul Mus, 29 photos, 25 cartes et graphiques, glossaire, biblio, index, broché, pt taches claires sur la couv., bon état (Coll. Cahiers de la Fondation nationale des sciences politiques)

"Cet ouvrage est la version française revue et augmentée d'un livre paru aux États-Unis en 1956 sous le titre “The Viêt-Minh régime”. Boursier aux États-Unis, préparant une thèse sur le Viet-Nam, Bernard Fall avait effectué à ses frais, en 1953, un long voyage en Indochine. Désirant voir et comprendre par lui-même ce dont il voulait parler, il avait parcouru le pays en tous sens, y compris certains secteurs fort exposés, Il avait rapporté de ce voyage une très abondante documentation, puisée avant tout aux sources militaires (c'est là où l'on pouvait le mieux connaître et comprendre l'adversaire), dont il avait tiré, entre autres, ce livre “The Viêt-Minh regime”, où pour la première fois se trouvaient rassemblés, en brèves monographies, des documents et des informations alors absolument inédits, qui révélaient très clairement des aspects essentiels et pourtant ignorés du régime adverse. Comment le Viet-Minh avait mobilisé la nation, comment depuis sa capitale clandestine il conduisait la guerre : on le savait maintenant. Et la qualité de l'ouvrage tenait à ce qu'il avait cerné le sujet dans sa totalité. Dans l'édition française qui nous est offerte aujourd'hui, Fall a cherché à mettre à jour ce qu'il avait écrit quelques années auparavant. Il a voulu brosser un tableau complet du régime Nord-vietnamien tel qu'il se présente aujourd'hui..." (Philippe Devillers, Revue française de science politique, 1961)

HENRY (Pierre).

Les héros de la Grande Guerre 1914-1918 et leur chef. En hommage au grand chef et à ses glorieux soldats. Textes et commentaires rassemblés par Pierre Henry et Jean Barial.

Editions GLD, 1966, in-8° à l'italienne (27 x 20,8), 32 pp, non paginé, 47 photos (+ 4 sur la couverture), broché, couv. illustrée, bon état

GAUDY (Georges).

Verdun et le Chemin des Dames : Deux Gouffres de Feu. Choses vues et vécues.

Nouvelles Editions Latines, 1966, in-12, 189 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

"Georges Gaudy a écrit plusieurs livres, dont quatre sont autobiographiques ("Les Trous d'obus de Verdun", "Le Chemin des Dames en feu", "L'Agonie du Mont Renaud", et "Le Drame à Saconin et l'épopée sur l'Ingon"). Ce sont de très bons témoignages, les passages décrivant le croisement des troupes de relève, angoissées, avec les unités descendantes, fourbues et hagardes, sonnent vrai. Une édition récente ("Verdun et le Chemin des Dames : Deux Gouffres de Feu") regroupe deux de ces volumes, mais dans une version résumée. Un quatrième ouvrage, "Les Galons Noirs" est consacré aux aumoniers enrégimentés." (Passion & Compassion 1914-1918)

TURQUAN (Joseph) et Lucy ELLIS.

La Belle Paméla (Lady Edward Fitz Gerald), 1773-1831. D'après des correspondances et mémoires inédits, des traditions et documents de famille. Premier volume (1773-1792).

P., Emile-Paul, 1923, pt in-8°, xv-358 pp, 11 portraits inédits hors texte, broché, bon état

La Belle Paméla était l'une des deux filles adultérines de Madame de Genlis et de Philippe d'Orléans, duc de Chartres, futur Philippe-Egalité, qui finira sur l'échafaud. — "Ce livre est l'œuvre conjointe de l'arrière-petite-fille de Paméla, Miss Lucy Ellis, et de l'historien français Joseph Turquan, et traite de cette vie intéressante avec beaucoup d'exhaustivité et d'autorité. Sur la question de la filiation, il ne laisse aucun doute – les responsables sont Philippe Egalité et Madame de Genlis." (The American Historical Review, 1924) — "... On connaît les singulières aventures de cette fille adoptive de Mme de Genlis. Les mauvaises langues pourtant nommaient tout haut le père et la mère : c'était le fruit, disait-on, de la liaison du duc d'Orléans et de Mme de Genlis. Quoi qu'il en soit, recueillie par Mme de Genlis qui s'en amusait comme d'un jouet, la petite étrangère fut élevée avec les enfants du duc d'Orléans qui, voulant lui donner un nom poétique et harmonieux l'avait baptisée « Paméla Seymour ». La petite fille en grandissant était devenue « une créature divine toute blanche sans beaucoup de couleurs avec des attitudes nonchalantes. » Bien que de nuance différente, ce qui ajoutait au piquant de sa physionomie, ses beaux yeux séduisirent lord Edward Fitz-Gérald qui pleurait la mort d'une maîtresse adorée et qui crut la voir revivre en elle. Il s'empressa de demander sa main, et, pour symboliser les idées de liberté dont les deux époux se montraient enthousiastes, la jeune femme se maria coiffée d'un bonnet rouge qu'elle orna de fleurs d'oranger ! A l'instigation de sa femme, lord Fitz-Gérald avait essayé de soulever l'Irlande pour y établir le régime de la liberté; son projet échoua et il mourut dans un combat au cours de sa lutte contre les Anglais. La belle Paméla ne porta pas longtemps son deuil, elle épousa au bout de quelques mois un consul d'Amérique, à Hambourg, du nom de Petcairn et après avoir divorcé rentra à Paris où elle se réfugia à l'abbaye au Bois pour y faire pénitence. Ce fut là que par une nouvelle lubie, elle se fit enlever par le duc de La Force et conduire à Montauban. Elle vécut chez lui jusqu'en 1830, époque où lui-même quitta Montauban. Paméla alors regagna Paris et vint s'y recommandera la bienveillance de Louis-Philippe. Mais l'ancien compagnon de son enfance, qui. s'il ne lui était pas uni par les liens du sang devait lui être attaché tout au moins par ceux de l'amitié, resta sourd à ses prières et se refusa même à lui accorder une audience ou à lui faire tenir le moindre secours. La belle Paméla ne survécut pas à tant de disgrâces, elle végéta quelques mois et mourut en 1831, réfugiée dans un grenier dans une situation voisine de l'indigence..." (Vicomte de Reiset)

BENOIST-MÉCHIN (Jacques).

Ibn-Séoud ou la naissance d'un Royaume (1881-1953).

Albin Michel, 1957, in-8°, 446 pp, 6 cartes et croquis, généalogie des Séoudites, biblio, broché, dos creusé, bon état (Le Loup et le Léopard, 2)

"Épopée de ce fils des grands chefs du désert, qui, au lieu de tailler son empire dans les ruines d'un empire écroulé, ne part que de lui-même ; il conquiert le Nedjd jusqu'en 1905, s'étend jusqu'à la mer à l'Est et à l'Ouest ; possesseur d'un immense royaume, il sait en faire une puissance moderne, développant l'agriculture, aidé par la découverte du pétrole. Ouvrage bien documenté, écrit d'une façon très vivante." (Revue française de science politique, 1955) — Table : Mobilité et immobilité des Arabes (5000 av. J.-C. - 1880) ; La conquête du Nedjd (1880-1905) ; La conquête de l'Arabie (1905-1928) ; L'Arabie Séoudite (1928-1945) ; L'Arabie Séoudite, bastion avancé de l'hémisphère occidental (1945-1953) ; La mort du roi.

BÉRARD (Armand).

Au temps du danger allemand. Un ambassadeur se souvient.

Plon, 1976, in-8°, 554 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

“Voici comment un secrétaire d'ambassade a vu les événements se dérouler. Et quels événements ! L'arrivée au pouvoir d'Hitler, le déchaînement nazi, le réarmement de l'Allemagne, la guerre d'Espagne, les Etats-Unis encore pris dans la neutralité, Mussolini entraîné dans la guerre par son allié, la débâcle de 1940, la conquête hitlérienne de l'Europe, puis l'effondrement de ces succès éphémères et la libération de la France. — S'appuyant sur des notes prises quotidiennement, le témoignage d'Armand Bérard est un miroir fidèle des événements souvent dramatiques qu'il a rencontrés au long de sa carrière diplomatique." —Premier volume (sur 5) des mémoires de l'ambassadeur de France Armand Bérard, les 4 suivants concernant sa carrière après-guerre, entre 1945 et 1970.

GIRARD (Alain).

La Réussite sociale en France. Ses caractères, ses lois, ses effets.

P., INED/PUF, 1961, gr. in-8°, 355 pp, présentation par Alfred Sauvy, broché, couv. lég. jaunie, bon état (Institut national d'études démographiques - Travaux et documents)

MANN (Heinrich).

Le Roman d'Henri IV. Le guerrier pacifique.

Gallimard, 1972, in-8°, 396 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. illustrée à rabats, pt tache sans gravité sur les 5 derniers feuillets, bon état

Troisième volume du "roman d'Henri IV", soit Henri IV et son temps vus par le grand écrivain allemand.

DUFRESNE (Claude).

Morny, l'homme du Second Empire.

Perrin, 1983, in-8°, 379 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 4 fac-similés, biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

"Coquin, débauché, mécréant, mais diablement intelligent... Dans l'été de 1829 se tient à Aix-la-Chapelle une bien émouvante réunion de famille. Elle est officieusement présidée par un illustrissime personnage de soixante-cinq ans, le duc de Talleyrand, ex-grand seigneur de l'Ancien Régime, ex-prêtre, ex-évêque, ex-révolutionnaire, ex ministre, ex-chef de gouvernement et séducteur impénitent. À ses côtés, une autre illustre : Hortense de Beauharnais, fille de l'impératrice Joséphine, ex-reine de Hollande, fille adoptive et belle-sœur de l'Empereur, mort huit ans auparavant. Encore belle à quarante-cinq ans, Hortense est la maman de deux garçons : un légitime, Charles-Louis, vingt et un ans, qui sera Napoléon III ; et un naturel ("Tout est naturel, dans notre famille", dira-t-il lui-même), Charles-Auguste, dix-huit ans, le futur duc de Morny. Il est amené là par son père, le général-comte de Flahaut, fils évidemment naturel de Talleyrand et de Mme de Flahaut, grande dame de la cour de Louis XVI, dont le mari a été raccourci par la Terreur. Avec un tel grand-père, une telle grand-mère et des parents aussi brillants que les siens, comment Charles-Auguste de Morny n'eût-il pas été, en n'importe quelles circonstances, un personnage et sans doute une personnalité exceptionnels ? Il avait tout pour plaire, comme disent les bonnes gens. Seuls lui manquaient, excusez du peu, la fortune et un état civil présentable. Le Second Empire lui donnera les deux. Peu d'hommes politiques ont été aussi méprisés ou décriés que lui. La première raison de ces mauvais traitements est évidente : Morny a été "l'homme du Second Empire", et, pis, l'homme du coup d'État. Mais ce ne sont pas les vaincus qui écrivent l'histoire. Le complice énergique, actif, intelligent et sans scrupules de Napoléon III dans cette entreprise en a largement recueilli les fruits de son vivant. On trouvera juste que la postérité républicaine lui ait rendu la monnaie de sa pièce en l'enveloppant dans la même réprobation vertueuse que l'empereur déchu. Il s'y ajoute une raison de morale politique. Tout, dans le personnage de Morny, heurte l'idée que nous nous faisons aujourd'hui du sérieux et des vertus d'un homme d'État. C'est un libertin avéré, un touche-à-tout, un spéculateur effréné et heureux, un pratique, un sceptique et un cynique. Fermez le ban, et allez faire admettre après cela à des consciences pures qu'on peut être tout cela et un homme politique remarquable, pour ne rien dire de l'homme tout court. De sorte que le duc de Morny, qui eut tout pour plaire, a aujourd'hui tout pour déplaire : bâtard, coquin, tricheur, voleur, mécréant et opportuniste ! Il fut tout cela, c'est vrai, et son (bon) souvenir ne reste un peu vivant que pour les riches oisifs (il créa, entre autres, Deauville) et les turfistes (on lui doit l'hippodrome de Longchamp et le Grand Prix de Paris). On peut donc considérer comme une réhabilitation courageuse le livre que lui consacre Claude Dufresne. C'est l'homme tout court (ou dans son entier) qu'il fait revivre, corrigeant ainsi le noir du tableau par de très vives couleurs. Homme d'argent ? Sans aucun doute, et il ne s'en cachait pas. Homme de pouvoir ? Oui, mais d'un pouvoir souple, intelligent, tourné vers l'avenir. Il est bien probable que sa mort, en 1865, a marqué le glas de l'Empire. Il eût peut-être évité la guerre avec la Prusse, et certainement conduit le Second Empire à devenir une monarchie constitutionnelle à peu près acceptable. Homme à femmes ? O combien ! Sans le dire expressément, C. Dufresne laisse bien entendre que Morny l'infatigable (il ne dormait que trois ou quatre heures par nuit) est mort à cinquante-quatre ans, non des fatigues du pouvoir, mais d'une consommation immodérée de... stimulants amoureux. Son dernier exploit ? Épouser, à quarante-cinq ans, une ravissante princesse russe de dix-huit ans, Sophie Troubetskoï, qui est véritablement amoureuse de lui. Une vie somme toute brève, mais plus qu'emplie : débordante d'action, d'émotions et d'intelligence. Et de très loin la meilleure tête politique de ce règne qui fut, au total, beaucoup moins sombre pour la France, au moins jusqu'aux dernières années, que ne le dit l'histoire officielle. La biographie qu'en fait Claude Dufresne épouse avec aisance et vivacité les tours et détours du personnage. Elle est aussi vivante qu'il le fut." (Jacques Cellard, Le Monde, 1983)

KRAVCHENKO (V.-A.).

J'ai choisi la liberté ! La vie publique et privée d'un haut fonctionnaire soviétique.

Editions Self, 1947, in-8°, 638 pp, traduit de l'américain par Jean de Kerdéland, broché, bon état

"... Dans ce livre, qui a connu la plus large diffusion possible (on parle d'une vingtaine de traductions dans le monde à partir de l'édition originale en américain et de plus de 500.000 exemplaires vendus en France même) et qui a été l'objet d'une large « médiatisation » à l'occasion du procès auquel il a donné lieu au début de 1949, tout est dit sur la nature, le fonctionnement et les redoutables effets du système soviétique. L'information n'a pas été réellement contestée par l'intelligentsia non communiste (tout juste a-t-on pu dire que la présentation en était « romancée »...), mais tout a été fait pour qu'elle ne soit pas reconnue et qu'il n'y en ait pas d'usage. Il a fallu attendre le rapport Krouchtchev en 1956 et, six ans plus tard, “Une journée d'Ivan Denissovitch” de Soljénitsyne pour que, non seulement tombent les écailles, mais que les actes commencent à suivre. (...) Kravchenko, c'est d'abord un livre, un gros livre de plus de six cents pages, un livre fleuve. Sans doute son auteur n'est-il pas le premier à porter témoignage des aspects négatifs de la réalité à l'Est. Dès avant-guerre, des « voyageurs » ont été pris de remords (Gide, Céline) et des « exilés », plus tard, ont fait des révélations (Victor Serge, Arthur Koestler), sans parler de la connaissance quasi directe que l'on avait déjà des procès de Moscou. L'originalité et la force de “J'ai choisi la liberté” viennent de la nature et du niveau des responsabilités occupées par Kravchenko ; le caractère ou l'allure autobiographique du récit (en sous-titre : « La vie publique et privée d'un haut fonctionnaire soviétique ») contribue aussi à son intérêt. En suivant les étapes de la vie et de la carrière d'un homme, le lecteur prend une connaissance concrète des problèmes et rentre dans l'intimité des interrogations et des tourments. Il est significatif que cette construction et cette écriture aient été prises comme telles et, comme telles, décriées, c'est-à-dire par là même où le texte risquait de faire mouche. (...) Kravchenko n'est pas de la génération qui a fait la révolution ; en revanche, il est de celle qui a été appelée à construire le socialisme. D'une certaine manière, il est le produit d'une société, d'un système qu'il contribue lui-même à produire. A ce titre, il constitue une sorte de cobaye actif : ce qu'il dit, il le donne à voir à partir de lui-même. Or, sur trois points essentiels, son apport est capital et n'a en aucune manière été démenti par les «découvertes» qui ont accompagné les décennies récentes : on peut même dire que le livre de Kravchenko est beaucoup plus précis et beaucoup plus percutant que la plupart de ceux qui sont parus ultérieurement. Ces trois points essentiels sont : la « dékoulakisation », les purges, le goulag." (Louis Bodin, "Autour de Kravchenko", Politix, 1992)

VIGIER (Philippe)(dir.).

Une Histoire de la Loire.

Ramsay, 1986, gr. in-8°, 413 pp, 32 pl. de gravures et photos hors texte, chronologie, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Des fleuves et des hommes)

Les meilleurs spécialistes apportent leur contribution à l’élaboration de cette histoire du Val de Loire : Yves Babonaux, Bernard Chevalier, Ivan Cloulas, Yves Durand, Marc Ferro, Abel Poitrineau (La Loire marchande, les trafics d'antan), Paul Wagret... Un ouvrage indispensable pour comprendre à quel point l’histoire de la Loire se croise avec l’histoire de la France.

RENAUD (Alexandre).

Sainte-Mère-Eglise, première tête de pont américaine en France, 6 juin 1944.

Monaco, Odile Pathé, 1945, in-12, 172 pp, préface par Henri Bourdeau de Fontenay, 16 pl. de photos hors texte, une carte, bon état

5-6 juin 1944, un récit vécu : le maire de Sainte-Mère-Eglise raconte.

CATROUX (Général).

J'ai vu tomber le Rideau de fer. Moscou, 1945-1948.

Hachette, 1952, in-8°, 318 pp, broché, bon état

"Lorsque le général Catroux, en octobre 1944, reçut du général de Gaulle la proposition de devenir ambassadeur à Moscou, la France n'avait pas encore opté entre ses alliés de l'Ouest et ceux de l'Est : les Trois Grands, n'ayant pas encore été confrontés avec les difficultés surgies de conceptions différentes sur le statut futur des pays d'Europe orientale, vivaient en assez bonne intelligence. Etant resté à son poste jusqu'au 10 avril 1948, le général Catroux a pu assister à la rupture progressive, et il a vu la France, déçue et mortifiée du peu de cas que faisait d'elle son alliée de décembre 1944, se ranger de façon de plus en plus marquée dans le camp occidental. L'historien trouvera dans son livre un récit fidèle des principales conférences internationales auxquelles la France a participé, notamment en 1946 et 1947. On lira aussi avec profit les pages qui décrivent la vie à Moscou et les jugements de l'auteur sur les principales personnalités du régime soviétique." (J.-B. Duroselle, Revue française de science politique, 1952) — "Le général Catroux a été ambassadeur de France à Moscou de décembre 1944 à avril 1948. Arrivé en Russie au lendemain de la signature du pacte franco-soviétique, il a été, en dépit de tous ses efforts, témoin de la ruine progressive de toutes les espérances que ce pacte avait fait naître : attitude de plus en plus cassante de l'URSS à l'égard des puissances occidentales jusqu'à la scission définitive consacrée par la chute du “rideau de fer”. Le général Catroux, témoin agissant et observateur lucide, a su tirer pour l'avenir des conclusions pénétrantes des événements historiques auxquels il a été mêlé." (L'Editeur) — "D'autres témoins, M. Coulondre, Mme Cerruti, l'ambassadrice italienne, l'Américain Bedell Smith, ont déjà relaté ce qu'il leur avait été officiellement permis de voir et ce qu'il leur avait été possible d'entrevoir au pays des Soviets. Le général Catroux, qui a représenté la France libérée à Moscou, de 1945 à 1948, prend la suite de ces devanciers. Sur la vie économique, politique, sociale, il confirme leurs dires. Mais il s'étend davantage sur les relations internationales et le rôle insidieux de la diplomatie russe dans les tractations où cherchait péniblement à s'établir la paix tandis que tombait le rideau de fer..." (Henri du Passage, Etudes, 1952)

COMMINGES (Marie-Bernard-Elie, comte de).

Souvenirs d'enfance et de régiment, 1831–1870-71.

Plon, 1910, in-12, 289 pp, un portrait en pied (photo) de l'auteur en uniforme en 1856 en frontispice, broché, état correct

Souvenirs d'Elie de Comminges (1831-1894), sous officier de cavalerie, puis officier au Régiment des Guides de la Garde impériale à partir du 2 janvier 1855. Son témoignage de la vie de garnison est émaillé de souvenirs cocasses. L'expérience militaire de cet officier essentiellement mondain reste néanmoins assez nulle (la seule campagne à laquelle il participe en Italie, où il servit dans l'escadron d'escorte de l'Empereur Napoléon III, est décrite comme une suite de banquets de bals et parfois de batailles vues de très loin...). Démissionnaire le 26 avril 1861, il commanda, pendant la guerre de 1870-71, le 2e bataillon de la Garde mobile de la Haute-Garonne. Pages intéressantes sur les difficulté d'organisation de ces troupes hétéroclites de peu de valeur militaire. — "Ses souvenirs, rédigés avec un certain humour, forment un excellent témoignage sur l'existence quotidienne dans les armées du Second Empire." (Bourachot, 101)

LE GALL (Joël).

Alésia. Archéologie et histoire.

Fayard, 1963, in-8° carré, 223 pp, 92 photos, figures, carte et plans, biblio, reliure toile éditeur, bon état (Coll. Résurrection du passé)

"Cet ouvrage est un classique sur la question : il renseignera ceux qu'intéresse le passé gaulois, et en particulier les touristes qui s'arrêtent au Mont-Auxois. Joël Le Gall, professeur à la Sorbonne et directeur des fouilles, y raconte l'histoire d'Alésia et les péripéties des travaux archéologiques qui y ont été menés depuis Napoléon III. D'importants vestiges ont été dégagés, qui authentifient le site comme celui où César fit le siège de l'armée gauloise : ils aident à comprendre la stratégie employée. De nombreux objets ont été exhumés ; ils témoignent de la vie et de l'art dans la cité devenue gallo-romaine, puis chrétienne. Certaines pièces sont reproduites par les illustrations du livre et donnent envie de visiter le musée d'Alésia où elles sont conservées." (Pierre Frison, revue Études, 1980) — "Mis à part le livre de J. Carcopino, “Alésia et les ruses de César” (1958), consacré essentiellement à l'épisode de 52 av. J.-C. et à l'identification du lieu de la bataille, on ne disposait pas jusqu'ici d'une étude d'ensemble sur le site gaulois et gallo-romain du mont Auxois à Alise-Sainte-Reine (Côte-d'Or). Cette lacune est maintenant comblée grâce à un ouvrage vraiment exhaustif, agréable à lire, agrémenté de nombreuses photographies et cartes. L'auteur, M. Joël Le Gall, professeur à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de Paris, est le guide le plus compétent pour nous présenter ce haut lieu de notre histoire nationale, puisqu'il y assume depuis 1958 la direction des fouilles. (...) Il nous reste donc à espérer que les fouilles actuelles et futures apportent de quoi confirmer et compléter le tableau que fournit cet excellent ouvrage d'un site aussi célèbre et combien attachant." (André Chastagnol, Annales ESC, 1969)

GUILLEMIN (Henri).

La Première résurrection de la République. 24 février 1848.

Gallimard, 1967, in-8°, 566 pp, 45 illustrations hors texte, chronologie, index, reliure toile grège ornée de l'éditeur, rhodoïd, bon état (Coll. Trente journées qui ont fait la France)

Les «honnêtes gens» – autrement dit les possédants qui se sont définitivement installés au pouvoir le 18 brumaire (consolidation du 9 thermidor), ont réalisé, sous Louis-Philippe, une sorte de paradis à leur usage. Les « mangeurs », comme disait déjà, sous Louis XVIII, un député qui parlait trop, sont attablés et ils mettent en application le système que préconisait Voltaire : « Le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui et le dirige. » Mais voici que les choses se gâtent et que, le 24 février 1848, pour la première fois, la masse travailleuse, la plèbe ouvrière, le prolétariat se lève et réclame, sans violence, avec une espèce de candeur. Comment cela s'est-il produit et comment cette inconvenance des « mangés » a promptement reçu la punition qu'elle méritait, c'est ce que relate cette étude.

LAZAREFF (Pierre)(dir.).

Histoire de la Guerre 1939-1945. I : De Munich à Pearl Harbor (1938-1941). Textes de Yves Grosrichard. D'après l'ouvrage de H.-A. Jacobsen et H. Dollinger : La Seconde Guerre mondiale par l'image et les documents.

Hachette, 1967, in-4°, 603 pp, abondamment illustré de près de 1.000 photos, cartes et documents (directives militaires, notes diplomatiques, textes politiques, etc.), repères chronologiques, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

Tome I seul (sur 2) : manque le second volume : De Stalingrad à Hiroshima.

BRETEUIL (Henri-François de).

Un château pour tous. Cinq siècles de souvenirs d'une famille européenne.

Editions Philippe Gentil, 1975, in-8°, 222 pp, préface du Duc de Castries, postface du Duc de Bedford, 35 gravures et photos, généalogie de la Maison Le Tonnellier de Breteuil, broché, bon état

"Un château pour tous : il s'agit à la fois de l'histoire de « cinq siècles d'une famille européenne » et d'une sorte de bréviaire de l'« animateur » de château. Henri-François de Breteuil ne nous raconte-t-il pas comment, en 1968, il prit la folle décision de voler au secours de sa demeure familiale, qui menaçait ruine, et comment il est parvenu, depuis, à la faire revivre ? Une vie nouvelle, adaptée à la société contemporaine, à ses impératifs matériels, à ses exigences culturelles, certes, mais aussi économiques. Grâce aux efforts quotidiens du marquis de Breteuil et de son épouse, grâce à leur esprit d'entreprise, un « chef-d'œuvre en péril » est devenu une maison bien vivante. On la visite régulièrement, on peut aussi y recevoir, y mener la « vie de château » à l'occasion d'un mariage, y tenir colloque. C'était tout cela ou la clef sous la porte... Réalisme et héroïsme : le soulignent, dans sa préface, M. le duc de Castries, de l'Académie française, qui, lui aussi, a su sauver son château languedocien, et dans sa postface, M. le duc de Bedford, un des inspirateurs britanniques de la résurrection de Breteuil." (Yvan Christ, Revue des Deux Mondes)

FAVIER (Jean).

Paris au XVe siècle, 1380-1500.

P., Association pour la publication d'une Histoire de Paris, 1974, in-4°, 486 pp, une planche en couleurs hors texte, 82 illustrations, 19 cartes, plans et graphiques, copieuse bibliographie (313 titres), index, reliure vélin aux armes dorées de la ville de Paris de l'éditeur, bon état (Coll. Nouvelle histoire de Paris), envoi a.s. à Emmanuel Le Roy Ladurie

"Le Paris des derniers siècles du Moyen Age ne s'offre pas aux yeux de nos contemporains. Même dans ses quartiers les plus centraux, la ville que nous parcourons ne remonte guère au-delà du XVIe siècle. C'est le Paris des grands Capétiens, celui des XIIe et XIIIe siècles, que rappellent quelques hauts lieux comme Notre-Dame ou la Sainte-Chapelle. La ville où s'affrontèrent les princes des fleurs de lis, la ville-forteresse longtemps fidèle à Bedford et toujours à Louis XI, mais fermée à Jeanne d'Arc comme plus tard aux ligueurs du Bien public, où la trouvons-nous ? Où sont ses ponts « maisonnés » et ses rues obscurcies par les encorbellements ? Où sont les galeries des Halles et les pontons du port en Grève ? Où sont les clochers des cent égliseset les donjons du Louvre, du Temple ou de la Bastille ? Où notre esprit peut-il aisément suivre la trace d'Eustache Deschamps et celle de François Villon ? Parce que ces temps difficiles ont laissé peu de souvenirs dans la pierre, il m'a paru nécessaire d'ouvrir cette histoire par une description. Esquissant le paysage urbain, j'ai voulu atteindre plus intimement l'espace parisien – c'est-à-dire le cadre de vie des Parisiens – et tenter une géographie des activités, des fonctions et des relations. De 1380 à 1500, c'est une vague qui déferle sur la capitale. Après la fragile prospérité des années 1400, c'est le grand bouleversement que jalonnent l'assassinat du duc d'Orléans, l'aventure cabochienne, la terreur, l'occupation, les sièges. Quand on ne parle pas du ravitaillement difficile ou des prix qui flambent, on ne parle que d'émeutes, complots, bannissements, confiscations, exécutions. A ces luttes et à ces souffrances, j'ai consacré ma deuxième partie. L'Université y a sa place à part, ville dans la ville, société dans la société, aussi particulière par son essence qu'emportée par l'occasion dans le mouvement général." (Avant-propos)

MAYDIEU (A.-J.).

Le Désaccord.

PUF, 1952, in-8°, xxiv-186 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine)

VENDROUX (Jacques).

Yvonne de Gaulle, ma sœur, 1900-1932.

Plon, 1980, in-4°, 95 pp, nombreuses photos en noir et en couleurs, reliure skivertex bleu de l'éditeur, jaquette illustrée un peu abîmée, bon état

L'enfant, la jeune fille, la jeune femme, 1900-1932.

POMEAU (René).

L'Europe des Lumières. Cosmopolitisme et unité européenne au XVIIIe siècle.

Stock, 1991, in-8°, 305 pp, nouvelle édition, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

"Le livre de R. P., publié chez le même éditeur en 1966 et qui reçut alors le prix Fémina de l'essai, est un classique. Le voici, sous une belle couverture en couleur, dans une présentation plus imposante, des dimensions agrandies, une typographie plus large, et par suite, un nombre accru de pages. Seuls l'avant-propos et les dernières pages (p. 274-277) ont été sensiblement modifiées pour tenir compte des perspectives de l'Europe d'aujourd'hui. La bibliographie des textes et des études (241 n°s en 1966) a été actualisée et enrichie d'une quinzaine de titres. Mais on retrouve pratiquement tel quel le texte de cette enquête alerte et stimulante, nourrie aux meilleures sources et qui restitue, sans l'idéaliser ni la simplifier, l'Europe du 18e siècle dans la dynamique des Lumières et la diversité des nations qui la composent. L'histoire politique, l'histoire des idées, la littérature, la musique, etc. trouvent ici leur place. Un livre qui n'a pas vieilli et qui demeure, notamment pour les comparatistes, la meilleure introduction à l'Europe des Lumières." (R. Desné, Dix-Huitième Siècle, 1992) — "Voilà un beau livre remarquablement écrit. Cet ouvrage ne prétend pas décrire les structures sociales et économiques de l’Europe au XVIIIe siècle, mais brosser un tableau de cette mince couche de la société européenne qui, cosmopolite avant tout, constituait « l’Europe des lumières ». René Pomeau pour peindre son image a consulté essentiellement les récits bien connus des voyageurs. Son livre se distingue des travaux analogues qui l’ont précédé par l’extrême souci des nuances." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française) — Au XVIIIe siècle, la « Nation européenne » est déjà sur le point de naître... Des projets d'unification se forment, bientôt brisés par le sentiment bourgeois d'amour de la patrie et la politique de puissance des nations qui choisissent de rester divisées. Pourtant, l'Europe a bien failli être et l'idée européenne survivra – une idée d'avenir. René Pomeau, sur le ton de l'anecdote qui restitue l'esprit de l'époque, conte ce qu'a pu être l'Europe à l'époque des Lumières : une culture partagée par les « honnêtes gens », qu'ils soient français, anglais, allemands ou italiens, qui accomplissent le « grand tour » – le voyage en Europe – et puisent un enseignement cosmopolite à la source d'une abondante littérature.

GIRARDIN (Stanislas de).

Discours et opinions, Journal et souvenirs.

P., Moutardier, 1828 3 vol. in-8°, xii-655, 532 et 444 pp, reliures demi-veau glacé, dos à nerfs ornés, tranches jaspées (rel. de l'époque), bon état. Edition originale. Bon exemplaire finement relié à l'époque, mais il manque le tome IV et dernier

Tomes I à III seuls (sur 4). Député à l'Assemblée Législative, emprisonné sous la Terreur, libéré à la mort de Robespierre, président du Tribunat, rallié à Napoléon, Girardin (1762-1827) siègea dans le rang des libéraux sous la Restauration. Les deux premiers volumes renferment les Discours et opinions de 1791 à 1826. Les tomes III et IV contiennent le Journal et souvenirs. Avec entre autres des souvenirs sur le camp de Boulogne et la création de la Légion d'honneur, l'armée de Naples aux côtés de Joseph (1806-1807) qu'il suivit en Espagne en 1808, etc. (Fierro, 632, Tulard, Addendum, Bertier, 649).

SÉGUR (Nicolas).

Histoire de la littérature européenne.

Neuchâtel et Paris, Victor Attinger, 1948-1950, fort in-8°, xix-339 et 348 pp, réface d'André Chevrillon, les 2 premiers volumes (sur 5) de cette Histoire de la littérature européenne, reliés ensemble en un fort volume demi-basane, dos à nerfs, couv. conservées. Tome 1. Le monde antique. - Tome 2. Moyen âge et Renaissance. Bon exemplaire

BLOCH (Etienne), avec la collaboration d'Alfredo Cruz-Ramirez.

Marc Bloch, 1886-1944. Une biographie impossible / An Impossible Biography.

Limoges, Culture et Patrimoine en Limousin, 1997, in-4°, 152 pp, préface de Jacques Le Goff, abondamment illustré de près de 150 photos, gravures et fac-similés, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Texte bilingue en français et en anglais

Préface ; Repères chronologiques ; Généalogie de Marc Bloch et de Simonne Vidal ; L'enfance de Marc Bloch ; Les années de formation ; La guerre de 1914-1918 ; Strasbourg ; Paris ; La guerre de 1939-1940 ; Les années noires ; Fougères ; Marc Bloch et Simonne Vidal, un couple indissoluble ; L'œuvre ; Les archives de Marc Bloch ; Hommages à Marc Bloch ; Bibliographie. / Preface. Milestones. Genealogy of Marc Bloch and Simonne Vidal. Childhood. The formative years. World War I - 1914-1918. Strasbourg. Paris. World War II - 1939-1940. The dark years. Fougères. Marc Bloch and Simonne Vidal, an unseparable couple. Marc Bloch's writings. The Archives of Marc Bloch. Tributes to Marc Bloch. Bibliography of Marc Bloch.

ROLLAND (J.-F.).

Les Portugais à la conquête de l'Asie.

Club français du livre, 1956, in-8°, 256 pp, 23 gravures, cartes et portraits, biblio, une carte dépliante volante, reliure toile brique décorée de l'éditeur, bon état. Edition originale tirée sur papier offset et numérotée. Bien complet de la carte

Henri le Navigateur – De Jean II à Vasco de Gama – L'ère d'Albuquerque. — "M. J.-F. Rolland nous offre un récit très alerte des principales étapes des découvertes portugaises et de la création de l'empire, de 1415 à 1524. L'auteur n'a pas été dupe d'une pseudo-historiographie qui n'est que propagande officielle maladroite, mais qui, misant à fond sur la « mythologie » formée autour de l'expansion des XVe et XVIe siècles, reste le cadre mental et du grand public et d'une partie des historiens. Il a été assez habile pour débiter cet ensemble de légendes de façon à ne pas dérouter le lecteur, tout en lui dévoilant leur caractère légendaire et leur fonction historique. Puis il montre qu'en critiquant cette mythologie et en l'expliquant, on parvient à saisir les fils cachés du développement et à éclairer les grandes forces mouvantes qui le déterminèrent. Ainsi, M. Rolland ouvre au lecteur courant, et même aux spécialistes marginaux, des horizons qui leur restent habituellement voilés... Ce livre agréable et sympathique rendra de nombreux services..." (Vitorino Magalhães-Godinho, Revue Historique, 1958)

DESCOLA (Philippe).

Les Lances du crépuscule. Relations Jivaros. Haute-Amazonie.

Plon, 1993, in-8°, 506 pp, 10 illustrations et 8 dessins, 47 photographies hors texte, 3 cartes, 2 glossaires, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Terre humaine). Edition originale

Le témoignage d'un ethnologue sur une petite tribu guerrière d'Indiens Jivaros, les Achuars, "coupeurs de têtes", qui vit aux confins de l'Equateur et du Pérou. L'auteur fait comprendre l'agressivité, les raids guerriers incessants, l'intelligence de la lecture des rêves de ce peuple. On joint une coupure de presse sur l'ouvrage ("Le Monde")

BARRAL (Philippe-Anne-Octave de).

Souvenirs de guerre et de captivité d'un page de Napoléon, 1812-1815, publiés par son petit-fils le comte E. de Barral.

Emile-Paul, s.d. (1925), pt in-8°, 267 pp, un portrait en frontispice, index, reliure demi-toile brique, dos lisse, titres dorés, bon état

"Curieux détails sur l'organisation des pages de la Cour impériale. L'auteur a participé à la bataille de Torrequemada et a été capturé par les Anglais. Il décrit les souffrances des prisonniers français avec objectivité." (Tulard, 81)

BOUR (Robert).

Un Lorrain dans la Kriegsmarine.

France-Empire, 1977, pt in-8°, 318 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

De 1942 à 1945, 130.000 Lorrains et Alsaciens, nés entre 1908 et 1926, furent incorporés de force dans l'armée allemande. 20.000 ont été tués, 10.000 sont disparus, 84.000 ont été faits prisonniers. Engagé en 1935 dans la Marine nationale, Robert Bour débarque en novembre 1940 du croiseur « La Marseillaise ». Angoissé, comme tant d'autres démobilisés par le sort de sa famille dans la tourmente, il va se jeter dans la gueule du loup. Il se rend chez lui à Ars-sur-Moselle et y épouse sa fiancée. Ils seront les derniers mariés français de la commune. Une main de fer vient de s'abattre sur l'Alsace et la Lorraine qu'Hitler fait germaniser à outrance. Aussitôt la résistance se manifeste entraînant expulsions, arrestations et déportations. Puis commence l’enrégimentement des populations dans les organisations du Parti nazi, suivi par l'incorporation des jeunes dans le Service national du travail obligatoire et, à partir de 1942, par la mobilisation dans l'armée. Fuir vers la France occupée, Robert Bour l'envisage à plusieurs reprises. Mais avec des parents, une femme et bientôt deux enfants, cela s'avère impossible. Pour éviter des représailles à sa famille, il se résigne à revêtir l'uniforme de l'envahisseur. Après avoir porté cinq ans le bonnet à pompon rouge, Bour coiffe celui à rubans de la Kriegsmarine. Affecté à Nikolajew, en Crimée, il fraternise avec des résistants russes et envisage de déserter avec leur aide. Le reflux de l'armée allemande d'URSS lui fait effectuer un périple ahurissant qui, des bouches du Danube aux rives de la Baltique, va lui faire parcourir l'Europe parmi des troupes comptant d'innombrables mobilisés « malgré eux » des pays asservis par l'Allemagne, qui se réjouissent de la débacle. Que l'on est loin des défilés martiaux de 1940 célébrant la promesse d'un règne hitlérien de mille ans ! Robert Bour réussira la gageure de rejoindre Ars-sur-Moselle, au lendemain de la capitulation allemande, sans avoir tiré un coup de feu ! Si quantité d'ouvrages ont été consacrés à l'histoire de la France sous l'occupation, très peu, trop peu parlent de cette partie de la France qui a subi l'annexion.

BRIFAUT (Charles).

Souvenirs d'un Académicien sur la Révolution, le Premier Empire et la Restauration. Avec Introduction et notes du Docteur Cabanès, et suivis de la correspondance de l'auteur.

P., Albin Michel, 1921 2 vol. in-8°, xlviii-365 et 300 pp, portraits et gravures, index, reliures demi-basane verte, dos à 5 nerfs, couv. conservées, dos lég. passés, bon état

Charles Brifaut (1781-1857) est un poète, publiciste et auteur dramatique. Rallié à la Restauration, doté par Louis XVIII d'une pension de 1000 écus, membre de l'Académie française en 1826, puis en disgrâce à la chute de Charles X, il raconte ici la vie littéraire et théâtrale sous l'Empire et la Restauration. — "Ces souvenirs commencent avec le sacre de Napoléon. Brifaut évoque le monde du théâtre (Talma, Mlle Bourgoin, Mlle Duchesnois), celui de l'Académie (Maury, Delille), les salons, les grands dignitaires (Maret, Fontanes, Montalivet). Suite décousue d'anecdotes pittoresques mais d’une vérité douteuse." (Tulard, 229) — "Les écrits de Brifaut laissent l'impression d'un homme aimable, maniant l'ironie avec grâce et souplesse, rappelant, par l'exquise urbanité des manières, l'élégance et la politesse du siècle qui l'avait vu naître et dont il avait conservé les meilleures traditions. Sous les dehors assez frivoles d'un optimisme souriant, à travers ses compliments flatteurs et ses ingénieuses malices, se dissimulait un analyste subtil, un philosophe qui fut un sage". (Augustin Cabanès)

BRIFAUT (Charles).

Souvenirs d'un Académicien sur la Révolution, le Premier Empire et la Restauration. Avec introduction et notes du Docteur Cabanès, et suivis de la correspondance de l'auteur.

Albin Michel, 1920-1921 2 vol. in-8°, xlviii-365 et 300 pp, portraits et gravures, index, reliures demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs pointillés, couv. conservées, bon état

Charles Brifaut (1781-1857) est un poète, publiciste et auteur dramatique. Rallié à la Restauration, doté par Louis XVIII d'une pension de 1000 écus, membre de l'Académie française en 1826, puis en disgrâce à la chute de Charles X, il raconte ici la vie littéraire et théâtrale sous l'Empire et la Restauration. — "Ces souvenirs commencent avec le sacre de Napoléon. Brifaut évoque le monde du théâtre (Talma, Mlle Bourgoin, Mlle Duchesnois), celui de l'Académie (Maury, Delille), les salons, les grands dignitaires (Maret, Fontanes, Montalivet). Suite décousue d'anecdotes pittoresques mais d’une vérité douteuse." (Tulard, 229) — "Les écrits de Brifaut laissent l'impression d'un homme aimable, maniant l'ironie avec grâce et souplesse, rappelant, par l'exquise urbanité des manières, l'élégance et la politesse du siècle qui l'avait vu naître et dont il avait conservé les meilleures traditions. Sous les dehors assez frivoles d'un optimisme souriant, à travers ses compliments flatteurs et ses ingénieuses malices, se dissimulait un analyste subtil, un philosophe qui fut un sage". (Augustin Cabanès)

DUCROT (Général).

La Journée de Sedan. Septième édition, augmentée des Ordres de mouvement de l'Etat-major allemand.

P., Dentu, 1871, in-12, 144 pp, 3 cartes dépliantes en couleurs hors texte, broché, dos lég. abîmé, état correct

FRANKLIN (Alfred).

La Vie privée d'autrefois : La vie de Paris sous Louis XV devant les Tribunaux.

Plon, 1899, in-12, viii-375 pp, 10 gravures et un plan hors texte, broché, bon état (Coll. La vie privée d'autrefois. Arts et métiers, modes, moeurs, usages des Parisiens du XIIIe au XVIIIe siècle, d'après des documents originaux ou inédits)

L'organisation judiciaire au milieu du XVIIIe siècle. Juridictions du Châtelet, juridictions municipales, juridictions ecclésiastiques, juridictions financières, juridictions commerciales, juridictions diverses, le parlement, devant les tribunaux. — "Les factums qui composent ce petit volume sont extraits d'un recueil publié en 1749 et intitulé : "Causes amusantes et connues." A vrai dire, pas toujours amusantes et en général très peu connues, mais bien autrement intéressantes pour la peinture de la vie privée que les dramatiques affaires qui remplissent les cent trente sept volumes des “Causes célèbres”..." (Préface)

GARNIER (J.-M.).

Histoire de l'imagerie populaire et des cartes à jouer à Chartres. Suivie de recherches sur le commerce du colportage des complaintes, canards et chansons des rues.

Chartres, Imprimerie Garnier, 1869, in-8°, viii-450-(4) pp, 13 gravures sur bois dans le texte dont 2 réhaussées en couleurs, 37 gravures hors texte, dont 8 réhaussées en couleurs et 2 en doubles pages, bandeaux, lettrines et vignettes, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées, tête dorée, bon état. Bel exemplaire

Édition originale tirée à 624 exemplaires non justifiés, celui-ci un des 400 sur vergé d'Angoulême, illustrée par de nombreuses planches. I. De l'image et de l'origine de la gravure en taille de bois – II. De l'imagerie chartraine a la fin du XVIIIe siecle et au commencement du XIXe. – III. De l'imagerie de la rue Saint-Jacques, a Paris, dans ses rapports avec l'imagerie en taille de bois. – IV. Des procédés de fabrication employés pour les images, et de quelques produits accessoires de la Dominoterie chartraine. – V. Des cartes a jouer de la fabrique de Chartres. – VI. Des Maîtres Imagiers de Chartres. – VII. Des rapports de l'imagerie orléanaise avec l'imagerie chartraine. – VIII. Des autres fabriques d'images ayant fonctionné en même temps que celle de Chartres, et de l'imagerie actuelle. – IX. Du colporteur lorrain et de son commerce. – X. Canards et canardiers. – XI. De quelques chansons des rues oubliées ou inconnues.

LEPRUN (Sylviane).

Le Théâtre des Colonies. Scénographie, acteurs et discours de l'imaginaire dans les expositions 1855-1937.

L'Harmattan, 1986, gr. in-8°, 308 pp, 84 planches de gravures et photos hors texte, biblio, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

Le Théâtre des Colonies étudie le face à face singulier où furent placés durant près de 40 ans (1894-1931), à travers les expositions coloniales, le peuple français et les pays d'outre-mer dans leur cadre reconstitué et sous le mobile euphorisant de la "Grande Patrie". Dans cette fête du regard où selon le voeu du poète, " les parfums, les couleurs et les sons se répondent ", sont mises en abîme les cultures les plus différentes et mis en scène les fantasmes les plus étonnants. Ici, artistes en renom ou artisans plus modestes concourent à créer un espace où se mêlent réalité et fiction, commerce et cirque, plastique et sensualité. Moment fort de l'exaltation collective, parangon de l'idéologie patriotique, l'exposition coloniale, temple de l'éphémère, est aussi une pourvoyeuse de mythes durables dont nous pouvons suivre la trace jusqu'à nos jours. L'auteur reconstitue l'itinéraire de l'impossible fusion, depuis le voyage initiatique des premiers orientalistes, jusqu'au réveil de la mauvaise conscience et le retour du refoulé politique. Une plongée esthétique et ethnographique dans le temps où se croisent visages et paysages exotiques, où le même qui entend incorporer l'autre dans la contemplation de son essence, s'aliène dans les vagues troubles de son ressentiment. — "Les expositions coloniales, qui apparaissent et se multiplient pendant la colonisation et disparaissent avec les indépendances, participent d’une tendance générale liée au développement économique du monde occidental qui accompagne et suit la révolution industrielle. La première exposition universelle a lieu en 1851 à Londres, les premières expositions coloniales en 1883 à Amsterdam. Les expositions coloniales sont précédées, dans leur recherche de l’exotisme, par le mouvement intellectuel orientaliste dont elles peuvent apparaître comme la version populaire, peu à peu distordue, d’où ce nom de théâtre – qui confine parfois au spectacle de cirque – que lui donne Sylviane Leprun, qui tente d’analyser le fonctionnement de ce spectacle, de sa mise en forme, et les ressorts politiques et imaginaires dont il procède. Les expositions coloniales relèvent politiquement d’une stratégie de propagande, exaltant le rêve de confraternité coloniale. L’imaginaire y est de moins en moins sollicité et se heurte de plus en plus, à travers les glissements des reconstitutions à une modélisation rigide et à des représentations stéréotypées qui barrent la route à son exercice véritable. Ainsi le village « noir », « indigène » ou « sénégalais », qui s’inscrit dans toutes les expositions agricoles et industrielles, qui se devaient toutes de comporter une section coloniale, se vide de toute information véritable, stimulant l’exercice du rêve et de la pensée. (...) Ce qui est finement analysé dans cet ouvrage, par cette approche spécifique de la scénographie, c’est le projet du colonisateur qui ne peut s’exprimer, à son insu peut-être, qu’en vidant de son contenu ce qu’il veut s’approprier ; affirmer que ce qu’il montre, c’est la France, en lui apportant les retouches plus vraies que nature, est une manière de la nier dans sa réalité propre. Ce « terrorisme du vérisme » va à l’encontre du but recherché. Cette scénographie du vrai est le pire des mensonges. On a ici un élément important de réflexion sur le discours muséographique qui ne peut être que traduction, évocation, langage qui implique par définition une distance entre signifiant et signifié..." (Annie Dupuis, Gradhiva, 1991)

MASSIN (Jean).

Robespierre.

Livre Club Diderot, 1975, in-8°, 316 pp, préface à la 2e édition, 19 illustrations, biblio, concordance des calendriers grégorien et révolutionnaire, reliure simili-cuir bleu-nuit de l'éditeur, bon état (Coll. Précurseurs)

"Jean Massin fait une part importante à l'activité de l'homme politique. Son récit est bien documenté et au courant des nombreuses études qui ont été publiées sur Robespierre (...) Ses conclusions nous semblent fort pertinentes. Quel est le bilan de Robespierre ? demande Jean Massin. « Contre la plus grande partie de la bourgeoisie elle-même, répond-il, Robespierre a conduit à la victoire la Révolution bourgeoise. » « II a sauvé la France de l'invasion étrangère. Il a maté suffisamment la contre-révolution monarchique et aristocratique pour qu'elle devienne impuissante à effectuer aucune restauration durable. Il a poussé la démocratie encore bourgeoise des droits de l'homme jusqu'aux extrêmes limites de l'égalité dont elle est susceptible. Il a amorcé une trajectoire d'égalité sociale et de limitation du droit de propriété qui rendra possible à ses successeurs d'aller jusqu'au socialisme... » II a pour la première fois expérimenté la dictature révolutionnaire." (Jacques Godechot, Annales ESC, 1957)

Collectif.

Les Mouvements paysans dans le monde contemporain. Tome 1 : Généralités - Europe. Tome 2 : Europe. Tome 3 : Asie - Amérique du Nord - Amérique centrale et Amérique du Sud - Afrique du Nord.

Naples, I.S.M.O.S, 1976, 3 vol. gr. in-8°, x-377, 353 et 349 pp, brochés, non coupés, jaquettes aux T. 2 & 3 (manque la jaquette du T. 1, bon état)

C'est une grande fresque des révoltes de paysans (du XVIIIe au XXe siècle) que dessinent les quelques 38 rapports et communications - en français & en anglais - venant de tous les continents.

NOBLEMAIRE (Georges).

La République libérale. Causeries sur quelques sujets actuels suivies d'un appendice contenant le texte de la loi de séparation, celui des encycliques pontificales, etc.

Plon, 1905, in-12, 425 pp, reliure demi-toile verte, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), bon état

Par Georges Noblemaire (1867-1923), polytechnicien, catholique sincère, mais d'un libéralisme avancé. Il sera député des Hautes-Alpes de 1919 à 1923. Dans cet ouvrage, il écrit dans la préface, à propos de la séparation : « Certes, je ne veux pas dire que dans les origines de cette guerre, tous les torts soient du même côté ; il est sage et libéral de reconnaître que certaines concessions, faites en temps utile, auraient pu retarder ou empêcher l'ouverture des hostilités. C'est ainsi que la doctrine républicaine implique et exige l'indépendance et la suprématie du pouvoir civil. A ce principe raisonnable et nécessaire, il aurait sans doute fallu adhérer sans restrictions ; pour notre part, nous le faisons, nous, sans la moindre réserve ». Et ailleurs : « Je persiste à redouter, comme un péril mortel, l'intransigeance aveugle de ces politiciens pseudo-catholiques qui n'ont jamais fait que du mal au catholicisme, sous prétexte d'en faire a la République et qui, en définitive, ne servent pas mieux leur religion que leur pays. Énergumènes de gauche et de droite, ils sont bien quelques milliers qui tiennent de la place et font du bruit comme myriades... ». — Table : La République Libérale. – Sur l'Armée. – Le Père, ou l'État ? – Le Devoir Social. – Sur la Presse. – Trois discours sur la Séparation des Églises et de l'État. – Appendices.

PÉRIVIER (A.).

Napoléon journaliste.

Plon, 1918, in-8°, iii-434 pp, 2 fac-similés dépliants hors texte, broché, couv. salie, état correct

"On sait, par de nombreux témoignages, que Napoléon a constamment dirigé et inspiré les rédacteurs du Moniteur, qu'il a même dicté, sinon écrit, un grand nombre d'articles. La commission chargée par Napoléon III de publier la correspondance et les œuvres diverses de son oncle avait fait rechercher et mettre à part les articles qui pouvaient avec certitude être attribués à l'Empereur. Mais cette collection a péri dans l'incendie de l'imprimerie du Moniteur, et on est réduit aujourd'hui à juger d'après les apparences et notamment le style. Cette circonstance ôte du prix aux observations de M. Périvier sur les qualités de journaliste de Napoléon. Si caractéristique que soit la « griffe » de l'Empereur, il est bien aventureux de se fier, pour la reconnaître dans une collection d'articles anonymes, à son seul jugement. (...) L'auteur traite également des rapports de Napoléon avec la presse..." (Revue Historique, 1919)

VILLEFOSSE (Louis de).

Abraham Lincoln.

Club français du livre, 1956, in-8°, 304 pp, 20 illustrations, un dépliant volant contenant 4 cartes, biblio, reliure toile brique décorée de l'éditeur, bon état. Bien complet du dépliant volant

"Les « clubs de livres » ont introduit en France un nouveau type de livres qui se distinguent des autres par leur présentation soignée ; ils ont l’avantage d’être reliés, agréablement illustrés et soigneusement imprimés sur du bon papier. Le Lincoln de M. Louis de Villefosse, publié par le Club français du livre se recommande lui aussi, dès l’abord, par son aspect plaisant ; ce n’est pas le volume de grand luxe que l’on craint de toucher, mais le livre bien présenté qu’on a plaisir à lire. Lincoln est avec Washington la plus haute figure de l’histoire américaine, et sa vie dramatique constitue une lecture passionnante. Son rôle dans la guerre de Sécession fut pour lui une épreuve douloureuse ; pour maintenir l’unité des États-Unis et faire valoir le principe de l’égalité des hommes, il dut mener une lutte impitoyable contre une partie de ses compatriotes ; cette attitude lui a valu des haines implacables dont il a fini par être victime. Lincoln reste pour la postérité le grand Américain qui à un moment de l’histoire a personnifié les aspirations les plus nobles de l’humanité. M. de Villefosse traite son sujet en historien scrupuleux ; il est en même temps un écrivain au style limpide et sobre." (Le Monde diplomatique, novembre 1956)

VULLIEZ (Cdt Albert).

Victoria Cross. Trois héros de la marine anglaise.

P., André Bonne, 1949, in-12, 221 pp, une photo en frontispice (Narvik le 10 avril 1940), qqs cartes et croquis, broché, couv. illustrée, bon état

"On sait la valeur qu’a, en Angleterre, la Victoria Cross, créée par la Reine en 1854. À l’heure actuelle, neuf officiers, un quartier-maître, un matelot de la marine britannique ont seuls le droit de porter cette modeste croix de bronze. Le commandant Vulliez a donc été particulièrement bien inspiré en nous retraçant, avec autant de précision que de talent, les hauts faits de trois héros anglais titulaires de cette rare distinction : Roope « l’abordeur », qui attaqua le Hipper, Warburton Lee, qui mourut glorieusement dans les combats pour la possession de Narvik, le commandant Sherbrooke, blessé dans la lutte du Onslow contre le Hipper, le 31 décembre 1942, après avoir attaqué l’ennemi le plus tôt et « le plus en avant possible ». Le livre est, d’ailleurs, riche en aperçus tactiques et ne pouvait être écrit que par un marin expérimenté." (Edmond Delage, Revue Défense Nationale, 1951)

WALLACE (Hugh Campbell).

Les Discours de M. Hugh C. Wallace, ambassadeur des États-Unis d'Amérique en France, 1919-1921, réunis avec un avant-propos par Warrington Dawson / The Speeches of the Hon. Hugh C. Wallace, ... collected with a foreword by Warrington Dawson.

P., Plon-Nourrit et Cie, s.d. (1921), in-12, xix-195 pp, reliure demi-chagrin brun havane, dos à 5 nerfs soulignés à froid (rel. de l'époque), bon état. Edition originale, bilingue, avec texte en français et en regard en anglais

"Comme le disait M. Hugh C. Wallace dans son émouvant discours du 4 juillet, la France a été attaquée par un ennemi sans scrupules, décidé « à l'anéantir en tant que Grande Puissance, – première étape de la conquête de l'Europe, – et elle a tout donné pour la défense de la civilisation. Avant de pouvoir faire davantage pour un monde qu'elle a tant contribué à sauver, la France doit recevoir son dû. » Et, développant cette idée, M. Wallace ajoutait : « C'est une anomalie dans l'histoire, de voir le vainqueur en plus mauvais état que le vaincu. Mais qui pourrait nier que la France est sortie de la guerre mondiale dans une moins bonne condition que sa grande ennemie ? Elle a ses plus belles provinces dévastées, ses énergies paralysées, et, s'étendant tout le long de sa frontière du Nord et de l'Est, un vaste cimetière peuplé des morts de ses armées. Il faut que l'Allemagne paie ; et elle doit payer en totalité. Le traité de Versailles a été forgé, non pas pour être violé ou tourné, mais pour être appliqué »..." (Raymond Poincaré, Revue des Deux Mondes, 15 Juillet 1921)

WORMSER (Olga).

Catherine II.

Club français du livre, 1957, in-8°, 346 pp, 16 illustrations, biblio, tableau chronologique, reliure toile brique décorée de l'éditeur, bon état. Edition originale tirée sur papier offset et numérotée

"La Catherine II d'Olga Wormser (Paris, 1957), inspirée à son auteur, semble-t-il, par la préface de Herzen aux Mémoires de l'impératrice, apportera à ses lecteurs le tableau vigoureux d'une époque et d'une Cour en même temps que le portrait à la fois impitoyable et admiratif de la Despote au pouvoir, oublieuse des philosophes et du libéralisme de sa jeunesse." Revue des Études Slaves, 1957)

BABELON (Jean).

Les Monnaies racontent l'histoire.

Fayard, 1963, in-8° carré, 211 pp, 97 illustrations, aperçu bibliographique, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Résurrection du passé)

"Dans cet attachant petit livre, l'auteur utilise la science des monnaies comme source de connaissance de l'histoire et met en valeur la puissance de son témoignage historique. Mais cette science, soi-disant « auxiliaire », peut et doit revendiquer son autonomie, car le fait monétaire constitue un phénomène social, économique et politique. Eclairé par une riche illustration, ce livre nous convie à une promenade historique dans l'espace et dans le temps, depuis les origines de la monnaie jusqu'à l'époque contemporaine. Des pièces de métal, nous voyons surgir tout un cortège de dieux et d'hommes, une vaste fresque chevauchant les pays, les civilisations et les millénaires." (Revue archéologique du Centre de la France, 1964)

BARRET-DUCROCQ (Françoise).

Pauvreté, charité et morale à Londres au XIXe siècle. Une sainte violence.

PUF, 1991, in-8°, 245 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Recherches politiques)

"Pour les Victoriens, assister les pauvres c'est les rendre plus moraux : le concubinage, l'inceste, les mariages précoces, la prostitution, voila les responsables de la grande misère du peuple. A partir de sources inédites – les rapports des sociétés charitables – l'auteur s'interroge sur ce diagnostic et sur les fonctions de l'action philanthropique."

BARRAL-MONTFERRAT (Marquis de).

De Monroe à Roosevelt, 1823-1905.

Plon, 1905, in-12, xv-356 pp, préface du comte d'Haussonville, broché, couv. lég. défraîchie, bon état (Prix Montyon de l’Académie française 1906)

Les évolutions successives de la politique étrangère des États-Unis de 1823 à 1905. — "Dans son ouvrage, M. le marquis de Barral-Montferrat vient d'esquisser l'évolution de la politique étrangère des États-Unis depuis le jour où elle s'affirma dans la célèbre formule de Monroe jusqu'aux derniers événements contemporains. Il a montré comment, de défensive qu'elle était à l'origine, cette politique est devenue de plus en plus envahissante et agressive, intervenant par la diplomatie ou par les armes, d'abord dans les affaires de l'Amérique centrale (annexion du Texas, du Nouveau-Mexique, question des canaux interocéaniques, conquête de Cuba, etc.), puis étendant dans l'Océan Pacifique et jusqu'en Extrême-Orient son expansion grandissante. Les discours et messages du dernier Président de l'Union dont l'auteur reproduit d'abondants extraits, ont précisé les ambitions de cet impérialisme qui a fait de l'Amérique moderne un des facteurs les plus puissants et les plus inquiétants de la politique mondiale." (L. R., Revue critique d'histoire et de littérature, 1906) — "On peut suivre les progrès de l'appétit américain dans le livre éloquent du marquis de Barral-Montferrat, “De Monroe à Roosevelt”." (Charles Maurras, Kiel et Tanger, 1913)

BARUCH (Marc Olivier).

Servir l'État français. L'administration en France de 1940 à 1944. (Thèse).

Fayard, 1997 gr. in-8°, 737 pp, préface de Jean-Pierre Azéma, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Augustin Thierry)

"Le maintien de l'ordre public, indispensable à la vie de la nation, doit être assuré par des mains françaises, des bras français, des têtes françaises", déclarait en janvier 1942, devant la police parisienne réunie pour prêter serment de fidélité au maréchal Pétain, le ministre de l'Intérieur Pucheu. Mais revendiquer ainsi une pleine souveraineté – grâce à laquelle Vichy entendait construire, sur les ruines de la République, la France autoritaire, corporatiste et xénophobe de la Révolution nationale – était illusoire, dans un pays occupé aux trois cinquièmes et dont tous les actes étaient contrôlés étroitement par les Allemands. A partir d'une analyse minutieuse des rouages de l'État français, Marc Olivier Baruch démontre à quel point la revendication de servir face à l'ennemi dont se firent gloire les hauts fonctionnaires de Vichy revint trop souvent à servir l'ennemi. Pour n'avoir pas su, ou pas voulu, dépasser l'obligation d'obéissance formelle et réfléchir à la portée de ses actes, la plus grande part de la fonction publique française se trouva engagée, parfois à son corps défendant, dans la collaboration avec l'occupant nazi – jusque dans ses aspects les plus sombres, quand vint le temps de la répression et des rafles. Quelques rares fonctionnaires cependant sauvèrent l'honneur en s'engageant dans une action résistante, parfois au prix de leur vie; on ne saurait pour autant voir dans la masse, pour l'essentiel attentiste et au mieux résistante de la onzième heure, des serviteurs fidèles de Vichy autre chose qu'une bureaucratie d'abord soucieuse de préserver sa place dans l'État.

BENOIST-MÉCHIN (Jacques).

Histoire de l'Armée allemande. I : L'effondrement, 1918-1919.

Albin Michel, 1964, in-8°, 379 pp, 6 cartes (dont 2 dépliantes hors texte), broché, jaquette, bon état

Premier volume (sur 6 parus) de l'édition définitive. Benoist-Méchin avait entrepris, en 1935, une 'Histoire de l'Armée allemande', publiée en deux volumes en 1936-1938. Il a refondu ceux-ci pour qu'ils constituent les premiers tomes d'une 'Histoire de l'Armée allemande' en dix volumes embrassant la période 1918-1946. Il n'en écrira finalement que six, couvrant les années 1918-1939. Ce volume évoque la défaite de Ludendorff battu par Foch, le retour des armées de l'Ouest et les conseils des soldats maîtres de Berlin, la dissolution de l'armée impériale, les corps francs reprenant Berlin et rétablissant l'ordre en Prusse, la défense des frontières de l'Est, la révolution bavaroise, la signature du traité de Versailles et l'effondrement de l'Empire allemand. — "Le titre qui s'inscrit sur la couverture de cet ouvrage – Histoire de l'Armée allemande – n'est qu'à moitié satisfaisant. Il s'agit en réalité de plus que cela, puisqu'on trouvera ici, outre l'histoire militaire, celle de la révolution nationale-socialiste et l'ébauche d'une biographie d'Hitler (...) Ce que j'ai fait, en réalité, c'est une histoire de l'Allemagne contemporaine, vue à travers l'histoire de son armée." (J. Benoist-Méchin, dans sa préface à l'édition de 1941)

BENOIST-MÉCHIN (Jacques).

Ibn-Séoud ou la naissance d'un Royaume.

Albin Michel, 1959, in-8°, 446 pp, 6 cartes et croquis, généalogie des Séoudites, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 2 larges nerfs, titres dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état (Le Loup et le Léopard, 2)

"Épopée de ce fils des grands chefs du désert, qui, au lieu de tailler son empire dans les ruines d'un empire écroulé, ne part que de lui-même ; il conquiert le Nedjd jusqu'en 1905, s'étend jusqu'à la mer à l'Est et à l'Ouest ; possesseur d'un immense royaume, il sait en faire une puissance moderne, développant l'agriculture, aidé par la découverte du pétrole. Ouvrage bien documenté, écrit d'une façon très vivante." (Revue française de science politique, 1955) — Table : Mobilité et immobilité des Arabes (5000 av. J.-C. - 1880) ; La conquête du Nedjd (1880-1905) ; La conquête de l'Arabie (1905-1928) ; L'Arabie Séoudite (1928-1945) ; L'Arabie Séoudite, bastion avancé de l'hémisphère occidental (1945-1953) ; La mort du roi.

BLUMENSON (Martin).

Le réseau du Musée de l'Homme. Les débuts de la Résistance en France.

Seuil, 1979, in-8°, 285 pp, traduit de l'anglais, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

"Fondé par Boris Vildé, le groupe du Musée de l'Homme est le premier à s'être réuni pour fonder un journal au titre prophétique de Résistance, dont le premier numéro parut en décembre 1940. Deux ans plus tard, en février 1942, sept exécutions faisaient de ces pionniers des martyrs. Après un procès où le président allemand avait au départ voulu montrer de la correction, le verdict finalement dut se plier aux terribles conséquences de la rivalité entre l'armée et la police SS. Pudique et mesuré, ce récit atteint à l'émotion vraie par la publication de nombreuses lettres ou journaux des condamnés." (Revue française de science politique, 1980)

BLUCHE (François)(dir.).

Dictionnaire du Grand Siècle.

Fayard, 1990, fort gr. in-8°, 1640 pp, 2413 articles par 249 auteurs, 227 illustrations en noir, 41 illustrations en couleurs hors texte, 66 cartes, plans et tableaux, texte sur deux colonnes, reliure toile décorée de l'éditeur, jaquette illustrée (un peu abîmée), emboîtage cartonné illustré, bon état

De A, comme "Abbadie, Jacques", à Z, comme "Zèle et faux zèle", 2 413 articles dus à la plume des meilleurs spécialistes couvrent avec ce dictionnaire un immense champ de connaissances sur le Grand Siècle entendu au sens large : de 1589 (avènement d'Henri IV) à 1715 (mort de Louis XIV). Certes, les questions politiques et les biographies y occupent une part, mais ce sont aussi tous les domaines de l'activité humaine qui sont traités, des sciences aux affaires religieuses, des lettres aux beaux-arts, de l'économie aux conflits guerriers, des institutions à la vie quotidienne... François Bluche, l'un de nos plus grands historiens de la France de l'Ancien Régime est le maître d'œuvre de cette somme inégalée.

BOGDAN (Henry).

Histoire de l'Allemagne, de la Germanie à nos jours.

GLM/Perrin, 1999, gr. in-8°, 473 pp, 12 cartes, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Nombreux sont les ouvrages qui font commencer l'histoire de l'Allemagne en 1871, date de l'unité. Élargissant cette vision, Henry Bogdan propose une synthèse qui embrasse le passé allemand depuis l'entrée des Germains dans le monde occidental jusqu'à la réunification de 1990. Il analyse le Moyen Age riche en événements et contradictions (notamment la fondation au Xe siècle du Saint Empire romain germanique), le règne des Habsbourg, l'apparition de la Prusse de Frédéric II, l'essor économique au XIXe siècle, l'émergence de Bismarck et l'unification d'un pays longtemps éclaté. Cette histoire générale du monde germanique est indispensable pour comprendre celle des peuples européens et bien des aspects de l'Allemagne contemporaine.

BORRICAND (René).

Malte. Histoire de l'Ordre souverain, militaire et hospitalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, de Rhodes et de Malte.

Aix-en-Provence, Editions Borricand, 1981, pt in-4°, 211 pp, gravures, illustrations et fac-similés, plans, biblio, broché, couv. à rabats, bon état

Contient la chronologie des grands maîtres de l'Ordre souverain de Saint-Jean-de-Jérusalem des origines à nos jours, avec leurs Armes, la date de leur élection et de leur mort, le lieu de résidence.

PIRENNE (Henri).

Histoire de Belgique, des origines à nos jours – Histoire de la Belgique contemporaine, 1914-1970 (par J. Bartier e.a.).

Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1972-1975, 6 vol. in-4°, 426, 392, 400, 426, 348 et 440 pp, très nombreuses illustrations (gravures, portraits, photos, cartes et fac-similés) en noir dans le texte et en couleurs sur des planches hors texte, reliures toile carmin de l'éditeur, dos lisses avec titres dorés, illustrations dorées aux 1er plats, rhodoïds, bon état. Tirage à 2500 exemplaires numérotés (n° 1751)

Réédition illustrée de l'ouvrage monumental d'Henri Pirenne. — L'édition la plus complète. Cette édition illustrée comprend la dernière édition des 7 tomes de l'édition Lamertin (Bruxelles, 1929-1932), à laquelle a été ajouté le livre de Pirenne “La Belgique et la guerre mondiale” (Paris, 1928), le tout repris en 5 volumes, soit de l'époque romaine à 1918. Elle est également enrichie d'un volume complémentaire (Histoire de la Belgique contemporaine, 1914-1970, par John Bartier, Fernand Baudhuin, Henri Haag, Jacques-Henri Pirenne, Jean Stengers, Emile Wanty, et Jacques Willequet). — Détail : 1. Des origines à l'État bourguignon : Les origines ; Les Pays-Bas au XIIe et XIIIe siecle ; La lutte entre la Flandre et la France ; Princes et villes au XIVe siècle ; L'unification des Pays-Bas). – 2. L'État bourguignon. De la mort de Charles le Téméraire à la paix de Munster : La crise - la restauration et l'achèvement de l'État bourguignon ; La civilisation des Pays-Bas au XVIe siècle ; Les commencements de l'insurrection contre Philippe II ; Le régime espagnol. – 3. La guerre de religion ; La restauration catholique - De l'arrivée de l'archiduc Albert à la paix de Munster ; La civilisation des Pays-Bas catholiques. De la fin du régime espagnol à la révolution belge : La fin du régime espagnol ; La guerre de la succession d'Espagne ; Le régime autrichien. – 4. La révolution brabançonne et la révolution liégeoise ; La conquête française ; Le Consulat et l'Empire ; Le royaume des Pays-Bas ; La Révolution. De la révolution de 1830 à la fin de la Première Guerre mondiale : Jusqu'à la crise de 1848. – 5. De 1848 à la mort de Léopold Ier ; Le règne de Léopold II jusqu'en 1884 ; De 1884 à 1914 ; La Belgique et la Guerre mondiale. – 6. Histoire de la Belgique contemporaine, 1914-1970 : La politique intérieure de 1914 à 1926 ; La politique intérieure de 1926 à 1965 ; Les relations internationales ; L'économie ; La vie sociale ; La vie militaire ; La Belgique et le Congo.

CHARNAY (Jean-Paul).

La vie musulmane en Algérie d'après la jurisprudence de la première moitié du XXe siècle.

PUF, 1965, gr. in-8°, xvi-393 pp, préface de Jacques Berque, glossaire, broché, bon état (Bibliothèque de Sociologie contemporaine)

"A partir du dépouillement de la jurisprudence des tribunaux algériens en matière dite « musulmane » et des arrêts de la Chambre de révision de la Cour d'appel d'Alger qui assumait depuis 1892 une tâche de normalisation, J.-P. C. tente de déceler, à travers les litiges, les tensions qui se manifestaient dans la vie quotidienne en Algérie jusqu'aux lendemains de la Seconde guerre mondiale : tensions familiales, lutte pour la terre (la moitié des crimes ruraux étaient commis à propos de litiges fonciers), rôle du musulman algérien dans la vie publique, apparition du « militant ». Également riche en enseignements sur les mécanismes et la pratique de la justice en Algérie – où s'enchevêtraient un droit musulman déformé par les mœurs locales et une législation française aux buts parfois divergents, ce tableau vivant de la société algérienne doit son intérêt à la connaissance directe que possède J.-P. C. de la psychologie musulmane. D'autre part, les faits ici relatés le sont moins pour éclairer la règle juridique que pour témoigner de la réalité sociale. J.-P. C. multiplie volontairement la description des situations et des personnages pour donner au récit un caractère concret et vivant." (Revue française de science politique, 1966)

COCHIN (Augustin).

L'Esprit du jacobinisme. Une interprétation sociologique de la Révolution française.

PUF, 1979, in-8°, 198 pp, préface de Jean Baechler, broché, couv. à rabats, bon état

"L'auteur, brillant chartiste mort au combat en 1916, s'était fait connaître en reprenant avec éclat la vieille thèse du complot pour expliquer les origines de la Révolution. Tombée dans l'oubli, son œuvre revient aujourd'hui à la mode dans la mesure où A. Cochin a su « être penseur de l'événement, un auteur qui mêle la pensée conceptuelle et les faits les plus menus pour parvenir à une théorie raisonnée du devenir historique », comme l'écrit J. Baechler. Il propose, c'est ce qui enchante ses lecteurs, à partir d'une lecture des événements révolutionnaires, une critique de tout régime fondé sur une idéologie, de sorte que l'on est presque surpris de ne pas trouver sous sa plume le terme de goulag ! « Cochin, écrit plus loin J. Baechler, offre peut-être une vision déformée de la Révolution française, mais une analyse saisissante de vérité du léninisme et du stalinisme » (qu'il n'a pas connu, bien évidemment). C'est dire l'intérêt et la limite de textes qui, s'ils se lisent fort bien, car l'auteur ne manque pas d'esprit, n'évitent pas toujours les partis-pris ou la polémique. Ainsi en est-il de son hostilité systématique vis-à-vis des philosophes..." (Jean Boissière, Dix-Huitième Siècle, 1981)

POUZOLS (Albert de).

Les Rebelles du “Saint-Pierre”.

Genève, Editions du Milieu du Monde, 1945, in-12, 251 pp, broché, bon état (Documents d'aujourd'hui). Ouvrage couronné par l'Académie française en 1947 (prix Paul-Louis Miller)

"Empreint d'une veine romanesque, le témoignage d'Albert de Pouzols est celui d’un jeune pilote qui réussit à rejoindre Alger en septembre 1940. Avec plusieurs camarades déterminés comme lui à gagner l'Angleterre, il embarque sur un navire, le Saint-Pierre, qui est contraint d’accoster sur l'île de Formentera, aux Baléares. Arrêtés par des soldats espagnols, les hommes sont conduits dans une prison de fortune sur l'île d'Ibiza puis sont remis aux autorités françaises. Albert de Pouzols et ses compagnons sont successivement placés en résidence surveillée à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), puis internés dans les prisons de Toulon et de Marseille. C'est seul qu'il est conduit à Tunis puis Bizerte dans l'attente d'un jugement, au mois de juillet 1941 : un conseil de guerre le condamne à un an de prison. Il est placé en détention au sein de la prison de Tunis et affronte un quotidien d'une « monotonie sordide » (168) atténuée par la rencontre de plusieurs camarades dont Henry Blackwell, un marin britannique. Déplacé au camp de Téboursouk où sont emprisonnés une centaine de gaullistes, il connait des heures chargées « de violence et de haine » (201), encadré par des officiers pétainistes. C'est dans un état de santé des plus préoccupants que l’auteur est finalement transporté vers un hôpital où il recouvre ses forces, avant de rejoindre le « Borj Nord » (242), une citadelle marocaine à Fès. C'est là, qu'avant la fin de sa sentence, la liberté lui est rendue. De retour en France, il tente de passer en Suisse. Arrêté, il est conduit au camp de Saint-Paul-d'Eyjeaux (Haute-Vienne) d'où il ne sort qu’en avril 1943. Malade, il part en convalescence auprès des siens. Il rejoint ensuite la résistance parisienne et participe à la libération de la capitale, avant de s'engager dans l'armée régulière et de se retrouver sur le front de l'Atlantique. Ce récit s'achève par un vibrant hommage à tous ses compagnons, morts ou vivants, qui résistèrent au Troisième Reich." (Manuel Valls-Vicente, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945)

CRESPELLE (Jean-Paul).

Montmartre vivant.

Hachette, 1964, gr. in-8°, 268 pp, environ 250 illustrations (photographies, reproductions, fac-similés), biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée avec pt manques), bon état. Édition originale

Importante étude sur le Montmartre artistique, littéraire et historique. J.-P. Crespelle donne dans ce livre une véritable chronique établie d'après les souvenirs des grands artistes qui, dans leur jeunesse, créérent la légende montmartroise. Il a recueilli les souvenirs de Villon (le paradis à l'ombre du Sacré-Coeur), Galanis (de l'Acropole à la Butte), Van Dongen (dans le souvenir du Bateau-Lavoir), Camoin (fauve de l'avenue Junot), Picasso (et la bande de la place Ravignan), Heuzé (du quadrille réaliste à l'Institut), Severini (dans le passé des futuristes), Jean-Gabriel Domergue (feu d'artifice dans un sépulcre), Gen Paul (de la rue Lepic), Lorjou (dernier grand de la Butte)... Une enquête étayée par 250 documents, pour la plupart inédits. — "M. Jean-Paul Crespelle vient de donner un « pendant » à son précédent et pittoresque ouvrage sur “Montparnasse vivant” . Nous avons dit ici tout l'intérêt que ce volume présentait pour fixer le souvenir d'un quartier de Paris où des artistes du monde entier vinrent chercher, moins des sujets à peindre, qu'un climat propre à provoquer leur émulation, à orienter leur inspiration et à favoriser leur production. Son “Montmartre vivant” est aussi riche en témoignages recueillis directement ou empruntés à de récents mémoires, aussi fécond en anecdotes illustrées de toiles, croquis et photographies d'amateurs introuvables ailleurs ! Texte et images sont groupés autour de Villon, de Galanis, Van Dongen, Camoin, Picasso, Heuzé, Severini, Jean-Gabriel Domergue, Gen Paul ou Lorjou. Au cours de ces chapitres apparaissent accessoirement Van Gogh, Signac, Matisse, Modigliani, Utrillo, Utter, Suzanne Valadon, Lucie Valore, Boldini, Poulbot, Marie Laurencin, Pascin, ainsi que Jean Lorrain, Apollinaire ou Francis Carco. On y trouve auprès de croquis tracés par Toulouse-Lautrec des photos de la Goulue, qui fut un de ses modèles. Elles la montrent dans sa folle jeunesse, sa plantureuse maturité et dans la déchéance de ses dernières années. Bon nombre des peintres évoqués connurent le succès, la célébrité, les prix astronomiques et certains même la consécration de l'Institut, mais M. Jean-Paul Crespelle esquisse aussi la silhouette de quelques-uns de ceux qui ne « percèrent » point et dont l'existence, pour n'avoir pas été brillante, n'en fut pas moins singulière, pitoyable ou émouvante. Ces deux ouvrages, où texte et images se complètent si judicieusement, captivent l'attention du lecteur et devront être conservés avec soin car leur richesse iconographique est incomparable." (A. Gavoty, Revue des Deux Mondes, 1964)

CORVISIER (André)(dir.).

Histoire militaire de la France.

PUF, 1997, 4 vol. pt in-8°, 2520 pp, 115 cartes, croquis et plans, 47 tableaux et graphiques, chronologie, biblio et index dans chaque volume, brochés, couv. illustrées, sous coffret (coffret lég. abîmé, volumes en très bon état), bon état (Coll. Quadrige)

1. Des origines à 1715 (dir. Philippe Contamine). 2. De 1715 à 1871 (dir. Jean Delmas). 3. De 1871 à 1940 (dir. Guy Pedroncini). 4. De 1940 à nos jours (dir. André Martel).

DARMAING (Achille).

L'Ouest dans la tourmente. La guerre civile française, 1793-1815.

Copernic, 1979, in-8°, 248 pp, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

Réédition de l'édition de 1826.

DEMIANS D'ARCHIMBAUD (Gabrielle).

Histoire artistique de l'Occident médiéval.

Armand Colin, 1983, gr. in-8°, 334 pp, 126 illustrations, 8 cartes, chronologie, glossaire, index, broché, couv. illustrée à rabats (pelliculage en partie décollé), bon état

Un précis où sont mis en lumière les moments essentiels d'une histoire de dix siècles. De l'affirmation d'un premier art chrétien né de l'Antiquité tardive aux apports du très haut Moyen Age puis à la Renaissance carolingienne, de l'épanouissement de la Chrétienté dans l'âge roman à la maturité classique de l'humanisme gothique, l'étude se poursuit jusqu'à l'apparition des prémices d'un art nouveau au XVe siècle. Ainsi s'affirme la continuité de l'art occidental, dont cette synthèse veut rendre compte. Qu'il s'agisse de l'architecture où l'apport de l'archéologie est particulièrement grand, des arts du relief, des arts du trésor (enluminure et orfèvrerie), des arts de la couleur (vitrail et peinture), les œuvres les plus significatives sont évoquées et les diversités régionales soulignées dans leurs articulations essentielles. Les annexes constituent des instruments de travail complémentaires. Des bibliographies signalent, période par période, les études les plus importantes. Une chronologie détaillée met en parallèle l'évolution historique et l'évolution artistique. Un glossaire définit les termes techniques. Un index enfin regroupe les noms de personnes, de lieux et de monuments, de catégories d'œuvres d'art.