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GARDNER (Martin).

Les casse-tête mathématiques de Sam Loyd.

Dunod, 1980, in-8°, 342 pp, traduit de l'anglais (“Mathematical Puzzles of Sam Loyd” Volume 1 et volume 2), nombreuses illustrations, cart. illustré de l'éditeur, bon état

"L'heure exacte ? Ajoutez au quart du temps depuis minuit la moitié du temps jusqu'à minuit, et vous l'aurez." Voici, parmi plusieurs dizaines présentés dans cet ouvrage, l'un des casse-tête mathématiques que Martin Gardner a choisis dans l'œuvre prodigieusement féconde de Sam Loyd. Inventeur de problèmes d'échecs comme de jeux publicitaires, prestidigitateur, mime, ventriloque, Sam Loyd (1841-1911) est reconnu comme "le plus grand inventeur américain de divertissements mathématiques". Pleins d'humour, d'une présentation anecdotique ou cocasse, ces casse-tête, du "problème de Mme Pythagore" à "la bataille de Hastings" en passant par le "problème du singe" demandent, pour être résolus, astuce, bon sens et logique. Les gravures qui illustrent l'ouvrage sont celles de l'édition originale.

LOCKHART (John Gibson).

The History of Napoleon Buonaparte.

London, J. M. Dent & Sons / New York, E. P. Dutton & Co, 1947 in-12, xi-512 pp, index, reliure toile éditeur, jaquette, bon état (Coll. Everyman's Library). Texte en anglais

Réédition de l'édition de 1829. "A thorough and definitive biography of Napoleon by John Gibson Lockhart."

ROYER (Clément de).

Étude sur les mémoires de Beaumarchais.

P., Imp. de J. Claye, 1872, gr. in-8°, 68 pp, broché, qqs rousseurs, bon état

Discours prononcé à l'ouverture de la conférence des avocats le 30 novembre 1872. Par l'avocat bonapartiste Clément de Royer (1844-1912).

DUMAS (Mathieu, Comte).

Campagne de 1802. Précis des événements militaires, ou essais historiques sur les campagnes de 1799 à 1814, VII et VIII.

P., Treuttel et Wurtz, et Hambourg, Perthès et Besser, 1819, 2 vol. in-8°, 430 et 510 pp, notes et pièces justificatives, brochés, tels que parus, vignettes de titres aux dos, bon état. Rare

Tomes VII et VIII seuls du monumental "Précis des événements militaires" du comte Dumas (1753-1837) : 19 volumes traitant des campagnes de 1799 à 1807 (contrairement à ce qu'indique le titre général) et publiés de 1817 à 1826, avec 2 atlas de cartes et plans. Le second volume de cette “Campagne de 1802” contient de la page 110 à 339, toute la relation de l'expédition de Saint-Domingue et des troubles de cette colonie depuis 1789 jusqu'en 1802. Mathieu Dumas (1753-1837) entama sa carrière sous l'Ancien Régime, servit comme Aide de camp de Rochambeau dans la guerre d'Indépendance des États-Unis puis comme Aide de camp de La Fayette au début de la Révolution. Élu député de Seine-et-Oise à la Législative, de tendance modérée, Dumas dut se cacher après le 10 août et gagner la Suisse pour ne revenir qu'une fois la Terreur passée. A nouveau proscrit après le 18 fructidor, il se rallia à Bonaparte. Il mena ensuite une carrière très riche, sur les champs de bataille, mais aussi dans la politique comme ministre de la Guerre de Joseph à Naples (1806-1808) et député (1828).

VARENNE (Pierre).

Le bon gros Saint-Amant (1594-1661).

Rouen, Lecerf, 1917, in-8°, 71 pp, biblio, cartonnage éditeur à la bradel recouvert de papier marbré, étiquette de titre contrecollée au 1er plat (cart.défraîchi avec mques au dos), bon état. Édition originale tirée à 350 ex. seulement, celui-ci un des 300 ex. numérotés sur vergé d'Arches

"On l'appelle « le bon gros Saint-Amant. » C'est le nom que lui donne encore son plus fervent admirateur, M. Pierre Varenne, qui vient de lui consacrer une assez charmante notice. Était-il bon ? je n'en sais rien. Gros, ce n'est pas douteux : car il a plaisanté lui-même, et plus d'une fois, de sa « bedaine » et du reste aussi de sa grasse personne. Il s'intitule volontiers « le bon gros Saint-Amant. » Il s'appelait Marc-Antoine Gérard ; et, Saint-Amant, ce dut être un surnom, comme jadis on en donnait à chacun des porteurs d'un même nom : mais volontiers il fut ensuite Marc-Antoine de Gérard, écuyer, sieur de Saint-Amant. Sa noblesse n'était que « bien peu de chose, » dit Tallemant, bourgeois opulent qui avait lui-même choisi ses Réaux. Il naquit à Rouen, l'année que le roi Henri entra dans Paris ; et il eut seize ans à l'avènement de Louis XIII..." (André Beaunier, Revue des Deux Mondes, 1918)

MIROW (Kurt Rudolf).

La Dictature des cartels. Un siecle de colonisation industrielle.

Presses universitaires de Grenoble, 1982, in-8°, 207 pp, traduit de l'espagnol, broché, couv. illustrée, bon état

THIERRY (Augustin).

Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du Tiers Etat, suivi de fragments du Recueil des monuments inédits de cette histoire.

P., Furne et Cie, 1856, 2 vol. in-12, 262 et 275 pp, 3e édition, reliures demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs pointillés et caissons à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

On trouve en appendice une liste des Députés du Tiers aux Etats Généraux de 1484, 1560, 1576, 1588, 1593 et 1614.

GAUTIER (Paul).

Madame de Staël et Napoléon. Nouvelle édition.

Plon, 1933 in-12, 316 pp, 8 gravures hors texte, cartonnage éditeur (lég. défraîchi), bon état (Bibliothèque historique Plon)

"Un récit très vivant et complet du long duel de Mme de Staël et de Napoléon, cette lutte entre le « souverain de l'action » et « l'impératrice de la pensée. ». La déconvenue et les déboires, les ambitions et les menées de Mme de Staël, d'abord admiratrice indiscrète de Bonaparte, ensuite opposante tenace et « incorrigible intrigailleuse », enfin ralliée un instant au Napoléon de 1814 : M. Gautier nous expose les péripéties de cette lutte avec une sûreté et une richesse d'information qui complète, renouvelle ou précise ce que d'autres avaient dit sur ce sujet. L'impression fâcheuse que pourrait produire tout ce qu'il y a d'un peu occulte et policier dans cette histoire, où le cabinet noir et les rapports secrets jouent un rôle éminent, est heureusement corrigée par des portraits alertes et un suffisant rattachement à l'histoire générale et au mouvement contemporain des idées." (F. Baldensperger, Revue critique d'histoire et de littérature, 1903) — "Ce livre, remarquable par l’abondance et la précision de renseignements, dont beaucoup étaient inédits, l’est aussi bien par l’art de l’exposition. M. Paul Gautier sait conter et il sait peindre. Les portraits qu’il a semés dans le récit, ceux d’un Necker, d’un Fouché, d’un Bernadotte, sont d’une touche juste, fine, spirituelle. La figure de Mme de Staël apparaît en plein relief : voilà bien cet incurable ennui dont elle soutire et qui la jette dans toute sorte d’agitations, cet orgueil, cette personnalité exubérante, ce besoin de tout rapporter à soi, et aussi ce courage, cette énergie, cet amour vrai des idées, cette noblesse d’âme, ce continuel progrès, cette sorte d’ascension vers un idéal supérieur. Le nouvel historien de ce duel fameux a su conserver à la question elle-même toute son ampleur ; en outre, les vues qu’il nous ouvre de plus d’un côté nous aident à mieux comprendre certains aspects du gouvernement de Napoléon." (René Doumic, Revue littéraire, 1903) — "Le beau livre de M. Gautier n'est pas seulement un important chapitre de notre histoire littéraire entre 1800 et 1815, c'est aussi une contribution capitale à l'histoire politique et diplomatique de l'Empire. Sous le rapport politique, il nous rend le très grand service de nous renseigner abondamment sur ce mouvement d'opposition qu'on a longtemps soupçonné, que des travaux récents ont commencé à nous révéler, que le travail actuel nous fait voir avec toute son ampleur et toute sa portée. Au point de vue diplomatique, les rapports d'Andréossy et les dépêches de M. de Cabre nous montrent sous un jour curieux le rôle de Mme de Staël en Autriche et en Suède." (Ch. Dufayard, Revue Historique, 1904)

ÉPINAY (Louise-Florence-Pétronille Tardieu d'Esclavelles, marquise d').

Mémoires de Madame d'Epinay. Edition nouvelle et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inédits par M. Paul Boiteau.

P., Bibliothèque-Charpentier, s.d. (v. 1865), 2 vol. in-12, viii-460 et 500 pp, notes, reliures demi-chagrin havane, dos lisses ornés en long, têtes dorées, signets (rel. de l'époque), bon état

Madame d'Epinay (1725-1783), femme de lettres et d'esprit, fut l'amie de Rousseau, Voltaire, Diderot, Duclos, Grimm, Raynal, de l'abbé Galiani, etc., qu'elle reçut dans son salon. — "Femme-écrivain, salonnière et amie des philosophes et des écrivains célèbres au XVIIIe siècle, Louise d'Épinay est l'auteur de Mémoires dont l'originalité se situe à deux niveaux : du point de vue du contenu d'abord, car c'est une histoire de sa famille et des événements littéraires du siècle, histoire cependant « auto-réfléchissante » et remplie de ses propres sentiments et réflexions ; puis, du point de vue de la forme, puisqu'il s'agit d'une combinaison singulière de lettres, souvenirs et pages de journal à la première personne et de petits récits à la troisième personne..." (Sanda Nemeth-Badescu, Dalhousie French Studies, 2005) — "Les Mémoires de Madame d'Epinay sont peut-être l'ouvrage qui nous fait le mieux connaître la société polie du XVIIIe siècle." (Introduction).

DEBURAT (Renée).

Napoléon et les manuels d'histoire.

Editions André Lavaud, 1956 in-8°, 330-(5) pp, préface du général Weygand, 12 pl. hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état (ouvrage couronné par l'Académie Française), bel envoi a.s. à la rédaction du "Miroir de l'Histoire"

"Napoléon et les manuels d’histoire est un livre très documenté, qui, à l’aide de preuves irréfutables, met en évidence des faits, des chiffres, des documents essentiels connus seulement des spécialistes. Il rend accessible à tous les sources authentiques de la grande histoire. Il analyse et passe en revue toutes les thèses. Il apporte sa contribution efficace à une meilleure connaissance de l’œuvre impériale dont le rôle fut extraordinaire et parfois prophétique, non seulement en France, mais dans l’Europe entière. À lire et à relire ces pages, entraîné par la verve et le style aisé de l’auteur, on est étonné de découvrir une histoire nouvelle encore plus glorieuse pour le renom français que celle à laquelle nous sommes habitués. Ce livre a sa place dans toutes les bibliothèques, pour les dilettantes comme les érudits." (Revue Défense Nationale, 1956) — "Mlle R. Deburat présente aux éditions A. Lavaud un livre intitulé “Napoléon et les manuels d'histoire”. L'auteur reproche à ceux-ci de dénigrer nos gloires nationales en particulier Napoléon Ier. Le premier empereur des Français ne fit la guerre que contraint et forcé par ses adversaires qui s'opposèrent à la pacification et à l'unification de l'Europe dont il rêvait, telle est la thèse, alléchante en vérité, que Mlle Deburat soutient dans son ouvrage, thèse étayée d'ailleurs par une grande abondance de documents. Certains historiens dignes de ce nom ne se sont pas montrés d'accord avec Mlle Deburat. Quant à l'œuvre intérieure, souvent remarquable de l'Empereur et que l'auteur défend âprement, nous en connaissions déjà quelque chose quoi qu'en pense l'auteur, ne serait-ce qu'à travers les manuels d'histoire. Ne dénigrons pas nos gloires nationales, soit ; ne dénigrons pas non plus par exemple la Grande Révolution qui a permis à Bonaparte de devenir général, puis empereur des Français." (Jean Maitron, L'Actualité de l'Histoire, 1956)

GOBINEAU (Joseph-Arthur, comte de) et Caroline de GOBINEAU (en religion mère Bénédicte).

Correspondance avec sa sœur, Mère Bénédicte de Gobineau, 1872-1882. Publiée et annotée par A. B. Duff, avec la collaboration de R. Rancœur.

Mercure de France, 1958, 2 vol. in-8°, 319 et 329 pp, 7 planches hors texte, dont le frontispice du tome I, brochés, bon état. Première et unique édition

223 lettres (154 de Gobineau, 69 par sa sœur Caroline). Cet ouvrage contient aussi 4 importants fragments des souvenirs de la comtesse de La Tour sur les dernières années de Gobineau. La Correspondance de Gobineau est en grande partie inédite, à l’exception de celle échangée avec sa sœur et de celle avec Tocqueville. — "Ces deux cent vingt-trois lettres ont été échangées en l'espace de dix ans entre Gobineau et sa sœur, religieuse bénédictine à Sainte-Cécile de Solesmes. Au début de cette correspondance l'auteur de l'Essai sur l'inégalité des races humaines était ministre de France à Stockholm. De part et d'autre les lettres sont extrêmement affectueuses : Gobineau prend sa sœur pour confidente, l'entretient de ses soucis de famille (il vivait séparé de sa femme), de ses fonctions de diplomate, de ses travaux littéraires. En 1877, la « carrière » lui réservait une amère déception : il était assez brusquement mis à la retraite. D'un caractère maladif et d'une médiocre santé, il allait en outre souffrir d'embarras d'argent. Il alla vivre en Italie, à Rome, où il fréquentait la haute société cosmopolite, se consolant de n'être qu'un écrivain méconnu en s' adonnant à la sculpture. Malade, assombri, il devait mourir en octobre 1882." (Revue des Deux Mondes, 1958)

[Presse].

Journal du Club des Cordeliers. Rédacteur : Antoine François Momoro.

P., EDHIS, 1981, in-8°, 90 pp, reliure skivertex bordeaux de l'éditeur, bon état

Réimpression de la collection complète de l'édition originale publiée à Paris du 28 juin à août 1791, soit : un prospectus et 10 numéros de 8 à 10 pages., avec des suppléments. Ce journal fut l’organe officiel de la Société des Droits de l’Homme et du citoyen, l’une des plus importantes de l’histoire de la Révolution française. Il mena campagne contre le roi et contre la majorité des constituants, favorables au rétablissement du pouvoir royal. Les Cordeliers constituèrent alors le cœur du mouvement républicain.

RUSSEL-KILLOUGH (Frank).

Dix années au service pontifical. Récits et souvenirs, par le comte Frank Russell Killough, ex-capitaine au régiment de carabiniers à pied.

P., Victor Palmé, 1871, in-12 (12 x 19), xi-485 pp, faux-titre et page de titre imprimés en rouge et noir, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs pointillés et caissons ornés, titre doré (rel. de l'époque), bon état. Édition originale. Rare

Le Comte Russell-Killough s’engagea dix ans dans le 1er Régiment Étrangers de Carabiniers à pied pour la défense de la papauté de 1858 à 1868. — "Le titre seul de ce livre en indique l'intérêt ; c'est un témoin qui raconte ce qu'il a vu, les événements dont il a été l'un des acteurs, et qui aime, jusqu'au sacrifice de sa vie, la cause pour laquelle il a combattu. Ce n'est cependant pas une narration suivie, ni une histoire complète de l'époque à laquelle se rattachent les faits racontés (1860-1872) ; mais ce sont des notes mises en ordre, des souvenirs très vivants, des récits militaires pleins d'une ardeur toute guerrière, et des excursions pleines d'intérêt sur le terrain des mœurs, de la politique et de la religion, entremêlés d'anecdotes personnelles et de détails pittoresques qui captivent l'attention. L'écrivain aime Rome et le Pape, et il les fait aimer ; on ne saurait faire un meilleur éloge de son œuvre." (Annales Catholiques, 1872)

ÉPINAY (Louise-Florence-Pétronille Tardieu d'Esclavelles, marquise d').

Mémoires de Madame d'Epinay. Edition nouvelle et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inédits par M. Paul Boiteau.

P., Charpentier, s.d. (1865), 2 vol. in-12, viii-460 et 500 pp, notes, reliures demi-maroquin noir à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

Madame d'Epinay (1725-1783), femme de lettres et d'esprit, fut l'amie de Rousseau, Voltaire, Diderot, Duclos, Grimm, Raynal, de l'abbé Galiani, etc., qu'elle reçut dans son salon. — "Femme-écrivain, salonnière et amie des philosophes et des écrivains célèbres au XVIIIe siècle, Louise d'Épinay est l'auteur de Mémoires dont l'originalité se situe à deux niveaux : du point de vue du contenu d'abord, car c'est une histoire de sa famille et des événements littéraires du siècle, histoire cependant « auto-réfléchissante » et remplie de ses propres sentiments et réflexions ; puis, du point de vue de la forme, puisqu'il s'agit d'une combinaison singulière de lettres, souvenirs et pages de journal à la première personne et de petits récits à la troisième personne..." (Sanda Nemeth-Badescu, Dalhousie French Studies, 2005) — "Les Mémoires de Madame d'Epinay sont peut-être l'ouvrage qui nous fait le mieux connaître la société polie du XVIIIe siècle." (Introduction).

GUDERIAN (Général Heinz).

A la tête des Panzers. Souvenirs d'un soldat.

Plon, 1965, in-8°, xiv-446 pp, traduit de l'allemand, avant-propos du colonel de Cossé-Brissac, 37 cartes dans le texte, cartonnage éditeur, jaquette illustrée, très bon état. Peu courant

"Les Souvenirs de l'homme qui, dès le lendemain de la première guerre mondiale, se fit en Allemagne le propagandiste et le promoteur de l'Arme blindée, qui exerça une action déterminante dans la création et dans l'organisation de cette arme, qui, en France d'abord, puis au front oriental, commanda de grandes unités blindées de plus en plus importantes et obtint à leur tête des résultats parfois décisifs, constituent, évidemment, pour l'histoire militaire, un document essentiel. Mais c'est surtout en raison de la place qu'il tenait parmi les généraux allemands et de ses relations personnelles, tour à tour confiantes et tendues, avec Hitler que son témoignage retiendra l'attention des historiens. Ecrits sans le secours d'une documentation suffisante, ils comportent malheureusement des imprécisions, des lacunes plus ou moins volontaires... On y perçoit aussi trop souvent le souci d'une défense personnelle contre les accusations portées par des compatriotes qui lui ont reproché son attitude réticente, sinon même équivoque, lors des diverses tentatives esquissées contre Hitler, notamment lors de l'attentat du 20 juillet 1944, et ses protestations dénotent quelque gêne. De là la nécessite d'une certaine prudence dans l'utilisation de ce témoignage. Sous cette réserve, et sans parler du récit des opérations militaires, on y peut noter maintes indications très intéressantes..." (Général Lestien, Revue Historique, 1956)

BACQUÉ (Martine).

Baserritarrak. Vivre et travailler dans les campagnes basques au XIXe siècle. (Thèse).

P., Les Indes savantes/La Boutique de l'Histoire, 2012, gr. in-8°, 428 pp, cartes, tableaux, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

Baserritarrak, gens de la terre, ces hommes et femmes des campagnes basques d'hier furent aussi marins, contrebandiers ou blanchisseuses, souvent même, le temps d'une jeunesse, laitiers à Buenos Aires ou bergers dans la pampa argentine. Ils n'ont laissé ni mémoires ni correspondances. Lettrés et voyageurs les ont transfigurés en personnages de folklore. Mais des sources de la vie quotidienne existent : naissance, mariage, décès, service militaire ou demande de passeport, contrat devant notaire ou audience chez le juge de paix, absence à l'école, contribution foncière... C'est une société paysanne étonnamment diverse et mobile qui se dévoile au travers de ces fragments de vies minutieusement reconstituées, choisies pour la plupart dans deux villages : Ascain en Labourd et Hélette en Basse Navarre. Tous ces gens de la campagne ne sont pas propriétaires de leurs terres, loin s'en faut. Mais tous sont peu ou prou de petits exploitants pluriactifs, qui s'orientent de plus en plus vers le marché du bétail. Ici comme ailleurs, le XIXe siècle est le siècle de l'insertion dans l'économie de marché d'une économie paysanne vivace.

HERUBEL (Michel).

Surcouf, titan des mers.

Perrin, 1989 in-8°, 291 pp, 8 pl. de gravures hors texte, annexes, chronologie, glossaire, sources, biblio, reliure skivertex éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

Robert Surcouf, le plus célèbre des Malouins, entre dans la légende à vingt-trois ans, en 1796, quand, avec un équipage de dix-neuf hommes, il prend à l'abordage un grand vaisseau britannique, trois fois plus important et trois fois plus armé que le sien. Né à Saint-Malo le 12 décembre 1776, il avait embarqué pour la première fois à treize ans. Trois ans plus tard, le 24 juin 1789, il arrive en vue de Port-Louis de l'île de France (Maurice). Sa fabuleuse histoire commence. Capitaine à vingt ans, il est d'abord négrier pour les planteurs de l'île Bourbon (la Réunion) et de l'île de France. Puis il se lance dans la guerre de course. En prenant à l'abordage les navires de commerce ennemis chargés de riz, de thé, mais aussi de soie et d'or, il réussit à rompre le blocus dont sont victimes les îles françaises. Ainsi, alors que la Révolution a laissé dépérir la belle marine construite par Louis XVI, Surcouf émerge comme une exception qui parvient à perturber la sérénité britannique sur la grande route des Indes. Surcouf aura navigué sous l'Ancien Régime, la Révolution, le Directoire et l'Empire. Napoléon en fera l'un des premiers chevaliers de la Légion d'honneur...

BONET-MAURY (G.).

L'Islamisme et le Christianisme en Afrique.

Hachette, 1906, in-12, vi-299 pp, une carte en 2 couleurs en dépliant in fine, reliure demi-percaline verte, dos lisse avec fleuron et doubles filets dorés, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état

Première édition de l'étude de Bonet-Maury sur les religions abrahamiques en Afrique, soutenant à la fois le christianisme et l'islam comme alternatives supérieures aux croyances locales. Pasteur protestant et universitaire, Gaston Bonet-Maury (1842-1919) a beaucoup écrit sur les religions monothéistes et leur unité, les présentant comme un facteur important dans le développement de la civilisation occidentale. — "Ce livre aborde un des plus grands problèmes de l'histoire future. Il y a encore cent millions de fétichistes en Afrique, et les deux principales religions monothéistes, l'islamisme et le christianisme, se disputent avec acharnement la gloire de les civiliser. Qui l'emportera ? M. Bonet-Maury n'a pas voulu se livrer à des conjectures plus ou moins hasardeuses. Il a préféré chercher dans le passé le secret de l'avenir, et il nous a exposé avec la plus grande exactitude, et la plus grande impartialité, l'histoire très mouvementée et peu connue des succès alternatifs des deux grandes religions rivales. Une autre question se posait. Laquelle des deux solutions, la musulmane ou la chrétienne, serait la plus favorable au développement de la civilisation parmi les nègres, à leur bonheur et au progrès de leur moralité ? C'est ici que l'impartialité et la hauteur de vue de M. Bonet-Maury éclatent avec le plus d'évidence. Toutes ses sympathies sont évidemment pour les missions protestantes, et il ne s'en cache pas. Mais, toutes les fois qu'il a, sur certains points, à signaler la supériorité des missions catholiques, il ne s'en tait pas davantage. Il va même jusqu'à reconnaître que dans certaines questions, celle de l'alcoolisme, par exemple, qui est capitale en Afrique, l'avantage est à l'islamisme. Aussi ne souhaite-t-il pas la défaite complète de la religion de Mahomet, car, dit-il, si elle disparaissait brusquement de certains centres, la barbarie et l'alcoolisme reprendraient le dessus. Naturellement, il souhaite encore moins son triomphe, car la victoire exalterait son fanatisme et serait suivie de guerres sanglantes et peut-être de massacres d'Européens." (Journal des débats politiques et littéraires, 1906)

DEBORD (Guy).

La Société du Spectacle.

P., Champ Libre, 1972, in-8°, 143 pp, deuxième tirage. Dépôt légal 1er trimestre 1973. Achevé d'imprimer 4e trimestre 1972, broché, couverture à rabats illustrée d'une carte en couleurs, bon état

En 1957, Guy Debord participe à la création de l'Internationale situationniste, mouvement révolutionnaire fortement marqué par la philosophie hégélienne. Alors qu'il en dirige l'organe théorique français depuis neuf ans, il publie La Société du Spectacle. Aboutissement de ses travaux au sein du mouvement, cet essai constituera, en outre, la référence idéologique des évènements de mai 68, au sein de ses factions les plus radicales. En 1987, Debord rappelle dans ses Commentaires sur la Société du spectacle, la définition de la « société spectaculaire »: « règne autocratique de la société marchande ayant accédé à un statut de souveraineté irresponsable, et l'ensemble des nouvelles techniques qui accompagnent ce règne ». Il est sans doute celui qui a le plus clairement énoncé ce que chacun, confusément et de manière éparse, rejette dans la médiatisation de nos sociétés contemporaines.

KIÉTHÉGA (Jean-Baptiste).

L'Or de la Volta noire. Archéologie et histoire de l'exploitation traditionnelle (Région de Poura, Haute-Volta).

P., Editions Karthala, Centre de recherches africaines, 1983, gr. in-8°, 247 pp, 41 photos, 16 cartes, 17 figures, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

"La présente étude est centrée sur les exploitations aurifères de la région de Poura en pays gurunsi. Elle utilise les sources écrites – il n'en existe malheureusement pas d'anciennes et la première mention de Poura est celle de Binger en 1888. La tradition orale, riche et prometteuse, a été largement utilisée par l'auteur, mais a nécessité de longues enquêtes dans les diverses ethnies qui peuplent le pays. L'archéologie vient compléter très utilement les sources précédentes. La photographie aérienne a été d'un précieux secours pour établir la cartographie de la zone minière : les puits et les rejets d'exploitation y sont facilement identifiables. Les premiers sont nombreux et l'importance des rejets témoigne d'une exploitation intensive, qui s'est prolongée jusqu'à l'époque actuelle dans certains secteurs. Dix-sept puits ont été fouillés. Ces fouilles ont permis de connaître les techniques de creusement et d'exploitation des couches aurifères. Le matériel recueilli comprend des objets et outils ayant participé au traitement du minerai (meules et broyeurs en particulier), quelques objets métalliques (flèches, couteaux, anneaux), des parures (fragments de bracelets de pierre), débris nombreux de céramique, fusaïoles, fragments de pipes en terre. L'auteur, après avoir évoqué les 40 ans d'exploitation des mines d'or du pays lobi puis de Poura par les sociétés françaises, qui se termina par la fermeture de cette en 1965, fait le point de la situation actuelle." (Raymond Mauny, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1985)

GRANCHER (Marcel-E.).

Le Temps des “colonels”.

Editions Rabelais, 1955, in-12, 383 pp, broché, sans la jaquette, bon état

"On aurait tort de croire, d'après son titre, que le présent ouvrage a été écrit contre la Résistance. Bien au contraire : il est pour – vigoureusement pour... Seulement, pour la vraie Résistance... Pas pour les truqueurs de la gloire... Pas pour les profiteurs du patriotisme... L'auteur tient à le déclarer comme il le pense : sans la Résistance, sans le sacrifice de quelques uns, la France, déjà bien diminuée aux yeux du monde par la magistrale fessée qu'elle venait de recevoir en 1940, eût été disqualifiée à jamais... (...) Définition : nous appelons par extension « colonel » – en pensant au nombre et à la qualité (sic) de certains des invraisemblables officiers supérieurs (re-sic) qui, comme par un phénomène de génération spontanée, foisonnèrent au moment de la Libération – tout individu qui, ayant brigué, recherché, voire simplement accepté un grade, une charge officielle ou un rôle éminent dans la machine sociale, s'est révélé à l'usage incapable d'en assumer les responsabilités, d'en remplir les fonctions. De ce qui précède, il résulte donc qu'il y a les « colonels » militaires et les « colonels » civils. Ces derniers ne sont pas les moins redoutables !..." (Avertissement au lecteur) — Extrait : « Je crois... que l’armée française a une valeur plus grande qu’à aucun autre moment de son histoire : matériel de première qualité, moral excellent, fortifications de premier ordre, haut commandement remarquable... Si l’on nous oblige à gagner une nouvelle victoire, nous la gagnerons ! » Général Weygand, à Lille, juillet 1939. (p. 37).

DUMAS (Alexandre).

La Terreur prussienne à Francfort. Épisode de la guerre en 1866.

Paris, Naumbourg s/S., chez G. Paetz, libraire-éditeur, 1868, 4 tomes en un volume in-12, 160, 160, 160 et 173-(3) pp, catalogue de l'éditeur à la fin du tome IV, les 4 tomes reliés ensemble en un volume demi-basane vert bouteille à petits coins, dos à 4 faux-nerfs pointillés soulignés de filets dorés, titre doré, roulettes dorées en tête et en queue (rel. de l'époque), dos et mors lég. frottés, bon état. Rare

Contrefaçon belge (quoique Munro, "Alexandre Dumas père, a bibliography of works published in French, 1825-1900", 347, donne cette édition pour l’originale). L’édition originale a paru la même année à Paris chez Michel Lévy. Édition très rare de ce texte publié en feuilleton par Alexandre Dumas dans “La Situation” à partir du 20 août 1867. Ce roman est une commande d’Ernest Hollander, le directeur de ce journal nouvellement fondé, violemment anti-prussien, qui défendait la cause du roi de Hanovre, exilé à Vienne, après que la Prusse avait annexé son royaume en 1866. Dumas, qui depuis 1848 tentait d’alerter le gouvernement français du danger que représentait la Prusse, n’eut aucun mal à rédiger ce roman anti-prussien. Pour lui donner consistance il effectua un rapide voyage en Allemagne afin de visiter les champs de bataille de Sadowa et de Langensalza. À la croisée du récit d'histoire immédiate et du reportage journalistique,“La Terreur prussienne” évoque l'inquiétante montée du nationalisme prussien. Le récit commence à Berlin en 1866 : à travers ses personnages, Alexandre Dumas met en scène le conflit entre les états de la Confédération germanique en abordant la défaite du royaume de Hanovre, allié à l’Autriche. Il raconte la bataille de Langensalza, l'annexion du Royaume de Hanovre et la brutale occupation de la ville libre de Francfort, neutre et sans défense, par les soldats prussiens en octobre 1866. — "Publié en feuilleton dans “La Situation” entre le 20 août et le 20 novembre 1867, ce texte met en scène la guerre austro-prussienne de 1866 en abordant une politique expressément antiprussienne. Célébrée en pleine IIIe République pour avoir prédit les événements de l’année terrible, “La Terreur prussienne” jouit alors d’une réputation de texte prophétique. Ainsi, pour Claude Digeon, « il est symptomatique de constater que ce livre sans prétention est peut-être plus juste, sera en tout cas davantage justifié, que beaucoup d’œuvres plus riches de pensée philosophique et politique alors écrites sur la Prusse »... Le texte souligne également l’hostilité caractéristique, dit-on, des relations franco-prussiennes de la fin du Second Empire..." (Edmund Birch, Alexandre Dumas, prophète de la défaite, 2024)

DIDELOT (Jean), avec la collaboration de Fernand Beaucour.

Bourrienne et Napoléon.

Levallois, Centre d'études napoléoniennes, 1999, gr. in-8°, 374 pp, préface de Jean Tulard, avant-propos par Fernand Beaucour, 108 illustrations, photos et fac-similés, 4 vignettes, tableaux généalogiques, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Tiré à 600 exemplaires seulement

Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne (1769-1834) fut admis à l'École militaire de Brienne en Champagne avec Napoléon Bonaparte et s'y lia avec lui d'une étroite amitié. Lorsque celui-ci fut nommé général en chef de l'Armée d'Italie, Bourrienne fut appelé près de lui et devint son secrétaire intime et conseiller d'État. Il perdit sa place en 1801 pour s'être intéressé à une affaire commerciale frauduleuse. Cependant en 1802, Napoléon l'envoya comme chargé d'affaires à Hambourg et le rappella en 1813 après une affaire où Bourrienne avait spéculé très fructueusement sur l'introduction de marchandises anglaises interdites. — "Bourrienne a enfin trouvé un biographe éloigné de tout préjugé." (Jean Tulard, Préface)

FLEURY (Vincent).

De l'œuf à l'éternité. Le sens de l'évolution.

Flammarion, 2006, gr. in-8°, 273 pp, 97 illustrations et figures, broché, couv. illustrée, bon état

Cent cinquante ans après l'ouvrage fondateur de Charles Darwin, “L'Origine des espèces”, la théorie de l'évolution laisse un certain nombre de questions sans réponse. Pourquoi sommes-nous dotés de bras et de jambes ? Pourquoi les oiseaux ont-ils des ailes ? Pourquoi tant d'animaux se ressemblent-ils ?... Questions simples en apparence, mais qui sont au cœur de problèmes scientifiques très actuels, liés au développement des embryons et à l'évolution des espèces. “De l'œuf à l'éternité” propose une explication nouvelle de la formation des animaux, de leur évolution, de l'émergence de l'homme. Bouleversant le champ des connaissances en embryologie, de récentes avancées en physique démontrent que c'est la mécanique même du développement embryonnaire qui conditionne les possibles évolutions d'un organisme. Elles démontrent ainsi l'existence d'un “sens de l'évolution”, gravé dans le corps même des êtres vivants. Cette flèche de l'évolution expliquerait le passage progressif d'animaux ronds, aujourd'hui disparus mais encore détectables à un stade embryonnaire, aux animaux "à quatre pattes" que nous connaissons, de la grenouille à l'homme. N'est-ce pas en fait un changement de paradigme en matière de théorie du développement qui est en jeu aujourd'hui ? Un changement que n'opère ni la biologie ni la paléontologie. En montrant que les lois de la physique prédéterminent l'évolution de la forme de chaque espèce, ce livre établit enfin le lien entre développement et évolution. De telles recherches pourraient avoir aussi des conséquences thérapeutiques capitales, notamment sur la régénération des organes.

BRIOT (Claude et Jacqueline).

Marins Cap-horniers du nitrate. Embarquer, vivre et travailler à bord des grands voiliers Bordes.

Books on Demand, 2014, in-4°, 188 pp, 165 photos, index des navires cités, index des marins cités, sources, broché, couv. illustrée, bon état

Avec ce volume consacré aux grands voiliers marchands apportant le salpêtre du Chili utilisé dans la fertilisation des sols puis pour la fabrication des poudres à canon pendant la Première Guerre mondiale, les auteurs achèvent leur saga des Cap-horniers du nitrate. Ce deuxième volet traite du recrutement et de la formation des marins, de leurs fonctions à bord et de leur vie en mer et aux escales. Fruit du croisement d'archives publiques et de de sources familiales privées ainsi que de contributions de passionnés de voile au travail, ce nouvel ouvrage permet d'approcher au plus près la réalité du rude métier de marin cap-hornier, plus éprouvant encore que tout ce qui a pu en être rapporté jusqu'alors.

MARIE JOSÉ de BELGIQUE, reine d'Italie.

La Maison de Savoie. Les Origines. Le comte Vert. Le comte Rouge.

Albin Michel, 1956, in-8°, 425 pp, préface de Benedetto Croce, 36 pl. de gravures hors texte, 6 cartes (dont une dépliante hors texte), 17 tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état (Saffroy III, 50090)

"Ce volume concerne les origines de la Maison et s'étend du XIe au XIVe siècle. Le premier comte de Savoie fut Humbert aux Blanches Mains dont l'histoire est assez mal connue jusqu'en 1032, date à laquelle la Savoie, ayant passé, par héritage, à l'Empire romain germanique, le comte reconnut la suzeraineté de l'empereur Conrad II. Dans la suite S. M. Marie-José s'attache surtout à deux personnages, les comtes chevaleresques Amédée VI et Amédée VII. Amédée VI, le comte Vert, renonçant à reconstituer l'ancien royaume d'Arles, se tourna vers l'Italie, ouvrant ainsi des perspectives riches d'avenir. Amédée VII, le comte Rouge, qui charme par sa fougue juvénile, ajouta sans bataille, le comté de Nice au domaine ancestral. L'ouvrage est d'une belle et haute qualité d'érudition et mérite les suffrages de tous les historiens." (Revue des Deux Mondes, 1956)

MARON (Eugène).

Histoire littéraire de la Révolution. Constituante. Législative. – Histoire littéraire de la Convention Nationale.

P., Chamerot ; Poulet-Malassis et de Broise, 1856 et 1860, 2 vol. in-12, 324 et 359 pp, les 2 ouvrages reliés ensemble en un volume demi-basane chagrinée carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, auteur, titre et filets dorés, 1er plat de couv. de l'Histoire littéraire de la Révolution conservé (rel. de l'époque), qqs rousseurs dans le 1er ouvrage, bon état. Rare

Peu communs et recherchés. Editions originales de ces deux ouvrages de l'historien Eugène Maron, dont le but était de « rechercher les sentiments qu'en dehors du mouvement politique la Révolution française a fait germer », de suivre « le mouvement général des intelligences », et « l'expression et la forme » qu'ils ont pris (pamphlets, Sieyès et Condorcet, journaux, éloquence, théâtre, roman, philosophie, poésie..). Malgré l'angle « littéraire », les volumes sont bien davantage consacrés aux aspects politiques qu'aux lettres.

SIMON (Jules).

La Liberté de conscience.

Hachette, 1859, in-12, 464 pp, 2e édition, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

"Une en son principe, en fait la liberté se divise; mais, parce qu’elles dérivent toutes du même principe, toutes les libertés sont solidaires, et entre elles il y a génération mutuelle. Libertés civiles, libertés politiques, liberté de conscience, liberté religieuse, liberté de toutes les manifestations de la pensée, ne sont qu’organes divers de cette liberté primordiale et fondamentale qui est la liberté intérieure de la personne humaine. Les libertés même d’ordre matériel, liberté du travail, liberté des échanges, qui ont une valeur propre comme causes de richesse, ont aussi comme les autres une valeur morale, et sont, comme les autres, des agents d’affranchissement. C’était là, au cercle le plus intérieur de sa pensée, sa cité idéale, et c’est de là qu’il partait pour les combats de chaque jour, et c’est là qu’il venait se ravitailler. Le programme d’idéalisme républicain qu’il traçait il y a plus de trente ans est, trait pour trait, une expression de sa doctrine. « Quelle doit être la doctrine de l’école radicale en matière de presse ? la liberté totale ; en matière d’enseignement ? la liberté totale ; en matière de droit de réunion, de droit d’association ? la liberté totale ; en matière de liberté religieuse, de liberté de conscience ? la liberté totale ; point d’autorisation préalabl e; point de restrictions; point de salaire du clergé, point d’alliance avec Rome, point de concordat. Quelle doit être la théorie de l’école sur l’origine des fonctions ? le suffrage universel ; sur l’organisation de la justice ? l’élection des juges , la généralisation du jury, sur l’impôt ? l’impôt unique; sur les douanes, sur l’octroi ? abolition ; sur les patentes ? abolition ; sur les ministres ? responsabilité ; sur les agents administratifs à tous les degrés ? responsabilité ; sur les communes ? affranchissement de la tutelle administrative ; liberté totale dans la gestion de leurs affaires ; élection des maires par le suffrage universel. Plus d’arcanes dans la politique étrangère; point de guerre de conquête ; point d’armée permanente ; point d’autre alliance politique que nos alliances naturelles, c’est-à-dire l’alliance avec les peuples libéraux, les alliances commerciales fondées sur le principe de la liberté absolue du commerce et sur celui de la réciprocité. » En un mot, « la revendication complète de tous les droits de la personne humaine ». La politique radicale de M. Jules Simon fut donc un libéralisme à peu près illimité..." (L. Liard, Revue pédagogique, 1898)

GOBINEAU (Joseph-Arthur, comte de) et PROKESCH-OSTEN (Anton von).

Correspondance entre le comte de Gobineau et le comte de Prokesch-Osten (1854-1876), publiée par Clément Serpeille de Gobineau.

Plon, 1933, in-8°, v-407 pp, 3 pl. hors texte (2 portraits et un fac-similé), notes biographiques, broché, bon état

Edition originale de cette importante correspondance. Héraut de l'Europe de Metternich, ancien mentor du duc de Reichstadt, le comte de Prokesh-Osten fut ambassadeur d'Autriche à Constantinople de 1855 à sa mort en 1876. — "Prokesch-Osten – l'homme qui est connu pour avoir eu sur l'Aiglon une si grande influence – a fait en 1854 la connaissance de Gobineau à Francfort. Le premier était alors délégué de l'Autriche à la Diète germanique, qu'il présidait ; le second était premier secrétaire à la Légation de France, et, malgré les différences d'âge, d'origine, de culture qui séparaient ces deux hommes, ils se lièrent d'une amitié très forte, dont la correspondance publiée est un vivant témoignage. Les lettres de Gobineau sont datées de Téhéran, Terre-Neuve, Athènes, Rio-de-Janeiro, Stockholm, et, sur les pays que Gobineau a visités, sur les questions politiques, sociales, économiques et historiques qui l'ont intéressé à l'occasion de ses différentes missions, sur ses idées personnelles touchant l'évolution générale du monde, elles nous fournissent des quantités d'indications utiles, suggestives. Le baron von Prokesch-Osten, pendant ce temps, et jusqu'à sa mort, survenue en 1876, demeurait ambassadeur à Constantinople, l'un des observatoires les plus importants de la politique européenne. Les deux correspondants s'étayaient mutuellement dans l'élaboration de la théorie anthropologique et du système de décadence progressive de l'humanité qui caractérisent l'idéologie gobinienne." (Georges Bourgin, Revue d’Histoire moderne, 1934)

[GOBINEAU] – DEFFOUX (Léon).

Trois aspects de Gobineau. Documents nouveaux et textes inédits.

P., Crès & Cie, 1929, in-8°, 91 pp, reproduction d'une lettre de Gobineau à son éditeur Firmin-Didot en frontispice et 3 illustrations hors texte, broché, couv. rempliée, bon état (ouvrage couronné par l’Académie Française). Edition originale tirée à mille exemplaires sur papier fort, tous numérotés

Le troisième de ces aspects est consacré aux “Adieux de Don Juan” (Paris, Labitte, 1844), le premier livre de Gobineau, publié à compte d'auteur, et à la mystérieuse société des Cousins d'Isis, fondée par Gobineau avec quelques écrivains et artistes de sa génération parmi lesquels Maxime du Camp.

[Zodiaque] – BERLAND (J.-M.), Angelico Surchamp et autres.

Val de Loire roman.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1956, gr. in-8°, 252 pp, 113 photographies en héliogravure sur 80 planches hors texte, 4 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des temps 1)

GUEULLETTE (Jean-Marie).

Saint François de Sales. Parole publique et parole privée.

Editions du Cerf, 2022, in-8°, 348 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

Évêque d'un diocèse complexe, à cheval sur plusieurs pays, saint François de Sales prend la parole. Il prêche inlassablement aux rares auditeurs qui prenaient le risque de l'entendre au début de la mission du Chablais et jusqu'aux foules parisiennes. Il écrit de petits tracts pour se faire entendre des protestants, ou de volumineux traités pour guider la vie spirituelle des dévots et de ses chères Visitandines. Il écoute, réconforte et accompagne par une correspondance personnalisée, marquée par un alliage inimitable entre exigence et douceur. Ces multiples formes de la parole de saint François de Sales font ici l'objet d'une approche interdisciplinaire, dans laquelle littéraires, historiens et théologiens sont entrés en dialogue pour en préciser les sources et les enjeux, éthiques, théologiques et spirituels. Par son enracinement permanent dans l'Écriture comme dans la prise en compte de questions qui nous touchent aujourd'hui, comme celles de l'unité de l'Église ou du rapport à la nature, la parole de saint François de Sales apparaît ici dans toute sa richesse littéraire et spirituelle. Le saint évêque s'y montre plus que jamais un maître inégalé de l'équilibre et de la prudence. Les textes rassemblés dans ce volume sont issus du colloque organisé en vue du IVe centenaire de la mort de saint François de Sales à l'université catholique de Lyon du 25 au 27 novembre 2021.

DU BARRY (Jeanne Bécu, comtesse).

Memoirs of Madame Du Barri. (Courtiers and Favourites of Royalty – "Versailles Edition").

P., Société des Bibliophiles / New York, Merrill and Baker, s.d. (1903), 4 vol. in-8°, xxxi-330, xii-335, xi-332 et x-329 pp, un portrait-frontispice en couleurs et 19 portraits hors texte sous serpentes, reliures percale bleue de l'éditeur, titres dorés au dos, têtes dorées, bon état Tiré à 503 ex. numérotés sur vergé (Versailles Edition). Texte en anglais

Complet en 4 volumes. Traduit du français par H. T. Riley. De cette "Versailles Edition" limitée et numérotée, seuls 503 exemplaires en anglais ont été imprimés (n° 349, les 4 volumes sont numérotés). Compilée par Léon Vallée, la collection “Courtiers and Favourites of Royalty” comprend vingt volumes de « Mémoires de la Cour de France avec illustrations et fac-similés de documents provenant des Archives nationales françaises ». — Mémoires apocryphes de Madame du Barry "avec les détails de toute sa carrière comme favorite de Louis XV" écrits par Etienne Lamothe-Langon. L'édition originale date de 1829. Jeanne Bécu, ou Jeanne du Barry, fut la dernière favorite du roi Louis XV, entre 1768 et 1774. Née le 19 août 1743, elle est morte guillotinée à Paris le 8 décembre 1793. Dans son article sur l'ouvrage dans la Gazette de France (13 avril 1829), le critique royaliste Charles Colnet reproche avec virulence à l’auteur d’« évoquer les morts pour les forcer à calomnier les vivants » – pour autant, il ne cache pas son plaisir à la lecture d’un ouvrage qui s’arrête sur les années de « turpitudes » d’un grand personnage de cour.

ÉPINAY (Louise-Florence-Pétronille Tardieu d'Esclavelles, marquise d').

The Memoirs and Correspondence of Madame d'Epinay. (Courtiers and Favourites of Royalty – "Versailles Edition").

P., Société des Bibliophiles / New York, Merrill and Baker, s.d. (1903), 3 vol. in-8°, xlviii-337, vii-348 et viii-356 pp, 15 gravures et portraits hors texte sous serpentes, reliures percale bleue de l'éditeur, titres dorés au dos, têtes dorées, reliures frottées et lég. décolorées, bon état Tiré à 503 ex. numérotés sur vergé (Versailles Edition). Texte en anglais

Complet en 3 volumes. De cette "Versailles Edition" limitée et numérotée, seuls 503 exemplaires en anglais ont été imprimés (n° 349, les 3 volumes sont numérotés). Compilée par Léon Vallée, la collection “Courtiers and Favourites of Royalty” comprend vingt volumes de « Mémoires de la Cour de France avec illustrations et fac-similés de documents provenant des Archives nationales françaises ». — Madame d'Epinay (1725-1783), femme de lettres et d'esprit, fut l'amie de Rousseau, Voltaire, Diderot, Duclos, Grimm, Raynal, de l'abbé Galiani, etc., qu'elle reçut dans son salon. — "Femme-écrivain, salonnière et amie des philosophes et des écrivains célèbres au XVIIIe siècle, Louise d'Épinay est l'auteur de Mémoires dont l'originalité se situe à deux niveaux : du point de vue du contenu d'abord, car c'est une histoire de sa famille et des événements littéraires du siècle, histoire cependant « auto-réfléchissante » et remplie de ses propres sentiments et réflexions ; puis, du point de vue de la forme, puisqu'il s'agit d'une combinaison singulière de lettres, souvenirs et pages de journal à la première personne et de petits récits à la troisième personne..." (Sanda Nemeth-Badescu, Dalhousie French Studies, 2005) — "Les Mémoires de Madame d'Epinay sont peut-être l'ouvrage qui nous fait le mieux connaître la société polie du XVIIIe siècle." (P. Boiteau).

FOUCHÉ (Joseph, duc d'Otrante).

Memoirs of Joseph Fouché. (Courtiers and Favourites of Royalty – "Versailles Edition").

P., Société des Bibliophiles / New York, Merrill and Baker, s.d. (1903), 2 vol. in-8°, li-302 et xi-344 pp, 10 gravures et portraits hors texte sous serpentes, reliures percale bleue de l'éditeur, titres dorés au dos, têtes dorées, reliures frottées, bon état Tiré à 503 ex. numérotés sur vergé (Versailles Edition). Texte en anglais

Complet en 2 volumes. De cette "Versailles Edition" limitée et numérotée, seuls 503 exemplaires en anglais ont été imprimés (n° 349, les 2 volumes sont numérotés). Compilée par Léon Vallée, la collection “Courtiers and Favourites of Royalty” comprend vingt volumes de « Mémoires de la Cour de France avec illustrations et fac-similés de documents provenant des Archives nationales françaises ». — Homme de la manigance et du complot, ministre de la Police sous le Directoire et le Consulat, mais aussi sous l'Empire et durant les Cent-Jours, nul n’incarna mieux que Joseph Fouché (1759-1820) l’omnipotence ambiguë des forces de l’ombre et le cynisme de l’Histoire cachée. Survivant aux changements de régimes, tenant les puissants à merci, il fut fait comte d’Empire puis duc d’Otrante par Napoléon. Ses sulfureux Mémoires, rédigés pendant son exil en Autriche, en 1816, apportent sur la Révolution et l’Empire l’extraordinaire témoignage d’un des hommes les mieux renseignés de son temps.

TALLEYRAND (Charles-Maurice de).

Memoirs of C. M. Talleyrand de Perigord. (Courtiers and Favourites of Royalty – "Versailles Edition").

P., Société des Bibliophiles / New York, Merrill and Baker, s.d. (1903), 2 vol. in-8°, xx-352 et 312 pp, 10 portraits hors texte sous serpentes, reliures percale bleue de l'éditeur, titres dorés au dos, têtes dorées, bon état Tiré à 503 ex. numérotés sur vergé (Versailles Edition). Texte en anglais

Complet en 2 volumes. De cette "Versailles Edition" limitée et numérotée, seuls 503 exemplaires en anglais ont été imprimés (n° 349, les 2 volumes sont numérotés). Compilée par Léon Vallée, la collection “Courtiers and Favourites of Royalty” comprend vingt volumes de « Mémoires de la Cour de France avec illustrations et fac-similés de documents provenant des Archives nationales françaises ». — Débauche, corruption, sacrilège, parjure et autres traîtrises, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord traîne derrière lui un cortège d'accusations où rien ne manque, pas même le crime. Et pourtant, sous l'orage, ce prince "sans grimace, ni sourire" ne tremble ni ne recule, même lorsqu'il croise des Indiens prêts à le scalper au fin fond d'une forêt américaine. Né sous Louis XV, mort sous Louis-Philippe, l'homme des trois sacres et des treize serments, le virtuose du congrès de Vienne se révèle soucieux de la grandeur de l'État, comme de sa propre grandeur, face à la postérité...

RETZ (Jean-François-Paul de Gondi, cardinal de).

Memoirs of Cardinal de Retz. (Courtiers and Favourites of Royalty – "Versailles Edition").

P., Société des Bibliophiles / New York, Merrill and Baker, s.d. (1903), in-8°, xv-304 pp, 5 portraits hors texte sous serpentes, reliure percale bleue de l'éditeur, titres dorés au dos, tête dorée, bon état Tiré à 503 ex. numérotés sur vergé (Versailles Edition). Texte en anglais

Complet en un volume. De cette "Versailles Edition" limitée et numérotée, seuls 503 exemplaires en anglais ont été imprimés (n° 349). Compilée par Léon Vallée, la collection “Courtiers and Favourites of Royalty” comprend vingt volumes de « Mémoires de la Cour de France avec illustrations et fac-similés de documents provenant des Archives nationales françaises ». — Retz a été cardinal-archevêque de Paris, et a pris une part très active dans la Fronde (1648-1653), période de forte contestation de l’autorité royale. Sa popularité dans le diocèse de Paris dont il est le coadjuteur depuis 1643, aux côtés de son oncle archevêque de la capitale, est immense... Ses Mémoires, qu'il rédige à plus de soixante ans, vers 1675-1676, à la demande de ses amis (dont Mme de Sévigné), sont l'autobiographie d'un homme politique en pleine guerre civile. Il prend sa revanche sur les déboires d'une existence "agitée par tant d'aventures différentes". Il en revit les grandes étapes en une sorte de rêve éveillé. L'allégresse du récit, l'évocation colorée des événements, la pénétration psychologique, par-dessus tout, le style varié, drôle, parfois méchant, en font un texte majeur de notre littérature et un modèle pour la pensée et pour l'action.

CHAPRON de CHATEAUBRIANT (J.).

Histoire de Françoise de Foix, dame de Chateaubriant (1494-1537).

Chateaubriant, André Quinquette, imprimeur-éditeur, 1931, in-8°, 57 pp, un portrait en frontispice, broché, couv. lég. salie, bon état

Parmi les maîtresses de François Ier, Françoise de Foix (1494 ?-1537), comtesse de Châteaubriant, demeure la plus mal connue.

CHOPIN (Myriam) et Olivier FARON.

Histoire de la pilule. Libération ou enfermement ?

Passés Composés, 2022, in-8°, 286 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

"La pilule contraceptive fut massivement adoptée par les Françaises dès l’année de sa légalisation par la loi Neuwirth, en 1967. Moins de cinquante après, en 2000, près de la moitié des femmes en âge de procréer utilisaient la formule chimique à succès combinant progestérones et œstrogènes. C’est ce système « pilulocentré » que les historiens Myriam Chopin et Olivier Faron étudient dans “Histoire de la pilule”. S’ils commencent par retracer l’histoire de la contraception depuis l’Antiquité, les auteurs resserrent rapidement la focale sur leur objet principal : l’histoire politique française de la pilule contraceptive. Pour cela, ils ont interrogé les acteurs et actrices de cette histoire – journalistes, politiques, médecins, associations – mais aussi une vingtaine de jeunes femmes. (...) Le livre permet de retracer une histoire du corps et de sa prise en charge politique par le biais de celle du médicament. En filigrane se dessine l’évolution des pensées féministes, qui remettent maintenant en question l’outil de contrôle des naissances et des corps qu’est aussi la pilule, tout en revendiquant le partage équitable entre les sexes de la charge mentale contraceptive." (Sophie Benard, Le Monde, 2022) — L'un des plus petits objets de la vie quotidienne, la pilule contraceptive, est un grand objet d'histoire. Une histoire « à la française », tant les femmes en France l'ont adoptée massivement. Véritable révolution, la légalisation de la pilule par la loi Neuwirth de 1967 symbolise pour ses utilisatrices l'accès à l'indépendance et à la liberté. La pilule marque un avant et un après. Avant, c'est le temps des approximations, des bricolages, des censures de l'intime. Les femmes sont vouées à une vie consacrée aux enfants et à la sphère familiale, parfois même menacées à l'occasion d'avortements clandestins. Avec la pilule, la modernité est portée par les femmes, qui contrôlent leur fécondité et conquièrent la souveraineté sur leur corps. Pour autant, cette histoire ne s'est pas déroulée sans embûche : journalistes, hommes et femmes politiques, médecins et associations se sont vite emparés du sujet au point de susciter un débat sans fin. Et aux années de silence et d'interdit, succèdent aujourd'hui de nouvelles polémiques face aux menaces que laisse planer la pilule sur la santé des femmes et sur l'environnement. (4e de couverture)

LUKACS (Georges).

Le roman historique.

Payot, 1972, in-8°, viii-407 pp, préface de Claude-Edmonde Magny, index, broché, décharges de scotch sur les gardes, bon état

Un homme, une œuvre, un genre littéraire ne surgissent jamais ex nihilo, ils sont au contraire toujours préparés, conditionnés par un certain contexte historico-culturel. Cette idée, développée par Georges Lukacs dans Théorie du roman, a révolutionné les perspectives littéraires traditionnelles. Il l'applique ici au roman historique, genre né au début du XIXe siècle, qu'il étudie à travers les oeuvres de Balzac, Flaubert, Zola, Mann, Scott, ou encore Tolstoï. Georges Lukacs (1885-1971) a eu une influence déterminante sur des philosophes tels que Karl Mannheim et Martin Heidegger. Souvent considéré, avec L'Âme et les Formes (1911), comme l'un des pères de l'existentialisme, il est aussi, avec Théorie du roman (1920), celui de l'analyse structurale de la création littéraire.

MOUYSSET (Sylvie).

Le pouvoir dans la Bonne Ville. Les consuls de Rodez sous l'Ancien Régime. (Thèse).

Rodez-Toulouse, Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron/CNRS-Université de Toulouse-Le Mirail, 2000, gr. in-8°, 645 pp, préface de Nicole Lemaître, postface d'Orest Ranum, 4 pl. hors texte en couleurs, pièces justificatives, glossaire, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

Ils sont quatre dans le Bourg et quatre dans la Cité. A eux huit, ils gouvernent Rodez sous l'Ancien Régime. Unis par des liens politiques, familiaux et amicaux, les consuls tissent la toile d'une trentaine de lignages qui se retrouvent régulièrement à la tête à pouvoir municipal. Ainsi, leurs sphères publique et privée se confondent-elles pour le bien et l'honneur de la capitale du Rouergue. Comment ces Ruthénois entrent-ils dans la Maison de Ville ? Comment s'y maintiennent-ils ? Quelles sont les formes et les représentations du pouvoir municipal ? Quel est le poids de l'Etat dans le jeu et les enjeux politiques de ces notables de province ? Tel est le premier objet de ce livre, côté cour. Côté jardin, l'auteur nous invite à pénétrer dans l'intimité des familles, à l'intérieur de leurs belles demeures, en ville comme aux champs, afin de les regarder vivre et de mieux comprendre les formes de la sociabilité patricienne dans une petite ville de province.

MAURIAC (Jean).

L'après-de Gaulle: Notes confidentielles 1969-1989.

Fayard, 2006, 23,5 x 15,3 x 3,8 cm. 540 pp, présenté et annoté par Jean-Luc Barré, 12 pl. de photos hors texte, index, broché, bon état

Jean Mauriac est entré à l'AFP en 1944, ou il a effectué toute sa carrière de journaliste politique. Affecté dès la Libération auprès du général de Gaulle, il ne l'a plus quitté jusqu'à son départ du pouvoir en avril 1969, occupant à son côté durant vingt-cinq ans une place de témoin privilégié. Très lié à la famille gaulliste, le fils de François Mauriac est resté jusqu'à la fin de sa carrière, en 1988, l'ami et le confident de la plupart des grandes figures de la Ve République d'Olivier Guichard à Jacques Chaban-Delmas, de Raymond Barre à Michel Jobert.Son livre est issu des multiples entretiens "confidentiels" qu'il eut, de 1969 à 1989, avec les principaux acteurs des septennats de Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand. Racontant de l'intérieur les grandes péripéties politiques qui ont marqué l'histoire de cette période, il nous plonge au cour des drames et des conflits qui ont déchiré les gaullistes après le départ du Général. “L'après de Gaulle” fourmille de révélations sur l'affrontement de Gaulle-Pompidou, les véritables raisons de la défaite de Chaban en 1974, la guerre Giscard-Chirac et les complots du RPR qui ont facilité, en 1981, l'arrivée de la gauche au pouvoir ainsi que sur l'histoire de la première cohabitation. Chronique de toutes les dérives qui ont conduit à la déliquescence de nos institutions, l'ouvrage de Jean Mauriac exprime à la fois la nostalgie et la colère d'un gaulliste qui assiste au retour du régime des partis, au jeu effréné des ambitions et des trahisons, à l'effacement imposé des gaullistes authentiques au profit des clans et des appareils. Témoignage politique de premier ordre, ces "notes confidentielles" apparaissent aujourd'hui d'une saisissante actualité.

KENDALL (Paul Murray).

Louis XI. "... L'universelle araigne...".

Fayard, 1976, fort in-8°, 584 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, reliure demi-chagrin carmin à coins, couv. illustrée et dos conservés, dos uniformément passé, bon état

L'histoire de Louis XI est celle d'un homme qui sut imposer ses décisions, qui dut garder sans cesse l'esprit en éveil, plier le temps à ses desseins, être deux fois plus habile et trois plus rapide que ses semblables, et cacher son sens de la comédie derrière les gestes du conformisme. Ce livre nous montre l'image d'un homme aux capacités exceptionnelles, doué d'une personnalité diverse et complexe. Certains le considéraient comme "le plus subtil qui soit" . Pourtant, peu après sa mort, on racontait qu'il s'abreuvait du sang des nouveau-nés au cours de sa dernière maladie, était l'assassin de son frère et se délectait à écouter les cris de ses victimes torturées. En abandonnant la légende pour retrouver la vie, Paul Murray Kendall révèle les vraies dimensions de l'homme, son habileté à charmer, son insatiable curiosité, son goût de la loyauté. Tout cela dans une biographie qui apporte une contribution essentielle à l'histoire du XVe siècle tout en demeurant d'une lecture facile et passionnante. Paul Murray Kendall (1911-1973), spécialiste de la fin du Moyen Âge, a enseigné l'histoire pendant plus de trente ans à l'université de l'Ohio puis à celle du Kansas. Il a consacré plusieurs ouvrages à l'histoire du XVe siècle. — "Publié en anglais en 1971 puis en français en 1974 – un an après la mort de l'auteur –, ce Louis XI est le résultat d'un travail engagé treize ans plus tôt. Le parti pris est évident : réhabiliter une figure devenue une caricature de mauvais homme, de prince tyran, précurseur supposé de l'absolutisme. Par une interprétation extrêmement positiviste, l'auteur brosse un autre portrait du monarque, balayant soixante années d'une époque et d'une vie d'homme, dont plus de vingt ans de règne. Un regard neuf qui donne à propos de cette fin de Moyen Age un autre imaginaire à penser et à Louis XI l'image d'un roi complexe mais brillant. Le tout en près de 600 pages. L'utilisation presque constante des lettres du prince ajoute un aspect intime au récit et gomme ainsi celui, trop « scientifique », qu'aurait pu prendre le livre, tout en apportant des sources encore non exploitées, tant françaises qu'étrangères, qui complètent la charpente d'un propos documenté." (Didier Le Fur, revue L'Histoire)

LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.).

Vieilles maisons, vieux papiers. Paris révolutionnaire. Troisième série.

Perrin, 1911, in-8°, 399 pp, 11 gravures hors texte, 3 gravures dans le texte, reliure demi-cmaroquin carmin, couv. conservée, dos passé, bon état

Trois femmes – La fin de Santerre – Belhomme – La citoyenne Villirouet – La mort de Roland – Trois Chouans (Limoelan, Boisé-Lucas, le chevalier de Bruslart) – Les deux femmes de Billaud-Varenne – Hanriot – La Houlette – Madame Bouquet. — G. Lenotre (1855-1935), grand explorateur des "dessous de l'histoire", fait revivre la France révolutionnaire, à sa manière, celle d'un historien enquêteur. Qui se souvient de Mimie, de Bonne-Jeanne ou de Babet, trois femmes entraînées dans la tourmente révolutionnaire ? Et de la citoyenne Villirouet, et de Brigitte, la jeune Noire qui partagea l'exil du terrible Billaud-Varenne ? Quand il ne piste pas quelque chouan oublié, comme le chevalier de Bruslart, il retrouve la trace de ces personnages émouvants et pittoresques dont le drame personnel coïncide avec les soubresauts de l'épopée nationale. Sa documentation est impeccable, puisée dans les cartons des Archives nationales et les collections du musée Carnavalet. Avec brio, il en tire des récits savoureux, qui ont largement contribué à populariser l'histoire de la Révolution.

VENDRYES (Pierre).

De la probabilité en histoire. L'exemple de l'expédition d'Égypte.

Albin Michel, 1952, pt in-8°, 364 pp, 14 cartes dans le texte, biblio, reliure demi-chagrin maroquiné carmin à coins, couv. illustrée et dos conservés, dos uniformément passé, bon état, envoi a.s. à Jean Paulhan

Pierre Vendryes (1908-1989) tente de mesurer les chances de réussite de l'armada méditérranéenne de 1798. Il fait aussi l'analyse de la campagne de 1800 en Italie. — "L'auteur se propose ici de prouver qu'une science de l'histoire basée sur l'application de la théorie des probabilités est possible, et essaie d'échafauder une telle science. L'expédition de Bonaparte en Egypte lui sert d'exemple." (Revue française de science politique, 1955)

VALLOTTON (Henry).

Ivan le Terrible.

Fayard, 1959, in-12, 330 pp, biblio, reliure demi-chagrin maroquiné carmin à coins, couv. conservées, dos uniformément passé, bon état (Coll. Les Grandes Études historiques)

Bonne biographie de Ivan IV Vassiliévitch, dit Ivan le Terrible (1530-1584), premier tsar de Russie de 1547 à 1584, écrite avec brio et compétence, par Henry Vallotton (1891-1971), diplomate et historien suisse. — "M. Henry Vallotton, a consacré des ouvrages remarquables à deux grandes figures de l'histoire russe, Pierre le Grand et Catherine II. Il a pris pour sujet d'un nouveau livre la vie d'Ivan IV, le Terrible. Entreprise difficile car les documents sur l'époque de ce tsar, le XVIe siècle, sont rares ; peu de Russes alors, même parmi les hauts fonctionnaires, savaient lire et écrire ; d'autre part beaucoup de pièces historiques ont disparu dans les incendies pendant la période des troubles qui suivit la mort de Boris Godounov. « On ne sait rien de la vie privée et des affaires d'Ivan pendant des années entières », écrit l'historien dans son avant-propos. Enfin les jugements portés par les historiens russes sur Ivan IV sont contradictoires ; les uns le considèrent comme un affreux tyran, un dément sanguinaire, les autres comme le créateur de l'État russe, l'un des plus grands civilisateurs de son temps... Afin de reconstituer l'existence et le rôle de celui qu'il regarde comme l'un des souverains les plus mystérieux, les plus complexes de l'Histoire, M. Vallotton, dépouillant les archives de plusieurs pays, s'est efforcé de combler les lacunes de la documentation. Il nous montre Ivan investi du pouvoir après une enfance affreuse déroulée au milieu de violences et d'atrocités, s'attachant à organiser l'empire russe, créant un pouvoir central et une administration, faisant établir un code pénal et civil, luttant contre les Mongols et autres peuples qui menacent la Moscovie, étendant la superficie de son empire, enfin engageant la lutte contre les boyards turbulents, indisciplinés, toujours prêts aux complots et aux révoltes ; mais cette lutte est marquée par des cruautés, des supplices effrayants, des massacres, des tortures, par les exactions et les crimes dont se rendent coupables les oppritchniki, ses gardes du corps. M. Henry Vallotton a tracé de cette période de l'histoire russe un tableau saisissant et haut en couleurs." (Revue des Deux Mondes, 1960)

GAXOTTE (Pierre).

Histoire des Français.

Flammarion, 1951, 2 vol. gr. in-12, 577 et 575 pp, reliures demi-chagrin noisette, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. “L'Histoire”)

"De savants critiques ont déjà rendu compte de l'ouvrage de M. Pierre Gaxotte. On ne résiste cependant pas au plaisir de redire combien cette Histoire des Français est attachante. L'auteur y fait montre d'une extrême maîtrise de la langue et d'un art consommé du portrait. C'est un conte souvent merveilleux, toujours dramatique, que l'on croit revivre plus qu'on ne le lit ou qu'on ne l'écoute. Lorsqu'il s'agit de décrire en un millier de pages l'histoire d'un pays sur quelques millénaires, il faut bien dégager quelques constantes et s'y tenir après avoir montré leur permanence : l'entreprise est malaisée. Elle l'est plus encore si l'on prétend, non pas retracer l'histoire de la France, mais en dépeindre le visage souriant triste ou douloureux, en empruntant ses couleurs à la vie quotidienne des Français. Peu d'historiens ont osé se risquer à ce genre de synthèse affective qui se doit d'embrasser l'extrême complexité des caractères et des tempéraments et au delà les transcender. L'auteur ne peut s'abstenir de prendre quelque parti. Il y met une grande part de lui-même, celle qu'il juge la meilleure. Nous connaissions par avance le système de pensée auquel M. Gaxotte resterait fidèle. Et pour les périodes qu'il a plus spécialement étudiées et depuis longtemps parce qu'elles satisfont ses préférences, la description est extrêmement séduisante. Nous savions qu'il ferait belle la part de « l'ordre » et lourdes les responsabilités du « désordre ». Si lourdes que pour les rendre encore plus graves, M. Gaxotte n'a pas hésité à se départir d'une réserve qu'eussent demandée les circonstances (nous songeons notamment à la période 1940-1945 traitée sur un mode ironique qui ne laisse pas de choquer)..." (Jean Boulouis, Revue française de science politique, 1951)

JULLIAN (Philippe).

Château-Bonheur.

Plon, 1960, in-12, 245 pp, broché, couv. lég. salie, trace d'humidité ancienne, état correct. Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier)

"Château Bonheur! c'est le titre du récent roman de Philippe Jullian, récit d'une jeunesse à la fois étourdie et expérimentée, celle du narrateur, le jeune Robert. Robert vit assez simplement et sévèrement à Bordeaux, chez son père et sa mère, professeurs. Sa mère, avant son mariage, fréquentait une parenté riche et élégante ; puis les soucis de la vie et de son ménage l'ont isolée ; elle a peu à peu renoncé à ce qu'on nomme « le monde ». Mais, pour son fils, beau jeune homme qui va bientôt, pour ses ultimes examens, avoir besoin d'appuis, et qui de plus, témoigne de goûts sociables et de désirs de distractions, elle va s'efforcer de renouer d'anciennes relations. Sa cousine, veuve, protestante, riche et bienfaisante, Mme Walsh-Cuénod n'habite-t-elle pas en pays basque avec ses deux filles : celles-ci n'ont-elles pas à peu près l'âge de Robert, etc. Donc, elle écrit, est invitée et va faire visite en un petit voyage de vacances avec Robert, à la villa Agur surnommée plus tard Château-Bonheur. Robert plaît tellement à ces dames qu'il est invité à un petit séjour ; et, lui, habitué à des mœurs modestement bourgeoises, est à jamais séduit par la bohème généreuse et bienveillante de Mme Walsh-Cuénod — descendante d'un grand philosophe — ce pourquoi elle est si indulgente, optimiste et négligente au sujet des réalités... (... ) De là, toute une galerie d'étonnants personnages des deux sexes que Robert décrit avec ce sens aigu d'une piquante caricature, semblable aux dessins de Philippe Jullian. Réceptions, invités, repas plantureux, intrigues diverses, toilettes excentriques et plaisantes, propos tour à tour littéraires ou hardiment expressifs, séances de grande musique ou de chansons stupides, etc., etc." (Gérard d'Houville, Revue des Deux Mondes, 1960)

JÉQUIER (Gustave).

Histoire de la civilisation égyptienne, des origines à la conquête d'Alexandre.

Payot et Cie, 1923, pt in-8°, 330 pp, nouvelle édition revue, ouvrage orné de 265 gravures, biblio, index, reliure demi-maroquin noir, dos lisse, titres dorés, couv. illustrée conservée, bon état

Par l'égyptologue suisse Gustave Jéquier (1868-1946). — "Ancien attaché à l'institut français d'archéologie orientale du Caire et à la Délégation scientifique française en Perse, M. Gustave Jéquier, aujourd'hui professeur d'égyptologie à l'Université de Neuchatel, retrace, en un substantiel abrégé, l'Histoire de la Civilisation égyptienne, depuis les origines jusqu'à la conquête d'Alexandre. Il étudie successivement : I. les sources de l'histoire d'Egypte ; II. l'Egypte légendaire ; III. l'Egypte archaïque ; IV. l'Époque thinite (4000 à 3400 avant J.-C) ; V. l'Ancien Empire (3400-2200) ; VI. le Moyen Empire (2200-1500) ; VII. le Nouvel Empire (1500-332). Pour chacune des périodes qui nous sont connues par des textes, il divise son exposé en trois parties : histoire, monuments, civilisation. événements politiques, mythes, cultes, art, institutions, mœurs, vie économique, tel est le domaine où se meut l'auteur, pendant un laps de temps qui n'embrasse pas moins de cinq ou six millénaires. Nombre de vulgarisateurs encombrent le marché de petits livres d'apparence claire, mais qui trahissent, par leur badigeonnage superficiel, l'embarras de l'étranger condamné à ne jamais voir les choses que du dehors. M. Jéquier nous repose et nous dédommage de cette fâcheuse catégorie d'incompétents. Ses travaux antérieurs, consacrés aux monuments, aux inscriptions et aux papyrus de l'Egypte antique, lui permettaient d'aborder le sujet en pleine connaissance de cause. Il a donc la première des qualités qui recommandent un bon précis : l'expérience approfondie du spécialiste qui a fait personnellement avancer la science. Il n'a pas à un degré moindre la seconde : le don de choisir, dans la masse des matériaux, le détail typique qui résume et caractérise. Aisé de forme et solide de structure, son manuel est pourvu d'une illustration, non seulement abondante mais expressive, qui en double la valeur. Un index commode, une bibliographie méthodique, de bonnes tables facilitent le maniement de l'ouvrage. Aces mérites intrinsèques s'ajoute une parfaite exécution matérielle : joli papier, typographie nette et lisible, habillage élégant des gravures. Tel est ce volume, en tous points excellent." (Georges Radet, Revue des Études Anciennes, 1913)

MACDONALD (Jacques-Etienne).

Souvenirs du maréchal Macdonald, duc de Tarente.

Plon, 1892 in-8°, xcvi-423 pp, avec une introduction par Camille Rousset, 2 portraits en héliogravure hors texte du maréchal, d'après David et Gérard, dont un en frontispice, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs pointillés soulignés à froid, titre et filets dorés, bon état. Bel exemplaire

"Souvenirs écrits en 1825 et conservés par la famille de la baronne de Pommereul. D'une authenticité indiscutable, ces mémoires contiennent des jugements très sévères sur Moreau, Talleyrand, l'armée napolitaine. Ils sont fondamentaux pour la campagne de 1809, l'expédition de Russie et la bataille de Leipzig. Concernant également la Restauration et le retour de l'île d'Elbe, ils s'arrêtent en février 1816." (Tulard, 930). Très fiable également sur les débuts de la Restauration, selon Bertier de Sauvigny (Bertier, 663).

HOZIER (Louis-Pierre d') et Antoine Marie d'HOZIER de SERIGNY.

Armorial général ou Registres de la noblesse de France. Registre septième. Première partie.

P., Editions du Palais Royal, 1970, pt in-4°, environ 1000 pages, nombreux blasons dans le texte, nombreux tableaux généalogies dépliantes hors texte, reliure simili-cuir fauve de l'éditeur, dos lisse ornés de caissons dorés à l'imitation du XVIIIe, bon état

Tome VII-1 seul (sur 12 volumes en tout) de cette nouvelle édition d'un format beaucoup plus pratique, publiée par Gérald de Eynde, réimpression de l'édition de l'Armorial publié entre 1738 et 1768 par Colombat, puis par Firmin-Didot de 1865 à 1908. Source fondamentale pour l’étude de l’héraldique et de la généalogie nobiliaire françaises. (Saffroy III, 34205)

HOZIER (Louis-Pierre d'), Gérald de EYNDE.

Armorial général ou Registres de la noblesse de France. Nouvelle table générale, augmentée et refondue avec celle des six premiers registres, précédée d'un système de concordance de renvois de l'édition du XVIIIe siècle avec les rééditions. Publiée par Gérald de Eynde, en collaboration avec Pierre Armand d'Argenson, Louise de Eynde et Hervé Pinoteau.

P., Editions du Palais Royal, 1970, pt in-4°, 360 pp, reliure simili-cuir fauve de l'éditeur, dos lisse ornés de caissons dorés à l'imitation du XVIIIe, bon état

Dernier volume (sur 12) de cette nouvelle édition d'un format beaucoup plus pratique, réimpression de l'édition de l'Armorial publié entre 1738 et 1768 par Colombat, puis par Firmin-Didot de 1865 à 1908 (qui l'a complété d'un VIIème registre et d'une table ne concernant que les VI premiers registres). Cette nouvelle édition présente une nouvelle table (360 pp.) augmentée et refondue, précédée d'un système de concordance de l'édition de 1738-1768 avec les différentes rééditions. Source fondamentale pour l’étude de l’héraldique et de la généalogie nobiliaire françaises. (Saffroy III, 34205)

Collectif.

Revue historique du Plateau de Rocroi.

Rocroi, impr. Jalloux, 1926-1937, 18 vol. gr. in-8°, ensemble de 18 fascicules de 16 pp. brochés, qqs couvertures en mauvais état, état moyen

Détail : numéros 41 (juillet-août 1926), 42, 51, 53, 54, 55, 59, 72, 75, 79, 94, 95, 96, 98, 100, 101, 102 et 103 (janvier-février 1937). — Monument d'érudition ardennaise, la “Revue historique du Plateau de Rocroi” est parue de 1923 à 1937, publiant de nombreux articles intéressant toute la région. Meunier historiographe de Regniowez, Henri Bernard-Fauconnier a porté la revue avec l’aide de son frère Ernest. Il est décédé en 1953. 103 numéros sont parus, le premier en mars 1923, le dernier en février 1937. Revue rare, la BN ne possède que la deuxième année (n° 13 à 24).

ARIÈS (Philippe).

La mort inversée. Le changement des attitudes devant la mort dans les sociétés occidentale.

Cambridge University Press, 1967, gr. in-8°, 27 pp, paginé 169-195, broché, agrafé, bon état. Rare tiré à part extrait des “Archives Européennes de Sociologie” VIII (1967), enrichi d'un envoi a.s. (4 lignes) au 1er plat

PERRIN (Eric).

Le Maréchal Ney.

GLM/Perrin, 1993, in-8°, 378 pp, 3 cartes, sources, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Dans le cycle de l'épopée napoléonienne, le maréchal Ney (1769-1815) occupe la place d'un Roland ou d'un Bayard. Duc d'Elchingen et prince de la Moskowa par la grâce de l'Empereur, surnommé le "brave des braves", il s'illustre par sa vaillance et par une audace pas toujours réfléchie. Déifié par la légende, Ney l'a été aussi en raison de sa fin tragique. Il est fusillé au début de la seconde Restauration pour s'être rallié à Napoléon pendant les Cent Jours, au lieu de le ramener dans une "cage de fer", ainsi qu'il l'avait promis à Louis XVIII. Le maréchal Ney rejoint, à la barre des grands procès de l'histoire de France, Louis XVI, Bazaine, Dreyfus, Pétain. Cassure politique, le procès Ney a suscité une vive polémique, habilement exploitée par les bonapartistes, les orléanistes et les républicains. L'exécution du "brave des braves", un matin gris du mois de décembre 1815, au carrefour de l'Observatoire, fait oublier l'irritabilité de ce "mauvais coucheur", sa nature mobile, et cette opinion sévère de Napoléon : "Il était bon sur un champ de bataille, mais je n'aurais pas dû le nommer maréchal." L'exploration du fonds Ney aux Archives nationales met en lumière, à côté de sa vaillance, les contradictions et les faiblesses du plus célèbre maréchal de Napoléon qui, à défaut d'avoir été "un esprit", fut incontestablement un "caractère". Fils d'un modeste artisan de Sarrelouis, il manifeste de l'orgueil pour ce qu'il est et du mépris pour ce qu'il a été. Le "Lion rouge", comme on le baptisa, rugira de colère, une ultime fois, à Waterloo, avant de faire face au peloton d'exécution.

INFIELD (Glenn B.).

Skorzeny, chef des commandos de Hitler. Mai 1943-juillet 1975, 32 années de stratégie secrète nazie.

GLM/Pygmalion, 1998, gr. in-8°, 380 pp, 12 pl. de photos hors texte, lexique, biblio, notes, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Après avoir combattu sur le front russe, Otto Skorzeny entre dans les services secrets. Hitler lui confie en 1943 la mission qui va le rendre célèbre : retrouver et libérer Mussolini qui vient d'être renversé. L'opération spectaculaire qu'il monte lui vaut immédiatement la confiance illimitée du Führer. Mais son histoire ne s'arrête pas avec la guerre. Evadé en 1948 avec la bénédiction des Américains, il met sur pied l'organisation Odessa, qui s'emploie notamment à protéger les anciens SS. Dès lors, on le retrouve en Argentine aux côtés de Juan et Evita Peron, en Egypte, structurant les forces militaires et policières de Nasser, ou encore entraînant les premiers commandos palestiniens destinés à détruire Israël. La première biographie de cet homme trouble au parcours sidérant.

VENNER (Dominique).

Les Blancs et les Rouges. Histoire de la guerre civile russe, 1917-1921.

Pygmalion/Gérard Watelet, 1997, gr. in-8°, 397 pp, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes, biographies des chefs des armées blanches et rouge, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Ce furent des années furieuses où la vie des hommes comptait moins que la sueur des chevaux. Elles engendrèrent la plus sombre tyrannie des temps modernes, commencée en 1914 dans les souffrances d'une guerre trop longue et trop cruelle. Tout vint aussi du drame intime de la famille impériale. – Mars 1917. Un raz de marée de mutineries et de jacqueries submerge l'immense Russie. Dès l'abdication de Nicolas II, toutes les digues se rompent. Le pouvoir gît dans la rue. Il suffira à Lénine de se baisser pour le ramasser. – Décembre 1917. Dans un chaos de fin du monde, des généraux proscrits se réfugient sur le territoire du Don, préférant mourir sabre à la main que de se laisser égorger. Ils sont rejoints par une poignée de cadets faméliques et de cosaques sans chevaux. Par opposition aux "Rouges", on les. appelle les "Blancs". Moins d'un an plus tard, du Caucase à la Sibérie, ils sont devenus des centaines de milliers sous les drapeaux de Dénikine, Koltchak ou Wrangel. La terreur bolchévique et les espérances déçues ont soulevé cosaques et paysans contre les "Rouges". La Finlande, les Pays baltes et l'Ukraine s'insurgent pour leur indépendance. S'indignant du massacre de la famille impériale, les Occidentaux lancent une timide intervention. A la fin de 1919, les bolchéviks sont aux abois, encerclés de toutes parts. "Nous avons raté notre coup", enrage Lénine. Pourtant, en quelques mois, la situation se retourne. Le bolchévisme triomphe. Telle est l'histoire fascinante et méconnue de la lutte sauvage désespérée des "Blancs", dont la victoire aurait changé le sort du monde.

LORT de SERIGNAN (Comte de).

Un conspirateur militaire sous le Premier Empire. Le général Malet.

Payot, 1925, pt in-8°, 333 pp, notes, reliure demi-toile rouge, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, bon état

"M. de Lort de Sérignan a écrit, surtout d'après quelques documents provenant du baron du Casse et un manuscrit inédit de Rousselin de Saint-Albin, un nouveau récit, intéressant, de la conspiration de Malet. L'intérêt de ce complot, connu en somme, dépend de savoir s'il est une manifestation d'opposition républicaine ou la tentative isolée d'un ambitieux déçu. M. Frédéric Masson adoptait cette dernière interprétation. M. de Sérignan préfère l'autre. II apporte des présomptions, non des preuves décisives." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1926)

LAURENT (Annie) et Antoine BASBOUS.

Une proie pour deux fauves ? Le Liban entre le lion de Juda et le lion de Syrie.

Beyrouth, Éditions Ad-Daïrat, 1983, in-8°, 216 pp, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, très bon état, envoi a.s. signé des 2 auteurs et carte de visite d'Antoine Basbous

"Le livre d’Annie Laurent et Antoine Basbous a le mérite de la franchise. Mérite qui n’est pas si courant, tant la complexité des affaires libanaises se prête aux présentations orientées, aux omissions, aux intentions perverses : c’est la guerre. Il a aussi le mérite de la clarté : les malheurs du Liban sont le fait de son voisinage. C’est, au demeurant, dans le cadre d’une recherche sur le « voisinage inégal » dans les relations internationales que les auteurs l’ont écrit, et c’est d’abord la Syrie qui était, pour eux, le grand fauve. L’offensive israélienne Paix en Galilée, à l’été 1982, les a ensuite amenés à souligner la symétrie des visées des deux écrasants voisins et à présenter le Liban comme une proie pour ces deux lions. Syrie et Israël dans le même sac, voilà, en dépit de la vérité objective de la thèse, qui ne plairait pas à tout le monde, fort peu aux « arabistes » et pas du tout au « lion » Assad. (...) La démocratie libanaise, disent fort bien nos auteurs, est un « code de tolérance entre 17 communautés religieuses et minorités ethniques ». S’il n’est pas étonnant que les Syriens aient toujours su trouver, dans ce foisonnement, des alliés, les brusques renversements des alliances déroutent l’observateur. Mais ces subtilités orientales ne sauraient faire oublier à l’Occident le fait incontournable : l’existence, autour du Mont-Liban, d’une communauté chrétienne autonome. La pérennité de cette situation, unique en pays d’Islam, doit beaucoup à la protection fraternelle de la France, sans cesse renouvelée depuis Saint-Louis et dont l’épisode le plus précis est l’expédition de 1860. Hélas ! Charles de Gaulle fut le dernier « souverain » français à accepter sans réticences ce noble héritage. Il a laissé la place – et toute l’amertume des chrétiens libanais se retrouve sous la plume des auteurs – aux technocrates et aux économistes, tenants d’une politique tour à tour pro-israélienne et pro-arabe. L’ultime déception est « le revirement spectaculaire de la politique du gouvernement français à partir de juin 1982 ». L’option idéologique du soutien à l’OLP, choisie tant par le parti socialiste que par le Quai d’Orsay, est douloureusement ressentie par les « libanistes », réduits à se tourner vers l’Amérique : « Il est donc permis de penser que le futur Liban – échaudé par l’attitude française – ne considérera plus la France comme son partenaire prioritaire et privilégié ». Annie Laurent et Antoine Basbous formulent en conclusion 3 hypothèses : tutelle israélienne, neutralité, balkanisation. Trois hypothèses pessimistes, on le voit, mais heureusement incertaines." (Claude Le Borgne, Revue Défense Nationale, 1983) — "Voilà un pays, le Liban, qui n'a jamais fait de mal à ses voisins, qui a le régime politique le plus libéral du monde arabe, qui a accueilli des réfugiés d'une dizaine d'origines. En échange de son innocuité, de sa générosité, depuis bientôt dix ans il est labouré, cisaillé, voire nié par ceux qui en bonne logique auraient intérêt à sauvegarder ce havre. Deux jeunes chercheurs, une Française, Annie Laurent, et un Libanais, Antoine Basbous, se sont retrouvés sur une idée commune : cette entité qui, sans être parfaite, a pu donner des leçons de démocratie et de tolérance à tout son entourage régional, mérite de se reconstituer et de durer. Aussi ont-ils dédié leur travail à ce "Liban auquel ils croient". La difficulté était de faire coexister deux ingrédients détonants : le cœur et la science politique. Ils n'y sont pas trop mal parvenus. Et après tout il n'est pas interdit d'aimer et de vouloir voir revivre cette minuscule nation de plus de trois millions d'habitants accrochant ses dix-sept confessions et ses quatre-vingts partis sur dix mille kilomètres carrés d'une rocaille conquise vingt fois, des pharaons à Tsahal en passant par les Arabes et les Français. Il n'est pas interdit de penser, non plus, que, sans la communauté maronite, à laquelle appartient Antoine Basbous, il n'y aurait pas eu de résistance libanaise digne de ce nom aux empiètements palestiniens ou aux faits accomplis syriens. Les auteurs ont le non-conformisme de penser que le nationalisme libanais, le "libanisme", développé autour du noyau maronite, donnerait aussi du fil à retordre au dernier en date des envahisseurs : l'Israélien – si celui-ci s'éternisait au Liban. C'est pour cela qu'ils ont mis comme sous-titre à leur ouvrage : "Le Liban entre le lion de Juda et le lion de Syrie". Le nom du dictateur syrien, El Assad, signifie "le lion" et Sadate l'avait surnommé ironiquement "le Lion de la Grande Syrie". Pour Damas tout est dans ces deux derniers mots, au mépris de la farouche tradition d'indépendance que les maronites opposèrent pourtant aux colonisateurs musulmans dès le septième siècle. Annie Laurent et Antoine Basbous illustrent avec force citations, entretiens et documents l'obsession unioniste de la Syrie. Un "État druze" ? L'invasion israélienne, qui a privé les Palestiniens de leur domaine sud-libanais, a réduit l'influence syrienne mais elle a aussi ajouté un occupant. Un occupant qui, on ne l'a pas assez souligné, n'a pas été au début accueilli comme tel par d'autres communautés, non chrétiennes, ainsi les musulmans chiites ou druzes. L'idée d'un "État druze" au Liban, naturellement sous "protection" israélienne, reste dans l'air malgré l'opposition du principal chef druze libanais Walid Joumblatt. Dans ce jeu, les grandes puissances essaient de placer leurs pions. Si les auteurs négligent trop les ambitions soviétiques et font exagérément confiance aux Américains pour remettre en selle le Liban, ils se livrent en revanche à une analyse qui ne néglige aucun détail des positions françaises, du général de Gaulle à M. François Mitterrand. Après avoir trouvé des similitudes entre l'attitude des deux hommes d'État, fondée sur le respect de l'intégrité libanaise, Annie Laurent et Antoine Basbous constatent une "déviation" en faveur des Palestiniens, due sans doute à l'influence du Quai d'Orsay, très peu libanophile sous M. Claude Cheysson. Nos deux jeunes chercheurs estiment que l'attitude passée de Paris se répercutera longtemps encore sur les intérêts français au Liban, notamment dans le domaine culturel. L'enjeu, là, n'est plus entre les deux lions voisins, mais entre le coq gaulois et l'Oncle Sam." (J.-P. Péroncel-Hugoz, Le Monde, 1983)

GUILLEMIN (Henri).

Le Coup du 2 décembre.

Gallimard, 1951, fort in-8°, 478 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Suite des temps)

Napoléon III précurseur des dictateurs modernes, telle est la thèse de Henri Guillemin. Rassurant les « honnêtes gens », démocrate en pensée et en discours, plus intelligent qu'il n'a été dit, Louis Bonaparte s'entoure d'aventuriers s’entoure d’aventuriers qui ne voient que les bénéfices qu’ils peuvent retirer de la mise en coupe réglée des richesses du pays. Le talent de l'auteur est de se placer, de nous placer, en contemporains des événements. Le mécanisme des partis, les intrigues des homme sont ici admirablement analysés. Et d'étonnants portraits nous font voir les êtres : Changarnier, Saint-Arnaud, Morny, Victor Hugo, Persigny et surtout Napoléon III. « Nous lui donnerons des femmes et nous le conduirons » disait Thiers. C'est lui qui allait traiter la France comme une femme facile et, avec elle, se mettre en ménage pour vingt ans. — "En 1951, l’ouvrage d’Henri Guillemin, Le Coup du 2 décembre, démonte le mécanisme des manœuvres de Louis Napoléon Bonaparte ayant pour objectif de se faire accepter comme le sauveur de la nation. Mais le livre de Guillemin reste essentiellement centré sur les événements parisiens ne consacrant qu’un chapitre à la Jacquerie." (Eric Darrieux)

[VOLTAIRE].

Histoire de l'Empire de Russie sous Pierre le Grand. Par l'auteur de l'Histoire de Charles XII.

S. l. n. n. [Lyon], 1761, in-12 (16 x 10), xlviii-379 pp, reliure demi-chagrin rouge à coins, dos lisse avec titres dorés (rel. du XIXe s.), bon état

"En 1748, Voltaire avait fait paraître dans le tome II de l'édition de ses Œuvres donnée par Walther, à Dresde, des Anecdotes sur le csar Pierre le Grand. C'est en 1757 que Voltaire fut chargé par le comte Béstoujéf, ambassadeur de Russie à Paris, d'écrire une histoire de la Russie sous Pierre le Grand. Le tome Ier (S.l. [Genève], 1759), imprimé en 1759, ne parut qu'en 1760." (Bengesco, Notice bibliographique sur les principaux écrits de Voltaire ainsi que sur ceux qui lui ont été attribués, p. 43) — S'il est une figure qui ne cessa de fasciner Voltaire, c'est assurément celle de Pierre le Grand. En 1731 déjà, l'Histoire de Charles XII laissait percevoir la séduction exercée par l'empereur de Russie sur le philosophe. Comme souvent pour la rédaction de ses ouvrages historiques, Voltaire utilisa des documents imprimés et manuscrits pour la rédaction de l'ouvrage. Ici, ce furent principalement des sources fournies par le conte Ivan Ivanovitch Schouvalov, chambellan et favori de l'Impératrice Elisabeth Petrovna, qui avait commandé l'œuvre à Voltaire.Tous les matériaux nécessaires lui furent envoyés par l'Académie des sciences de Russie ; Voltaire n'eut alors "qu'à plonger à pleines mains au milieu de richesses de toutes espèces": notes, récits, mémoires, extrait du journal de Pierre-le-Grand, ainsi "qu'une foule de pièces historiques et critiques".

AYMARD (André) et Jeannine AUBOYER.

L'Orient et la Grèce antique.

PUF, 1985, fort pt in-8°, 700 pp, 34 cartes et plans, tableau synchronique, biblio, index, reliure toile rouge, dos lisse avec titres dorés, tranches mouchetées, bon état (Coll. Quadrige)

Texte et bibliographie mis à jour au 31 décembre 1984. — "Si l'ouvrage d'André Aymard et de Jeannine Auboyer reste, par la clarté de l'exposé, facilement à la portée du grand public auquel il est avant tout destiné, il forme une synthèse si brillante et si originale, il contient tant d'idées nouvelles et de vues séduisantes, que l'historien de métier, et même l'érudit-spécialiste auront tout avantage à avoir le livre constamment à portée de main. La première et la seconde partie de l'ouvrage, consacrées respectivement aux « civilisations impériales du Proche-Orient » et aux « civilisations de l'homme dans le Proche-Orient » sont l'œuvre d'André Aymard, dont on connaît à la fois la solide érudition, la vaste culture et l'esprit clair et original qui font de lui l'un des représentants les plus brillants de l'historiographie française. Il a réussi à fournir de brillantes synthèses de la civilisation égyptienne, de celles de la Mésopotamie, de l'Asie mineure et de l'Iran. Les chapitres consacrés à la civilisation égéenne et surtout ceux où il parle de la Grèce classique et de l'époque hellénistique sont cependant les meilleurs. L'auteur a su dégager à la fois la grandeur mais aussi les faiblesses de la civilisation grecque. Nous avons rarement lu exposé plus lucide, plus pénétrant que celui où A. Aymard analyse les maux internes de la culture grecque aux Ve et IVe siècles. Nous n'hésiterons pas à qualifier de chef d'œuvre le magistral exposé d'A. Aymard. Mademoiselle J. Auboyer, dans la troisième partie du livre, se trouvait devant la tâche très ardue de parler des civilisations de l'Asie orientale, Inde et Chine, depuis les origines jusque vers les débuts de notre ère. Son récit ne manque ni d'intérêt ni de clarté. Un livre de tout premier ordre." (S. J. De Laet, Revue belge de philologie et d'histoire, 1954)

LE GOFF (Jacques).

Pour un autre Moyen Age. Temps, travail et culture en Occident : 18 essais.

Gallimard, 1977, in-8°, 422 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tranches mouchetées, bon état (Bibliothèque des Histoires). Édition originale

Un autre Moyen Age, c'est d'abord celui qui, sans anachronisme, nous restitue quelques clés de nos origines : aux réalités dont s'est enrichie notre mythologie – la faim, la forêt, l'errance, la pauvreté, la mendicité, la lèpre, la peste, le péché, la domination des puissants et des riches sur les faibles et les pauvres –, il allie ces créations dont nous vivons toujours : la cité, la nation, l'Etat, l'université, le moulin, la machine, l'heure et l'horloge, le livre, la fourchette, le linge, la personne, la conscience et finalement la révolution. Un autre Moyen Age, c'est ensuite et surtout le champ privilégié des expériences de l'histoire nouvelle : histoire du quotidien, du temps long, histoire des profondeurs et de l'imaginaire. Un Moyen Age où les hommes vivent dans les temps divers qui rythment leur existence : temps de l'Eglise, temps du marchand, temps du travail. Un Moyen Age où les hommes travaillent dans des conditions économiques et technologiques qui leur apprennent à maîtriser lentement la nature tout en approfondissant le fossé entre travail manuel et intellectuel. Un Moyen Age où la culture évolue entre les raffinements scolastiques des universités, pépinières d'une nouvelle élite, et les rapports complexes entre la culture savante de la caste ecclésiastique et la culture populaire contre laquelle les clercs mènent une lutte multiforme. Ce trajet à travers ces trois domaines essentiels de l'histoire, le temps, le travail, la culture, conduit Jacques Le Goff, un des maîtres de l'histoire nouvelle, au seuil d'une enquête où s'allient l'histoire et l'ethnologie, où le Moyen Age devient le foyer d'une anthropologie historique de l'Occident.

LAMAISON (Pierre) et VIDAL-NAQUET (Pierre)(dir.).

Atlas de la civilisation occidentale : généalogie de l'Europe.

Hachette/France Loisirs, 1995, in-4°, 352 pp, près de 800 illustrations (160 cartes et 450 illustrations en couleurs, 80 tableaux généalogiques), index, reliure simili-cuir bleu de l'éditeur, titre doré au 1er plat et au dos, signet, sans la jaquette, bon état

Autour de Pierre Lamaison, une équipe d'historiens et d'anthropologues de haut niveau offre au grand public une généalogie de l'Europe, de la préhistoire au XXe siècle. De conception inédite, cet atlas illustré de 450 documents en couleurs, propose, à travers 80 tableaux généalogiques associés à 160 cartes en couleurs, des clés pour comprendre des phénomènes de longue durée dispersés sur une aire géographique très vaste qui rendent compte de l'unité et de la variété politiques et culturelles de l'Europe actuelle. — "L'approche généalogique a été choisie comme fil conducteur pour un atlas de l'histoire de l'Europe dirigé par l'anthropologue Pierre Lamaison, assisté comme conseiller historique par Pierre Vidal-Naquet et par une équipe de trente-six auteurs spécialisés. Le terme de généalogie est sciemment utilisé aussi bien dans son sens littéral que comme métaphore. Ainsi, des dizaines de schémas de dynasties princières ont été élaborés avec grand soin pour toutes les régions du continent. D'autre part, cet ouvrage veut montrer des filiations culturelles, des transmissions de modèles qui sont également présentées sous ce concept. L'ouvrage a pour but de présenter sous une nouvelle forme schématique des données essentielles de toute l'histoire de l'Europe entière. (...) Cet atlas ouvrira les yeux de nombreux étudiants et servira comme ouvrage de référence de grande qualité." (Wim Blockmans, Revue Historique)

VERNET (Juan).

Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne.

Sindbad, Actes Sud, 2000, in-8°, 461 pp, traduit de l'espagnol, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état

Panorama historique, magistrale synthèse et savante vulgarisation, ce livre veut faire l’inventaire de ce que la culture doit aux Arabes d’Espagne. Ici, le mot arabe renvoie à une langue : celle qu’employèrent des Arabes certes, mais aussi des Persans, des Turcs, des Juifs et des Espagnols. Langue de la transmission des savoirs les plus divers de l’Antiquité, de l’Orient ancien et du monde musulman au Moyen Age occidental. Ces savoirs, l’Islam les accrut d’apports décisifs, qu’il s’agisse de la philosophie, des sciences (de la médecine à la géologie, du nautisme à l’astronomie), des arts (de la narrativité à la musique, du vêtement à l’architecture). L’analyse minutieuse du mouvement des traductions est admirablement cernée. Les pages sur la littérature et l’art lyrique nous amènent tout naturellement à Dante et aux troubadours. Car cet héritage andalou a changé l’Europe médiévale et sa conception de l’amour, avant de nourrir le majestueux déploiement scientifique de la Renaissance. Dans la polémique déclarée ou implicite sur le rôle historique des Arabes, ce livre a, assurément, sa place. — "Cet ouvrage est une magnifique synthèse indispensable à tout chercheur désireux de mieux comprendre la nature de la science en Espagne médiévale." (Bulletin critique des Annales islamologiques, 1987)

DUFOURCQ (Charles-Emmanuel).

La Vie quotidienne dans l'Europe médiévale sous domination arabe.

Hachette, 1978, in-8°, 282 pp, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, soulignures stylo sur 7 pp en début d'ouvrage, bon état

"L'auteur, par sa double expérience espagnole et maghrébine, était particulièrement bien placé pour traiter ce sujet. Pour une époque aussi ancienne il a su réunir beaucoup de détails sur ce qu'il est convenu d'appeler « la vie quotidienne » et qui ressort souvent d'une véritable histoire anthropologique, une histoire de l'homme aux prises avec ses nécessités vitales de chaque jour et qu'il satisfait dans le cadre d'une culture déterminée. Mais sur un monde si lointain pour nous, le spécialiste devait donner quelques explications historiques générales et c'est ce qu'il a fait. On est frappé en le lisant de l'importance de la pénétration musulmane en Europe. On parle toujours de la bataille de Poitiers mais Dufourcq nous rappelle que Sens a été le point le plus septentrional atteint par des raids arabes, Tours, Langres et Saint-Gall suivant de peu. Naturellement l'Espagne est le seul pays actuel d'Europe Occidentale qui ait été entièrement occupé pendant près d'un siècle par les Arabes, et pour sa plus grande part entre deux et cinq siècles. Le contact culturel qui en a résulté a préparé et facilité les Croisades, qui ont suivi. Nous sommes payés pour savoir que cette histoire euro-arabe ne s'en est pas tenue là." (Frédéric Mauro, Caravelle. Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 1979)

ETTIGHOFFER (P. C.).

Verdun, opération jugement.

France-Empire, 1964, in-8°, 255 pp, traduit de l'allemand par R. Jouan, broché, jaquette illustrée, bon état

"L’auteur, ancien soldat allemand, a combattu à Verdun et, cinquante ans après la rude épreuve, il a jugé nécessaire de relater ses souvenirs. Du côté ennemi, comme du nôtre, les souffrances endurées, déclare-t-il, défièrent toute imagination, « le froid, la boue, la soif, la faim, l’horrible pullulement des rats, la mort omnipotente... » Il évoque avec précision toutes les phases de la gigantesque bataille. « L’opération jugement », ainsi baptisée par l’État-Major du Kaiser, devait commencer le 12 février 1916. En raison du mauvais temps elle fut reportée de jour en jour. Mais dans la nuit du 19 au 20 février, le vent sauta brusquement à l’est, la nuit fut pleine d’étoiles et le 21 à l’aube l’artillerie se mit à tonner dans un effroyable concert orchestré par les pièces de tous calibres. Après des succès initiaux, devant la belle résistance française et l’organisation admirable des renforts par la fameuse voie sacrée, peu à peu la bataille s’effrita pour finir par s’enliser dans le sang. La reprise de Douaumont le 24 octobre et la victoire du groupement Mangin, le 15 décembre, marquèrent les derniers épisodes de cette lutte de géants. De part et d’autre, déclare-t-il, les combattants de Verdun furent des héros. Une sorte de camaraderie se créa par la suite, entre les hommes des deux nations qui eurent à subir un destin aussi effroyable. Aussi souhaite-t-il ardemment que « l’atroce saignée commune puisse constituer entre les deux pays le gage d’une réconciliation définitive »." (Revue historique des Armées, 1967) — "De toutes les batailles de la Grande Guerre, aucune ne fut aussi acharnée, aussi sanglante que celle de Verdun. Sur un espace de 260 kilomètres carrés, 700.000 hommes des deux armées tombèrent. Aucune autre bataille de l'Histoire ne lui est comparable, pas même Stalingrad qui se livra dans une ville et dont la durée fut beaucoup moins considérable. Le commandement allemand, qui voulait pratiquer à Verdun une saignée de l'armée française, la prépara sous le nom d'Opération Jugement. Il ne réussit que trop bien sa saignée, mais il n'avait pas prévu que l'hémorragie serait aussi grave pour sa propre armée. Nulle part, dans le temps et dans l'espace, combattants ne subirent pareilles épreuves... (...) ce témoignage d'un feldgrau pour qui tous les soldats, amis et ennemis, étaient des camarades de souffrance, a une belle place à prendre. Ce livre est profondément émouvant. Nul doute que la dernière page tournée, le lecteur ne pense avec son auteur, P.C. Ettighoffer, que le nom de Verdun ne doive être un symbole, non seulement de résistance, mais aussi de réconciliation." (2e plat de la jaquette)

CARRÉRAS (Fernand).

L'Accord FLN-OAS. Des négociations secrètes au cessez-le-feu.

Laffont, 1967, in-8°, 250 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'histoire que nous vivons)

"Récit des étonnantes négociations qui se déroulent du 20 avril 1962, date de l'arrestation du général Salan, au 25 juin, où le colonel Dufour ordonne de cesser les attentats à Oran. A aucun moment, ces négociations ne prennent la forme d'un dialogue FLN-OAS : pour l'essentiel, elles mettent en scène des « marginaux » (Jacques Chevallier, Abderrahmane Farès, Jean-Jacques Susini lui-même) animés de grandes illusions sur les possibilités d'une réconciliation des deux communautés d'Algérie." (Revue française de science politique, 1968)

RIVOYRE (Denis de).

Les Français à Obock.

P., librairie Picard et Kaan, s.d. (v. 1900), gr. in-8°, 240 pp, 6e édition, 2 cartes et 23 gravures hors texte, dont le frontispice (illustrations par F. Massé et P. Hercouët), cart. rouge décoré noir et or de l'éditeur, bon état (Bibliothèque coloniale et de voyages, Collection Picard)

Denis de Rivoyre (1836-1907) fut l'un des promoteur et pionnier de la présence française en Abyssinie et en Mer Rouge. Dès la création d'un premier établissement à Obock en 1881 par Pierre Arnoux, il y installa la Société française des steamers de l'Ouest. — "Denis de Rivoyre nous raconte les origines et la fondation de notre établissement d’Obock. Confident des premiers explorateurs, il a été aussi un des premiers à comprendre toute l’importance d’une pareille station en face d’Aden et à la tête de la ligne des caravanes de l’Abyssinie méridionale. Avec une ardeur que donne la conviction il a, pendant plusieurs années, plaidé la cause d’Obock auprès du gouvernement trop lent à en tirer parti, et travaillé de sa personne à lui ouvrir des débouchés commerciaux. Comme il a vu par lui-même, son récit fait de verve prend la couleur et l’animation, naturelles à un acteur qui retrouve vivants dans sa mémoire les souvenirs qu’il retrace. Avec cela, une étude d’ensemble de ce que devrait être l’action politique de la France dans la mer Rouge, des preuves de la jalousie toujours éveillée et toujours active de l’Angleterre à notre égard, la rivalité agressive de l’Italie brièvement indiquée ; c’est un livre qui touche à toutes les questions auxquelles notre position dans la mer Rouge devrait nous rendre attentifs. Toutefois M. de Rivoyre a vu quelques-uns de ses souhaits accomplis : Obock est devenu l’escale de nos vaisseaux en route pour l’Indo-Chine et groupe une population qui s’augmente assez rapidement. Puissions-nous recueillir tous les avantages que nous donne la possession de ce coin de terre." (Revue pédagogique, 1887)

DELVERT (Capitaine Charles).

Carnets d'un fantassin. Massiges, 1916 Verdun. Présentation et édition nouvelle par Gérard Canini.

P., Editions du Mémorial, Centre National du Souvenir de Verdun, 1981, in-8°, 244 pp, 3 cartes, 7 documents, broché, couv. illustrée, bon état

Un témoignage des plus sérieux, selon Norton Cru. — "Le capitaine Charles Delvert est un véritable héros ; le combat auquel il a participé avec ses hommes aux alentours du fort de Vaux, en pleine bataille de Verdun est l'un de ceux qui ont forgé l'Histoire. Il raconte dans ses "Carnets d'un Fantassin" (1916) cet épisode, ainsi que la vie des tranchées sur la Main de Massiges. Mais Charles Delvert est un héros modeste et un officier très humain, ainsi qu'un observateur précis et objectif. Un très bon livre, donc." (Passion & Compassion 1914-1918)

DAUMAS (Maurice).

Arago.

Gallimard, 1943, in-8°, 273 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

"L'Arago de M. Maurice Daumas est une monographie fort amusante de savant et, accessoirement, d'homme politique de la première moitié du XIXe siècle. Cette monographie est faite avec soin, appuyée sur des recherches sérieuses et étendues. M. Daumas a le sens de la vie et ses remarques, souvent, ne sont pas négligeables, il fait fort bien revivre, en particulier, dans les cinquante premières pages de son livre, les temps héroïques, du XIXe siècle à ses débuts, lorsque, les grandes écoles et les grands établissements scientifiques recevant leur forme définitive, la Science devenait pour la nremière fois une carrière – une carrière qui attirait de loin les jeunes gens. – C'était le temps où l'Institut offrait, à Arago âgé de 32 ans et encore élève à l'Ecole Polytechnique, le siège de Lalande..." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1944) — "François Arago n'est pas un grand homme de science. Papillonnant, un peu superficiel, tour à tour astronome, physicien, géomètre, il laisse derrière lui une oeuvre abondante mais mineure, dont tout, ou à peu près, est oublié aujourd'hui. Pourtant, par son verbe et son action, il marque profondément de son empreinte la science française du premier XIXe siècle. Son rôle est considérable à l'École polytechnique où il est professeur vingt années durant et qu'il commande après juillet 1830 pendant quelques semaines cruciales. Elu secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences en 1830, c'est lui qui lance, en 1835, la publication de ses fameux Comptes rendus hebdomadaires. À l'Observatoire, enfin, son influence est déterminante pendant près de quarante ans. C'est avec un véritable talent de conteur que Maurice Daumas brosse le portrait de ce grand mandarin de la science. Par delà le récit biographique, il nous fait découvrir la vie scientifique du temps. On fait la connaissance des grands savants et des principales institutions scientifiques de Paris, l'École polytechnique, l'Observatoire, l'Académie des sciences et l'on suit quelques grandes aventures scientifiques, l'oeuvre de Fresnel en optique, les travaux d'Ampère sur l'électrodynamique, la découverte de Neptune par Leverrier, etc. M. Daumas retrace également en détail la carrière politique d'Arago, étroitement mêlée à sa carrière scientifique. Finalement, voilà un ouvrage alerte pour ceux qui veulent connaître le monde de la science entre 1800 et 1850, tout en passant un agréable moment." (Bruno Belhoste, Histoire de l'éducation, 1989) — Biographie de François Arago (1786-1853), astronome, physicien et homme politique français. Après avoir fait ses études secondaires à Perpignan, il poursuit ses études supérieures à l'Ecole polytechnique (promotion 1803), à Paris. Remarqué par Laplace, il est nommé en 1805 secrétaire-bibliothécaire de l'Observatoire de Paris. En 1806, il est envoyé en Espagne avec Biot pour poursuivre le relevé du méridien de Paris. Pris dans la guerre d'Espagne, il est fait prisonnier, s'évade plusieurs fois, et rentre en héros à Paris en 1809. Cette gloire lui permet d'être élu membre de l'Académie des sciences le 18 septembre 1809, à seulement vingt-trois ans. La même année, il est choisi par Monge pour le suppléer comme professeur de géométrie analytique à l'École polytechnique. Il restera vingt ans professeur dans cette école, démissionnant en 1830 lorsqu'il est nommé Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. Il crée en 1816 à Polytechnique un cours original d' "arithmétique sociale", donnant aux élèves des notions de calcul des probabilités, d'économie mathématique et de démographie. Ceci ne l'empêche pas de poursuivre sa carrière à l'Observatoire de Paris. Secrétaire-bibliothécaire en 1805, il est nommé membre-adjoint du Bureau des Longitudes en 1807, puis membre titulaire en 1822, à la mort de Delambre. En 1834, il prend le titre de « Directeur des observations à l'Observatoire de Paris ». A partir de 1843, il assurera la direction de l'Observatoire jusqu'à sa mort. Il est élu Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences le 7 juin 1830, puis remporte ses premiers mandats électoraux (conseiller général de la Seine en septembre 1830, député des Pyrénées-Orientales en juillet 1831).

DICK de LONLAY (Georges Hardouin, dit).

Au Tonkin, 1883-1885. Récits anecdotiques illustrés de 300 dessins par l'auteur.

P., Garnier Frères, 1886, gr. in-8°, viii-597-(1) pp, page de titre gravée et 300 gravures en noir dans texte d’après les dessins de l'auteur, reliure percaline rouge de l'éditeur, 1er plat illustré noir et or, plats biseautés, dos orné (uniformément passé), tranches dorées (Ch. Magnier rel. , plaque de Paul Souze), 2e plat lég. sali, qqs rares rousseurs, bon état (Cordier (Henri), Bibliotheca indosinica, IV, 2547)

Première édition. Récit détaillé des opérations accomplies au Tonkin, depuis la mort du commandant Rivière en 1883 jusqu'à la prise des îles Pescadores en mars 1885. Dick de Lonlay, aussi habile narrateur que dessinateur, conte les épisodes glorieux et dramatiques de la conquête du Tonkin : Les Pavillons Noirs - Les Pirates de la Baie d’Along - Sontay - Bac-Lé - Fou-Tchéou - Tuyen-Quan - Langson - Formose - Les Pescadores... Autant d’épisodes militaires héroïques de la colonisation Indochinoise.

DECHAPPE (Mme et L.).

L'Histoire par les textes. De la Renaissance à la Révolution.

Delagrave, 1939, in-12, vii-642 pp, cart. éditeur

PIETRI (Luce).

Époques médiévales (Ve-XVe siècle). L'occident médiéval à son apogée (XIIIe siècle). L'évolution particulière des mondes orientaux à la fin de Moyen Age. L'Europe au seuil de l'époque moderne : difficultés et promesses d'un renouveau.

Bordas/Laffont, 1971, gr. in-8°, 608 pp, 528 illustrations en noir dans le texte et sur 48 pl. hors texte en couleurs, cartes, tableaux généalogiques, biblio, index, reliure toile décorée de l'éditeur, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

Volume IV de la série “Le Monde et son Histoire”, sous la direction de Maurice Meuleau. Ce volume concerne le monde médiéval à partir du XIIIe siècle. L'accent est d'abord mis sur « l'élargissement des horizons économiques et les transformations de la société médiévale » : la révolution commerciale, le travail urbain, les mutations de l'économie, les villes, les rustres et l'aristocratie terrienne. Deux chapitres étudient l'affermissement des monarchies en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie. La septième partie reprend les mondes orientaux, l'Islam d'Asie et d'Afrique, l'Islam turc et les chrétientés d'Europe orientale. — Histoire générale des civilisations, “Le Monde et son Histoire” est une vaste fresque où figurent les traits marquants et les faits essentiels de l'histoire du monde. Ouvrage de référence, les lecteurs avertis comme les historiens amateurs peuvent y trouver aussi bien la réponse à une interrogation ponctuelle que l'exposé synthétique d'une question ou d'une période, et cela au cours d'une lecture facile et agréable.

PONTAUT (Jean-Marie) et J. DUPUIS.

Les Oreilles du Président. Suivi de la liste des 2000 personnes "écoutées" par François Mitterrand.

Fayard, 1996, in-8°, 276 pp, broché, bon état

De 1983 à 1986, les écoutes téléphoniques installées par la cellule élyséenne ont conduit à la mise en mémoire informatique de près de 1.500 personnes. A travers l'étude de ces écoutes, Jean-Marie Pontaut, rédacteur en chef du Point, montre les inquiétudes les plus secrètes et les plus sensibles de François Mitterrand.

ROUX (Jean-Paul).

Tamerlan (1336-1405).

Fayard/GLM, 1991, in-8°, 380 pp, 3 cartes, glossaire, généalogies, chronologie, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état.

Tamerlan (1336-1405) a laissé dans l'histoire un souvenir qui rivalise presque avec celui de Gengis Khan. Ce Mongol turquisé régna trente-cinq ans, de 1370 à 1404, à Samarkande, et mena inlassablement des campagnes militaires, toutes victorieuses, qui le conduisirent de Delhi à la mer Egée, de Damas au Turkestan chinois. Entreprises au nom de la guerre sainte musulmane, par un étrange paradoxe, elles eurent pour résultat essentiel la ruine ou l'affaiblissement des plus grandes puissances de l'Islam. Il y a un mystère Tamerlan et même un véritable mythe, né sans doute de ses retentissants succès et aussi de la complexité du personnage. Imprégné des traditions païennes de l'Asie centrale, il se posait en musulman fervent. Boiteux, infirme du bras et de la main, il avait une énergie et une résistance physiques sans égales. Ne pouvant supporter qu'on évoquât devant lui les horreurs de la guerre, il laissait publier, souvent avec une exagération manifeste, le récit de ses innombrables meurtres, et faisait édifier, partout où il allait, des minarets de crânes. Destructeur de villes millénaires, il construisait en même temps dans sa capitale les plus somptueux édifices et jetait les fondements de la Renaissance timouride, l'un des plus beaux fleurons de la religion musulmane. Son époque fut, comme lui-même, au confluent de deux cultures – celle de l'Asie centrale, chamaniste et nomade, et celle de l'Iran, musulmane et sédentaire. Avec ses incroyables raids équestres s'achève le temps où les cavaliers armés d'arcs et de flèches imposaient leur loi dans toute l'Eurasie. — "L'historien Jean-Paul Roux retrace l'itinéraire de ce génie militaire qui bouleversa pour plusieurs siècles l'échiquier du monde." (Pierre Chaunu)

CHARETTE (Gilbert).

Le Chevalier Charette, Roi de la Vendée.

Châteaugiron, Yves Salmon, 1983, pt in-8°, 287 pp, préface d'Emile Gabory, 2 cartes, documents, chronologie, sources et biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Réimpression de l'édition de 1951

Chef héroïque et populaire de l'épopée vendéenne, la vie du chevalier Charette gardait des zones d'ombre que cette biographie, vivante et impartiale, éclaire à partir de documents inédits. Charette apparaît au lecteur tel qu'il fut avec ses défauts et ses immenses qualités : un héros de légende mais bien réel. — "Voici donc, enfin, une biographie vivante et impartiale de Charette, d'une lecture facile et d'une parfaite clarté, l'auteur ayant évité de noyer l'étonnante figure du général dans les multiples événements de la guerre de Vendée. La vie de Charette présentait, jusqu'ici, plusieurs faits inexplicables que les historiens de la Vendée militaire ne s'étaient pas donné la peine d'élucider. L'auteur l'a fait pour la première fois et vous saurez pourquoi notre héros quitta la marine à vingt-sept ans, se maria avec une femme de quatorze ans plus âgée que lui et alla s'enterrer avec elle dans la campagne vendéenne ; comment des témoins oculaires, également dignes de foi, ont pu prêter à la comtesse de La Rochefoucauld deux attitudes opposées devant la mort. Vous y trouverez aussi l'explication de faits encore plus singuliers, par exemple comment le tailleur qui habilla les officiers de l'armée vendéenne put pénétrer dans la prison du Bouffay et se faire payer par Charette, sans être lui-même arrêté, etc. L'auteur a longuement conté la fin de son héros et il a eu raison, car ce n'est pas quand tout leur réussit que l'on peut juger les hommes, mais quand tout leur manque et devant l'épreuve suprême de la mort. Le chevalier Charette y fut incomparable. Le plus illustre, sans doute, mais certainement le plus populaire des chefs de la guerre de Vendée, il dut sa gloire en partie au fait qu'il resta le dernier, mais aussi à ses extraordinaires talents militaires, à la guérilla désespérée qu'il mena avec tant de courage, d'adresse et de ténacité, contre les meilleures armées et les plus habiles généraux de la République." (Emile Gabory)

DANSETTE (Adrien).

Le Second Empire. Naissance de la France moderne.

Hachette, 1976, in-8°, 397 pp, 3 cartes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

"Dans ce volume comme dans les précédents Adrien Dansette se livre à une étude minutieuse et systématique de toutes les sources et de la littérature récente. Ce troisième tome est tout entier consacré au développement économique du Second Empire. Et l'auteur a bien raison de montrer combien cette étude avait été alors négligée par les historiens. (...) A. Dansette brosse à grands traits un tableau de la vie française et des transformations déjà amorcées sous la monarchie de Juillet tant à Paris où les conditions de vie étaient déplorables pour qui n'appartenait pas aux classes aisées, qu'en province. Les obstacles opposés au développement économique par les difficultés des moyens de communication et la faiblesse du crédit allaient être levés peu à peu par l'apparition des chemins de fer, la création des grandes banques, les modifications technologiques, enfin les débuts de la concentration industrielle. A. Dansette met bien en relief la part qui revient dans le développement du Second Empire à la pensée saint-simonienne et surtout aux hommes qui en furent imprégnés dans leur jeunesse. Il étudie successivement la révolution du crédit, la révolution des transports, la révolution de l'urbanisme, la libération des échanges. Le tournant de 1860 avec la "relance de l'économie saint-simonienne", les problèmes posés alors par la croissance des industries lourdes et légères, les industries chimiques, l'amène au bilan qui conclut son travail. (...) L'ouvrage a le mérite d'exposer clairement les développements, qui ne furent pas toujours limpides, de certaines entreprises (entre autres le Crédit Mobilier), l'imbroglio des affaires Mirès, les affaires rivales des Rothschild et des Pereire." (G. Massa-Gille, Bibliothèque de l'école des chartes 1978)

DANSETTE (Adrien).

Du 2 Décembre au 4 Septembre. Le Second Empire.

Hachette, 1972, gr. in-8°, 509 pp, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état (Grand prix du Nouveau Cercle). Edition originale

"Ce volume retrace l'évolution intérieure de la France, de la république décennale à la chute de l'Empire. L'auteur étudie les mesures prises pour affermir le régime après le coup d'Etat et assurer, par la constitution de 1852, l'établissement de l'empire autoritaire ; il démonte le mécanisme du fonctionnement des nouvelles institutions mises en place par la volonté de Napoléon III. Les tentatives de l'empereur pour libéraliser le régime en dépit des difficultés intérieures et extérieures vont aboutir au déclin de son autorité, antérieur à la défaite qui amena sa fin. L'auteur s'est attaché à démontrer que cette chute était inéluctable dans la mesure où lui firent défaut les trois piliers du régime, l'empereur, l'armée, la paysannerie, au moment où le sort des armes lui devint contraire. Plus rien ne pouvait assurer la survie de l'Empire. Adrien Dansette utilise avec soin, compétence et autorité toutes les nouvelles sources et les publications récentes sur le Second Empire. Il met l'accent sur les tentatives faites par l'empereur pour assurer au pays une législation sociale cohérente et efficace, bien que paternaliste. Le volume s'achève par la publication d'une chronologie et de documents annexes suggestifs." (Geneviève Massa-Gille, Bibliothèque de l'école des chartes, 1976)

RICHARD (Jean).

Saint Louis. Roi d'une France féodale, soutien de la Terre sainte.

Fayard, 1993, in-8°, 638 pp, sources et biblio, chronologie, 4 cartes, 6 généalogies, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Comment un souverain autoritaire et dont les agents avaient la poigne rude est-il devenu la figure la plus vénérée de l'histoire de France, le roi dont Voltaire disait qu'il n'était pas possible de pousser la vertu plus loin que lui ? La sincérité d'une vie assujettie aux impératifs de la morale chrétienne, l'esprit d'équité de celui qui proclamait la supériorité du prud'homme sur le béguin et savait concilier le respect de l'éclat de la monarchie avec l'austérité personnelle et, par-dessus tout, la recherche passionnée de la paix ont donné à Saint Louis un prestige déjà fort peu contesté de son vivant. Il n'en reste pas moins celui qui organisa le Parlement, qui introduisit une nouvelle conception de la monnaie, qui fit entrer les grands barons dans l'exercice du pouvoir royal. Cette royauté féodale, mais où le recours aux notions du droit romain donne une physionomie nouvelle aux rapports féodaux, Saint Louis l'a mise en service d'une cause qui était celle de toute l'Europe chrétienne : la croisade. Le souci de la Terre sainte l'a amené non seulement à passer six années de son règne outre-mer, mais à prendre conscience de l'importance des problèmes méditerranéens. Et, dans son désir de donner aux établissements latins d'outre-mer des appuis nouveaux, il a ouvert la voie aux relations avec les Mongols, introduisant ainsi une perspective planétaire dans les conceptions politiques du temps.

EIZYKMAN (Claudine).

La Jouissance-cinéma.

UGE, 1975, in-12, 312 pp, index, lexique, broché, couv. illustrée, discret C. de bibl., bon état

Le cinéma ne peut plus être seulement pensé comme étant émis par le social, mais comme produisant simultanément du social. Cette fonction d’initiateur (sexuel, politique) se relève dans sa forme dominante : le cinéma NRI (narratif - représentatif - industriel) et ses métamorphoses modernes (fonctionnement). Mais la prise en considération des recherches (cinéma indépendant), qui pour être minoritaires n’en sont pas moins actives par leur radicalité perceptive, permet, après une analyse précise des mécanismes, d’exhiber les configurations opératoires : les graphes de la jouissance-cinéma. Les processus de cette triple circulation sociale, libidinale, filmique, qui ont résisté et résistent à toutes les tentatives d’écrasements sémantiques, sont ici saisis dans leur modalité et leur temporalité propres. Dès lors, le cinéma n’est plus le récif où les sciences humaines viennent échouer, mais le modèle actif qui permet la constitution d’une énergétique généralisée.

BURON (André de).

Un bipède galonné. Mémoires.

La Table Ronde, 1971, in-8°, 338 pp, préface de Nicole de Buron, broché, couv. illustrée, bon état

« Un bipède galonné » ce sont les souvenirs d'un cavalier qui, pendant quarante ans, fut de toutes les campagnes et sut garder l'œeil ouvert pour se moquer de tout. André de Buron fait ses premières armes en 1919, en Turquie, guerre complètement oubliée d'une France qui jouit de la paix – une paix bien gagnée, il est vrai. Quand il terminera sa carrière, en Algérie, ce sera encore la guerre, une triste guerre. Entre-temps, la Tunisie (Biribi), le Maroc, le front des Ardennes, et l'Afrique noire, l'Indochine : un parcours complet d'équitation. Dans ces décors divers, ce diable d'homme promène, au milieu des dangers et des accidents les plus fous, une malice inépuisable. Ce livre si vif, plein de courage, d'éclats et de moquerie semble fait pour prouver que les Français sont encore une insolente nation. Pourquoi André de Buron a-t-il découvert si tard le plaisir de raconter, plaisir qu'il fait partager comme personne ? Pourquoi Nicole de Buron a-t-elle donné une préface à ce livre ? C'est ce que vous saurez précisément en lisant la préface. — France, régions sahariennes, Levant (1918-1921). Saumur, Tunisie (1922-1930). Maroc (1930-1934). Saumur, Saint-Avold (1934-1937), Algérie (1937-1939), Front de France, Sud tunisien, Algérie (1939-1942). Afrique noire (1942-1943). Italie (1944). France (1945-1946). Indochine (1946-1948). Tunisie (1948-1951). Algérie (1951-1956).

MARCELLIN (L.).

Politique et Politiciens d'avant guerre.

La Renaissance du Livre, s.d. (1923), in-12, 312 pp, broché, couv. lég. salie, sinon bon état (Documents et témoignages contemporains)

Dans cet ouvrage sur la politique des débuts de la Troisième République (Waldeck-Rousseau et le waldeckisme, Combes et le combisme, l'Affaire Dreyfus, du pacifisme à l'antipatriotisme, la guerre à l'idée religieuse, cuisine politique 1900-1910, etc.), Louis Marcellin a synthétisé certains des sentiments anti-parlementaires qui s’étaient développés en France au cours des décennies précédant la Première Guerre mondiale. Sinon, l'auteur s'excuse de n'avoir pas observé l'ordre chronologique pour ce quatrième volume, paru après “Politique et Politiciens pendant la guerre” (2 vol.) et “Politique et Politiciens d'après guerre”. — "Dans son nouveau volume, “Politique et Politiciens d'avant guerre”, parmi cent portraits et mille anecdotes, notre confrère L. Marcellin conte celle-ci : après le 18 mars, Raoul Rigaud fut nommé préfet de police... Voici le décret qui fut pris : « Article Premier. – La préfecture de police est supprimée. Art..2. – Le citoyen .Raoul Rigaud est chargé des fonctions que remplissait le préfet de police »." (Le Figaro, 23 mars 1924)

VIALLATE (Achille).

L'impérialisme économique et les relations internationales pendant le dernier demi-siècle, 1870-1920.

Armand Colin, 1923, in-12, x-316 pp, notes, biblio, index, reliure bradel papier sépia marbré, couv. conservées (rel. de l'époque), coiffes frottées, bon état. Édition originale

"Comment est né et a évolué l'Impérialisme économique qui caractérise le dernier quart du XIXe siècle, c'est ce que l'auteur expose en ce livre où il rappelle les conflits qui en ont été la conséquence. Il montre comment la diplomatie et l'organisation économique internationale ont longtemps conjuré la gravité de ces conflits, acheminant le monde vers l'internationalisme économique. Aujourd'hui, l'universalité de la crise, qui est la conséquence de la guerre, lie tous les peuples en une solidarité économique étroite. Mais comment se résoudra cette crise ? par l'Impérialisme économique ? par l'Internationalisme économique ? L'auteur indique ses préférences pour la seconde solution, tout en laissant paraître un certain scepticisme sur son adoption : « Ne soyons pas trop optimistes, dit-il n'oublions pas que ce n'est pas la raison, mais le plus souvent les passions qui décident de la politique des peuples »." (Revue du droit public et de la science politique en France et à l'étranger, 1923)

AMOUROUX (Henri).

La Grande Histoire des Français sous l'Occupation. 2. Quarante millions de pétainistes (Juin 1940-Juin 1941).

GLM/Laffont, 1978, gr. in-8°, 550 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, chronologie, cart. éditeur; jaquette illustrée, bon état

Avec Quarante millions de pétainistes, Henri Amouroux aborde la période qui va de juin 1940 à juin 1941, période pendant laquelle, unis par la défaite, beaucoup de Français se rangent derrière le maréchal Pétain à qui, le 10 juillet, consentante plus encore que résignée, l'Assemblée nationale a donné tous les pouvoirs. La France de la défaite, une défaite si totale qu'elle paraît, à presque tous, envoyée par le Ciel, entrera donc en pétainisme comme l'on entre en religion. Henri Amouroux donne mille exemples de la ferveur des foules et des individus, ferveur qui, pour les lecteurs de 1977, s'exprime en mots ridicules ou naïfs, mots qui, en 1940, traduisent simplement le désarroi des âmes et sont l'écho de tous les malheurs du temps. A côté de la foule des fidèles, Henri Amouroux a su voir et décrire les adversaires du régime dont l'évolution est intéressante, puisque, pendant de nombreux mois, ils épargnent le Maréchal, se contentant d'attaquer son entourage...

DAVID-DARNAC (Maurice).

Histoire véridique et merveilleuse de la Pucelle d'Orléans.

Club du Livre Sélectionné, 1966, in-8°, 277 pp, 34 gravures et autographes sur 20 pl. hors texte, un tableau généalogique in fine, reliure skivertex bordeaux décorée de l'éditeur, rhodoïd, un des 3.000 ex. numérotés, bon état

Édition "Club" publiée un an après l'édition originale (La Table Ronde, 1965), mais reliée et augmentée de 20 pl. de gravures. — "Maurice David-Darnac ne croit pas que Jeanne d'Arc naquit à Domrémy et mourut à Rouen. Fille adultérine d'Isabeau de Bavière et bâtarde d'un duc d'Orléans – vieille histoire – elle serait née à Paris en 1407, se serait évadée de la prison de Rouen en 1431 et aurait été inhumée à Pulligny en 1449. De ces choses le Saint-Siège est « parfaitement informé » et refuse de communiquer « les documents indiscutables » emprisonnés dans les Archives du Vatican..." (Robert Boutruche, Revue historique, 1971)

ROMANONES (Comte de, ancien président du Conseil d'Espagne).

La Reine Marie-Christine, régente d'Espagne.

Plon, 1934, in-12, xxxi-209 pp, traduction et préface d'André Mévil, broché, une photo en couverture, bon état

Marie-Christine d'Autriche, née le 21 juillet 1858 et morte le 6 février 1929 à Madrid, est une archiduchesse d'Autriche de la branche de Teschen, devenue reine d'Espagne par son mariage avec Alphonse XII puis régente pour son fils Alphonse XIII. Après avoir épousé le 29 novembre 1879 Alphonse XII d'Espagne – qui la trompera copieusement –, la reine Marie-Christine donne d'abord deux filles à son époux. Elle est enceinte pour la troisième fois quand elle devient veuve à l'âge de 27 ans. Régente de 1886 à 1902 d'un royaume en proie à l'anarchie – assassinat du Premier ministre Manuel Cánovas del Castillo en 1897 – elle se fait apprécier de ses sujets par sa grande dignité, sa hauteur morale et sa conduite irréprochable qui la distinguent des reines d'Espagne de la maison de Bourbon qui l'ont précédées. En 1902, le roi ayant atteint ses seize ans, la régente cède à son fils les rênes du pouvoir...

MARCELLIN (Raymond).

La Guerre politique.

Plon, 1985, in-8°, 250 pp,

STRIK-STRIKFELDT (Wilfried).

Contre Staline et Hitler. Le général Vlassov et le Mouvement de libération russe.

Presses de la Cité, 1971, in-8°, 253 pp, ,traduit de l'allemand, 19 photos sur 8 pl. hors texte, cart. éditeur, jaquette lég. abîmée, bon état. Peu courant

"Le général Vlassov, héros de l'armée rouge, défenseur de Moscou en 1941, a animé à partir de 1942 un mouvement de libération russe et une armée de libération (R.O.A.) organisés par les Allemands. Rassemblant autour de lui des prisonniers de guerre que la famine et les mauvais traitements plus que les convictions avaient conduits dans les rangs de la R.O.A., le général Vlassov est finalement tombé à Prague en 1945 aux mains de ses compatriotes qui l'exécutèrent en 1946. Pour l'histoire soviétique stalinienne et post-stalinienne, il est un traître à sa patrie, coupable d'un crime que rien ne peut justifier ni racheter. W. Strik-Strikfeldt, un ancien officier allemand, appartenant au groupe de militaires, d'origine balte généralement, qui mirent sur pied dans le cadre de la Ostpolitik nazie le programme d'un soulèvement interne de la Russie dont Vlassov devait être l'agent, raconte ici cette épopée. Il analyse dans son ouvrage deux histoires, en fait distinctes, celle de son groupe, du programme allemand d'une collaboration avec les Russes anti-staliniens ; celle aussi des officiers et soldats soviétiques qui ont choisi de passer dans le camp allemand. (...) Malgré ses lacunes, ce livre mérite d'être lu avec attention, car il retrace scrupuleusement une histoire mal connue, souvent défigurée et pourtant importante ; surtout il contraint le lecteur réfléchir sur des problèmes qui ne sont pas seulement ceux du passé, mais qui se posent constamment aux hommes déchirés entre un pouvoir qu'ils condamnent et la fidélité à leur patrie." (Hélène Carrère d'Encausse, Revue française de science politique, 1972)

PAYNE (Stanley G.).

Phalange. Histoire du fascisme espagnol.

Ruedo Iberico, 1965, gr. in-8°, 256 pp, traduit de l'anglais, notes, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Espagne contemporaine)

"Les ouvrages qui ont tenté d'aborder autrement que de façon polémique ou passionnée le phénomène fasciste en Espagne n'abondent pas. Le livre de Stanley Payne est un travail d'historien ; il a le mérite de traiter une question limitée et précise de l'histoire espagnole contemporaine, tout en dépassant dans le temps le cadre étroit de la guerre civile. Il nous mène en effet de la dictature de Primo de Rivera aux changements ministériels de 1957. C'est dire qu'il essaie de saisir le mouvement fasciste espagnol dans son originalité historique autant que dans sa genèse. Son information est abondante, ses sources aussi diverses que bien choisies : ouvrages historiques, justifications autobiographiques, périodiques espagnols et étrangers, enfin entrevues avec les témoins et acteurs du grand drame qui marque vingt-cinq ans de vie espagnole. (...) La partie la plus intéressante du livre est sans doute le chapitre central où l'on voit Franco en pleine guerre civile, une fois José Antonio disparu, évincer par divers moyens les dirigeants du parti, pour le faire sien..." (Alain Rouquié, Revue française de science politique)

Anonyme.

Souvenirs de guerre d'un sous-officier allemand (1914-1915-1916). Publiés avec une préface par Louis-Paul Alaux.

Payot & Cie, 1918, in-12, 256 pp, reliure demi-toile acajou, dos lisse avec titre doré et filets à froid, couv. conservées (rel. de l'époque), un mors fendu sur 5 cm, papier lég. jauni comme toujours, bon état

Le Luxembourg. La Meuse. La Marne. Reims; L'Artois. La Picardie. La Champagne. En Galicie. La Kommandantur de Valenciennes. Verdun. — "Ce livre sévère, mais qui n'a rien d'un pamphlet, constitue, croyons-nous, un document unique : la guerre racontée par un témoin allemand courageux et bon soldat, mais entièrement libre d’esprit et surtout parfaitement simple et sincère." (Louis-Paul Alaux) — "Livre étrange, dont on ne sait trop que penser. Le ton en est simple et sans aucune prétention ; bien des faits qui y sont relatés ne sauraient s'inventer; partout des noms propres semblent une garantie certaine d'authenticité. Malgré tout, après lecture, il reste un doute. Pourquoi ne pas préciser l'origine de ce document de tout premier ordre, s'il est vrai ? « Parvenu par la voie du Danemark », tel est le seul renseignement que se permet la préface. C'est plutôt maigre. En tout cas, si pastiche il y a, il est d'une habileté consommée et très avertie, car aucune des indications géographiques ou autres, aucun des nombreux détails précis qui y abondent n'éveille le soupçon. Celui-ci ne naît que de l'impitoyable condamnation de tout ce qui est allemand et de l'éloge non moins systématique de tout ce qui est français. Dans la bouche d'un Allemand, ce parti pris semble au moins étrange. Quoi qu'il en soit, le récit est partout captivant, et cela uniquement par le fond même, qu'aucun artifice de forme ne cherche à pimenter. Surpris par la guerre à Hanau comme volontaire d'un an au 88e d'infanterie, l'auteur fait la campagne comme « vize-feldwebel », attaché en qualité d'interprète au petit état-major du 2e bataillon, jusqu'à sa blessure devant Verdun le 23 février 1916. Renvoyé au front mal guéri (1er août), il est versé dans le service auxiliaire et affecté (28 octobre) à un bataillon d'estropiés chargé de travaux de défense à la frontière danoise en prévision d'une attaque anglaise. Ici s'arrête subitement cette extraordinaire histoire, et c'est la préface seule qui nous apprend la désertion sans « caractère déshonorant ». Bref, vrai ou faux ou retouché simplement et discrètement adapté, ce récit mérite d'être connu et personne ne regrettera de l'avoir lu. La traduction est conforme à l'esprit du livre, c'est-à-dire sobre et précise, sans élégance inutile, assez fidèle pour laisser deviner les termes de l'original. L'auteur n'est ni poète ni philosophe, mais il sait voir et se souvenir et évoque l'idée du « vu »." (Th. Sch., Revue Historique, 1918) — Un chapitre sur Valenciennes, intitulé "La kommandatur de Valenciennes", qui décrit un peu de la vie de la cité durant l'occupation allemande.

ALIBERT (Louis).

Méhariste 1917-1918.

Bordeaux, Delmas, 1945, pt in-8°, 365 pp, une carte repliée in fine, broché, bon état

Souvenirs des campagnes militaires menées contre les Touaregs et leur chef Kaocen. Carnets de route tenus du 1er février 1917 au 10 mai 1918 par Louis Alibert, chef d'une section nomade dans l'est du Niger. A la poursuite des rezzous il décrit très exactement le pays, les conditions de vie des méharistes, leurs déplacements, leurs combats et donne à son récit une vie qui en rend la lecture passionnante.

ARCAY (Joseph d').

Notes inédites sur M. Thiers. L'homme privé, l'homme politique.

P., Ollendorff, 1888, in-12, xxxi-272 pp, préface de Francis Magnard, un fac-similé dépliant hors texte d'une lettre de Thiers, reliure demi-percaline brique, dos lisse,pièce de titre basane havane, fleuron doré et date en queue, plats de couv. conservés (rel. de l'époque), ex-libris Jean de Kergorlay, bon état. Edition originale

La généalogie et la famille. La carrière de journaliste. Son rôle avant, pendant et après les journées de Juillet. M. Thiers au pouvoir. Le mariage. Rentrée de M. Thiers dans la politique active. Les amis et collaborateurs...

[Zodiaque] – VARAGNAC (André) et autres.

L'Art gaulois.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1956, gr. in-8°, 328 pp, 179 héliogravures sur 112 planches, 16 planches de monnaies gauloises et 4 pl. en couleurs hors texte (photographies de Jean Dieuzaide et Pierre Belzeaux), reliure pleine toile beige de l'éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps, 4)

Prodromes du Celtisme (A. Varagnac) ; La sculpture (A. Varagnac) ; Les monnaies (Gabrielle Fabre et Monique Mainjonet) ; Métal et céramique (A. Varagnac) ; Capacités chrétiennes du celtisme (A. Varagnac). — "L'une des expressions les plus achevées des conceptions de l'art gàulois est à rechercher d'après la monnaie ; les pages qui en traitent ici sont parmi les plus neuves de l'ouvrage. Plus que la sculpture ou les arts du métal, ce numéraire – si divers selon les pays, Gaule méditerranéenne et garonnaise, Gaule centrale et orientale, Armorique – est l'expression d'un grand fait de civilisation, le dualisme qui, aux temps protohistoriques, oppose les contrées du Nord et celles du Midi, les unes éprises d'un certain réalisme, les autres de « signes » : à l'intérieur d'une société qui fut incapable d'assurer son unité..." (R. Lantier, Revue Archéologique)

AYRAULT (Roger).

La Genèse du romantisme allemand. 1 et 2 : Situation spirituelle de l'Allemagne dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. – 3 et 4 : 1797-1804 [Baader, Brentano, Hülsen, Novalis, Ritter, Schelling, Steffens, les Schlegel : August Wilhelm, Caroline, Dorothéa, Friedrich, Schleiermacher, Tieck, Wackenroder].

P., Aubier, 1961-1976, 4 vol. in-8°, 782, 572 et 573 pp, pagination continue pour les 2 premiers volumes (1961), table des œuvres citées, notes, index, brochés, couv. illustrées, bon état

Complet. — "Une admirable synthèse dont le propos n'est pas tant de définir ce qu'est le romantisme allemand que de décrire, en s'appuyant sur une analyse rigoureuse des événements et des œuvres, le long processus qui l'a enfanté. L'originalité de l'ouvrage est d'abord dans la démarche choisie par R. A. Les deux premiers volumes présentaient la quadruple crise, politique, philosophique, religieuse et esthétique, qui caractérise la situation spirituelle de l'Allemagne dans la deuxième moitié du 18e siècle et en révèle les multiples contradictions, auxquelles seul le romantisme, parce qu'il est « disponibilité et accueil indéfinis » (alors que le classicisme est « surtout repliement », t. I, p. 49), saura s'ouvrir, après s'être affranchi de la présence de l'antiquité qui obsédait le classicisme. Cette disponibilité est à l'origine de ce que R. A. appelle « l'esprit d'Iéna » qui domine, entre 1797 et 1804, le premier romantisme allemand et dont les tomes III et IV reconstruisent les symboles et les productions. Autour des frères Schlegel, qui publient de 1798 à 1800 les six numéros de la revue Athenaeum, et de leurs épouses, une dizaine de jeunes hommes – Novalis, Tieck, Wackexiroder, Schelling, Brentano, Baader, Schleiermacher, Hiilsen, Ritter, Steffens – vont vivre, dans une intime communion d'émotions et de pensées non exempte d'orages, cette « sympathie » qui se sublime dans la « symphilosophie et son double, la sympoésie » – concepts qui ont pour origine la « fraternisation » au sens strict du terme, dont l'Athenaeum est le premier produit..." (Pierre-André Bois, Dix-Huitième Siècle, 1979)

BASTID-BRUGUIÈRE (Marianne)(dir.).

Une autre émergence ? Puissance technique et ressorts culturels en Inde et Chine.

P., Hermann, 2014, in-8°, 151 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

L'émergence de la Chine et de l'Inde depuis vingt ans n'est-elle qu'une émergence économique ? Derrière l'élan continu de la croissance économique, n'y a-t-il pas des ressorts internes, encore trop méconnus ? Dans quel état d'esprit les populations y vivent-elles le bouleversement des modes de vie ? Quelles expressions les changements en cours trouvent-ils dans les représentations, les sentiments, l'imaginaire des habitants ? Avec quels espoirs et quelles ambitions ? De la créativité technique à la création littéraire, cet ouvrage explore les forces humaines mobilisées par les deux grandes puissances asiatiques du XXIe siècle et recherche la dynamique profonde de leur émergence.

BIDOU (Henry).

Histoire de la Grande Guerre.

Gallimard, 1939, fort gr. in-8° (16,2 x 25), 696 pp, 50 cartes en couleurs sur 26 planches repliées (33 cartes en deux couleurs et 17 cartes en 3 couleurs), broché, bon état

"L'œuvre monumentale française à consulter pour l'histoire de la guerre." (Le Figaro, 08-08-1936) — "C'est une œuvre capitale et magistrale que l'Histoire de la Grande Guerre, que vient de publier M. Henry Bidou. Il appartenait à cet esprit distingué, intelligent, fin et perspicace, de nous donner une synthèse des événements de 1914-1918. On n'a pas perdu le souvenir, d'ailleurs, des ouvrages et des articles qu'au cours de la guerre M. Bidou donnait sur les opérations. Témoin de bien des faits, au courant de bien des choses, il était mieux placé que quiconque pour enregistrer et commenter cette tranche de notre histoire. Ayant eu la patience de dépouiller d'innombrables documents allemands, anglais, russes, italiens, sa documentation est de premier ordre et fort abondante. Cependant, tout est clair, net et compréhensible. Ce volume de 700 pages se lit avec un plaisir extrême. Les 50 cartes permettent de suivre facilement le récit des opérations. Le dernier paragraphe du dernier chapitre est consacré aux traités de Locarno, et les dernières lignes de M. Bidou sont « Quoi qu'il doive en être de l'avenir, les traités de 1925 sont l'épilogue du grand drame que nous avons essayé de raconter. Puissent les historiens futurs n'avoir à écrire que l'histoire de la paix »." (Le Figaro, 30-08-1936) — "On peut étudier aujourd'hui l'histoire de la Grande Guerre dans des ouvrages scientifiques. On peut confronter les documents, les témoignages, les interprétations, les commentaires, recueillis et passés au crible par des érudits de toutes les nations. Chez nous, M. Henry Bidou vient de publier une « somme » monumentale, complète et rigoureusement objective de l'ensemble de cette histoire. Ramenée ainsi aux faits, l'épopée montre toujours la même part d'héroïsmes, de sacrifices, de noblesses et d'énergies. Mais elle laisse mieux transparaître le rôle souvent décisif de l'intelligence, du bon sens et de l'information scrupuleuse, commé elle révèle la portée fatale de simples erreurs de jugement ou de vues de l'esprit non contrôlées. Que de combats ont été perdus ou gagnés qui auraient abouti tout autrement si la direction et l'effort avaient dévié de quelques kilomètres. Si l'un des adversaires avait mieux ou moins bien fait le compte des possibilités et des renseignements, mieux ou moins bien raisonné..." (Lucien Romier, Le Figaro, 10-09-1936)

BISMARCK (Otto von).

Lettres politiques confidentielles de M. de Bismarck 1851-1858. Publiées par M. Henri de Poschinger.

P., Ollendorff, 1885, in-12, x-338 pp, mention de 2e édition, traduction française par E.-B. Lang, reliure demi-basane fauve mordorée, dos à 5 nerfs soulignés à froid, auteur et titre dorés (rel. de l'époque), qqs marques au crayon en marges, bon état

CHARLES-PICARD (Gilbert).

Hannibal.

Hachette, 1967, in-8°, 270 pp, 2 cartes, appendice bibliographique, broché, couv. à rabats, bon état

"« L'effort d'Hannibal n'a pas été stérile, bien qu'il soit mort désespéré, en exil, loin de sa patrie ruinée et poursuivi jusqu'au bout du monde par ses ennemis triomphants ». C'est du moins ce que tente de prouver Gilbert Charles-Picard dans un ouvrage où, récusant l'histoire patriotique et partiale, si belle d'ailleurs, de Tite-Live, pour s'appuyer sur un buste d'Hannibal trouvé à Volubilis et sur des monnaies à son effigie, il trace un portrait neuf du génial chef de guerre barcide. Portrait non seulement physique du futur vainqueur de la Trébie, du lac Trasimène et de Cannes, tel qu'il était à vingt-six ans, lorsqu'en 218 avant Jésus-Christ, il quitta Carthagène, grand, fort et beau, avec des yeux de flamme, et qui ne devint le « chef borgne » le « cyclope » dont parle Juvénal qu'après qu'une ophtalmie contractée en Etrurie lui eut fait perdre un œil ; mais aussi portrait de sa famille, de ses grands desseins, de ses victoires et de l'échec final, et tableau des deux premières guerres puniques. Gilbert Charles-Picard s'est plu à retrouver dans Hannibal le politique plus que le militaire, l'héritier d'Alexandre le Grand et l'unificateur du monde méditerranéen plus que l'ennemi acharné de Rome.Une admirable synthèse de tout ce qui a été écrit sur Hannibal, merveilleusement documentée et écrite avec élégance." (Revue des Deux Mondes, 1967)

CLOT (André).

Soliman le Magnifique.

Fayard, 1993, in-8°, 469 pp, 3 cartes, généalogie, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Soliman le Magnifique, le plus glorieux des sultans ottomans, fit trembler l'Europe pendant près d'un demi-siècle. En quelques années, il conduit son armée – la première du monde – jusqu'aux portes de Vienne, devient le maître de la Méditerranée et s'installe à Bagdad. Face à ce redoutable conquérant dont le devoir est d'étendre toujours plus les terres de l'Islam, la Chrétienté est incapable de s'unir : Charles Quint doit signer l'humiliant traité de Constantinople tandis que François Ier, le Roi Très Chrétien, se fait le complice du Grand Turc. "Ombre de Dieu sur la terre", mais aussi habile politique et despote tout-puissant, Soliman dirige fermement l'Etat avec l'aide de ses grands vizirs. Si Dieu lui a donné le pouvoir, c'est pour qu'il assure la justice et le bien-être de ses sujets. Il recula les limites de l'Empire plus qu'aucun des sultans ottomans, mais c'est sous le nom de Législateur qu'il est passé dans l'histoire de la Turquie. Dans cet empire qui règne sur trois continents, qui compte plus de 30 millions d'habitants et brasse presque toutes les races et les religions connues, la noblesse héréditaire n'existe pas : l'administration – remarquablement organisée – est tout entière aux mains de Chrétiens islamisés dont l'élite, parvenue aux honneurs et à la fortune, formera des esclaves dévoués au sultan jusqu'à la mort. Des finances prospères, une économie dirigée et autoritaire : c'est bien sous le règne de Soliman que l'Empire ottoman atteint son apogée. Les villes et les campagnes connaissent une croissance économique et démographique sans précédent. Istanbul d'abord, la plus grande ville du monde, où l'on assiste à un formidable renouveau des arts et des lettres, capitale prestigieuse, siège du Sérail et des plus sombres intrigues...