21087 résultats

VENNER (Dominique).

Les Blancs et les Rouges. Histoire de la guerre civile russe, 1917-1921.

Pygmalion/Gérard Watelet, 1997, gr. in-8°, 397 pp, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes, biographies des chefs des armées blanches et rouge, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Ce furent des années furieuses où la vie des hommes comptait moins que la sueur des chevaux. Elles engendrèrent la plus sombre tyrannie des temps modernes, commencée en 1914 dans les souffrances d'une guerre trop longue et trop cruelle. Tout vint aussi du drame intime de la famille impériale. – Mars 1917. Un raz de marée de mutineries et de jacqueries submerge l'immense Russie. Dès l'abdication de Nicolas II, toutes les digues se rompent. Le pouvoir gît dans la rue. Il suffira à Lénine de se baisser pour le ramasser. – Décembre 1917. Dans un chaos de fin du monde, des généraux proscrits se réfugient sur le territoire du Don, préférant mourir sabre à la main que de se laisser égorger. Ils sont rejoints par une poignée de cadets faméliques et de cosaques sans chevaux. Par opposition aux "Rouges", on les. appelle les "Blancs". Moins d'un an plus tard, du Caucase à la Sibérie, ils sont devenus des centaines de milliers sous les drapeaux de Dénikine, Koltchak ou Wrangel. La terreur bolchévique et les espérances déçues ont soulevé cosaques et paysans contre les "Rouges". La Finlande, les Pays baltes et l'Ukraine s'insurgent pour leur indépendance. S'indignant du massacre de la famille impériale, les Occidentaux lancent une timide intervention. A la fin de 1919, les bolchéviks sont aux abois, encerclés de toutes parts. "Nous avons raté notre coup", enrage Lénine. Pourtant, en quelques mois, la situation se retourne. Le bolchévisme triomphe. Telle est l'histoire fascinante et méconnue de la lutte sauvage désespérée des "Blancs", dont la victoire aurait changé le sort du monde.

LORT de SERIGNAN (Comte de).

Un conspirateur militaire sous le Premier Empire. Le général Malet.

Payot, 1925, pt in-8°, 333 pp, notes, reliure demi-toile rouge, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, bon état

"M. de Lort de Sérignan a écrit, surtout d'après quelques documents provenant du baron du Casse et un manuscrit inédit de Rousselin de Saint-Albin, un nouveau récit, intéressant, de la conspiration de Malet. L'intérêt de ce complot, connu en somme, dépend de savoir s'il est une manifestation d'opposition républicaine ou la tentative isolée d'un ambitieux déçu. M. Frédéric Masson adoptait cette dernière interprétation. M. de Sérignan préfère l'autre. II apporte des présomptions, non des preuves décisives." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1926)

LAURENT (Annie) et Antoine BASBOUS.

Une proie pour deux fauves ? Le Liban entre le lion de Juda et le lion de Syrie.

Beyrouth, Éditions Ad-Daïrat, 1983, in-8°, 216 pp, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, très bon état, envoi a.s. signé des 2 auteurs et carte de visite d'Antoine Basbous

"Le livre d’Annie Laurent et Antoine Basbous a le mérite de la franchise. Mérite qui n’est pas si courant, tant la complexité des affaires libanaises se prête aux présentations orientées, aux omissions, aux intentions perverses : c’est la guerre. Il a aussi le mérite de la clarté : les malheurs du Liban sont le fait de son voisinage. C’est, au demeurant, dans le cadre d’une recherche sur le « voisinage inégal » dans les relations internationales que les auteurs l’ont écrit, et c’est d’abord la Syrie qui était, pour eux, le grand fauve. L’offensive israélienne Paix en Galilée, à l’été 1982, les a ensuite amenés à souligner la symétrie des visées des deux écrasants voisins et à présenter le Liban comme une proie pour ces deux lions. Syrie et Israël dans le même sac, voilà, en dépit de la vérité objective de la thèse, qui ne plairait pas à tout le monde, fort peu aux « arabistes » et pas du tout au « lion » Assad. (...) La démocratie libanaise, disent fort bien nos auteurs, est un « code de tolérance entre 17 communautés religieuses et minorités ethniques ». S’il n’est pas étonnant que les Syriens aient toujours su trouver, dans ce foisonnement, des alliés, les brusques renversements des alliances déroutent l’observateur. Mais ces subtilités orientales ne sauraient faire oublier à l’Occident le fait incontournable : l’existence, autour du Mont-Liban, d’une communauté chrétienne autonome. La pérennité de cette situation, unique en pays d’Islam, doit beaucoup à la protection fraternelle de la France, sans cesse renouvelée depuis Saint-Louis et dont l’épisode le plus précis est l’expédition de 1860. Hélas ! Charles de Gaulle fut le dernier « souverain » français à accepter sans réticences ce noble héritage. Il a laissé la place – et toute l’amertume des chrétiens libanais se retrouve sous la plume des auteurs – aux technocrates et aux économistes, tenants d’une politique tour à tour pro-israélienne et pro-arabe. L’ultime déception est « le revirement spectaculaire de la politique du gouvernement français à partir de juin 1982 ». L’option idéologique du soutien à l’OLP, choisie tant par le parti socialiste que par le Quai d’Orsay, est douloureusement ressentie par les « libanistes », réduits à se tourner vers l’Amérique : « Il est donc permis de penser que le futur Liban – échaudé par l’attitude française – ne considérera plus la France comme son partenaire prioritaire et privilégié ». Annie Laurent et Antoine Basbous formulent en conclusion 3 hypothèses : tutelle israélienne, neutralité, balkanisation. Trois hypothèses pessimistes, on le voit, mais heureusement incertaines." (Claude Le Borgne, Revue Défense Nationale, 1983) — "Voilà un pays, le Liban, qui n'a jamais fait de mal à ses voisins, qui a le régime politique le plus libéral du monde arabe, qui a accueilli des réfugiés d'une dizaine d'origines. En échange de son innocuité, de sa générosité, depuis bientôt dix ans il est labouré, cisaillé, voire nié par ceux qui en bonne logique auraient intérêt à sauvegarder ce havre. Deux jeunes chercheurs, une Française, Annie Laurent, et un Libanais, Antoine Basbous, se sont retrouvés sur une idée commune : cette entité qui, sans être parfaite, a pu donner des leçons de démocratie et de tolérance à tout son entourage régional, mérite de se reconstituer et de durer. Aussi ont-ils dédié leur travail à ce "Liban auquel ils croient". La difficulté était de faire coexister deux ingrédients détonants : le cœur et la science politique. Ils n'y sont pas trop mal parvenus. Et après tout il n'est pas interdit d'aimer et de vouloir voir revivre cette minuscule nation de plus de trois millions d'habitants accrochant ses dix-sept confessions et ses quatre-vingts partis sur dix mille kilomètres carrés d'une rocaille conquise vingt fois, des pharaons à Tsahal en passant par les Arabes et les Français. Il n'est pas interdit de penser, non plus, que, sans la communauté maronite, à laquelle appartient Antoine Basbous, il n'y aurait pas eu de résistance libanaise digne de ce nom aux empiètements palestiniens ou aux faits accomplis syriens. Les auteurs ont le non-conformisme de penser que le nationalisme libanais, le "libanisme", développé autour du noyau maronite, donnerait aussi du fil à retordre au dernier en date des envahisseurs : l'Israélien – si celui-ci s'éternisait au Liban. C'est pour cela qu'ils ont mis comme sous-titre à leur ouvrage : "Le Liban entre le lion de Juda et le lion de Syrie". Le nom du dictateur syrien, El Assad, signifie "le lion" et Sadate l'avait surnommé ironiquement "le Lion de la Grande Syrie". Pour Damas tout est dans ces deux derniers mots, au mépris de la farouche tradition d'indépendance que les maronites opposèrent pourtant aux colonisateurs musulmans dès le septième siècle. Annie Laurent et Antoine Basbous illustrent avec force citations, entretiens et documents l'obsession unioniste de la Syrie. Un "État druze" ? L'invasion israélienne, qui a privé les Palestiniens de leur domaine sud-libanais, a réduit l'influence syrienne mais elle a aussi ajouté un occupant. Un occupant qui, on ne l'a pas assez souligné, n'a pas été au début accueilli comme tel par d'autres communautés, non chrétiennes, ainsi les musulmans chiites ou druzes. L'idée d'un "État druze" au Liban, naturellement sous "protection" israélienne, reste dans l'air malgré l'opposition du principal chef druze libanais Walid Joumblatt. Dans ce jeu, les grandes puissances essaient de placer leurs pions. Si les auteurs négligent trop les ambitions soviétiques et font exagérément confiance aux Américains pour remettre en selle le Liban, ils se livrent en revanche à une analyse qui ne néglige aucun détail des positions françaises, du général de Gaulle à M. François Mitterrand. Après avoir trouvé des similitudes entre l'attitude des deux hommes d'État, fondée sur le respect de l'intégrité libanaise, Annie Laurent et Antoine Basbous constatent une "déviation" en faveur des Palestiniens, due sans doute à l'influence du Quai d'Orsay, très peu libanophile sous M. Claude Cheysson. Nos deux jeunes chercheurs estiment que l'attitude passée de Paris se répercutera longtemps encore sur les intérêts français au Liban, notamment dans le domaine culturel. L'enjeu, là, n'est plus entre les deux lions voisins, mais entre le coq gaulois et l'Oncle Sam." (J.-P. Péroncel-Hugoz, Le Monde, 1983)

GUILLEMIN (Henri).

Le Coup du 2 décembre.

Gallimard, 1951, fort in-8°, 478 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Suite des temps)

Napoléon III précurseur des dictateurs modernes, telle est la thèse de Henri Guillemin. Rassurant les « honnêtes gens », démocrate en pensée et en discours, plus intelligent qu'il n'a été dit, Louis Bonaparte s'entoure d'aventuriers s’entoure d’aventuriers qui ne voient que les bénéfices qu’ils peuvent retirer de la mise en coupe réglée des richesses du pays. Le talent de l'auteur est de se placer, de nous placer, en contemporains des événements. Le mécanisme des partis, les intrigues des homme sont ici admirablement analysés. Et d'étonnants portraits nous font voir les êtres : Changarnier, Saint-Arnaud, Morny, Victor Hugo, Persigny et surtout Napoléon III. « Nous lui donnerons des femmes et nous le conduirons » disait Thiers. C'est lui qui allait traiter la France comme une femme facile et, avec elle, se mettre en ménage pour vingt ans. — "En 1951, l’ouvrage d’Henri Guillemin, Le Coup du 2 décembre, démonte le mécanisme des manœuvres de Louis Napoléon Bonaparte ayant pour objectif de se faire accepter comme le sauveur de la nation. Mais le livre de Guillemin reste essentiellement centré sur les événements parisiens ne consacrant qu’un chapitre à la Jacquerie." (Eric Darrieux)

[VOLTAIRE].

Histoire de l'Empire de Russie sous Pierre le Grand. Par l'auteur de l'Histoire de Charles XII.

S. l. n. n. [Lyon], 1761, in-12 (16 x 10), xlviii-379 pp, reliure demi-chagrin rouge à coins, dos lisse avec titres dorés (rel. du XIXe s.), bon état

"En 1748, Voltaire avait fait paraître dans le tome II de l'édition de ses Œuvres donnée par Walther, à Dresde, des Anecdotes sur le csar Pierre le Grand. C'est en 1757 que Voltaire fut chargé par le comte Béstoujéf, ambassadeur de Russie à Paris, d'écrire une histoire de la Russie sous Pierre le Grand. Le tome Ier (S.l. [Genève], 1759), imprimé en 1759, ne parut qu'en 1760." (Bengesco, Notice bibliographique sur les principaux écrits de Voltaire ainsi que sur ceux qui lui ont été attribués, p. 43) — S'il est une figure qui ne cessa de fasciner Voltaire, c'est assurément celle de Pierre le Grand. En 1731 déjà, l'Histoire de Charles XII laissait percevoir la séduction exercée par l'empereur de Russie sur le philosophe. Comme souvent pour la rédaction de ses ouvrages historiques, Voltaire utilisa des documents imprimés et manuscrits pour la rédaction de l'ouvrage. Ici, ce furent principalement des sources fournies par le conte Ivan Ivanovitch Schouvalov, chambellan et favori de l'Impératrice Elisabeth Petrovna, qui avait commandé l'œuvre à Voltaire.Tous les matériaux nécessaires lui furent envoyés par l'Académie des sciences de Russie ; Voltaire n'eut alors "qu'à plonger à pleines mains au milieu de richesses de toutes espèces": notes, récits, mémoires, extrait du journal de Pierre-le-Grand, ainsi "qu'une foule de pièces historiques et critiques".

AYMARD (André) et Jeannine AUBOYER.

L'Orient et la Grèce antique.

PUF, 1985, fort pt in-8°, 700 pp, 34 cartes et plans, tableau synchronique, biblio, index, reliure toile rouge, dos lisse avec titres dorés, tranches mouchetées, bon état (Coll. Quadrige)

Texte et bibliographie mis à jour au 31 décembre 1984. — "Si l'ouvrage d'André Aymard et de Jeannine Auboyer reste, par la clarté de l'exposé, facilement à la portée du grand public auquel il est avant tout destiné, il forme une synthèse si brillante et si originale, il contient tant d'idées nouvelles et de vues séduisantes, que l'historien de métier, et même l'érudit-spécialiste auront tout avantage à avoir le livre constamment à portée de main. La première et la seconde partie de l'ouvrage, consacrées respectivement aux « civilisations impériales du Proche-Orient » et aux « civilisations de l'homme dans le Proche-Orient » sont l'œuvre d'André Aymard, dont on connaît à la fois la solide érudition, la vaste culture et l'esprit clair et original qui font de lui l'un des représentants les plus brillants de l'historiographie française. Il a réussi à fournir de brillantes synthèses de la civilisation égyptienne, de celles de la Mésopotamie, de l'Asie mineure et de l'Iran. Les chapitres consacrés à la civilisation égéenne et surtout ceux où il parle de la Grèce classique et de l'époque hellénistique sont cependant les meilleurs. L'auteur a su dégager à la fois la grandeur mais aussi les faiblesses de la civilisation grecque. Nous avons rarement lu exposé plus lucide, plus pénétrant que celui où A. Aymard analyse les maux internes de la culture grecque aux Ve et IVe siècles. Nous n'hésiterons pas à qualifier de chef d'œuvre le magistral exposé d'A. Aymard. Mademoiselle J. Auboyer, dans la troisième partie du livre, se trouvait devant la tâche très ardue de parler des civilisations de l'Asie orientale, Inde et Chine, depuis les origines jusque vers les débuts de notre ère. Son récit ne manque ni d'intérêt ni de clarté. Un livre de tout premier ordre." (S. J. De Laet, Revue belge de philologie et d'histoire, 1954)

LE GOFF (Jacques).

Pour un autre Moyen Age. Temps, travail et culture en Occident : 18 essais.

Gallimard, 1977, in-8°, 422 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tranches mouchetées, bon état (Bibliothèque des Histoires). Édition originale

Un autre Moyen Age, c'est d'abord celui qui, sans anachronisme, nous restitue quelques clés de nos origines : aux réalités dont s'est enrichie notre mythologie – la faim, la forêt, l'errance, la pauvreté, la mendicité, la lèpre, la peste, le péché, la domination des puissants et des riches sur les faibles et les pauvres –, il allie ces créations dont nous vivons toujours : la cité, la nation, l'Etat, l'université, le moulin, la machine, l'heure et l'horloge, le livre, la fourchette, le linge, la personne, la conscience et finalement la révolution. Un autre Moyen Age, c'est ensuite et surtout le champ privilégié des expériences de l'histoire nouvelle : histoire du quotidien, du temps long, histoire des profondeurs et de l'imaginaire. Un Moyen Age où les hommes vivent dans les temps divers qui rythment leur existence : temps de l'Eglise, temps du marchand, temps du travail. Un Moyen Age où les hommes travaillent dans des conditions économiques et technologiques qui leur apprennent à maîtriser lentement la nature tout en approfondissant le fossé entre travail manuel et intellectuel. Un Moyen Age où la culture évolue entre les raffinements scolastiques des universités, pépinières d'une nouvelle élite, et les rapports complexes entre la culture savante de la caste ecclésiastique et la culture populaire contre laquelle les clercs mènent une lutte multiforme. Ce trajet à travers ces trois domaines essentiels de l'histoire, le temps, le travail, la culture, conduit Jacques Le Goff, un des maîtres de l'histoire nouvelle, au seuil d'une enquête où s'allient l'histoire et l'ethnologie, où le Moyen Age devient le foyer d'une anthropologie historique de l'Occident.

LAMAISON (Pierre) et VIDAL-NAQUET (Pierre)(dir.).

Atlas de la civilisation occidentale : généalogie de l'Europe.

Hachette/France Loisirs, 1995, in-4°, 352 pp, près de 800 illustrations (160 cartes et 450 illustrations en couleurs, 80 tableaux généalogiques), index, reliure simili-cuir bleu de l'éditeur, titre doré au 1er plat et au dos, signet, sans la jaquette, bon état

Autour de Pierre Lamaison, une équipe d'historiens et d'anthropologues de haut niveau offre au grand public une généalogie de l'Europe, de la préhistoire au XXe siècle. De conception inédite, cet atlas illustré de 450 documents en couleurs, propose, à travers 80 tableaux généalogiques associés à 160 cartes en couleurs, des clés pour comprendre des phénomènes de longue durée dispersés sur une aire géographique très vaste qui rendent compte de l'unité et de la variété politiques et culturelles de l'Europe actuelle. — "L'approche généalogique a été choisie comme fil conducteur pour un atlas de l'histoire de l'Europe dirigé par l'anthropologue Pierre Lamaison, assisté comme conseiller historique par Pierre Vidal-Naquet et par une équipe de trente-six auteurs spécialisés. Le terme de généalogie est sciemment utilisé aussi bien dans son sens littéral que comme métaphore. Ainsi, des dizaines de schémas de dynasties princières ont été élaborés avec grand soin pour toutes les régions du continent. D'autre part, cet ouvrage veut montrer des filiations culturelles, des transmissions de modèles qui sont également présentées sous ce concept. L'ouvrage a pour but de présenter sous une nouvelle forme schématique des données essentielles de toute l'histoire de l'Europe entière. (...) Cet atlas ouvrira les yeux de nombreux étudiants et servira comme ouvrage de référence de grande qualité." (Wim Blockmans, Revue Historique)

VERNET (Juan).

Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne.

Sindbad, Actes Sud, 2000, in-8°, 461 pp, traduit de l'espagnol, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état

Panorama historique, magistrale synthèse et savante vulgarisation, ce livre veut faire l’inventaire de ce que la culture doit aux Arabes d’Espagne. Ici, le mot arabe renvoie à une langue : celle qu’employèrent des Arabes certes, mais aussi des Persans, des Turcs, des Juifs et des Espagnols. Langue de la transmission des savoirs les plus divers de l’Antiquité, de l’Orient ancien et du monde musulman au Moyen Age occidental. Ces savoirs, l’Islam les accrut d’apports décisifs, qu’il s’agisse de la philosophie, des sciences (de la médecine à la géologie, du nautisme à l’astronomie), des arts (de la narrativité à la musique, du vêtement à l’architecture). L’analyse minutieuse du mouvement des traductions est admirablement cernée. Les pages sur la littérature et l’art lyrique nous amènent tout naturellement à Dante et aux troubadours. Car cet héritage andalou a changé l’Europe médiévale et sa conception de l’amour, avant de nourrir le majestueux déploiement scientifique de la Renaissance. Dans la polémique déclarée ou implicite sur le rôle historique des Arabes, ce livre a, assurément, sa place. — "Cet ouvrage est une magnifique synthèse indispensable à tout chercheur désireux de mieux comprendre la nature de la science en Espagne médiévale." (Bulletin critique des Annales islamologiques, 1987)

CARRÉRAS (Fernand).

L'Accord FLN-OAS. Des négociations secrètes au cessez-le-feu.

Laffont, 1967, in-8°, 250 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'histoire que nous vivons)

"Récit des étonnantes négociations qui se déroulent du 20 avril 1962, date de l'arrestation du général Salan, au 25 juin, où le colonel Dufour ordonne de cesser les attentats à Oran. A aucun moment, ces négociations ne prennent la forme d'un dialogue FLN-OAS : pour l'essentiel, elles mettent en scène des « marginaux » (Jacques Chevallier, Abderrahmane Farès, Jean-Jacques Susini lui-même) animés de grandes illusions sur les possibilités d'une réconciliation des deux communautés d'Algérie." (Revue française de science politique, 1968)

DAUMAS (Maurice).

Arago.

Gallimard, 1943, in-8°, 273 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

"L'Arago de M. Maurice Daumas est une monographie fort amusante de savant et, accessoirement, d'homme politique de la première moitié du XIXe siècle. Cette monographie est faite avec soin, appuyée sur des recherches sérieuses et étendues. M. Daumas a le sens de la vie et ses remarques, souvent, ne sont pas négligeables, il fait fort bien revivre, en particulier, dans les cinquante premières pages de son livre, les temps héroïques, du XIXe siècle à ses débuts, lorsque, les grandes écoles et les grands établissements scientifiques recevant leur forme définitive, la Science devenait pour la nremière fois une carrière – une carrière qui attirait de loin les jeunes gens. – C'était le temps où l'Institut offrait, à Arago âgé de 32 ans et encore élève à l'Ecole Polytechnique, le siège de Lalande..." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1944) — "François Arago n'est pas un grand homme de science. Papillonnant, un peu superficiel, tour à tour astronome, physicien, géomètre, il laisse derrière lui une oeuvre abondante mais mineure, dont tout, ou à peu près, est oublié aujourd'hui. Pourtant, par son verbe et son action, il marque profondément de son empreinte la science française du premier XIXe siècle. Son rôle est considérable à l'École polytechnique où il est professeur vingt années durant et qu'il commande après juillet 1830 pendant quelques semaines cruciales. Elu secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences en 1830, c'est lui qui lance, en 1835, la publication de ses fameux Comptes rendus hebdomadaires. À l'Observatoire, enfin, son influence est déterminante pendant près de quarante ans. C'est avec un véritable talent de conteur que Maurice Daumas brosse le portrait de ce grand mandarin de la science. Par delà le récit biographique, il nous fait découvrir la vie scientifique du temps. On fait la connaissance des grands savants et des principales institutions scientifiques de Paris, l'École polytechnique, l'Observatoire, l'Académie des sciences et l'on suit quelques grandes aventures scientifiques, l'oeuvre de Fresnel en optique, les travaux d'Ampère sur l'électrodynamique, la découverte de Neptune par Leverrier, etc. M. Daumas retrace également en détail la carrière politique d'Arago, étroitement mêlée à sa carrière scientifique. Finalement, voilà un ouvrage alerte pour ceux qui veulent connaître le monde de la science entre 1800 et 1850, tout en passant un agréable moment." (Bruno Belhoste, Histoire de l'éducation, 1989) — Biographie de François Arago (1786-1853), astronome, physicien et homme politique français. Après avoir fait ses études secondaires à Perpignan, il poursuit ses études supérieures à l'Ecole polytechnique (promotion 1803), à Paris. Remarqué par Laplace, il est nommé en 1805 secrétaire-bibliothécaire de l'Observatoire de Paris. En 1806, il est envoyé en Espagne avec Biot pour poursuivre le relevé du méridien de Paris. Pris dans la guerre d'Espagne, il est fait prisonnier, s'évade plusieurs fois, et rentre en héros à Paris en 1809. Cette gloire lui permet d'être élu membre de l'Académie des sciences le 18 septembre 1809, à seulement vingt-trois ans. La même année, il est choisi par Monge pour le suppléer comme professeur de géométrie analytique à l'École polytechnique. Il restera vingt ans professeur dans cette école, démissionnant en 1830 lorsqu'il est nommé Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. Il crée en 1816 à Polytechnique un cours original d' "arithmétique sociale", donnant aux élèves des notions de calcul des probabilités, d'économie mathématique et de démographie. Ceci ne l'empêche pas de poursuivre sa carrière à l'Observatoire de Paris. Secrétaire-bibliothécaire en 1805, il est nommé membre-adjoint du Bureau des Longitudes en 1807, puis membre titulaire en 1822, à la mort de Delambre. En 1834, il prend le titre de « Directeur des observations à l'Observatoire de Paris ». A partir de 1843, il assurera la direction de l'Observatoire jusqu'à sa mort. Il est élu Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences le 7 juin 1830, puis remporte ses premiers mandats électoraux (conseiller général de la Seine en septembre 1830, député des Pyrénées-Orientales en juillet 1831).

DICK de LONLAY (Georges Hardouin, dit).

Au Tonkin, 1883-1885. Récits anecdotiques illustrés de 300 dessins par l'auteur.

P., Garnier Frères, 1886, gr. in-8°, viii-597-(1) pp, page de titre gravée et 300 gravures en noir dans texte d’après les dessins de l'auteur, reliure percaline rouge de l'éditeur, 1er plat illustré noir et or, plats biseautés, dos orné (uniformément passé), tranches dorées (Ch. Magnier rel. , plaque de Paul Souze), 2e plat lég. sali, qqs rares rousseurs, bon état (Cordier (Henri), Bibliotheca indosinica, IV, 2547)

Première édition. Récit détaillé des opérations accomplies au Tonkin, depuis la mort du commandant Rivière en 1883 jusqu'à la prise des îles Pescadores en mars 1885. Dick de Lonlay, aussi habile narrateur que dessinateur, conte les épisodes glorieux et dramatiques de la conquête du Tonkin : Les Pavillons Noirs - Les Pirates de la Baie d’Along - Sontay - Bac-Lé - Fou-Tchéou - Tuyen-Quan - Langson - Formose - Les Pescadores... Autant d’épisodes militaires héroïques de la colonisation Indochinoise.

DECHAPPE (Mme et L.).

L'Histoire par les textes. De la Renaissance à la Révolution.

Delagrave, 1939, in-12, vii-642 pp, cart. éditeur

PIETRI (Luce).

Époques médiévales (Ve-XVe siècle). L'occident médiéval à son apogée (XIIIe siècle). L'évolution particulière des mondes orientaux à la fin de Moyen Age. L'Europe au seuil de l'époque moderne : difficultés et promesses d'un renouveau.

Bordas/Laffont, 1971, gr. in-8°, 608 pp, 528 illustrations en noir dans le texte et sur 48 pl. hors texte en couleurs, cartes, tableaux généalogiques, biblio, index, reliure toile décorée de l'éditeur, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

Volume IV de la série “Le Monde et son Histoire”, sous la direction de Maurice Meuleau. Ce volume concerne le monde médiéval à partir du XIIIe siècle. L'accent est d'abord mis sur « l'élargissement des horizons économiques et les transformations de la société médiévale » : la révolution commerciale, le travail urbain, les mutations de l'économie, les villes, les rustres et l'aristocratie terrienne. Deux chapitres étudient l'affermissement des monarchies en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie. La septième partie reprend les mondes orientaux, l'Islam d'Asie et d'Afrique, l'Islam turc et les chrétientés d'Europe orientale. — Histoire générale des civilisations, “Le Monde et son Histoire” est une vaste fresque où figurent les traits marquants et les faits essentiels de l'histoire du monde. Ouvrage de référence, les lecteurs avertis comme les historiens amateurs peuvent y trouver aussi bien la réponse à une interrogation ponctuelle que l'exposé synthétique d'une question ou d'une période, et cela au cours d'une lecture facile et agréable.

PONTAUT (Jean-Marie) et J. DUPUIS.

Les Oreilles du Président. Suivi de la liste des 2000 personnes "écoutées" par François Mitterrand.

Fayard, 1996, in-8°, 276 pp, broché, bon état

De 1983 à 1986, les écoutes téléphoniques installées par la cellule élyséenne ont conduit à la mise en mémoire informatique de près de 1.500 personnes. A travers l'étude de ces écoutes, Jean-Marie Pontaut, rédacteur en chef du Point, montre les inquiétudes les plus secrètes et les plus sensibles de François Mitterrand.

ROUX (Jean-Paul).

Tamerlan (1336-1405).

Fayard/GLM, 1991, in-8°, 380 pp, 3 cartes, glossaire, généalogies, chronologie, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état.

Tamerlan (1336-1405) a laissé dans l'histoire un souvenir qui rivalise presque avec celui de Gengis Khan. Ce Mongol turquisé régna trente-cinq ans, de 1370 à 1404, à Samarkande, et mena inlassablement des campagnes militaires, toutes victorieuses, qui le conduisirent de Delhi à la mer Egée, de Damas au Turkestan chinois. Entreprises au nom de la guerre sainte musulmane, par un étrange paradoxe, elles eurent pour résultat essentiel la ruine ou l'affaiblissement des plus grandes puissances de l'Islam. Il y a un mystère Tamerlan et même un véritable mythe, né sans doute de ses retentissants succès et aussi de la complexité du personnage. Imprégné des traditions païennes de l'Asie centrale, il se posait en musulman fervent. Boiteux, infirme du bras et de la main, il avait une énergie et une résistance physiques sans égales. Ne pouvant supporter qu'on évoquât devant lui les horreurs de la guerre, il laissait publier, souvent avec une exagération manifeste, le récit de ses innombrables meurtres, et faisait édifier, partout où il allait, des minarets de crânes. Destructeur de villes millénaires, il construisait en même temps dans sa capitale les plus somptueux édifices et jetait les fondements de la Renaissance timouride, l'un des plus beaux fleurons de la religion musulmane. Son époque fut, comme lui-même, au confluent de deux cultures – celle de l'Asie centrale, chamaniste et nomade, et celle de l'Iran, musulmane et sédentaire. Avec ses incroyables raids équestres s'achève le temps où les cavaliers armés d'arcs et de flèches imposaient leur loi dans toute l'Eurasie. — "L'historien Jean-Paul Roux retrace l'itinéraire de ce génie militaire qui bouleversa pour plusieurs siècles l'échiquier du monde." (Pierre Chaunu)

DANSETTE (Adrien).

Le Second Empire. Naissance de la France moderne.

Hachette, 1976, in-8°, 397 pp, 3 cartes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

"Dans ce volume comme dans les précédents Adrien Dansette se livre à une étude minutieuse et systématique de toutes les sources et de la littérature récente. Ce troisième tome est tout entier consacré au développement économique du Second Empire. Et l'auteur a bien raison de montrer combien cette étude avait été alors négligée par les historiens. (...) A. Dansette brosse à grands traits un tableau de la vie française et des transformations déjà amorcées sous la monarchie de Juillet tant à Paris où les conditions de vie étaient déplorables pour qui n'appartenait pas aux classes aisées, qu'en province. Les obstacles opposés au développement économique par les difficultés des moyens de communication et la faiblesse du crédit allaient être levés peu à peu par l'apparition des chemins de fer, la création des grandes banques, les modifications technologiques, enfin les débuts de la concentration industrielle. A. Dansette met bien en relief la part qui revient dans le développement du Second Empire à la pensée saint-simonienne et surtout aux hommes qui en furent imprégnés dans leur jeunesse. Il étudie successivement la révolution du crédit, la révolution des transports, la révolution de l'urbanisme, la libération des échanges. Le tournant de 1860 avec la "relance de l'économie saint-simonienne", les problèmes posés alors par la croissance des industries lourdes et légères, les industries chimiques, l'amène au bilan qui conclut son travail. (...) L'ouvrage a le mérite d'exposer clairement les développements, qui ne furent pas toujours limpides, de certaines entreprises (entre autres le Crédit Mobilier), l'imbroglio des affaires Mirès, les affaires rivales des Rothschild et des Pereire." (G. Massa-Gille, Bibliothèque de l'école des chartes 1978)

DANSETTE (Adrien).

Du 2 Décembre au 4 Septembre. Le Second Empire.

Hachette, 1972, gr. in-8°, 509 pp, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état (Grand prix du Nouveau Cercle). Edition originale

"Ce volume retrace l'évolution intérieure de la France, de la république décennale à la chute de l'Empire. L'auteur étudie les mesures prises pour affermir le régime après le coup d'Etat et assurer, par la constitution de 1852, l'établissement de l'empire autoritaire ; il démonte le mécanisme du fonctionnement des nouvelles institutions mises en place par la volonté de Napoléon III. Les tentatives de l'empereur pour libéraliser le régime en dépit des difficultés intérieures et extérieures vont aboutir au déclin de son autorité, antérieur à la défaite qui amena sa fin. L'auteur s'est attaché à démontrer que cette chute était inéluctable dans la mesure où lui firent défaut les trois piliers du régime, l'empereur, l'armée, la paysannerie, au moment où le sort des armes lui devint contraire. Plus rien ne pouvait assurer la survie de l'Empire. Adrien Dansette utilise avec soin, compétence et autorité toutes les nouvelles sources et les publications récentes sur le Second Empire. Il met l'accent sur les tentatives faites par l'empereur pour assurer au pays une législation sociale cohérente et efficace, bien que paternaliste. Le volume s'achève par la publication d'une chronologie et de documents annexes suggestifs." (Geneviève Massa-Gille, Bibliothèque de l'école des chartes, 1976)

RICHARD (Jean).

Saint Louis. Roi d'une France féodale, soutien de la Terre sainte.

Fayard, 1993, in-8°, 638 pp, sources et biblio, chronologie, 4 cartes, 6 généalogies, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Comment un souverain autoritaire et dont les agents avaient la poigne rude est-il devenu la figure la plus vénérée de l'histoire de France, le roi dont Voltaire disait qu'il n'était pas possible de pousser la vertu plus loin que lui ? La sincérité d'une vie assujettie aux impératifs de la morale chrétienne, l'esprit d'équité de celui qui proclamait la supériorité du prud'homme sur le béguin et savait concilier le respect de l'éclat de la monarchie avec l'austérité personnelle et, par-dessus tout, la recherche passionnée de la paix ont donné à Saint Louis un prestige déjà fort peu contesté de son vivant. Il n'en reste pas moins celui qui organisa le Parlement, qui introduisit une nouvelle conception de la monnaie, qui fit entrer les grands barons dans l'exercice du pouvoir royal. Cette royauté féodale, mais où le recours aux notions du droit romain donne une physionomie nouvelle aux rapports féodaux, Saint Louis l'a mise en service d'une cause qui était celle de toute l'Europe chrétienne : la croisade. Le souci de la Terre sainte l'a amené non seulement à passer six années de son règne outre-mer, mais à prendre conscience de l'importance des problèmes méditerranéens. Et, dans son désir de donner aux établissements latins d'outre-mer des appuis nouveaux, il a ouvert la voie aux relations avec les Mongols, introduisant ainsi une perspective planétaire dans les conceptions politiques du temps.

EIZYKMAN (Claudine).

La Jouissance-cinéma.

UGE, 1975, in-12, 312 pp, index, lexique, broché, couv. illustrée, discret C. de bibl., bon état

Le cinéma ne peut plus être seulement pensé comme étant émis par le social, mais comme produisant simultanément du social. Cette fonction d’initiateur (sexuel, politique) se relève dans sa forme dominante : le cinéma NRI (narratif - représentatif - industriel) et ses métamorphoses modernes (fonctionnement). Mais la prise en considération des recherches (cinéma indépendant), qui pour être minoritaires n’en sont pas moins actives par leur radicalité perceptive, permet, après une analyse précise des mécanismes, d’exhiber les configurations opératoires : les graphes de la jouissance-cinéma. Les processus de cette triple circulation sociale, libidinale, filmique, qui ont résisté et résistent à toutes les tentatives d’écrasements sémantiques, sont ici saisis dans leur modalité et leur temporalité propres. Dès lors, le cinéma n’est plus le récif où les sciences humaines viennent échouer, mais le modèle actif qui permet la constitution d’une énergétique généralisée.

MARCELLIN (L.).

Politique et Politiciens d'avant guerre.

La Renaissance du Livre, s.d. (1923), in-12, 312 pp, broché, couv. lég. salie, sinon bon état (Documents et témoignages contemporains)

Dans cet ouvrage sur la politique des débuts de la Troisième République (Waldeck-Rousseau et le waldeckisme, Combes et le combisme, l'Affaire Dreyfus, du pacifisme à l'antipatriotisme, la guerre à l'idée religieuse, cuisine politique 1900-1910, etc.), Louis Marcellin a synthétisé certains des sentiments anti-parlementaires qui s’étaient développés en France au cours des décennies précédant la Première Guerre mondiale. Sinon, l'auteur s'excuse de n'avoir pas observé l'ordre chronologique pour ce quatrième volume, paru après “Politique et Politiciens pendant la guerre” (2 vol.) et “Politique et Politiciens d'après guerre”. — "Dans son nouveau volume, “Politique et Politiciens d'avant guerre”, parmi cent portraits et mille anecdotes, notre confrère L. Marcellin conte celle-ci : après le 18 mars, Raoul Rigaud fut nommé préfet de police... Voici le décret qui fut pris : « Article Premier. – La préfecture de police est supprimée. Art..2. – Le citoyen .Raoul Rigaud est chargé des fonctions que remplissait le préfet de police »." (Le Figaro, 23 mars 1924)

AMOUROUX (Henri).

La Grande Histoire des Français sous l'Occupation. 2. Quarante millions de pétainistes (Juin 1940-Juin 1941).

GLM/Laffont, 1978, gr. in-8°, 550 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, chronologie, cart. éditeur; jaquette illustrée, bon état

Avec Quarante millions de pétainistes, Henri Amouroux aborde la période qui va de juin 1940 à juin 1941, période pendant laquelle, unis par la défaite, beaucoup de Français se rangent derrière le maréchal Pétain à qui, le 10 juillet, consentante plus encore que résignée, l'Assemblée nationale a donné tous les pouvoirs. La France de la défaite, une défaite si totale qu'elle paraît, à presque tous, envoyée par le Ciel, entrera donc en pétainisme comme l'on entre en religion. Henri Amouroux donne mille exemples de la ferveur des foules et des individus, ferveur qui, pour les lecteurs de 1977, s'exprime en mots ridicules ou naïfs, mots qui, en 1940, traduisent simplement le désarroi des âmes et sont l'écho de tous les malheurs du temps. A côté de la foule des fidèles, Henri Amouroux a su voir et décrire les adversaires du régime dont l'évolution est intéressante, puisque, pendant de nombreux mois, ils épargnent le Maréchal, se contentant d'attaquer son entourage...

MARCELLIN (Raymond).

La Guerre politique.

Plon, 1985, in-8°, 250 pp,

ALIBERT (Louis).

Méhariste 1917-1918.

Bordeaux, Delmas, 1945, pt in-8°, 365 pp, une carte repliée in fine, broché, bon état

Souvenirs des campagnes militaires menées contre les Touaregs et leur chef Kaocen. Carnets de route tenus du 1er février 1917 au 10 mai 1918 par Louis Alibert, chef d'une section nomade dans l'est du Niger. A la poursuite des rezzous il décrit très exactement le pays, les conditions de vie des méharistes, leurs déplacements, leurs combats et donne à son récit une vie qui en rend la lecture passionnante.

ARCAY (Joseph d').

Notes inédites sur M. Thiers. L'homme privé, l'homme politique.

P., Ollendorff, 1888, in-12, xxxi-272 pp, préface de Francis Magnard, un fac-similé dépliant hors texte d'une lettre de Thiers, reliure demi-percaline brique, dos lisse,pièce de titre basane havane, fleuron doré et date en queue, plats de couv. conservés (rel. de l'époque), ex-libris Jean de Kergorlay, bon état. Edition originale

La généalogie et la famille. La carrière de journaliste. Son rôle avant, pendant et après les journées de Juillet. M. Thiers au pouvoir. Le mariage. Rentrée de M. Thiers dans la politique active. Les amis et collaborateurs...

[Zodiaque] – VARAGNAC (André) et autres.

L'Art gaulois.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1956, gr. in-8°, 328 pp, 179 héliogravures sur 112 planches, 16 planches de monnaies gauloises et 4 pl. en couleurs hors texte (photographies de Jean Dieuzaide et Pierre Belzeaux), reliure pleine toile beige de l'éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps, 4)

Prodromes du Celtisme (A. Varagnac) ; La sculpture (A. Varagnac) ; Les monnaies (Gabrielle Fabre et Monique Mainjonet) ; Métal et céramique (A. Varagnac) ; Capacités chrétiennes du celtisme (A. Varagnac). — "L'une des expressions les plus achevées des conceptions de l'art gàulois est à rechercher d'après la monnaie ; les pages qui en traitent ici sont parmi les plus neuves de l'ouvrage. Plus que la sculpture ou les arts du métal, ce numéraire – si divers selon les pays, Gaule méditerranéenne et garonnaise, Gaule centrale et orientale, Armorique – est l'expression d'un grand fait de civilisation, le dualisme qui, aux temps protohistoriques, oppose les contrées du Nord et celles du Midi, les unes éprises d'un certain réalisme, les autres de « signes » : à l'intérieur d'une société qui fut incapable d'assurer son unité..." (R. Lantier, Revue Archéologique)

BASTID-BRUGUIÈRE (Marianne)(dir.).

Une autre émergence ? Puissance technique et ressorts culturels en Inde et Chine.

P., Hermann, 2014, in-8°, 151 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

L'émergence de la Chine et de l'Inde depuis vingt ans n'est-elle qu'une émergence économique ? Derrière l'élan continu de la croissance économique, n'y a-t-il pas des ressorts internes, encore trop méconnus ? Dans quel état d'esprit les populations y vivent-elles le bouleversement des modes de vie ? Quelles expressions les changements en cours trouvent-ils dans les représentations, les sentiments, l'imaginaire des habitants ? Avec quels espoirs et quelles ambitions ? De la créativité technique à la création littéraire, cet ouvrage explore les forces humaines mobilisées par les deux grandes puissances asiatiques du XXIe siècle et recherche la dynamique profonde de leur émergence.

CHARLES-PICARD (Gilbert).

Hannibal.

Hachette, 1967, in-8°, 270 pp, 2 cartes, appendice bibliographique, broché, couv. à rabats, bon état

"« L'effort d'Hannibal n'a pas été stérile, bien qu'il soit mort désespéré, en exil, loin de sa patrie ruinée et poursuivi jusqu'au bout du monde par ses ennemis triomphants ». C'est du moins ce que tente de prouver Gilbert Charles-Picard dans un ouvrage où, récusant l'histoire patriotique et partiale, si belle d'ailleurs, de Tite-Live, pour s'appuyer sur un buste d'Hannibal trouvé à Volubilis et sur des monnaies à son effigie, il trace un portrait neuf du génial chef de guerre barcide. Portrait non seulement physique du futur vainqueur de la Trébie, du lac Trasimène et de Cannes, tel qu'il était à vingt-six ans, lorsqu'en 218 avant Jésus-Christ, il quitta Carthagène, grand, fort et beau, avec des yeux de flamme, et qui ne devint le « chef borgne » le « cyclope » dont parle Juvénal qu'après qu'une ophtalmie contractée en Etrurie lui eut fait perdre un œil ; mais aussi portrait de sa famille, de ses grands desseins, de ses victoires et de l'échec final, et tableau des deux premières guerres puniques. Gilbert Charles-Picard s'est plu à retrouver dans Hannibal le politique plus que le militaire, l'héritier d'Alexandre le Grand et l'unificateur du monde méditerranéen plus que l'ennemi acharné de Rome.Une admirable synthèse de tout ce qui a été écrit sur Hannibal, merveilleusement documentée et écrite avec élégance." (Revue des Deux Mondes, 1967)

DAUDET (Léon).

Magistrats et policiers.

Grasset, 1935, in-12, 240 pp, broché, bon état. Edition originale, ex. du SP

L'affaire Plateau, l'affaire Philippe Daudet, l'affaire Hanau, l'affaire Oustric, l'affaire Stavisky, l'affaire Prince, etc. Dans cet ouvrage, Léon Daudet exprime le fantasme cher à l’extrême droite comme à l’extrême gauche des pouvoirs occultes de la Sûreté – cette « effroyable caverne » –, de ses Renseignements généraux – « dernière armature [de boue et de sang] du régime républicain »– et la véritable fascination qu’exerçait l’« aile marchante et tueuse de la maçonnerie », soupçonnée des crimes les plus audacieux. Après la mort de Syveton, le trésorier de la Ligue de la patrie française, Maurras, dénonça un « crime policier et maçonnique déguisé en suicide ». – "Magistrats et Policiers" démontre "la terrible décomposition d'une grande partie de la magistrature debout et assise sous l'impulsion de la démocratie parlementaire." (Léon Daudet)

FIECHTER (Jean-Jacques).

Les deux méthodes : l'évolution du socialisme français de l'Affaire Dreyfus à la Grande Guerre. (Thèse).

Genève, Droz, 1965, gr. in-8°, 290 pp, 4 tableaux dépliants, biblio, chronologie, index, broché, bon état, envoi a.s. Peu courant

Thèse de Doctorat présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Lausanne. La première partie analyse la double crise de conscience déclenchée par "l'affaire Dreyfus" et le "cas Millerand", non seulement en France, mais dans tout le socialisme de l'époque ; la seconde partie analyse les luttes internes au sein du parti socialiste unifié, ainsi que son activité parlementaire, afin de mettre au jour les ressorts de son évolution dans les années 1905-1914 ; enfin la troisième partie est consacrée au bilan de cette époque et à l'évaluation du rôle considérable joué par Jaurès dans la transformation d'une multitude de "sectes" rivales en un grand parti unifié.

GHEUSI (P.-B.).

Cinquante ans de Paris. Mémoires d'un témoin, 1889-1938. 1 : Souvenirs de jeunesse.

Plon, 1939, in-8°, ii-505 pp, index des noms (8 p.), broché, couv. lég. abimée recollée, état correct

Premier volume des mémoires de Pierre-Barthélemy Gheusi (1865-1943), journaliste, écrivain et ancien directeur de l'Opéra Comique (il n'y a pas de mention de tomaison mais 3 autres volumes suivront, publiés en 1941-1942). Un document très précieux sur la vie politique et mondaine sous la IIIe République. — Cousin éloigné de Gambetta et fils d’un banquier, il grandit à Castres où il croise Jean Jaurès répétiteur dans le collège où il étudie. Vers 1887-1888, pendant ses études de droit à Paris, il rencontre Laurent Tailhade qui le fait débuter au Décadent d’Anatole Béju sous le pseudonyme de Norbert Lorédan. Devenu avocat et aussi un des piliers du Chat Noir, il tente de se lancer dans la carrière littéraire par le biais de la presse parisienne, en vain. Il fait la campagne de Jaurès aux élections législatives de 1889 à Castres. Il devient chef de cabinet du sous-préfet de Reims, avant de quitter définitivement l’administration en 1894. En 1897, Arthur Meyer lui confie la direction du supplément littéraire illustré du Gaulois. A cette même époque, il part aussi en tournée d’inspection des écoles chrétiennes en Palestine. En 1899, il rachète la Nouvelle Revue et en devient le directeur. En 1906, après un bref passage au Ministères des Colonies, il est chargé par le ministre des affaires étrangères en 1911 de travailler au rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Venezuela. Il rejoint Pedro Gailhard à la direction de l’Opéra en 1906. En 1914, il prend la direction de l’Opéra-Comique. En août 1914, il est nommé officier d’ordonnance de Galliéni. En 1919, il est limogé par Clemenceau de son poste à l’Opéra-Comique. Après un court passage à la direction du Théâtre Lyrique du Vaudeville (1919-1920), il entre comme rédacteur au Figaro et en devient directeur-administrateur, il le quittera en 1932... Il rédige ses souvenirs, “Cinquante ans de Paris. Mémoires d’un témoin”, qui font de lui un mémorialiste précieux de la vie politique et mondaine de la IIIe République. Dans le “préambule”, il expose la philosophie de l’ouvrage : « Mieux vaut dire, tout simplement, la vérité, sans méchanceté, – Sans haine surtout... » — "Dans ses “Cinquante ans de Paris”, M. P. B. Gheusi, homme de théâtre et journaliste, après avoir évoqué ses souvenirs de jeunesse, nous parle de ce Paris qui lui est familier et où ses fonctions lui ont permis d'approcher l'élite intellectuelle et artistique de son temps. Riche d'anecdotes, de révélations piquantes, de jugements parfois sévères, de commentaires très personnels, ce volume constitue une contribution précieuse à l'histoire du demi-siècle qui vient de finir. Il y a notamment sur la guerre et le rôle de Galliéni des pages pleines d'intérêt, que l'on ne lira pas sans profit." (B. Combes de Patris, Revue des études historiques, 1939) — "Rares sont les narrateurs qui parviennent à intéresser le lecteur, à le mettre dans le jeu, à le captiver pour des gens qu'il n'a pas connus et des aventures qu'il n'a pas partagées. Pour y réussir, il faut que l'homme qui parle, qui se raconte. éveille la sympathie, ait un accent humain qui touche le coeur. M. P.-B. Gheusi possède ces dons..." (Jean Vignaud, Le Petit Parisien, 1939)

GRENEST (Cdt. Eugène Sergent, dit).

L'Armée de la Loire. Relation anecdotique de la campagne de 1870-71 d'après de nombreux témoignages oculaires et de nouveaux documents.

P., Garnier Frères, 1893, 2 vol. in-8°, 614 et 456 pp, dessins de L. Bombled, index, reliures demi-basane verte, dos lisse avec titres et filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passés, bon état

Tome I : Toury, Orléans, Coulmiers, Beaune-la-Rolande, Villepion, Loigny ; Tome II : Beaugency, Vendôme, Le Mans, Sillé-le-Guillaume, Alençon.

GROUSSARD (Colonel).

Chemins secrets.

Mulhouse, Bader-Dufour, 1948, in-8°, 324 pp, broché, bon état, morceau de la bande éditeur conservé (“Comment fut organisée la Résistance dans la clandestinité par le chef suprême de la Résistance en zone sud”)

Mémoires. Seul volume paru. La défaite. – Les premières organisations à Vichy. – Visites et contacts à Londres. — "Le 5 juin 1940, le colonel Georges Groussard quitte son commandement en Alsace. Il est désigné pour remplir les fonctions de chef d’état-major de la région de Paris. A ce stade de la guerre, il ne se fait plus aucune illusion sur le sort des armes. Il va très vite constater à quel point la désorganisation et l’incompétence règnent au sein des plus hautes instances militaires de la capitale. Puis ce sont les jours sombres de l’arrivée des troupes allemandes à Paris. Son attitude, alors jugée rebelle par certains de ses pairs, relève simplement de l’honneur pour ce vétéran de la Grande Guerre. Après la défaite, il est nommé inspecteur général des services de la Sûreté nationale. Avec le soutien du général Huntzinger, alors ministre de la Guerre, il entreprend la création d'une vaste organisation secrète aux desseins ambitieux. A Vichy, ses fonctions au sein de l’Armée d’armistice lui servent de couverture pour recruter des cadres et réunir des moyens matériels. Il y dirige le Centre d’informations et d’études, un service de renseignements renforcé par des unités d’action, les Groupes de protection. L’auteur se trouve alors plongé au centre des intrigues de palais qui prospèrent dans l’entourage du maréchal Pétain. A cet égard, l’ouvrage offre un descriptif assez saisissant des luttes intestines opposant les diverses personnalités politiques et militaires de Vichy. Dans cette atmosphère de complot permanent, il ressort que le colonel Groussard est lui-même englué dans ce système de gouvernement fantoche, et cela dès le début. Ses prises de position franchement antiallemandes n'en font pas moins un fidèle du maréchal Pétain. Sans totalement justifier la gouvernance de ce dernier, il lui reconnaît d'ailleurs de nombreuses circonstances atténuantes. Sur ce chapitre, l’indulgence dont il fait preuve à l’égard du vainqueur de Verdun est sans doute liée à un esprit de caste, très perceptible dans le récit. La relation qu’il fait de son entrevue avec le "vieux chef", en décembre 1940, a quelque chose de surréaliste (173). Il nourrit beaucoup moins de mansuétude pour le personnel politique, en particulier pour Pierre Laval. Après avoir fomenté sa chute, il est chargé le 13 décembre 1940 de procéder à son arrestation. Mais les Allemands n’acceptent pas cette destitution. Laval est libéré et les Groupes de protection sont dissous. Conscient d’avoir perdu la partie, Groussard offre sa démission le 18 décembre. En dépit de cet échec, l'auteur n’entend pas abandonner pour autant la lutte clandestine. Le 14 juin 1941, il s’envole pour l’Angleterre. A Londres, il rencontre Winston Churchill en personne. Sa mission consiste à poser les bases d’un accord secret entre les "Vichyssois antinazis" et les Britanniques tout en trouvant un terrain d’entente avec de Gaulle. Aucune alliance ne ressort de cette entrevue, rien qui fasse bouger les lignes sinon l’impression très forte que laisse le Premier ministre sur son hôte. Il est mis ensuite en présence d’Antony Eden, le chef du Foreign Office, avec lequel il évoque le sort de l’Empire colonial français. S’il rencontre à de nombreuses reprises le colonel Passy pendant son séjour en Grande-Bretagne, il n'est pas reçu par le général de Gaulle, sans que les raisons de ce rendez-vous raté ne soient évoquées. Hors ses souvenirs d’avant-guerre, il appert que rien dans son ouvrage ne nous renseigne vraiment sur ses sentiments à l’égard du chef de la France libre (294). En connaisseur, il perçoit les tensions vives qui s’exercent au sein des diverses composantes des Forces françaises libres ainsi que les différends qui les opposent aux autorités britanniques. De retour en France à la mi-juillet 1941, il est arrêté sur ordres de Darlan et de Pucheu. Là prend fin son récit." (Stéphane Lamache, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945)

LESNE (Marcel).

Évolution d'un groupement berbère, les Zemmour. (Thèse).

Rabat, École du Livre, 1959, gr. in-8°, 472 pp, 44 figures, 36 planches photos et 8 cartes en couleurs en pochette in fine (manque la carte n° 2, la carte n° 1 est en double), 100 tableaux, glossaire, biblio, cartonnage illustré de l'éditeur, bon état. Rare

Au début du XXe siècle, un groupe puissant de tribus berbérophones illustre, par des actes d'hostilité ou de brigandage, sa présence turbulente aux portes de Rabat et de Meknès. D'humeur guerrière, tout imprégnés des souvenirs de la rude vie en montagne menée par leurs pères, encore exaltés par une récente victoire sur la puissante tribu des Bni-Ahsene qu'ils repoussent pas à pas depuis des générations, les Zemmour font du bled Siba une réalité vivante jusque sous les murs de Salé. Aucun étranger ne traverse leur territoire sans s'assurer, contre paiement, la protection coutumière ou mezrag ; le Sultan lui-même contourne la forêt de la Mâmora, ravie par les Zemmour aux Bni-Ahsene, et longe la côte pour se diriger vers Meknès. Hostiles aux étrangers certes, mais aussi profondément divisées et en proie à des luttes intestines sans cesse renaissantes, les tribus Zemmour apportent ainsi, dans les plaines arabisées, l'ardeur guerrière et la rudesse des mœurs de la montagne berbère, jusqu'à l'intervention française et le rétablissement de l'autorité centrale. Les tribus Zemmour comptent à l'époque plus de 12.000 tentes groupant environ 60.000 personnes... — "Dans sa thèse principale, après un rapide rappel du passé et une esquisse des conditions naturelles, l'auteur étudie d'abord « l'ancien état de fait » : la vie d'autrefois beaucoup plus pastorale qu'agricole, liée à l'insécurité et au régime foncier ; il décrit et cartographie les déplacements des fractions et des sous-fractions et montre leurs liaisons non seulement avec les conditions géographiques et historiques, mais aussi avec certains faits en apparence purement sociologiques comme ces pactes de tata, pactes d'entente et d'amitié plus que de véritable alliance, que l'on scellait au cours d'une cérémonie de colactation. Mais c'est à l'étude des facteurs de transformation et à l'évolution de l'économie et de l'habitat qu'est consacré l'essentiel du livre. Les progrès de l'agriculture, d'une agriculture qui s'est bien plus étendue qu'améliorée, ont eu pour conséquence une regrettable diminution de l'élevage, maintenant activité « absolument latérale » où la transhumance se substitue de plus en plus au semi-nomadisme. L'économie, autrefois presque autarcique et familiale, s'est ouverte et muée en une économie d'échange qui a accru les inégalités sociales et donné naissance au salariat. Négligeant les paysages agraires, M. Lesne montre aussi l'évolution de l'habitat, la multiplication des demeures fixes en même temps que leur dispersion, et il enregistre les transformations de la vie familiale, sociale et culturelle de ce groupe zemmour. La thèse principale de M. Lesne témoigne d'une si profonde connaissance des Zemmour et d'un sens de l'humain si pénétrant qu'elle est une précieuse et très intéressante contribution à la connaissance des populations marocaines. Les géographes en apprécieront l'importance et seront sensibles à son illustration et aux huit cartes en couleur très utiles qui l'accompagnent." (J. Despois, Annales de géographie 1960)

MAISTRE (Henri de).

Joseph de Maistre.

Perrin, 1990 in-8°, 298 pp, préface de Gabriel Matzneff, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

Longtemps enfermé par ses admirateurs et ses détracteurs dans son rôle de doctrinaire monarchiste et de représentant majeur de la réaction traditionaliste contre la Révolution, Joseph de Maistre, né à Chambéry en 1753, mort à Turin en 1821, est encore trop souvent considéré comme ce penseur austère et de mauvaise foi que dénonçait Sartre. A la lumière des inédits et des travaux universitaires menés ces quinze dernières années, la personnalité de Joseph de Maistre, dont les Considérations sur la France (1797) révélèrent le génie, apparaît enfin avec plus de vérité. Ni ange ni démon, noble d'origine bourgeoise, Savoyard de souche niçarde, Français de cœur mais rattaché au Piémont, catholique maçon, monarchiste réformateur, rationaliste mystique, Maistre multiplie les paradoxes qui l'éprouvent jusque dans sa chair. Ainsi voit-on ce Janus, qui porte haut ses contradictions, osciller entre la passion et l'abattement, le doute et l'engagement, le goût du dogme et l'attrait de la fronde, la foi et le désespoir, l'ironie et le sérieux, tandis qu'il lance d'insolents défis au rationaliste qu'il ne cessera d'être malgré lui, et que rien n'apaisera. Réfugié à Lausanne après l'invasion de la Savoie par la France (1792), appelé à Cagliari par Charles-Emmanuel IV qui le place au sommet de la magistrature sarde, il est ensuite, de 1803 à 1817, envoyé extraordinaire de Sardaigne à Saint-Pétersbourg. Là, son esprit et son analyse des événements séduisent le tsar et la société russe et il compose ses autres grands ouvrages, dont les débuts des Soirées de Saint-Pétersbourg. On n'a pas hésité à qualifier de "Voltaire chrétien" ce grand penseur et ce grand écrivain dont Henri de Maistre, son descendant direct, qui a disposé d'une très importante documentation inédite, renouvelle la connaissance.

MATHIEZ (Albert).

La Révolution française. I. La chute de la Royauté. II. La Gironde et la Montagne. III. La Terreur.

P., Club du meilleur livre, 1959, fort in-8° carré (20 x 17), (12)-578 pp, préface de Henri Calvet, édition illustrée de 225 gravures, portraits et et fac-similés de l'époque, dans le texte et hors texte, reliure toile écrue décorée de l'éditeur, rhodoïd, signet, bon état

"Cette édition monumentale est comparable en ses intentions à ce qui a été fait pour “La Civilisation de la Renaissance en Italie”. Notre souci principal a été de substituer à l'iconographie traditionnelle une illustration vivante tirée des sources les moins connues des bibliothèques, des archives et des musées. Circulant avec le texte, elle permet de suivre de la façon la plus "contemporaine" les personnages et les événements. C'est dire qu'on y trouvera avec des gravures populaires, des caricatures du temps, les portraits les moins connus des grands hommes de la Révolution ainsi que des objets et de nombreuses reproductions de la presse du temps." (Club n° 73)

MÉLANDRI (Pierre).

L'Alliance atlantique.

Gallimard/Julliard, 1979, in-12, 281 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Archives)

L'Alliance atlantique a trente ans. Aujourd'hui comme hier, sa vraie nature reste incertaine : est-elle le grand rassemblement des nations occidentales ou l'instrument d'une domination américaine ? Le rempart des démocratie ou une Sainte-Alliance idéologique ? Un bloc militaire militaire ou l'espace privilégié d'un système économique et monétaire ? A-t-elle tenter d'instituer un nouvel ordre, est-elle au centre des déséquilibres qui, depuis la guerre, menacent l'Occident ? Il faut interroger ici les textes et les hommes. C'est dans l'histoire, tumultueuse et souvent contradictoire, d'un projet qui sépare autant qu'il unit que Pierre Mélandri cherche une réponse à ces questions qui traversent notre présent.

MÉLANDRI (Pierre) et Jacques PORTES.

Histoire intérieure des États-Unis au XXe siècle.

Masson, 1991, gr. in-8°, 364 pp, tableaux et graphiques, cartes électorales de 1896 à 1988, biblio, index, broché, bon état (Coll. Un Siècle d'histoire), envoi a.s. des 2 auteurs

L'histoire intérieure des Etats-Unis, de 1900 à nos jours, n'a jamais été abordée en tant que telle, pas plus en France qu'aux États-Unis. Le présent ouvrage constitue donc une véritable première. Les immigrants qui déferlent à Ellis Island, l'éclat de la richesse des années 1920, les premiers succès d'Hollywood, les taudis de la crise de 1929, le dynamisme de Franklin D. Roosevelt, l'ampleur de l'effort de guerre, le McCarthysme et la vie confortable des banlieues, les manifestations noires et étudiantes des années 1960, la crise du Watergate, l'inflation des années 1970, le mirage reaganien... autant d'images, au milieu de bien d'autres, que vous retrouverez dans ce livre, explicitées, mises en perspective historique, intelligibles. Une lecture pour comprendre toute la richesse et la diversité de l'histoire intérieure des États-Unis durant le XXe siècle.

MÉLANDRI (Pierre).

La Politique extérieure des États-Unis de 1945 à nos jours.

PUF, 1982, in-8°, 256 pp, biblio, index, broché, soulignures crayon, bon état (Coll. L'historien)

La Première et la Seconde Guerres mondiales ont catapulté les États-Unis au faîte des responsabilités mondiales. Entre 1941 et 1947, non sans hésiter, ils acceptent le leadership occidental que depuis longtemps le déclin des Anglais a laissé vacant. Au milieu des années 1960, l'on parle couramment d'Amérique impériale. Au début des années 1980, pourtant, certains se demandent déjà si la Pax Americana n'a pas fait son temps. En tout cas, le paradoxe est là : alors que tout le monde, ou presque, leur envie, ou leur reproche, leur hégémonie, les Américains la considèrent, eux, comme un fardeau bien lourd pour leur pays. Pour maîtriser ces données toujours mouvantes, souvent contradictoires, cet ouvrage fait appel à l'histoire : à l'histoire d'une expérience nationale dont l'influence sur l'approche de la scène internationale a été cruciale ; à l'histoire d'une action impériale dont les ambitions se sont heurtées aux contraintes d'un monde extérieur réfractaire comme aux réticences d'une opinion publique versatile ; à l'histoire enfin d'un ordre occidental dont la dynamique a longtemps rapproché les États-Unis de leurs alliés, mais dont les déficiences et contradictions tendent, aujourd'hui, à les en éloigner. Ainsi, c'est à la lueur des faits, et non en fonction de préjugés ou de clichés, que les principales tensions inhérentes au sujet sont examinées : tension entre intérêt national et responsabilités internationales, entre motivations économiques et impératifs stratégiques, entre présidence impériale et tradition démocratique. Ainsi, c'est dans la perspective d'une plus longue durée que le lecteur pourra interpréter l'actualité.

NOLHAC (Pierre de).

Versailles et la cour de France. Louis XV et Madame de Pompadour.

P., Louis Conard, 1928, in-8°, (8)-333 pp, un portrait en frontispice et 3 planches, sources, appendice, imprimé sur papier vergé, broché, bon état

Un livre couvrant la période où la marquise fut effectivement la maîtresse du roi, avant de ne devenir qu'une amie dévouée. Les ouvrages de Pierre de Nolhac, Louis XV et Marie Leczinska ; Louis XV et Madame de Pompadour ; Marie-Antoinette Dauphine ; La Reine Marie-Antoinette ; Autour de la Reine ; Versailles au XVIIIe siècle, sont indispensables pour bien connaître la famille royale et la Cour sous Louis XV et sous Louis XVI.

[Noblesse].

L'Ordre de la Noblesse. Volume premier : Familles d'Europe enregistrées in Ordine Nobilitatis du 1er janvier 1977 au 30 juin 1978.

Jean de Bonnot, 1978, fort in-4°, cdxlii-(4)-412 pp, biblio, reliure basane noire de l'éditeur, dos lisse orné de blasons dorés, plats ornés de blasons à froid, tête dorée, signet, imprimé sur papier vergé filigrané, bon état. Tirage spécial, exemplaire de tête avec la signature de Jean de Bonnot

Panorama de la noblesse européenne avec notices historiques, importantes bibliographies et répertoire alphabétique des familles d'Europe. Allemagne (Hohenzollern, Wittelsbach, Maison de Brunswick, Royaume de Hanovre), Belgique, les Etats des Croisés, Espagne, France, Georgie, Angleterre, Hongrie, Irlande, Italie, Grand Duché de Luxembourg, Pays-Bas, Suisse

RUNCIMAN (Steven).

Le Manichéisme médiéval. L'hérésie dualiste dans le christianisme.

Payot, 1949, in-8°, 206 pp, traduction de Simone Pétrement et Jacques Marty, biblio, broché, bon état (Bibliothèque historique)

"L'auteur nous a donné là, sur l'un des sujets les plus passionnants de l'histoire religieuse, un excellent exposé d'ensemble, nourri de faits précis et appuyé sur une information étendue ; rédigé d'une main sûre dans un ton parfaitement objectif et rationnel. L'éloge a son prix, car le mythe cathare a souvent suscité un engouement de mauvais aloi et donné naissance à des publications fâcheusement dénuées de méthode et de critique. Signalons, toutefois, aux amateurs de tradition « occulte » que M. Runciman n'a pas laissé la question hors de son champ de curiosité et qu'il signale au moins une piste à explorer en ce sens : le symbolisme des figures du Tarot peut refléter un héritage ésotérique du dualisme manichéen. Ici, sous le nom de Manichéisme, c'est tout l'ensemble des hérésies dualistes du monde chrétien qui est étudié. Un chapitre remonte aux origines : le Gnosticisme des premiers siècles, le Manichéisme authentique de Mani, puis le Messalianisme (mouvement plein d'intérêt, mais encore mal connu) ; défilent ensuite successivement les Pauliciens de l'Arménie du VIIIe siècle, les Bogomiles de la Bulgarie du Xe, les « Patarins », c'est-à-dire les formes plus récentes du Bogomilisme tel qu'il s'est répandu dans les pays yougoslaves (où il a survécu, solidement enraciné, jusqu'à la conquête turque), et, enfin, les Cathares de la France méridionale et de l'Italie du Nord. L'auteur a mis soigneusement en évidence les liens de filiation, ou les points de contact, qui unissent successivement l'un à l'autre ces chaînons de la tradition dualiste. (...) On ne peut que recommander le présent ouvrage comme la meilleure initiation possible à ces problèmes." (H.-I. Marrou, Revue des Études Anciennes, 1951)

REISET (Vicomte de).

Les Reines de l'émigration. Anne de Caumont-La Force, comtesse de Balbi.

P., Emile-Paul, 1908, pt in-8°, xxxviii-542 pp, un portrait héliogravé en frontispice, sous serpente légendée, sources, broché, bon état

La vie extravagante d'Anne-Jacobée Nompar de Caumont-La Force (1753-1832), qui fut l'« amie » toute platonique du comte de Provence avant la Révolution, puis dans l'exil. — "Nous ne nous arrêterons pas longtemps à la biographie de la comtesse de Balbi, écrite par M. le vicomte de Reiset, non pas qu'elle ne soit amusante et que l'auteur ne se soit appliqué très consciencieusement à nous retracer dans toutes ses péripéties l'existence de cette Anne-Jacobée de Caumont La Force, dame d'atours de Madame, en attendant qu'elle accompagnât Monsieur. Mais, vraiment, les amours de cette femme insolente, spirituelle et dévergondée, épouse et mère détestable, avec le gros comte de Provence, n'ont pas droit à occuper tant de place dans la littérature sérieuse, encore qu'elle eût « une taille de nymphe marchant sur les nuées » (p. 115) ; et quoi qu'en dise l'auteur, les « négociations délicates » dont la favorite « avait été chargée maintes fois auprès des puissances étrangères » ne nous paraissent pas nécessiter une étude plus approfondie. D'ailleurs, son rôle « politique » fut terminé dès 1794, quand d'Aravay lui fit interdire de venir à Vérone..." (Rod. Reuss, Revue Historique, 1909)

ROUX (Jean-Paul).

Babur. Histoire des Grands Moghols.

Fayard, 1986, in-8°, 422 pp, 5 cartes, annexes, chronologie, glossaire, tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. On joint 2 coupures de presse

Babur est un des grands personnages de l'Histoire. Et pourtant, l'Occident ne connaît guère ce descendant de Gengis Khan et de Tamerlan, qui a jeté les fondements de l'empire des grands Moghols. Un homme extraordinaire s'il en fut, conquérant, mais aussi mystique, juriste et théologien, dont les talents d'écrivain sont encore universellement estimés : ses mémoires constituent la meilleure source d'information et sur son époque et sur les événements qui s'y déroulent. Sa vie fut une succession ininterrompue d'aventures. Pendant des décennies, il subit toutes les vicissitudes de la fortune, celle-ci lui donnant trois fois le trône de Samarkand, puis le contraignant à devenir chevalier errant, proscrit traqué, chef de bande, avant de le conduire, en humble courtisan, à la cour d'un roitelet mongol de Tachkent. Et s'il devint roi du pays de Kabul, ce fut pour se lancer dans des entreprises encore plus risquées – une traversée épique de l'Hindu Kuch en plein hiver, des razzias en Inde – et manquer de se faire égorger par des soudards révoltés. Dans sa vie privée, jusqu'au jour de sa mort, il connut toutes les passions : un malheureux mariage précoce, un amour éperdu pour un jeune garçon, un attachement indéfectible à la femme qu'il aimait, une romanesque rencontre avec la fille d'un chef de tribu afghane ; une dilection presque maladive pour sa famille, pour les femmes de son sang surtout... Il vécut tous les rêves et tous les excès, dans les tourments et les repentirs, se montrant clément au point d'en paraître faible, pour passer dans de brusques rigueurs qui l'amenaient à construire, aux marches de son empire, une enceinte de tours avec les crânes de ses ennemis décapités.

STAFFE (Baronne).

Le Cabinet de Toilette.

P., Victor Havard, 1891, in-12, 351 pp, cartonnage percaline bleu guède de l'éditeur, titres en noir au 1er plat et au dos, qqs rousseurs, bon état

"Il y a toujours une ou plusieurs pièces de la maison où la femme imprime sa marque particulière, qui sont faites à sa ressemblance morale et physique." Au XIXe siècle, le cabinet de toilette était considéré comme le sanctuaire de la femme. C'est là qu'elle passait une bonne partie de son temps afin d'être la plus agréable et la plus belle possible aux yeux de son mari (ou autre). Ce livre traite à la fois de l'ameublement du cabinet, des soins corporels généraux de la femme (le visage, la chevelure, la bouche, les dents, la voix, les yeux, le nez, l'oreille, la main, les ongles, le pied, les dessous de la toilette : corset, jarretelles), de l'alimentation, de l'habillement, du maquillage, des parfums, des bijoux et des tissus et de leur entretien.

GHEUSI (P.-B.).

Cinquante ans de Paris. Mémoires d'un témoin, 1889-1939. 2 : Leurs femmes.

Plon, 1941, in-8°, 468 pp, index, broché, lég. défraîchi, état moyen

Tome 2 seul (sur 4) — Les souvenirs de l'ancien directeur de l'Opéra Comique sous la IIIe République. Pierre-Barthélemy Gheusi, connu aussi sous le pseudonyme de Norbert Lorédan, est un journaliste, écrivain et directeur de théâtre français né à Toulouse le 21 novembre 1865 et mort à Paris le 30 janvier 1943. Ses mémoires, Cinquante ans de Paris, sont un document très précieux sur la vie politique et mondaine sous la IIIe République. — "Rares sont les narrateurs qui parviennent à intéresser le lecteur, à le mettre dans le jeu, à le captiver pour des gens qu'il n'a pas connus et des aventures qu'il n'a pas partagées. Pour y réussir, il faut que l'homme qui parle, qui se raconte. éveille la sympathie, ait un accent humain qui touche le coeur. M. P.-B. Gheusi possède ces dons..." (Jean Vignaud, Le Petit Parisien, 1939)

DÉCARREAUX (Jean).

Byzance ou l’autre Rome.

Editions du Cerf, 1982, in-8°, 274 pp, lexique, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

Byzance. Ce mot évoque pour nous le faste d'un empire prestigieux, d'une Eglise illustrée par d'innombrables saints et docteurs de l'Eglise, par des milliers et milliers de moines et d'ascètes. “L'autre Rome” évoque la rivalité séculaire, puis les conflits entre l'Eglise grecque et l'Eglise latine, qui devaient aboutir à la séparation, on ne sait au juste à quel moment. Les Eglises d'Orient ont longtemps été méprisées et méconnues par les chrétiens latins. Aujourd'hui, elles fascinent nombre de catholiques. Pour autant, les connaissent-ils mieux ? Dans cet ouvrage, le P. Décarreaux nous invite à un voyage dans le temps et dans l'espace. A grands traits, il nous présente l'histoire de l'empire byzantin, de sa décadence, de sa conquête par les croisés latins puis par les Turcs, de sa survivance. Il nous montre l'aventure extraordinaire des moines grecs d'hier et d'aujourd'hui. Il nous raconte enfin tous les efforts de rapprochement au cours des siècles entre Latins et Grecs, jusqu'à la rencontre extraordinaire de Paul VI et du patriarche Athênagoras. Il nous révèle enfin le rayonnement de l'Eglise grecque, dans le monde slave notamment. Cet ouvrage se lit comme un passionnant récit de voyage, car le P. Décarreaux n'est pas seulement un érudit connaissant tout de l'histoire de Byzance ; il connaît de l'intérieur l'Eglise grecque, y ayant fait de longs séjours, en particulier au Mont Athos. Quiconque aura lu ce livre comprendra mieux à la fois les chances et les difficultés d'un rapprochement entre les deux Eglises "soeurs", pour reprendre la formule même de Paul VI. Il ne pourra pas ne pas s'en faire l'apôtre. — "Le P. Décarreaux, dont on connaît et apprécie les études historiques sur le monachisme médiéval et moderne, leur ajoute une suggestive initiation à l'histoire de l'orthodoxie grecque et slave, qui est en même temps un plaidoyer pour la symphonie réconciliée des Églises orthodoxe et catholique. Ce livre s'inspire des meilleures autorités en histoire byzantine, tant profane qu'ecclésiastique, ainsi que d'oecuménistes contemporains, tant orthodoxes que catholiques. Mais l'auteur possède également une expérience personnelle de l'orthodoxie grecque, et en particulier du Mont Athos, où il a accompli plusieurs pèlerinages. S'adressant au catholique cultivé, il a moins visé à l'originalité érudite qu'à une vulgarisation de qualité. Par surcroît, un indéniable talent narratif et un style alerte font de cette introduction une lecture très agréable." (Revue Théologique de Louvain, 1983)

MAINE (René).

Nouvelle histoire de la marine. 3. La Marine volante. Le duel avion-navire commence.

Editions Maritimes et d'Outre-Mer, 1981, gr. in-8°, 663 pp, 10 photos, 8 cartes, chronologie maritime et politique de l'entre-deux-guerres 1920-1939, broché, bon état

Tome 3 seul (sur 3) — "Le mérite de René Maine est d’avoir écrit une histoire illustrée en trois volumes, en écartant délibérément les péripéties secondaires et les chiffres, et en axant chaque volume sur l’une des grandes batailles qui illustrèrent les principales périodes de l’histoire maritime. « J’ai considéré, nous dit-il, qu’il était possible de faire une synthèse nouvelle et originale, à la fois spectaculaire et précise, en présentant comme autant de périodes caractéristiques chacun des cinq âges que la mer et la marine ont traversé jusqu’à nos jours, c’est-à-dire l’âge de la rame, puis l’âge de la voile, de la vapeur, de la cuirasse et du canon, l’âge de la marine volante (l’aviation navale), enfin l’âge de la propulsion nucléaire. » (...) Le tome III nous montre, après le déclin des cuirassés, la naissance et l’apogée du porte-avions, avec la bataille de Midway, dans laquelle l’empire nippon vit fondre ses espoirs d’enlever aux Etats-Unis le monopole économique du monde asiatique. Ce même tome couvre le cinquième âge de la marine, l’ère actuelle nucléaire, encore heureusement non illustrée d’une bataille navale. Il n’est pas excessif d’écrire que René Maine a parfaitement réussi dans sa tentative d’écrire un livre à la fois sérieux, documenté et accessible a tous. Les cartes, très nombreuses, sont de premier ordre." (J.-J. Antier, Revue historique des Armées, 1978)

SAVELLI (Agostino).

Histoire d'Italie de l'Empire Romain jusqu'à nos jours.

Payot, 1950, in-8°, 295 pp, nouvelle édition française revue et complétée par Fernand Hayward, 2 cartes, chronologie, broché, papier jauni, bon état (Bibliothèque Historique)

E.-M. du L. (Étiennette-Marie Villeroy du Lys).

Madame Élisabeth de France, sœur de Louis XVI. 1 : 1764-1791. Versailles, les Tuileries.

Perrin, 1932, in-8°, 665 pp, un portrait en frontispice et 9 gravures hors texte, broché, qqs annotations crayon, bon état

Tome I seul (sur 2) : jusqu'en décembre 1791, quelques mois après Varennes. — Copieuse étude historique écrite par une carmélite, à qui ses vœux imposaient l'anonymat, pour avancer un éventuel procès en béatification de Madame Élisabeth. Le second volume traite la période 1792-1794 (les Tuileries (suite), le Temple).

MOTHÉ (Daniel).

Journal d'un ouvrier, 1956-1958.

Editions de Minuit, 1959, in-12, 176 pp, broché, pt mque au bas du dos, état correct (Coll. Documents)

"Pour avoir travaille et milite pendant vingt-deux ans au sein de la « forteresse Renault », de 1950 à 1972, Daniel Mothé témoigne du quotidien de la vie ouvrière à la Régie, aux beaux temps de la croissance économique. Et de la CGT triomphante qui faisait régner l'ordre. Jacques Gautrat, alias Daniel Mothé, est entré chez Renault comme fraiseur en 1950, après avoir fait mille et un métiers depuis sa sortie de l'école à quatorze ans. Militant trotskiste, il fait ensuite partie de l'équipe de "Socialisme ou barbarie", animée par Cornélius Castoriadis et Claude Lefort, avant de devenir délégué de la CFDT et collaborateur de la revue Esprit. Il a quitté Renault en 1972, pour entrer au CNRS." (revue L'Histoire, 1996) — "Recueil de chroniques parues d'abord dans la revue "Socialisme ou barbarie", sur les conditions du travail à la chaîne chez Renault, le rôle des syndicats et la solidarité prolétarienne. Militant trotskyste, de son vrai nom Jacques Gautrat, l'auteur (né en 1924) s'était fait embaucher à la Régie en 1950 comme fraiseur-outilleur." (Vignes, 324) — "Romanciers, sociologues, économistes, journalistes, hommes politiques sont nombreux à avoir, ces temps-ci, exprimé sur la « classe ouvrière » une opinion qui, même lorsqu'elle est appuyée sur une documentation sérieuse, reste toujours plus ou moins extérieure à son sujet. Mais voici le témoignage direct, pris sur le vif, d'un ouvrier lui-même. « P 2 » aux Usines Renault, Mothé nous dépeint la vie quotidienne de l'atelier et brosse un portrait vécu du « métallo » parisien. A l'occasion d'événements récents: le soulèvement hongrois, la guerre d'Algérie et [le rappel des disponibles, le 13 mai et l'avènement de la Ve République, etc., il expose objectivement les réactions de ses compagnons de travail et analyse leurs divergences d'opinion, suivant leurs tendances politiques et leur affiliation syndicale. Il souligne, avec regret, la primauté donnée aux luttes intersyndicales, dont l'âpreté arrive à faire passer au second plan la solidarité prolétarienne et parfois même à estomper la conscience de classe." (A. Сailar, Population, 1961)

VAST (Henri).

Histoire de l'Europe et particulièrement de la France de 1270 à 1610.

P., Garnier Frères, 1893, fort in-12, x-835 pp, 6e édition revue et corrigée, 11 cartes en couleurs repliées hors texte, 72 gravures et tableaux chronologiques et généalogiques, biblio, cart. percaline rouge de l'éditeur, rousseurs,bon état

Copieux manuel de classe de seconde, rédigé conformément aux programmes du 28 janvier 1890. L'auteur (1847-1921), normalien en 1867, auteur d'une excellente thèse sur le cardinal Bessarion (1403-1472) publiée en 1878, était professeur agrégé d'histoire au lycée Condorcet. — "Ce manuel est digne d'éloges ; il est bien présenté ; les faits y sont abondants, exposés d'un style net et rapide. Il est certainement un des meilleurs qu'on puisse mettre aux mains des élèves." (Revue Historique)

Collectif.

Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français de 1792 à 1815. Par une société de militaires et de gens de lettres.

P., Panckoucke, 1817-1821, 27 vol. in-8°, 350 à 450 pages environ par volume, 4 plans hors texte, 16 fac-similés, index dans chaque volume, reliures demi-veau glacé havane, dos lisses à doubles filets, titres et tomaisons dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, qqs plats lég. frottés, bon état. Édition originale, bien reliée à l'époque, mais sans les cartes et plans

Complet, mais relié sans les cartes et plans (que le relieur a oublié d'insérer, ou que celui qui a fait relier la collection à l'époque a gardé à part...), à l'exception de 4 plans. – Remarquable ouvrage décrivant avec précision toutes les batailles des guerres révolutionnaires et impériales, orné de fac-similés des écritures de Napoléon et des maréchaux d’Empire. L'une des meilleures et des plus complètes histoires des guerres de la Révolution et de l'Empire. Rédigée par des personnages qui avaient vécu les événements, tels les généraux Vignole, Thiébault ou Kellermann, elle aida nombre de mémorialistes à remettre en place leurs souvenirs et beaucoup d'historiens à étudier la période. Le tome 25 est un volume d'appendices et d'errata, suivi d'un copieux dictionnaire biographique militaire qui se poursuit au tome 26 (445 pp.), suivie d’une table géographique très détaillée des batailles, combats, sièges, etc., et d’une liste de souscripteurs. On trouve dans le 27e et dernier volume la Couronne poétique et surtout les fac-similés des écritures des principaux personnages.

HUBY (A.).

De la fin de l'Empire Romain d'Occident au début des Temps Modernes. I. L'Europe au début du Moyen Age.

Delagrave, 1939, pt in-8°, 144 pp, 50 illustrations et cartes, broché, trace de mouillure ancienne, état correct (Cours d'histoire A. Huby, classes de 5e, programmes du 8 avril 1938)

RIOUX (Jean-Pierre) et Jean-François SIRINELLI (dir.).

La culture de masse en France de la Belle Epoque à aujourd'hui.

Fayard, 2002, gr. in-8°, 461 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

L’émergence, l’affirmation puis le déferlement de la « culture de masse » a profondément marqué les consommations et les pratiques culturelles, les sensibilités et les rêves, les grands et petits bonheurs, la vie tout simplement des Françaises et des Français de toutes générations. Ce livre souligne les chronologies singulières et les ressorts dramatiques du siècle culturel, mais sans dissimuler la force intrinsèque de ce flot montant qui a contribué à promouvoir les masses en les divertissant. Il examine pas à pas cette combinaison constante d’un air du temps changeant et d’une aspiration foncière à cette nouvelle culture où le cinéma, le disque, la radio jouent un rôle prépondérant et qui n’a jamais été une simple et banale importation anglo-saxonne. Il permet de découvrir ainsi que cette consommation de masse fut et demeure une expression de l’individualisme conquérant, démultiplié et devenu consommateur, une forme de revanche sur le tragique et sur la mort qui ont tant frappé et tant désespéré dans ce siècle de fer.

DELVERT (Capitaine Charles).

Carnets d'un fantassin, 7 août 1914 - 16 août 1916.

Le Fantascope Éditions, 2008, gr. in-8°, 387 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mémorial de Verdun)

Un témoignage des plus sérieux, selon Norton Cru. — "Le capitaine Charles Delvert est un véritable héros ; le combat auquel il a participé avec ses hommes aux alentours du fort de Vaux, en pleine bataille de Verdun est l'un de ceux qui ont forgé l'Histoire. Il raconte dans ses "Carnets d'un Fantassin" (1916) cet épisode, ainsi que la vie des tranchées sur la Main de Massiges. Mais Charles Delvert est un héros modeste et un officier très humain, ainsi qu'un observateur précis et objectif. Un très bon livre, donc." (Passion & Compassion 1914-1918)

LESNE (Marcel).

Histoire d'un groupement berbère, les Zemmour. (Thèse complémentaire).

Sans lieu, Chez l'auteur, 1959, in-4°, 173 pp, tapuscrit ronéoté, 6 cartes in fine, glossaire, biblio, broché, pt manque en haut du dos, bon état. Rare

Thèse complémentaire pour le doctorat ès lettres présentée à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Paris. — Au début du XXe siècle, un groupe puissant de tribus berbérophones illustre, par des actes d'hostilité ou de brigandage, sa présence turbulente aux portes de Rabat et de Meknès. D'humeur guerrière, tout imprégnés des souvenirs de la rude vie en montagne menée par leurs pères, encore exaltés par une récente victoire sur la puissante tribu des Bni-Ahsene qu'ils repoussent pas à pas depuis des générations, les Zemmour font du bled Siba une réalité vivante jusque sous les murs de Salé. Aucun étranger ne traverse leur territoire sans s'assurer, contre paiement, la protection coutumière ou mezrag ; le Sultan lui-même contourne la forêt de la Mâmora, ravie par les Zemmour aux Bni-Ahsene, et longe la côte pour se diriger vers Meknès. Hostiles aux étrangers certes, mais aussi profondément divisées et en proie à des luttes intestines sans cesse renaissantes, les tribus Zemmour apportent ainsi, dans les plaines arabisées, l'ardeur guerrière et la rudesse des mœurs de la montagne berbère, jusqu'à l'intervention française et le rétablissement de l'autorité centrale. Les tribus Zemmour comptent à l'époque plus de 12.000 tentes groupant environ 60.000 personnes... (Introduction) — "Les Zemmour sont un important groupement de tribus berbérophones qui vivent actuellement sur la bordure N-O du massif central du Maroc, de part et d'autre de la route de Salé à Meknès ; ils sont près de 140 000. D'origine saharienne en partie, mais ayant vécu au XVIIe siècle et au début du XVIIIe dans le Moyen-Atlas et la Haute-Moulouya, les Zemmour font partie, avec les Zaër, les Guérouane, les Ait Youssi, les Béni Ahsen et les Zaïan, de ce flot de Sahariens qui s'est écoulé, lentement mais de façon continue, depuis la fin du XVIe siècle, des pays du Tafilalet et du Saghro jusqu'au N-O du Maroc et que le protectorat français a arrêtés... Comment se pose le problème de l'origine des différents groupes zemmour, quels sont les éléments de cohésion de cette confédération ancienne mais hétérogène, que sait-on de son passé, en particulier de sa vie dans le Moyen-Atlas et de sa progression de la montagne aux emplacements qu'il occupe aujourd'hui, quels ont été enfin ses rapports avec ses voisins et les dynasties marocaines au cours de cette progression vers le Nord-Ouest ? c'est là le sujet de la thèse complémentaire présentée récemment par M. Lesne, thèse d'histoire plus que de sociologie, mais thèse appuyée davantage sur les traditions et l'information orale que sur des textes. Tout compte fait on retiendra que ce furent certainement « les aventures vécues ensemble et le genre de vie imposé par les conditions historiques et géographiques qui contribuèrent [le plus] à rassembler et unir les tribus de la confédération zemmour »." (J. Despois, Annales de géographie 1960)

THIERS (Adolphe).

Histoire de la Révolution Française.

P., Lecointe, 1834, 10 vol. in-8° + un atlas, 4e édition, avec 95 gravures sur acier hors texte, notes et pièces justificatives, une grande carte dépliante du théâtre de la campagne de 1796, très copieux index à la fin du tome 10, reliures demi-veau glacé fauve, dos à 4 petits nerfs filetés et caissons dorés, pièces de titre et de tomaisons veau glacé noir, dos lég. frottés, un coin abîmé au tome 2, rousseurs, bon état. Bel exemplaire finement relié à l'époque. Avec l'« Atlas pour servir à l'intelligence des Campagnes de la Révolution Française », dressé par Th. Duvotenay, gravé par Ch. Dyonnet. P., Furne, Jouve et Cie., s.d., in-4° à l'italienne (44 x 28 cm) comprenant 32 cartes et plans gravées sur acier, cartonnage demi-toile verte, pièces de titre chagrin carmin, bon état

Publiée de 1823 à 1827, cette “Histoire de la Révolution” valut à Adolphe Thiers de nombreux éloges et son élection à l'Académie Française en 1833. — "Comme son ami Mignet, Thiers est partisan d'une histoire philosophique, d'une histoire qui explique. Il revendique les acquis de la Révolution puis ceux du Consulat et de l'Empire. Son fatalisme le conduit à porter la raison d'État au rang de vertu. Il exalte l'ordre et trouve une légitimation à la grandeur, fut-elle guerrière. Subordonnant l'histoire à la politique, il destine ses ouvrages aux dirigeants et les conçoit comme une propédeutique du pouvoir. L'historien sert le politique. Cependant, le Thiers historien est encore plus un peintre qu'un philosophe. Très narratif et descriptif, il est un remarquable vulgarisateur qui veut tout savoir de l'époque qu'il évoque pour mieux la faire comprendre. Il est ainsi l'un des pionniers de l'histoire scientifique (utilisation des archives, visite des lieux décrits comme les champs de bataille, recours à des témoins directs et à des spécialistes). Entre la légende dorée et la légende noire, il inscrit son oeuvre dans l'histoire critique. Après avoir encensé le génie de Napoléon, il sait infléchir son jugement après le 2 décembre. Il est désormais convaincu que la patrie ne peut se livrer à un « homme providentiel ». Jean Tulard déplore que Thiers, en dépit de ses erreurs et de ses lacunes, n'ait pas été réédité, contrairement à Taine ou à Michelet..." (Eric Anceau, Revue historique, 1999) — Alfred Nettement louait en ses termes les qualités de l’auteur : « C’est le naturel et la puissante imagination de cet esprit supérieur, qui semble évoquer les temps qu’il décrit, montrer ce qu’il peint et qui fait palpiter le cœur de ses lecteurs aux émotions de la génération de 1789 ; c’est le sens profond avec lequel il explique les situations, la clarté et l’intérêt saisissant avec lequel il expose les grandes affaires, les finances, la diplomatie, la politique ». Si cette opinion peut paraître aujourd'hui trop laudative, il n’en pas moins vrai que cette “Histoire de la Révolution” reste une grande synthèse qu’il faut absolument connaître.

MEZZADRI (Luigi).

Vincent de Paul (1581-1660).

Desclée De Brouwer, 1985, in-8°, 205 pp, traduit de l'italien, broché, couv. illustrée, bon état

Avec sa figure de bonté, son sens actif de la charité, saint Vincent est sans doute l'un des saints les plus populaires, avec François d'Assise ou Thérèse de Lisieux. Ce berger landais cherchait au départ à faire carrière. La vie de Vincent de Paul comporte ombres et lumières. La grâce de Dieu aidant, il est devenu l'âme de tout un peuple, l'ami des indigents et affamés, des galériens et des prisonniers. Par ailleurs, il est le confident des grands de ce monde et des personnalités religieuses de son temps. Il est le fondateur des lazaristes et, avec lui, Louise de Marillac fonde les Filles de la Charité. On l'appelera d'ailleurs le « saint du Grand Siècle ». La figure lumineuse de Vincent éclaire l'Église et l'Europe un siècle avant la Révolution française, avec une spiritualité très incarnée. — Luigi Mezzadri, prêtre lazariste italien, est professeur d'histoire au collège Alberoni de Plaisance (Emilie). Il est membre du secrétariat d'Études vincentiennes et auteur de nombreux ouvrages de spiritualité.

CHAMS (Eric).

Un amour inconnu du jeune Victor Hugo. Honorine Babillon, fille de la générale Lucotte, et le poème « Sur Glycère ». Décembre 1817.

La Ferté-Vidame, Editions Les Temps neufs, 2020, in-8°, 73 pp, 8 pl. d'illustrations hors texte en couleurs, postface de Jean-Marc Hovasse, biographe de Victor Hugo, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale sur papier courant tirée à 200 ex. seulement

Il est un petit poème que Victor Hugo a composé à l’âge de quinze ans, en 1817, mais qui n’a été publié qu’en 1934, peu avant le cinquantenaire de sa mort, et qui dissimule dans son acrostiche le prénom, inaperçu depuis deux siècles, d’un amour de prime jeunesse : Honorine. Qui était Honorine ? En admirateur inconditionnel et passionné du grand écrivain depuis ses vertes années, Éric Chams, qui a percé le secret de ce poème découvert à dix-neuf ans en 1973, conduit pas à pas le lecteur dans les arcanes d’une (en)quête au long cours. Avec une minutie implacable, comme dans sa seconde recherche relative à un mot trompeusement flatteur de Sainte-Beuve sur Hugo, dont il restitue le véritable sens. Et un humour acéré que révèle le billet d’humeur final visant à extirper le grand Hugo de la griffe du temps présent.

[Zodiaque] – DIMIER (M.-Anselme) et Jean PORCHER.

L'Art cistercien. France.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1962, gr. in-8°, 356 pp, 150 héliogravures hors texte, 4 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps, 16)

"Ce livre a la netteté et la clarté qui conviennent au sujet dont il traite. Il est également, ce qui explique ses qualités, l'œuvre d'hommes qui par leur vocation, leur vie et leurs travaux sont mieux à même que quiconque de dégager l'esprit qui imprègne l'art monastique en général, et plus particulièrement l'aspect exceptionnel que revêt l'art cistercien. Il s'agit de dom Angelico Surchamp, religieux bénédictin, et, pour la majeure partie de l'ouvrage, du r.p. Marie-Anselme Dimier, religieux cistercien, auteur de nombreux et remarquables travaux sur l'histoire, l'expansion et l'architecture de l'Ordre auquel il appartient. Les dernières pages du livre, consacrées aux manuscrits, ont été demandées à M. Jean Porcher, éminent spécialiste en la matière. Nous sommes ici pourvus de douze monographies solides et claires s'appliquant aux ensembles majeurs, entendons ceux qui nous sont parvenus. Le choix de ceux-ci ne pouvait être imprévisible ; cependant, des abbayes relativement peu connues comme l'Escale-Dieu, Léoncel ou Flaran sont mises ici très légitimement à l'honneur. On trouvera également, en tête de l'ouvrage, trente-six notices brèves consacrées trop souvent, hélas, à une manière de nécrologe dans lequel sont évoquées les abbayes mutilées dont certaines, ne seraient-ce que Cîteaux et Clairvaux, devraient revêtir, sans la stupidité des hommes, une importance capitale. Ces notices sont intelligemment présentées dans l'ordre historique, un index alphabétique permettant de retrouver aisément chacune d'elles. Tout cela, disions-nous, est clair, net, sans fioritures ni vaine littérature..." (René Crozet, Cahiers de Civilisation Médiévale, 1963)

[Chasse] – BALEINE (Philippe de), Fred GOULPHIN.

Les veillées de chasse d'Henri Guizard.

Libreville (Gabon), Editions Raponda Walker, 2005, gr. in-8°, 218 pp, 28 pl. de photos hors texte, reliure toile éditeur, dos lisse avec titres dorés, titres et motif d'éléphants dorés au 1er plat, jaquette illustrée, bon état

Les meilleurs récits de chasse et de faune du guide Henri Guizard au Gabon, recueillis lors des fameuses veillées au camp d’Iguela sur les bords de la lagune dans les années 1970. Alors que se succèdent les clients, on savoure les fascinantes facettes de l’Afrique sauvage: les traques en forêt, les voyages en pirogue, les mœurs et les dangers des animaux sauvages, les rencontres avec les Pygmées, les mystères de la brousse, etc. Henri Guizard (1921-2007) a vécu au Gabon plus de soixante ans. Il a été guide de chasse pendant plus de vingt ans. Fred Goulphin, l'un de ses clients, à recueilli et rédigé ses récits, le texte a séduit Philippe de Baleine...

LINDWER (Willy).

Anne Frank, les sept derniers mois: Témoignages.

Stock, 1989, in-8°, 152 pp, traduit du néerlandais, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, tranche, premiers et derniers feuillets piqués, état correct (Coll. Judaïsme/Israël)

Le Journal d'Anne Frank s'arrête le 1er août 1944. Le 4, la famille Frank fut arrachée à la relative sécurité de « l'Annexe », et déportée. Seul, M. Frank revint. Anne mourut au camp de Bergen-Benson en mars 1945. Six femmes ont partagé sa captivité, au camp de transit de Westerbork à Auschwitz-Birkenau, puis Bergen-Belsen. Willy Lindwer, un journaliste néerlandais, à recueilli leur témoignage. Avec des mots simples, déchirants, ces survivantes parlent d'elles et de l'ultime calvaire de la petite Anne. Le récit des sept derniers mois de sa courte vie, dont on savait jusqu'à présent peu de chose, se présente comme le complément nécessaire du Journal. Il est aussi l'éclairage indispensable d'une des pages les plus sombres de l'histoire de l'humanité.

[Zodiaque] – MAURY (Jean), Marie-Madeleine S. GAUTHIER, Jean PORCHER.

Limousin roman.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1960, gr. in-8°, 320 pp, 2e édition, 102 héliogravures et 19 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps 11)

[Zodiaque] – HERBECOURT (Pierre d') et Jean PORCHER.

Anjou Roman.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1959, gr. in-8°, 260 pp, 86 héliogravures et 16 pl. en couleurs hors texte, plans, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps 9)

[Zodiaque] – DURLIAT (Marcel).

Roussillon roman.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1958, gr. in-8°, 260 pp, 94 héliogravures et 4 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, index, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps, 7)

"Nul n'était plus qualifié que M. Marcel Durliat pour conduire cette étude. Depuis plusieurs années, en effet, il s'est entièrement consacré à l'art roman en Roussillon ; il a patiemment et inlassablement fouillé les richesses ; toutes ses recherches, tous ses travaux ont été orientés dans ce sens et les nombreuses publications qu'il a déjà donnée sur la sculpture, la peinture murale, les manifestations de la civilisation sont significatives d'une activité productrice qui lui a permis d'embrasser le problème de l'archéologie médiévale dans son ensemble et d'en saisir les véritables caractères. L'ouvrage s'ouvre sur une vue générale de l'art roman en Roussillon, suivie d'un aperçu très rapide sur une trentaine d'églises. Et puis, fidèle aux formules particulières adoptées par les éditeurs, l'auteur ne les étudie pas individuellement dans le détail, mais choisit simplement les plus typiques, celles qui, par elles-mêmes, traduisent une originalité de style ou permettent de suivre une évolution architecturale et sculpturale. Celles-ci sont encore présentées suivant la conception adoptée pour les divers ouvrages de la collection, avec un aperçu général, une notice historique, un plan de visite suivant un itinéraire intelligemment conçu et une illustration photographique. (...) Tout est à retenir et à méditer dans ce beau livre, depuis les descriptions objectives, les aperçus concrets, les hypothèses savamment appuyées sur des arguments chronologiques et techniques, jusqu'aux planches photographiques, saisissantes de netteté et de vie et qui traduisent encore, par leur éclectisme et la pureté de leurs lignes ce que l'auteur a si heureusement exposé en style simple et concis, sans cesse relevé par une sûreté de vues et une érudition qui n'est jamais en défaut." (André Dupont, Annales du Midi, 1959) — "Cet ouvrage, très important et nouveau lorsqu'il fut écrit, continue d'être indispensable à toute étude sur le Roussillon à l'époque romane." (Xavier Barral i Altet, Bulletin Monumental, 1974)

[Zodiaque] – LABANDE-MAILFERT (Yvonne).

Poitou Roman.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1957, gr. in-8°, 260 pp, 119 héliogravures et 6 pl. en couleurs hors texte, nombreux plans, index, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps, 5)

[Zodiaque] – DUBOURG-NOVES (Pierre).

Guyenne Romane.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1969, gr. in-8°, 364 pp, 163 héliogravures et 8 photos en couleurs hors texte, cartes et plans, index, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps 31)

[Zodiaque] – BEIGBEDER (Olivier).

Forez-Velay Roman.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1962, gr. in-8°, 288 pp, 136 héliogravures et 4 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, index, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps 15)

[Zodiaque] – CRAPLET (Bernard).

Auvergne romane.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1955, gr. in-8°, 252 pp, 120 photographies en héliogravure sur 80 planches hors texte, 2 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, reliure toile éditeur, sans la jaquette, dos uniformément passé, bon état (la Nuit des temps 2)

L'Auvergne est l'un des hauts lieux de l'art roman français. Cinq églises du Puy-de-Dôme ont ainsi reçu l'appellation d'« églises majeures » car elles constituent des joyaux de l'art roman auvergnat. Toutefois, à côté de ces remarquables manifestations architecturales il existe toute une constellation d'édifices discrets, rustiques qui méritent d'être reconnus. N'est-il pas courant, en effet, de dire que plus de deux cent cinquante édifices romans sont présents en terre auvergnate !

[Zodiaque] – BAUDRY (Jean), Georges Barbier, Bénigne Defarges, André Gaudillière, Denis Grivot, Claude Jean-Nesmy, Angelico Surchamp.

Bourgogne Romane.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1954, gr. in-8°, 252 pp, 107 photographies en héliogravure sur 80 planches hors texte, 2 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des temps 1)

Tournus, Paray-le-Monial, Saulieu, Autun et Vézelay.

[Zodiaque] – WILL (Robert).

Alsace romane.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1965, gr. in-8°, 351 pp, préface de Hans Haug, 155 héliogravures et 4 pl. en couleurs hors texte, plans, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps 22)

"Ce vingt-deuxième volume de la collection, dont la large diffusion contribue à raffermir le goût de l'art roman, mérite, pour son texte, des éloges particuliers ; ouvrage scientifique dans le plein sens du mot, L'Alsace romane dépasse, par sa documentation et par le caractère de ses « notices », la formule primitive de la collection, qui est de bonne vulgarisation. Ce livre est l'ouvrage le plus considérable en langue française sur ce sujet. Ainsi que l'exigeait la formule de la collection, un choix fut opéré parmi les monuments romans d'Alsace, sept seulement ayant été retenus pour donner des monographies largement illustrées (Ottmarsheim, Eschau, Epfig, Murbach, Marmoutier, Rosheim et Sainte-Foy de Sélestat). Mais des « notes » préliminaires ajoutent trente monographies abrégées et une dernière partie, intitulée « fragments divers » (p. 253-334), fait état de quatre monuments encore ; à quoi s'ajoutent des notices sur des œuvres de ferronnerie, d'orfèvrerie et de peinture sur verre. Ainsi, à part les manuscrits enluminés, l'ensemble de l'art en Alsace entre le Xe et le XIIIe siècle est analysé dans ses œuvres essentielles, situées dans la chronologie et le contexte historique. Chacune des « notices » de ce volume, quelle que soit sa longueur, est le fruit de constatations et de réflexions personnelles de l'auteur et non le simple « état de la question » résumant la bibliographie..." (Louis Grodecki, Bulletin Monumental, 1966)

[Zodiaque] – Collectif.

Touraine romane.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1957, gr. in-8°, 256 pp, 91 héliogravures hors texte, 18 pl. en couleurs hors texte, une carte, nombreux plans, index, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps 6)

"La Touraine romane, éditée par les soins de l'abbaye de la Pierre-qui-vire, vient prendre place dans une série déjà bien définie qui comprend des volumes consacrés à la Bourgogne, à l'Auvergne, au Val de Loire et au Poitou. Par rapport au Val de Loire roman, cet ouvrage concerne les pays situés plus en aval auxquels sont joints ceux de la vallée du Loir... A une introduction générale font suite des notices consacrées à un choix représentatif des édifices essentiels. Les textes sont soutenus et éclairés par une illustration photographique originale et, le plus souvent, d'excellente qualité tant en ce qui concerne la manière dont sont choisis les angles de prise de vues qu'en ce qui regarde les procédés de reproduction... Ce livre contribuera à mieux faire connaître les créations artistiques d'une époque attachante entre toutes." (René Crozet, Cahiers de civilisation médiévale, 1958)

[Zodiaque] – VIDAL (Marguerite), Jean MAURY et Jean PORCHER.

Quercy Roman.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1959, gr. in-8°, 340 pp, 148 héliogravures sur 128 planches (photographies de Jean Dieuzaide) et 4 pl. en couleurs hors texte, nombreux plans, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps, 10)

[Zodiaque] – DESCHAMPS (Paul).

Terre Sainte Romane.

Zodiaque, 1964, gr. in-8°, 323 pp, 130 héliogravures et 8 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, index, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps, 21)

"Il faut certainement se féliciter de voir paraître dans la collection « La nuit des temps », éditée par l'abbaye de La Pierre-qui-Vire, ce livre sur l'art « roman » en Terre sainte, dont le texte est tout entier de M. Paul Deschamps. Que l'auteur ait été obligé de briser un peu le cadre de la collection, qui se veut exclusivement romane, était fatal : le Crac des chevaliers est en grande partie gothique, Margat ne peut passer pour une œuvre romane ; quels sont d'ailleurs les critères qui distinguent roman et gothique dans le domaine de l'architecture militaire ? Il importe peu que le titre soit quelque peu inadéquat au sujet, pourvu que le sujet soit bien traité, et il l'est, comme on pouvait s'y attendre. Et il est singulièrement utile d'avoir, de la main d'un spécialiste éminent, un ouvrage facilement accessible où l'on trouvera des études, brèves mais précises, sur quelques monuments de Terre sainte pour lesquels il fallait se reporter à des ouvrages devenus introuvables. (...) Le texte de M. Paul Deschamps dont on voit assez l'intérêt, s'accompagne d'un grand nombre de plans très précieux et, comme il est habituel dans cette collection, d'admirables photos tant en noir qu'en couleur. Leur nombre et leur qualité réjouiront les archéologues qui n'ont pas facilement sous la main des vues de ces monuments lointains. Les éditeurs de Zodiaque n'ont pas hésité à faire le pèlerinage de Terre sainte pour cette fructueuse campagne photographique. Il convient de les en remercier chaleureusement." (Francis Salet, Bulletin Monumental, 1965)

[Zodiaque] – JUNYENT (Edouard).

Catalogne Romane.

La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1960-1961, 2 vol. gr. in-8°, 288 et 302 pp, 200 héliogravures et 26 photos en couleurs de Jean Dieuzaide hors texte, cartes et plans, reliures toile éditeur, sans les jaquettes, bon état (la Nuit des Temps 12 et 13)

Tome 1 : Montbui, Cardona, Cassérres, San Llorenç del Munt, Corbera, Frontanyà, Taüll, Ripoll. – Tome 2 : Seu d'Urgell, Sant Pau del Camp, Sant Benet de Bages, Cathédrale de Gérone, Sant Cugat del Valles, Sainte-Marie de L'Estany, peintures, objets et statues.

VALLAUD (Pierre).

L'Étau. Le siège de Leningrad, juin 1941-janvier 1944.

Fayard, 2011, in-8°, 378 pp, 3 cartes, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

Leningrad fut le Verdun soviétique. En 900 jours de siège – de juin 1941 à janvier 1944 –, plus d’un million de soldats et de civils ont trouvé la mort. Là, se sont concentrés tous les aspects militaires de la guerre à l’Est : bombardements aériens dévastateurs, duels d’artillerie, manœuvres stratégiques des corps d’armée, coups de main des partisans, embuscade des francs-tireurs, extermination des résistants et des Juifs. Mais le siège de Leningrad fut aussi inouï parce qu’en plein XXe siècle, se déroulait un siège digne du Moyen Age.La faim, la soif, le froid, le feu furent aussi des ennemis redoutables. Exploitant les journaux intimes, les lettres, les archives et même le témoignage d’un ancien combattant « franco-allemand », Pierre Vallaud donne toute son épaisseur tragique à cette sanglante aventure humaine. Il pointe l’héroïsme des citoyens, l’ignominie de quelques-uns, l’épuisement des soldats dans les deux camps ; mais aussi l’incurie du système soviétique. Depuis un demi-siècle, aucun livre original en français n’avait raconté cet épisode majeur de la guerre totale.

COZIC (Jean-Charles) et Daniel GARNIER.

La presse à Nantes de 1757 à nos jours. 2 : Les années Schwob (1876-1928).

Nantes, L'Atalante, 2008, in-8°, 397 pp, 8 pl. de photos hors texte, repères chronologiques, biblio, index des noms de personnes et des titres de presse, broché, couv. illustrée, bon état

Le vendredi 30 juin 1876, l'information fait le tour de la ville : Evariste, le dernier de la dynastie des Mangin, cède la main. Mais qui est donc ce George Schwob qui achète le Phare de la Loire ? Un nom difficile à prononcer. Une fiche à la préfecture : « appartient à la religion juive, affiche des idées matérialistes ». Une fortune acquise en Egypte. Elle court, la rumeur. L'antisémitisme s'affirme sans honte. D'origine alsacienne, lettré, ardent défenseur de la République et patriote sourcilleux, il veut faire de Nantes, comme les Mangin, un foyer de la lumière républicaine. Avec ses fils, Maurice, polytechnicien, qui lui succédera, et Marcel, le « roi au masque d'or », écrivain dédicataire du Père Ubu, qui collabore au journal, il va connaître l'âge d'or de la presse : les mutations techniques et la transformation de la profession que la loi du 29 juillet 1881 libère. Le nombre et les tirages des journaux s'envolent. A la charnière des XIXe et XXe siècles, un bouquet de lois fonde un régime démocratique et laïque que défendent d'illustres « Nantais », Waldeck Rousseau, Clemenceau, Briand. Le Phare en est l'un des soutiens tandis que se profile une concurrence venue de Rennes, L'Ouest-Eclair...

AMOUROUX (Henri).

La Grande Histoire des Français sous l'Occupation. 2. Quarante millions de pétainistes. Juin 1940 - Juin 1941.

GLM/Laffont, 1978, gr. in-8°, 550 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

Avec Quarante millions de pétainistes, Henri Amouroux aborde la période qui va de juin 1940 à juin 1941, période pendant laquelle, unis par la défaite, beaucoup de Français se rangent derrière le maréchal Pétain à qui, le 10 juillet, consentante plus encore que résignée, l'Assemblée nationale a donné tous les pouvoirs. La France de la défaite, une défaite si totale qu'elle paraît, à presque tous, envoyée par le Ciel, entrera donc en pétainisme comme l'on entre en religion. Henri Amouroux donne mille exemples de la ferveur des foules et des individus, ferveur qui, pour les lecteurs de 1977, s'exprime en mots ridicules ou naïfs, mots qui, en 1940, traduisent simplement le désarroi des âmes et sont l'écho de tous les malheurs du temps. A côté de la foule des fidèles, Henri Amouroux a su voir et décrire les adversaires du régime dont l'évolution est intéressante, puisque, pendant de nombreux mois, ils épargnent le Maréchal, se contentant d'attaquer son entourage...

AMOUROUX (Henri).

La Grande Histoire des Français sous l'Occupation. 7 : Un printemps de mort et d'espoir. Novembre 1943 - 6 juin 1944.

Laffont/GLM, 1985, gr. in-8°, 572 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

1943-1944... Lentement, l'hiver de l'occupation se dissipe. Rien n'est fini sans doute, mais l'on devine que tout va finir. C'est pourquoi Henri Amouroux a voulu donner au septième volume de sa Grande histoire des Français sous l'occupation ce titre symbolique : Un printemps de mort et d'espoir. Se sachant condamnés, les Allemands accentuent leur pression, leurs exigences, leurs représailles. De Vichy, ils vont faire un État satellite dont le chef nominal, Philippe Pétain, devra accepter l'arrivée au gouvernement des plus fanatiques partisans de la collaboration : Henriot, Darnand, Déat. Quarante millions de pétainistes ? Ce fut vrai pour l'automne de 1940... même si Paris, en avril 44, réserve encore une ovation au maréchal, à l'occasion de son unique visite à la capitale. A l'horizon, désormais, l'étoile de De Gaulle ne cesse de grandir. Après le combat vainqueur mené contre Giraud, voici De Gaulle solidement installé en Algérie, enfin reconnu par les alliés, ayant passé avec les communistes l'un de ces accords provisoires qui camouflent mal les méfiances réciproques, mais lui permettent de se présenter en unificateur de toutes les Résistances à un moment où l'avenir se met en place. Henri Amouroux évoque l'élaboration, tant à Alger que dans la clandestinité parisienne, de ces nombreux décrets et de ces lois à l'origine de IVe République et qui, très longtemps encore après la Libération, régleront l'existence des Français. Mais il dit aussi le combat héroïque des maquisards de Glières ; la lutte en Tunisie, en Corse, en Italie, de l'armée française ressuscitée ; le tragique des camps de concentration ; le drame, généralement ignoré, des Alsaciens et des Lorrains, enrôlés contre leur gré dans l'armée allemande ; les horreurs de la guerre civile ; les bombardements qui ravagent les villes françaises ; la montée en puissance de la Résistance jusqu'à ce 6 juin 1944 où le débarquement libère toutes ses forces ; la vie quotidienne, enfin, cette vie quotidienne, partie intégrante de tous les livres d'Henri Amouroux comme elle est partie intégrante de notre histoire.

[Atlas].

Atlas Larousse classique, avec la collaboration de Donald Curran et de Michel Coquery.

Larousse, 1964, in-4°, (8)-128-40 pp, préface de René Clozier, 128 planches en couleurs + 40 p. d'index, reliure pleine toile brique de l'éditeur, bon état

"Cet ouvrage n'est pas seulement un nouvel atlas, mais un atlas qui apporte du neuf. Tout d'abord par la place accordée à la géographie générale ; 8 planches et 50 cartes et cartons. Les planches concernent les données que la géographie retient de la géodésie, de la géologie, de la cosmographie et de la météorologie ; elles sont ainsi un utile rappel de la méthode et des procédés de travail de la géographie, discipline de liaison entre diverses sciences connexes. Les cartes suivantes peuvent alors présenter les éléments de climatologie et de morphologie, puis la géographie générale humaine et économique sous ses aspects les plus concrets ; signalons entre autres cartes : les races, les types d'économie l'indice d'urbanisation, population et consommation d'énergie, ainsi que les cartes des principaux produits. Celles-ci sont un véritable panorama de l'économie mondiale ; elles signalent non seulement l'extension et la localisation des cultures, de l'élevage et des matières premières industrielles, mais précisent les moyennes de production des années récentes et indiquent, en pourcentage à l'aide de graphiques, les principaux pays producteurs. 100 planches sont consacrées à la géographie régionale (France, pays européens, Asie, Afrique, Amérique, Océanie) ; elles reproduisent les cartes classiques physiques et politiques, et apportent aussi bien des nouveautés : ainsi, par continent, une carte d'utilisation des sols et une carte du degré de développement économique des pays, établie selon des critères où interviennent le revenu national, la consommation d'énergie, les communications, l'enseignement, la presse, le commerce, la population active. La France donne lieu à des cartes originales, telles les planches 44 et 45 relatives à la géographie urbaine (types de villes, armature du réseau urbain) et surtout les planches 50 à 65 qui sont une présentation cartographique toute nouvelle des régions françaises : chaque région est un diptyque, d'un côté la carte de base morphologique et chorographique avec les liaisons routières et ferroviaires, de l'autre 4 ou 5 cartons figurant la localisation et l'extension des productions agricole et industrielle, mais aussi l'évolution de la population urbaine pour les villes de plus de 7.500 habitants, de la population rurale dans ses phases d'augmentation, de stabilité ou de diminution de 1866 à 1962. Au total, ce bel atlas pose et résout le problème des atlas classiques ; ceux-ci doivent être établis avec la rigueur scientifique des atlas généraux, avec le même souci esthétique de présentation, avec la même préoccupation de couvrir le monde entier ; ils peuvent ainsi tenir lieu d'atlas généraux et apporter une documentation analogue ; ils ont sur ces derniers l'avantage d'une présentation plus pédagogique, plus synthétique, plus conforme à la méthode et à l'esprit géographique. Ainsi l'Atlas Larousse classique est au service de l'élève, de l'étudiant comme de l'homme cultivé." (R. Clozier, L'Information Géographique, 1964)

AREMORS.

Études et documents sur la Révolution à Saint-Nazaire et dans sa région, 1789-1794, par l'Association de Recherches et d'Etudes du Mouvement Ouvrier de la Region de Saint-Nazaire.

Saint-Nazaire, AREMORS, 1988, pt in-8°, 256 pp, 20 illustrations et fac-similés, chronologie, lexique, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

Cet ouvrage,qui s'inscrit dans la perspective du Bicentenaire de la Révolution, traite des origines et du déroulement des quatre premières années de la Révolution dans la région de Saint-Nazaire et de Savenay. Il porte davantage sur l'examen des acteurs et des enjeux de la Révolution dans la région et pendant la période, et sur la portée et les limites des changements qu'elle y introduit.

VOLTAIRE.

La Pucelle d'Orléans, poëme en vingt et un chants.

P., Amable Gobin et Cie, 1830, in-8°, xx-484 pp, notice par Louis Du Bois, reliure demi-basane verte, dos lisse avec titres et filets dorés (rel. de l'époque), plats et coupes frottés, rousseurs sur les premiers feuillets et les derniers, bon état (Œuvres complètes de Voltaire, avec des remarques et des notes historiques, scientifiques et littéraires, XIV)

La Pucelle d'Orléans est un poème héroï-comique en vingt-et-un chants de Voltaire, paru à Genève en 1762. Voltaire commence à le rédiger en 1730 et en écrit les quatre premiers chants. L'œuvre, enrichie pendant plus de trois décennies, n'est pas destinée à un large public : elle circule secrètement au sein d'un groupe d'initiés. Les milieux aristocratiques libertins se réjouissent de cette œuvre irrévérencieuse. L'œuvre se met à « fuiter », et de nombreuses versions pirates et non reconnues par Voltaire ont vu le jour, à Genève, Paris, Amsterdam, Louvain, Londres, Glasgow... Un grand nombre d'entre elles n'hésitent pas renchérir dans l'obscène pour satisfaire la demande des lecteurs. Voltaire, voyant son œuvre lui échapper, décide d'en reprendre le contrôle en faisant paraître chez Cramer, à Genève, en 1762, une première édition « autorisée ». Cette œuvre provoqua un véritable scandale à la cour de France. Elle fut censurée et fit longtemps partie de l'Enfer de la Bibliothèque nationale de France.

Paroissien.

Paroissien latin-français selon le rit romain avec les offices propres au diocèse de Coutances et Avranches imprimé par ordre de Mgr Joseph Guérard.

Coutances, Daireaux, s.d. (1900), in-16, (8)-882 pp, une gravure de St Hilaire en frontispice, reliure plein maroquin noir, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titre et fleurons dorés, double encadrement doré sur les plats, dentelle intérieure, coupes filetées, tranches dorées (rel. de l'époque), bon état. Très bel exemplaire, finement relié

Joseph Guérard fut évêque de Coutances et Avranches de 1899 à 1924.

BLAESSINGER (Edmond).

Les grandes figures du service de santé militaire. 1ère série : Quelques grandes figures de la chirurgie et de la médecine militaires. 2e série : Quelques grandes figures de la pharmacie militaires. 3e série : Quelques grandes figures de la chirurgie, de .

BAILLIERE, 1947, P., J.-B. Baillière 1947/48, et A. Blanchard 1852, 3 volumes in-8, 422, 381 & 418p., illustrations (cachets de bibliothèque, sinon bon état).

HENRIQUET (Michel)(prés. par).

Les Maîtres de l'Équitation classique.

Verviers, André Gérard, 1974, pt in-4°, 295 pp, introduction de Michel Henriquet, planches hors texte, figures, reliure toile brique décorée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque des Arts & Traditions)

Textes des auteurs équestres français du XVIIIe siècle, choisis et présentés par Michel Henriquet. L'ouvrage comprend la Manière de dresser les chevaux (seconde partie de l'École de cavalerie [1729]) de François Robichon de la Guérinière, ainsi que les extraits les plus significatifs de Bourgelat (Le nouveau Newcastle [1744]), Gaspard Saunier (Les vrais principes de la cavalerie [1749] et L'Art de la cavalerie [1756]), Dupaty de Clam (Pratique de l'équitation [1749] et Traités sur l'équitation [1771]) et Montfaucon de Rogles (Traité d'équitation [1778]).

POISSON (Georges)(dir.).

Dictionnaire des Monuments d'Île-de-France.

P., Editions Hervas, 1999, in-4°, 958 pp, introductions par Alice Saunier-Seïté, Georges Poisson, Anne Prache, Dominique Hervier, texte sur 3 colonnes, très nombreuses photos, la plupart en couleurs, liste des communes, glossaire des termes d'architecture, index des noms propres, biblio, reliure simili-cuir bleu décoré or de l'éditeur, dos lisse avec titre doré, emboîtage cartonné et toilé imprimé en couleurs, très bon état

Ce dictionnaire répertorie près de 4.000 monuments situés dans la région d’Ile-de-France, classés par commune et par ordre chronologique. N’ont été retenus que les espaces verts historiques ornés d’édifices (fabriques). De même les monuments d’hommage public ou la partie sculptée est dominante ont été laissés de côté. Par contre sont cités les vestiges architecturaux et les édifices de « petit patrimoine », qu’ils soient ou non protégés au titre des monuments historiques et même certaines maisons d’hommes célèbres, souvent qualifiées de lieux de mémoire. Un tel recensement, qui s’étend des monuments mégalithiques jusqu’aux édifices les plus récents, est nouveau en ce sens qu’il n’avait jamais été tenté avec une telle ampleur, l’Ile-de-France étant à la différence de Paris, encore une terre en partie inexplorée. Le présent ouvrage concerne sept départements : Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d'Oise, Yvelines, Essone, Seine-et-Marne. — "En novembre 1999, Georges Poisson se voyait décerner le prix littéraire des Vieilles Maisons Françaises pour le Dictionnaire des Monuments d'Ile-de-France dont il a assuré la direction et rédigé un grand nombre d'articles." (Cahiers Saint-Simon, 1999)

FOUCHÉ (Joseph).

Mémoires de Joseph Fouché, Ministre de la Police, duc d'Otrante.

P., Editions de Saint-Clair, 1968, 2 vol. pt in-8°, 293 et 269 pp, un portrait-frontispice en couleurs, 24 gravures et portraits hors texte, tiré sur bouffant alfa vergé, reliures simili-cuir décorées de l'éditeur, bon état

Homme de la manigance et du complot, ministre de la Police sous le Directoire et le Consulat, mais aussi sous l'Empire et durant les Cent-Jours, nul n’incarna mieux que Joseph Fouché (1759-1820) l’omnipotence ambiguë des forces de l’ombre et le cynisme de l’Histoire cachée. Survivant aux changements de régimes, tenant les puissants à merci, il fut fait comte d’Empire puis duc d’Otrante par Napoléon. Ses sulfureux Mémoires, rédigés pendant son exil en Autriche, en 1816, apportent sur la Révolution et l’Empire l’extraordinaire témoignage d’un des hommes les mieux renseignés de son temps. À l'image de leur auteur, ses Mémoires, publiés quatre ans après sa mort, en 1824, ont suscité une vive controverse. S'ils sont unanimement jugés passionnants, beaucoup de contemporains ont mis en doute que Fouché en soit l'auteur. Louis Madelin les tient pour authentiques, Jean Savant non, Jean Tulard ne se prononce pas. Une source indispensable à quiconque s'intéresse à l'histoire de la Révolution et de l'Empire. — "Il est certain que Fouché a songé à écrire ses mémoires entre 1815 et 1820. Le texte paru en 1824, quatre ans après sa mort, est-il authentique ? Alphonse de Beauchamp, ancien employé du comité de sureté générale puis du ministère de la police, historien des guerres de Vendée et fabricant de mémoires s'en est déclaré l'auteur. (...) Autre problème : celui de la partialité du témoignage. L'intérêt de l'ouvrage n'en est pas moins certain". (Tulard, 560)

CHEVALIER (Mgr C.).

Tours capitale. La délégation gouvernementale et l'occupation prussienne (1870-1871).

Tours, Imp. A. Mame et Fils, 1896, gr. in-8°, 349 pp, index, broché, dos fendu proprement recollé, bon état. Peu courant

"En 1871, le conseil municipal de Tours chargea Mgr Chevalier de recueillir les documents et les détails relatifs à l'histoire de la capitale de la Touraine, devenue pour quelques semaines la capitale de la France. Après de consciencieuses et habiles recherches, après de longs entretiens avec les personnages les plus qualifiés pour juger les actes du gouvernement de la Défense nationale et les mesures administratives, Mgr Chevalier rédigea un important ouvrage, qui ne fut pas publié de son vivant, et que la maison Mame a eu l'heureuse idée d'éditer, On y suit les efforts patriotiques d'une population prête à se sacrifier pour résister à l'invasion, mais l'on voit aussi l'indiscipline et le découragement de certaines troupes de francs-tireurs, mal recrutées et mal commandées, dont la tenue contraste avec l'allure martiale et l'esprit militaire des zouaves de Charette et des volontaires de Cathelineau, Mgr Chevalier trace un curieux tableau de l'arrivée à Tours de Gambetta, de Garibaldi et de plusieurs députés républicains espagnols, « missionnaires de l'idée internationale accourus pour asseoir, sur les ruines sanglantes de notre patrie, le règne de leurs chimères et de leurs utopies. » Après le combat de Monnaie, la Touraine fut envahie el. les troupes françaises se retirèrent sur Angers. Le 21 décembre, sous prétexte qu'une patrouille de uhlans avait été assaillie aux portes de Tours, les Prussiens bombardèrent Tours jusqu'à ce qu'une délégation de la municipalité eût obtenu la cessation du feu. La Touraine eut ses otages et ses victimes, et les Prussiens se signalèrent particulièrement dans la région par des exactions et une brutalité indignes d'une armée victorieuse. Enfin, le 9 mars 1871, l'armée prussienne évacua Tours. Une statistique soigneusement contrôlée évalue à sept millions les pertes causées par l'occupation allemande dans les arrondissements de Tours, Loches et Chinon, la ville de Tours exceptée." (Revue des Questions historiques, 1897)

BUHLER (Pierre).

Histoire de la Pologne communiste. Autopsie d'une imposture.

Karthala, 1997, gr. in-8°, 808 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

Le 4 juin 1989, le régime communiste du général Jaruzelski implose à l'épreuve du suffrage universel, libre et secret. En dévoilant les premiers l'imposture de l'« État du prolétariat », les électeurs polonais déclenchent une réaction en chaîne qui, en l'espace de trente mois, met fin à l'aventure dramatique du socialisme réel sur le continent européen. Ce scrutin décisif, qui précipite un mouvement probablement inéluctable, est l'aboutissement d'une démarche réfléchie, cohérente, inlassable de refus du mensonge, de l'arbitraire, de l'asservissement. une démarche menée par ceux-là mêmes qui devaient former l'avant-garde du système, les intellectuels de gauche et les ouvriers, dont la révolte finit par rencontrer l'appui d'une autre victime, l'Église et, à partir de 1978, la protection de Jean-Paul II. Imposé en 1944 et maintenu par la force pendant près d'un demi-siècle, le régime a succombé, terrassé par les poisons qu'il a sécrétés. Cette Autopsie d'une imposture est l'histoire de cette lente décomposition, avec ses rebondissements et ses retours en arrière, ses crises et ses espoirs déçus. Empruntant aux registres du roman noir, de l'absurde et du tragique, l'Histoire de la Pologne communiste est le premier ouvrage de synthèse et de référence qui traite cette période comme un tout, avec une approche délibérément politique. L'ouverture de nombreuses archives et une abondante production de mémoires de la part des protagonistes de ces événements, soucieux de se justifier devant la postérité, apporte une moisson d'anecdotes et de témoignages qui illustrent le rôle des individus dans une histoire qui ne se laisse pas appréhender par une simple lecture déterministe.

DUPUIS (Jacques).

Histoire de l'Inde et de la civilisation indienne.

Payot, 1963, in-12, 386 pp, une carte, biblio, glossaire, index, reliure pleine basane fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièce de titre basane vermillon (rel. de l'époque), bon état (Petite Bibliothèque Payot). Édition originale

Du faste empire de Vijayanagar à l'émancipation du XXe siècle en passant par l'empire Mogol ; de l'empire d'Asoka à la domination britannique, de l'Indépendance aux années 1990... Sans oublier les arts et la religion. Cette Histoire de l'Inde permet de mieux comprendre cette partie du monde : la grandeur d'anciens empires méconnus en Occident, l'origine de certains conflits récents...

HÖSS (Rudolf), Pery BROAD, Johann Paul KREMER.

Auschwitz vu par les SS.

Oswiecim, Edition du Musée d'Etat, 1974, in-8°, 352 pp, préface de Jerzy Rawicz, choix des textes, annotations et notes biographiques par Jadwiga Bezwinska et Danuta Czech, 27 photos, 3 plans dépliants hors texte, annexes, biblio, index des noms, index géographique, broché, sans la jaquette, bon état

Trois textes dont les auteurs sont des SS ayant sévi à Auschwitz. Pour Höss, le premier chef du camp d'Auschwitz, ce sont la partie des ses mémoires, écrits dans la prison de Cracovie avant son procès, concernant le Lager. Pour Broad c’est un récit qu’il remet aux autorités anglaises qui l’ont fait prisonnier. Pour Kremer il s’agit de son journal. Avec préface, postface, notes et annexes. — Recueil de textes de trois responsables d'Auschwitz à des postes divers. Rudolf Höss fut le premier chef du camp d'Auschwitz I, et l'homme qui mit en action les premiers crématoires et les chambres à gaz au Zyklon B. Perry Broad était un SS du camp. J. Kremer était un médecin rengagé dans la Waffen-SS à 60 ans, et à ce titre participa à une dizaine de Sonderbehandlungen, bref de gazages. Il est important de noter qu'aucun de ces personnages ne nie l'existence de la solution finale. Pour autant il faut évidemment prendre ces textes avec du recul, car ils ont été écrits dans un contexte bien particulier. Höss signe une déclaration en attendant son jugement, qui aboutira à sa condamnation par pendaison dans Auschwitz même, près du crématoire ! Par conséquent il fait tout pour minimiser ses responsabilités et ment beaucoup par omission. Le récit de Pery Broad fournit une description du fonctionnement du camp, et son regard est curieusement très empathique vis-à-vis des victimes et à charge contre la brutalité des SS. Quant à Kremer, c'est la source la plus directe, bien que la moins bavarde, puisqu'on a conservé son journal, écrit au jour le jour. Il reste cependant assez pudique sur ce qu'il a vu, mais lors de son procès ultérieur on lui demanda de détailler les entrées de son journal et il s'y prêta de bonne grâce. L'ouvrage comporte aussi un cahier de photographies, dont des photos anthropométriques des nazis prises lors de leur détention, l'album d'Auschwitz, les photos volées par quelques Sonderkommando d'un bûcher et celles de la libération des camps par les soviétiques. Ces photos, quoique d'un tirage de mauvaise qualité, sont terrifiantes. L'ouvrage compte des notes de bas de page fort détaillées et documentées, qui précisent la chronologie et les faits quand il est besoin. De ce point de vue il n'y a pas grand chose à dire de l'appareil critique. Rudolf Höss (à ne pas confondre avec Rudolf Hess) présente le témoignage le plus détaillé, mais aussi le plus orienté et le plus ahurissant dans son système de défense. Alors qu'il avait une réputation de sadisme, Höss ose avancer qu'il aurait aimé donner aux détenus des conditions humaines, mais qu'il était pris par le calendrier infernal de développement du camp qu'on lui imposait, et surtout qu'il n'avait pas la main sur ce qu'il se passait dans le camp, puisqu'on ne lui envoyait que des SS sadiques dont il condamnait fermement l'attitude vis-à-vis des détenus. "Ha, si seulement il y avait eu des SS gentils à Auschwitz !". Oui, c'est vraiment le système de défense retenu... Malgré tous ses efforts et sa vigilance pour tenter de se blanchir, la dureté de Höss et son racisme transparaissent dès qu'il est question des Juifs. Il parle avec beaucoup de détails des difficultés logistiques que lui ont posé l'extension du camp et le manque de matières premières. Höss ne cache rien de la mise en oeuvre des chambres à gaz et en parle avec un détachement pratique terrible. Bref, le journal de Höss est la pièce maîtresse de ce livre et est fascinant d'aveuglement volontaire en vue de se justifier et de sauver sa peau. – Perry Broad a écrit un texte d'une quarantaine de pages, un texte étrange, qui n'hésite pas à aller dans le pathos envers les victimes et qui insiste sur l'insensibilité sadique des nazis. C'est un bon complément à Höss, car il revient au contraire sur de nombreux épisodes ayant causé des morts, comme la révolte de Budy, l'extermination des prisonniers de guerre soviétiques, les procédures du Block 11 (consacré à la torture et aux exécutions) et le fonctionnement de la solution finale. Il ne nous épargne pas les détails sordides... – Kremer est un profil atypique, mais son journal, dont on publie les entrées des années 1940-1945, est intéressant. Il était nazi dès le milieu des années 1930 et fait partie des médecins qui ont intégré l'idéologie raciale du Reich. En 1941, en tant que SS, il officie à Dachau comme médecin, mais il raconte peu de choses de sa vie au camp. Il est frappant que les entrées (courtes) de son journal s'attachent plutôt à sa vie familiale, les films qu'il a vus, ses espoirs professionnels. Courant 1942, il est muté à Auschwitz. Il notera dans son journal chaque gazage dont il sera témoin, même si son implication concernait surtout la sélection et le fait d'être disponible si jamais il y avait un problème à cause du gaz. Les entrées de ses premiers contacts avec le Sonderbehandlung sont laconiques mais traduisent une intense détresse "l'enfer de Dante a l'air d'une comédie à côté" "Untel avait raison de me dire que nous sommes ici dans l'anus mundi". "Scènes insoutenables". Soucieux de faire avancer la science, il fera également des prélèvements d'organes internes sur des condamnés à mort pour mieux connaître les dégénérescences liées à la sous-alimentation... C'est absolument soufflant, car Kremer n'a pas vraiment l'air d'un monstre, plutôt d'un scientifique un peu loufoque. Il a cependant participé à des exécutions, cela faisait partie de ses "obligations professionnelles". Kremer ne passe pas toute la guerre à Auschwitz : il retourne à Prague, Munich, Münster. Ses espoirs d'obtenir une chaire à l'université s'envolent car on lui reproche d'être scientifique avant d'être nazi, ce qui bloque son avancement. La fin de son journal concerne son retour à Munster, où il a des querelles familiales, et où les bombardements prennent une ampleur de plus en plus importante. La fin montre une population allemande désemparée où aucune maison n'est sûre face aux cambriolages et où la nourriture devient la principale préoccupation. A noter qu'il est frappé par la bonne santé des soldats américains, mais aussi par leur physique qui traduit "une mixité des races". Même après la défaite... (zardoz6704, SensCritique)

CHENOUNE (Farid).

Les dessous de la féminité : Un siècle de lingerie.

Assouline 1998, in-4°, 200 pp, nombreuses illustrations et photos en noir et en couleurs, repères chronologiques, notes, biblio, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état

Les femmes portent des dessous ; les hommes ne portent que des sous-vêtements. Cette formule marque la différence des sexes. Surtout, elle fait la part belle à un univers, plus ou moins caché, plus ou moins mystérieux, secret, toujours fascinant, charmant, envoûtant, celui des dessous féminins, aux vocations évidemment érotiques. Entre rêve et réalité, rien moins qu'une affaire d'intimité : le cri d'une soie, le léger craquement d'un corset, le bruissement électrique d'une paire de bas sous une combinaison ou une robe, le frou-frou d'un jupon... Spécialiste de la mode , Farid Chenoune livre ici un siècle de lingerie, une véritable archéologie de ces dessous, du caraco au corset, des porte-jarretelles aux collants à dentelles, du soutien-gorge à bonnets au bas nylon, jusqu'à la formidable guêpière. Tout un arc-en-ciel de saveurs lingères où l'on croise Arletty, Marilyn Monroe, Silvana Mangano, Brigitte Bardot, les top-models de Calvin Klein ou encore Laetitia Casta. Au-delà d'une coquette et divertissante épopée de la lingerie, qui dissimulerait pour mieux laisser deviner, c'est aussi une histoire (richement illustrée) de la femme au XXe siècle, dans sa manière d'être, de paraître. (Céline Darner) — Corsets, porte-jarretelles, soutiens-gorge, guêpières, combinaisons, strings, caracos, jarretières, brassières, gaines, brésiliens, etc.: la chronique des sous-vêtements féminins ne se limite pas à une simple énumération de catalogue. En un siècle, les femmes sont en effet passées de l'ère du linge de corps et du trousseau à celle des dessous. Changements de mots, changements de murs. A cette invention des dessous correspond un nouveau théâtre de la féminité, imaginaire dont ce livre explore les coulisses les plus intimes. De la taille encorsetée des courtisanes du début du siècle aux seins pigeonnants des top models du début des années quatre-vingt-dix, des sous-vêtements plats de la garçonne des années vingt à la lingerie sexy de la pin up des années cinquante, de la corseterie du new-look d'après-guerre aux soutiens-gorge transparents ou totalement absents des années soixante-dix, les sous-vêtements féminins forment aussi une charpente invisible au service des canons esthétiques du moment. Leur histoire est également histoire des murs et de la mode. Au fil d'une revue où se pressent la Belle Otéro et Marlène Dietrich, La Goulue et Madonna, Marilyn Monroe et Claudia Schiffer, sex symbols glamours et petites Vénus anonymes, Les Dessous de la féminité déshabille le siècle, ses images et ses corps fétiches. (L'Éditeur)

BEGUIN (Hubert).

L'organisation de l'espace au Maroc. (Thèse).

Bruxelles, Académie royale des Sciences d'Outre-Mer, 1974, gr. in-8°, 787 pp, 117 cartes, 21 figures et 49 tableaux, biblio, annexes, broché, jaquette, bon état

"Hubert Beguin applique à l'analyse de l'organisation de l'espace au Maroc, les méthodes de « la nouvelle géographie » : l'analyse factorielle à partir des composantes principales. Les résultats obtenus viennent enrichir et préciser la somme des connaissances déjà acquises sur ce pays : on appréciera notamment les parties consacrées à l'organisation des campagnes, au phénomène urbain et à l'espace de relations où sont étudiées les relations villes-campagnes et les différents phénomènes de polarisation urbaine." (H. Isnard, Méditerranée, 1975)

GOULPHIN (Fred).

Les veillées de chasse d'Henri Guizard.

Flammarion 1987 in-8°, 236 pp, broché, couv. illustrée, bon état

Les meilleurs récits de chasse et de faune du guide Henri Guizard au Gabon, recueillis lors des fameuses veillées au camp d’Iguela sur les bords de la lagune dans les années 1970. Alors que se succèdent les clients, on savoure les fascinantes facettes de l’Afrique sauvage: les traques en forêt, les voyages en pirogue, les mœurs et les dangers des animaux sauvages, les rencontres avec les Pygmées, les mystères de la brousse, etc. Henri Guizard (1921-2007) a vécu au Gabon plus de soixante ans. Il a été guide de chasse pendant plus de vingt ans. Fred Goulphin, l'un de ses clients, à recueilli et rédigé ses récits, le texte a séduit Philippe de Baleine... — "Les animaux qui s’ébattent dans ces pages vivent toujours, heureux et libres dans les bois et les savanes de la réserve d’Iguela, dans le Sud sauvage du Gabon. On ne chasse plus à Iguela depuis quelques années. Mais on y vient toujours du monde entier. Pour y voir les grands animaux africains, buffles, éléphants, gorilles, qui y vivent en nombre prodigieux. Pour écouter aussi le soir, au campement, les récits extraordinaires du vieux guide de chasse, Henri Guizard, patron de la réserve et grand maître des éléphants. Henri Guizard vit depuis 40 ans au Gabon. Il a été coupeur de bois, chercheur d’or, prospecteur de diamants. La forêt vierge n’a plus de secrets pour lui. Il est guide de chasse depuis 15 ans. Quand il raconte avec verve et humour ses bêtes et ses incroyables aventures, il tient ses hôtes éveillés toute la nuit. Partagés entre l’émotion et le rire. Les veillées de chasse d’Henri Guizard : le livre vivant d’une Afrique pleine de secrets, qui va bientôt disparaître." (4e de couverture)

MÉLANDRI (Pierre).

Une incertaine alliance. Les États-Unis et l’Europe, 1973-1983.

Publications de la Sorbonne, 1988, gr. in-8°, 431 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. et carte a.s. de l'auteur à Max Gallo

"A travers une approche historique et sur la base d'une très riche documentation écrite et orale, ce livre retrace dans le détail l'histoire des relations entre les États-Unis et l'Europe, ainsi que les événements de politique internationale qui ont eu une influence sur ces relations au sein de l'Alliance atlantique pendant une décennie : de 1973, qui fut baptisée « l'année de l'Europe » par Henry Kissinger, à 1983 qui fut l'année du déploiement des euromissiles. P.M. passe en revue les problèmes d'adaptation aux profonds changements intervenus depuis la création de l'Alliance atlantique, les conséquences du premier choc pétrolier, rappelle comment la recherche d'une coopération bilatérale a abouti aux sommets occidentaux, les circonstances dans lesquelles s'est posé le problème de la juste part que devrait apporter l'Europe pour la défense commune, les divergences entre alliés sur la détente, les euromissiles et le désarmement, les conséquences de l'invasion de l'Afghanistan. En 1983, les relations entre l'Europe et les États-Unis sont encore dominées par des incertitudes, notamment sur le leadership de l'Amérique, sur la place de l'Allemagne, sur la stratégie atomique, le désarmement." (Revue française de science politique, 1989)

DEVRIÈS (Maurice).

Le Reliquaire de la France.

P., Maurice Devriès éditeur, v. 1930-1950, 10 vol. in-4° (34,5 x 25,5 cm), l'ensemble sous emboîtage cartonné toilé grège ; soit 9 volumes reproduisant 100 fac-similés contrecollés sur papier fort de documents autographes authentiques des plus grandes personnalités historiques françaises, du Moyen Age au 19e siècle (avec le texte en regard de chaque document reproduit) ; et un dixième volume paru en 1946 (Du fond de l'abîme vers la résurrection) reproduisant 46 autographes, documents et photos relatifs à la seconde guerre mondiale en France

1. Pièces rarissimes sur la grande et la petite Histoire. – 2. Quelques reliques émouvantes du passé. – 3. Reliques émouvantes ou curieuses de l'Histoire. – 4. Quinze documents historiques curieux et rares. – 5. 150 ans de conquête des cœurs. – 6. Une dernière sélection de 15 émouvantes reliques. – 7. De l'officier corse au martyre de Sainte-Hélène. – 8. Quelques reliques émouvantes de l'Histoire de France. – 9. Une gerbe éblouissante de pièces historiques. – 10. Du fond de l'abîme vers la résurrection. — "La publication toute récente d'« Une gerbe éblouissante de pièces historiques », dernier album d'une collection vraiment unique de fac-similés, ramène l'attention sur le long et méritoire effort d'un chercheur érudit, M. Maurice Devriès, qui depuis vingt ans explore les bibliothèques, les musées, les administrations publiques, les collections particulières de France et de l'étranger pour y découvrir les pièces les plus dignes d'être proposées à notre vénération. En rassemblant ainsi, par une méthode de reproduction dont il a le secret et dont l'exactitude est surprenante, ces documents rarissimes mais épars, c'est un musée innombrable de l'histoire de France que M. Maurice Devriès fait pénétrer chez nous ; ses albums mettent en effet dans nos mains une image si fidèle de ces précieuses reliques qu'on croit voir les originaux avec leurs maculations, leurs ratures, leur encre jaunie, leur papier vieilli, aux angles usés, aux bords amincis, les taches de sang d'un Marat et d'un Robespierre, ou la trace des larmes d'une Marie-Antoinette qu'attend la charrette fatale. Si l'on tentait un essai de classement de toutes les pièces dont se compose cette collection on serait amené à grouper d'une part les documents qui relèvent de la grande histoire ainsi vulgarisée, et d'autre part ceux qui apportent à la petite histoire, par des faits piquants généralement ignorés, une non moins précieuse contribution. Feuilletons ensemble les pages de ce dernier album paru : ce texte en elzévir, c'est le serment que devaient prêter au XV siècle les "apoticaires chrestiens et craignans Dieu". Ils juraient notamment "de ne médire d'aucun de leurs anciens maistres", de n'enseigner point "aux idiots" les secrets de la médecine, de respecter les femmes, de ne leur donner jamais à boire aucune potion abortive, "de ne donner jamais à boire aucune sorte de poison à personne, et ne conseiller à aucun d'en donner, non pas mesmes à ses plus grands ennemis". Sur cette autre page est inséré le gracieux billet de Louis XIII enfant à sa bonne nourrice : la nature sensible et refoulée du fils de Henri IV, sevré de tendresses par son insupportable mère Marie de Médicis, apparaît toute dans cette prière touchante : "Memie Vitry, je désire que vous me véniés bien tost voir et que me reniés tousiours vostre bon amy. Loys." Tournons encore quelques pages. Nous avons sous les yeux une lettre de Latude, dit Danry, l'aventurier aux six noms, lettre adressée à la marquise de Pompadour. Il s'avise après cent quatre-vingt-huit jours de dure captivité à la Bastille, puis au donjon de Vincennes, qu'il est grand temps pour lui d'afficher un vif repentir et d'implorer grâce et pardon. Un stupide stratagème de son invention l'a poussé, dans l'espoir de soutirer quelque argent à la favorite de Louis XV, à lui dénoncer un attentat par colis explosif dirigé contre sa personne, alors qu'il était lui-même l'auteur de cet envoi, d'ailleurs inoffensif. Cette sottise devait lui valoir trente-cinq ans d'internement, entrecoupé d'évasions précaires qui chaque fois aggravèrent son cas. En quels termes essaie-t-il d'apitoyer sa "victime" ? "Si la misère, gémit-il, présé par la faim, ma fait comettre une faute contre votre chère personne, ça na point été dans le dessint de vous faire aucun mal... Si la divine personne du plus grand Roy de la terre me fait la grâce d'obtenir de votre générosité la liberté, je mourray plutôt et mangeray que des racines avant que de l'exposer une seconde fois." La poignante supplique de ce malheureux provient du fonds "Bastille" de la bibliothèque de l'Arsenal. Elle demeura sans réponse. Parvint-elle jamais à destination ? Nous avons gardé pour la fin une lettre du cher grand Lamartine, datée d'octobre 1824. Le poète a trente-quatre ans, ses Premières Méditations (1820) et ses Nouvelles Méditations (1823) lui ont ouvert toutes grandes les voies de la renommée ; un bout de ruban rouge obtenu par faveur n'ajouterait rien à sa gloire naissante, et pourtant il le sollicite. Petite faiblesse d'un grand poète ! Il écrit au bas d'une lettre banale, qui n'a d'autre objet que d'amener ce post-scriptum, sans avoir l'air d y toucher : "Si réellement vous êtes en veine de crédit et de puissance, ne pourriez-vous pas me faire avoir la croix de la Légion d'honneur ? Vous vous étonnez de ma vanité, mais cela aurait pour moi quelques résultats qui ne seraient pas tous vanité." M. Devriès ne nous donne pas le nom de l'homme "puissant" à qui était adressée cette requête. Quoi qu'il en soit, Lamartine fut fait chevalier, mais n'accéda jamais à de plus hauts grades. Sans doute en eut-il moins le goût à mesure que la destinée le comblait d'honneurs plus solennels. Se rappelle-t-on sa boutade à un ami qui postulait la croix ? "Qu'est-ce qu'un honneur qu'on perd en ôtant son habit !" Le temps qui change tout change aussi nos humeurs." (Maurice Duval, Le Monde,1950)

PALMIER (Jean-Michel).

L'Expressionnisme et les arts. 1. Portrait d'une génération.

Payot, 1979, in-8°, 358 pp, nombreuses illustrations dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Bibliothèque Historique)

"L'Expressionnisme et les arts" s'efforce de saisir ce que fut sur le plan artistique la révolution formelle qu'apporta l'expressionnisme allemand. L'auteur interroge le théâtre, la peinture, le cinéma, les arts plastiques et la poésie pour tenter de découvrir ce qu'a signifié cette nouvelle sensibilité, comment elle s'est incarnée dans de nouvelles formes, brisant les anciennes, laissant sa marque sur tous les artistes qui l'ont rencontrée. Dans ce premier volume sont regroupés les textes consacrés à la vie artistique berlinoise, aux artistes qui l'ont incarnée, des études sur la poésie expressionniste et des essais sur ses représentants.

SZAMVÉBER (Norbert).

Les Panzers de la Hitlerjugend. Normandie 44.

Heimdal, 2011, in-4°, 256 pp, environ 500 photos et documents, qqs-uns en couleurs, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

Grâce au journal de marche du Panzer-Regiment de la « Hitlerjugend » retrouve par l’auteur, ainsi que les éléments de celui de son groupe de chasseurs de chars, nous pouvons suivre, jour par jour, l’engagement des panzers de cette célèbre division dans les très durs combats de la Bataille de Normandie. Nous retrouvons le nombre de chars engages, les pertes et les succès de manière très précise, avec un important appareil de notes et de commentaires. Cette impressionnante approche de l'événement et des décisions de commandement au niveau tactique met en lumières les techniques de combat des blindés qui permirent d'entraver la percée du groupe d'Armée de Montgomery à travers les lignes allemandes près de Caen pendant deux mois. Cette étude comprend en outre une série de cartes détaillées et environ 500 photos dont des photographies rares.

HURET (Jules).

En Amérique. [1] De New-York à la Nouvelle-Orléans. [2] De San Francisco au Canada.

P., Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, 1904-1905, 2 vol. in-12, 420 et 564 pp, pas de mention sur le volume New York (édition originale 1904 sur papier courant : il y a eu 25 ex. numérotés sur Japon) et mention de 4e mille en page de titre pour le volume San Francisco (mais année de l'originale 1905), index analytique des 2 volumes (24 pp) à la fin du deuxième, reliures demi-percaline verte, dos lisse avec pièce de titre basane havane, fleuron et double filet dorés en queue (rel. de l'époque), bon état

Volume 1. De New-York à la Nouvelle-Orléans : Premières impressions - L'hôtel Waldorf-Astoria - Petites notes et croquis - Le football (américain) - L'éveil belliqueux - Boston - Philadelphie - Les industries françaises menacées - Au théâtre - L'université d'Harvard - Comment les comptes se règlent, comment on se défend - La vie de campagne - Un drame de Mme Clarence Mackay - Il y a aussi des pauvres - La police privée (l'agence Pinkerton) - Un collège de filles (Smith College) - Keeley institute - Pittsburg - Cincinnati - Comment on voyage - La Nouvelle-Orléans (le carnaval, l'élément français) - Mœurs nègres - Position de la question nègre - A Tuskegee (l'école normale des nègres - Encore la question nègre. — Volume 2. De San Francisco au Canada : A travers le Texas et l'Arizona - Los Angeles - Plages de milliardaires - San Francisco - La ville chinoise (China-town) - La Californie - Le Lac Salé (les Mormons) - Histoire et doctrines du Mormonisme - Les Mormons (la polygamie) - Le chef des apôtres mormons - Conversation avec sept femmes mormonnes - Une école de Peaux-Rouges - Les chercheurs d'or - Une mine d'or dans le Colorado - Les Canyons - Denver - Pueblo - Kansas-City - Saint-Louis - Chicago - Les abattoirs de Chicago - Niagara - Les domestiques - La réclame - Les femmes - Choses ouvrières - Montréal et les Iroquois - Québec et les Hurons - Richesse du Canada - Ellis-Island - Dernières notes avant le retour.