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Académie des sciences de L'URSS - Institut d'histoire.

Histoire de l'URSS de l'antiquité à nos jours.

Moscou, Editions du Progrès, 1967, fort in-8°, 686 pp, 146 pl. de gravures et photos hors texte, tableau chronologique, reliure toile beige éditeur, jaquette et rhodoïd, qqs rares soulignures crayon, bon état. Bien complet des 7 cartes dépliantes volantes (dont une en couleurs) jointes

"Cet ouvrage remplira de pessimisme tous ceux qui sont attentifs aux changements intellectuels en URSS. Publié en 1967, il ressemble à s'y méprendre aux plus beaux produits de la période stalinienne, sauf le culte de Staline. A le lire il semble qu'une direction collective ait fonctionné en URSS depuis la révolution ; sans doute signale-t-on au passage, mais avec quelle discrétion, les défauts caractériels de Staline ! Le lecteur apprendra combien douce et rationnelle fut la collectivisation (pp. 428 et suivantes, « l'adhésion librement consentie des masses paysannes aux kolkhozes »), mais cherchera en vain trace des purges, des luttes politiques des années 1930, etc. Le récit de la révolution est un chef-d'œuvre, s'agissant de ne nommer que ceux qui sont reconnus comme bons « bolcheviks », et le Soviet de Pétrograd a quitté la scène de l'histoire, on devine pourquoi..." (Revue française de science politique, 1969)

ADAM (Mme Juliette Edmond)(Juliette Lamber).

Impressions françaises en Russie. Ouvrage illustré de 51 gravures tirées hors texte.

P., Librairie Hachette et Cie, 1912, in-12, viii-245 pp, mention de 2e édition (mais année de l'originale), 51 gravures et photos, dont une photo de l'église de la résurrection à Saint-Pétersbourg en frontispice, sur 32 planches hors texte, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres (“En Russie”) et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

Juliette Adam, écrivaine et femme politique, « fonda une première société des amis de la Russie et joua un rôle central dans le tournant qui offrait à la France l'alliance russe » (Hogenhuis-Seliverstoff). — "... Attentive à surprendre l'âme russe dans ses manifestations les plus diverses, Mme Adam nous la montre, vivante et agissante, avec toutes ses complications. En compagnie de l'illustre voyageuse, nous traversons la Russie, de Saint-Pétersbourg à la mer Noire, pénétrant partout, chez la vaillante colonie française de Moscou, comme sous la tente des marchands forains de Nijni-Novgorod, et jusque dans la villa impériale de Livadia. Avec elle, nous sommes admis familièrement dans la plus haute société, dont les femmes « savent mêler la fantaisie la plus désordonnée à la logique la plus froide, la virilité de la pensée à toutes les coquetteries féminines, l'intelligence la plus hardie à des douceurs, à des bontés presque naïves, le mysticisme, aux utopies et aux réalismes de la politique ». Chemin faisant, elle interroge le moujick et le trouve lamentablement arriéré en matière de culture agricole, mais susceptible de vous faire des réflexions d'une spiritualité étonnamment relevée. (...) Mme Adam revient souvent sur l'Alliance, dont elle fut, chacun se plaît à le reconnaître, un des premiers et des plus dévoués artisans. Tout cela, bien entendu, agrémenté de descriptions charmantes, parsemé de souvenirs personnels sur les penseurs et les hommes d'Etat russes, émaillé d'anecdotes recueillies sur place, dont beaucoup relatives tant à la désastreuse campagne de 1812 qu'à la guerre de Crimée car ce qu'il a fallu que Français et Russes s'entr égorgent, avant de devenir amis et alliés ! Mais ce que je ne saurais rendre, par exemple, c'est la vivacité du style, la jolie prestesse des petits tableaux brossés en chemin de fer ou en voiture, la quantité de détails, démonstratifs ou simplement pittoresques, observés et résumes d un mot telle la récolte d une habile glaneuse, adroite à ne rien négliger de ce qui peut embellir sa gerbe..." (Emile Vedel, Le Figaro, 30 août 1912)

ADJOUBEI (Alexei).

A l'ombre de Khrouchtchev.

La Table Ronde, 1989, in-8°, 382 pp, texte français de Galia Ackerman et Pierre Lorrain, broché, couv. illustrée, bon état

« Le mariage d'Adjoubei vaut de l'or », disaient les mauvaises langues en URSS. En épousant Rada, la fille de Khrouchtchev, Alexeï Adjoubei, fils d'une couturière, entrait dans la famille de celui qui, quatre ans plus tard, deviendrait le numéro un soviétique. Adjoubei monte avec son beau-père. Jeune journaliste chargé du courrier des lecteurs, il devient en quelques années rédacteur en chef d'un prestigieux journal, les “Izvestia” et « ministre des Affaires étrangères bénévole », comme on le raillait à Moscou. Il nous raconte cette étonnante décennie post-stalinienne, la dénonciation des purges, le premier dégel et la première perestroïka, l'ouverture vers l'étranger. Il présente un puissant portrait de Khrouchtchev, homme peu cultivé, idéaliste, despote, mais réformateur audacieux. Adjoubei parle aussi de sa propre enfance et du travail de journaliste soviétique, de ses rencontres avec les célébrités de son époque, les frères Kennedy, de Gaulle, Jean XXIII, Nasser. Il raconte les dernières années de Khrouchtchev limogé et sa mort solitaire. Il inclut aussi les témoignages des autres, dont Nina Patrovna, la compagne de toute une vie de Khrouchtchev que, pourtant, il n'épousa jamais. Et en filigrane apparaît constamment la figure dominante et sinistre de Joseph Staline qui hanta son successeur... Un livre riche, passionné et passionnant, précieux souvenir de la grande époque de l'après-guerre.

ALEXANDRE III.

Souvenirs de Sébastopol, recueillis et rédigés par S.M.I. Alexandre III, Empereur de Russie.

P., Ollendorff, 1894, in-8°, x-390 pp, traduction de M. Nicolas Notovitch (d'aprés les originaux conservés au musée historique de Sébastopol), reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. passé, bon état. Peu courant

Le siège de Sébastopol dura une année entière, de la victoire de l'Alma (20 septembre 1854) à la prise de la tour Malakoff (8 septembre 1855).

ALEXINSKY (Grégoire).

La Russie révolutionnaire. Des émeutes de la Russie agraire à l'organisation stalinienne.

Armand Colin, 1947, in-8°, 266 pp, broché, soulignures crayon et stylo, papier jauni, état correct

"[le livre] est instructif. Sérieux, mesuré. Un peu froid et compassé. On regrette, à tort sans doute, qu'il ne soit pas véhément dans un sens ou dans l'autre. C'est que l'histoire d'une suite de révolutions demande à être servie chaude. (...) Bref rappel des antécédents révolutionnaires de la Russie contemporaine. Qualification des partis à l'origine : Menchéviks, Bolcheviks. Le premier Soviet. L'Etat soviétique. La doctrine étatiste de Lénine. Le caractère international de la Révolution soviétique. Les conquêtes matérielles. L'évolution : Staline. Les suites de la guerre. Voilà ce qu'on trouve dans ce livre sage, pondéré, nourri de faits et qui veut être « objectif ». On ne le lit pas par passion. Mais on s'y instruit. Il manque de vie, mais non pas de savoir ou de bon sens. Le malheur, c'est qu'il y a des sujets exaltants qui, d'avance, vous font souhaiter des histoires exaltantes. On trouve une histoire bien sage. Et certes la sagesse a son prix." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1949)

ALEXINSKY (Grégoire, ancien député à la Douma).

La Russie moderne.

Flammarion, 1915, in-12, (8)-406 pp, nouvelle édition, complétée, reliure demi-percaline acajou, dos lisse, pièce de titre basane noire, fleuron et double filet dorés en queue (rel. de l'époque), bon état (Coll. Bibliothèque de Philosophie scientifique)

"M. Grégoire Alexinsky, ancien député à la Douma, a entrepris la tâche ardue de faire connaître son pays en un volume de moins de 400 pages. Son cadre était si vaste – aperçu général du développement historique de la Russie, les temps modernes, le pouvoir absolu, son organisation, ses ressources, la lutte politique, la question nationale et la question religieuse, la littérature et la poésie russes, les arts en Russie, – qu'il lui a été difficile de donner à cet aperçu toute l'ampleur qu'il méritait. Malgré cette brièveté voulue, son ouvrage donnera une idée assez nette de ce qu'est la Russie, vaste empire encore mal connu en Occident, où vivent côte à côte tant de races dont la mentalité est si éloignée de la nôtre." (R. Janin, Echos d'Orient, 1913)

ALLILUYEVA (Svetlana).

En une seule année.

Laffont, 1970, gr. in-8°, 395 pp, traduit du russe, broché, couv. à rabats, bon état, bande éditeur conservée

Par la fille de Staline. — "Le témoignage le plus authentique que l'on possède en Occident sur Staline a été donné par sa propre fille, Svetlana. Bien qu'elle soit toujours restée à l'écart de la vie politique, le portrait qu'elle trace de son père à travers ses deux livres de souvenirs est sans doute la contribution la plus juste à la connaissance d'un personnage devenu légendaire. Le premier livre, “Vingt lettres à un ami” fut écrit en URSS et publié ultérieurement en Occident ; le deuxième, “Dans une seule année” fut écrit aux Etats-Unis, après son départ en exil. Si l'on peut parfois être choqué par la violence de certains réquisitoires, on ne peut qu'être sensible à la sincérité du témoignage. (...) Un aspect intéressant du livre est l'image nouvelle qui vient compléter l'iconographie stalinienne, celle de Staline père tendre et affectueux. On perçoit dans ces mémoires le souci d'humaniser Staline seul sur son Olympe, « prisonnier de sa gloire et de son propre système », n'ayant personne « à qui dire le moindre mot ». On peut y voir peut-être une des explications des excès du régime à partir de 1948 : « La solitude et le vide autour de lui avaient engendré une attitude pathologique, une véritable manie de la persécution »." (Lilly Marcou, Staline vu par l'Occident, 1972) — "Un document historique unique. Une oeuvre qui a la hardiesse, l'audace et la passion de “Docteur Jivago”." (Edmund Wilson, the New Yorker)

AMALRIK (Andréï).

Raspoutine.

Seuil, 1982, gr. in-8°, 285 pp, traduit du russe et annoté par Basile Karlinsky, préface de Léonide Pliouchtch, 7 photos sur 4 pl. hors texte, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, pelliculage de la couv. lég. décollé, bon état

Au-delà de la légende, c'est la figure complexe du personnage réel que peint le biographe. Laissée inachevée par la mort inopinée d'Amalrik, l'histoire de l'énigmatique Raspoutine, moine russe débauché au talent de guérisseur...

AMIRANACHVILI (Chalva).

Les Émaux de Géorgie. Merveilles de l'art en Orient.

P., Editions Cercle d'Art, 1962, gr. in-4°, 130 pp, texte traduit par François Hirsch, 76 illustrations en couleurs de belle qualité contrecollées, dont un grand nombre à pleine page, lexique, biblio, reliure pleine toile cartonnée dorée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

L’orfèvrerie a connu une singulière fortune en Géorgie, et sous plusieurs aspects. Les émaux cloisonnés, apparus dès le VIIe s. mais répandus surtout à partir du Xe s., ornaient icônes, reliquaires et reliures. On faisait parfois appel à des artistes grecs, mais il est aisé de distinguer leurs œuvres (icône de Hahul, Xe s.) des émaux géorgiens aux visages expressifs et aux couleurs chaudes, dues à l’emploi du manganèse. L’orfèvrerie au repoussé est illustrée par Ivan Monisdze (milieu du XIe s.) et Bek Opizari (fin du XIIe s.). La joaillerie, enfin, n’était pas moins florissante (croix de Tamar).

ANDRÉIEF (Léonid).

Le Joug de la Guerre. Confidences d'un petit homme durant de grands jours.

Henri Didier, 1917, in-8°, 150 pp, traduit du russe, broché, bon état

"Léonid Andréief précise son nouvel ouvrage par un sous-titre qui est comme un appel à toutes les sincérités « Confidences d'un petit homme durant de grands jours. » C'est la dramatique histoire d'un type d'humanité moyenne pendant cette guerre, et l'histoire aussi de la Russie en crise. Ce dramatique journal est une des œuvres à la fois les plus poignantes et les plus ironiques de celui qui est peut-être le plus grand romancier russe depuis Tolstoï." (Le Figaro, 1917)

ARMSTRONG (Hamilton Fish).

Tito et Goliath.

P., Les Iles d'Or, 1952, in-8°, 363 pp, broché, bon état

Sur la rupture avec le Kominform. Tout ce qui concerne les rapports entre la Yougoslavie et l'URSS a été confirmé dans une large mesure par le développement politique ultérieur.

BADE (Guillaume de).

La Campagne de 1812. Mémoires du Margrave de Bade. Traduction, introduction et notes par Arthur Chuquet.

P., Fontemoing, 1912, in-12, 268 pp, broché, couv. légèrement piquée, bon état

"Extraits des mémoires du Margrave de Bade rédigés entre 1851 et 1859. Ne figure dans cette édition que son journal de la campagne de Russie où il conduisait la brigade badoise. Sont particulièrement saisissants les chapitres qui concernent le retour de la Grande Armée rejoignant le 9e corps le 25 novembre et le passage de la Bérésina." (Tulard, 62)

BALANENKO (Youri) et Alexandre.BEREZINE.

Moscou.

Moscou, Editions Planeta, 1975, in-4°, 207 pp, traduit du russe, présenté par Dmitri Bisti, très nombreuses photographies en noir et en couleurs de Nikolai Rakhmanov dans le texte, à pleine page, sur double page et même en dépliants, reliure pleine toile blanche de l'éditeur avec titre doré au 1er plat et au dos, jaquette rempliée illustrée, sous emboîtage cartonné brique avec titre doré, bon état

"Les Editions Planeta font decouvrir les villes du pays, la beauté de la nature de diverses régions de I'URSS, les valeurs artistiques des musées soviétiques et les aspects sociaux, politiques et culturels de la vie en Union Soviétique et au-delà de ses frontières."

BANDAZHEVSKY (Youri I.).

La philosophie de ma vie. Journal de prison. Tchernobyl : 20 ans après.

Jean-Claude Gawsewitch, 2006, in-8°, 317 pp, broché, bon état. L'auteur, médecin, constate, après l'explosion de Tchernobyl, des pathologies graves et des maladies cancéreuses dans des proportions anormales. Il apporte la preuve de la contamination radioactive. Immédiatement perçu comme dangereux, il est accusé à tort de corruption et condamné à 8 ans d'enprisonnement en 2001.

BARKER (A. J.) and John WALTER.

Russian Infantry Weapons of World War II.

London, Arms and Armour Press, 1971, in-8°, 197 pp, 86 photos, cart. éd., jaquette illustrée

BARRANX (Serge).

Yacha le vagabond.

P., Société française d'imprimerie et de librairie, 1908, in-12, 300 pp, 18 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, trace de mouillure ancienne sur les derniers feuillets, état correct

Mon enfance. - Le vagabond. - La liberté. Roman par Serge Barranx (1867-1959), pseudonyme de Joseph Vignau, présenté comme le Journal d'un vagabond russe nommé Yacha Lobrinoff : "Pauvre Yacha, il est mort. Je l'avais rencontré il y a un an, à peine, rue de Tournon, c'était au cours de la terrible guerre russo- japonaise..."

BARTHELEMY (Ch.).

Histoire de Russie, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.

Tours, Ad. Mame et Cie, 1863, in-8°, 386 pp, nouvelle édition, une gravure en frontispice et 3 gravures hors texte (Girardet et Nargeot), cart. pleine toile verte de l'éditeur, titre doré au dos, qqs rousseurs, une garde recollée, état correct (Coll. Bibliothèque de la jeunesse chrétienne)

I. Depuis les origines de la Russie jusqu'à son entière conversion au christianisme (du Ve siècle de l'ère chrétienne à 1015) ; II. Depuis la mort de saint Vladimir jusqu'à la division et l'affaiblissement des Tartares en Russie (1015-1362) ; III. Depuis les exploits de Dmitri Donski contre les Tartares jusqu'à la première moitié du XVIe siècle (1363-1533) ; IV. Règne d'Ivan IV, le Terrible (1534-1584) ; V. Depuis la mort d'Ivan jusqu'aux dernières années du XVIIe siècle (1584-1682) ; VI. Règne de Pierre le Grand (1682-1725) ; VII. Depuis la mort de Pierre Ier jusqu'à l'avènement d'Alexandre II (1725-1855).

BASSECHES (Nicolas).

L'Armée inconnue. Caractère et évolution de l'armée russe.

Lausanne, Marguerat, 1942, in-8°, 172 pp, traduit de l'allemand (“Die unbekannte Armee: wesen und Geschichte des russischen Heeres”), broché, bon état, envoi a.s. (en français)

Une histoire de l'armée soviétique. — "L'armée russe, car c'est d'elle qu'il s'agit, a fait et fait encore l'objet de vives controverses entre ses admirateurs et ses détracteurs, mais à défaut de données concrètes, il est assez malaisé de se former une opinion, tant sur sa valeur que sur son organisation. Ainsi que nous en informe l'auteur dans son introduction, une haute personnalité du Reich aurait déclaré, peu après l'ouverture des hostilités russo-allemandes, que la puissance combative et l'armement de l'armée russe avaient été une cause d'étonnement pour chacun. Les succès, incontestablement remportés par les Russes ces dernières semaines ne font qu'accroître cet étonnement, aussi le livre de Basseches, objectif et minutieusement documenté, vient vraiment à son heure. Il nous sort un peu de l'ignorance dans laquelle le gouvernement des Soviets lui-même – par un service de faux renseignements habilement organisé – s'était ingénié à plonger les observateurs étrangers les plus perspicaces. En quelque 160 pages d'une lecture facile, l'auteur retrace le caractère de cette armée et son évolution depuis sa création, au lendemain de la révolution bolchevique, jusqu'à nos jours. Il explique comment l'armée rouge, après bien des erreurs et des tâtonnements, est arrivée à constituer une puissante machine de guerre en se faisant l'héritière des traditions séculaires des anciennes armées des tzars, tout en se dégageant de tout ce que celles-ci avaient d'archaïque et de désuet. Les premiers chapitres de l'ouvrage, consacrés à une étude minutieuse des armées impériales russes depuis le XIe siècle jusqu'à la chute de l'ancien régime, laisse percer le mystère qui a présidé à l'évolution des forces armées de l'URSS avec lesquelles il faudra dorénavant compter quelle que soit l'issue de la lutte dans laquelle elles se trouvent actuellement engagées. Le souci d'objectivité observé par l'auteur chaque fois qu'il aborde le credo politique qui anime l'armée russe – et l'on ne saurait faire abstraction de cet élément en parlant de cette armée – enlève à cette étude tout caractère de propagande en faveur d'une idéologie que nous répudions. La lecture de ce livre se recommande tout particulièrement aux officiers, qui y trouveront non seulement maintes données du problème russe restées jusqu'ici inconnues, mais encore des enseignements utiles à l'exercice de leur commandement, l'armée russe, tout comme la nôtre, ne recrutant pas ses cadres parmi une caste, mais cherchant à attirer à elle les élites de toutes les classes de la population." (Revue militaire suisse, 1943)

BAUNE (Huguette).

On m'a volé 37 ans. Bloqué en URSS. Souvenirs de Nicolas Cherbakoff.

L'Harmattan, 2001, in-8°, 295 pp, 9 photos et une carte in fine, broché, couv. illustrée, bon état

"Juin 1945. Ca y est, j'ai réussi ! Je pars en vacances en URSS avec un convoi d'ex-prisonniers soviétiques tout heureux de rentrer chez eux. Des soldats américains nous adjurent de ne pas quitter « le monde libre » ! Cela ne me concerne pas : j'ai 16 ans, je suis français, mes papiers sont en règle, et je vais voir enfin la famille de mon père. Ma valise est pleine de cadeaux ! Quelques mois plus tard, au goulag, en Nouvelle-Zemble, au-delà du cercle polaire, par –50° j'avance péniblement avec mes compagnons. Gare à ceux qui tombent : les chiens veillent. Bien peu ont dû survivre. Mais pour moi, un jour, miraculeusement, les portes se sont ouvertes et je me suis retrouvé libre. Libre ? Pas tout à fait. Surtout compte tenu de mon caractère ! Et ma vie en URSS a été particulièrement mouvementée. Il m'a fallu 36 ans avant de parvenir à rejoindre mon pays, la France. J'étais dans un état pitoyable mais vivant !"

BAYNAC (Jacques).

Les Socialistes-révolutionnaires. De mars 1881 à mars 1917.

Laffont, 1979, gr. in-8°, 395 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, bon état

BECKER (Jean-Jacques).

La Russie - URSS du milieu du XIXe siecle au debut de la seconde guerre mondiale (22 juin 1941).

Nanterre, Erasme, 1989, in-8°, 75 pp, broché, soulignures stylo sur 6 pp et crayon sur 7 pp, état correct (Coll. Documents pedagogiques)

BEEVOR (Antony).

Stalingrad.

Editions de Fallois, 1999, in-8°, 443 pp, 31 photos sur 16 pl. hors texte, 6 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

Un tableau complet de l'affrontement qui changea les donnes de la Seconde Guerre mondiale, la bataille de Stalingrad (hiver 1942-43), basé sur les archives soviétiques, celles de la Wehrmacht et des témoignages de survivants allemands. — "Stalingrad est sans doute le tournant capital de la Seconde Guerre mondiale. Sa chute aurait livré à Hitler les pétroles du Caucase. Et quel symbole que de prendre la ville qui portait le nom du "petit père des peuples"... De ces enjeux résulta un des plus gigantesques – et des plus atroces – affrontements militaires de l'Histoire. La Wehrmacht en ressortit brisée, l'Armée rouge y forgea la légende d'un communisme libérateur. Pour conter cette épopée, où l'héroïsme et la barbarie se côtoient à chaque page, l'historien britannique Antony Beevor a pu accéder, le premier, aux archives soviétiques, jalousement tenues secrètes jusqu'à la chute du régime, qu'il a confrontées aux archives allemandes ainsi qu'à d'innombrables témoignages. Opérations militaires, relations entre les hauts gradés et le pouvoir politique, souffrances quotidiennes des combattants des deux bords et des civils : à tous les niveaux, ce récit rigoureux et inspiré apporte des révélations et des éclairages nouveaux. Il nous fait revivre au jour le jour une bataille où se joua le sort du monde. On sort de ce bilan magistral abasourdi par l'ampleur et l'horreur des destructions humaines... mais aussi par le temps qu'il a fallu à l'Histoire pour qu'elle reprenne, sur un tel sujet, ses droits. Voilà qui est fait." (Pierre Daix, Le Figaro littéraire)

BENNIGSEN (Alexandre) et Chantal LEMERCIER-QUELQUEJAY.

Sultan Galiev, le père de la révolution tiers-mondiste.

Fayard, 1986, in-8°, 305 pp, analyse critique des sources, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Inconnus de l'histoire)

Que veulent les Musulmans révolutionnaires ? Alexandre Bennigsen et Chantal Lemercier-Quelquejay, tous deux islamologues et turcologues, ont les premiers redécouvert le rôle-clé joué dans l'émergence de leurs idées par un instituteur et journaliste tatar, Sultan Galiev, des débuts de la révolution d'Octobre à la fin de 1928, date de son élimination par Staline. Sultan Galiev est le père de la révolution tiers-mondiste, parce qu'il a élaboré la doctrine du "communisme national musulman", un socialisme réalisé par les travailleurs musulmans et non imposé par le prolétariat européen, impliquant aussi la décolonisation des territoires occupés par l'ancien empire tsariste. Si des dirigeants du Tiers-Monde comme Nasser, Ben Bella, Tan Malaka ou Khadafi ont reconnu en lui un précurseur, c'est qu'il fut l'un des inspirateurs de la révolution coloniale qui a embrasé l'Afrique et l'Asie. Calomnié ou "oublié" par l'historiographie soviétique (pour qui il fut un "Trotsky musulman") Sultan Galiev, révolté contre tous les impérialismes, est donc un peu le prophète des grandes luttes de libération d'aujourd'hui, de celle des combattants palestiniens à celle des Modjahidins afghans. Au coeur de ces luttes, sa vie pose la question fondamentale de la coexistence du marxisme et de l'Islam. Les auteurs sont tous deux spécialistes de l'Union soviétique et des musulmans en Asie.

BERDIAEV (Nicolas).

Les Sources et le sens du communisme russe.

Gallimard, 1951, in-12, 250 pp, traduit du russe, broché, bon état (Coll. Les Essais, VIII)

Berdiaev (1874-1948) a approché le bolchevisme dans un grand nombre d’ouvrages, dont certains sont spécialement consacrés à ce sujet. Parmi ces derniers, on trouve notamment son recueil d’essais, “Un Nouveau Moyen Âge” (1924), son article « Vérité et mensonge du communisme » (1931) et son livre “Les Sources et le sens du communisme russe”, conçu en 1933, écrit en 1935, publié d’abord en 1937 en anglais et en allemand, puis en 1938 en français et en 1955 en russe. Malgré l’attitude critique de Berdiaev envers la démocratie bourgeoise, Lénine le qualifiait de « nouveau philosophe de la démocratie bourgeoise » et de représentant de « l’intelligentsia bourgeoise et libérale ». — "... C'est en connaissance de cause que Nicolas Berdiaev exposera en 1937 les “Sources et le sens du communisme russe”. Arrêté et déporté par les tsars, il était, en 1917, du côté de la Révolution. Mais, profondément chrétien, il sera accusé d'activités contre-révolutionnaires, arrêté par la Tchéka et expulsé en 1922. Sa pensée est ce qu'il appelle une « philosophie prophétique ». Du début jusqu'à la fin, le pathos de Berdiaev a été celui d'un Russe. Le problème des rapports entre l'Orient et l'Occident a façonné son esprit. Il se sentait « porteur du problème et de la mission de la Russie ». Le paradoxe, c'est que Berdiaev essaie de donner à sa révolte contre l'Occident une expression nettement occidentale. La Russie serait pour lui le sol privilégié du personnalisme..." (Jean-Louis Dumas, “La conception de l’histoire chez les slavophiles”, in Revue Russe, 1994)

BERSTEIN (Serge).

La Révolution russe de 1917.

Les Cahiers de l'Histoire, 1967, pt in-4°, 127 pp, texte sur 2 colonnes, illustrations dans le texte et hors texte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Revue Les Cahiers de l'Histoire n° 69, septembre 1967)

BIENSTOCK (J.-W.).

Raspoutine. La fin d'un régime.

Albin Michel, 1917, in-12, 351 pp, nouvelle édition augmentée, broché, papier jauni, couv. recollée, état moyen

"Nous avons placé en tête de ce volume le nom de Raspoutine, de cet être fantastique, quasi légendaire, parce que c'est lui qui personnifie le plus intensément la folie et la criminalité du régime tzariste..." (Introduction)

BIKOV (P. M., ancien président du Soviet de l'Oural à Ekaterinbourg).

Les derniers jours des Romanov.

Payot, 1931, in-8°, 176 pp, traduit du russe par le prince G. Sidamon-Eristov, broché, bon état

"Personne ne le conteste plus avec sérieux : la vérité est maintenant établie sur la fin de la famille impériale. N. Sokoloff a été l'artisan de la vérité, pour toutes les circonstances de l'assassinat et la personne des assassins, dans sa fameuse “Enquête judiciaire sur l'assassinat de la famille impériale” (traduite en français et éditée chez Payot). N. Sokoloff n'a pas été un témoin oculaire du drame, mais il reçut, en novembre 1918, du gouverneur Koltchak la mission de mener bien l'instruction languissante et l'on peut dire qu'il fut un juge d'instruction, non seulement sagace, mais héroïque. Si ses conclusions avaient besoin d'une confirmation, elles la trouveraient dans ce témoignage bolcheviste. L'auteur, le bolcheviste Bikov, a été le successeur à la présidence du Soviet de l'Oural de ce Bieloborodof qui, le 30 avril 1918, signa le reçu, « en dépôt », du Tsar Nicolas, de l'impératrice et de la grande-duchesse Marie, qui, le 4 juillet suivant, était un des artisans des préliminaires de l'assassinat et qu'on retrouve dans la décisive réunion du Soviet du 15 juillet... Le 16 juillet à l'aube, la famille impériale, réunie dans un sous-sol du palais Ignatieff, était massacrée à coups de revolver et de baïonnette, Tel est le fait qui prévaut contre les légendes. L'autre fait est que Les derniers jours des Romanov ont paru en 1930, aux éditions d'Etat, en Russie, et constituent donc un aveu. Le bolcheviste Bikov, bien entendu, justifie l'assassinat et du Tsar et du grand-duc Michel par des arguments faciles : les masses ouvrières l'exigeaient, les Blancs préparaient l'enlèvement, etc... Mais, là, le traducteur, le Prince G. Sidamon-Eristov, a su parfaitement mettre au point un exposé tendancieux." (Jean Fréteval, Le Figaro, 24 juin 1931)

BIKOV (P. M., ancien président du Soviet de l'Oural à Ekaterinbourg).

Les derniers jours des Romanov.

Payot, 1931, in-8°, 176 pp, traduit du russe par le prince G. Sidamon-Eristov, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), nerfs lég. frottés, C. de bibl., bon état

"Personne ne le conteste plus avec sérieux : la vérité est maintenant établie sur la fin de la famille impériale. N. Sokoloff a été l'artisan de la vérité, pour toutes les circonstances de l'assassinat et la personne des assassins, dans sa fameuse “Enquête judiciaire sur l'assassinat de la famille impériale” (traduite en français et éditée chez Payot). N. Sokoloff n'a pas été un témoin oculaire du drame, mais il reçut, en novembre 1918, du gouverneur Koltchak la mission de mener bien l'instruction languissante et l'on peut dire qu'il fut un juge d'instruction, non seulement sagace, mais héroïque. Si ses conclusions avaient besoin d'une confirmation, elles la trouveraient dans ce témoignage bolcheviste. L'auteur, le bolcheviste Bikov, a été le successeur à la présidence du Soviet de l'Oural de ce Bieloborodof qui, le 30 avril 1918, signa le reçu, « en dépôt », du Tsar Nicolas, de l'impératrice et de la grande-duchesse Marie, qui, le 4 juillet suivant, était un des artisans des préliminaires de l'assassinat et qu'on retrouve dans la décisive réunion du Soviet du 15 juillet... Le 16 juillet à l'aube, la famille impériale, réunie dans un sous-sol du palais Ignatieff, était massacrée à coups de revolver et de baïonnette, Tel est le fait qui prévaut contre les légendes. L'autre fait est que Les derniers jours des Romanov ont paru en 1930, aux éditions d'Etat, en Russie, et constituent donc un aveu. Le bolcheviste Bikov, bien entendu, justifie l'assassinat et du Tsar et du grand-duc Michel par des arguments faciles : les masses ouvrières l'exigeaient, les Blancs préparaient l'enlèvement, etc... Mais, là, le traducteur, le Prince G. Sidamon-Eristov, a su parfaitement mettre au point un exposé tendancieux." (Jean Fréteval, Le Figaro, 24 juin 1931)

BOBROWSKI (Czeslaw).

Formation du système soviétique de planification.

Paris, La Haye, Mouton & Co, 1956, gr. in-8°, 92 pp, broché, bon état (Ecole pratique des hautes études. VIe section. Sciences économiques et sociales. Centre d'études économiques. Etudes sur l'économie et la sociologie des pays slaves. I.)

"Auteur d'un livre justement apprécié sur “La Yougoslavie socialiste”, C. Bobrowski étudie ici la planification soviétique, et notamment le premier plan quinquennal. Comme le titre le suggère, l'auteur s'intéresse moins aux méthodes de planification en elles-mêmes qu'à la manière dont elles ont été façonnées par les conditions historiques et sociologiques, depuis les premiers tâtonnements de 1918 jusqu'à l'heure actuelle. Il souligne avec raison que le système soviétique doit infiniment moins à la réflexion des théoriciens qu'à l'improvisation de techniciens mus par des considérations politiques. C. Bobrowski conclut que la méthode consistant à donner une priorité absolue à certains objectifs, quelles que soient les conséquences sur l'ensemble de l'économie, et sans même que le coût des sacrifices ainsi imposés soit calculé, aboutit souvent à des gaspillages. En même temps, il souligne que ces méthodes étaient à certains égards bien adaptées à la Russie de l'époque des premiers plans, et qu'elles ont permis de jeter en quelques années les bases du développement ultérieur de l'industrie. Dès le début, écrit-il, le régime « a mieux su manier des grandes masses humaines. allumer leur enthousiasme, les soumettre à des contraintes efficaces et même impitoyables, que rechercher les formules d'organisation vraiment efficaces ». L'essai suggestif de C. Bobrowski constitue une contribution très utile à la compréhension non seulement de l'organisation économique de l'URSS. mais de l'histoire des années 1917 à 1933 en général." (Stuart R. Schram, Revue française de science politique, 1958)

BODY (Marcel).

Au coeur de la Révolution. Mes années de Russie, 1917-1927.

Les Editions de Paris, 2003, in-8°, 302 pp, présentation et notes par Alexandre Skirda, broché, couv. illustrée, bon état

Volontaire de la Mission militaire française en Russie, le typographe et militant syndicaliste Marcel Body (1894-1984) fut un témoin privilégié de la révolution d'Octobre. Dans ce livre, publié initialement en 1981 et aujourd'hui introuvable, Marcel Body restitue à la fois l'atmosphère des coulisses du Kremlin et de la tragédie révolutionnaire. Témoin privilégié et acteur discret, il n'est en rien le mémorialiste froid et distant d'une époque révolue. Son récit précis, sans se contenter de dresser une fresque haute en couleur, analyse minutieusement ce qui faisait déjà l'essence du système soviétique. Certains épisodes, dont celui de la liquidation de trois délégués français, Lefebvre, Lepetit et Vergeat, supprimés pour leur clairvoyance et leur volonté de révéler aux ouvriers français la vérité sur le régime, éclairent de nombreux points restés troubles en déboulonnant bien des statues. Un témoignage de première importance pour comprendre la révolution russe et son détournement, un récit critique et savoureux empreint d'humour et de chaleur humaine.

BOGDANOVITCH (Général Eugène).

La Bataille de Navarin (1827), d'après des documents inédits des Archives impériales russes. Traduit du russe sous la direction de Napoléon Ney.

P., Charpentier, 1887, in-12, viii-374 pp, un plan replié hors texte en fin d'ouvrage, reliure demi-basane lie-de-vin, dos lisse avec titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé et lég. frotté, bon état. Première édition française (Atabey, 122), l'édition originale en russe date de 1877

La bataille de Navarin est une bataille navale qui s'est déroulée le 20 octobre 1827, dans la baie de Navarin (ouest du Péloponnèse) entre la flotte ottomane et une flotte franco-russo-britannique dans le cadre de l'intervention de ces trois puissances lors de la guerre d'indépendance grecque. À l'issue des combats, la défaite ottomane est totale. La bataille de Navarin est considérée comme la dernière grande bataille navale de la marine à voile, avant l'avènement des navires à vapeur, des cuirassés et des obus, mais aussi comme une étape décisive vers l'indépendance de la Grèce et comme l'une des premières « interventions sous un prétexte humanitaire » de l'histoire. Par le traité de Londres du 6 juillet 1827, la France, le Royaume-Uni et la Russie étaient convenus d'intervenir entre les belligérants de la guerre d'indépendance grecque pour faire cesser les « effusions de sang ». Une flotte tripartite, commandée par Edward Codrington, Henri de Rigny et Login Van Geiden fut envoyée dans ce but. Après avoir réussi à empêcher divers affrontements, les amiraux décidèrent de faire une démonstration de force dans la baie de Navarin où se trouvait la flotte ottomane, composée de navires égyptiens, turcs, tunisiens et algériens. Celle-ci était ancrée dans une disposition destinée à impressionner la flotte des puissances qu'elle attendait. Des coups de feu tirés d'un navire ottoman, avant que tout ordre ait été donné en ce sens, entraînèrent une bataille qui n'était projetée par aucun des deux adversaires. Malgré leur infériorité numérique, les navires des puissances étaient largement supérieurs à leurs adversaires. Dans un combat qui se déroula pratiquement à l'ancre et à bout portant, leurs artilleurs firent des ravages dans la flotte ottomane. Les plus petits navires de la flotte des puissances, qui ne s'ancrèrent pas, remplirent avec succès leur mission de neutraliser les brûlots, l'arme ottomane la plus redoutable, ce qui aida à la victoire finale. Sans perdre un seul navire, mais après avoir subi d'importants dégâts, la flotte franco-russo-britannique détruisit une soixantaine de navires ottomano-égyptiens, provoquant un véritable carnage...

BONNER (Elena).

De mères en filles. Un siècle russe.

Gallimard, 2002, in-8°, 445 pp, traduit du russe, 37 photos sur 16 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Témoins)

Lucidité, intégrité, courage – tels sont les traits du caractère d'Elena Bonner qui lui permirent de vivre et de lutter aux côtés de son mari Andreï Sakharov, figure de proue de la dissidence en URSS. Née en 1923 en Asie centrale, d'origine juive par sa mère et arménienne par son père, Elena Bonner grandit à Leningrad et à Moscou : ses parents sont des bolcheviks de la première heure, de fervents communistes, et son père occupe un poste important dans la nomenklatura du Komintern. Au cours d'une enfance privilégiée, tandis que le pays est plongé dans la misère, la famine et la répression, la petite Elena côtoie des grands noms du communisme russe et international, Kirov, Togliatti, la Pasionaria ou le fils de Tito. Cette autobiographie couvre les quatorze premières années de la vie d'Elena Bonner, mais de fréquentes incursions dans des époques plus tardives (la guerre, la mort de sa mère qui a déclenché ces souvenirs, sa vie avec Sakharov) lui donnent une dimension plus vaste. Mais ce livre est surtout une passionnante saga familiale dominée par trois fortes personnalités : Elena, sa grand-mère et sa mère. Les hommes disparaissant dans le courant de l'histoire, ce sont les femmes russes qui transmettent les valeurs et se repassent le flambeau au fil des générations – flambeau de la lucidité, de l'intégrité, du courage...

BORNET (Francisque).

Je reviens de Russie.

Plon, 1947, in-12, 244 pp, broché, couv. salie, état correct (Coll. Choses vues)

Témoignage important sur l'incarcération arbitraire en 1940 de citoyens Français, suite à la signature du pacte germano-soviétique, dans le goulag de Karaganda ainsi que des communistes Espagnols, réfugiés en Russie depuis la fin de la guerre d'Espagne et accusés de trahison suite à l'alliance entre Staline et Hitler. Francisque Bornet était un ingénieur qui avait vécu en Russie de 1909 à 1946, dont une période de cinq ans et de deux mois, à la suite de l'invasion allemande en Russie, qu'il avait passée dans les camps de concentration soviétiques. Avec l'appui de l'ambassadeur français à Moscou, Bornet fut rapatrié le 3 novembre 1946. Son témoignage, "Je reviens de Russie", sortit en 1947. — "Le 3 Novembre 1946, rapatrié de Russie par les soins de l'ambassade, je montais, à Moscou, dans l'avion du général Guillaume. Je laissais derrière moi trente deux années de travail en usines, cinq ans et deux mois de camp de concentration. J'avais été, à deux reprises dépouillé d'abord de tous mes biens par la Révolution de 1917 qui m'avait enlevé toutes mes économies et l'héritage de mon père ; puis du peu que je possédais encore lors de mon internement en 1941."

BOULANGIER (Edgar).

Voyage à Merv. Les Russes dans l'Asie centrale et le chemin de fer Transcaspien.

Hachette, 1888, in-12, 451 pp, 84 gravures et 14 cartes, certaines dépliantes, reliure demi-basane noire, dos lisse avec titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), bon état

"Ingénieur au Ministère des travaux publics, E. Boulangier (1850-1899) a participé à maintes missions officielles en Orient pour étudier les voies de communication. En 1885, il examine les problèmes de la ligne de chemin de fer transsaharien dans l'Afrique française. L'année suivante, il est envoyé en mission au Turkestan russe pour étudier la construction du Transcaspien dont l'expérience pourrait servir pour le Soudan. Parti de Bakou en septembre, il traverse la Caspienne, puis, de Krasnovodsk, se dirige en train vers Tchardjouï, dernière ville desservie à l'époque. Au fur et à mesure des haltes du train, l'ingénieur français non seulement observe les particularités liées à la construction du Transcaspien, mais aussi note attentivement toute une série de remarques concernant les rythmes et le caractère de la colonisation russe dans la région, la construction du système d'irrigation du Mourgab et les ruines anciennes de Merv. De retour à Bakou, il évalue d'une manière très favorable le potentiel de cette ville, considérée comme une des capitales mondiales d'extraction du pétrole. Reconnu comme spécialiste de la construction des voies ferrées en Orient, il se rend en Sibérie en 1890 pour étudier les projets de construction du Transsibérien jusqu'à Irkoutsk, et pour évaluer le développement ultérieur de la situation géopolitique rendu possible grâce à la stabilité des communications assurée par la ligne de chemin de fer reliant l'Europe à la Russie et à la Chine." (Svetlana Gorshenina, Explorateurs en Asie centrale, 2003) — "Depuis 1889, le chemin de fer Transcaspien a fait l'objet de nombreux écrits. Parmi les auteurs français qui en ont parlé, celui qui l'a fait de la manière la plus compétente et la plus exacte a été M. Edgar Boulangier, l'éminent ingénieur des mines, qui a fait en Sibérie et en Transcaspienne plusieurs voyages bien connus des lecteurs français." (Edouard Blanc, “Le chemin de fer Transcaspien”, Annales de Géographie, 1895) — "... Commencée en 1840, la conquête russe ne s'est terminée qu'en 1883 par la prise de Géok-Tépé et la reddition de Merv. Le chemin de fer qui relie la mer Caspienne à Samarkand en a été le digne couronnement. C'est le tant regretté général Skobeleff qui conçut l'idée de ce chemin de fer, au début de la campagne contré les Tekkés de Merv. C'est au général du génie Annenkof que revient l'honneur d'avoir dirigé et mené à bonne fin cette entreprise colossale, d'avoir poursuivi, jusqu'à la vieille capitale des Khans, ce conte des « Mille et une nuits » bien autrement saisissant que ceux dont la sultane Schéhérazade y berçait son cher seigneur. Il faut lire dans l'intéressant récit que M. Edg. Boulangier a fait de son voyage à Merv, lors de l'inauguration de cette voie ferrée, les diverses péripéties de la nouvelle victoire remportée par l'homme sur la nature, par la science sur le désert..." (Adrien Mellion, Le Désert, 1890) — "L'existence du chemin de fer transcaspien exerce surtout une influence bienfaisante sur le développement de l'industrie cotonnière russe, pour laquelle on achète annuellement jusqu'à 8 millions de pounds de coton à l'étranger, tandis que l'Asie centrale est dans des conditions favorables à la culture du coton américain, dont la nouvelle ligne permet un transport rapide et régulier. C'est ainsi que, dans la seule oasis de Tachkent, la production du coton, qui était auparavant de 260.000 pounds, s'est élevée à 500.000, c'est-à-dire presque au double, pendant la première année d'ouverture de la circulation sur le chemin de fer transcaspien ; et déjà on se préoccupe d'établir prochainement à Tachkent une immense filature de coton. En septembre 1886, avant que le chemin de fer fût fini, le général Annenkoff disait à M. Boulangier que, depuis dix ou douze mois, les exportations de Bokara à Merv, en cotons, lainages, soieries, bois précieux, s'étaient élevées à 80.000 tonnes. Enfin, les marchandises envoyées à la grande foire russe de Nijni-Novgorod, qui passaient autrefois par Orenbourg, sont maintenant expédiées par le Transcaspien; et, à la fin de 1886, la gare de Tchardjoui en était encombrée. Mais ce ne sont pas seulement des marchandises que transporte le nouveau chemin de fer ; les Asiatiques reconnaissent la commodité de ce genre de locomotion nouveau pour eux ; le général Annenkoff a même organisé des trains spéciaux pour les pèlerins se rendant à la ville sainte de Meched, tout comme nos grandes compagnies en organisent pour Lourdes. Un bel avenir paraît donc assuré à ces pays, jadis si florissants, et dont l'homme reprend enfin possession après les avoir abandonnés pendant plusieurs siècles. Le chemin transcaspien s'arrête aujourd'hui à Samarcande. Son prolongement jusqu'à Tachkent s'impose naturellement. Ce succès inespéré a fait surgir de nouveau la question des chemins de fer sibériens, agitée depuis longtemps et jamais résolue. Cette installation définitive des Russes en Asie produira aussi des résultats politiques importants. La Russie a maintenant une frontière commune avec la Perse..." (Lt-Colonel Debize, Bulletin de la Société de géographie de Lyon 1889)

BOUVIER (Jean) et Jean GACON.

La Vérité sur 1939. La politique extérieure de l'URSS d'octobre 1938 à juin 1941.

Editions Sociales, 1953, in-12, 322 pp, broché, bon état

"Selon une déclaration liminaire des auteurs, cet ouvrage constitue l'explication du pacte germano-soviétique du 23 août 1939. Ce pacte est présenté comme « l'élément déterminant de l'issue favorable de la seconde guerre mondiale » dans la mesure où « il a permis à l'URSS de préparer les conditions stratégiques et politiques de sa victoire sur l'Allemagne nazie »." (Revue française de science politique, 1953)

BREJNEV (Léonid) et Gérard WALTER.

Lénine.

Albin Michel, 1974, in-8°, 678 pp, 10 portraits de Lénine sur 4 pl. hors texte, aperçu bibliographique, broché, couv. illustrée d'un portrait à rabats, bon état (Coll. Le Mémorial des Siècles)

L'oeuvre de Lénine vit et triomphe, par Léonid Brejnev ; suivi de Textes : vue panoramique de l'oeuvre de Lénine de 1894 à 1923, commentée par Gérard Walter ; suivi d'un appendice : Lénine juge les hommes. — "Tandis qu'il fallut trois siècles au christianisme pour être reconnu dans les limites de l'Empire romain, cinquante années ont suffi au léninisme pour conquérir la moitié du monde entier. De l'oeuvre titanique accomplie par Lénine, un fils du Grand Octobre, son digne émule et fidèle continuateur, Léonid Brejnev, dont le nom a acquis une résonance mondiale, donne ici un ample bilan circonstancié, qui est suivi d'une vue panoramique des écrits de Lénine, où, année par année, dans une stricte succession chronologique, est offerte aux lecteurs la substance de l'idéologie léniniste."

BRISSAUD (André).

Staline. Trente millions de morts pour un empire.

JC Lattès, 1974, fort in-8°, 635 pp, annexes, glossaire, biblio, broché, état correct

BROSSAT (Alain).

Aux origines de la révolution permanente. La pensée politique du jeune Trotsky.

Maspero, 1974, in-8°, 316 pp, suivi de trois textes de Léon Trotsky et d'une biblio, mouillure sur la couv. et la tranche sup.

BROUÉ (Pierre).

Le Parti bolchevique. Histoire du P.C. de l'URSS.

Editions de Minuit, 1972, fort in-8°, 652 pp, nouvelle édition augmentée, chronologie, notices biographiques, biblio, index des noms cités, reliure toile éditeur, sans la jaquette, coin sup. du 1er plat de la reliure abîmé, intérieur propre, état correct

"Somme classique de l'historien trotskyste Pierre Broué décrivant l'élimination de la génération de Lénine par les staliniens et le retour au pouvoir de traditions séculaires, qui font du PCUS un parti n'ayant plus rien à voir avec le parti révolutionnaire de 1917." (Vignes, 434)

BRÉHÉRET (Yves).

Les Cosaques.

Balland, 1972, gr. in-8°, 366 pp, 52 pl. de gravures et photos hors texte, annexes (chronologies, tzars de Russie, lexique, grades...), biblio, imprimé sur beau papier couché, reliure skivertex vert olive de l'éditeur, titre doré au dos, titre et motif doré au 1er plat, bon état (Coll. Les corps d’élite, dirigée par Dominique Venner)

Avril 1945. Hourré ! Les nagaikas fouettent les flancs des chevaux. Dressés sur leurs étriers, les cosaques de Von Pannwitz lancent la dernière grande charge de cavalerie de l'histoire sur la rivière Dave, en Croatie. Leur fabuleux destin, commencé dix siècles plus tôt, s'achève-t-il le 31 mai 1945 dans la vallée de Lintz ? Ou bien se sont-ils une fois de plus fondus dans le brouillard des steppes ; les cavaliers blancs de l'ataman Koulakov, avec les Rouges de Boudionny et les rôdeurs noirs de Makhno ? Les premiers cosaques font refluer la Horde d'or tatare au XIVe siècle, chevaliers zaporogues au crâne rasé ou fils du Don paisible, ils avaient pris le nom des oies sauvages pour en faire leur symbole d'hommes libres. Fiers et cruels, ils ont bivouaqué sur les Champs-Elysées, conquis la Sibérie et poussé jusqu'en Alaska. Les premiers mots de l'enfant cosaque étaient pour dire "cheval", et "fier". Ils mouraient debout, prétendant que leurs étoiles étaient plus brillantes que les autres. Les frontières de l'empire étaient sur la selle de leurs chevaux. Ils avaient imposé en 1613 Michael Michaelovitch Romanov comme tsar de Russie et, tour à tour fidèles ou révoltés, ils devaient suivre le destin de cette lignée jusqu'à sa chute, en 1917. Le vieil espoir d'indépendance revint alors, mais le rêve fou allait être brisé. (L'éditeur)

Bulletins de la Grande Armée.

Campagne d'Austerliz, 1805.

La Vouivre, 1999, in-8° carré, vi-157 pp, édition établie par Thierry Rouillard et Stéphane Le Couëdic, 8 cartes dans le texte, index, broché, bon état

Réunion de l’ensemble des pièces officielles de la première campagne de Napoléon empereur. Complétée par des documents inédits et établie en comparant plusieurs versions des textes originaux, cette édition permet de suivre pas à pas les troupes françaises depuis Boulogne jusqu’en Bohême. Ici s’écrit une page de gloire, mais se devine également la première entreprise de propagande politique du XIXe siècle.

Bulletins de la Grande Armée.

Campagne de Russie, 1812.

La Vouivre, 1997, in-8° carré, iv-158 pp, édition établie par Stéphane Le Couëdic, 4 cartes hors texte, index, broché, bon état

Menteur comme un bulletin a-t-on coutume de lire dans de nombreux souvenirs, mais curieusement ces pièces officielles sont difficilement consultables. Publiés en supplément au Moniteur puis édités partiellement en 1821 et 1840, il n’existe depuis aucune édition de ces Bulletins, victimes de leur réputation. Nous redonnons donc le texte des vingt-neuf derniers Bulletins de la Grande Armée - ceux de 1812 -, saisi sur les originaux. Un outil indispensable pour la compréhension militaire et politique de cette campagne (partiellement inédit en volume).

BÉRARD (Ewa)(dir.).

Saint-Pétersbourg : une fenêtre sur la Russie, 1900-1935.

P., Editions de la Maison des sciences de l'homme, 2000, gr. in-8°, 309 pp, 27 illustrations en couleurs sur 20 pl. hors texte, 43 illustrations en noir dans le texte, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

Construit par Pierre le Grand sur le modèle d'Amsterdam et de Versailles, peuplé sur oukase, Saint-Pétersbourg défie tous les schémas de l'histoire urbaine et constitue pour cette raison même un champ d'études exceptionnel. Le présent volume s'attache à l'explorer à travers le Pétersbourg-Petrograd-Leningrad du XXe siècle. Capitale d'apparat envahie par une métropole industrielle, centre cosmopolite et urbain par excellence dans une Russie rurale et populiste, Saint-Pétersbourg a connu tous les paradoxes de la modernité. Avec la cassure révolutionnaire de 1917, s'agit-il encore de la même ville ? Soviétisée, comment reproduit-elle les codes identitaires de ses citadins et de son architecture ? Par-delà les bouleversements de société, comment dégager un devenir urbain ? Une vingtaine de chercheurs venus d'horizons divers se penchent sur l'histoire du logement ouvrier, des usines et des prisons, de l'Université et des cafés de poètes, sur le patrimoine néo-classique et les contradictions de la mentalité urbaine, sur le ténébreux mythe pétersbourgeois et l'avant-garde léningradoise, sur les rapports avec Moscou-la-rivale mais aussi sur les affinités avec Vienne, Paris et Berlin. La capitale impériale, "berceau de la révolution", se retrouve-t-elle dans le Saint-Pétersbourg d'aujourd'hui, qui revendique à nouveau son appartenance européenne ?

BÉRARD (Victor).

L'Empire russe et le tsarisme.

Armand Colin, 1905, in-12, x-372 pp, une carte dépliante en couleurs hors texte, cartonnage demi-percaline verte, dos lisse à faux nerfs à froid, bon état

CABANNE (Claude) et Elena TCHISTIAKOVA.

La Russie. Perspectives économiques et sociales.

Armand Colin, 2002, gr. in-8°, 287 pp, 40 cartes et tableaux, biblio, index, qqs soulignures et annotations crayon (Coll. U)

CADOT (Michel).

La Russie dans la vie intellectuelle française (1839-1856). (Thèse).

Fayard, 1967, fort in-8°, 641 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats lég. défraîchie, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières). Edition originale, ex. du SP, envoi a.s. à Emmanuel d'Astier

Comparatiste, et de la meilleure école, celle de Jean-Marie Carré, M. Cadot a choisi, avec la Russie, l’objet de comparaison le plus difficile, le moins étudié et le plus passionnant. Il a, tout à la fois, strictement limité son étude dans le temps – une quinzaine d’années du milieu du XIXe siècle, mais décisives pour la connaissance, ou du moins la reconnaissance, l’approche des deux peuples – cependant qu’il la creusait dans une exploration en profondeur et l’élargissait au-delà de la littérature, jusqu’à cette confrontation, jusqu’à cette approche et cette tentative de connaissance, l’une par l’autre, de « deux âmes collectives. » Les éclaireurs, ce sont les émigrés politiques, dont le représentant exemplaire demeure Bakounine, suivis de ces émigrés secrets et temporaires que furent les aristocrates, princes et grandes dames, avides de fuir la prison, « l’asile d’aliénés » qu’était leur patrie. L’originalité et l’intérêt singulier de cette première partie résident en ceci que l’auteur ne se borne pas à des considérations générales, mais nous donne une galerie de portraits individuels dont les modèles ne nous étaient pas tous aussi connus que la princesse de Lieven, l’amie de Guizot aux activités diplomatiques un peu fébriles, ou Mme Svetchine, l’une des « mères » de Custine. La prise de vue symétrique sera naturellement celle des voyageurs français en Russie, dont le plus célèbre et le plus important fut et restera précisément Custine. Cette importance apparaît si grande à M. Cadot qu’il fait de l’année 1839, celle du fameux voyage, le point de départ et l’axe de son histoire. Ce qui importe ici, bien plus que l’auteur, c’est le livre. Et sur un ouvrage qui pour être « classique » n’en demeurait pas moins énigmatique, M. Cadot apporte des interprétations très intéressantes et d’incontestables élucidations, notamment dans la reconstitution d’une chronologie volontairement déguisée ; ainsi parvient-il à identifier les informateurs du voyageur, le principal ayant été Alexandre-Ivanovitch Tourgueniev. La deuxième moitié du livre de M. Cadot est un vaste et minutieux tableau de la Russie temporelle et spirituelle telle qu’elle était au milieu du XIXe siècle (et telle qu’elle restera à peu près jusqu’en 1917) ; ou plutôt, telle que les Français la voyaient. (...) L’étude de M. Cadot, qui a fait l’objet d’une thèse en Sorbonne, a tous les mérites du genre : le caractère à peu près exhaustif de la recherche, l’abondance de notes dont la matière est presque égale à celle du texte proprement dit, densité d’un volume de plus de 600 pages. (Yves Florenne, Le Monde diplomatique, 1967)

CARELL (Paul).

Hitler's War on Russia. The Story of the German Defeat in the East. Translated from the German.

London, George Harrap, 1964, fort in-8°, 640 pp, 32 pl. de photos en noir et 16 pl. de photos en couleurs hors texte, 36 cartes dans le texte et une grande carte de l'Opération Barbarossa en dépliant in fine, biblio, index, reliure pleine toile bordeaux de l'éditeur, édition originale en anglais, bon état

CARELL (Paul).

Opération Barbarossa. L'invasion de la Russie du 22 juin 1941 à Stalingrad.

Laffont, 1964, gr. in-8°, 585 pp, traduit de l'allemand, 48 pl. de photos hors texte en noir et en couleurs, cartes, broché, couv. illustrée, bon état

Opération Barbarossa... C'est sous ce nom que Hitler a déclenché, en 1941, la plus formidable offensive terrestre de la Seconde Guerre mondiale : l'attaque de la Russie. Trois millions d'hommes, 750 000 chevaux, 600 000 camions, 3580 chars et 7184 canons, protégés par trois flottes aériennes de 1830 avions, tels sont les prodigieux moyens rassemblés par l'Allemagne dès les premiers jours de la guerre à l'Est. A l'aube du 22 juin, la guerre éclair se déchaîne, menée par les stratèges de la Wehrmacht : von Rundstedt, von Bock, von Manstein, Guderian, etc. Aux grandes percées succèdent les gigantesques batailles d'encerclement où succombent des millions de soldats russes. Moscou est à portée de la main, Rostov est pris, Leningrad encerclé. Mais décembre est là, l'armée rouge résiste toujours et le thermomètre tombe à moins 40°. Que va-t-il se passer ?

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène).

Alexandre II. Le printemps de la Russie.

Fayard, 2008, in-8°, 522 pp, 4 pl. de photos hors texte, 4 cartes, biblio, chronologie, un tableau généalogique, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Le 1er mars 1881 Alexandre II, empereur de Russie depuis un quart de siècle, était assassiné. Ses meurtriers prétendront avoir rendu la justice au nom du peuple. Alexandre II était pourtant celui qui en 1861 avait donné la liberté au peuple en arrachant les paysans au servage, comme presque au même moment, aux Etats-Unis, Lincoln abolissait l'esclavage. Ces grands libérateurs l'ont payé de leur vie. Mais ce règne est plus encore un temps d'exception pour la Russie attardée. Alexandre II a entrepris de rattraper l'Europe dans tous les domaines par un programme général de réformes, perestroïka du XIXe siècle qui préfigure celle de Gorbatchev à la fin du XXe siècle et qui se heurtera aux mêmes difficultés. Dans les mêmes années, une politique étrangère hardie a restauré la puissance russe brisée par la guerre de Crimée, et agrandi remarquablement l'espace de l'Empire. Le célèbre roman d'amour du tsar libérateur et de Katia a parfois fait oublier que ce règne a été le "printemps de la Russie". C'est le meurtre du 1er mars qui a empêché ce pays d'entrer dans la voie de la monarchie constitutionnelle et de devenir politiquement semblable aux autres pays d'Europe. Révolution par en haut plutôt que révolution par en bas, tel a été l'enjeu du projet d'Alexandre II. Assassiné, il n'a pu aller au bout de son œuvre, mais il a "révolutionné" la Russie plus qu'aucun tsar.

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène).

Catherine II. Un âge d'or pour la Russie.

Fayard, 2002, in-8°, 656 pp, 4 pl. de gravures en couleurs hors texte, 3 cartes, 2 tableaux généalogiques, 2 fac-similés, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

En 1762, un coup d'Etat transforme une petite princesse allemande en impératrice de Russie : Catherine II. Le règne des femmes n'est pas une nouveauté dans ce pays, quatre femmes l'ont précédée sur le trône depuis Pierre le Grand. Mais elle est la première décidée à gouverner par elle-même, y consacrant une énergie et des dons exceptionnels, comme Marie-Thérèse d'Autriche. Elle est aussi une disciple des Lumières et de la culture française, acharnée à exercer une royauté de l'esprit et à faire de son pays un véritable centre intellectuel européen. Mais quel règne agité : épidémies, soulèvements, guerres en chaîne. Au vu d'un tel bilan on pourrait imaginer qu'elle légua à son successeur un pays dévasté et à genoux. Or l'héritage est tout autre : une population accrue, un espace étendu à l'ouest et au sud, et l'installation de la Russie sur la scène internationale. Pourtant, que de malentendus autour de la "Grande Catherine" ! De cette vie où la légèreté et la volonté de bonheur tinrent tant de place, nombre de biographes ont conclu que son règne se réduisait à celui de ses favoris. Pouchkine le premier aura marqué cette ambiguïté, traitant Catherine de "Tartuffe en jupons" tout en saluant sa grandeur. L'ambition de ce livre est de retrouver dans le dédale des faits, des archives, des jugements contraires, le vrai visage et surtout le véritable apport de Catherine II à la Russie.

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène).

La gloire des nations ou la fin de l'Empire soviétique.

Fayard, 1990, gr. in-8°, 431 pp, 4 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

1917-1990 : dernier empire, superpuissance militaire, l'Union soviétique est le lieu des deux grandes révolutions de ce siècle. En 1917, le coup d'Etat de Lénine a supprimé les chances d'une révolution démocratique et reconstitué l'Empire russe que le conflit mondial de 1914 avait fait exploser. En 1990, l'Empire soviétique et, avec lui, l'ensemble du système soviétique fondé par Lénine ont cessé d'exister. Depuis 1985, par les soulèvements et les affrontements sanglants du Caucase et de l'Asie centrale, par l'indépendance démocratique proclamée des Etats baltes, les nations de l'URSS ont rétabli leur droit d'exister et de décider de leur destin. Face à cette révolution venue d'en bas, des sociétés elles-mêmes, l'Etat soviétique, le Parti communiste, l'armée, le KGB se sont révélés aveugles et impuissants. Les projets de Mikhaïl Gorbatchev visant à sauver l'URSS par quelque nouveau traité d'Union ont-ils la moindre chance d'aboutir ? Comment vont s'organiser à présent les relations entre les Etats-nations qui composèrent l'URSS – Russie, Ukraine, pays baltes, Etats musulmans d'Asie centrale, Etats du Caucase – et qui accèdent à la pleine souveraineté ? Au temps de l' "Empire éclaté", le pourrissement du système soviétique a nourri les volontés d'indépendance nationale. Aujourd'hui, les nations ont triomphé de sa domination et du communisme qui la justifiait. C'est le temps de la "gloire des Nations". L'analyse du passage de l'un à l'autre permet d'esquisser des hypothèses pour l'avenir. Si, pour Gorbatchev, la révolution des nations est un coup de poignard porté à la perestroïka, elle scelle en fait le tombeau du communisme. Pour les nations qui retrouvent aujourd'hui leur liberté et leur dignité, c'est aussi la plus grande chance d'avancer réellement dans la voie de la démocratie. (H. C. E.)

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène).

Le Grand frère. L'Union soviétique et l'Europe soviétisée.

Flammarion, 1983, gr. in-8°, 382 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, envoi a.s.

L'Empire éclaté, d'Hélène Carrère d'Encausse, évoquait le réveil des nations soviétiques et la menace qu'elles faisaient peser sur le pouvoir central, au Kremlin. Rongé de l'intérieur, cet empire est pourtant le seul qui, aujourd'hui, fasse des conquêtes territoriales. Le glacis protecteur qu'il a édifié après la seconde guerre mondiale est devenu une base d'expansion. Lorsque l'URSS s'empare d'un pays, elle ne peut plus reculer et y impose sa domination. En manipulant des révolutions, en coulant les pays d'Europe de l'Est dans le moule soviétique, elle a su constituer un puissant camp communiste. Peu importent les luttes, les tensions, les combats désespérés des peuples qui tiennent à garder leur identité. Depuis trente ans, Berlin, Budapest, Prague, Varsovie se sont révoltées. Malgré ces craquements spectaculaires, le système ne cesse de se renforcer. Un processus irréversible est à l'œuvre dans cette "affaire de famille". Il impose un modèle, récupère les rébellions, consolide sans relâche un bloc d'où partent d'autres avancées vers le reste du monde. La fuite en avant serait-elle la seule logique du Grand frère ?

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène).

Le Malheur russe. Essai sur le meurtre politique.

Fayard, 1988, fort in-8°, 547 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

Pour Hélène Carrère d'Encausse, l'histoire russe peut s'analyser comme une histoire continue du meurtre politique... Pour échapper à ce cycle fatal, estime à juste titre l'auteur au terme de cet essai fort instructif, une ultime exécution est indispensable, celle de Lénine lui-même, l'idole embaumée qui continue de trôner dans son mausolée de la place rouge. Les lecteurs d'Hélène Carrère d'Encausse connaissaient déjà l'ampleur de son information, la rigueur de ses analyses, la pondération de son jugement : ils découvriront, ici, avec plaisir, d'autres facettes de son talent, un don d'évocation, un sens de la mise en scène, un art du portrait qui lui permettent de redonner vie de manière admirable au passé de la sainte Russie, si riche de crimes effrayants et de figures atroces. Sous nos yeux, se déroule le reportage dont le commentaire est parfait. — "A qui tente d'établir un atlas et une chronologie des meurtres politiques, trois évidences s'imposent. Nulle société n'a été continûment à l'abri du meurtre politique sous ses aspects divers. Mais il est des temps historiques où le meurtre connaît une fortune remarquable: le XVIe siècle européen, par exemple ; ou encore le XXe, où, sous la forme de la terreur de masse et des mouvements terroristes, il gagne plus ou moins tous les continents. Il est aussi des moments où le meurtre politique régresse et apparaît plutôt comme un moyen exceptionnel de résoudre des conflits de pouvoir. Pourtant, à cette conception qui met à un moment ou à un autre toutes les cités sur le même plan et qui fait du meurtre politique la clé des épisodes tragiques de leur histoire, un pays – peut-être pas le seul, mais son exemple est le plus éclatant, s'agissant d'un grand pays d'Europe – fait exception: la Russie. L'histoire de ce pays dans lequel Tocqueville, lorsqu'il scrute l'avenir, discerne qu'il est appelé "par un dessein secret de la Providence à tenir un jour dans ses mains la moitié du monde" à égalité avec les seuls Etats-Unis, dont il dit que le monde "découvrira tout à la fois la naissance et la grandeur", est avant tout une histoire continue du meurtre politique. Du moment où se fonde la Russie, au IXe siècle, et où commence sa christianisation, jusqu'à l'apogée prévue par Tocqueville, il n'est guère de génération qui n'y ait assisté, pétrifiée, à l'éternelle liaison entre meurtre et politique. Les temps de répit, dans ce pays, ce sont les guerres et les invasions qui les ont apportés, autres formes de violence et de mort, mais dont l'avantage est qu'agissant de l'extérieur, elles unissent pour un temps pouvoir et société contre l'ennemi porteur de mort. Cette longue tradition meurtrière a sans nul doute façonné une conscience collective où l'attente d'un univers politique pacifié tient peu de place, tandis que la violence ou sa crainte y sont profondément ancrées. De ce malheur si profondément ressenti à tous les âges, que les esprits superficiels nomment l'âme russe, l'on peut se demander où est la cause, où est l'effet. Est-ce le meurtre politique trop longtemps utilisé qui a produit une conscience sociale malheureuse et soumise, et, par là, incapable d'imposer, comme ailleurs, un autre cours au politique? Ou bien est-ce cette conscience malheureuse, épouvantée, qui appelle sur elle, sinon la colère des dieux, du moins le déchaînement des meurtriers." (Hélène Carrère d'Encausse)

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène).

L'Empire éclaté. La révolte des nations en URSS.

Flammarion, 1978, gr. in-8°, 314 pp, une carte, broché, bon état

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène).

Le Pouvoir confisqué. Gouvernants et gouvernés en URSS.

Flammarion, 1980, in-8°, 329 pp, broché, couv. illustrée, bon état

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène).

Lénine.

Fayard, 1998, in-8°, 684 pp, biblio, chronologie, glossaire, index, reliure souple illustrée de l'éditeur,bon état

La vie de Lénine (1870-1924) couvre deux périodes distinctes. D'abord vingt ans d'exil passés à rêver la révolution et à forger son instrument : le parti bolchevique. En février 1917, la révolution russe se fait pourtant sans lui. Mais en octobre, Lénine s'empare du pouvoir. En quatre ans seulement, il édifie un Etat tout-puissant, reconstruit l'Empire, crée le Parti mondial de la révolution, installe le communisme dans l'histoire pour soixante-dix ans. Comment expliquer, dans un pays peuplé de cent quarante millions d'habitants, la conquête puis le maintien au pouvoir d'un parti qui ne compte à l'origine que quelques milliers de membres ? Comment expliquer la pérénnité et le rayonnement mondial du léninisme ? En dépit du bilan terrible du régime qu'il a institué – plus de cent millions de morts –, le constat s'impose : génie politique, Lénine a été l'inventeur d'un système de pouvoir sans équivalent dans l'histoire de ce siècle.

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène).

Lénine.

GLM/Fayard, 1998, in-8°, 684 pp, biblio, chronologie, glossaire, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

La vie de Lénine (1870-1924) couvre deux périodes distinctes. D'abord vingt ans d'exil passés à rêver la révolution et à forger son instrument : le parti bolchevique. En février 1917, la révolution russe se fait pourtant sans lui. Mais en octobre, Lénine s'empare du pouvoir. En quatre ans seulement, il édifie un Etat tout-puissant, reconstruit l'Empire, crée le Parti mondial de la révolution, installe le communisme dans l'histoire pour soixante-dix ans. Comment expliquer, dans un pays peuplé de cent quarante millions d'habitants, la conquête puis le maintien au pouvoir d'un parti qui ne compte à l'origine que quelques milliers de membres ? Comment expliquer la pérénnité et le rayonnement mondial du léninisme ? En dépit du bilan terrible du régime qu'il a institué – plus de cent millions de morts –, le constat s'impose : génie politique, Lénine a été l'inventeur d'un système de pouvoir sans équivalent dans l'histoire de ce siècle.

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène).

Ni paix ni guerre. Le nouvel Empire soviétique ou du bon usage de la détente.

Flammarion, 1986, gr. in-8°, 416 pp, 2 cartes, biblio, broché, bon état

"Le 31 juillet 1975, la conférence d'Helsinki consacre la volonté de paix de trente-cinq nations, et d'abord des deux super-grands, URSS et Etats-Unis. Le 27 décembre 1979, l'URSS envahit l'Afghanistan. Cette guerre, en pleine paix, fait voler en éclats le mythe de la détente. Le monde s'aperçoit soudain qu'à l'apogée du temps de paix - 1975-1979 - l'URSS a bâti un nouvel empire. Le premier situé dans l'Est européen avait été conquis dans la foulée de la guerre. Le second s'étend en Afrique, en Asie et en Extrême-Orient. Puissance seulement européenne, il y a encore vingt ans, l'URSS est maintenant présente sur la plupart des continents."

CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène)(présenté par).

L'Impératrice et l'Abbé. Un duel littéraire inédit entre Catherine II et l'Abbé Chappe d'Auteroche.

Fayard, 2003, gr. in-8°, 632 pp, longue introduction par Hélène Carrère d'Encausse (pp. 11-66), 18 gravures, broché, bon état

La Russie est-elle un pays d'Europe ? Ou un pays barbare que l'Europe doit écarter ? Le roi Louis XV penche pour la première formule et, pour le démontrer, envoie en Russie en 1761 un savant, membre de l'Académie des sciences, l'abbé Chappe d'Auteroche. Le récit de l'abbé, au terme d'un voyage qui le conduit jusqu'en Sibérie, est publié en 1767. C'est la première relation de ce type sur la Russie, plus poussée, mieux fondée que le livre que publiera Custine en 1839. Récit ravageur, violemment hostile à tout ce qui est russe, et qui connaît un grand succès, mais sera depuis lors ignoré. Catherine II, montée sur le trône en 1762, est passionnément attachée à la culture française, à l'esprit français, aux philosophes et savants français, ses amis. C'est la pensée française qu'elle prétend importer en Russie. Pourtant, le livre de l'abbé, surtout par le succès qu'il rencontre, provoque sa fureur. Et la conduit à une démarche inédite pour un chef d'Etat qui ne se contente pas de régner, mais gouverne activement un immense empire : elle répond elle-même. Sa réponse, l'Antidote, publiée en 1770, ouvrage de près de 500 pages où elle attaque et contredit l'abbé ligne à ligne, est une œuvre étonnante. Polémique, mais aussi exposé de sa propre conception de la Russie et critique de l'esprit français, arrogant, méprisant, convaincu de sa supériorité. La confrontation des deux ouvrages, que l'ample préface complète et éclaire, contribue à la connaissance contemporaine de la Russie et de son histoire au moment où celle-ci s'impose à l'Europe.

CATE (Curtis).

1812 : le duel des deux empereurs.

Laffont, 1987, gr. in-8°, 485 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de gravures hors texte, 4 cartes et plans, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

"C'est le commencement de la fin" aurait dit Talleyrand en apprenant le désastre de Russie. 24 au 24 juin 1812... Napoléon et sa Grande Armée franchissent le Niémen. Objectif Moscou. On connaît la suite de cette histoire – mais on ne se lassera jamais d'en entendre le récit : les corps à corps sanglants de Borodino, la capitale russe livrée aux flammes, la retraite piteuse et catastrophique dans les neiges de l'hiver russe, la bravoure des pontonniers lors du passage de la Bérézina, l'abandon des restes de l'armée par Napoléon qui craint un coup d'Etat en France. La campagne de Russie... une épopée tragique. Une hécatombe. Mais on connaît moins – ou à peine – les ressorts secrets de cette gigantesque entreprise militaire. Curtis Cate, historien américain familier de l'Europe, met ici en œuvre des sources russes, polonaises, allemandes, autant que françaises, pour éclairer les raisons, à la fois politiques et personnelles, qui jetèrent Napoléon alors au sommet de sa gloire à la folle conquête de l'immense empire de son "frère" Alexandre Ier de Russie. Un récit palpitant pour comprendre ce défi passionnel, ce duel homérique - dont les échos fabuleux ne cesseront jamais de faire frémir l'Europe de l'Atlantique à l'Oural.

CATROUX (Général).

J'ai vu tomber le Rideau de fer. Moscou, 1945-1948.

Hachette, 1952, in-8°, 318 pp, broché, bon état

"Lorsque le général Catroux, en octobre 1944, reçut du général de Gaulle la proposition de devenir ambassadeur à Moscou, la France n'avait pas encore opté entre ses alliés de l'Ouest et ceux de l'Est : les Trois Grands, n'ayant pas encore été confrontés avec les difficultés surgies de conceptions différentes sur le statut futur des pays d'Europe orientale, vivaient en assez bonne intelligence. Etant resté à son poste jusqu'au 10 avril 1948, le général Catroux a pu assister à la rupture progressive, et il a vu la France, déçue et mortifiée du peu de cas que faisait d'elle son alliée de décembre 1944, se ranger de façon de plus en plus marquée dans le camp occidental. L'historien trouvera dans son livre un récit fidèle des principales conférences internationales auxquelles la France a participé, notamment en 1946 et 1947. On lira aussi avec profit les pages qui décrivent la vie à Moscou et les jugements de l'auteur sur les principales personnalités du régime soviétique." (J.-B. Duroselle, Revue française de science politique, 1952) — "Le général Catroux a été ambassadeur de France à Moscou de décembre 1944 à avril 1948. Arrivé en Russie au lendemain de la signature du pacte franco-soviétique, il a été, en dépit de tous ses efforts, témoin de la ruine progressive de toutes les espérances que ce pacte avait fait naître : attitude de plus en plus cassante de l'URSS à l'égard des puissances occidentales jusqu'à la scission définitive consacrée par la chute du “rideau de fer”. Le général Catroux, témoin agissant et observateur lucide, a su tirer pour l'avenir des conclusions pénétrantes des événements historiques auxquels il a été mêlé." (L'Editeur) — "D'autres témoins, M. Coulondre, Mme Cerruti, l'ambassadrice italienne, l'Américain Bedell Smith, ont déjà relaté ce qu'il leur avait été officiellement permis de voir et ce qu'il leur avait été possible d'entrevoir au pays des Soviets. Le général Catroux, qui a représenté la France libérée à Moscou, de 1945 à 1948, prend la suite de ces devanciers. Sur la vie économique, politique, sociale, il confirme leurs dires. Mais il s'étend davantage sur les relations internationales et le rôle insidieux de la diplomatie russe dans les tractations où cherchait péniblement à s'établir la paix tandis que tombait le rideau de fer..." (Henri du Passage, Etudes, 1952)

CHALIAPINE (Fiodor).

Pages de ma vie.

Plon, 1928, in-12, 256 pp, traduit du russe par H. Pernot, un portrait photographique en frontispice, bon état

Mémoires d'enfance et de jeunesse (jusqu'en 1899) du chanteur d'opéra et acteur russe Fiodor Ivanovitch Chaliapine (1873-1938). Il fut autorisé à quitter l'URSS le 31 mars 1922 pour une tournée à l'étranger en dépit des objections de la Tcheka. Il choisit alors de ne pas retourner en URSS. — "Féodor Chaliapine racontait volontiers des traits de son enfance et de sa jeunesse. Il a bien fait de les réunir en un récit méthodique, sous le modeste titre : « Pages de ma vie ». Non seulement la lecture en est particulièrement attachante et éveille d'autant plus de sympathie que la forme en est d'une parfaite simplicité, d'une belle humeur charmante, d'un détachement même qui surprend (le récit s'arrête à l'aube de la carrière de l'artiste et en laisse à peine pressentir le magnifique essor), mais on le sent tout de suite indispensable, désormais, pour bien comprendre la nature essentiellement originale, et même géniale, dans le sens strict du mot, de cet extraordinaire évocateur dramatique. Nul tragédien, nul comédien lyrique, à notre époque, n'est monté si haut mais nul aussi, sans doute, n'est parti de plus bas. On n'imagine pas par quelle vie de misère, d'absolu dénuement, de déceptions aussi et de dégoûts, Chaliapine a dû passer, avant de pouvoir, décidément, tirer parti de son seul et unique bien sur cette terre : sa voix – que l'on est stupéfait de voir survivre à tant d'aventures !" (Henri de Curzon, Le Ménestrel, 1927) — "Etant encore en Russie, Chaliapine écrivit le récit de ses mémoires et en confia le manuscrit à un ami, habitant Moscou. Mais le gouvernement des Soviets trouva le moyen de s'en emparer et de le publier, en s'octroyant bien entendu, la totalité des droits d'auteur. L'artiste eut, il y a quelque temps, la surprise de découvrir, dans la vitrine d'un libraire parisien, son oeuvre, portant ce titre « Pages de ma vie ». Il lui fallut, pour la lire, l'acquérir de ses propres deniers. Ce qui prouve bien qu'en Russie, personne n'est maître de sa vie réelle, ni même écrite..." (Le Figaro, 1930) — "Le chanteur russe Chaliapine a gagné devant le tribunal de commerce de la Seine le procès qu'il avait intenté au gouvernement des Soviets pour avoir publié sans autorisation ses mémoires inachevés et intimes. Le tribunal a condamné les Soviets, en la personne du directeur de la représentation commerciale, à 10,000 fr. de dommages-intérêts, aux frais du procès et à la confiscation des mémoires de Chaliapine." (L'Impartial, 1931) — "Justice - Chaliapine gagne son procès intenté aux Soviets : La première Chambre de la Cour d'appel vient de rendre son jugement dans le procès intenté par le chanteur Chaliapine au gouvernement des Soviets. En 1926. une maison d'édition soviétique avait publié, à Moscou, sans autorisation de M. Chaliapine, les Mémoires de l'artiste, sous le titre « Pages de ma vie ». Chaliapine protesta, puis assigna la représentation commerciale des Soviets à Paris, solidairement avec une librairie de la capitale, en paiement de 2 millions de dommages-intérêts. Le tribunal de commerce de la Seine a condamné la représentation commerciale à 10,000 francs et la Société d'édition à 1 franc de dommages-intérêts." (La Croix, 1932)

CHAMBRUN (Charles de).

Lettres à Marie. Pétersbourg-Pétrograd, 1914-1917.

Plon, 1941, in-8°, 244 pp, broché, état correct

Lettres de Charles de Chambrun, premier secrétaire de l'ambassade de France, à Marie de Rohan-Chabot, qui deviendra sa femme en 1934.

CHAMPARNAUD (François).

Révolution et contre-révolution culturelles en URSS : De Lénine à Jdanov.

Anthropos, 1975, in-8°, 485 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Avec des textes inédits de Bogdanov, Boukharine, Lounatcharsky et Kollontaï

Les précieuses miettes de Marx et de Engels ; L'art et la culture russes à la veille de la révolution ; Plekhanov ; Lénine ; L'école en Union soviétique ; Boukharine ; URSS 1917/1925 ; Bogdanov ; Lounatcharsky ; Kollontai ; URSS 1925/1932 ; Mise en scene révolutionnaire de la réaction bureaucratique ; Trotsky ; Le « formalisme » et la critique marxiste soviétique ; Conclusion ; Annexes.

CHARAGUINE (A.)(pseud.).

En prison avec Tupolev.

Albin Michel, 1973, in-8°, 159 pp, traduit du russe, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

En 1938, Béria, alors chef tout-puissant de la police secrète soviétique – le NKVD – crée à Moscou, pour d'éminents spécialistes de l'aviation, une charaga, bureau d'études et de construction dont tout le personnel est composé de détenus. C'est là que l'auteur, un de ces spécialistes en aéronautique, retrouve une centaine de savants, ingénieurs et techniciens. En tête, Andréi Tupolev, un des plus célèbres constructeurs d'avions qui, après des voyages d'études à l'étranger, a été accusé d'avoir vendu des plans à l'Allemagne nazie. “En prison avec Tupolev” est l'histoire de cette captivité ubuesque de 1938 à 1941 où Tupolev, Petliakov, Miassichtchev, Neman, Putilov, Tvhijevski, Tchériomoukhine, Markov, Bazenkov... bref toute l'élite de la construction aéronautique russe furent arrêtés, envoyés en camp, puis transférés dans des "charagas" (ou charachkas, bureaux d'études au personnel principalement composé de détenus) lorsqu'on eut besoin d'eux.

CHARTON (Edouard)(dir.).

Le Tour du Monde. Nouveau journal des voyages. Deuxième semestre 1891.

Hachette, 1891, in-4°, 427 pp, 313 gravures sur bois dans le texte et hors texte, 4 cartes, reliure demi-basane havane, dos lisse, titres dorés (rel. de l'époque), pas de rousseurs, bon état

Le Transcanadien et l'Alaska, 1890, par E. Cotteau - Du Niger au Golfe de Guinée, 1887-1889 (suite), par le capitaine Binger - La Sardaigne, 1890, par Gaston Vuillier - A travers l'Arménie russe, 1890 (suite), par Mme B. Chantre - De Paris au Tonkin à travers le Tibet inconnu, 1889-1890, par Bonvalot.

CHARTON (Edouard)(dir.).

Le Tour du Monde. Nouveau journal des voyages. Premier semestre 1882.

Hachette, 1882, in-4°, 430 pp, 301 gravures sur bois dans le texte et hors texte, 9 cartes et plans, reliure demi-basane rouge époque, dos à 4 nerfs lég. épidermé, pt manques de papier au 1er plat, rousseurs éparses, état correct

Pélerinage au Nedjed, berceau de la race arabe, par Lady Anna Blunt. - Voyage de la "Vega" autour de l'Asie et de l'Europe, par Nordenskiold. - La Belgique, par Camille Lemonnier. - La Syrie d'aujourd'hui, par M. Lortet. - Voyage d'exploration à travers la Nouvelle-Grenade et le Venezuela, par le docteur Crevaux. - A travers la Toscane, par E. Müntz. - Excursion au Samourzakan et en Abkasie, par Mme Carla Serena.

CHENTALINSKI (Vitali).

La Parole ressuscitée. Dans les archives littéraires du KGB.

Laffont, 1993, gr. in-8°, 462 pp, traduit du russe, glossaire des principaux noms cités, index, broché, bon état

Vitali Chentalinsky a, pendant des années, fouillé dans les « terribles » archives littéraires du KGB et cherché tout ce qui concernait les maîtres de la littérature russe, poètes et écrivains, que le régime stalinien a emprisonnés, fait mourir dans les camps, parfois même liquidés d'une balle dans la nuque, et dont il a fait interdire les oeuvres. Grâce aux dossiers d'instruction, aux rapports de procès, aux aveux et à la correspondance interceptée mais aussi grâce aux manuscrits retrouvés, nous découvrons de quels talents nous a privés la répression stalinienne et la folie sanguinaire de l'époque. L'auteur ouvre les dossiers d'Issak Babel, Mikhaïl Boulgakov, Pavel Florenski, Nina Hagen-Thorn, Gueorgui Demidov, Boris Pilniak, Ossip Mandelstam, Léon Tolstoï, Nikolaï Kliouïev, Andreï Platonov, Maxime Gorki...

CLARK (Alan).

La Guerre à l'Est, 1941-1945.

Cercle du Nouveau Livre d'Histoire, 1966, gr. in-8°, 554 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, cartes, reliure toile éditeur avec une vignette illustrée au premier plat, rhodoïd, bon état

"L'ouvrage d'Alan Clark est d'une lecture attrayante, passionnante même et d'une présentation parfaite : croquis simples et clairs, schémas explicatifs, photographies bien choisies. Mais, à la vérité, ce n'est pas une « histoire totale du plus gigantesque affrontement de l'histoire ». Certaines phases du conflit germano-russe sont incomplètement traitées ou ignorées. Cependant, il convient de reconnaître que Clark éclaire singulièrement le comportement de Hitler vis-à-vis du Haut Commandement allemand, les raisons de ses attitudes parfois contradictoires, le role joué par ses seconds..." (Colonel Costantini, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1967) — "Voilà un livre remarquable. En même temps qu’une étude historique, c’est également et davantage une description de l’impitoyable combat entre les armées russes et allemandes au cours de la dernière guerre. Une élégante traduction française maintient le rythme des récits épiques et souligne les nuances du texte original. L’intérêt du sujet est doublé par le plaisir de la lecture. Des cartes simples permettent de suivre aisément les événements. L'entreprise de Hitler contre l’URSS n’a sans doute pas fini d’inspirer les historiens. Dans ce livre qui, tout en faisant apparaître les ensembles, montre le souci du détail et souvent de la minutie de l’auteur, il reste encore, ouvertement signalés, des mystères et des énigmes. Toute la guerre n’était pas faite de manœuvres stratégiques et de combinaisons tactiques que les flèches schématisent sur un croquis. Elle est faite aussi des hommes, de leurs ambitions, de leurs rivalités. Alan Clark a le grand mérite de faire vivre les acteurs dans leur réalité vraisemblable ; qu’il s’agisse de généraux allemands ou soviétiques, il expose leurs attitudes et les raisons profondes et parfois cachées de leurs décisions. L’auteur aborde aussi un sujet souvent controversé ; celui de la participation personnelle de Hitler dans les opérations. Les généraux allemands survivants ont eu la naturelle tentation de rejeter sur le dictateur disparu la responsabilité des décisions qui se sont terminées en catastrophes. Alan Clark montre également qu’ils furent eux-mêmes responsables, sinon des décisions suprêmes, du moins des actes importants que leurs fonctions les amenaient à prescrire. Si la description de l’immense bataille est moins poussée du côté russe que du côté allemand, faute d’une documentation qui n’a pas été ouverte aux chercheurs, le livre n’en donne pas moins des indications précieuses sur les causes des défaites initiales et des succès postérieurs des armées soviétiques. Nous conseillons tout particulièrement la lecture de ce livre vivant, animé, entraînant, qui offre un tableau coloré et puissant de ce que fut la guerre sur le front oriental." (Jean Némo, Revue de Défense nationale, 1967)

COCHRANE (John Dundas).

Récit d'un voyage à pied à travers la Russie et la Sibérie tartare, des frontières de Chine à la mer Gelée et au Kamtchatka.

Editions du Griot, 1993, in-8°, 264 pp, traduit de l'anglais, une carte, notes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

Parti de Londres en 1820, John Dundas Cochrane, capitaine de la marine britannique, entreprend seul un voyage à pied à travers l'Empire russe, jusqu'aux frontières de Chine. L'expédition prendra trois ans au bout desquels il retournera au pays en compagnie d'une épouse, une jeune Kamtchadale. Les difficultés, les incidents sont innombrables. Notre singulier marcheur ne tient aucun compte des conditions météorologiques et prétend en plein hiver sibérien ne pas se vêtir autrement qu'en Ecosse. Pourvu d'un équipement rudimentaire, il lui faut une certaine dose de courage et d'inconscience pour parcourir ces contrées glaciales par des chemins, quand il en existe, impraticables. — John Dundas Cochrane, surnommé le « voyageur pédestre » est né en 1780 et mort à Valencia (Colombie) le 12 août 1825. Marin et voyageur anglais, neveu de l'amiral sir Alexander Cochrane, il était convaincu de la possibilité de faire le tour du globe à pied.

COLE (John).

L'URSS. Analyse géographique.

Armand Colin, 1969, gr. in-8°, 328 pp, choix de textes et traduction par Mary Blinoff, 51 cartes et figures, 45 tableaux, biblio, cart. éditeur, soulignures crayon, bon état (Coll. U)

Collectif.

Aspects des relations russo-roumaines - Aspects des relations soviéto-roumaines.

Minard, 1967-1971, 2 vol. in-8°, 276 et 242 pp, 4 cartes (dont 3 dépliantes) et 2 tableaux dépliants hors texte, biblio, brochés, bon état. Rétrospective et orientations. Etudes de George Cioranesco, Grigore Filiti, Radu Floresco, Dionisie Ghermani, Alexandru Gorjiu, Mihaï Korne, Nicoara Neculce, A. Missirliu, A. Suga.

Collectif.

Documents diplomatiques secrets russes, 1914-1917. D'après les Archives du Ministère des Affaires Etrangères à Pétrograd. Traduit du russe par J. Polonsky.

P., Payot, 1928, in-8°, 331 pp, broché, bon état (Collection de Mémoires, Etudes et Documents pour servir à l'Histoire de la Guerre Mondiale).

Table : I. Memoranda du Ministère des Affaires étrangères. II. Pourparlers secrets entre la Russie et la Turquie. III. Pourparlers secrets entre la Russie et la Bulgarie. IV. Pourparlers secrets entre la Russie et la Roumanie. V. Pourparlers secrets entre la Russie et l'Italie. VI. Pourparlers entre les Alliés au sujet de Constantinople et des Détroits

Collectif.

Histoire de la Révolution russe, préparée sous la direction de Maxime Gorki, V. Molotov, K. Vorochilov, Serge Kirov, A. Jdanov et J. Staline. Tome 1 : Du début de la guerre mondiale aux journées de juillet 1917.

P., Editions Sociales Internationales, 1937, in-8°, 256 pp, qqs illustrations et portraits dans le texte et hors texte, 2 cartes, chronologie, index, cart. havane clair de l'éditeur, titres en blanc au 1er plat et au dos, bon état

Tome 1 seul (sur 4, publiés entre 1937 et 1950). – "C'est une histoire au jour le jour, éditée par les soins des autorités soviétiques, des événements qui se sont produits en Russie d'août 1914 à l'instauration du Gouvernement communiste de Lénine en 1917. Tout y est interprété du point de vue communiste. Tout y est propagande. Et pourtant l'historien et l'économiste ont l'un et l'autre à glaner en cette oeuvre partiale : l'historien, un récit alerte et vif de faits et de prises d'attitude imparfaitement connus ; l'économiste, un exposé du programme que Lénine voulait appliquer en prenant le pouvoir..." (Emile James, Revue économique, 1952) — "Edition officielle du parti communiste, ce premier volume va du début de la guerre mondiale aux journées de juillet 1917, c'est-à-dire à l'ouverture de la IIe conférence bolchevik de Pétrograd. Bien que constituant une très minutieuse relation des événements, ce volume n'est pas un simple exposé chronologique. L'attitude des acteurs est jugée, les fautes relevées, les responsabilités dénoncées selon l'optique politique soviétique. De larges emprunts sont faits aux commentaires de Lénine et de Staline. Ne se réclamant pas d'une objectivité scientifique, parfaitement illusoire en ce domaine, l'ouvrage est empreint d'un ton passionné qui en facilite la lecture. Dans cette histoire, ce n'est pas seulement le passé qui est enregistré, c'est le présent qui s'annonce et s'explique : c'est dire qu'elle vaut d'être lue avec attention." (Georges Burdeau, Revue française de science politique, 1952)

Collectif.

Histoire du Parti communiste (bolchévik) de l'URSS. Précis rédigé par une commission du Comité central du P.C. (b) de l'URSS. Approuvé par le Comité central du P.C. (b) de l'URSS, 1938.

Editions Norman Béthune, 1971, in-8°, 408 pp, broché, bon état

Précis rédigé par une commission du P.C. (b) de l'URSS sous la direction de Joseph Staline en 1938 et approuvé par le comité central du P.C. (b). Fac-similé de l'édition de Moscou, Editions en langues étrangères, 1949.

Collectif.

Hommage au Tsar. Le Tsar et la Tsarine en France.

P., Ancienne Maison Quantin, Librairies-Imprimeries réunies, s.d. (1896), in-4°, 231-(4) pp, préface de François Coppée, plus de 200 gravures et photos dans le texte et hors texte (dont de nombreuses photographies de Nadar), 7 planches hors texte (sur 8) dont 4 en couleurs, tableaux héraldiques et généalogiques des huit quartiers de l'empereur Nicolas II et de l'impératrice Alexandra Feodorowna, reliure toile, dos lisse orné d'un titre, 1er plat frappé au centre d'un bandeau doré avec les armes de Russie, avec titre et date du voyage (octobre 1896) dorés, tranche sup. dorée (rel. de l'éditeur), reliure très défraîchie, cahiers déreliés, manque une planche hors texte, état moyen

Ouvrage en souvenir de la venue de Nicolas II de Russie en France en octobre 1896, visite qui resserra les liens franco-russes. Ont participé entres autres à cet ouvrage Félicien Champsaur, Georges d'Esparbès, José Maria de Heredia, Sully Prudhomme, Arnould Galopin, André Theuriet, etc.

Collectif.

La Russie contestataire. Documents de l'opposition soviétique.

Fayard, 1971, in-8°, 330 pp, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Monde sans frontières)

Si ce livre n'a pas d'auteur, c'est qu'il est la trancription d'un malheur et d'un cri collectif. Il nous transmet la voix d'une intelligentsia russe aux prises avec la répression gouvernementale et l'incompréhension populaire. A travers Larissa Daniel, Pavel Litvinov, le général Grigorenko, et le plus grand d'entre eux, Soljenitsyne, voilà le XIXe siècle qui recommence au pays des Soviets. Ce livre, composé de manuscrits clandestins qui circulent sous le manteau, relate leurs protestations, leurs procès, leurs prisons – le très vieux drame de l'intellectuel russe flottant entre l'immense peuple paysan et un Éta tout-puissant. Le texte qui clôt l'ouvrage – le manifeste du « Mouvement démocratique », l'une des organisations clandestines actuelles en URSS – est unique en son genre. Cinquante ans après la Révolution d'octobre, voici le premier bilan critique, fait par des citoyens soviétiques, de leur propre société. (4e de couverture)

Collectif.

La Russie. Géographique, ethnologique, historique, administrative, économique, religieuse, littéraire, artistique, scientifique, pittoresque, etc.

Librairie Larousse, s.d. (1900), fort in-8°, 496 pp, mention de deuxième édition, très nombreuses gravures et photos dans le texte et hors texte, une grande carte ethnographique dépliante en couleurs de la Russie, annexes, biblio, reliure pleine percaline rouge, titre et armes du tsar dorés au 1er plat, dos orné, tranches dorées (rel. de l'éditeur), trace de mouillure ancienne au 1er plat, coiffe sup. abîmée, état correct

Par L. Delavaud, Girard de Rialle, Ch. Rabot, Alfred Rambaud, Albert Vandal, Maxime Petit, G. Regelsperger, Ernest Lehr, Anatole Leroy-Beaulieu, Désiré Lacroix, Arthur Raffalovich, G. Lejeal, Louis Léger, E.-M. de Vogüe, Maurice Tourneux, Maurice Vachon, Arthur Pougin, J. Grand-Carteret, etc.

Collectif.

Le pouvoir sovietique et la paysannerie dans les rapports de la police politique (1930-1934).

P., CNRS (Bulletin de l’Institut d’Histoire du Temps Present), 2003, in-8°, 329 pp, longue introduction par Nicolas Werth (pp. 4-46), broché, bon état

Collectif.

Les Syndicats soviétiques. Documents et chiffres avec un rapport officiel de Chvernik, Secrétaire du Conseil Central des Syndicats Soviétiques. Introduction par V.S.

P., Editions Pierre Tisné, 1938, in-12, 126 pp, broché, papier lég. jauni, bon état (Coll. Le Travail et la vie). Edition originale, prière d'insérer joint

"Voici un petit livre plein de substance qui donnera à réfléchir à ceux des syndicalistes français trop prompts à s'enthousiasmer pour tout ce qui vient de l'URSS. (.) Purement objectif donc, cet essai sur les Syndicats Soviétiques n'en est que plus accablant pour l'organisation syndicale actuelle de la Russie, dont l'indépendance est nulle, les cadres formés de "candidats" désignés par le parti communiste." (prière d'insérer)

Collectif.

Russie et Chrétienté. Revue bimestrielle. 2e année, n° 3 - Juin 1935.

Lille, Centre dominicain d'études russes "Istina", 1935, in-12, 32 pp, paginé de 101 à 169 puis de 45 à 102, broché, état correct

L'itinéraire religieux de la conscience russe - Littérature soviétique et littérature russe - De quelques jugements sur la Russie (pp. 101-169) - Document : La crise de l'éducation en Russie Soviétique (pp. 45-102).

Collectif.

Tsarisme, bolchévisme, stalinisme. Vingt regards d'historiens.

Institut d'Etudes Slaves, 1990, gr. in-8°, 484 pp, 4 pl. d'illustrations et 2 cartes hors texte, broché, bon état

23 études érudites par Jean-Louis Van Regemorter, Claudio Ingerflom, Basile Kerblay, René Girault, Tamara Kondratieva, Marc Ferro, F.-X. Coquin, Francis Conte, Michel Heller, W. Berelowitch, Andrea Graziosi, Jean-Paul Depretto, Jacques Sapir, Régine Robin, Alexandre Bennigsen, Hélène Carrère d'Encausse, Claire Mouradian, Alain Besançon, Etienne Fouilloux.

Collectif – Boris Piotrovsky, Véronique Schiltz.

Or des Scythes. Arts antiques d'Asie centrale et de Sibérie. Trésors des musées soviétiques.

Editions des Musées Nationaux, 1975, pt in-4°, 225 pp, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, 2 cartes, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

Catalogue de l'exposition au Grand Palais, 8 octobre - 21 décembre 1975 : La découverte de la civilisation scythe, Grecs et Scythes, L'art des steppes et le style animalier, Les civilisations de Maïkop, Koban, de l'Etat d'Ourartou, etc. — "L'intitulé même, « Or des Scythes » de cette exposition présentée actuellement au Grand Palais, est loin d'épuiser la diversité des objets proposés à notre curiosité. Il s'agit, certes, de l'art des Scythes au sens précis du terme, des Scythes dont nous parle Hérodote et qui, entre le VIIe siècle av. J.-C. et le début de notre ère, habitent les steppes d'Ukraine, le long du Dniepr, et celles du nord de la mer Noire et du Caucase, vers le Kouban. Mais l'exposition montre aussi les civilisations de leurs voisins orientaux, ceux de la steppe asiatique : Sauromates, Saces, peuples de l'Altaï et de la Sibérie jusqu'aux confins mongols. Territoire immense de la steppe eurasiatique, qui s'étend du Danube à la Chine, et sur lequel vivent des peuples qu'unissent une parenté ethnique et sans doute linguistique, et plus encore un même mode de vie, le nomadisme monté et ces déplacements continuels de l'homme et de ses troupeaux à la recherche des points d'eau et de pâturages meilleurs. Ce ne sont pas seulement les Scythes, ce n'est pas seulement l'or, mais aussi des objets d'argent, de bronze, de fer, de corne ou de bois, et même des cuirs, des feutres et des tissus miraculeusement conservés par les glaces avec toute la vivacité de leurs couleurs dans les tombes gelées de l'Altaï..." (Véronique Schiltz, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1975)

Collectif – Maxime Gorki, Viatcheslav Molotov, Kliment Vorochilov, Sergueï Kirov, Andreï Jdanov, Joseph Staline.

Histoire de la guerre civile en URSS. 1. Préparation de la grande révolution prolétarienne, du début de la guerre au début d'octobre 1917.

Moscou, Coopérative d'Éditions des ouvriers étrangers en URSS, 1937, in-4°, 319 pp, traduit du russe par Alice Orane et Georges Roux, texte sur 2 colonnes, nombreuses photos, gravures et caricatures, planches hors texte sous serpentes en noir et en couleurs (portraits, photos, cartes), un brassard de garde rouge contrecollé hors texte, index bibliographique, index des noms cités, chronologie, reliure percaline rouge de l'éditeur, un Lénine en médailllon estampé à froid au 1er plat, titre en blanc au 1er plat et au dos, 1er plat très lég. sali, bon état. Rare

Tome 1 seul. – Le tome 2 (La Grande Révolution prolétarienne, octobre-novembre 1917), ne paraîtra qu'en 1946. – Table : La veille de la révolution démocratique bourgeoise ; La révolution démocratique bourgeoise de février ; Arrivée de Lénine ; La Conférence d'avril du P.O.S.D.R. (bolchévik) ; Le Parti bolchévik en lutte pour les masses ; La Garde rouge ; Les journées de juillet ; Le VIe congrès du Parti bolchévik ; Le coup de force Kornilov ; La ruine économique ; La plate-forme économique du Parti bolchévik à la veille de la révolution prolétarienne ; La montée de la crise révolutionnaire ; L'armée et la flotte à la veille de la Révolution d'Octobre ; Les manoeuvres des conciliateurs et les plans de la bourgeoisie devant la montée de la revolution ; Disposition des forces de combat de la contre-révolution à la veille de la grande revolution prolétarienne ; Index du tome premier.

COMTE (Gilbert).

La Révolution Russe par ses témoins.

La Table Ronde, 1963, pt in-8°, 320 pp, broché, qqs soulignures crayon, état correct

« Ce livre ne prétend pas apporter une histoire complète et originale de la Révolution russe. Il se propose, seulement, d'en fournir une esquisse simple et vivante à l'aide des témoignages laissés par ceux qui l'ont vécue. »

CONFINO (Michaël).

Violence dans la violence. Le débat Bakounine-Necaev.

Maspero, 1973, in-8°, 212 pp, appendice, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Bibliothèque socialiste)

L'« affaire Necaev » fut l'une des histoires les plus sordides et les plus tragiques du mouvement révolutionnaire russe : elle posa d'emblée la question fondamentale de la fin et des moyens, celle de la morale révolutionnaire, toute la problématique de ce que Sartre appelle les « mains sales ». Dans la vie de Bakounine, cette affaire représente un épisode de courte durée, mais d'une grande intensité, qui eut directement une influence considérable sur sa destinée politique. Elle servit de prétexte à son exclusion de la 1ère Internationale. Depuis un siècle, militants révolutionnaires et historiens, écrivains et penseurs politiques n'en finissent pas de « découvrir » Necaev et de percer cette énigme. Un vil escroc, un menteur, ou même – comme le soupçonnait F. Engels – un agent provocateur à la solde de la police secrète russe ? Ou bien un héros, un fanatique sincère et un révolutionnaire sans faille ? Un mystificateur ou un authentique combattant pour la cause ? Et ce qu'on appelle « necaevseina » ou le « socialisme de caserne », selon les termes de Marx ? Système machiavélique et jésuitique ? Ou bien tactique et stratégie brillante, ayant postulé, pour la première fois dans les annales du mouvement révolutionnaire, la violence dans la violence ? Telles sont les questions auxquelles, dans une étude rigoureuse et passionnante, Michael Confino apporte des réponses, mettant en œuvre des séries de documents inédits, restés cachés dans les dépôts de la Bibliothèque Nationale. Ces documents, en premier lieu une ample lettre confidentielle de Bakounine, permettent non seulement de dénouer l'histoire compliquée et obscure de ses liens avec Necaev, mais aussi de porter un nouveau regard sur celui qui est considéré comme le père de l'anarchisme, d'élucider le type d'organisation révolutionnaire qu'il projetait pour accomplir la révolution en Russie, qui devait aboutir, selon ses propres termes, à l'établissement d'une « dictature collective ».

Conseil municipal de Paris.

Relation officielle des fêtes organisées par la Ville de Paris pour la visite de LL. MM. II. l'Empereur et l'Impératrice de Russie les 6, 7, et 8 octobre 1896.

P., Imprimerie Nationale, 1897, gr. in-4° (34 x 24,7), (2 ff.)-181 pp, 2 portraits, 25 planches (représentant les divers cérémonials organisés en leur honneur, les monuments de Paris, etc.), 2 programmes (Comédie-Française et concert de l'Hôtel de Ville), un menu, annexes et documents justificatifs, broché, non rogné, couverture imprimée, qqs déchirures sans mque à la couverture, qqs rares rousseurs, bon état

Belle publication en souvenir de la venue de Nicolas II de Russie en France, illustrée de deux portraits (celui du Tsar Nicolas II sur chine collé, et celui de l’Impératrice Alexandra Fiodorovna), de 25 planches dont 18 héliogravures et 7 eaux-fortes, de 2 programmes ainsi que de la couverture du menu du dîner de l’Élysée, illustrée par Clairin.

COQUIN (François-X.).

La Révolution de 1917.

PUF, 1974, in-12, 96 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Dossiers Clio)

COQUIN (François-Xavier).

Des Pères du peuple au Père des peuples. La Russie de 1825 à 1929.

P., SEDES, 1991, fort in-12, x-483 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Regards sur l'histoire)

COURCEL (Martine de).

Tolstoï, l'impossible coïncidence.

Hermann, 1980, gr. in-8°, 453 pp, notes et biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Prix de l’Académie française 1981)

La rencontre à Iasnaïa Poliana de Martine de Courcel avec l'ombre de Tolstoï est à l'origine de cette enquête commencée en Russie et prolongée par une minutieuse étude qui conduit à une hypothèse inédite sur les raisons, demeurées assez mystérieuses, pour lesquelles Tolstoï partit de chez lui, au milieu de la nuit, quelques jours avant sa mort. (...) L'Impossible coïncidence n'est pas une biographie au sens classique du terme mais une analyse menée avec la rigueur particulière que donne la pratique des sciences inexactes ; le livre se développe comme une démonstration à l'issue de laquelle la fuite de Tolstoï vient s'inscrire dans la logique de sa longue vie...

COURRIÈRE (Yves).

Normandie-Niémen. Un temps pour la guerre.

Presses de la Cité, 1987, gr. in-8°, 420 pp, 16 pl. de photos hors texte, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

"Une poignée de Français, venus des quatre continents, n'a qu'un désir : combattre les nazis ; qu'une passion : l'aviation. Ils forment une unité de chasse, en URSS, aux côtés des Soviétiques. Par-delà les bouleversements de l'Histoire qu'au cours de ces dernières décennies connurent la France et l'URSS, l'épopée de l'escadrille « Normandie-Niemen » restera à tout jamais le symbole de l'amitié entre deux peuples que tant de choses séparaient, à commencer par une idéologie aujourd'hui bien périmée. Quelle aventure que celle dont une poignée de Français si dissemblables furent les protagonistes, unis par une seule idée : lutter contre le nazisme ! On les appelait familièrement « Tutu », « Pépito », « Bébert », le « Marquis », « Finochard » ou « Trompe-la-mort »... Venus des quatre coins du monde et d'horizons sociaux bien différents, ils réalisent un projet fou, né à Londres aux heures les plus noires de la Seconde Guerre mondiale : former une unité de chasse composée de Français Libres et combattant aux côtés des Soviétiques ! Des aventuriers ? Des hommes braves à coup sûr, qui valurent à leur régiment, outre le titre « d'ambassadeur du courage » selon Ilya Ehrenbourg, celui de Compagnon de la Libération décerné par le général de Gaulle. Des héros ? Certes, mais indifférents à la politique, francs buveurs, joyeux paillards et défiant quotidiennement le danger... De ces hommes dont Yves Courrière aime à faire découvrir le prodigieux parcours à ses lecteurs."

CRANKSHAW (Edward).

Khrouchtchev.

Cercle du Nouveau Livre d'Histoire, 1967, in-8°, 300 pp, 16 pl. de photos hors texte, reliure toile éditeur avec une vignette illustrée sur le premier plat, rhodoïd, bon état

CROIDYS (Pierre).

Raspoutine et l'impératrice de Russie. Une amitié amoureuse.

Les Editeurs Associés, s.d. (1935), fort in-12, 252 pp, broché, couv. illustrée, état correct

DALLIN (Alexander).

La Russie sous la botte nazie.

Fayard, 1970, in-8°, 500 pp, traduit de l'anglais (“German Rule in Russia”), 15 cartes et organigramme, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. l'Histoire sans frontières)

De juin 1941 à 1944 la domination nazie s'est étendue sur une partie des territoires soviétiques. Si l'histoire militaire de ce conflit de géants est assez bien connue, nul, avant Alexander Dallin, n'a mis à nu les ressorts, les contradictions, les incohérences de la politique imposée par la « race des seigneurs » aux « sous-hommes » conquis. Du doctrinaire Rosenberg, sans caractère ni influence, vaticinant dans ses rêves d'encercler la « Moscovie », à la brutalité d'Himmler et de Bormann, des exigences pratiques qui s'imposaient à la Wehrmacht aux visées chimériques de l'entourage de Hitler, ce fut un jeu puéril de rivalités sur le fond sinistre d'une des plus effroyables saignées que l'humanité ait jamais connues. — "L'occupation allemande en Union soviétique fournit à Alexander Dallin un point de départ pour une étude sur le totalitarisme. Le système totalitaire est fermé sur lui-même, il trouve en soi sa propre justification, n'a besoin d'aucune confrontation avec l'extérieur ; sa vision du possible s'identifie avec celle de ses propres moyens d'intervention, sans qu'intervienne aucune notion des contradictions dialectiques. En Russie, les Allemands agissent comme s'ils étaient seuls face à une nuée d'individus isolés dont il faudrait seulement briser la résistance physique. Le caractère univoque de la doctrine interdit toute forme de mise en relation d'un domaine avec un autre ; trois thèmes majeurs orientent la politique d'Hitler : désir de s'ouvrir un espace à l'Est, haine du judéo-bolchevisme, volonté de puissance militaire ; mais, de l'un à l'autre, le passage ne s'établit pas. La conquête des marches orientales, vieux thème de l'expansionnisme germanique, semble trouver sa réalisation au début de l'été 1941 ; en fait, la tactique définie par le "Plan Barberousse" ignore les impératifs économiques et prend pour objectif Moscou et Leningrad au lieu des plaines à blé ou des gisements pétrolifères : la logique militaire qui préside à l'offensive s'embarrasse peu des autres ordres de préoccupations. Ultérieurement, la prolongation des hostilités contraindrait bien l'Allemagne à exploiter le potentiel russe ; pourtant, ici encore, deux lignes contradictoires s entrecroisent, l'une supposant la collaboration avec les indigènes, l'autre postulant leur extermination. Au long des quatre années de guerre l'idéologie, les besoins matériels et la stratégie interfèrent sans jamais se recouper, entraînant de brusques revirements qui, de toute manière, ne tiennent aucun compte des populations soviétiques. L'ouvrage d'Alexander Dallin s'ordonne un peu comme un voyage cauchemardesque au pays de l'absurde." (Pierre Sorlin, Le Monde, 22 janvier 1971)

DASCHKOFF (Princesse).

Mémoires de la princesse Daschkoff, dame d'honneur de Catherine II, impératrice de toutes les Russies. Edition présentée et annotée par Pascal Pontremoli.

Mercure de France, 1966, in-8°, 376 pp, notes, biblio, chronologie, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

La princesse Daschkoff naquit en 1743, à Saint-Pétersbourg. En 1762, Catherine II montait sur le trône. Ce sera désormais l'époque des deux Catherine, et gageons que notre princesse fût restée la "grande" pour la postérité, si l'ombre immense de l'impératrice n'avait obscurci tout son siècle. La princesse Daschkoff connut à peu près tout - et tous - de son temps, et ses Mémoires sont le lieu de rencontre de la Cour de Russie et des têtes couronnées d'Europe, des savants et de Diderot, des académiciens dont elle fut la directrice, et des linguistes dont elle fut la collègue. C'est presque un roman. C'est que sa vie le fut : les temps s'y prêtaient et la stature exceptionnelle d'une femme qui fut savante, mondaine, philosophe, organisatrice et conteuse brillante et dont l'éclat n'eut pas à pâlir des lumières dont sa vie fut environnée.

DAVYDOFF (Alexandre).

Images russes. Souvenirs.

Lausanne, L'Age d'homme, 1984, in-8°, 299 pp, préface de Marc Raeff, 32 pl. de photos hors texte, index, broché, bon état

Alexandre Vassilievitch Davydoff, arrière-petit-fils des décembristes Vassili Davydoff et Serge Troubetskoï, naquit à Tambov en 1881 et mourut à New-York en 1955. Il fit ses études au lycée de Moscou puis à la faculté de droit de Saint Pétersbourg. Engagé volontaire lors du conflit russo-japonais de 1904-1905, il fut décoré de la croix de Saint Georges. Sa carrière débuta au ministère des Finances qui le chargea rapidement d'une mission d'information en Allemagne pour y étudier le système bancaire. La famille Davydoff possédait de nombreuses propriétés en Russie dont Kamenka en Ukraine, maintes fois célébrée par Pouchkine et plus tard par Tchaïkovski qui y firent, l'un et l'autre de fréquents séjours, et Sably en Crimée, domaine qu'Alexandre Vassilievitch administra jusqu'en janvier 1918. Au cours de la Première Guerre mondiale Alexandre Vassilievitch travailla activement à la Croix-Rouge. Au lendemain de la prise du pouvoir par les Bolcheviks, il fut l'un des rédacteurs du journal « la Voix de Tauride » publié à Simferopol. Arrivé à Paris en 1920, il dirigea le journal « la Renaissance » et participa à la vie littéraire et artistique de l'émigration russe, aidé en cela par son épouse Olga Iakovlevna, femme d'une grande culture et musicienne de talent. Installé aux Etats-Unis en 1947 Alexandre Vassilievitch collabora à diverses revues ainsi qu'à plusieurs émissions de la « Voix de l'Amérique », et entreprit de rédiger ses Mémoires qu'il n'eut malheureusement pas le temps d'achever.

DE BON (Mme Elisabeth).

Le Voyageur Moderne ou Extrait des voyages les plus récens dans les quatre parties du monde, publiés en plusieurs langues jusqu'en 1821 ; Contenant les moeurs et usages des différens peuples ; les aventures les plus remarquables des voyageurs ; les nouvelles découvertes, et tout ce qui peut intéresser, piquer la curiosité, et procurer une lecture instructive et agréable. Tome 5.

P., Alexis Eymery, 1822, in-8°, 494 pp, 5 planches gravées, reliure demi-basane brune marbrée à coins, dos lisse avec pièce de titre basane verte, fleurons, tomaison et filets dorés, tranches jaunes (rel. de l'époque), coiffe sup abîmée, intérieur frais et sans rousseurs, bon état

Tome 5 seul (sur 6) : Extrait d'un voyage en Espagne, fait par M. Alexandre de Laborde en 1808. La Catalogne ; Notice sur l'Irlande ; Extrait d'un voyage en Ecosse et aux Hébrides. Les mines de charbon ; Quelques détails sur l'Angleterre, extraits d'un ouvrage intitulé : L'Angleterre au commencement du dix-neuvième siècle, par M. de Lévis. Douvres ; Notice sur la Calabre, tirée de divers ouvrages publiés récemment par des militaires français ; Extrait du Tableau de l'empire de Russie, par M. Damaze de Reymond ; Afrique. Sur l'île Gracioza, l'une des Açores, par M. de Chateaubriant. Les planches présentent des gravures de costumes catalans, biscayen, irlandais, écossais et calabrais.

DELILLE (Jacques).

U.R.S.S. Terre d'oppression ? En lisant André Gide.

P., Editions Spes, 1937, in-12, 32 pp, agrafé, bon état

DEUTSCHER (Isaac).

Staline. Edition revue et augmentée.

Gallimard, 1973, fort in-8°, 638 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, couv. à rabats, broché, bon état

"Biographe passionné de Trotsky, I. Deutscher a pourtant su échapper à l'emprise de ses idées pour étudier Staline. Encore qu'il n'ait pas disposé ici de matériaux particuliérement originaux. il a brossé un tableau de Staline qu'il importait d'offrir au public français. Ce que Deutscher analyse ici, c'est le processus de l'ascension stalinienne vers le pouvoir, en méme temps que le processus de développement et de renforcement de l'Etat confondu avec le parti, et de son pouvoir. A la version dictée à Trotsky par les conditions de la lutte avec Staline, montrant un Staline peu intelligent. paresseux. révolutionnaire inconnu avant 1917, et à la limite à peine révolutionnaire, Deutscher substitue un autre portrait : Staline durci, mûri par une action clandestine tout entière menée en Russie, connaissant parfaitement (à la différence des « émigrés » et de Trotsky) la situation réelle de son pays et certains problèmes fondamentaux que son expérience caucasienne enrichissait (problème national, problème agraire, problème du prolétariat russe). Cette expérience. le travail acharné de Staline expliquent selon I. Deutscher sa vision réaliste des faits (qu'il oppose aux vues trop générales de ses adversaires), son pessimisme quant à la popularité du socialisme et à l'esprit révolutionnaire du prolétariat, qui l'amenèrent à édifier un pouvoir toujours croissant. (...) Le démontage du phénomène stalinien par Deutscher est à la fois l'oeuvre d'un excellent historien et l'une des plus remarquables études de science politique qui aient été publiées sur ce sujet." (H. Carrère d'Encausse, Revue française de science politique)

DIBOLD (Hans).

J'étais médecin à Stalingrad.

France-Empire, 1955, pt in-8°, 302 pp, traduit de l'allemand, 4 photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

"Ce sont les souvenirs d’un médecin militaire allemand, fait prisonnier dans son poste de secours, à Stalingrad. Il ne raconte à peu prés rien de la bataille elle-même ; mais il s’étend beaucoup plus sur l'année de captivité passée ensuite dans ce secteur reconquis par les Russes. Affecté à plusieurs hôpitaux successifs, où il est chargé de soigner les prisonniers, il insiste sur les conditions précaires d’existence : manque d’air et de lumière (les malades sont entassés souvent dans des caves ou des abris), de chauffage, de nourriture, de médicaments ; il décrit les maladies auxquelles il a fallu faire face, surtout le typhus, la dysenterie, les maladies de carence et, finalement, la tuberculose. Le ton s’efforce d’étre objectif ; les médecins russes avec lesquels il a été en contact lui ont paru parfois méfiants (certains reprochaient aux médecins allemands de laisser mourir leurs malades pour ne pas fournir de main-d’oeuvre à l’URSS), mais compétents et humains ; assaillis eux-mémes de difficultés matérielles, soumis à une bureaucratie tatillonne, ils ne pouvaient souvent rien pour les malades, réduits à un sort misérable. Il réserve ses jugements les plus sévères pour certains de ses compagnons de captivité. Ce récit, qui manque malheureusement d’indications précises de lieux et de dates et qui a été reconstitué aprés coup, reste, cependant, un témoignage vivant et intéressant." (J.-M. d'Hoop, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1956) — "Le témoignage de l'un des survivants allemands de cette bataille titanesque qui joua un rôle décisif dans l'issue de la guerre mondiale. Le médecin-commandant Dibold était en effet affecté à l'une des unités qui combattit longtemps encore après l'encerclement de la 6e armée. Il nous fait revivre les dernières heures de cette lutte et la tragique condition de ses camarades enfermés dans un vaste abri souterrain, éclairé uniquement par des lampes à pétrole faites avec des boîtes de conserves, sans autre défense contre le froid que des vêtements en loques et la chaleur qui montait des corps entassés, sans la moindre installation hygiénique, presque sans médicaments. Le docteur Dibold nous conte le long et douloureux calvaire des survivants faits prisonniers et décimés par le typhus, le scorbut, le paludisme, enfin la tuberculose, cette maladie de la misère et des ténèbres. Les circonstances, à elles seules, confèrent à son récit un caractère pathétique, infiniment émouvant."