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AMMOUN (Denise).

Histoire du Liban contemporain. Tome 1 : 1860-1943.

Fayard, 1997, gr. in-8°, 528 pp, une carte, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Soumis depuis l’Antiquité à de multiples dominations étrangères et en dernier lieu à celle des Turcs, le Liban voit s’éveiller un sentiment particulariste dès le XIXe siècle. Ainsi une partie de la population, refusant la conquête de la Syrie et du Liban par l’Egypte de Méhemet Ali, se soulève-t-elle en 1840. Une période de troubles débouche sur les massacres de 1860 et provoque l’intervention des puissances européennes. La paix est rétablie, mais le Liban est réduit à sa Montagne. Au Levant, chez les chrétiens comme chez les musulmans, le nationalisme se développe à mesure que décline la puissance du sultan ottoman : l’action souterraine des sociétés secrètes se conjugue avec la lutte ouverte de groupes politiques ou intellectuels formés par des émigrés établis au Caire, à Paris ou en Amérique. Les nationalistes entendent en revenir aux « frontières historiques » du pays. En 1919, quand la Porte – qui fait partie des vaincus de la Première Guerre mondiale – se voit éliminée des pays arabes par la conférence de la paix, et quand Londres et Paris se partagent l’« influence » au Proche-Orient, un « Grand Liban » est créé et placé sous mandat français. Une nouvelle bataille commence alors, à l’intérieur même du pays, entre ceux qui soutiennent le nouveau régime et ceux qui veulent le rattachement à la Syrie. Le rejet du mandat et la revendication de l’indépendance apparaissent quelques années plus tard. La Seconde Guerre, la défaite française, le conflit entre Vichy et la France libre, enfin la rivalité de celle-ci avec la Grande-Bretagne accélèrent et favorisent la fusion des diverses composantes – politiques, religieuses, etc. – de la nation libanaise pour aboutir à la pleine souveraineté en 1943. Nourri des travaux historiques les plus solides et éclairé par les dizaines d’entretiens obtenus par l’auteur durant les années 1970 et 1980 de la plupart des grands acteurs de cette histoire, cet ouvrage constitue un récit précis et vivant, riche en détails inédits, de la marche du Liban vers l’indépendance.

CHARMES (Gabriel).

Voyage en Syrie, impressions et souvenirs.

Calmann-Lévy, 1891, in-12, iii-327 pp, modeste reliure demi-toile vermillon, dos lisse avec titres et fleuron dorés, charnière de la page de titre consolidée avec une bande de papier blanc, état correct. Edition originale

"En 1883, le journaliste Gabriel Charmes (1850-1886) se rend en Syrie et observe sa société bigarrée. Il réserve 124 pages à Beyrouth et 55 autres au Mont-Liban. Sa perspicacité se révèle lorsqu'il aborde les contradictions et les maux dont souffre le pays, et en particulier les méfaits du communautarisme : « On s'aperçoit tout de suite qu'on est dans une contrée où le despotisme turc est tempéré par une demi-liberté. La vie déborde de ces hauteurs pittoresques, chargées de maisons et de cultures ; on dirait un coin de l'ancienne Phénicie ; mais on reconnaît la Syrie actuelle quand on pénètre dans les rues de Beyrouth. Voilà bien la ville moderne, telle que le goût oriental l'a faite, avec ses constructions bizarres, son mélange perpétuel d'élégance criarde et de pauvreté naïve, ses fantaisies européennes et ses souvenirs asiatiques, ses combinaisons imprévues de tous genres, de tous les styles, de toutes les modes, et malgré ces affreux disparates, avec son charme persistant et son indestructible attrait. [...] Aujourd'hui la transformation est complète ; le présent a mis partout son cachet. Les vieux murs sont tombés pour permettre à Beyrouth de s'étendre et de se donner l'air d'une grande ville ; il n'y a plus de créneaux, plus de tours, plus d'ogives, presque plus de minarets ; les navires à voiles ont fait place à de leurs bateaux à vapeur ; le port s'est élargi ; des milliers de constructions modernes se sont dressées dans tous les sens ; le moyen âge a complètement disparu, et c'est en vain que la rêverie chercherait un coin d'ombre et de fraîcheur, dans cet amas informe de bâtiments, qui rappelle Alexandrie et l'union bâtarde du goût oriental avec les nécessités européennes. [...] En dépit de son déguisement moderne, Beyrouth est restée une ville du moyen âge. Les couvents et les églises dominent chacun de ses quartiers, et s'ils n'ont plus l'élégance d'autrefois, c'est qu'ils ont dû y renoncer pour gagner en importance et en étendue. Je ne connais pas de ville, sauf Jérusalem, où l'on se sente plus complètement plongé dans une atmosphère religieuse. Mais Jérusalem a conservé son aspect antique, c'est une ruine du passé ; tandis qu'à Beyrouth la religion se mêle à tous les actes de la vie moderne. Elle n'y domine pas seulement le présent, elle y prépare l'avenir. Toutes les écoles sont confessionnelles, toutes les politiques le sont également. On est d'un parti parce qu'on est d'une religion ou d'une communauté. Personne n'est syrien : les musulmans sont turcs ; les chrétiens sont français, autrichiens, italiens ou russes ; les druzes sont anglais. [...] Il se passera bien des années encore, avant que l'esprit scientifique fasse assez de progrès en Orient pour y remplacer l'esprit religieux d'aujourd'hui. Un Oriental qui renonce à son culte ne devient pas plus libre penseur, qu'il ne devient Européen en s'habillant à la française... Ce qui m'a particulièrement frappé à Beyrouth, c'est de voir combien une société pouvait faire de progrès incontestables vers la civilisation sans sortir des formes religieuses auxquelles elle est habituée depuis des siècles. » (pp. 131, 134, 162 et 181)." (Abdallah Naaman, Le Liban, Histoire d'une nation inachevée, 2016)

CORM (Georges).

L'Europe et l'Orient. De la balkanisation à la libanisation : histoire d'une modernité inaccomplie.

La Découverte, 1989, in-8°, 385 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Textes à l'appui)

Ce livre propose une enquête historique en profondeur sur les causes des conflits qui déchirent le Proche-Orient depuis plusieurs décennies. Au départ de cette enquête, un constat : l'étonnant parallélisme entre le processus de violence né en Europe centrale avec la "balkanisation" de la fin du XIXe siècle et celui qui caractérise aujourd'hui la "libanisation" du Machrek. En mobilisant une documentation historique considérable, trop souvent oubliée, Georges Corm montre que ces deux processus ont une origine commune : le déclin puis l'effondrement des empires multiethniques – l'Empire austro-hongrois, l'Empire ottoman et celui des tsars –, sous l'effet de la montée en puissance des Etats-nations modernes. Cette analyse, nourrie notamment des travaux de Hannah Arendt, permet à l'auteur de porter un regard neuf sur les bouleversements nés du choc de la modernité européenne dans l'Orient contemporain : intrusion du wahabisme et du sionisme qui conduit à la création de l'Arabie saoudite et de l'État d'Israël, mutations sociales qui traversent les élites dirigeantes du Machrek, révolution palestinienne et éclatement du Liban pluraliste... Elle lui permet aussi de faire une critique radicale de la nouvelle école française d'orientalisme, pour laquelle l'islamisme constitue trop souvent la clé d'explication unique des événements du Proche-Orient.

DERRIENNIC (Jean-Pierre).

Le Moyen-Orient au XXe siècle. Sociétés politiques et relations internationales.

Armand Colin, 1983, gr. in-8°, 282 pp, 2e édition augmentée, 11 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U)

DUCROT (Général Auguste Alexandre).

La Vie militaire du général Ducrot, d'après sa correspondance (1839-1871), publiée par ses enfants.

Plon, 1895, 2 vol. in-8°, iv-466 et 477 pp, deuxième édition, 3 portraits gravés (Ducrot en 1839 et en 1870, Joseph Karam) et une carte du Liban en couleurs dépliante hors texte, brochés, C de bibl., bon état

Cet ouvrage rassemble la correspondance importante du général de 1838 à 1870 (parfois une lettre par jour durant les campagnes qu'il effectue). Ducrot est engagé en Algérie de 1838 à 1851, dans la Baltique en 1854, puis en Italie. Il commande ensuite l'expédition de Syrie, puis un Corps d'armée en 1870. Il commande brièvement l'armée à Sedan. Evadé, il rejoint Paris, mais ses souvenirs du siège ne sont pas détaillés. — "Chacun connaît la brillante carrière du général Ducrot et la part qu'il prit à la préparation de la guerre franco-allemande, puis à cette guerre elle-même ; mais suivre pas à pas, jour par jour, toute la vie militaire du général ; être guidé par lui-même dans les méandres d'une existence des plus actives, voilà la rare fortune qui nous est offerte par ce livre. En 1839, 1840, 1841, 1842, le sous-lieutenant Ducrot est en Algérie ; après un court repos, il repart en 1843 ; c'est en cette année, au mois de mai, qu'il appuie avec ses hommes la cavalerie du duc d'Aumale à la poursuite de la smalah d'Abd-el-Kader. En 1845 et pendant les années suivantes, nous assistons aux poursuites exécutées contre Abd-el-Kader lui-méme, en une série de coups de main heureux, dans lesquels le capitaine Ducrot joua un rôle des plus importants, comme chef des affaires indigénes du général Yusuf... En 1859, il est en Italie... En 1860, le général Ducrot fait partie de l'expédition envoyée en Syrie pour la défense des populations chrétiennes du Liban. Il envoie, le 13 septembre, une courte mais curieuse description de Malte. Il donne des détails sur le rôle de la France dans ces événements si compliqués d'Orient. Ses lettres sont, pleines d'aperçus intéressants, de vues larges et étendues. Le deuxième volume débute par la constatation des faiblesses du second Empire en Syrie, de 1860 à 1862, puis nous montre le général à Nevers, de 1861 à 1864. En 1864, le général Ducrot fut envoyé de nouveau en Algérie, où venait d'éclater l'insurrection de Si-Hamga ; les années 1864 et 1865 se passent à guerroyer. Le général voyait clairement comment il fallait, pour en finir, organiser le pays. Les propositions qu'il fit alors à l'empereur à ce sujet ont servi de base à l'organisation actuellement en vigueur... Le 20 juillet 1870, le général Ducrot insiste auprès du maréchal de Mac-Mahon pour qu'une ou deux têtes de pont soient établies sur la rive droite du Rhin, à Kehl, à Vieux-Brisach. Le maréchal repousse ces propositions, qui cependant auraient pu changer la face des choses en permettant l'offensive par la droite pendant la mobilisation des Allemands. Le 6 août, à la première heure, le général Ducrot fit tout ce qu'il put, d'accord avec le général Raoult, commandant la 2e division du 1er corps (dont le général Ducrot commandait la 1ère, pour déterminer le maréchal de Mac-Mahon à porter le corps d'armée le dos aux Vosges, pour livrer bataille sans que la disproportion des forces fût aussi préjudiciable ; ils y arrivaient quand, l'ennemi attaquant, le maréchal changea d'avis..." (Revue des Questions historiques, 1896)

FRANCOS (Ania).

Les Palestiniens.

Julliard, 1968, in-8°, 318 pp, brève biblio, chronologie, cart. éditeur, jaquette illustrée, marques au crayon dans les marges, qqs soulignures stylo, bon état

GEIGER (André).

En Syrie et au Liban.

Grenoble, P., Arthaud, 1942, gr. in-8° carré, 226 pp, 220 héliogravures, une carte dépliante volante, broché, couv. illustrée en couleurs par Marius Hubert-Robert, très bon état (Coll. Les Beaux Pays). Ouvrage dédié au Général Weygand

"Etats du Levant, Liban et Syrie... Contrées merveilleuses ! Mots magiques, « syllabes chantantes », comme eût dit Barrés. Les civilisations antiques, la paix romaine... les Califes et Schéhérazade, conteuse des Mille et une nuits... les Croisades... le général Bonaparte... la question d’Orient... le Mandat confié à la France, et ses soldats voués à la défense de ses droits imprescriptibles... et aussi les cèdres du Liban, les parfums de Syrie, les abricots de Damas, les oranges de Saïda... Que d’évocations ! que d’images ! Ce livre vient les préciser et, sans rien retirer de sa poésie à la terre privilégiée, où furent écrits ou vécus les plus divins poèmes, il s’efforce de l’appuyer par la connaissance du réel..."

GEIGER (André).

En Syrie et au Liban.

Grenoble, Arthaud, 1942, gr. in-8°, 226 pp, 220 héliogravures imprimées en sépia, une carte dépliante hors texte, reliure demi-basane noire, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée par Marius Hubert-Robert et dos conservés, bel exemplaire (Coll. Les Beaux pays)

KHOURI (Dr. Robert).

La Médecine au Liban, de la Phénicie à nos jours.

Beyrouth, Editions ABCD, s.d. (1987), gr. in-8°, 268 pp, 18 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

LAURENT (Annie) et Antoine BASBOUS.

Une proie pour deux fauves ? Le Liban entre le lion de Juda et le lion de Syrie.

Beyrouth, Éditions Ad-Daïrat, 1983, in-8°, 216 pp, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, très bon état, envoi a.s. signé des 2 auteurs et carte de visite d'Antoine Basbous

"Le livre d’Annie Laurent et Antoine Basbous a le mérite de la franchise. Mérite qui n’est pas si courant, tant la complexité des affaires libanaises se prête aux présentations orientées, aux omissions, aux intentions perverses : c’est la guerre. Il a aussi le mérite de la clarté : les malheurs du Liban sont le fait de son voisinage. C’est, au demeurant, dans le cadre d’une recherche sur le « voisinage inégal » dans les relations internationales que les auteurs l’ont écrit, et c’est d’abord la Syrie qui était, pour eux, le grand fauve. L’offensive israélienne Paix en Galilée, à l’été 1982, les a ensuite amenés à souligner la symétrie des visées des deux écrasants voisins et à présenter le Liban comme une proie pour ces deux lions. Syrie et Israël dans le même sac, voilà, en dépit de la vérité objective de la thèse, qui ne plairait pas à tout le monde, fort peu aux « arabistes » et pas du tout au « lion » Assad. (...) La démocratie libanaise, disent fort bien nos auteurs, est un « code de tolérance entre 17 communautés religieuses et minorités ethniques ». S’il n’est pas étonnant que les Syriens aient toujours su trouver, dans ce foisonnement, des alliés, les brusques renversements des alliances déroutent l’observateur. Mais ces subtilités orientales ne sauraient faire oublier à l’Occident le fait incontournable : l’existence, autour du Mont-Liban, d’une communauté chrétienne autonome. La pérennité de cette situation, unique en pays d’Islam, doit beaucoup à la protection fraternelle de la France, sans cesse renouvelée depuis Saint-Louis et dont l’épisode le plus précis est l’expédition de 1860. Hélas ! Charles de Gaulle fut le dernier « souverain » français à accepter sans réticences ce noble héritage. Il a laissé la place – et toute l’amertume des chrétiens libanais se retrouve sous la plume des auteurs – aux technocrates et aux économistes, tenants d’une politique tour à tour pro-israélienne et pro-arabe. L’ultime déception est « le revirement spectaculaire de la politique du gouvernement français à partir de juin 1982 ». L’option idéologique du soutien à l’OLP, choisie tant par le parti socialiste que par le Quai d’Orsay, est douloureusement ressentie par les « libanistes », réduits à se tourner vers l’Amérique : « Il est donc permis de penser que le futur Liban – échaudé par l’attitude française – ne considérera plus la France comme son partenaire prioritaire et privilégié ». Annie Laurent et Antoine Basbous formulent en conclusion 3 hypothèses : tutelle israélienne, neutralité, balkanisation. Trois hypothèses pessimistes, on le voit, mais heureusement incertaines." (Claude Le Borgne, Revue Défense Nationale, 1983) — "Voilà un pays, le Liban, qui n'a jamais fait de mal à ses voisins, qui a le régime politique le plus libéral du monde arabe, qui a accueilli des réfugiés d'une dizaine d'origines. En échange de son innocuité, de sa générosité, depuis bientôt dix ans il est labouré, cisaillé, voire nié par ceux qui en bonne logique auraient intérêt à sauvegarder ce havre. Deux jeunes chercheurs, une Française, Annie Laurent, et un Libanais, Antoine Basbous, se sont retrouvés sur une idée commune : cette entité qui, sans être parfaite, a pu donner des leçons de démocratie et de tolérance à tout son entourage régional, mérite de se reconstituer et de durer. Aussi ont-ils dédié leur travail à ce "Liban auquel ils croient". La difficulté était de faire coexister deux ingrédients détonants : le cœur et la science politique. Ils n'y sont pas trop mal parvenus. Et après tout il n'est pas interdit d'aimer et de vouloir voir revivre cette minuscule nation de plus de trois millions d'habitants accrochant ses dix-sept confessions et ses quatre-vingts partis sur dix mille kilomètres carrés d'une rocaille conquise vingt fois, des pharaons à Tsahal en passant par les Arabes et les Français. Il n'est pas interdit de penser, non plus, que, sans la communauté maronite, à laquelle appartient Antoine Basbous, il n'y aurait pas eu de résistance libanaise digne de ce nom aux empiètements palestiniens ou aux faits accomplis syriens. Les auteurs ont le non-conformisme de penser que le nationalisme libanais, le "libanisme", développé autour du noyau maronite, donnerait aussi du fil à retordre au dernier en date des envahisseurs : l'Israélien – si celui-ci s'éternisait au Liban. C'est pour cela qu'ils ont mis comme sous-titre à leur ouvrage : "Le Liban entre le lion de Juda et le lion de Syrie". Le nom du dictateur syrien, El Assad, signifie "le lion" et Sadate l'avait surnommé ironiquement "le Lion de la Grande Syrie". Pour Damas tout est dans ces deux derniers mots, au mépris de la farouche tradition d'indépendance que les maronites opposèrent pourtant aux colonisateurs musulmans dès le septième siècle. Annie Laurent et Antoine Basbous illustrent avec force citations, entretiens et documents l'obsession unioniste de la Syrie. Un "État druze" ? L'invasion israélienne, qui a privé les Palestiniens de leur domaine sud-libanais, a réduit l'influence syrienne mais elle a aussi ajouté un occupant. Un occupant qui, on ne l'a pas assez souligné, n'a pas été au début accueilli comme tel par d'autres communautés, non chrétiennes, ainsi les musulmans chiites ou druzes. L'idée d'un "État druze" au Liban, naturellement sous "protection" israélienne, reste dans l'air malgré l'opposition du principal chef druze libanais Walid Joumblatt. Dans ce jeu, les grandes puissances essaient de placer leurs pions. Si les auteurs négligent trop les ambitions soviétiques et font exagérément confiance aux Américains pour remettre en selle le Liban, ils se livrent en revanche à une analyse qui ne néglige aucun détail des positions françaises, du général de Gaulle à M. François Mitterrand. Après avoir trouvé des similitudes entre l'attitude des deux hommes d'État, fondée sur le respect de l'intégrité libanaise, Annie Laurent et Antoine Basbous constatent une "déviation" en faveur des Palestiniens, due sans doute à l'influence du Quai d'Orsay, très peu libanophile sous M. Claude Cheysson. Nos deux jeunes chercheurs estiment que l'attitude passée de Paris se répercutera longtemps encore sur les intérêts français au Liban, notamment dans le domaine culturel. L'enjeu, là, n'est plus entre les deux lions voisins, mais entre le coq gaulois et l'Oncle Sam." (J.-P. Péroncel-Hugoz, Le Monde, 1983)

LOHÉAC (Lyne).

Daoud Ammoun et la création de l'Etat libanais.

Klincksieck, 1978, gr. in-8°, 199 pp, préface de Pierre Rondot, 12 pl. de photos hors texte, 4 cartes dont une dépliante en couleurs, un tableau généalogisue, 26 pp de documents en fac-similé en annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Prix littéraire France-Liban)

Une biographie de Daoud Ammoun (1867-1922), l’un des acteurs principaux de l’indépendance libanaise, qui a joué un rôle important entre 1910 et 1920 dans la définition du consensus libanais, à partir d'archives familiales et de documents inédits. L'auteur, petite-fille de Daoud Ammoun, docteur en histoire, nous donne un travail extrêmement précis sur une période peu connue, mais intéressante par les problèmes qui se posaient lors de la création de l'Etat libanais, problèmes qui continuent à se poser dans le Liban actuel.

MONTMIGNON (Abbé Jean-Baptiste).

Choix des Lettres édifiantes écrites des Missions Etrangères. Avec des additions, des notes critiques, et des observations pour la plus grande intelligence de ces lettres.

P., Maradan, 1808-1809, 8 vol. in-8°, cviii-400,lxiv-451,458,lxxxiv-568,lxxii-427,507,lxxxviii-490 et 509 pp, reliures plein veau marbré lég. épidermées, dos lisses très ornés, plats encadrés de filets dorés (reliure de l'époque). Bon exemplaire

Ouvrage contenant d'innombrables articles du plus grand intérèt, entre autres : Sur l'Afrique et l'esclavage, le Mexique, la Turquie, la Syrie, le commerce dans le Levant, la Perse, l'Empire Birman, la Chine, le Tonkin ainsi qu'un trés grand nombre de renseignements sur les moeurs et coutumes, les métiers, etc. Chaque mission est précédée d'un important tableau historique et géographique. Tomes I à III : Missions de la Chine. Précédé d'un tableau géographique de la Chine, de sa politique, des sectes religieuses, de la littérature, et de l'état actuel du christianisme chez ce peuple ; tome IV : Missions de l'Inde. Précédées du tableau historique de la découverte et de la conquête de l'Indostan, et des premiers établissemens portugais et français, dans cette contrée de l'Asie ; tome V et VI : Missions du Levant. Précédées d'une notice historique sur la vie de Mahomet, la religion, le génie, et les conquêtes de ce faux prophète ; tomes VII et VIII : Missions de l'Amérique. Précédées d'un tableau historique de la découverte du nouveau Monde, et des premiers établissemens des Espagnols, des Anglais et des Français, etc. (Chadenat, 4911).

RANDAL (Jonathan).

La Guerre de Mille Ans. Jusqu'au dernier chrétien, jusqu'au dernier marchand, la tragédie du Liban.

Grasset, 1984, in-8°, 324 pp, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

SALIBI (Kamal).

Une maison aux nombreuses demeures : L'identité libanaise dans le creuset de l'histoire.

Naufal, 1989, gr. in-12, 282 pp, traduit de l'anglais, une carte, index, broché, couv. illustrée, bon état

Kamal Salibi se penche à la lumière des connaissances modernes sur les mythes historiques fondant les visions conflictuelles de la nation libanaise des communautés de son pays. Il ne s'agit pas seulement d'une oeuvre pénétrante sur l'un des problèmes les plus ardus du Moyen-Orient, mais d'une étude brillamment conçue et élégamment écrite du phénomène du nationalisme. — "Réécrire l'histoire d'un pays comme le Liban n'est pas une tâche aisée. L'historien Kamal Salibi relève le défi et nous présente dans cet ouvrage une tentative heureuse d'un réajustement voire d'une réécriture de l'histoire d'un des pays les plus divisés du monde. L'auteur décrit avec beaucoup de soin le lien subtil qui unit tribalisme et religion dans l'histoire des différentes communautés. Au cours de cet essai sur le phénomène du nationalisme « à la libanaise », Kamal Salibi bouscule allègrement nombre d'idées reçues sur les origines et le passé du Liban. L'auteur met l'accent sur le rôle primordial des Maronites et des Druzes dans la constitution du Liban. Le grand apport de cet ouvrage tient en premier lieu à l'analyse lucide de l'époque moderne à la lumière des données de l'histoire. Ainsi, pour saisir le comportement et le positionnement de toutes les communautés dans le système libanais ou dans la guerre, il suffit selon Kamal Salibi de relire l'histoire et de mettre en évidence les liens des éléments locaux avec des acteurs régionaux et internationaux. Ces derniers ont contribué incontestablement à la genèse et à l'éclatement de l'Etat libanais." (Khattar Abou Diab, Politique étrangère, 1990)

VERDEIL (Chantal).

La Mission jésuite du Mont-Liban et de Syrie (1830-1864). (Thèse).

Les Indes savantes, 2011, gr. in-8°, 504 pp, biblio, index, sources, broché, couv. illustrée, bon état

Créée à Beyrouth dans le dernier quart du XIXe siècle, l’Université Saint-Joseph reste l’oeuvre la plus prestigieuse de la mission jésuite de Syrie. Ce « phare spirituel de la Méditerranée », selon l’expression de Maurice Barrès, symbolise à la fois son rayonnement, la présence française au Levant, et les rivalités entre les puissances occidentales au Proche-Orient. Cet ouvrage retrace la genèse de cet établissement en étudiant le développement de la mission jésuite au Mont-Liban puis en Syrie dans une période troublée, celle de la Question d’Orient, marquée notamment par l’occupation égyptienne et les massacres de 1860. De plus en plus nombreux, soutenus par la France impériale, les religieux de la Compagnie de Jésus ne cherchent pas à convertir les musulmans et se consacrent surtout à l’instruction, religieuse et profane, des catholiques orientaux. Leur action s’inscrit ainsi dans l’histoire des différentes Églises chrétiennes du Proche-Orient et plus généralement dans celle de l’empire ottoman.