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ABOUSSOUAN (Camille)(dir.).

L'architecture libanaise du XVe au XIXe siècle. Le bonheur de vivre.

Beyrouth, Liban, Les Cahiers de l'Est, 1985, in-4°, 392 pp, nombreuses illustrations et photos, dans le texte et à pleine page, dont 68 en couleurs, broché, couv. illustrée à rabats, un coin rogné, état correct, envoi a.s. de Camille Aboussouan

Une vue d'ensemble de l’architecture au Liban depuis les origines. Ouvrage publié avec l'assistance du Fond International pour la Promotion de la Culture de l'UNESCO et du Musée Nicolas Ibrahim Sursock de Beyrouth.

AMMOUN (Denise).

Histoire du Liban contemporain. Tome 1 : 1860-1943.

Fayard, 1997, gr. in-8°, 528 pp, une carte, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Soumis depuis l’Antiquité à de multiples dominations étrangères et en dernier lieu à celle des Turcs, le Liban voit s’éveiller un sentiment particulariste dès le XIXe siècle. Ainsi une partie de la population, refusant la conquête de la Syrie et du Liban par l’Egypte de Méhemet Ali, se soulève-t-elle en 1840. Une période de troubles débouche sur les massacres de 1860 et provoque l’intervention des puissances européennes. La paix est rétablie, mais le Liban est réduit à sa Montagne. Au Levant, chez les chrétiens comme chez les musulmans, le nationalisme se développe à mesure que décline la puissance du sultan ottoman : l’action souterraine des sociétés secrètes se conjugue avec la lutte ouverte de groupes politiques ou intellectuels formés par des émigrés établis au Caire, à Paris ou en Amérique. Les nationalistes entendent en revenir aux « frontières historiques » du pays. En 1919, quand la Porte – qui fait partie des vaincus de la Première Guerre mondiale – se voit éliminée des pays arabes par la conférence de la paix, et quand Londres et Paris se partagent l’« influence » au Proche-Orient, un « Grand Liban » est créé et placé sous mandat français. Une nouvelle bataille commence alors, à l’intérieur même du pays, entre ceux qui soutiennent le nouveau régime et ceux qui veulent le rattachement à la Syrie. Le rejet du mandat et la revendication de l’indépendance apparaissent quelques années plus tard. La Seconde Guerre, la défaite française, le conflit entre Vichy et la France libre, enfin la rivalité de celle-ci avec la Grande-Bretagne accélèrent et favorisent la fusion des diverses composantes – politiques, religieuses, etc. – de la nation libanaise pour aboutir à la pleine souveraineté en 1943. Nourri des travaux historiques les plus solides et éclairé par les dizaines d’entretiens obtenus par l’auteur durant les années 1970 et 1980 de la plupart des grands acteurs de cette histoire, cet ouvrage constitue un récit précis et vivant, riche en détails inédits, de la marche du Liban vers l’indépendance.

CORM (Georges).

Géopolitique du conflit libanais. Etude historique et sociologique.

La Découverte, 1986, in-8°, 260 pp, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Cahiers libres)

Economiste et sociologue libanais, l'auteur propose une analyse globale de la guerre du Liban, tenant compte la fois de facteurs locaux, régionaux et internationaux. Il la situe dans le prolongement de la question d'Orient du XIXe siècle, générée par la décadence de Empire Ottoman et les problèmes de partage de ses territoires occupés depuis plusieurs siècles par des populations d'une grande diversité ethnique et religieuse. "Depuis 1975, la mort et le déracinement ne cessent de frapper les Libanais de toutes les communautés. Voitures piégées, enlèvements, disparitions, bombardements aveugles de quartier, déplacements forcés de population : face à ces crimes contre l'humanité, nombre de médias et hommes politiques des démocraties libérales semblent depuis longtemps avoir démissionné. Comme si la violence libanaise était le produit mystérieux d'une barbarie dont nul n'est responsable, ni les grandes puissances, ni Israël et les pays arabes, ni les chefs de guerre libanais, à moins qu'on ne l'explique par la dichotomie simpliste qui opposerait "chrétiens" et "musulmans". Prenant clairement le contre-pied de ces approches unilatérales et partisanes, Georges Corm s'est attaqué de front dans ce livre à la causalité complexe du conflit : Géopolitique du conflit libanais est le premier ouvrage offrant une information complète sur les données historiques et sociologiques de la question libanaise, dans leurs aspects locaux, régionaux et internationaux. L'auteur brosse ainsi le tableau des problèmes complexes posés par la fin de l'Empire ottoman et la lutte qui s'ensuivit pour le contrôle de cette région stratégique. Il met à jour les ressorts du jeu subtil mené aujourd'hui par les grandes puissances et les différentes forces régionales, en particulier celles de l'exclusivisme et du fondamentalisme religieux, d'Israël à la monarchie séoudienne et à la révolution iranienne. Georges Corm se livre également à une analyse très fine du comportement des communautés, des conflits qui les traversent et les opposent, dans ce qu'il appelle la "culture de la discorde". L'ouvrage compte bien d'autres clés d'analyse qui font tomber l'un après l'autre les clichés monotones que l'on entend sur le Liban. Un travail serein et salutaire pour les journalistes, diplomates, responsables politiques et tout homme de bonne volonté qui voudrait comprendre e ne plus se taire sur les crimes odieux commis au Liban au nom de la justice laïque et des morales dites religieuses."

CORM (Georges).

L'Europe et l'Orient. De la balkanisation à la libanisation : histoire d'une modernité inaccomplie.

La Découverte, 1991, in-8°, 385 pp, broché, bon état (Coll. Textes à l'appui)

Ce livre propose une enquête historique en profondeur sur les causes des conflits qui déchirent le Proche-Orient depuis plusieurs décennies. Au départ de cette enquête, un constat : l'étonnant parallélisme entre le processus de violence né en Europe centrale avec la "balkanisation" de la fin du XIXe siècle et celui qui caractérise aujourd'hui la "libanisation" du Machrek. En mobilisant une documentation historique considérable, trop souvent oubliée, Georges Corm montre que ces deux processus ont une origine commune : le déclin puis l'effondrement des empires multiethniques – l'Empire austro-hongrois, l'Empire ottoman et celui des tsars –, sous l'effet de la montée en puissance des Etats-nations modernes. Cette analyse, nourrie notamment des travaux de Hannah Arendt, permet à l'auteur de porter un regard neuf sur les bouleversements nés du choc de la modernité européenne dans l'Orient contemporain : intrusion du wahabisme et du sionisme qui conduit à la création de l'Arabie saoudite et de l'État d'Israël, mutations sociales qui traversent les élites dirigeantes du Machrek, révolution palestinienne et éclatement du Liban pluraliste... Elle lui permet aussi de faire une critique radicale de la nouvelle école française d'orientalisme, pour laquelle l'islamisme constitue trop souvent la clé d'explication unique des événements du Proche-Orient.

COULAND (Jacques).

Le Mouvement syndical au Liban (1919-1946). Son évolution pendant le mandat français de l'occupation à l'évacuation et au Code du travail. Préface de Jacques Berque.

P., Editions Sociales, 1970, in-8°, 453 pp, une photo hors texte, une carte, biblio, index, bon état

DERRIENNIC (Jean-Pierre).

Le Moyen-Orient au XXe siècle. Sociétés politiques et relations internationales.

Armand Colin, 1983, gr. in-8°, 282 pp, 2e édition augmentée, 11 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U)

DUCROT (Général Auguste Alexandre).

La Vie militaire du général Ducrot, d'après sa correspondance (1839-1871), publiée par ses enfants.

Plon, 1895, 2 vol. in-8°, iv-466 et 477 pp, deuxième édition, 3 portraits gravés (Ducrot en 1839 et en 1870, Joseph Karam) et une carte du Liban en couleurs dépliante hors texte, brochés, C de bibl., bon état

Cet ouvrage rassemble la correspondance importante du général de 1838 à 1870 (parfois une lettre par jour durant les campagnes qu'il effectue). Ducrot est engagé en Algérie de 1838 à 1851, dans la Baltique en 1854, puis en Italie. Il commande ensuite l'expédition de Syrie, puis un Corps d'armée en 1870. Il commande brièvement l'armée à Sedan. Evadé, il rejoint Paris, mais ses souvenirs du siège ne sont pas détaillés. — "Chacun connaît la brillante carrière du général Ducrot et la part qu'il prit à la préparation de la guerre franco-allemande, puis à cette guerre elle-même ; mais suivre pas à pas, jour par jour, toute la vie militaire du général ; être guidé par lui-même dans les méandres d'une existence des plus actives, voilà la rare fortune qui nous est offerte par ce livre. En 1839, 1840, 1841, 1842, le sous-lieutenant Ducrot est en Algérie ; après un court repos, il repart en 1843 ; c'est en cette année, au mois de mai, qu'il appuie avec ses hommes la cavalerie du duc d'Aumale à la poursuite de la smalah d'Abd-el-Kader. En 1845 et pendant les années suivantes, nous assistons aux poursuites exécutées contre Abd-el-Kader lui-méme, en une série de coups de main heureux, dans lesquels le capitaine Ducrot joua un rôle des plus importants, comme chef des affaires indigénes du général Yusuf... En 1859, il est en Italie... En 1860, le général Ducrot fait partie de l'expédition envoyée en Syrie pour la défense des populations chrétiennes du Liban. Il envoie, le 13 septembre, une courte mais curieuse description de Malte. Il donne des détails sur le rôle de la France dans ces événements si compliqués d'Orient. Ses lettres sont, pleines d'aperçus intéressants, de vues larges et étendues. Le deuxième volume débute par la constatation des faiblesses du second Empire en Syrie, de 1860 à 1862, puis nous montre le général à Nevers, de 1861 à 1864. En 1864, le général Ducrot fut envoyé de nouveau en Algérie, où venait d'éclater l'insurrection de Si-Hamga ; les années 1864 et 1865 se passent à guerroyer. Le général voyait clairement comment il fallait, pour en finir, organiser le pays. Les propositions qu'il fit alors à l'empereur à ce sujet ont servi de base à l'organisation actuellement en vigueur... Le 20 juillet 1870, le général Ducrot insiste auprès du maréchal de Mac-Mahon pour qu'une ou deux têtes de pont soient établies sur la rive droite du Rhin, à Kehl, à Vieux-Brisach. Le maréchal repousse ces propositions, qui cependant auraient pu changer la face des choses en permettant l'offensive par la droite pendant la mobilisation des Allemands. Le 6 août, à la première heure, le général Ducrot fit tout ce qu'il put, d'accord avec le général Raoult, commandant la 2e division du 1er corps (dont le général Ducrot commandait la 1ère, pour déterminer le maréchal de Mac-Mahon à porter le corps d'armée le dos aux Vosges, pour livrer bataille sans que la disproportion des forces fût aussi préjudiciable ; ils y arrivaient quand, l'ennemi attaquant, le maréchal changea d'avis..." (Revue des Questions historiques, 1896)

FRANCOS (Ania).

Les Palestiniens.

Julliard, 1968, in-8°, 318 pp, brève biblio, chronologie, cart. éditeur, jaquette illustrée, marques au crayon dans les marges, qqs soulignures stylo, bon état

GEIGER (André).

En Syrie et au Liban.

Grenoble, P., Arthaud, 1942, gr. in-8° carré, 226 pp, 220 illustrations en héliogravure dans le texte et à pleine page, une carte dépliante volante, broché, couv. rempliée illustrée par Marius Hubert-Robert, bon état (Coll. Les Beaux Pays)

GEIGER (André).

En Syrie et au Liban.

Grenoble, Arthaud, 1942, gr. in-8°, 226 pp, 220 héliogravures imprimées en sépia, une carte dépliante hors texte, reliure demi-basane noire, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée par Marius Hubert-Robert et dos conservés, bel exemplaire (Coll. Les Beaux pays)

KHOURI (Dr. Robert).

La Médecine au Liban, de la Phénicie à nos jours.

Beyrouth, Editions ABCD, s.d. (1987), gr. in-8°, 268 pp, 18 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

LESCOURRET (Marie-Anne).

Emmanuel Levinas.

Flammarion, 1994, gr. in-8°, 415 pp, 16 pl. de photos hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

Plus que discret durant sa longue vie, Emmanuel Levinas est pourtant une figure centrale de la pensée contemporaine : introducteur de la phénoménologie en France, il articule les traditions philosophiques juive et grecque, les traditions religieuses judaïque et chrétienne ; enfin, il incarne la continuité de la pensée éthique. Il est né en 1906 dans la Lituanie encore russe où survivait un judaïsme réfractaire aux sirènes du hassidisme et qui donna naissance à l'une des cultures les plus vivaces de l'Europe de l'Est. Il en part pour la France, le pays des Lumières. Il étudie à Strasbourg qui attire alors les jeunes gloires de l'intelligentsia française et y rencontre Maurice Blanchot avec lequel il lie sa plus longue amitié. De l'autre côté du Rhin, à Fribourg, il ira écouter l'enseignement de Husserl puis de Heidegger. Engagé volontaire en 1939, il fait quatre ans de captivité cependant que sa famille lituanienne est décimée. À son retour, il est nommé directeur de l'École normale israélite orientale et participe aux débuts du Colloque des intellectuels juifs de langue française. Avec Jean Wahl et Gabriel Marcel, il est du Collège philosophique et des vendredis de la rue de Tournon. En 1961, sa thèse d'État, "Totalité et Infini", marque son entrée dans l'université. Il connaît Nanterre en 1968, puis la Sorbonne. Ricœur, Garoudy, Jankélévitch, Sartre sont ses partenaires, mais, avec la présentation ambiguë que Jacques Derrida fit de sa pensée, ce sont en premier lieu les chrétiens, jusqu'à Jean-Paul II, qui assureront sa renommée...

LOHÉAC (Lyne).

Daoud Ammoun et la création de l'Etat libanais.

Klincksieck, 1978, gr. in-8°, 199 pp, préface de Pierre Rondot, 12 pl. de photos hors texte, 4 cartes dont une dépliante en couleurs, un tableau généalogisue, 26 pp de documents en fac-similé en annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Prix littéraire France-Liban)

Une biographie de Daoud Ammoun (1867-1922), l’un des acteurs principaux de l’indépendance libanaise, qui a joué un rôle important entre 1910 et 1920 dans la définition du consensus libanais, à partir d'archives familiales et de documents inédits. L'auteur, petite-fille de Daoud Ammoun, docteur en histoire, nous donne un travail extrêmement précis sur une période peu connue, mais intéressante par les problèmes qui se posaient lors de la création de l'Etat libanais, problèmes qui continuent à se poser dans le Liban actuel.

MONTMIGNON (Abbé Jean-Baptiste).

Choix des Lettres édifiantes écrites des Missions Etrangères. Avec des additions, des notes critiques, et des observations pour la plus grande intelligence de ces lettres.

P., Maradan, 1808-1809, 8 vol. in-8°, cviii-400,lxiv-451,458,lxxxiv-568,lxxii-427,507,lxxxviii-490 et 509 pp, reliures plein veau marbré lég. épidermées, dos lisses très ornés, plats encadrés de filets dorés (reliure de l'époque). Bon exemplaire

Ouvrage contenant d'innombrables articles du plus grand intérèt, entre autres : Sur l'Afrique et l'esclavage, le Mexique, la Turquie, la Syrie, le commerce dans le Levant, la Perse, l'Empire Birman, la Chine, le Tonkin ainsi qu'un trés grand nombre de renseignements sur les moeurs et coutumes, les métiers, etc. Chaque mission est précédée d'un important tableau historique et géographique. Tomes I à III : Missions de la Chine. Précédé d'un tableau géographique de la Chine, de sa politique, des sectes religieuses, de la littérature, et de l'état actuel du christianisme chez ce peuple ; tome IV : Missions de l'Inde. Précédées du tableau historique de la découverte et de la conquête de l'Indostan, et des premiers établissemens portugais et français, dans cette contrée de l'Asie ; tome V et VI : Missions du Levant. Précédées d'une notice historique sur la vie de Mahomet, la religion, le génie, et les conquêtes de ce faux prophète ; tomes VII et VIII : Missions de l'Amérique. Précédées d'un tableau historique de la découverte du nouveau Monde, et des premiers établissemens des Espagnols, des Anglais et des Français, etc. (Chadenat, 4911).

MOUKARZEL (Roger).

Trait Portrait.

Beyrouth, Chez l'auteur, 1999, in-4° à l'italienne, 144 pp, très nombreuses photographies en couleurs, reliure toile bleue éditeur, jaquette illustrée (très lég. abîmée), bon état, envoi a.s. Edition originale de ce recueil de portraits de Druzes et de Maronites libanais.

NANTET (Jacques).

Histoire du Liban.

Téqui, 1989, in-8°, 364 pp, biblio, envoi a.s.

RANDAL (Jonathan).

La Guerre de Mille Ans. Jusqu'au dernier chrétien, jusqu'au dernier marchand, la tragédie du Liban.

Grasset, 1984, in-8°, 324 pp, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

SALIBI (Kamal).

Histoire du Liban du XVIIe siècle à nos jours.

Naufal, 1992, in-8°, 349 pp, traduit de l'anglais, 2 cartes, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

"Pour mieux comprendre le Liban, petit pays à grands problèmes, mosaïque de communautés ayant chacune ses structures, sa sensibilité et son histoire, voici enfin en langue française, le livre de référence sur l'histoire du Liban du XVIIe siècle à nos jours. Rédigé par un des plus éminents spécialistes de l'histoire du Liban et du Moyen-Orient, le professeur Kamal Salibi de l'Université Américaine de Beyrouth, cet ouvrage a été universellement salué pour son objectivité et son sens des nuances dans l'analyse historique comme dans le style. Il offre une vue claire et précise de l'histoire d'un pays qui fait la une des journaux depuis plus d'une décennie."

SALIBI (Kamal).

Une maison aux nombreuses demeures : L'identité libanaise dans le creuset de l'histoire.

Naufal, 1989, gr. in-12, 282 pp, traduit de l'anglais, une carte, index, broché, couv. illustrée, bon état

Kamal Salibi se penche à la lumière des connaissances modernes sur les mythes historiques fondant les visions conflictuelles de la nation libanaise des communautés de son pays. Il ne s'agit pas seulement d'une oeuvre pénétrante sur l'un des problèmes les plus ardus du Moyen-Orient, mais d'une étude brillamment conçue et élégamment écrite du phénomène du nationalisme. — "Réécrire l'histoire d'un pays comme le Liban n'est pas une tâche aisée. L'historien Kamal Salibi relève le défi et nous présente dans cet ouvrage une tentative heureuse d'un réajustement voire d'une réécriture de l'histoire d'un des pays les plus divisés du monde. L'auteur décrit avec beaucoup de soin le lien subtil qui unit tribalisme et religion dans l'histoire des différentes communautés. Au cours de cet essai sur le phénomène du nationalisme « à la libanaise », Kamal Salibi bouscule allègrement nombre d'idées reçues sur les origines et le passé du Liban. L'auteur met l'accent sur le rôle primordial des Maronites et des Druzes dans la constitution du Liban. Le grand apport de cet ouvrage tient en premier lieu à l'analyse lucide de l'époque moderne à la lumière des données de l'histoire. Ainsi, pour saisir le comportement et le positionnement de toutes les communautés dans le système libanais ou dans la guerre, il suffit selon Kamal Salibi de relire l'histoire et de mettre en évidence les liens des éléments locaux avec des acteurs régionaux et internationaux. Ces derniers ont contribué incontestablement à la genèse et à l'éclatement de l'Etat libanais." (Khattar Abou Diab, Politique étrangère, 1990)

VERDEIL (Chantal).

La Mission jésuite du Mont-Liban et de Syrie (1830-1864). (Thèse).

Les Indes savantes, 2011, gr. in-8°, 504 pp, biblio, index, sources, broché, couv. illustrée, bon état

Créée à Beyrouth dans le dernier quart du XIXe siècle, l’Université Saint-Joseph reste l’oeuvre la plus prestigieuse de la mission jésuite de Syrie. Ce « phare spirituel de la Méditerranée », selon l’expression de Maurice Barrès, symbolise à la fois son rayonnement, la présence française au Levant, et les rivalités entre les puissances occidentales au Proche-Orient. Cet ouvrage retrace la genèse de cet établissement en étudiant le développement de la mission jésuite au Mont-Liban puis en Syrie dans une période troublée, celle de la Question d’Orient, marquée notamment par l’occupation égyptienne et les massacres de 1860. De plus en plus nombreux, soutenus par la France impériale, les religieux de la Compagnie de Jésus ne cherchent pas à convertir les musulmans et se consacrent surtout à l’instruction, religieuse et profane, des catholiques orientaux. Leur action s’inscrit ainsi dans l’histoire des différentes Églises chrétiennes du Proche-Orient et plus généralement dans celle de l’empire ottoman.