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ALAIME (Raymond).

Correspondance d'un artilleur mathématicien prisonnier au camp de Plauen (Saxe), 1940-1943.

Ives Rauzier, 2017 in-8°, 248 pp, un portrait en frontispice, 12 photos et 38 fac similés dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

Lorsque la guerre éclate, Raymond Alaime, professeur de mathématiques, doit rejoindre son régiment d’artillerie. Il entame une correspondance régulière avec son épouse. En mai 40, après quelques combats dans les Ardennes, Raymond doit abandonner sa pièce d’artillerie. Le 15 mai, il est fait prisonnier. De longues marches puis un train, le conduisent au camp de Plauen. Une autre vie commence rythmée par le courrier, l'incertitude sur son sort et un climat très rigoureux. Cette correspondance est un témoignage riche sur la vie quotidienne d’un prisonnier militaire qui occupa un poste original au sein du camp de travail.

BENOIST-MÉCHIN (Jacques).

La Moisson de Quarante. Journal d'un prisonnier de guerre.

Albin Michel, 1942, in-8°, 378 pp, broché, bon état

Journal de captivité dans le camp de prisonniers de Voves en Vendée en 1940. Le 26 juin 1940, après la capitulation, le camp reçoit des prisonniers de guerre français dont le comédien Jean Lefèvre et Jacques Benoist-Mechin, futur ministre du gouvernement de Pétain. Arrêté à la Libération pour ses opinions favorables au nazisme, Benoist-Méchin sera condamné à mort en 1947, sentence commuée en travaux forcés. Il sera libéré de Clairvaux en 1954. — "Pour la génération de la seconde guerre mondiale, Jacques Benoist-Méchin, c'est l'auteur de l'Histoire de l'Armée allemande et d'Eclaircissements sur « Mein Kampf ». C'est également un des ministres du gouvernement de Vichy et l'un des plus actifs et ardents défenseurs de la politique de collaboration avec l'Allemagne, politique qu'il préconise dès la fin de la « drôle de guerre » dans La Moisson de Quarante." (Yves Avril) — "La moisson de Quarante est l'œuvre d'un des rares libérés, sinon le seul, du camp de Voves (Eure-et-Loir), Benoist-Méchin." (Jean Vidalenc, Revue Historique)

BETZ (Maurice).

Dialogues des prisonniers, 1940.

Emile-Paul, 1940, in-12, 186 pp, broché, couv. piquée, bon état

"A mes camarades du Camp de Prisonniers de X..., ces réflexions sur une guerre perdue qui ont formé la trame de tant de nos conversations, lorsque nous confrontions nos songes outragés et nos illusions flétries avec notre peine présente et nos vaines colères."

BILALIAN (Daniel).

Les Évadés. Les exploits des prisonniers français au cœur du IIIe Reich.

Presses de la Cité, 1979, in-8°, 268 pp, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

Précipités par la débâcle de 40 dans les camps allemands, transformés en main-d'oeuvre corvéable à merci, des dizaines de milliers de prisonniers français ont choisi de ne pas subir l'esclavage nazi. Au péril de leur vie, ils ont franchi les barbelés, creusé des tunnels, sauté de trains en marche... Pour tromper les gardes de forteresses inexpugnables, ils ont imaginé les plus invraisemblables stratagèmes. Ils se sont déguisés en fantassins allemands, en jolies Gretchens, voire en croque-morts. Ils ont traversé des campagnes hostiles, gravi les montagnes, franchi des fleuves à la nage. Ils ont connu la faim et la soif, les geôles disciplinaires – certains en sont morts. Fous de liberté, ils n'ont pas cessé de combattre aux quatre coins de l'Europe depuis les premières heures de la défaite, en juin 1940, jusqu'aux ultimes jours de mai 1945. “Les Evadés” n'est pas seulement un livre sur la Seconde Guerre mondiale. C'est aussi et surtout un roman d'aventures vécues, le récit du courage quotidien et anonyme. C'est enfin un hommage rendu à ces héros oubliés, qui, prisonniers au coeur du Ille Reich, ont sauvé l'honneur français.

BLANCHET (Eugène Louis).

En représailles.

Payot et Cie, 1918, in-12, 205 pp, préface de Benjamin Vallotton, 9 illustrations (6 planches hors texte et 3 dessins dans le texte), broché, couv. illustrée par Jean-Pierre Laurens (lég. salie), bon état

"Un intellectuel, promené à travers tous les bagnes que les Allemands avaient imaginés pour dompter l'énergie morale des prisonniers de marque et pour amener les Alliés à accepter des conditions de paix ignominieuses, décrit le douloureux calvaire auquel il fut soumis avec ses compagnons de captivité. Qu'il soit question des travaux dans les marais, du « camp des Moustiques », des solitudes glacées, où le Prussien obligeait les prisonniers à remplir des sacs de sable dont le contenu était ensuite méthodiquement jeté dans la Baltique, on est profondément ému à la lecture de ces pages qui nous laissent l'impression, non d'un acte implacable d'accusation, mais d'un chapitre d'histoire effrayant par les faits qu'il dévoile. Dans l'antiquité, l'esclave travaille pour vivre ; en Allemagne, le captif est scientifiquement condamné à la mort. Que sont les souffrances révélées par la « Case de l'oncle Tom », ce livre de chevet de notre enfance qui nous fit pleurer, à côté de la peine du poteau, de la fusillade en masse, de la propagation du typhus et du choléra, un certain nombre de « contaminés » étant mis dans les camps, de ces tortures épouvantables, plus cruelles que le pire des tourments imaginés par les Achéménides ou par les Chinois, et qui consistent à faire espérer jusqu'au bout soit la visite sanitaire, soit même le départ pour la Suisse, puis à refuser au dernier moment cette perspective d'affranchissement suprême ? L'ouvrage de M. Blanchet est un document accablant que l'on doit répandre afin de révéler au public ce que fut l'Allemagne dans sa laideur inexpiable." (Revue Historique, 1919)

BLANCHIN (Léon, blessé rapatrié).

Chez eux. Souvenirs de guerre et de captivité.

Delagrave, 1916, in-12, 180 pp, modeste reliure demi-toile noire époque, dos muet, état correct

"Ces souvenirs écrits très simplement nous donnent bien, je crois, l’impression de ce que peuvent souffrir des blessés faits prisonniers. L’auteur n’est pas un écrivain, il raconte ce qu’il a vu en toute sincérité. Son livré est un témoignage qui mérite d’être recueilli." (Revue pédagogique, 1916)

BLANCHIN (Léon, blessé rapatrié).

Chez eux. Souvenirs de guerre et de captivité.

Delagrave, 1916, in-12, 180 pp, qqs illustrations dans le texte, broché, bon état

"Ces souvenirs écrits très simplement nous donnent bien, je crois, l’impression de ce que peuvent souffrir des blessés faits prisonniers. L’auteur n’est pas un écrivain, il raconte ce qu’il a vu en toute sincérité. Son livré est un témoignage qui mérite d’être recueilli." (Revue pédagogique, 1916)

BRAS (Georges).

Le Prix de la liberté.

Carcassonne, chez l'auteur, 1964, pt in-8°, 150 pp, un plan hors texte, broché, couv. illustrée par Max Savy exemplaire de bibliothèque, avec couv. plastifiée et cachets, bon état. Peu courant

Récit d'une évasion de l'Oflag V A, près du village de Weinsberg, en 1940.

BUGEAUD (Pierre).

Militant prisonnier de guerre. Une bataille pour l'histoire. Préface de Pierre Gascar.

Nouvelles Editions du Pavillon/L'Harmattan, 1990, in-8°, 307 pp, 8 pl. de photos hors texte, index, broché, bon état, envoi a.s. Souvenirs de 1940 à 1958 : En captivité, Avec le MNFGD dans la Résistance, Après la Libération, Naissance de la Fédération nationale, La Fédération nationale des Prisonniers de guerre de 1945 à 1958.

CARAMINOT (Pierre) et André MASSON.

Deux messages des camps. Pour une mystique française, par Pierre Caraminot, Oflag IV D – Vous et nous, par André Masson, Stalag V A.

Plon, 1942, in-12, iii-85 pp, broché, bon état. On joint un feuillet de souscription aux “Cahiers des captifs”

« La collection des “Cahiers des captifs”, qui compte jusqu'ici deux volumes, est destinée à la publication des réflexions et des témoignages que les prisonniers français en Allemagne désirent porter à la connaissance de leurs compatriotes. » — Ces deux textes, l'un porté par l'espoir et l'autre par l'amertume, sont signés par deux prisonniers de camps pendant la Deuxième guerre mondiale : à l'oflag IV D pour le premier, et au stalag V C pour le second. — "Une nostalgie accentuée par le syndrome de l’absence hanta par la suite les prisonniers. Certains, en relation avec l’idéologie de la Révolution nationale, pensèrent leur captivité comme une expérience de guerre les dotant de l’autorité morale nécessaire pour diriger le redressement national." (Luc Capdevila, L'identité masculine et les fatigues de la guerre, 1914-1945)

CARDINAUD (Docteur Roger).

Médecin en captivité. Mémoires (août 1939 - septembre 1943).

La Rochelle, Rumeur des Âges, 1990, gr. in-8°, 125 pp, préface du docteur André Soubiran, broché, couv. illustrée, bon état

Après la "drôle de guerre" vécue dans les Vosges et en Alsace, l'auteur, déporté en Allemagne au titre du service de santé, raconte comment il contribua à rapatrier en France de nombreux prisonniers.

CHARPAUX (Marcel).

Notre Croisade. Essai.

P., Editions du Triptyque, 1932, pt in-8°, 108 pp, nombreux croquis de l'auteur dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, un des 1000 ex. numérotés sur papier alfa

Récit de captivité d'un soldat français capturé en août 1914.

CHRISTOPHE (Robert).

Les années perdues. Journal de guerre et de captivité 1939-1945.

Parçay-sur-Vienne, Editions Anovi, 2008, gr. in-8°, 320 pp, qqs fac-similés dans le texte, 28 pl. hors texte (reproduction de la plaquette très illustrée “Comment fut réalisé Sous le Manteau” (1949), broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

Un témoignage hors du commun sur la captivité en 1940-45. Homme de lettres et historien, Robert Christophe est mobilisé en août 1939, comme lieutenant. Après avoir vécu la "Drôle de Guerre" au camp de Mourmelon (Marne), il est affecté à l'intendance d'Amiens, lorsque la Wehrmacht attaque à l'Ouest, le 10 mai 1940. Une retraite épique le conduit avec ses camarades près de Nantes, où il est capturé le 21 juin. Commencent alors cinq longues années de privations et d'incertitudes, derrière les barbelés. D'abord interné dans le séminaire de Laval, le lieutenant Christophe est transféré au Stalag XIII D de Nuremberg, puis à l'Oflag XVII A d'Edelbach (Autriche). Sa captivité se termine au camp disciplinaire X C de Lübeck, d'où il part à la recherche de sa femme et de sa fille, déportées à Bergen-Belsen. Membre du réseau de résistance de l'Oflag XVII A, le lieutenant Christophe participe également à l'une des aventures les plus rocambolesques de la seconde guerre mondiale : la réalisation du film "Sous le Manteau", un véritable reportage sur l'existence dans les camps, réalisé avec des moyens de fortune, au nez et à la barbe des gardiens. Témoin sans concessions, Robert Christophe livre dans son journal une vision des années noires souvent étonnante, mais toujours pertinente.

CHRISTOPHE (Robert).

Les flammes du Purgatoire. Histoire des prisonniers de 1940.

France-Empire, 1979, gr. in-8°, 261 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. à rabats, bon état

DEBRIS (Jean-Pierre) et André MENRAS.

Rescapés des bagnes de Saigon. Nous accusons.

Editeurs français réunis, 1973, in-12, 224 pp, préface de Louis Martin-Chauffier, 12 pl. de photos hors texte., broché, bon état

Les auteurs, coopérants français au Sud-Vietnam, ont déployé le 25 juillet 1970 le drapeau du Front national de libération (FNL) en plein centre de Saïgon, face à la Chambre des députés. Attroupement, insultes, vociférations des soldats et des policiers, passage à tabac, arrestation, torture, prison, procès. Verdict : trois et quatre ans de prison. Libérés au bout de deux ans et demi grâce à une mobilisation menée par le Secours populaire français, les auteurs témoignent de l'horreur des prisons sud-vietnamiennes dans ce livre. 200.000 exemplaires vendus. Les inhumaines cellules «cages de tigre» du bagne de Poulo Condor font le tour du monde grâce à une dizaine de traductions. Beaucoup dans les pays de l'Est. A son retour, André Menras a adhéré au Parti communiste, «pour ses positions sur l'anticolonialisme». Puis il a sillonné la planète, invité d'honneur de ces congrès pour la «paix», dont on sait aujourd'hui qu'ils devaient beaucoup à la stratégie de propagande soviétique en direction des pays occidentaux...

DIAMANT BERGER (Lucien).

Prisons tragiques, prisons comiques, prisons grivoises.

Monte-Carlo, Raoul Solar, 1947, gr. in-8°, 308-(10) pp, préface d'André Gillois (pseud. de Maurice Diamant-Berger, frère de l'auteur), 4 pl. hors texte, illustrations et fac-similés dans le texte, 10 pp d'index, broché, bon état

"Chirurgien dans une clinique parisienne, Lucien Diamant-Berger est convoqué par les autorités d'occupation à la suite d’un trafic illicite de cinq bidons d'essence dont il n'était ni l'acteur ni l'instigateur. Arrêté le 29 mars 1941, il est très lourdement condamné le 30 avril par un tribunal militaire allemand à quatre ans de prison. Abasourdi par une situation qu'il comprend à peine : l'arrestation, l'incarcération à la Santé, le procès (en langue allemande), l'incurie de ses avocats, Lucien Diamant-Berger ne trouve qu'une explication : "l'activité radiophonique de [s]es frères" (p. 13) et son statut de juif auraient ainsi décidé de son sort. Il est de suite remis à l'administration française de la prison de Fresnes où son métier va considérablement influer sur son sort. Sa santé déclinante et son affaiblissement général le conduisent à l'infirmerie et, une fois rétabli, il y reste comme médecin, soignant aussi bien les détenus que les gardiens qui lui permettent de circuler "librement" dans la prison. S'il choisit dans un premier temps de se remémorer ce qu'il a vécu jusqu'alors (notamment à travers des poèmes et des chansons), il peut ensuite, grâce à sa situation privilégiée, écrire un journal de juin 1942 au 29 juillet 1943. De lecture agréable, le foisonnement des descriptions de sa vie quotidienne et la richesse des portraits offrent ainsi une restitution très précise de la vie à Fresnes en 1942-1943, où se mêlent des détenus de toute sorte arrivés ici pour des raisons diverses : résistance civile (propos antiallemands, diffusion de tracts, port de cocardes tricolores, aide aux soldats alliés, etc.) mais aussi des dénonciateurs, des droits communs ou des espions. Il ne manque pas d'expliquer le fonctionnement de l'infirmerie, le dévouement des sœurs religieuses (notamment de Sœur Joséphine) et les nombreux trafics et pots-de-vin entre détenus et gardiens. Cet enfermement, somme toute supportable, s'interrompt brusquement le 29 juillet 1943 lorsqu’en deux heures il est remis aux autorités allemandes et dirigé vers l'Allemagne le lendemain. Conduit avec un petit groupe de Français, il fait halte quatre jours à la prison de Mannheim puis à celle de Ludwigshafen avant de rejoindre la prison de Sarrebruck. Son dossier portant le mot "fatidique" de "jude" (p. 239), Lucien Diamant-Berger reçoit une veste avec une étoile jaune et, à son grand désespoir, est conduit dans une cellule d'isolement où "en aucun coin de la pièce il n'était possible de se tenir debout" (p. 239). Conduit par la suite à la prison de la ville de Deux-Ponts, il est enfermé avec les jeunes alors que les autres détenus, astreints au travail forcé, sont amenés à sortir souvent de la prison. Quant à lui, il est employé comme sellier-bourrelier et, parce qu'il est juif, ne reçoit aucune cigarette, est privé de douche, de promenade avec les autres et subit les pires brimades des gardiens. À partir du printemps 1944, le détenu reprend espoir comme beaucoup d'autres à l'attente de la Libération. La multiplication des bombardements conduit à l'évacuation de la prison vers celle de Bayreuth en septembre 1944. (...) Au mois d'avril 1945, Bayreuth est bombardée et la prison est évacuée le 13 avril, les prisonniers sont dirigés vers les troupes américaines..." (Françoise Passera, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945)

DUCHÉ (Natacha) et Ariane GRANSAC.

Prisons de femmes. Préface de Claude Mauriac.

Denoël, 1982, in-8°, 236 pp, témoignages, annexes, broché, prière d'insérer, bon état

Enquête et témoignage sur la prison de femmes de Fleury-Mérogis.

FONDE (Jean-Julien).

L'Arche de lumière. Les évadés d'Oberlangendorf.

Plon, 1985 gr. in-8°, 270 pp, préface de Jean Guitton, 16 pl. de photos et illustrations hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

L'histoire authentique de deux officiers prisonniers et évadés de l'oflag d'Oberlangendorf, par un ancien de la deuxième division blindée. — L'arche de lumière est l'histoire authentique de deux officiers, prisonniers et évadés, racontée par un ancien de la deuxième division blindée, Jean-Julien Fonde. Le Français libre qu'était le général Fonde, a eu la révélation d'un monde inconnu : la captivité, qu'il rapporte avec minutie, dans toute sa vérité. Après leur évasion de l'oflag d'Oberlangendorf, les deux soldats ont un seul objectif : reprendre le combat pour libérer leur pays. Ils vivent alors une longue traque à travers toute l'Europe centrale, rencontrant l'angoisse, d'impitoyables épreuves physiques et la déception la plus dure quand survient l'arrestation. Le récit de leur aventure homérique prend, dès lors, l'apparence d'un reportage captivant sur les états d'âme des peuples de l'Europe centrale, leurs réactions devant l'emprise totalitaire hitlérienne, et l'incertitude de leur devenir. Le général Fonde rapporte également ici le comportement de certains types d'hommes. S'il y eut de magnifiques dévouements, en particulier ceux des représentants des Églises catholiques et orthodoxes, il y eut aussi d'attristants abandons, et parfois des trahisons ; toutes vérités qu'il importait à l'historien de dire, et qui rendent cette arche de lumière plus fascinante encore.

FRAISSE (Paul).

Ecrits de captivité, 1940-1943.

P., Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991, in-8°, xvi-176 pp, annexes, broché, couv. à rabats, bon état

«Tout ce que je publie ici a été écrit entre 1940 et 1943 au kommando ou au camp. On y trouvera tout ce que beaucoup ont sans doute ressenti sans savoir l'écrire... Le dernier chapitre a été écrit dans l'hiver 44-45, après la Libération de Paris. Il approfondit des thèmes développés déjà en captivité et s'efforce d'expliquer nos réactions, particulièrement en politique. » — "Ecrit dans un style remarquable, ce témoignage est poignant. En exemple, cette « chute » au moment de la libération de l'auteur, le 23 juin 1943 : « De cet instant inoubliable, de cette sortie du stalag, je ne garderai qu'un souvenir tragique. A côté du Feldwebel qui faisait le dernier appel, l'appel libérateur qui à chaque cri faisait franchir le portillon à un nouvel élu, je ne voyais pas les relevés, désorientés et un peu abattus par l'événement lui-même, mais la figure des camarades qui restaient » (p. 156). Ceux-là « ils voyaient la France, mais comme une terre promise où ils ne pénétreraient pas, eux » (Ibid.). Tous ces textes (sauf le dernier chapitre) ont été rédigés durant la captivité de l'auteur, mais ils relatent les événements depuis Munich, la « drôle de guerre », la guerre, puis les camps de prisonniers. P.F. insiste sur le fait que « les prisonniers étaient coupés de toute information valable sur la situation réelle des Français » (p. XIII), et pourtant son analyse de la « Révolution nationale vue de Roisdorf » (p. 94 et suiv.) n'est pas mauvaise. Il a la « chance » d'être affecté dans une ferme : « Au fond d'un verger, nous trouvons notre premier chantier, des haricots à rames, des choux de Bruxelles. Il nous faut sarcler, sarcler sans arrêt ; après une raie, une autre raie. L'outil est léger, mais devient peu à peu pesant » (p. 61). L'ouvrage n'est pas pesant et apporte une nouvelle pierre à la connaissance de notre vie politique, fût-elle vue d'Outre- Rhin." (Revue française de science politique, 1992)

FÉVRIER (Paul-Hubert).

Deux du Stalag XII.

P., Barré-Dayez, 1977, pt in-8°, 287 pp, dessins de l'auteur hors texte, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. (“Pour ..., ces pages plus documentaires que romanesques, qui nous ramènent aux années sombres...”)

“Anciens médecins des « Lazarets » et des Kommandos relevant des Stalags de 39-45 ; et vous, anciens « Gefangs » et travailleurs de la culture, de l'industrie, des services publics, des bureaux ou du petit commerce du « grand Reich », ce document, que nous devons à Paul-Hubert Février, est VOTRE roman ; il est aussi une page d'Histoire, de NOTRE Histoire.” (André Soubiran)

GUILLEUX (Olivier).

1914-1918 : La Grande Guerre d'Olivier Guilleux.

La Crèche, Geste éditions, 2003, gr. in-8°, 300 pp, 16 photos, un fac-similé, 3 cartes, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

Fin juillet 1914, alors qu'il est en permission dans son village des Deux-Sèvres, Olivier Guilleux, jeune instituteur, se réjouit d'aller à la balade où l'attendent amis, stands de tir, berlingots... Un télégramme arrive et lui enjoint de partir à la guerre. Saint-Pardoux, Mamers : il rejoint sa section du 115e et se met en marche pour Charny. Dès lors, il va tout consigner : notes, photos et croquis. Après maintes péripéties, il est fait prisonnier à Magdeburg. D'ici, s'établit un va-et-vient de lettres avec sa famille, ce qui constituera pour lui un lien très fort de résistance, comme une chanson de survie. De camp en camp, pendant toutes ces années, une idée qui ne le quitte pas : s'évader... Olivier Guilleux a rédigé le texte de son évasion sur les routes allemandes quelques années avant de mourir. — "La Grande Guerre d'Olivier Guilleux se présente d'entrée comme un document rare qui combine trois grands types d'écriture de guerre : un carnet de campagne, une correspondance croisée – ce qui n'est pas des plus fréquents – et un récit rédigé a posteriori. Le premier de ces documents, le moins original, est entièrement consacré à la mobilisation et aux premières semaines du conflit où l'on découvre, avec le jeune instituteur des Deux-Sèvres, la violence du feu. Olivier Guilleux ne tarde d'ailleurs pas à être blessé, dès septembre 1914, et, abandonné sur le champ de bataille, à être fait prisonnier par l'ennemi. En effet, la guerre d'Olivier Guilleux c'est avant tout l'expérience de la captivité, et c'est l'intérêt majeur de ce livre. À la différence de l'expérience de la mobilisation que l'on connaît bien, les récits portant sur la captivité sont peu nombreux et les travaux scientifiques sur la question sont réellement embryonnaires. Les lettres échangées entre le prisonnier et sa famille, et plus encore, le récit de son évasion, dévoilent ici la vie quotidienne dans un camp d'officiers (Guilleux est lieutenant) où les Allemands se comportent humainement envers les Français qui, pour leur part, font tout ce qu'ils peuvent pour leur compliquer la tâche par une «résistance passive». Ces quatre années derrière les barbelés révèlent la résistance de l'instituteur et sa détermination: jamais il ne baisse les bras ni ne perd espoir, passant le plus clair de son temps à apprendre des langues étrangères et à s'adonner à divers sports, entretenant son corps en vue d'une évasion qu'il finira par réaliser en 1918. La tentative est malheureuse mais elle montre bien le caractère trempé du personnage qui espère rejoindre au plus tôt son régiment pour reprendre le combat. Ce dernier récit se lit comme un roman." (Jean-Yves La Naour, Histoire, économie et société, 2004)

HYVERNAUD (Georges).

Carnets d'oflag, proses et critique littéraire.

Ramsay, 1986, in-8°, 381 pp, préface de Jean-José Marchand, broché, bon état (Oeuvres complètes 4)

Né le 22 février 1902 dans la banlieue d’Angoulême, au sein d’une famille ouvrière et paysanne, Georges Hyvernaud fut professeur de lettres des Ecoles normales d’Instituteurs d’Arras, puis de Rouen. Dans les années trente, il collabore notamment aux Primaires, aux Marges, à La Grande Revue et rejoint les intellectuels antifascistes. Mobilisé, il vit la Drôle de Guerre dans le Nord, mais son unité de « pionniers » est capturée par les Allemands, dès la fin de mai 1940. C’est le début d’un interminable temps de captivité, parfaitement absurde : « Après 18 mois de barbelés, on se sent tellement en marge, tellement hors du jeu, qu’on ne saisit plus très exactement le rapport qu’il y a entre M. Hyvernaud, professeur à Turgot ou ailleurs et le Kriegsgefangener n° 995 qui vient de torcher sa gamelle avec un morceau de pain et qui cherche un bout de ficelle pour faire sécher ses chaussettes »... « Hors du jeu », Georges Hyvernaud le demeurera jusqu’en avril 1945, prisonnier des oflags du Grand Reich : Grossborn, Arnswalde, Soest enfin...

JAVELET (Robert).

Camarade curé. Récit.

Epinal, Editions du Sapin d'or, 1975, in-8°, 286 pp, 10 illustrations de Louis Bernard, un plan, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Erckmann-Chatrian 1961), envoi a.s.

Ce livre est consacré à la captivité – celle qu'on appelle encore parfois la grande captivité – où 5 millions d'êtres humains : Français, Anglais, Polonais, Tchèques, Serbes, Russes… se retrouvèrent entre le Rhin et la Vistule pour les « Grandes Vacances » de cinq années. Ce que furent ses grandes vacances, plusieurs écrivains de grand talent : F. Ambrière, A. Blondin, J. Perret... nous en ont donnés, avec un humour blanc ou noir, parfois mêlé de larmes, les dimensions humaines. Le récit de l'Abbé Javelet est un document qui va plus loin et plus profond, et qui par-delà les épisodes tragiques ou pitoyables, de cette foule de déracinés, qui entoure le « Camarade Curé » atteint les êtres dans ce qu'ils ont de plus intime, de secret, de presque incommunicable. À ce titre il ajoute un chapitre capital et toujours actuel au grand livre des mondes concentrationnaires, jamais fermé, hélas ! — "L'Abbé Javelet est un ancien prisonnier de guerre et ce livre est un des rares témoignages sur la condition des prêtres prisonniers. Il n'y a pas à se demander si elle fut meilleure ou pire que la nôtre, la question serait dérisoire. Contrairement à une opinion pernicieuse et trop répandue, un prêtre n'est pas un homme comme les autres. Il est infiniment plus vulnérable et infiniment plus fort, plus captif et plus libre que quiconque. Ce livre n'est pas un témoignage sur la vie spirituelle à l'intérieur des barbelés. Il a été écrit pour le souvenir des compagnons de misère, ou ailleurs plus ou moins fidèle du curé kaki de cette paroisse épineuse, pénitent obligé, plus ou moins occupés du salut de leur âme et de l'épaisseur de la soupe. Au fond de la gamelle vide, on découvrait parfois tracas métaphysiques ! Le titre de cet ouvrage peut prêter à confusion, laissant croire que l'auteur, comme certains de ses pareils, aurait accommodé son sacerdoce au bénéfice d'une nouvelle religion sociale. Il n'en est rien. « Camarade Curé » n'est pas une appellation contrôlée par un clan, plutôt l'hommage d'une dignité laïque accordée à la fonction cléricale. Vous verrez bientôt quelqu'un ma braderie vraiment chrétienne et fraternelle l'Abbé Javelet a su cultiver dans les camps où il fut toujours le copain sans cesser d'être le curé." (Jacques Perret, auteur du « Caporal épinglé »)

JULITTE (Pierre).

L'Arbre de Goethe.

Presses de la Cité, 1984, gr. in-8°, 322 pp, préface de Joseph Kessel, 13 illustrations, 2 photos et un plan sur 8 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

Le camp de Buchenwald et l'usine de fabrication des V2. — "Le livre de Pierre Julitte est bien autre chose qu'un recueil de frustes souvenirs ou qu'une patiente chronique tenue au jour le jour. On trouve rarement un témoignage de cette qualité, de cette intensité. Et l'aventure stupéfiante qu'il révèle au lecteur n'a pas, à ma connaissance, de pareille. (...)" (Joseph Kessel, préface)

KLEIN (Charles).

Le Diocèse des barbelés, 1940-1944.

Fayard, 1973, in-8°, 403 pp, annexes, reliure toile éditeur, bon état

Voici un ouvrage dont l'originalité est de présenter un aspect encore peu connu de l'occupation et de la résistance : l'action des militants catholiques au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ce document, divisé en quatre sections, traite successivement de l'organisation – dès la débâcle – du Secours catholique aux prisonniers de guerre, de la création premièrement d'une Aumônerie centrale à Paris, puis d'une Aumônerie des travailleurs français en Allemagne, de l'envoi – lorsque les Autorités allemandes s'obstinèrent à refuser à ces travailleurs le secours d'aumôniers nationaux – de prêtres volontaires pour travailler dans les usines allemandes et exercer leur ministère clandestinement, enfin des efforts décevants mais persévérants de l'Aumônerie pour atteindre les déportés. La réalisation du “Diocèse des barbelés” a coûté à son auteur de longs mois de recherche. Le colonel Klein a recueilli un grand nombre de témoignages d'anciens prisonniers et d'aumôniers des camps. Il a réuni des lettres officielles, des correspondances privées, etc. Son moindre mérite n'est pas d'avoir su montrer comment, à chaque fois que les conditions imposées par l'occupant se faisaient plus dures, le Secours catholique a su reconvertir ses moyens d'action afin de poursuivre la mission qu'il s'était assignée.

LA MORT (Noël B. de).

Contes aux prisonniers.

Sorlot, 1942, in-12, 221 pp, broché, bon état

Par Noël Bayon de la Mort (pseudonyme de Noël Bayon). « Ecrites en captivité pour la distraction de camarades alités, en traitement dans un hôpital de Stalag, la plupart des nouvelles qui composent ce recueil sont le reflet d'une période amère. » (Avant-propos) — A la Libération, il fut reproché à Noël Bayon de la Mort (comme à Jean Guitton) outre ses écrits dans certains journaux collaborateurs, d’avoir dans les camps de prisonniers de guerre encouragé les officiers à collaborer avec Vichy. Résultat : cinq années de travaux forcés.

LAVABRE (Célestin).

Ceux de l'An 40. Récit. Une année de guerre : 15e RIA – Cinq ans de captivité : Stalag VI A, Rawa-Ruska, Stalag II C.

Rodez, Editions Subervie, 1981, in-8°, 468 pp, 16 pl. de photos hors texte, avec en annexe la liste des disparus des 15e Régiments d'Infanterie et d'Infanterie Alpine et la “Complainte de Rawa-Ruska”, , broché, bon état

Témoignage de l’abbé Célestin Lavabre. La localité de Rawa-Ruska, située en Galicie à 52 kilomètres au nord-est de la ville de Lwow, a abrité, de 1942 à 1944, un camp de représailles contre les « prisonniers-résistants » français et belges coupables d’évasion ou de sabotage. Environ 24.000 prisonniers français y ont séjourné.

LECLAIRE (Robert).

Matricule 89.874. Poèmes de captivité (1940-1945), Thale - Quedlinburg.

P., Editions de la Revue Moderne, 1946, in-12, 125 pp, broché, non coupé, bon état, envoi a.s.

MICHELET (Edmond).

Rue de la Liberté. Dachau 1943-1945.

Seuil, 1955, in-8°, 248 pp, un plan, broché, qqs soulignures crayon, bon état. Edition originale sur papier courant (il a été tiré 25 ex. numérotés sur vélin Neige)

"La « rue de la liberté » est, par dérision, l'allée centrale du camp de Dachau, où E. M. fut détenu près de vingt et un mois, du 15 septembre 1943 au 27 mai 1945. Proclamant, après tant d'autres, « tristement la vie triste », E. M. assure : « Ni sains, ni saufs. Décourageante formule et vraie ... une certaine candeur nous est à tout jamais interdite ». Il écrit un livre attachant dont on n'oublie aisément ni le ton, ni le témoignage, ni, finalement, la sérénité." (Revue française de science politique, 1961) — "Le livre tiré par Edmond Michelet de ses notes de Dachau constitue un des documents les plus vivants et les plus honnêtes sur l’aventure concentrationnaire (...) : avec une objectivité remarquable, Michelet décrit ce que fut la vie d’un résistant français qui a dû et pu tenir près de vingt mois dans un block de Dachau ; il analyse les conflits qui surgissaient entre classes de détenus – politiques et « droit commun » – allemands, latins et slaves ; il démonte la curieuse machine politique qui avait fini par s’organiser, l’équilibre des pouvoirs dans une cité d’esclaves hantés par la mort et qui, pourtant, ne cessaient de regarder vers la vie. Une galerie de beaux portraits psychologiques alterne avec des scènes dramatiques et de larges fresques, comme l’épidémie de typhus de l’hiver 44-45 et la pagaïe ubuesque d’une libération de fantômes. Le témoignage du chrétien, qui dit ce qu’il a tiré de sa foi, est porté sans ostentation et avec noblesse. Et il n’était pas possible de faire ressortir plus honnêtement l’ambiguïté d’une aventure où l’homme a révélé les pires côtés de sa nature (...) mais aussi ses virtualités héroïques et son irrépressible spiritualité." (Pierre-Henri Simon) — "Un témoignage de première importance sur l'expérience concentrationnaire." (O. Wieviorka)

MICHELET (Edmond).

Rue de la Liberté. Dachau 1943-1945.

Seuil, s.d. (1988), pt in-8°, 249 pp, un plan, broché, bon état

"La « rue de la liberté » est, par dérision, l'allée centrale du camp de Dachau, où E. M. fut détenu près de vingt et un mois, du 15 septembre 1943 au 27 mai 1945. Proclamant, après tant d'autres, « tristement la vie triste », E. M. assure : « Ni sains, ni saufs. Décourageante formule et vraie ... une certaine candeur nous est à tout jamais interdite ». Il écrit un livre attachant dont on n'oublie aisément ni le ton, ni le témoignage, ni, finalement, la sérénité." (Revue française de science politique, 1961) — "Si, après dix ans écoulés, Edmond Michelet prend la décision de livrer au public ses souvenirs de résistance et de déportation, ce n'est pas, dit-il, pour combler une lacune : il se réfère souvent à des ouvrages qui, selon lui, ont donné le ton juste de l'expérience concentrationnaire. II répond à une question posée par ses compagnons de route : Comment se sont comportés les chrétiens dans les camps ? Comment un chrétien a-t-il pu garder l'intégrité de sa foi au sein de l'enfer ? Edmond Michelet brosse la fresque de ses souvenirs de prison et de camp en retraçant le cadre dans lequel il les a vécus, en faisant revivre toutes les phases de l'existence du concentrationnaire, mais en insistant surtout sur les personnalités rencontrées, croyantes ou incroyantes, qui ont su préserver en elles « l'humain » et le respecter chez les autres. II trace ainsi d'émouvants portraits de disparus : le jeune juif agnostique qui récitait du Claudel, le jeune poète, chef incontesté du petit groupe de Dachau que Michelet appelle « les intellectuels délirants », ou tous ces « gens bien élevés » aujourd'hui entrés dans la légende de la Résistance, le général Delestraint, Jacques Renouvin, l'instituteur Georges Lapierre. II évoque tous ces « gens bien élevés », les incroyants, les prêtres, ceux qui restaient des hommes, ceux qui, communistes, athées, aidèrent les catholiques fervents à professer leur foi à Dachau, ceux qui, étrangers ou même Allemands antinazis, pleuraient de joie à la libération de Paris. Michelet trace un nouvel atlas des nationalités dans les camps; mais, avec une impartialité non dépourvue d'humour, il insiste sur les individualités rencontrées, car, pour lui, le caractère individuel, quand il est bien affirmé, prime le caractère national, ce qui n'empêchait pas un antifasciste espagnol et un antifasciste italien de se jeter à la tête les réalisations de leur dictateur respectif en revendiquant pour chacune d'elles la superiorité. Un des aspects importants de la Rue de la Liberté, c'est l'évocation dans le camp des brassages de races, de nationalités, de religions, d'appartenances politiques, d'horizons philosophiques et, primant le tout, la multiplicité des circonstances qui avaient conduit les deportés au camp..." (Olga Wormser, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1956) — "On n'a pas assez dit que le livre tiré par Edmond Michelet de ses notes de Dachau constitue un des documents les plus vivants et les plus honnêtes sur l'aventure concentrationnaire. Les défauts propres à ce genre d'ouvrages, la dispersion de l'attention sur des anecdotes, l'abus du pathétique et des superlatifs d'horreur sont parfaitement évités : avec une objectivité remarquable, Michelet décrit ce que fut la vie d'un résistant français qui a dû et pu tenir près de vingt mois dans un block de Dachau; il analyse les conflits qui surgissaient entre classes de détenus – politiques et « droit commun » –allemands, latins et slaves ; il démonte la curieuse machine politique qui avait fini par s'organiser, l'équilibre des pouvoirs dans une cité d'esclaves hantés par la mort et qui, pourtant, ne cessaient de regarder vers la vie. Une galerie de beaux portraits psychologiques alterne avec des scènes dramatiques et de larges fresques, comme l'épidémie de typhus de l'hiver 44-45 et la pagaïe ubuesque d'une libération de fantômes. Le témoignage du chrétien, qui dit ce qu'il a tiré de force de sa foi, est porté sans ostentation et avec noblesse. Et il n'était pas possible de faire ressortir plus honnêtement l'ambiguïté d'une aventure où l'homme a révélé les pires côtés de sa nature dans la cruauté des bourreaux et dans la déchéance des faibles, mais aussi ses virtualités héroïques et son irrépressible spiritualité, dans la vertu de ceux qui ont préservé au fond de cet abîme la puissance de leur volonté, les élans de la charité et la fraîcheur de l'espérance. " (Pierre-Henri Simon)

MURAY (Jean).

La Ballade des tordus : Prusse orientale.

Plon, 1946, gr. in-8°, 193 pp, 6 lithographies hors texte et 13 bandeaux de Pierre Collot, broché, couv. lég. salie, bon état. Tirage limité à 675 exemplaires, celui-ci un des 525 numérotés sur Chiffon savoyeux

Récit de ses six premiers mois de captivité au Stalag IA, situé en Prusse orientale, près de Preussische-Eylau par un soldat français fait prisonnier en mai 1940.

PLÉ (René).

Matricule 467. Prisonnier de guerre en Allemagne.

Editions Le Télégramme, 2003, gr. in-8°, 310 pp, 8 photos dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Histoire et les hommes)

René Plé, que l'on retrouve sous le pseudonyme d'André Maubert, évoque sa période d'emprisonnement lors de la Seconde Guerre mondiale à Mayence, en Allemagne, suivie de son évasion. Vie quotidienne dans le camp, l'Oflag (Oflag XII B), d'abord, puis le Stalag (Stalag XII A), travail aux ateliers, actes de résistance : à travers son quotidien lourd de restrictions, l'auteur relate ses conditions de détention, ses relations avec l'ennemi, - les gardiens du camps ou les civils allemand -, mais aussi ses liens d'amitié avec des compagnons de même condition. Un témoignage précieux et un récit vivant.

POTALIER (Marc).

Plein Sud.

P., Chez Mme Potalier, 1968, gr. in-8°, 220 pp, avant-propos de Maurice Rose, secrétaire général de l'Amicale nationale des Stalags V-B et X-ABC, une photo de l'auteur (1908-1956) en frontispice, une photo de la famille et une carte hors texte des « poches » suisses au nord du Rhin, broché, jaquette illustrée par H. Perron, pt tache au bas des premiers feuillets, bon état

Récit de la captivité de l'auteur en Allemagne et de ses sept évasions du Stalag V-B. — "... Ces souvenirs écrits étaient pour moi une révélation. La lecture en était facile, sans fioritures ; l'émotion allait crescendo et certaines évasions semblaient une épopée. Il me fallait les impressions d'une autre personne. Je remettai donc le manuscrit à notre ami Maurice Rose. Ce dernier vient de me donner son impression : « C'est tout simplement formidable ! C'est écrit en très bon français et les évasions sont décrites d'une façon impeccable. Il faut éditer ce manuscrit. »..." (H. Perron, “Le Lien, mensuel de l'Union nationale des Amicales de camps de prisonniers de guerre”, 15 octobre 1967)

PRIEUR (Félix).

Matricule 68.881 VII A. Mémorial de guerre et de captivité.

Montréal (Québec), Fides, 1978, in-8°, 418 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte repliée, qqs illustrations de Gabriel Ouellet dans le texte, broché, bon état, envoi a.s.

Réimpression de l'édition Fides de 1948. — "Le 15 juin 1940, l’auteur, Félix Prieur, est capturé par les Allemands à la tête d’une section du 115e régiment d’infanterie. Envoyé tout d’abord au Stalag VII A de Moosburg, en Bavière, il devient pour les cinq années à venir le matricule 68.881. Le récit de sa captivité ressemble à tous ceux écrits par des militaires français ayant subi le même sort pendant cette guerre. On y retrouve en effet les descriptions caractéristiques de leur détention dans les camps : le désoeuvrement, la faim, la saleté, le froid... Mais l’auteur a ceci de particulier qu’il est aspirant. Or, les autorités allemandes n’ont pas tranché quant au statut de ce grade hybride dans la hiérarchie militaire. Cela lui vaut d’être interné en mars 1941 au Stalag I A de Stablack, en Prusse Orientale. Situé non loin de Königsberg, ce lieu est réservé aux élèves-officiers comme lui. A ces yeux, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un camp de représailles, les aspirants ayant démontré leur esprit "potache et résistant" (110) au sein des Oflags. Il projette de s’en évader quand "les Allemands acceptent le départ des prêtres-aspirants comme aumôniers des kommandos" (184). En tant qu’ancien séminariste, l'auteur trouve là le moyen de se consacrer pleinement à son sacerdoce. Cette décision paraît logique lorsque l’on considère l’ardente religiosité qu'il exprime tout du long de son ouvrage. Le 30 juillet 1941, il est envoyé à Gumbinnen où il va se trouver immergé dans un univers très différent de ce qu’il a connu auparavant. Bénéficiant d’une semi-liberté, il apprend à connaître les civils allemands de cette région, mais aussi les travailleurs forcés polonais et les prisonniers de guerre russes. Jusqu’à l’invasion de la région par l’Armée rouge, il s’emploie à évangéliser ses congénères de toutes nationalités, allant de ce fait bien au-delà de ses attributions originelles. Bien qu’antinazi et passablement antiallemand, il n’y a aucune place pour la politique dans son coeur. Ainsi, il participe à la rédaction d’un journal destiné aux prisonniers français qui se révèle à la fois pour Pétain et pour de Gaulle, "les deux hommes qui servaient la France, l’un à l’intérieur de la patrie blessée et l’autre à l’extérieur" (206) ajoute-t-il. Le 26 janvier 1945, Félix Prieur et ses camarades quittent leur camp en direction de la mer Baltique. L’étau des armées soviétiques s’étant refermé sur la Prusse Orientale, il n’existe dès lors plus d’autre échappatoire. Commence alors un long exode dans le chaos d’une Allemagne moribonde. Le 2 mai 1945, il est enfin libéré par les troupes britanniques, ce qui lui permet de rentrer en camion en France avant la fin du mois." (Stéphane Lamache, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 39-45) — "La dernière guerre a suscité un grand nombre de récits dramatiques ; bien peu cependant sauront atteindre l’intensité grandiose et éloquente de ce « mémorial », qui nous raconte les années de captivité de l’auteur. Né d’une mère canadienne et d'un père français, M. l’abbé Félix Prieur ne peut manquer d’être sympathique aux lecteurs. Capturé par les Allemands le 15 juin 1940, il eut à subir pendant cinq ans les horreurs de la prison, du camp de concentration et de la marche forcée ; comme tous les forçats des camps totalitaires, il connut les souffrances de la faim et de la soif, du froid et de la vermine. Conscient de sa dignité sacerdotale, il parvint à exercer son ministère dans des circonstances bien tragiques ; il se rappela en même temps qu’il était un homme comme ses compagnons de misère et il sut accepter les plus humbles besognes. C’est dire qu’il eut un apostolat fructueux, capable de ressusciter la foi endormie chez les malheureux qu’il put approcher. Ce volume se lit comme un roman ; mais c’est un roman vécu et dont l’action ne languit pas un seul instant. La langue de l’auteur est des plus vivantes : en quelques lignes, il nous transporte sur la scène d’un événement, nous fait apprécier l’humour de ses compatriotes, nous empoigne par l’exposé de situations terribles. C’est tantôt la lutte contre des « ennemis intimes » comme les poux, les puces et les punaises ; tantôt « l’histoire d’une musette » qui contient tous les objets nécessaires à la célébration de la messe. On assiste aussi à des conversations familières avec des copains ou avec d’autres prêtres ; ailleurs on nous raconte toutes les difficultés que suscita aux prisonniers le contact avec les Russes. Les documents sur cette triste époque sont si nombreux que bien des lecteurs sont tentés de rejeter à priori toute cette « littérature de guerre » ; ils auraient pourtant tort dans le cas présent de suivre une impulsion bien compréhensible, car il s’agit d’un ouvrage de première valeur, à la fois sérieux et pittoresque, bien pensé et bien écrit." (Roland Germain, Lectures (Montréal), nov. 1948) — "M. l’abbé Félix Prieur est de l’héroïque phalange des prêtres qui ont enduré une dure captivité au cours de la dernière guerre. Comme il le dit dans son introduction, il a vécu en Prusse Orientale, il a été enfermé au-dedans des barbelés de Stablack, il a supporté les épreuves des camps de travail de Koenigsberg ou des frontières de Russie. Toutes ces aventures nous sont d’ailleurs exposées dans son ouvrage 68.881 VIIA." (Roland Germain) — "M. l’abbé Félix Prieur, de Chartres, France, ex-officier de l’armée française, et pendant cinq années prisonnier des allemands, est arrivé hier à Montréal pour un séjour indéterminé au Canada, afin de refaire sa santé. Il a fait la traversée Cherbourg-New-York à bord du paquebot America. M. l’abbé Prieur a été fait prisonnier de guerre par les Allemands en juin 1940 et a souffert pendant cinq ans dans l’infâme stalag situé au sud de Koenigsberg, en Prusse-Orientale. Ce stalag fut la dernière prison à être libérée par les troupes alliées en 1945. Le prêtre français fut libéré à Lübeck, par la 51e division écossaise, après une extraordinaire marche forcée de 720 milles, effectuée en des conditions effroyables à travers toute l’Allemagne du Nord, pendant la suprême offensive russe d’hiver. Son arrivée à la maison paternelle, à Chartres, coïncida avec l’avis officiel de son décès, l’avis étant occasionné par le complet pillage par les Russes de ses effets particuliers, lesquels furent retrouvés en cours de route par ses camarades de stalag." (Le Devoir (Montréal), 4 février 1947)

RATOUCHINSKAÏA (Irina Borisovna).

Grise est la couleur de l'espoir.

Plon, 1989, in-8°, 415 pp, traduit du russe, un plan, 3 illustrations, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

Pour avoir osé dénoncer la guerre en Afghanistan et la détention de Sakharov, et avoir possédé des livres interdits, Irina Ratouchinskaïa est condamnée, en 1983, à sept ans d'emprisonnement. En Mordovie, dans "la Petite zone" réservée aux politiques qu'elle partage avec une poignée de dissidentes, elle refuse d'abdiquer sa dignité et de porter le matricule : elle manquera mourir des grèves de la faim répétées qu'elle entreprend en signe de protestation. Dans ce récit bouleversant, elle reconstitue dans le moindre détail la vie et le combat quotidiens de ces femmes qui, bravant le cachot et la prison, ont décidé de ne pas céder. Aux souffrances, au froid, à l'absence d'hygiène, à la faim, aux mensonges du KGB et aux brimades de l'administration qui va jusqu'à dévaster le petit jardin qu'elles ont réussi à cultiver, elles opposent le courage, la solidarité, la grève, et des moments surprenants d'humour. Soutenue par une foi profonde et un sens infaillible de la justice, Irina Ratouchinskaïa choisit, dans l'épreuve, de demeurer un être humain. L'espoir a été vainqueur au terme d'une vaste campagne internationale : Irina Ratouchinskaïa sera libérée en 1986. — "Le récit de la poétesse I.R. permet une fois de plus de mesurer l'absurdité de la politique « d'oppression et d'écrasement des âmes » (expression de l'auteur) des écrivains non conformistes, des croyants, des membres des groupes de surveillance des accords d'Helsinki... Il est d'autant plus intéressant et dramatique qu'il concerne une période très récente : I.R. a été condamnée en 1982 à sept ans de camp à régime sévère et à cinq ans de relégation et emprisonnée en Mordovie, dont elle nous dit qu'elle est tout entière couverte de camps. Elle décrit la période Andropov comme une des plus sombres de l'histoire soviétique après Staline, insiste sur le rôle essentiel joué par l'opinion internationale, les « zeks » ne disposant d'aucun moyen de défense en dehors de la grève de la faim, et sur l'importance de la peur, clé de voûte de tout le système pénitentiaire. Libérée au terme d'une vaste campagne internationale après quelque quatre années de détention, elle affirme en septembre 1987 qu'il y a alors encore en URSS des centaines de détenus politiques." (Revue française de science politique, 1989)

RIVIÈRE (Jacques).

L'Allemand. Souvenirs et réflexions d'un prisonnier de guerre.

Gallimard, 1944, in-12, 250 pp, broché, papier lég. jauni, qqs marques au crayon en marges, bon état

Réédition opportunément publiée en décembre 1944. La première édition est de décembre 1918. — "Fait prisonnier dès le 24 août 1914, Rivière a été placé, après une tentative d'évasion, dans le camp de représailles de Hülseberg en Hanovre. Ces réflexions de captivité sont marquées par un antigermanisme violent... Le 13 janvier 1919, Gide félicitait Rivière que son témoignage soit « considéré déjà par la Propagande comme un service considérable ». Sous l'Occupation, l'ouvrage figurera sur la liste Otto." (Vignes, Bibliographie des éditions de la NRF)

ROUSSEAU (Serge).

Mes évasions.

Vichy, Imprimerie Wallon, Aux dépens de l'auteur, 1944, in-8°, 358 pp, broché, état correct. Edition originale (octobre 1944). Peu courant

Récit autobiographique par Serge Rousseau (1915-1975) où il raconte les quatre évasions (la quatrième fut la bonne !) qu'il mena à bien pour rentrer en France, à partir de différents stalags allemands... De retour de captivité, il s'engagea dans la Résistance et participa à la libération de Vichy.

TERRENOIRE (Louis).

Sursitaires de la mort lente. Chrétiens et communistes organisent une opération survie dans un camp nazi.

Seghers, 1976, pt in-8°, 238 pp, broché, couv. illustrée, bon état

Ancien ministre du général de Gaulle, Louis Terrenoire a été déporté à Dachau aux premiers jours de l'été 1944. Il veut porter témoignage de la parfaite entente qui, dans des camps de déportation nazis (ici, Kempten et Kottern, dépendances de Dachau), a uni des hommes venus des horizons idéologiques les plus éloignés. Il nous rappelle que les communistes ne furent pas seuls à s'organiser dans les camps, et il nous décrit le fonctionnement d'un réseau chrétien qui organisa la survie de plusieurs centaines de prisonniers. Ainsi, au plus noir de la souffrance, s'effacèrent les barrières et fut scellée une estime réciproque qui subsiste aujourd'hui encore. En retraçant cet épisode peu connu de la déportation et en faisant revivre quelques figures légendaires, Louis Terrenoire apporte une affirmation supplémentaire de l'obstination des hommes à reconquérir la liberté.