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ABBIATECI (A.) et autres.

Crimes et criminalité en France sous l'Ancien Régime, 17e-18e siècles. Contributions de A. Abbiateci, F. Billacois, Y. Bongert, N. Castan, Y. Castan, P. Petrovitch.

Armand Colin, 1971, gr. in-8°, 268 pp, cartes et tableaux, une planche dépliante hors texte, bibliographie par régions et par délits, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Cahiers des Annales)

"Six études portant sur des délits spécifiques (l'incendie et le duel) et sur l'ensemble du phénomène criminel, étudié par sondage sur les pièces d'instruction. Bien que rare, le duel est loin d'être négligeable, puisque, de 1700 à 1725, le Parlement de Paris a jugé 100 procès pour « duels, appels en duel ou complicité de duel ». Cela représente 1/10e des procès pour violences mortelles et 1/16e du total des causes criminelles. C'est surtout dans l'armée que subsiste le duel. La criminalité familiale, par contre, est assez répandue, tout au moins en Languedoc. Dans les affaires de meurtre, l'assassin et la victime sont le plus souvent de la même famille, la rivalité étant alors due à des questions de patrimoine. Malgré cette tension, les liens, en cas de menace extérieure, se resserrent brusquement. Qu'il soit paysan ou seigneur, le père de famille mobilise à ses côtés ses fils adultes qu'il charge de commettre des vols ou même des assassinats : il s'agit de préserver l'honneur. La criminalité à Paris, semble, au premier abord, être faible, puisque 87 % des délits poursuivis durant les 4 années étudiées (1755, 1765, 1775 et 1785) sont des vols généralement sans importance (mouchoirs, montres, linge...). Le crime contre les personnes ne représente que 7 % des cas. En fait, la place des violences dans la criminalité légale est nettement plus grande qu'aujourd'hui (plus de 5 % pour la période étudiée, contre moins de 1 % en 1961-65). Pour certains historiens, la société est passée d'une criminalité de la violence à une criminalité de la fraude. Autre caractéristique intéressante de l'époque : la délinquance sénile. La criminalité connaît en effet une poussée au 3e âge (au-delà de 50 ans) due vraisemblablement à l'isolement et à la misère..." (J.-C. Chesnais, Population, 1973)

AIMOND (Ch.).

Le XVIIe et le XVIIIe siècle (1610-1789).

P., De Gigord, 1935, gr. in-12, vi-496 pp, 148 gravures, 21 cartes et plans, cart. éditeur, état correct (Cours d'Histoire Jean Guiraud, classe de 2e)

ALBERRO (Solange).

Les Espagnols dans le Mexique colonial. Histoire d'une acculturation.

Armand Colin, 1992, gr. in-8°, 131 pp, broché, bon état (Coll. Cahiers des Annales)

« C’est lentement qu’a germé l’idée de cette étude. Au cours de longues années de recherche et de réflexion sur le passé colonial du Mexique, et malgré des réticences de toutes sortes, s’est imposée à moi cette évidence : les Indiens n’ont pas été seuls à subir les conséquences bouleversantes de la Conquête et de la colonisation. Les « autres », c’est-à-dire les Espagnols, ont eux aussi vécu une aventure qui, pour être infiniment moins dramatique, fut bien loin de correspondre aux rêves qui habitaient les passagers des galions en partance pour l’Amérique. Une aventure qui devait culminer, trois siècles plus tard, avec l’avènement de nations nouvelles ». Voici donc l’autre versant de l’expérience coloniale : une histoire le plus souvent modeste, quotidienne, triviale, inscrite dans les gestes et dans la langue, dans les comportements, les goûts et les croyances ; par des chemins divers, entre les interdits et le jeu des pouvoirs, entre la passivité et les ralliements volontaires, au gré des situations et des relations sociales, elle aboutit à la constitution d’une identité créole originale.

[Album de la Pléiade] – THEATRE CLASSIQUE.

Album Théâtre classique. La vie théâtrale sous Louis XIII et Louis XIV. Iconographie réunie et commentée par Sylvie Chevalley.

Gallimard, 1970, in-12, (10)-325-(17) pp, 525 illustrations, index des illustrations et des noms cités, tiré sur hélio mat Arjomari, reliure plein cuir souple doré à l'or fin de l'éditeur, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade). Neuvième Album de la Pléiade. Edition originale hors commerce. Riche iconographie

"Dans cet Album où Corneille, Molière et Racine occupent les cimes, la forêt tient une grande place. Bien des auteurs sont cités, ignorés des livres de littérature, bien des comédiens, vers qui ne monte plus le "brouhaha" du succès. Tous eurent leur heure ; tous participèrent, parfois très utilement, à la riche vie théâtrale du XVIIe siècle, et jouèrent leur rôle dans cette bataille exaltante chaque soir recommencée dont le théâtre est le champ. À travers 525 images et documents dont un grand nombre sont inédits, j'ai tenté de faire revivre leurs travaux et leurs peines, leurs échecs et leurs triomphes." (Sylvie Chevalley)

ANDREU (Anne).

La Duchesse de Montpensier, ou la Grande Amazone.

Lausanne, Editions Rencontre, 1965, pt in-8°, 180 pp, 32 pl. de gravures hors texte, reliure simili-cuir noir de l'éditeur, avec un portrait en médaillon au 1er plat, bon état (Coll. Ces femmes qui ont fait l'Histoire)

ANDRÉ (Louis).

Louis XIV et l'Europe.

Albin Michel, 1950, in-8°, xxix-395 pp, 4 planches et 2 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, broché, traces de scotch sur les gardes, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

"L'ouvrage de L. André constitue une solide et utile mise au point de nos connaissances sur la politique extérieure de Louis XIV. Ce livre restera aussi comme le testament d'un historien dont on aimerait voir imiter la scrupuleuse érudition et la parfaite exactitude." (Didier Ozanam, Bibliothèque de l'école des chartes, 1951)

ANDRÉ (Louis).

Louis XIV et l'Europe.

Albin Michel, 1950, in-8°, xxix-395 pp, 4 planches et 2 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, reliure pleine toile brique, dos lisse, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale (bon achevé d'imprimer du 23 juin 1950, mention fictive de 3e mille au premier plat de couverture, mais pas sur la page de titre)

"L'ouvrage de L. André constitue une solide et utile mise au point de nos connaissances sur la politique extérieure de Louis XIV. Ce livre restera aussi comme le testament d'un historien dont on aimerait voir imiter la scrupuleuse érudition et la parfaite exactitude." (Didier Ozanam, Bibliothèque de l'école des chartes, 1951)

ANQUEZ (Léonce).

Henri IV et l'Allemagne. D'après les mémoires et la correspondance de Jacques Bongars.

Hachette, 1887, in-8°, lxxvi-226 pp, un portrait en frontispice, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid et caissons à froid, pièce de titre basane carmin, encadrements à froid sur les plats, fer doré de lycée au 1er plat, qqs rares rousseurs, bon état

Jacques Bongars seigneur de Bauldry et de La Chesnaye (1554-1612), humaniste et historien; élevé dans le protestantisme, fut pendant près de trente ans ambassadeur du roi Henri IV, spécialement auprès des princes protestants d'Allemagne. On lui doit des éditions de Justin et de Quinte Curce, une histoire des Croisades: Gesta Dei per Francos (Hanau, Aubri, 1611) et une collection des historiens hongrois : Rerum Hungaricarum scriptores varii (Francfort, 1600). Sa correspondance est une source indispensable pour l'étude du règne d'Henri IV. (Hauser, Les sources de l'histoire de France, XVIe s. (1494-1610), t. III, pp. 76-78). — "Jacques Bongars, né à Orléans en 1554, mort à Paris en 1612, est également connu comme érudit et comme diplomate. Ses contemporains se sont plu à louer, en vers et en prose, sa sincérité, son désintéressement, sa science, virtutem et eruditionem. C’est en la compagnie de cet honnête homme que M. Anquez a entrepris de faire l’histoire des relations d’Henri IV avec l’Allemagne de 1583 à 1610, à la lumière de nombreux documents puisés à la Bibliothèque nationale : « I. Secours fournis par l’Allemagne à Henri de Béarn, roi de Navarre, puis roi de Franee, sons le nom de Henri IV ; – II. Rapports de Henri IV avec les princes et les villes d’Allemagne, depuis la conclusion de la paix de Vervins jusqu’à l’expédition de Sedan inclusivement ; – III. Dernières négociations de Henri IV avec les princes allemands et coalition formée contre la branche allemande de la maison d’Autriche. » Ce récit, en dehors de son importance pour l’étude de notre histoire, offre un attrait plus général par la multitude de choses auxquelles il touche et des gens qu’il nous fait connaître par leurs petits et par leurs grands côtés, et par le spectacle qu’il nous donne d’une grande pensée politique s’élevant au-dessus des rivalités de personnes et des haines religieuses dans le seul intérêt de la France." (Revue internationale de l'enseignement, 1887)

ANSERMOZ-DUBOIS (Violette).

Aux sources du quakerisme avec Margaret Fell-Fox.

Genève, Labor et Fides, 1977, pt in-8°, 80 pp, 5 gravures et une carte hors texte, notice chronologique, broché, bon état

APOSTOLIDÈS (Jean-Marie).

Le Roi-machine. Spectacles et politique au temps de Louis XIV.

Editions de Minuit, 1981, in-8°, 164 pp, broché, couv. illustrée, bon état

La minorité privilégiée issue des trois ordres, bénéficiaire de l’accumulation primitive du capital, ne s’est pas pensée comme une classe pendant le règne de Louis XIV : elle constitue une nation, incarnée dans le corps du monarque. Celui-ci est l’intermédiaire obligé par lequel s’énonce tout pouvoir et tout savoir. Les arts, contrôlés par l’État, sont mis à contribution pour rendre tangible l’imaginaire de ce corps symbolique. Metteur en scène de la représentation, roi machiniste qui fait de Versailles un décor permanent, Louis XIV engendre des courtisans qui, doués d’une sensibilité et d’un langage spéciaux, évoluent comme des satellites autour d’un astre lumineux. Mais la politique et l’économie, en s’autonomisant, acquièrent une puissance qui n’est plus contrôlable par un seul homme. Le rapport entre privé et symbolique s’en trouve modifié et l’inorganique envahit le corps du roi. Le prince se change dès lors en roi-machine tandis que la place royale est peu à peu investie par l’administration.

ARGAN (Giulio Carlo).

L'Europe des capitales, 1600-1700.

Genève, Skira, 1964, gr. in-4°, 222 pp, 64 reproductions et photographies en couleurs contrecollées sur 60 planches hors texte, 60 illustrations en noir, index des noms cités, reliure éditeur, jaquette illustrée, rhodoïd, sous emboîtage (très lég. sali), bon état (Coll. Art, Idées, Histoire). Edition originale

"Dans “L'Europe des capitales”, M. Giulio Carlo Argan, de l'Université de Rome, étudie le XVIIe siècle. Celui-ci marque un recul sur l'optimisme logique de la Renaissance ; mais, en même temps qu'il voit le déclin de la pensée abstraite, il consacre le triomphe des images contre les tendances iconoclastes et le puritanisme de la Réforme. La défense et la revalorisation des images aura été la grande affaire du Baroque dont les extériorisations et le triomphalisme rejoignent la pompe de l'absolutisme. Ce moment correspond effectivement à l'apparition en Europe des villes-capitales, représentation monumentale de ce que Mumford appelle « l'idéologie du pouvoir ». Le monument devient le signe de cette idéologie. En fait, une grande partie de l'art du XVIIe siècle tend vers le style monumental dont le langage sera l'allégorie. Ce sens du monumental marque toute la période classique à son apogée, et Poussin saura l'étendre jusqu'aux paysages. Mais il s'agit aussi d'un art conquérant, qui cherche autant à persuader qu'à frapper le regard et les sens. Déjà l'art franchit les enceintes princières ; le monument ne respire plus seulement vers l'intérieur. L'importance des façades, les places, les perspectives, les jardins ouverts au public semblent inviter celui-ci à participer à ces fastes et à ces fêtes. Cet art baroque, où l'on n'a vu longtemps que surcharge et vaine complication, s'inscrit dans le renouvellement des techniques. L'audace, la gratuité, le défi à la pesanteur et à la logique sont à la mesure d'une époque qui pour la première fois envisage de donner à l'univers ses dimensions réelles et invente une nouvelle formule du merveilleux : le temps, l'espace et le mouvement." (Camille Bourniquel, Esprit, 1965)

ARMENGAUD (André).

La Famille et l'enfant en France et en Angleterre du XVIe au XVIIIe siècle. Aspects démographiques.

P., SEDES, 1975, in-12, 193 pp, biblio, broché, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. Regards sur l'Histoire)

Bonne mise au point sur l'histoire de la famille et de l'enfant, issue d'un cours professé en 1974-1975 à l'Université de Toulouse-le Mirail. Bibliographie critique (12 p.) in fine.

ARNAULD (Antoine).

Oeuvres philosophiques. Nouvelle édition collationnée sur les meilleurs textes et précédée d'une introduction par Jules Simon.

P., Charpentier, 1843, in-12, xli-563 pp, reliure demi-veau vert bouteille, dos à 4 faux-nerfs guillochés, fleurons dorés et palette en queue, titres dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), coiffe sup. arasée, un mors faible, bon état

[ARNAULD, Antoine, avec la collaboration de Pierre Nicole].

Logique de Port-Royal, suivie des trois fragments de Pascal sur l'autorité en matière de philosophie, l'esprit géométrique et l'art de persuader ; avec une introduction et des notes par Charles Jourdain.

P., Librairie de L. Hachette, 1861, in-12, lvi-383 pp, reliure demi-toile carmin, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), qqsrousseurs, bon état

"La Logique est de tous les livres de Port-Royal le plus célèbre, celui peut-être qui a le moins perdu aujourd’hui encore... Le premier but de la Logique de Port-Royal n’est pas de former le grammairien, le savant en aucune science, le logicien pur, mais l’homme." (Sainte-Beuve, Port-Royal, V, 72-73) — Son habituelle dénomination de "Logique de Port-Royal", cet Art de Penser d'Antoine Arnauld et Pierre Nicole la mérite tout à fait, et cela en dépit d'un usage et d'un impact dépassant largement et profondément les limites jansénistes. Les deux auteurs, oeuvrant au sein d'un milieu où la théologie et la spiritualité comptaient plus que la philosophie proprement dite, voulaient, pour ainsi dire, enseigner cette dernière, même après la fermeture des "Petites Ecoles" de Port-Royal, à leur "parti", selon leur "parti", et aussi, c'est évident, par les canaux de l'augustinisme et du cartésianisme, à tout le public. Bien juger et comprendre, non seulement bien raisonner, exhorter à l'expression sobre et claire, inculquer et conduire, dans cette optique, une polyvalence intellectuelle aussi mesurée qu'ouverte, voilà la continuation et le couronnement de l'oeuvre accomplie par les "Messieurs" de Port-Royal, qui ont formé un Racine, préludant au développement du célèbre "Classicisme" et au sage perfectionnement du fameux "honnête homme" du XVIIe siècle. L'Art de Penser c'est d'ailleurs, à la différence de la Renaissance trop "subtile" et profane du XVIe siècle contestée par Arnauld et Nicole, un "renouveau" relatif à une logique dynamique, à la fois rigoureuse, équilibrée et riche de réalistes perspectives, fruit, en quelque sorte, d'une culture jansénisante où les exigences d'un christianisme sévère s'allient à un sens de la liberté individuelle fécond, et fécondant dans le domaine des idées.

ARNAULD (Antoine) et Claude LANCELOT.

Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal. Précédée d'un Essai sur l'Origine et les Progrès de la Langue Françoise par M. Petitot ; et suivie du commentaire de M. Duclos, auquel on a ajouté des notes.

P., Bossange et Masson, et R. Madame Mère, 1810, in-8°, (4)-464 pp, seconde édition, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, bon état

La Grammaire de Port-Royal aborde des aspects de la grammaire du français, et des éléments de philosophie du langage, inspiré des Règles pour la direction de l'esprit de Descartes. L'ouvrage sera suivi de la Logique de Port-Royal. Les deux ouvrages portent le nom du haut-lieu du jansénisme Port-Royal des Champs. ''La Grammaire générale, connue sous le nom de Grammaire de Port-Royal est fort estimée''. (Brunet). Antoine Arnauld regrette que la plupart des grammaires du XVIe siècle ne soient que des inventaires se contentant de repérer des similitudes entre des formes et offrir un classement, reprenant de façon constante les grammaires précédentes, position qu'il qualifie de « savoir pauvre » et « condamné à ne connaître toujours de la même chose, mais à ne la connaître qu'au terme jamais atteint d'un parcours indéfini. ». Parallèlement à la mise en place d'un système d'enseignement, il écrit avec Claude Lancelot une grammaire. En lieu et place de suivre la position du XVIe siècle, la Grammaire de Port-Royal aborde la question sous l'angle de la philosophie du langage et tâche de déterminer le problème de la présentation. Arnauld ne voit pas dans l'idiome tant une série de règles simples et immuables, comme l'algèbre, mais une évolution naturelle.

ARONSON (Nicole).

Mademoiselle de Scudéry, ou le voyage au pays de Tendre.

Fayard, 1986, in-8°, 428 pp, broché, couv. illustrée, bon état

Née à la fin du règne d'Henri IV, morte à l'orée du siècle des Lumières, Mlle de Scudéry est contemporaine de Corneille; pourtant, à la fin de sa vie, elle a fréquenté le parrain de Voltaire, sans cesser d'être l'amie et la protégée de Mme de Maintenon. Ces contrastes sont caractéristiques de son existence, qui tente de concilier l'inconciliable: être cultivée à une époque où cela n'était pas une qualité pour les femmes, écrire toute une oeuvre littéraire mais sans la reconnaître officiellement pour sienne, ou avoir un salon sans être traitée de femme savante. Très appréciée dans les milieux mondains, Mlle de Scudéry savait également goûter les charmes de la solitude et de la nature. Elle habita plus de cinquante ans rue de Beauce, d'abord avec son frère dont elle fut la collaboratrice, puis seule, ayant choisi de passer sa vie dans le célibat. Elle voyait l'amour platonique tel qu'il existe au Pays de Tendre et tel qu'elle l'a vécu avec Pellisson, non comme une mutilation mais comme une voie libératrice, à une époque où mariage signifiait contrainte pour la femme, éternelle mineure soumise à son mari et condamnée par l'Eglise, par la société et la pauvreté des moyens contraceptifs à des grossesses répétées. Auteur de grands succès de librairie traduits dans les principales langues européennes, en relations épistolaires avec la princesse de Brunswick ou Christine de Suède, lue par Mme de La Fayette et Bossuet, La Fontaine et Mme de Sévigné mais aussi Dryden, Steele ou Leibniz, Mlle de Scudéry fait éclater le cadre "précieux" auquel on l'associe souvent, mais dans lequel il n'est pas possible d'enfermer sa célébrité internationale.

ASHLEY (Maurice).

Le Grand Siècle. L'Europe de 1598 à 1715.

Fayard, 1972, in-8°, 290 pp, traduit de l'anglais, 64 pl. de gravures hors texte, 6 cartes, biblio, index, cart. éditeur, jaquette, bon état (Coll. L'Aventure des civilisations)

"Il est bien connu que les historiens français, même universitaires, ne lisent pas beaucoup les historiens étrangers, surtout quand ces derniers ont le front de s'occuper de la France. Les historiens étrangers adoptent habituellement l'attitude inverse, qui les honore. Est-ce pour rapprocher les premiers des seconds que la vénérable collection jaune de chez Fayard présente tant d'œuvres traduites dans sa série "l'Aventure des civilisations" ? Traduites surtout de l'anglais, choix heureux, puisque l'école, ou plutôt les écoles historiques anglaises persistent à rester, quoi qu'on prétende, les meilleures. Après l'éclatante et presque insolente " Ère des révolutions " d'Éric Hobsbawn, typique d'une certaine "gauche" britannique, voici "le Grand Siècle" de Maurice Ashley, le livre de la sérénité et de l'indépendance. Un ouvrage bref, sobre, qui ne tonne, ni ne claironne, ni ne prêche ; le reflet d'une lecture et d'une culture d'une vaste et noble discrétion, naturellement internationales l'une et l'autre ; pourtant, une vision personnelle, plus suggérée que proclamée ; des vérités avancées plus qu'assenées ; des sourires toujours de bonne compagnie ; un souci constant et une honnêteté rare pour rétablir les perspectives les plus justes, les plus européennes, et explorer tous les domaines, la philosophie comme la si matérielle démographie populaire ; presque aucun de ces tics habituels aux Anglais (qui connaissent bien les nôtres), même pas cette manie de vouloir à tout prix soutenir une "thèse", habituellement retentissante autant qu'absurde ; rien qu'un léger antipapisme, en fin de compte salutaire..." (Pierre Goubert, Le Monde, 15 mars 1973) — "La traduction élégante du « Grand Siècle » de Maurice Ashley permettra au lecteur français de se familiariser avec une oeuvre d'un charme un peu désuet en dépit de la vigueur d'une synthèse difficile et intelligemment surmontée. Le Grand Siècle, pour Ashley, est littéralement le siècle de la grandeur, symbolisée par Versailles et la gloire du Roi-Soleil. (...) Ce que l'auteur admire le plus, c'est ce que cette civilisation condamne : la liberté d'esprit, mais les auteurs ne s'expriment qu'avec réticence, la tolérance religieuse, mais celle-ci ne triomphe qu'exceptionnellement. Et pourtant à ne regarder que la floraison de savants, de poètes, d'artistes, qui ne consentirait à voir dans ce siècle de guerres et de révolutions un nouvel Age d'Or ? C'est que l'histoire ici se situe sur les sommets, ne concerne guère que les élites, tandis que les peuples « accaparés par l'interminable lutte pour la vie » ne représentent que chair à canon indispensable au prince et producteurs économiques, étrangers aux progrès de la civilisation. Et tant pis si pour eux le siècle est un âge de fer. On ne s'étonnera donc pas que la guerre et les relations diplomatiques occupent une place primordiale dans un livre consacré aux États et au « concept historique » d'Europe beaucoup plus qu'aux sociétés." (Guy Chaussinand-Nogaret Guy, Annales ESC, 1974)

AUDEBERT (R. P. Dom Bernard).

Les mémoires du R. P. dom Bernard Audebert. Estant Prieur de St-Denis et depuis assistant du R. P. Général, publiés par le R. P. dom Léon Guilloreau, moine bénédictin.

P., Jouve, 1911, gr. in-8°, xvi-333 pp, index, broché, dos lég. jauni, bon état (Coll. Archives de la France monastique, vol. XI)

"Il est impossible de s'intéresser à l'histoire de la congrégation de Saint-Maur, c'est-à-dire l'histoire des plus célèbres représentants de l'érudition française, et de ne pas savoir gré au R. P. dom Guilloreau d'avoir exhumé du vénérable manuscrit de la Bibliothèque nationale, où ils reposaient, les Mémoires de dom Audebert, à qui un bibliothécaire avisé a donné le sous-titre de Chroniques de la congrégation de Saint-Maur depuis 1642 jusqu'en 1654. La nature du livre est ainsi fort bien indiquée et si, lisant la substantielle préface de l'éditeur, on apprend l'importance du rôle joué dans la congrégation par le moine qui occupa des postes élevés, y jouit d'une haute autorité, organisa les études, devina et tira de l'ombre dom Mabillon et lui suggéra l'entreprise de ses plus fameux travaux, forma plusieurs autres savants moines comme dom Garet, dom Gerberon, dom Guérard, on comprend facilement l'intérêt que peuvent présenter les récits, les observations et les jugements d'un homme supérieur par l'esprit et par le rang, portant sur la vie du plus laborieux des Ordres pendant douze années du grand siècle. Quand dom Audebert entra dans l'Ordre de saint Benoît, la congrégation comptait soixante-seize membres. Lorsqu'il mourut, en 1675, plus de trois mille religieux occupaient les cent soixante dix-huit monastères qu'avait reconquis la Réforme, à laquelle ce puissant cerveau avait activement collaboré. Il n'en faut pas dire plus pour faire regretter vivement que ses souvenirs, qui fourmillent de gros et de menus faits, d'événements historiques comme la désunion avec Cluny et les troubles suscités par les menées de dom Faron de Chalus, et de minces épisodes de vie intérieure, ne soient consignés que pour un petit laps de temps. L'édition est de tous points satisfaisante. Le R. P. dom Guilloreau ne l'a pas seulement pourvue d'une excellente introduction sur la vie et les mérites de l'auteur, mais discrètement, sans la charger de commentaires inutiles et fastidieux, il en a éclairé le texte par d'excellentes notes biographiques sur tous les personnages cités et ayant quelque notoriété, ainsi que par d'exactes et complètes identifications des noms de lieux. Une bonne table onomastique couronne l'oeuvre qui fait honneur à la collection des Archives de la France monastique, dont elle forme un des meilleurs volumes." (J. Chavanon, Bibliothèque de l'école des chartes, 1911)

AULNOY (Comtesse d').

Mémoires. Notice biographique par Mme Carette, née Bouvet.

Albin Michel, 1926, in-12, 318 pp, broché, bon état (Coll. Choix de mémoires et écrits des femmes françaises aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles)

AUSSARESSES (F.) et H. GAUTHIER-VILLARS.

La vie privée d'un prince allemand au XVIIe siècle. L'Electeur Palatin Charles-Louis (1617-1680).

Plon, 1926, in-12, v-236 pp, un portrait en frontispice, sources, reliure demi-percaline bordeaux, pièce de titre basane fauve, dos lisse orné d'un fleuron et d'un double filet doré en queue, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

AVENEL (Vicomte G. d').

Richelieu et la Monarchie absolue. Tome 4 : Administration générale, justice (suite et fin), Administration provinciale et communale.

Plon, 1895, in-8°, 453 pp, broché, couv. défraîchie et lég. abîmée, qqs rousseurs éparses, état correct

AYMARD (Maurice) et Marzio-A ROMANI (dir.).

La Cour comme institution économique. 12ème Congrès International d'Histoire Economique Séville-Madrid, 24-28 août 1998 / Twelfth International Economic History Congress Seville-Madrid, 24-28 August 1998.

P., Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1998, in-4°, 217 pp, broché, couv. illustrée, bon état. 16 études érudites en français (6), anglais (8), espagnol (1) et italien (1).

Longtemps négligées par les historiens, les cours royales et princières de l'Europe médiévale et moderne ont trouvé depuis vingt ou trente ans, grâce en particulier à Norbert Elias, une place centrale dans une histoire désormais plus attentive aux cultures, aux comportements et aux pratiques sociales des élites, et à leur influence sur le reste de la société. Les historiens de l'économie ont pourtant continué à les reléguer au second plan, comme ils l'ont fait d'ailleurs, jusqu'à une date toute récente, pour la majorité des institutions de l'économie d'Ancien Régime. Tout au plus acceptent-ils de leur appliquer des catégories d'analyse empruntée à l'anthropologie économique, et de parler d'économie de prestige, de dépense somptuaire et de destruction ostentatoire des richesses. Le tout situé dans une phase réputée "primitive" de l'émergence d'Etats qui cherchent à s'établir dans la durée, mais s'identifient encore avec une personne. Les études réunies dans ce livre partagent la même volonté de se libérer de ces stéréotypes, et de décrire la logique institutionnelle qui a présidé à l'émergence et à la consolidation d'un modèle original de gouvernement central. Celui-ci se retrouve hors d'Europe, à la même époque, sous d'autres formes : ainsi dans l'Empire ottoman, dans l'Inde prémogole et mogole, en Chine ou dans le Japon des Tokugawa. Il a pour originalité de juxtaposer, mais pour mieux réussir ensuite à les séparer, des fonctions administratives et d'autres, plus difficiles à définir, qui s'organisent autour du service personnel du prince. Comme les armées permanentes, dont elles précèdent la création, les cours regroupent des effectifs importants, mobilisent des ressources croissantes en argent et en nature, provoquent la mise en place de circuits économiques nouveaux, fixent des normes de consommation et de dépense, disciplinent les comportements individuels et collectifs, suscitent chez les acteurs des attentes et des stratégies rationnelles fondées sur une information partagée. Elles possèdent ainsi tous les traits que les économistes reconnaissent aujourd'hui aux institutions qui constituent le cadre non marchand nécessaire au fonctionnement de toute économie marchande.

BACHELIER (A.).

Essai sur l'Oratoire à Nantes au XVIIe et au XVIIIe siècles.

P., Nizet et Bastard, 1934, gr. in-8°, 150 pp, 2 planches hors texte, un plan, index, broché, bon état

"Le travail de M. l'abbé Bachelier comble une lacune de la littérature historique puisque, de 1613 à 1792, il donne une histoire d'ensemble d'un des plus importants collèges de l'Oratoire sous l'Ancien Régime. L'exposé, fort clair, qui se déroule sur un plan chronologique, apporte du nouveau ; particulièrement sur la construction des bâtiments, la nature et la valeur des rentes et fondations, les règlements (p. 69-70), les origines de la bibliothèque municipale, les rapports entre les Oratoriens et la municipalité. M. Bachelier a eu l'excellente idée de donner deux bonnes photographies : de la façade et de l'escalier du collège, de reproduire le plan Crucy de 1792, de publier, en appendice, un éloge en vers latins d'Innocent XI, des positions de thèses en 1682 et 1752, une liste de quatre-vingt-huit Nantais élèves du collège au XVIIIe siècle..." (E. Préclin, Revue Historique, 1935) — "Le collège de l'Oratoire, installé à Nantes en 1617, y fut jusqu'à la Révolution le principal établissement d'enseignement secondaire. M. A. Bachelier nous renseigne abondamment sur les circonstances de la fondation du collège, les conflits entre Oratoriens et Jésuites, les prétentions de l'Oratoire, devenu maître de la faculté des Arts à l'Université de Nantes, à s'attribuer dans la ville le monopole de l'enseignement secondaire ; il nous apprend comment la bibliothèque du collège devint, en 1753, bibliothèque publique municipale. Tout cet exposé est clair et précis. Un ouvrage solide et consciencieusement préparé et qui complète utilement la thèse principale de son auteur sur le Jansénisme à Nantes." (A. Rébillon, Annales de Bretagne, 1934) — "L'histoire de l'Oratoire nantais se développe entre les années 1613 et 1792. On trouvera dans le livre de M. Bachelier des détails savoureux concernant la vie du collège des Oratoriens ; études, recrutement, discipline, méthodes de travail, tout ce que le P. Lallemand avait déjà si bien indiqué, trouve ici des exemples concrets du plus grand intérêt. La fortune du collège oratorien subit, aux XVIIe et XVIIIe siècles, bien des vicissitudes. Il fallut se défendre contre les Jésuites, établis à Nantes depuis 1665, et contre les Dominicains, en 1686, et contre les maîtres de pension, ecclésiastiques et laïcs, qui s'installaient en grand nombre, tantôt favorisés, tantôt abandonnés par la municipalité. En fait, la belle période est terminée vers 1716, où, de 110 élèves, le cours de théologie n'en conserve plus qu'une vingtaine. Le collège s'abîmait, lui aussi, en une longue décadence : 75 pensionnaires en 1769, 63 en 1770, 53 en 1771, 52 en 1772, 40 en 1774, 11 en 1786. La chute était implacable : elle tenait à des causes que M. Bachelier a bien analysées..." (Joseph Dedieu, Revue d'histoire de l'Église de France, 1935)

BADALO-DULONG (Claude).

Trente ans de diplomatie française en Allemagne : Louis XIV et l'Electeur de Mayence (1648-1678).

Plon, 1956, in-8°, 261 pp, une carte hors texte, broché, bon état

"Etude historique reposant sur la correspondance de l'abbé de Gravel, mauvais ecclésiastique et bon diplomate, qui occupa longtemps d'importantes fonctions diplomatiques, notamment à Mayence. Il n'est pas certain, contrairement à ce que dit la prière d'insérer, que toute la genèse des relations franco-allemandes soit à chercher dans la période 1648-1678 ; mais le livre présente un vivant et parfois sévère tableau de la diplomatie française en Allemagne au temps de Louis XIV." (Revue française de science politique, 1956)

BAEHREL (René).

Une croissance : la Basse-Provence rurale (fin XVIe siècle - 1789). Essai d'économie historique statistique. (Thèse).

Ecole pratique des hautes études / SEVPEN, 1961, fort et gr. in-8°, 842 pp, tableaux, biblio, index, broché, bon état, envoi a.s.

BAILLY (Auguste).

Le Règne de Louis XIV.

Flammarion, 1946, pt in-8°, 506 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs orné, titres et fleuron dorés, couv. conservées, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Edition originale sur Beau Vélin. Très bien relié

BAILLY (Auguste).

Le Règne de Louis XIV.

Flammarion, 1946, pt in-8°, 506 pp, broché, bon état. Edition originale sur Beau Vélin

BAILLY (Auguste).

Mazarin.

Fayard, 1942, in-12, 349 pp, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 5 nerfs, titres et fleurons dorés, tranches mouchetées, 1er plat de couv. conservé, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

BARBICHE (Bernard).

Les institutions de la monarchie française à l'époque moderne (XVIe-XVIIIe siècle).

PUF, 2001, in-8°, 430 pp, 2e édition revue et corrigée, biblio, index, broché, couv. illustrée d'une photo de l'auteur, bon état

Quelle était la nature du pouvoir monarchique en France à l'époque moderne ? Que faut-il entendre par "absolutisme" ? Comment le roi gouvernait-il ? Par quels actes faisait-il connaître ses volontés ? Quels agents exécutaient ses ordres ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ce manuel s'efforce de répondre, en présentant méthodiquement les principales institutions centrales et provinciales de l'ancienne France. Une large place a été faite à la structure des départements ministériels, à leurs bureaux et à leur personnel, à leur cadre et à leurs méthodes de travail, de même qu'aux dépôts d'archives, dont la constitution est l'un des effets de la croissance de l'État et du développement de la bureaucratie. Le livre prend en compte l'apport de l'histoire administrative, qui a connu ces dernières années un essor remarquable à l'initiative des administrations elles-mêmes. De nombreux renvois de page à page, un index détaillé et des orientations bibliographiques facilitent sa consultation et son maniement.

BARINE (Arvède).

La Jeunesse de la Grande Mademoiselle (1627-1652).

Hachette, 1901, in-12, viii-336 pp, reliure demi-percaline verte, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

BARRIE-CURIEN (Viviane)(dir.).

Guerre et pouvoir en Europe au XVIIe siècle.

Henri Veyrier, 1991, gr. in-8°, 206 pp, 21 gravures, 3 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

Ce livre approfondit le contexte et les enjeux des relations internationales dans l'Europe du XVIIe siècle. Il offre la première synthèse complète des rapports de force entre ces diverses puissances et leur vision des affrontements armés, de la guerre de Trente ans à la veille du règne de Pierre le Grand. 8 études érudites par V. Barrie-Curien, André Bérélowitch, Jean Béranger (la diplomatie impériale), Jean Chagnot (Ethique et pratique de la profession des armes chez les officiers français), Georges Dethan, Nicole Ferrier-Caverivière, Jean-François Pernot (Guerre de siège et places fortes), René Pillorget. Conclusion par Y.-M. Bercé.

BASCHET (Armand).

Le Roi chez la Reine. Histoire secrète du mariage de Louis XIII et d'Anne d'Autriche.

Plon, s.d. (1933), in-12, 317 pp, nouvelle édition, 8 gravures hors texte, cartonnage éditeur, état correct (Coll. Bibliothèque historique Plon)

BATIFFOL (Louis).

La Vie de Paris sous Louis XIII. L'existence pittoresque des Parisiens au XVIIe siècle.

Calmann-Lévy, 1932, pt in-8°, iii-252 pp, une gravure sur double page hors texte, reliure demi-percaline bleue, pièce de titre basane caramel, dos lisse avec fleuron, date et double filet dorés en queue, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), bon état (Coll. Notre vieux Paris)

BATIFFOL (Louis).

La vie intime d'une reine de France au XVIIe siècle, Marie de Médicis.

Calmann-Lévy, s.d. (1931), 2 vol. in-12, iii-326 et 241 pp, un portrait en frontispice au tome I, index, brochés, papier lég. jauni, état correct (Collection historique)

BATIFFOL (Louis).

Le Louvre sous Henri IV et Louis XIII. La vie de la cour de France au XVIIIe siècle.

Calmann-Lévy, 1930, pt in-8°, 232 pp, une gravure et 3 plans hors texte, broché, bon état (Coll. Châteaux, décors de l'histoire)

"M. Louis Batiffol connaît mieux que personne le Louvre, Louis XIII et Marie de Médicis car il leur a consacré quelques-uns des meilleurs morceaux de son importante oeuvre historique. Ce nouveau livre, dont le titre résume exactement la matière, est un très bon livre, solide, précis, vivant, évocateur. D'abord, le décor, ce Louvre dont Louis XIII recommence la construction et qui n'a point cessé, un seul instant du règne, d'être en complète transformation ! Nous songeons toujours au Louvre de Louis XIV. Mais le Louvre d'Henri IV était si délabré qu'en y rentrant pour la première fois Marie de Médicis, jeune mariée, crut qu'on la voulait moquer. Le Louvre de Louis XIII menaçait ruine à tel point qu'au moment de la Journée des Dupes le Roi habitait à l'Hôtel des Ambassadeurs, rue de Tournon ! Mais la religion monarchique existait déjà sous le règne de Henri IV puisque les princesses du sang et les dames de la cour ne passaient jamais devant le lit du Roi sans faire la révérence. Et l'appartement de la Reine paraît avoir été particulièrement somptueux. La Cour comprenait 1.517 personnes sous Henri IV et 1.132 sous Louis XIII, mais un nombre infime de ces courtisans avait seul le droit d'habiter au Louvre. Dès cinq heures du matin l'officier de service ouvrait la grande porte du Palais aux huissiers, valets et garçons qui venaient nettoyer, fort soigneusement les appartements. A six heures, les courtisans commençaient à arriver et à attendre le lever du Roi, en remplissant les antichambres de leur foule trop bruyante. Mais à onze heures du soir, après qu'un archer eut crié, par trois fois au milieu de la cour que les issues allaient être closes, le Louvre était fermé comme un Musée ou comme une prison. Le Capitaine de garde donnait à ses soldats le mot, que le Roi en personne lui avait passé, et il emportait les clefs dans son appartement. Singulier mélange en ce début du grand Siècle de traditions médiévales et de domesticité des habitués de la Cour ! Un livre si vivant, si bourré de faits curieux, ne saurait se résumer, car il est la chronique même du Louvre sous deux de nos Rois. Nous en recommandons vivement la lecture à ceux qui veulent déchiffrer le visage véritable d'Henri IV, de Louis XIII et de leur entourage." (Georges Huisman, La Quinzaine critique des livres et des revues, 25 avril 1931)

BATIFFOL (Louis).

Richelieu et Corneille. La légende de la persécution de l'auteur du « Cid ».

Calmann-Lévy, 1936, pt in-8°, vi-197 pp, une gravure hors texte, broché, bon état (Nouvelle collection historique)

"Décidément, il faut faire notre deuil de la vieille légende de Corneille persécuté par Richelieu après le triomphe du Cid. Croyons sur ce propos M. Batiffol en son tout récent livre. Comme par hasard sur ce sujet, ainsi que sur nombre d'autres, les manuels ont dit cent sottises. Ils énumérent comme suit les griefs du cardinal : piaffante indépendance de Corneille au sein du fameux groupe des cinq auteurs ; l'irritante question espagnole, si imprudemment soulevée par le poète en sa pièce à un moment ou la France était aux prises avec l'Espagne ; enfin la multiplication des duels dans le Cid au temps même des édits portés contre cette folle mode. De cette triple source, fictive du reste, et de quelques autres provinrent, affirma sans broncher plus d'un auteur, ce que Tallemant des Réaux avait appelé la jalousie enragée du cardinal et la dure épreuve de Corneille..." (La Croix, 1936)

BATIFFOL (Louis).

Richelieu et Corneille. La légende de la persécution de l'auteur du « Cid ».

Calmann-Lévy, 1936, pt in-8°, vi-197 pp, une gravure hors texte, broché, bon état (Nouvelle collection historique). Edition originale, un des 100 ex. numérotés sur vélin du Marais (seul grand papier)

"Décidément, il faut faire notre deuil de la vieille légende de Corneille persécuté par Richelieu après le triomphe du Cid. Croyons sur ce propos M. Batiffol en son tout récent livre. Comme par hasard sur ce sujet, ainsi que sur nombre d'autres, les manuels ont dit cent sottises. Ils énumérent comme suit les griefs du cardinal : piaffante indépendance de Corneille au sein du fameux groupe des cinq auteurs ; l'irritante question espagnole, si imprudemment soulevée par le poète en sa pièce à un moment ou la France était aux prises avec l'Espagne ; enfin la multiplication des duels dans le Cid au temps même des édits portés contre cette folle mode. De cette triple source, fictive du reste, et de quelques autres provinrent, affirma sans broncher plus d'un auteur, ce que Tallemant des Réaux avait appelé la jalousie enragée du cardinal et la dure épreuve de Corneille..." (La Croix, 1936)

BAUMAL (Francis).

Tartuffe et ses avatars : de Montufar à Dom Juan. Histoire des relations de Molière avec la Cabale des Dévots.

P., Emile Nourry, 1925, pt in-8°, xix-297 pp, pièces justificatives, broché, état correct

Etude pénétrante. — "Dans un livre fort intéressant, publié en 1925, “Tartuffe et ses avatars”, M. Francis Baumal raconte la vie d'un certain Jacques Crétenet, dont il fait le prototype de Tartuffe. Crétenet, ancien barbier tombé dans la dévotion, et qui s'accusait d'être un pécheur et un ignorant, après avoir longtemps rasé les visages, se mit, plus tard, à diriger les âmes. Il fut à Lyon, quoique simple laïque, un directeur de conscience. Des prêtres même se confièrent à lui. D'autres, moins dociles, protestèrent. L'autorité écclésiastique s'émut et intervint. On accusa Crétenet de « former une cabale ». C'était le grand mot, le mot terrible, qui avait conduit Simon Morin au bûcher, mais l'orthodoxie de Crétenet ne donnait aucune prise à la critique. On ne lui reprochait qu'un excès de zèle et une usurpation de fonctions. Or, ceci se passait en 1652, à un moment où Molière, dans une de ses tournées théâtrales, arrivait à Lyon. Qu'il se soit intéressé à ces démêlés de prêtres et de dévots, qu'il ait pu en avoir connaissance, M. Francis Baumal l'admet et l'affirme, mais il n'en donne aucune preuve ni aucun semblant de preuve. La thèse de M. Francis Baumal a été combattue par M. l'abbé Brémond qui, dans son “Histoire du sentiment religieux ern France” (tome VI) dépeint Crétenet comme un personnage plutôt sympathique, d'une piété non douteuse, et qui, pendant la peste de Lyon en 1628, montra un grand dévouement..." (Henri d'Alméras, “Le Tartuffe de Molière”, 1928)

BEAUCORPS (Charles de).

L'administration des intendants d'Orléans de 1686 à 1713. Jean de Creil, André Jubert de Bouville, Yves de la Bourdonnaye. Une province sous Louis XIV. (Thèse).

Genève, Mégariotis, 1978, in-8°, xviii-460 pp, un portrait d'André Jubert de Bouville en frontispice, sources, index, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, bon état (réimpression de l'édition d'Orléans, 1911)

"L'Orléanais était une province que sa composition géographique faisait participer de régions bien diverses. S'étendant sur l'Orléanais lui-même, le Bressois, le Dunois, le Vendômois, le Chartrain, elle comprenait, d'autre part, toute une partie du Giennois et pénétrait même dans l'Yonne et le Nivernais. Elle présente par suite des aspects, des territoires, des ressources et des intérêts les plus variés. Retracer l'activité multiple des hommes qui se trouvèrent à la tête de l'administration d'une telle province, tel était l'objet que M. de Beaucorps s'était proposé et qu'il a pleinement atteint. Son étude est très claire et très nettement divisée. Une première partie retrace la formation de l'intendance et en donne une description bien complète. Puis l'auteur nous présente les personnages qui l'administrèrent durant la période qu'il s'est proposé de retracer, les situant avec suffisamment de détails pour que leur physionomie nous devienne bien connue. Il entre ensuite dans le détail de leur administration, examinant successivement les divers points sur lesquels dut s'exercer leur autorité : impositions, taxes, capitation, aides, gabelles, monnaies, administration communale, travaux publics, affaires militaires, justice, police, affaires religieuses, commerce des blés, assistance. Certains de ces chapitres sont particulièrement intéressants, tel celui qui concerne les protestants ; l'Orléanais fut, en somme, assez favorable à la Réforme, et les détails fournis sur la révocation de l'Édit de Nantes présentent un curieux intérêt. Certains autres consacrés aux affaires militaires, à une époque où la guerre sévissait partout sans interruption, aux récoltes de blé et aux disettes seront consultés avec fruit. Tout ce qui concerne les canaux d'Orléans a été très clairement exposé. (...) Cet important ouvrage apporte une très utile contribution à l'histoire administrative et économique de l'ancienne France." (Léon Mirot, Bibliothèque de l'école des chartes, 1913)

BEAUNIER (André).

La Jeunesse de Madame de La Fayette.

Flammarion, 1921, in-12, 286 pp, notes, broché, couv. lég. salie, bon état

"A propos de M. Huet, l'évêque d'Avranches, et de Gilles Ménage, son ami, André Beaunier a tracé un jour un éloge charmant de la futilité qu'on trouve aux personnes savantes. J'imagine qu'en écrivant ce joli morceau, dans son livre sur “La jeunesse de Madame de La Fayette”, Beaunier dut penser un peu à lui-même, qui avait cette futilité exquise, laquelle, s'amusant de philologie, de grammaire, de style, y apporte une minutie exemplaire, une complaisance d'horloger. Quand il poursuivait avec une fine application le soin d'élucider quelques subtils problèmes d'histoire littéraire, comme dans sa “Lafayette”, son “Joubert” ou ses “Trois Amies de Chateaubriand”, André Beaunier semblait toujours écrire d'un crayon pointu, dérobé à l'atelier de quelqu'un de ces dessinateurs parfaits du XVIIIe, qui nous ont laissé à côté de toiles plus illustres ou plus ambitieuses de si vivants, gracieux et parlants portraits. Cet art du portrait littéraire, hérité de Saint-Beuve, Beaunier aura peut-être été le dernier à le posséder. Il excellait à mettre en lumière ces physionomies souvent confuses, qu'on aperçoit difficilement dans la pénombre du passé, autour des éclatantes images des grands hommes. Il savait restituer à la vie ces êtres incertains, charmants, plus faits pour le demi-jour du cabinet que pour la vive lumière des tréteaux, mais qui, souvent, plus que ces grands hommes eux-mêmes, fixent une manière de sentir et représentent au juste point le goût, l'intelligence, la sensibilité d'une époque. J'admire beaucoup, pour ma part, cette capacité de sympathie, de pénétration dont Beaunier faisait montre à l'égard de ces minores, de ces délicats, de ces précieux et de ces grotesques, qui s'appellent Joubert, Fontanes, Ménage, Restif de la Bretonne ou Grimod de la Reynière ; de ces créatures délicieuses, Pauline de Beaumont, Hortense Allart de Meritens ou Juliette Récamier, dont il nous a décrit les mouvements, d'une touche si ajustée, si méticuleuse et si jolie. Autant que le romancier, et plus peut-être, l'historien littéraire est le peintre exceptionnel de la vie. Pour ranimer exactement celle des fantômes qu'il aimait, André Beaunier disposait d'une érudition nourrie, et d'une très vive intelligence critique. Voyez ce que des lettres de Mme de La Fayette à Ménage, par exemple, il a su tirer, faire miraculeusement foisonner, pour la meilleure compréhension de l'auteur de la Princesse de Clèves. Si quelqu'un jamais a su lire, expliquer, déduire et faire comprendre, ce fut notre ami, cet inflexible et sinueux, ce sévère et courtois Beaunier, qui ne vécut que de l'amour des lettres... Dans un temps où personne, à peu près, ne se soucie plus de bien écrire, il écrivait bien. C'est, somme toute, une vertu chez un écrivain." (Émile Henriot, L'Ami du lettré, 1927)

BEAUNIER (André).

La Jeunesse de Madame de La Fayette.

Flammarion, 1921, in-12, 286 pp, notes, reliure demi-percaline gris-clair, dos lisse, pièce de titre basane noire et fleuron doré, couv. (lég. salie) conservée (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

"A propos de M. Huet, l'évêque d'Avranches, et de Gilles Ménage, son ami, André Beaunier a tracé un jour un éloge charmant de la futilité qu'on trouve aux personnes savantes. J'imagine qu'en écrivant ce joli morceau, dans son livre sur “La jeunesse de Madame de La Fayette”, Beaunier dut penser un peu à lui-même, qui avait cette futilité exquise, laquelle, s'amusant de philologie, de grammaire, de style, y apporte une minutie exemplaire, une complaisance d'horloger. Quand il poursuivait avec une fine application le soin d'élucider quelques subtils problèmes d'histoire littéraire, comme dans sa “Lafayette”, son “Joubert” ou ses “Trois Amies de Chateaubriand”, André Beaunier semblait toujours écrire d'un crayon pointu, dérobé à l'atelier de quelqu'un de ces dessinateurs parfaits du XVIIIe, qui nous ont laissé à côté de toiles plus illustres ou plus ambitieuses de si vivants, gracieux et parlants portraits. Cet art du portrait littéraire, hérité de Saint-Beuve, Beaunier aura peut-être été le dernier à le posséder. Il excellait à mettre en lumière ces physionomies souvent confuses, qu'on aperçoit difficilement dans la pénombre du passé, autour des éclatantes images des grands hommes. Il savait restituer à la vie ces êtres incertains, charmants, plus faits pour le demi-jour du cabinet que pour la vive lumière des tréteaux, mais qui, souvent, plus que ces grands hommes eux-mêmes, fixent une manière de sentir et représentent au juste point le goût, l'intelligence, la sensibilité d'une époque. J'admire beaucoup, pour ma part, cette capacité de sympathie, de pénétration dont Beaunier faisait montre à l'égard de ces minores, de ces délicats, de ces précieux et de ces grotesques, qui s'appellent Joubert, Fontanes, Ménage, Restif de la Bretonne ou Grimod de la Reynière; de ces créatures délicieuses, Pauline de Beaumont, Hortense Allart de Meritens ou Juliette Récamier, dont il nous a décrit les mouvements, d'une touche si ajustée, si méticuleuse et si jolie. Autant que le romancier, et plus peut-être, l'historien littéraire est le peintre exceptionnel de la vie. Pour ranimer exactement celle des fantômes qu'il aimait, André Beaunier disposait d'une érudition nourrie, et d'une très vive intelligence critique. Voyez ce que des lettres de Mme de La Fayette à Ménage, par exemple, il a su tirer, faire miraculeusement foisonner, pour la meilleure compréhension de l'auteur de la Princesse de Clèves. Si quelqu'un jamais a su lire, expliquer, déduire et faire comprendre, ce fut notre ami, cet inflexible et sinueux, ce sévère et courtois Beaunier, qui ne vécut que de l'amour des lettres... Dans un temps où personne, à peu près, ne se soucie plus de bien écrire, il écrivait bien. C'est, somme toute, une vertu chez un écrivain." (Émile Henriot, L'Ami du lettré, 1927)

BENNASSAR (Bartolomé).

L'Angleterre au XVIIe siècle (1603-1714).

Europe Editions, s.d. (v. 1968), in-4°, 76 pp, texte dactylographié, chronologie, biblio, un plan de Londres au XVIIe siècle, broché, pt mque au coin du 1er plat, qqs marques au stylo, bon état

BERGIN (Joseph).

Pouvoir et fortune de Richelieu.

Laffont, 1987, in-8°, 381 pp, traduit de l'anglais, préface de Pierre Goubert, généalogie, cartes, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Hommes et l'Histoire)

Un livre tout à fait original et solide qui apporte beaucoup de nouvelles perspectives sur le Cardinal-Ministre. Il révèle, à partir d'archives jusqu'alors inexploitées, les sources financières et territoriales de la puissance politique du cardinal. — "Le cardinal, on le sait maintenant, avait conquis la seconde fortune en terres, argent et offices de l'Ancien Régime (Mazarin bon premier, évidemment). Un livre qui restera comme la référence essentielle sur la question." (Le Choix des Annales, Annales ESC, 1988)

BERTAUD (Madeleine).

La Jalousie dans la littérature au temps de Louis XIII. Analyse littéraire et histoire des mentalités. (Thèse).

Genève, Droz, 1981, gr. in-8°, xii-423 pp, ù

"Fut-on particulièrement jaloux à l'époque de Louis XIII ? Madeleine Bertaud l'affirme qui, se déclarant plus curieuse de l'homme que du style, nous convie à une large et minutieuse enquête de mentalité à travers la littérature morale et la littérature de fiction de 1610 à 1643. Ce qu'elle attend d'abord des nombreuses oeuvres analysées, c'est un témoignage direct sur ce qu'étaient les hommes de cette génération, sur la façon dont ils vivaient, car selon ses propres termes, « l'époque de Louis XIII ne mit pas d'écran déformant entre littérature et réalité »..." (Chantal Morlet-Chantalat, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1983)

BERTIÈRE (Simone).

Condé, le héros fourvoyé.

Editions de Fallois, 2011, gr. in-8°, 542 pp, 16 pl. de gravures en noir et en couleurs hors texte, 3 tableaux généalogiques, 4 cartes, repères chronologiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

A vingt-deux ans, il passait pour l'égal de César et d'Alexandre. De 1643 à 1648, durant la guerre franco-espagnole, il accumula les exploits et devint l'idole de la jeune noblesse d'épée. Il avait tout, naissance et fortune. Il ne lui manquait que d'être roi. Se croyant tout permis, il rejetait obstacles et interdits et cultivait le scandale. L'action politique, où il s'engagea imprudemment, fut son talon d'Achille. Il soutint d'abord Anne d'Autriche et Mazarin lorsque les magistrats déclenchèrent contre eux la Fronde parlementaire. Mais pour prix de ses services, il montra une telle arrogance et afficha des prétentions si outrées qu'elles lui valurent une année de prison. A sa sortie, il se jeta dans une guerre civile qu'il perdit et, plutôt que de s'incliner, il alla mettre son génie militaire au service des Espagnols, sans pouvoir empêcher leur défaite finale. De retour après la paix des Pyrénées, il se résigna à n'être qu'un homme privé, dans une France qui avait profondément changé. Il opéra alors une extraordinaire mutation psychologique et morale, faisant de son domaine de Chantilly un haut lieu de culture, de tolérance et de paix. A travers l'histoire d'un héros, ce livre invite à réfléchir à la gloire, à ses enjeux, à ses dérives. En arrière-plan, il évoque, avec la régente, Gaston d'Orléans, Mazarin, Turenne et le jeune Louis XIV, les grandes figures d'une époque où les derniers sursauts de l'esprit féodal s'effacent pour laisser place à la France moderne. Bien que solidement documenté et non romancé, il s'anime sous la plume alerte de Simone Bertière de plaisantes anecdotes et se colore d'humour.

BERTIÈRE (Simone).

Les Reines de France au temps des Bourbons.

Editions de Fallois, 1996, 4 vol. gr. in-8°, 543, 527, 559 et 735 pp, 112 planches de gravures hors texte (dont 48 en couleurs), une carte, chronologie, biblio, index, brochés, couv. illustrées, bon état (Prix de la biographie de l'Académie française)

Tome 1 : Les Deux Régentes (Marie de Médicis et Anne d'Autriche) ; Tome 2 : Les Femmes du Roi-Soleil ; Tome 3 : La Reine et la favorite ; Tome 4 : Marie-Antoinette l'insoumise.

BERTIÈRE (Simone).

Les Reines de France au temps des Bourbons. 2. Les Femmes du Roi-Soleil.

Editions de Fallois, 1998, in-8°, 527 pp, 32 pl. de gravures hors texte (dont 16 en couleurs), repères chronologiques, tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

"Prolongement de la passionnante fresque des Reines de France, couronnée par le prix d'Histoire Chateaubriand-La-Vallée-aux-Loups, ce volume, qui peut être lu de façon autonome, fait revivre le plus long règne de notre histoire. Des deux femmes de Louis XIV, l'une, l'insignifiante Marie-Thérèse d'Espagne, a le titre de reine, mais pas la vocation. Françoise de Maintenon, son épouse secrète, a les capacités, mais sa naissance obscure lui interdit de prétendre au titre. Entre elles, la galerie des maîtresses, tour à tour comblées de faveurs et sacrifiées, illuminées et brûlées par la personnalité écrasante du Roi-Soleil : Marie Mancini, l'amour perdu de ses vingt ans ; la tendre Louise de la Vallière, dont la disgrâce sera un chemin de croix ; l'éclatante Montespan, éclaboussée par la sinistre affaire des Poisons... Bien d'autres encore, tenues certes à l'écart des affaires politiques, mais dont les personnalités donneront au règne ses couleurs successives. En historienne scrupuleuse, mais aussi en biographe inspirée, Simone Bertière fait revivre ces figures d'exception. Elle recrée autour d'elles la Cour de Versailles et l'histoire du règne, tout le bruissement du Grand Siècle avec ses aspects tour à tour plaisants et graves, splendides et tragiques."

BERTRAND (Louis).

Louis XIV.

Fayard, 1923, in-12, 414 pp, broché, papier jauni, bon état

"... M. Louis Bertrand nous fait assister au spectacle des efforts dans lesquels se dépense inlassablement l'énergie du Grand Roi, à travers les faiblesses inséparables de la nature humaine. Mais cherchez, dans un Atlas historique, d'abord la carte de la France en 1661, date où il commence à gouverner seul, puis celle de cette même France en 1715, et comparez les frontières. Comparez aussi l'anarchie intellectuelle de l'époque de Louis XIII et l'incomparable équilibre de la pensée française durant toute la seconde moitié du dix-septième siècle. Vous conclurez, comme lui, que le Roi qui obtint ces réussites fut un merveilleux ouvrir de la grandeur nationale... Remercions M. Louis Bertrand de nous apporter cette leçon avec son beau livre qui se trouve ainsi être, en même temps, une courageuse et, salubre action civique." (Paul Bourget, de l'Académie française)

BERTRAND (Louis).

Louis XIV.

P., L'Intelligence, Henri Jonquières, 1928, in-8°, xvi-345 pp, précédé d'une étude d'Henri Massis, portrait de Louis XIV gravé d'après Lefebvre en frontispice, reliure demi-basane fauve à coins, dos à 4 faux-nerfs, titres et filets dorés, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), dos frotté, mors, coiffes et coins émoussés, un des 1000 ex. numérotés sur vélin Lafuma (sur un tirage total de 1120 ex.), état correct

"... M. Louis Bertrand nous fait assister au spectacle des efforts dans lesquels se dépense inlassablement l'énergie du Grand Roi, à travers les faiblesses inséparables de la nature humaine. Mais cherchez, dans un Atlas historique, d'abord la carte de la France en 1661, date où il commence à gouverner seul, puis celle de cette même France en 1715, et comparez les frontières. Comparez aussi l'anarchie intellectuelle de l'époque de Louis XIII et l'incomparable équilibre de la pensée française durant toute la seconde moitié du dix-septième siècle. Vous conclurez, comme lui, que le Roi qui obtint ces réussites fut un merveilleux ouvrir de la grandeur nationale... Remercions M. Louis Bertrand de nous apporter cette leçon avec son beau livre qui se trouve ainsi être, en même temps, une courageuse et, salubre action civique." (Paul Bourget, de l'Académie française)

BLUCHE (François).

Louis XIV.

Fayard, 1998, fort in-8°, 1039 pp, repères chronologiques, index, sources, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état (Grand Prix de l'Histoire Moët-Hennessy 1986)

Méfiant envers toute grandeur excessive et surtout imprégné des préjugés d'une légende noire, le public demeure trop souvent réticent à l'égard du plus étonnant de nos rois. De Louis XIV, qui a parrainé les écrivains, les savants et les artistes, créé de grandes institutions culturelles, orienté un siècle entier, réuni à la France un empire colonial et une dizaine de provinces nouvelles, qui crée l'Etat moderne en évitant soigneusement l'étatisme, qui a remodelé la société en assurant la promotion de nouvelles élites ; de Louis XIV, qui a dominé de sa personnalité et de son rayonnement le siècle le plus brillant de notre Histoire, les Français ne gardent parfois qu'une image étroite et déformante : comme si l'adultère, un zèle religieux poussé jusqu'à l'intransigeance, la condamnation de Fouquet et la fâcheuse dévastation du Palatinat avaient constitué l'essentiel d'une vie de 77 ans et d'un règne personnel de 54 ans. Le présent livre, qui représente quarante ans de fréquentation du Grand Siècle, va débarrasser l'historiographie des poncifs et des clichés. L'érudition, toujours présente, jamais n'alourdit un texte nuancé. Dans ce gros ouvrage qui se lit comme un roman, on va retrouver ou découvrir un roi, un règne et un royaume.

BOILEAU (Abbé Jacques).

De l'abus des nudités de gorge (1677).

Jérôme Millon, 1995, in-12, 127 pp, texte présenté par Claude-Louis Combet, broché, bon état (Coll. Atopia)

« Il y a toujours du péril à considérer attentivement une gorge nue ; et il y a non seulement un grand danger, mais une espèce de crime de la regarder avec attention dans l'église en même temps que l'on offre le saint Sacrifice de nos autels. Car Jésus-Christ étant alors réellement et véritablement présent, il me semble qu'on lui fait injure de lui préférer une femme, ou du moins de partager notre attention et peut-être nos voeux entre lui et elle, et de demeurer comme en suspens à qui nous donnerons nos désirs et nos pensées... La vue d'un beau sein n'est pas moins dangereuse pour nous que celle d'un basilic...» L'abbé Jacques Boileau, frère du poète Boileau-Despreaux, à qui l'on attribue l'opuscule “De l'abus des nudités de gorge” (1677) motive sa réprobation de la tenue indécente des femmes dans les lieux saints à partir d'un ensemble de considérations spirituelles dans la droite ligne d'une tradition de théologie morale qui tient la femme en suspect et la charge du rôle de tentatrice majeure. Il condamne l'usage mondain des églises devenues lieux de rendez-vous galants et espaces d'exhibition de luxe et d'impudeur. Dans cette profanation généralisée des sanctuaires que dénonce l'abbé Boileau, la femme apparaît comme l'artisan diabolique de la perdition des hommes, fidèle en cela à sa vocation originelle de mère du péché.

BONNEAU (Alfred).

Madame de Beauharnais de Miramion. Sa vie et ses oeuvres charitables, 1629-1696.

P., Librairie Poussielgue frères, 1868, in-8°, viii-435 pp, un portrait gravé sous serpente en frontispice, reliure demi-chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné de caissons dorés, bon état (reliure de l'époque)

Marie Bonneau de Miramion (1629-1696) hérita d'une fortune, se maria en 1645 et devint veuve six mois après. Elle décida de ne plus jamais se remarier et de consacrer sa vie et sa fortune aux bonnes oeuvres (fondation des Miramiones). Elle s'occupa des affamés à Paris pendant la Fronde, distribuant de telles quantités de pain qu'elle dut pour cela vendre ses diamants et autres objets de valeur. Elle fut une des fondatrices de la célèbre "maison de Refuge" pour "les femmes ou filles d'une vie scandaleuse" et de Sainte-Pélagie... (Bourgeois & André, 1806)

BONTEMS (Claude), Léon-Pierre RAYBAUD et Jean-Pierre BRANCOURT.

Le Prince dans la France des XVIe et XVIIe siècles.

PUF, 1965, gr. in-8°, 286 pp, préface de François Dumont, biblio, broché, bon état (Travaux et recherches de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Paris, Série « Sciences historiques », n° 7)

Trois études relatives à la monarchie française, au début et à la fin du XVIe siècle et sous le règne de Louis XIV : L'Institution du Prince de Guillaume Budé (Claude Bontemps) – La Royauté d'après les œuvres de Matteo Zampini (Léon-Pierre Raybaud) – Le Prince d'après Saint-Simon (Jean-Pierre Brancourt).

BORDONOVE (Georges).

Louis XIII, le juste.

Pygmalion, 1981, gr. in-8°, 314 pp, 8 pl. de gravures hors texte, index biographique, biblio, reliure simili-cuir bleu de l'éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état (Les Rois qui ont fait la France : Les Bourbons, 2). Edition originale reliée et numérotée, tirée à part

Roi méconnu, âme sensible et caractère énigmatique, Louis XIII est l'inflexible serviteur du devoir politique, sacrifiant avec abnégation ce qu'il a de plus cher au bien de l'État et à la gloire de la France. Opprimé dans sa jeunesse par sa mère et tourné en dérision par Concini, trahi par sa propre femme Anne d'Autriche, par Monsieur, son frère, par ses amis les plus proches, jamais il ne dévie de la route qu'il s'est tracée, en dépit des obstacles et des complots, malgré de cruelles déceptions et les tourments infligés par une santé de plus en plus défaillante. Ses amitiés et ses amours sont cornéliennes, son entente avec Richelieu, un chef-d'ouvre d'intelligence et de perspicacité. L'éclatante réussite de leur alliance permet l'éblouissante ascension du Roi-Soleil.

BORDONOVE (Georges).

Louis XIV, Roi-Soleil.

Pygmalion, 1982, gr. in-8°, 316 pp, 8 pl. de gravures hors texte, index biographique, biblio, reliure simili-cuir bleu de l'éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état (Les Rois qui ont fait la France : Les Bourbons, 3). Edition originale reliée et numérotée, tirée à part

Il est l'incarnation du Grand Siècle et de l'apogée de la France. Jamais monarque ne fut, plus que lui, "roi" à chaque instant de sa vie. A l'éclat et à la splendeur de son règne répondent un écrasant labeur personnel, une lutte continuelle pour paraître égal à lui-même et d'abord en bonne santé. Ses conquêtes, ses revers, sa grandeur devant l'adversité, ses maîtresses, ses deuils, la sérénité de ses derniers jours composent une passionnante aventure humaine. Il n'est pas un cœur français que la personne du Roi-Soleil puisse laisser indifférent, malgré ses fautes. Mais selon le mot de Napoléon, le soleil n'a-t-il pas lui-même ses taches ?

BOSSUET (Jacques-Bénigne).

Discours sur l'histoire universelle, à Monseigneur le Dauphin. Pour expliquer la suite de la Religion et les changements des Empires. Depuis le commencement du monde jusqu'à l'empire de Charlemagne. Avec la continuation jusqu'à l'an 1700.

Lyon, Yvernault et Cabin, 1811, 2 vol. in-12, iii-399 et 374 pp, reliure plein veau, encadrement doré sur les plats, dos lisses trés ornés, pièces de titre et de tomaison basane rouge (rel. de l'époque), coins et coiffes émoussés, bon état

BOSSUET (Jacques-Bénigne).

Histoire des variations des Eglises protestantes.

Garnier frères, s.d. (1920), 2 vol. in-12, viii-476 et 607 pp, suivi de la Défense de l’Histoire des variations, reliures demi-chagrin brun foncé, dos lisses ornés en long, titres dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passés (maintenant acajou), bon état

L'Histoire des variations des Églises protestantes est un ouvrage anti-protestant, commencé en 1682 et publié en 1688 à Paris. Il comprend quinze livres. — "Il n’est pas inutile de se rappeler le contexte dans lequel paraît, en 1688, "l’Histoire des variations protestantes" de Bossuet. L’œuvre s’inscrit dans un vaste mouvement de lutte anti-protestante qui a repris vigueur au lendemain de la Paix de Nimègue (1678). Ayant mis un terme à la guerre de Hollande, Louis XIV peut se consacrer à la politique intérieure et tenter de résoudre pour de bon un conflit qui déchire la France depuis des décennies. Appuyé par l’Église, il va forcer les Protestants qui résistent encore à revenir à la foi catholique, avec des méthodes de plus en plus brutales : en 1681, les dragonnades commencent en Poitou, s’étendent au Languedoc et au Béarn. Mais on combat aussi les Réformés à coups de publications ; on essaie de convaincre ces hérétiques de leur erreur et ceux-ci, bien entendu, répliquent aux « convertisseurs ». L’Histoire des variations paraît trois ans après la révocation de l’édit de Nantes. Louis XIV voulait convertir les Protestants par la force, l’évêque de Meaux va tenter de les ramener au bercail par la persuasion en leur montrant l’inconsistance, l’instabilité de leur doctrine. Or, « les variations dans la foi [sont une] preuve certaine de fausseté ». Et pour rendre sa démonstration plus convaincante, Bossuet s’engage à n’utiliser que des documents d’origine réformée, que ses adversaires ne pourront pas récuser. Il faut reconnaître, d’ailleurs, qu’il a mené cette heuristique des sources avec le plus grand soin. Il a consulté la plupart des textes officiels émanant des différentes Eglises protestantes, luthérienne, calviniste, anglicane, zwinglienne ; il cite des lettres, d’Érasme, de Calvin, de Mélanchton. Il connaît aussi, bien entendu, les historiens qui l’ont précédé, A. d’Aubigné, La Popelinière, Th. De Bèze, de Thou... Bossuet construit son Histoire sur un plan chronologique. Le livre Ier couvre les années 1517-1520 , le second, les années 1520-1529, et ainsi de suite, avec toutefois des interruptions comme au livre V, où l’auteur se livre à des « Réflexions générales sur les agitations de Melanchton et sur l’état de la Réforme » ; au livre XI, où il revient en arrière pour traiter des prédécesseurs de la Réforme, Albigeois, Vaudois, Viclefistes et Hussites ; au livre XIII, entièrement consacré à la doctrine sur l’Antéchrist depuis Luther jusqu’au temps présent. Le livre XIV discute d’une nouvelle publication du ministre Jurieu sur l’union des Calvinistes avec les Luthériens. Le livre XV constitue le couronnement de l’ouvrage : c’est la démonstration de la fermeté inébranlable de l’Église catholique. Il est assez normal que "l’Histoire des variations des Églises protestantes" ait été très mal accueillie dans les milieux protestants. De Rotterdam, le pasteur Pierre Jurieu consacre désormais les "Lettres pastorales" qu’il adressait à ses coreligionnaires restés en France à une vigoureuse défense des thèses calvinistes. L’évêque de Meaux lui réplique longuement dans ses "Avertissements aux Protestants sur les Lettres du ministre Jurieu" (1689-1691). Un autre pasteur français réfugié en Hollande, J. Basnage, publie en 1690 une "Histoire de la religion des Églises réformées pour servir de réponse à l’Histoire des variations des Églises protestantes de M. de Meaux" ; d’Angleterre aussi arrive une censure du "Discours", signée G. Burnet. Bossuet associe ses deux adversaires dans sa réplique, "Défense de l’Histoire des variations" (ce texte figure à la suite du XVe et dernier livre de l’Histoire des variations dans l’édition Garnier)." (Jean-Marie Hannick)

BOSSUET (Jacques-Bénigne).

L’Apocalypse, avec une explication, par messire Jacques-Bénigne Bossuet.

P., Jean Villette, 1692, pt in-8°, 96-838-(32) pp, pleine reliure de l’époque en veau marbré, dos à 5 nerfs orné de caissons fleuronnés dorés, titre doré, coiffe sup. arasée, un mors fendu, bon état. Intérieur très frais avec une belle vignette et 16 ff. n. ch. (entre les pp. 496-497) contenant “l’abrégé de l’Apocalypse”

Deuxième édition (la première en 1689) de l'une des plus marquantes interprétations de l'Apocalypse faites au XVIIe siècle. Cet ouvrage constitue aussi une réponse au livre publié par l’exalté Pierre Jurieu en 1686, L’Accomplissement des prophéties, dans lequel ce célèbre réformé prédit que le rétablissement de l’Église protestante de France aura lieu infailliblement au mois d’avril 1689. Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) est un si puissant génie que le siècle de Louis XIV le considéra comme l'ultime père de l'Eglise. Universaliste au vrai sens, et plaçant la recherche de la Vérité au-dessus de tout, sa pensée est exactement le contraire de tout ce que, de nos jours, l'homme moyen considère comme évident. Détenteur d'arguments irréfutables qui, en un verbe d'une force jamais vue et un cinglant humour, mettent à bas, sans effort et avec plusieurs siècles d'avance, les obsolètes et maigrelettes bases de notre « nouveau » monde, l'oeuvre de Bossuet est un cauchemar pour l'idéologie et le bien-pensant.

BOSSUET (Jacques-Bénigne).

Lettres sur l'éducation du Dauphin, suivies de lettres au Maréchal de Bellefonds et au Roi. Introduction et notes de E. Levesque.

P., Editions Bossard, 1921, pt in-8°, 239 pp, un portrait gravé sur bois par Achille Ouvré en frontispice, numéroté sur papier vélin pur chiffon, petite trace de mouillure en coin sur les 3 derniers feuillets (Coll. des Chefs-d'œuvre méconnus)

BOSSUET (Jacques-Bénigne).

Oraisons funèbres. Texte établi, avec introduction, notices, notes, glossaire et relevé des variantes par Jacques Truchet. Edition illustrée, corrigée et augmentée d'un sommaire biographique.

P., Garnier Frères, 1967, fort gr. in-12, (22)-lvi-461 pp, 16 pl. de gravures hors texte dont un portrait en frontispice, glossaire tableaux généalogiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Classiques)

BOSSUET (Jacques-Bénigne).

Recueil des oraisons funèbres, prononcées par feu Messire Jacques-Bénigne Bossuet, Evêque de Meaux. Nouvelle édition, dans laquelle on a ajouté un précis de la vie de l'auteur.

Rouen, Imprimerie privilégiée, 1790, in-12, xv-248 pp, reliure plein veau moucheté, dos lisse à filets dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), dos frotté, bon état

BOULENGER (Jacques).

Le Grand Siècle.

Hachette, 1931, in-8°, 426 pp, biblio, reliure pleine toile écrue, dos lisse, pièce de titre basane fauve, bon état (Coll. L'histoire de France racontée à tous)

"Le principal mérite de l'ouvrage de M. Boulenger est dans un style ferme et coloré, mais suffisamment sobre, qui n'est point d'ordinaire celui des manuels scolaires. M. B. est un écrivain, qui s'est appliqué à l'histoire du XVIIe siècle. Son livre se lit facilement, et non sans plaisir. Il apparaît comme assez juste de ton. Ses textes de l'époque sont fréquemment cités, les portraits sont souvent heureux." (Georges Camille Picavet, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1912)

BOULENGER (Marcel).

Nicolas Fouquet.

Grasset, 1933, in-8°, 299 pp, imprimé sur sur alfa Navarre, broché, un portrait de Fouquet en couverture, bon état

"... Le Nicolas Fouquet de M. Marcel Boulenger sera lu avec plaisir dans les salons." (G. Pagès, Revue historique, 1934)

BOULENGER (Marcel).

Nicolas Fouquet.

Grasset, 1933, in-8°, 299 pp, reliure demi-toile havane, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), bon état. Edition originale sur alfa Navarre

"... La nécessité d'un volume de plus sur Nicolas Fouquet ne se faisait peut-être pas très vivement sentir ; mais celui de M. Marcel Boulenger sera lu avec plaisir dans les salons." (G. Pagès, Revue Historique, 1934)

BOURELLY (Jules).

Le maréchal de Fabert (1599-1662). Etude historique d'après ses lettres et des pièces inédites.

P., Didier, 1881, 2 vol. in-8°, xi-445 et 438 pp, un portrait et un arbre généalogique hors texte, reliures d'époque demi-chagrin bleu-nuit, dos à 4 nerfs ornés de fleurons (rousseurs, quelques annotations crayon, sinon bon exemplaire).

Abraham de Fabert, maréchal de France en 1658, fut l'un des plus illustres généraux du XVIIe siècle. Il gagna tous ses grades à la pointe de l'épée, assista à une infinité de sièges et de combats et marqua chacun de ses pas dans la carrière militaire par (mque la fin)

BOUTIBONNES (Philippe).

Antoni Van Leeuwenhoek, 1632-1723. L'exercice du regard.

Belin, 1994, in-8°, 334 pp, un frontispice et 34 illustrations dans le texte, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Un savant, une époque)

Van Leeuwenhoek (1632-1723) est connu comme l'inventeur du microscope. Cette célébrité nominale masque une ignorance quasi générale de sa vie comme de son oeuvre monumentale mais éparpillée. Philippe Boutibonnes explore ici le corpus des quelques trois cent lettres, adressées pour la plupart à la Royal Society de Londres, dans lesquelles van Leeuwenhoek a rendu compte de ses observations, consignant notamment sa découverte de bêtes minuscules, dans l'eau ou dans la « semence des mâles », et sa participation au combat contre la doctrine de la « génération spontanée ». Sans réduire la diversité insolite de l'œuvre, il cherche à dégager la permanence d'une démarche, d'un mode de pensée. Simultanèment, la vie et l'œuvre de van Leeuwenhoek sont l'occasion de restituer le climat d'intense curiosité qui caractérise le XVIIe siècle : grâce à « l'exception hollandaise », qui fournit un lieu où échapper aux fanatismes qui troublent l'époque, peintres et « microscopistes » se rejoignent dans un même engouement pour un savoir visuel, lié aux instruments optiques.

BOUVIER (René) et Edouard MAYNIAL.

Le dernier des Grands Mogols. Vie d'Aureng Zeb (1618-1707).

Albin Michel, 1947, in-8°, 317 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, tableau généalogique de la dynastie mongole, broché, couv. illustrée, bon état

"Intéressante biographie du plus fameux des Grands Mogols, rédigée à l'usage du grand public, mais pourvue d'une bibliographie consultée avec fruit. Le caractère énigmatique d'Aureng Zeb est bien mis en lumière, sinon élucidé. Celui de son frère Darà méritait une étude plus approfondie et moins sévère. Darà a été un lettré et un esprit ouvert très supérieur à Aureng Zeb. L'hostilité de ce dernier contre lui ne s'explique pas uniquement par le désir de lui ravir le trône qui lui revenait, mais aussi, dans une certaine mesure, par le fait qu'il s'intéressait à la philosophie de l'Inde (il a fait traduire en persan les textes spéculatifs des Upanishad). Son attitude bienveillante envers la pensée des « infidèles » devait irriter tout particulièrement le rigide musulman qu'était Aureng Zeb." (Jean Filliozat, Revue Historique, 1948)

BOUVIER (René) et Edouard MAYNIAL.

Le dernier des Grands Mogols. Vie d'Aureng Zeb (1618-1707).

Albin Michel, 1947, in-8°, 317 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, tableau généalogique de la dynastie mongole, reliure demi-toile citron à coins à la bradel, dos lisse avec fleuron et double filet noirs, pièce de titre basane vermillon, couv. illustrée et dos conservés, bon état

"Intéressante biographie du plus fameux des Grands Mogols, rédigée à l'usage du grand public, mais pourvue d'une bibliographie consultée avec fruit. Le caractère énigmatique d'Aureng Zeb est bien mis en lumière, sinon élucidé. Celui de son frère Darà méritait une étude plus approfondie et moins sévère. Darà a été un lettré et un esprit ouvert très supérieur à Aureng Zeb. L'hostilité de ce dernier contre lui ne s'explique pas uniquement par le désir de lui ravir le trône qui lui revenait, mais aussi, dans une certaine mesure, par le fait qu'il s'intéressait à la philosophie de l'Inde (il a fait traduire en persan les textes spéculatifs des Upanishad). Son attitude bienveillante envers la pensée des « infidèles » devait irriter tout particulièrement le rigide musulman qu'était Aureng Zeb." (Jean Filliozat, Revue Historique, 1948)

BREMOND (Henri).

La Conquête mystique. L'école française. – L'école de Port-Royal. Tomes III et IV de l'Histoire litteraire du sentiment religieux en France depuis la fin des guerres de religion jusqu'à nos jours.

Bloud et Gay, 1920-1921, 2 vol. gr. in-8°, 698 et iii-604 pp, 20 gravures et portraits hors texte, index, reliures pleine toile écrue, dos lisses, pièces de titre basane vermillon (rel. de l'époque), bon état

"L'invasion triomphante des mystiques sur notre terre de France, de 1690 à 1620, peut bien se représenter sous la forme d'une « vague » qui entraîna tout ; elle ne fut pas cependant tumultueuse. Aussi l'œil avisé de M. Bremond a su discerner dans la conquête mystique qui s'organisa de toutes parts de véritables écoles, susceptibles de fournir une contribution fructueuse à ses diligentes enquêtes. Il en signale trois principales, qui ont retenu particulièrement son attention : l'école française, l'école de Port-Royal, l'école du Père Lallemant. A mon avis, l'étude sur l'école française, par la plénitude et la profondeur des analyses qu'elle renferme, par l'étendue et le sérieux de ses investigations, par la sympathie vraiment religieuse qu'elle manifeste à l'égard de personnages graves et respectables, qui ont contribué à former dans l'Eglise de France tant de dignes ecclésiastiques et de saintes âmes, restera celle qui fera le plus d'honneur à son auteur, comme historien du sentiment religieux. Cette école a quelquefois été appelée l'école oratorienne. Son chef est Pierre de Bérulle. Il a opéré dans le monde spirituel de son temps une sorte de révolution, analogue à celle de Nicolas Copernic dans l'astronomie. (...) Malgré de louables efforts, il semble que l'auteur ait éprouvé quelque répugnance à se métamorphoser en janséniste, même provisoirement, pour mieux juger l'école de Port-Royal. Il ne s'explique pas la naissance du jansénisme et n'est pas loin de croire « à une sorte de génération spontanée ». « Le jansénisme historique, dit-il, est pour moi un véritable monstre. » Pourtant, sans vouloir refaire après lui l'histoire extérieure, littéraire, morale ou politique de Port-Royal, sans vouloir même s'arrêter aux aspects proprement théologiques du sujet, M. Bremond a été amené par sa curiosité mystique à étudier « la vie intérieure », « la prière », des dévots jansénistes de la première génération..." (Louis Delaunay, Revue d'histoire de l'Église de France, 1923)

BREWER (John) & Roy PORTER (edited by).

Consumption and the World of Goods.

London and New York, Routledge, 1997, gr. in-8°, xxi-564 pp, 64 pl. de gravures hors texte, 8 figures, index, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

"Depuis une trentaine d’années, les études se sont multipliées sur l’histoire de la consommation à l'époque moderne, soulevant de nombreux débats. L’impulsion a été donnée en bonne partie par les historiens anglo-saxons qui ont les premiers insisté sur l’importance de l’expansion du marché intérieur de leur pays entre la fin du XVIIe siècle et la fin du XVIIIe siècle. La production scientifique a été soutenue, avec pour point d’orgue les articles rassemblés par John Brewer et Roy Porter dans un livre phare, “Consumption and the World of Goods”. Les vingt-cinq articles brossent un panorama dynamique des concepts, des méthodes, des travaux en cours qui témoignent d’approches variées, aux problématiques stimulantes, qu’ils soient à dominante économique, culturelle, sociale, genrée..." (Natacha Coquery, “La diffusion des biens à l'époque moderne”, Histoire urbaine, 2011) — "There is something for everybody in this handsome volume, impeccably edited and produced." (Peter Earle, The Times Literary Supplement) – "A fascinating book ... brought together by two outstanding historians." (Keith Thomas, The Observer) – "This book deserves to be widely read." (Gary Mead, The Financial Times) — The study of past society in terms of what it consumes rather than what it produces is – relatively speaking – a new development. The focus on consumption changes the whole emphasis and structure of historical enquiry. While human beings usually work within a single trade or industry as producers, as, say, farmers or industrial workers, as consumers they are active in many different markets or networks. And while history written from a production viewpoint has, by chance or design, largely been centred on the work of men, consumption history helps to restore women o the mainstream. The history of consumption demands a wide range of skills. It calls upon the methods and techniques of many other disciplines, including archaeology, sociology, social and economic history, anthropology and art criticism. But it is not simply a melting-pot of techniques and skills, brought to bear on a past epoch. Its objectives amount to a new description of a past culture in its totality, as perceived through its patterns of consumption in goods and services. “Consumption and the World of Goods” examine history from this perspective, and is a unique collaboration between twenty-six leading subject specialists from Europe and North America. The outcome is a new interpretation of the seventeenth and eighteenth centuries, one that shapes a new historical landscape based on the consumption of goods and services.

BRIENNE (Louis Henri Auguste de Loménie, comte de) – MOTTEVILLE (Françoise de).

Mémoires du Comte de Brienne, Ministre et Premier Secrétaire d'Etat, contenant les évenemens les plus remarquables du Règne de Louis XIII, et ceux du règne de Louis XIV. jusqu'à la mort du Cardinal Mazarin – Mémoires de Mme de Motteville.

P., Foucault, 1824-1825, 6 vol. in-8°, 440, 428, 460, 459, 459 et 477 pp, reliures demi-veau glacé caramel à coins, dos à 4 larges nerfs filetés, caissons à froid, pièces de titre et tomaison basane noire, roulette dorée en queue, tranches marbrées (rel. de l'époque), C. de bibl., étiquettes en queue, bon état (Coll. complète des Mémoires relatifs à l'histoire de France, depuis le règne de Philippe-Auguste, jusqu'au commencement du dix-septième siècle ; avec des notices sur chaque auteur, et des observations sur chaque ouvrage, par M. Petitot). Exemplaires trés bien reliés à l'époque

Avec une introduction aux mémoires relatifs à la Fronde par M. Petitot — "Le comte de Brienne a laissé un récit où la vie manque sans doute, mais dont la véracité est incontestable et qui est en quelque sorte une mine de renseignements pour l'étude des ministères des cardinaux Richelieu et Mazarin." (Bourgeois & André, II, 704) – "Dame de compagnie d'Anne d'Autriche, Françoise de Motteville (1621-1689) a laissé un témoignage vivant sur les événements de la Régence. Le texte de cette édition est revu sur une copie faite par Conrart." (Bourgeois et André, II, 773)

BRIENNE (Louis Henri Auguste de Loménie, comte de) – MONTRESOR (Claude Bourdeille, comte de) – FONTRAILLES (Louis d'Astarac, marquis de Marestaing, vicomte de) – LA CHATRE (Edme, comte de) – TURENNE (Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de) – YORCK (Jacques Stuart, duc d').

Mémoires du Comte de Brienne, Ministre et Premier Secrétaire d'Etat, contenant les évenemens les plus remarquables du Règne de Louis XIII, et ceux du règne de Louis XIV. jusqu'à la mort du Cardinal Mazarin. – Mémoires de Claude de Bourdeille, Comte de Montrésor. – Relation faite par M. de Fontrailles des choses particulières de la Cour, arrivées pendant la faveur de M. de Cinq-Mars, Grand Ecuyer, avec sa mort et celle de Thou. – Mémoires du Comte de La Châtre, contenant la fin du règne de Louis XIII, et le commencement de celui de Louis XIV. – Mémoires du Maréchal Vicomte de Turenne, contenant l'histoire de sa vie, depuis l'année 1643 jusqu'en 1659. – Mémoires du Duc d'Yorck sur les événements arrivés en France pendant les années 1652 à 1659.

P., Chez l'éditeur du Commentaire analytique du Code civil, 1838, pt in-4°, 612 pp, texte sur 2 colonnes, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 larges faux-nerfs ornés, caissons dorés et à froid, titres et tomaison dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état (Nouvelle Collection des Mémoires pour servir à l'histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe, avec des notices, par MM. Michaud et Poujoulat)

"Le comte de Brienne a laissé un récit où la vie manque sans doute, mais dont la véracité est incontestable et qui est en quelque sorte une mine de renseignements pour l'étude des ministères des cardinaux Richelieu et Mazarin." (Bourgeois et André II, 704) – "Montrésor a été l'acteur principal dans les complots formés autour de Gaston d'Orléans. Il fut un conspirateur perpétuel pendant le gouvernement de Richelieu. Compromis dans le complot de Cinq-Mars et de Thou, il dut se réfugier en Angleterre. Après la mort de Louis XIII, on le retrouve dans la Cabale des Importants, puis dans la Fronde. Gagné par Mazarin il fit la paix et obtint l'abbaye de Brantôme. Intéressants mémoires pour les historiens." (Bourgeois et André II, 731) – "Ami de Montrésor, Fontrailles fut, comme lui, un conspirateur émérite (Cinq-Mars et de Thou, la Cabale des Importants, La Fronde). Après le retour de Mazarin, il vécut tranquille jusqu'en 1677." (Bourgeois et André II, 764) – "Maître de la garde-robe du Roi, colonel général des Suisses, La Châtre fut un des principaux acteurs de la Cabale des Importants... Il dut se démettre de ses charges et fut exilé. Témoin oculaire et acteur dans les intrigues de la Cour, il expose, dans un style énergique et pur, les manoeuvres des courtisans." (Bourgeois et André II, 763) – Les mémoires de Turenne ont été rédigés après la conclusion de la paix des Pyrénées. Ecrite dans un style très simple, la narration est d'une grande clarté. Turenne raconte surtout ses campagnes sans exposer son rôle politique. Ces mémoires sont importants au point de vue militaire et technique (Bourgeois et André II, 777) – Les mémoires du Duc d'York concernent les campagnes faites dans l'armée française commandée par M. de Turenne, et celles faites ensuite aux Pays-Bas dans l'armée d'Espagne jusqu'à la paix de Pyrénées.

BRIOIST (Pascal), Hervé DRÉVILLON, Pierre SERNA.

Croiser le fer. Violence et culture de l'épée dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècle).

Seyssel, Champ Vallon, 2002, gr. in-8°, 429 pp, gravures, figures et tableaux dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. de Pierre Serna

Bayard, d'Artagnan, le chevalier d'Eon ; ces figures de bretteurs racontent des histoires différentes, mais néanmoins reliées entre elles par le fil d'une lame. Le chevalier, le duelliste et l'escrimeur sont autant d'archétypes qui révèlent qu'à l'époque moderne l'épée est une culture que ce livre entreprend d'explorer dans tous ses aspects : du geste de l'escrimeur aux valeurs qui lui sont associées. C'est en effet à partir de la Renaissance que les techniques de l'escrime deviennent un art guidé par des principes savants et moraux. L'analyse des valeurs impliquées dans cet art permet aussi de suivre l'évolution des idéaux de la noblesse qui fait de l'épée le vecteur de son identité. Il ne faudrait, toutefois, pas oublier que l'art de vivre l'épée à la main reste, de part en part, un art de tuer. A une époque où le port d'une arme blanche est une pratique courante, l'escrime civile et civilisée ne saurait occulter les cadavres abandonnés par les innombrables duellistes. C'est pourquoi l'histoire de l'épée est aussi une histoire de la violence et de l'inaltérable fascination qu'elle exerce. Pour le découvrir, il faut alors plonger dans les archives d'une justice souvent prompte à occulter ce crime qui trouble l'image d'un roi absolument maître de ses sujets. Une autre vision du rapport entre violence et civilisation se dessine de cette façon. S'il est souvent admis que la violence est le contraire de la civilisation, on découvre que l'escrime et ses pratiques meurtrières alimentent une véritable civilisation de la violence, c'est-à-dire une culture, un art, un savoir mis au service de l'homicide. Oublions un instant le roman de cape et d'épée et ses duellistes aimables et bavards pour considérer la brutalité de ceux qui, dans le silence des petits matins, règlent leur compte l'arme à la main. L'époque moderne se révèle alors sous un autre jour, grâce à l'archéologie du geste de l'escrimeur, restitué dans toute sa technicité, dans toute sa férocité. C'est ainsi que l'épée peut faire l'objet d'une véritable histoire totale, attentive aux objets, aux gestes, aux pratiques sociales et aux courants intellectuels de la Renaissance aux Lumières.

BRODIN (Pierre).

Les Quakers en Amérique du Nord au XVIIe siècle et au début du XVIIIe. (Thèse).

Dervy-Livres, 1985, gr. in-8°, xi-402 pp, avant-propos de J. Henriette Louis, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Nouveau Monde)

"Le livre de Brodin sur les quakers d'Amérique est le seul ouvrage français qui ait jamais fait autorité dans ce domaine. Paru pour la première fois en 1935, ce texte est celui d'une thèse de doctorat dont la rédaction avait été encouragée par Albert Mathiez. L'ouvrage était depuis longtemps épuisé et sa réédition mérite d'être saluée et, compte tenu de sa qualité générale, applaudie. S'appuyant sur une documentation riche et de première main, Brodin fait le tour du quakerisme colonial dans ses principaux lieux – avec, on s'en doute, une prédilection particulière pour la Pennsylvanie et la Sainte Expérience qui en marqua l'histoire. Mais, si on le sent favorable au sujet qu'il explore, l'objectivité de sa démarche souffre peu de cette préférence. Du quakerisme et des quakers Brodin ne cache rien : ni les décennies de grâce, ni les conflits, ni les violences, ni les schismes, si bien qu'on en vient à regretter que l'étude entreprise s'arrête soudain au bord même du XVIIIe siècle commençant. Par bonheur, deux bibliographies complémentaires ont été ajoutées en annexe, dont le contenu va bien au-delà du siècle de Penn. D'une grande utilité, voilà un livre qui se recommande de lui-même à tout bon américaniste." (Bernard Vincent, Revue française d'études américaines, 1986) — "En donnant une nouvelle édition de la thèse, devenue introuvable, de P. Brodin sur les Quakers en Amérique du Nord, J. Henriette Louis ouvre sous d'heureux auspices la collection « Nouveau Monde ». Écrit il y a une cinquantaine d'années cet ouvrage n'a jamais vraiment été remplacé, en langue française du moins. Il relate les tribulations des pionniers de la Société des Amis outre-Atlantique, pieuse histoire qui eut ses héros, en l'occurrence souvent de maîtresses femmes, et ses martyrs. Il y a là une page somme toute peu connue de l'intolérance puritaine. Mais l'ouvrage intéressera également par la manière dont il évoque la constitution de l'État de Pennsylvanie, cette terre promise du mouvement quaker. Ici l'A., échappant à la tentation hagiographique, ne cache pas les limites de l'œuvre ni celles du fondateur, William Penn, ce favori de Jacques II. Surtout nous voyons peu à peu se mettre en place les éléments qui feront, par le truchement de Voltaire et de quelques autres, de l'extraordinaire aventure des « Kouacres » l'un des mythes de référence de l'époque des Lumières. Par la simplicité de leurs mœurs, leur refus viscéral des querelles théologiques, leur référence constante à la « Lumière intérieure », n'étaient-ils pas déjà des philosophes sans le savoir ? Une bibliographie en langue anglaise ajoute les orientations nécessaires à qui désirerait donner un prolongement à ce travail." (Jean Boissière, Dix-Huitième Siècle, 1986) — "Troisième édition (les deux premières réunies tirèrent à 300 exemplaires) d'une thèse de doctorat-ès-lettres soutenue en 1935. L'auteur fut proviseur du Lycée français de New York entre 1935 et 1976. En 1935, le sujet était neuf dans les Universités françaises, et P. B. apportait du nouveau. Son travail exploitait les archives anglaises et américaines accessibles ; il faisait également le tour de la littérature primaire et secondaire du sujet. Il dressait un intéressant tableau différencié de l'établissement des quakers dans les colonies américaines de langue anglaise. Entre 1656 et 1725 environ, soit sur un peu moins de soixante-dix ans, on voit les disciples de Fox devenir une force sociale, politique, économique, religieuse avec laquelle il faut compter, ne serait-ce que parce qu'elle pose problème : par ses refus (du serment, des armes, de certaines formes de politesse, etc.), par ses moeurs en général (leur ascétisme est soupçonné de toutes les déviations), par leur religion, tout à fait inacceptable à leurs concitoyens en majorité. Mais au fur et à mesure qu'ils arrachaient la tolérance à laquelle ils prétendaient – et qui marqua la législation de plusieurs colonies – on trouvait en eux des gens prêts à contribuer à la marche des sociétés. La « Sainte Expérience » pennsylvanienne ici longuement étudiée, récapitule d'une certaine façon tous les problèmes posés par les quakers aux autres colons de Nouvelle Angleterre et des colonies plus au sud ; elle dit bien aussi, dans ses succès et ses échecs, la charge utopique présente au coeur du message quaker. Peut-être l'A. fait-il un portrait un peu trop favorable des disciples américains de Fox. Les travaux relativement nombreux de ces dernières décennies sur William Penn et l'« Etat quaker » permettent aujourd'hui un jugement plus nuancé, au moins sur ce point. Tel qu'il est cependant, le livre réédité de P. B. rendra encore service." (Jean Séguy, Archives de Sciences sociales des Religions, 1986)

BROSSE.

Les Songes des hommes esveillez. Comédie (1646). Edition critique avec introduction et notes par Georges Forestier.

Nizet, 1984, in-12, 225 pp, glossaire, broché, bon état (Coll. Société des Textes français modernes)

Un dramaturge dont on ne sait à peu près rien, sinon qu'il fit jouer cinq pièces dans les théâtres parisiens entre 1642 et 1648.

BURCKHARDT (Carl J.).

Richelieu.

Laffont, 1970-1975, 3 vol. gr. in-8°, 349, 378 et 540 pp, traduit de l'allemand par Henri Coursier, 36 planches hors texte, cartes, brochés, couv. illustrées à rabats, bon état

Complet en 3 volumes. — I. La prise du pouvoir ; II. L'affirmation du pouvoir et la guerre froide ; III. La politique d'hégémonie et la mort du Cardinal. — "Le premier volume d'une histoire de Richelieu qui doit en comprendre trois, est paru récemment en langue allemande à Munich. Son auteur, M. Carl J. Burckhardt, aujourd'hui professeur à l'Université de Genève, a débuté par la carrière diplomatique. Le principal intérêt de son livre est de mettre en pleine lumière l'action du ministre de Louis XIII qui marqua son passage aux affaires d'une si vigoureuse empreinte qu'il est indispensable de le bien connaître pour comprendre la suite de la politique française. Dans ce premier tome, l'auteur prend Richelieu au berceau et le conduit jusqu'à la fameuse Journée des Dupes du 10 novembre 1630, journée d'une importance capitale parce qu'obligé alors de choisir entre sa mère Marie de Médicis et son ministre, Louis XIII opte définitivement pour celui-ci. Sans doute d'autres orages s'élèveront, de nouvelles oppositions surgiront violentes, mais le souverain ne reviendra pas sur sa résolution du 10 novembre : soutenu par lui, le cardinal s'appliquera sans relâche à l'exécution de ses desseins politiques. En suivant dans le détail de sa vie le futur ministre, l'historien fait très bien comprendre comment il réussit à conquérir le pouvoir..." (A. Leman, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1936)

BURCKHARDT (Carl J.).

Richelieu. Tome I : La prise du pouvoir.

Laffont, 1970, gr. in-8°, 348 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

Tome I seul (sur 3) — "Le premier volume d'une histoire de Richelieu qui doit en comprendre trois, est paru récemment en langue allemande à Munich. Son auteur, M. Carl J. Burckhardt, aujourd'hui professeur à l'Université de Genève, a débuté par la carrière diplomatique. Le principal intérêt de son livre est de mettre en pleine lumière l'action du ministre de Louis XIII qui marqua son passage aux affaires d'une si vigoureuse empreinte qu'il est indispensable de le bien connaître pour comprendre la suite de la politique française. Dans ce premier tome, l'auteur prend Richelieu au berceau et le conduit jusqu'à la fameuse Journée des Dupes du 10 novembre 1630, journée d'une importance capitale parce qu'obligé alors de choisir entre sa mère Marie de Médicis et son ministre, Louis XIII opte définitivement pour celui-ci. Sans doute d'autres orages s'élèveront, de nouvelles oppositions surgiront violentes, mais le souverain ne reviendra pas sur sa résolution du 10 novembre : soutenu par lui, le cardinal s'appliquera sans relâche à l'exécution de ses desseins politiques. En suivant dans le détail de sa vie le futur ministre, l'historien fait très bien comprendre comment il réussit à conquérir le pouvoir..." (A. Leman, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1936)

BUSSY-RABUTIN (Comte de).

Histoire amoureuse des Gaules. Avec préface du docteur Léon Cerf.

G. Crès et Cie, 1928, in-8°, xxxiv-250 pp, 24 gravures et portraits en héliogravures hors texte, reliure demi-chagrin vert bouteille, titre et ornements dorés au dos, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

Ce titre énigmatique cache un roman satirique, la chronique scandaleuse du règne de Louis XIV. L'époque éclate de jeunesse et de sensualité. L'auteur (1618-1693), cousin de Mme de Sévigné, âgé de quarante-deux ans, gentilhomme, guerrier, homme de cour, d'esprit, de goût, est aussi un écrivain de grand talent. Le roman présente, sous des pseudonymes, les principaux personnages de la Cour dans leurs aventures amoureuses. "Sous le règne de Théodate la guerre, qui durait depuis vingt ans, n'empêchait point qu'on ne fit quelquefois l'amour. Mais comme la Cour était remplie de vieux cavaliers insensibles ou de jeunes gens nés dans le bruit des armes, et que ce métier avait rendus brutaux, cela avait fait la plupart des dames un peu moins modestes qu'autrefois, et voyant qu'elles eussent langui dans l'oisiveté, si elles n'eussent fait les avances ; ou du moins si elles avaient été cruelles, il y en avait beaucoup de pitoyables et quelques-unes d'effrontées."

CABANTOUS (Alain).

Entre fêtes et clochers. Profane et sacré dans l'Europe moderne, XVIIe-XVIIIe siècle.

Fayard, 2002, gr. in-8°, 348 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

Ce livre s'attache à cerner, sur deux siècles, à partir de quelles démarches les pouvoirs, les autorités, les sujets, les fidèles construisirent ou remodelèrent leur approche du profane et du sacré, ce qu'ils entendaient à travers ces appellations et quels types d'objets elles pouvaient désigner pour chacune de ces instances. Il tente aussi de saisir les rapports qui se jouaient entre l'un et l'autre terme et de mesurer les changements intervenus dans des relations que l'on pensait être bien définies et encadrées. C'est donc moins une histoire des manifestations du sacré qu'une histoire sociale et culturelle de son organisation avec le profane. On peut dès lors interroger l'aptitude de ces deux notions à révéler le fonctionnement social des cultures d'Ancien Régime, leur capacité à traduire leurs complémentarités, leur capillarité, leurs affrontements plus subtils que cette confrontation manichéenne et sans merci entre deux fractions du monde ; l'une, dominante et savante, imposerait son outillage mental à une majorité populaire définitivement dépossédée de son identité. L'image d'une conception univoque de ces notions, renforcée par les signes communs de la révélation chrétienne, est tout aussi exagérée. Car elle n'effaçait pas ce que chacun pouvait éprouver du sacré comme expérience subjective d'un autre ordre que l'ordre naturel où se cantonnait le profane.

CABOURDIN (Guy).

Terre et hommes en Lorraine (1550-1635). Toulois et Comté de Vaudémont. Tome I. (Thèse).

Université de Nancy II, 1977, gr. in-8°, 428 pp, cartes, nombreux graphiques et tableaux, une carte dépliante volante, broché, bon état (Annales de l'Est, mémoire n° 55)

Une vaste fresque économique et sociale de la Lorraine, plus spécialement du Toulois et du Comté de Vaudémont, du milieu du XVIe siècle à la guerre de Trente ans. Tome I seul (sur 2) : 1. Le milieu. 2. L'évolution démographique. 3. Les cadres fondamentaux de la société rurale. 4. Structures sociales et conjoncture économique. — "La thèse de Guy Cabourdin, soutenue en 1974, apporte une importante contribution à la connaissance du monde paysan de la « Première modernité ». Embrassant tous les aspects de la vie et de la société rurale, elle éclaire les rapports de la ville — ici, une cité moyenne, fort représentative d'un bon nombre d'autres dans l'hexagone — et de ses campagnes, elle décrit les étapes du mûrissement de la « crise des paysanneries » à la jointure des XVIe et XVIIe siècle : présentation du milieu, étude démographique, description des cadres fondamentaux de la vie rurale, interaction de la conjoncture et des structures... Tout au long de ce beau livre, un continuel souci de se tenir au plus près des réalités humaines, une visible sympathie pour les plus humbles, un refus louable de théoriser. En cela, ce travail s'inscrit dans la lignée des réflexions de Jean Meuvret et de Pierre Goubert." (Jean Jacquart, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1979)

CAHEN (Léon) et Maurice BRAURE.

L'Evolution politique de l'Angleterre moderne, 1485-1660.

Albin Michel, 1960, fort in-8°, xxxvii-684 pp, 3 cartes dont une grande dépliante hors texte, 3 tableaux généalogiques dépliants hors texte, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

"A sa mort en 1944, Léon Cahen laissait inachevée une histoire de l'Angleterre aux XVIe et XVIIe siècles ; il fut demandé à M. B. de reprendre en main ce manuscrit. De cette collaboration est né le présent volume qui couvre une époque passionnante allant de Henri VIII à Cromwell. Les spécialistes de l'histoire des institutions ou des idées politiques trouveront ici une grande abondance de notations et de références." (Revue française de science politique, 1961)

CALANCA (Paola).

Piraterie et contrebande au Fujian. L'administration chinoise face aux problèmes d'illégalité maritime (XVIIe-début XIXe siècle). (Thèse).

Les Indes savantes, 2011, gr. in-8°, 454 pp, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

Enserré entre les montagnes d'un côté et la mer de l'autre, doté d'excellent mouillages naturels, le Fujian est situé sur le passage de voies maritimes importantes reliant le nord au sud du pays et la Chine à l'Asie orientale et du Sud-Est. La province est traditionnellement tournée vers la mer. Une ouverture également imputable à sa topographie au relief enclavé, disposant d'un arrière-pays montagneux difficilement exploitable. Les innombrables criques qui percent la ligne côtière, la multitude d'îles et d'îlots avoisinants et les vallées insoupçonnées qui dorment à l'abri des escarpements du bord de mer, ont façonné, aux dires des fonctionnaires qui eurent à gérer ces lieux, un penchant pour les activités illégales : contrebande et piraterie notamment. Cet ouvrage explore les relations entre le pouvoir et la population côtière, ainsi que les politiques menées pendant près de deux siècles et demi pour tenter de contenir l'économie du littoral dans le cadre de la loi. L'étude apporte également une contribution neuve à la politique impériale de défense des côtes et d'organisation de la marine de guerre. C'est une contribution importante à l'histoire maritime de la Chine.

CALMETTE (Joseph).

L'Ere classique.

Fayard, 1949, fort in-8°, 798 pp, index, broché, bon état (Trilogie de l'Histoire de France, 2)

"Ce volume embrasse les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Il est fait à la fois d'exposés narratifs et de condensations synthétiques. Parmi ses pages les plus brillantes, on remarquera celles qui sont consacrées à l'élargissement des horizons français à l'époque des guerres d'Italie, aux traits spécifiques de la Renaissance française, aux idées de Richelieu, à l'éclat versaillais conjoint avec le réalisme colbertien, à la contexture idéologique et institutionnelle de l'Ancien Régime (un grand chapitre très nourri), à la séparation de la royauté et du peuple au temps de Louis XV, aux idées économiques et politiques sous Louis XVI. On remarquera que le XVIIIe siècle – originalité au regard des usages – occupe plus de la moitié du volume. Aussi bien les personnages de ce siècle sont-ils présentés à loisir, avec leur signalement humain, leurs caractéristiques d'esprit, leurs desseins et leur destin : le cardinal de Fleury, entre autres, est attentivement campé, et de façon assez neuve. Les écrivains et les philosophes sont généreusement lotis et jugés sans souci exagéré de docilité à l'égard des manuels littéraire en usage. De centre d'intérêt en centre d'intérêt, ce livre, écrit avec une élégante netteté, entraîne son lecteur à travers près de 800 pages sans jamais le lasser..." (H. Drouot, Revue Historique, 1953)

CALMETTE (Joseph).

L'Ère classique.

Fayard, 1949, fort in-8°, 798 pp, index, reliure demi-toile bordeaux, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, tranches mouchetées (rel. de l'époque), bon état (Trilogie de l'Histoire de France, 2)

"Ce volume embrasse les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Il est fait à la fois d'exposés narratifs et de condensations synthétiques. Parmi ses pages les plus brillantes, on remarquera celles qui sont consacrées à l'élargissement des horizons français à l'époque des guerres d'Italie, aux traits spécifiques de la Renaissance française, aux idées de Richelieu, à l'éclat versaillais conjoint avec le réalisme colbertien, à la contexture idéologique et institutionnelle de l'Ancien Régime (un grand chapitre très nourri), à la séparation de la royauté et du peuple au temps de Louis XV, aux idées économiques et politiques sous Louis XVI. On remarquera que le XVIIIe siècle – originalité au regard des usages – occupe plus de la moitié du volume. Aussi bien les personnages de ce siècle sont-ils présentés à loisir, avec leur signalement humain, leurs caractéristiques d'esprit, leurs desseins et leur destin : le cardinal de Fleury, entre autres, est attentivement campé, et de façon assez neuve. Les écrivains et les philosophes sont généreusement lotis et jugés sans souci exagéré de docilité à l'égard des manuels littéraire en usage. De centre d'intérêt en centre d'intérêt, ce livre, écrit avec une élégante netteté, entraîne son lecteur à travers près de 800 pages sans jamais le lasser..." (H. Drouot, Revue Historique, 1953)

CAMPION (Henri de).

Mémoires, contenant divers événements des règnes de Louis XIII et de Louis XIV. Nouvelle édition. Suivie d'un Choix des lettres d'Alexandre de Campion. Avec des notes par Célestin Moreau.

P., Jannet, 1857, fort in-12, xxxii-439-56 pp, cartonnage percaline rouge de l'éditeur, bon état (Coll. Bibliothèque Elzevirienne)

Henri de Campion naît en 1613. Il a vingt-quatre ans à l'heure du Cid. Comme le héros cornélien, il a le goût de la guerre, de l'aventure et de l'honneur. Campion fait donc la guerre dans les armées de Louis XIII et de Richelieu. Puis se lance dans l'aventure : la régence d'Anne d'Autriche et la Fronde. Mazarin, les Grands, la famille royale sont les acteurs d'une tragédie politique dont le nœud est un complot contre la vie du Cardinal. Campion, au nom de son honneur de gentilhomme, refuse d'obéir aveuglément aux passions du chef du parti aristocratique, le duc de Beaufort. L'échec du complot l'oblige pourtant à s'exiler. Il ne revient en France que deux ans plus tard, pour se marier et vivre à l'écart des intrigues. Il entre en 1651 dans l'armée royale – cette fois au service de Mazarin qui achève d'écraser la Fronde. Ce va-et-vient de la politique et de la guerre, cette suite de vicissitudes le détournent peu à peu de la vie active. Quand meurt sa fille aînée, âgée de quatre ans, qu'il adorait comme une image d'un autre monde plus pur, il se retire de celui-ci, n'ayant d'autre espoir qu'en Dieu. Ses Mémoires résonnent alors des accents douloureux et déjà romantiques inspirés par la retraite, la nature, la contemplation de la mort et l'appel du divin : on y entend, après l'écho des duels et des batailles, la rumeur de la prière.

CAPEFIGUE (Jean-Baptiste Honoré).

Le cardinal de Richelieu.

P., Amyot, 1865, in-12, iii-218 pp, reliure demi-basane bleue, dos à 4 nerfs filetés (rel. de l'époque), rousseurs, état correct

CARMONA (Michel).

Les Diables de Loudun. Sorcellerie et politique sous Richelieu.

Fayard, 2002, in-8°, 391 pp, chronologie, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

Le dossier de cette affaire de possession, partie du couvent des Ursulines de Loudun en 1632, et qui divisa les Français au XVIIe siècle. — 7 octobre 1632 : Le Diable est entré chez les Ursulines de Loudun. Dans le couvent, ce ne sont plus que cris, convulsions et obscénités. Les exorcistes se mettent à l'oeuvre. Pressé de questions et d'eau bénite, le démon dénonce le responsable de la possession : Urbain Grandier, curé de l'église de Saint-Pierre-du-Marché à Loudun, un homme à femmes et à histoires. Depuis des années, Grandier se heurte à Richelieu, qui voudrait raser la forteresse de Loudun, ville à majorité protestante. Le curé contrecarre les efforts du cardinal, tout comme il entrave le transfert des services administratifs de Loudun vers la ville nouvelle (et 100% catholique) que Richelieu a construite à 15 kilomètres de là. Alors que les exorcismes attirent des milliers de curieux, le pouvoir institue un tribunal d'exception. L'astuce, l'habileté, la virtuosité intellectuelle de Grandier n'empêcheront pas le tribunal, sous l'impulsion de son président, Laubardemont, d'envoyer le curé sur le bûcher le 18 août 1634. Quant à la prieure des Ursulines, Jeanne des Anges, délivrée de ses diables au fil des ans, elle entame une belle carrière de mystique et presque de sainte : elle reçoit des stigmates, saint Joseph donne des pouvoirs miraculeux à sa chemise et Anne d'Autriche l'appelle à ses côtés au moment de mettre au monde le futur Louis XIV. Grandier était-il coupable ? A-t-il été victime d'une machination politique, d'un règlement de compte, de la vengeance de Richelieu ? La plus célèbre affaire de possession de tous les temps a divisé les Français de ce XVIIe siècle imprégné de surnaturel, qui voyait à chaque instant s'affronter Dieu et le Diable.

CARMONA (Michel).

Marie de Médicis.

GLM/Fayard, 1981, fort in-8°, 635 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biographies, chronologie, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée (dos de la jaquette uniformément passé), bon état

Elle est grande, elle est hautaine, elle a le teint très blanc, un double menton, mauvais caractère, 27 ans déjà. En l'an 1600, Marie de Médicis épouse Henri IV. C'est un mariage d'argent : les Médicis sont une richissime famille de banquiers florentins devenus grands-ducs de Toscane. C'est un mariage politique : le Pape et l'Espagne veulent amarrer la France au catholicisme après 45 ans de troubles et de guerres religieuses. Entre Henri IV et Marie de Médicis, la vie conjugale devient souvent un enfer. Maîtresses, scènes de ménage, histoires d'argent ; Sully arbitre comme il peut. Quand Henri IV est assassiné, son fils Louis XIII n'a que 8 ans et demi. Marie de Médicis devient Régente. Elle met la France au pillage pour acheter la tranquillité des nobles, remplir les poches de ses favoris Leonora Galligaï et Concino Concini, et satisfaire une passion sans frein pour les diamants. Chassée du pouvoir par Louis XIII en 1617, elle est exilée au château de Blois, s'en évade par une échelle de corde, et fait deux années de suite la guerre à son fils. Elle se raccommode avec lui grâce à Richelieu, un jeune évêque dont elle fait la fortune et qui grâce à elle devient cardinal et premier ministre. Reine-Mère assagie et respectée, elle construit le Palais du Luxembourg à Paris, et commande à Rubens l'histoire de sa vie - un peu arrangée - en 24 tableaux. Mais elle a le démon de la jalousie et de l'intrigue. Richelieu est devenu trop puissant à son goût. Elle veut sa disgrâce, ne l'obtient pas, et, en 1631, s'enfuit du royaume de France, qu'elle quitte pour toujours. Onze ans d'exil et d'errances en Belgique, en Angleterre, en Allemagne où elle meurt dans la ville de Cologne. Onze ans de complots, négociant avec l'Espagne ennemie de la France, dressant contre Louis XIII son jeune frère Gaston d'Orléans avant de se brouiller aussi avec celui-ci. Elle meurt solitaire et dans la gêne en 1642, quelques mois avant Richelieu et Louis XIII.

CARMONA (Michel).

Richelieu. L'ambition et le pouvoir.

Fayard, 1984, in-8°, 783 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 8 cartes, chronologie, biblio, index, broché, bon état

L'homme en habit vert de bouffon, qui danse la sarabande devant la Reine Anne d'Autriche, vous connaissez ? Il s'appelle Armand Jean du Plessis de Richelieu, cardinal, Premier ministre de Louis XIII, Roi de France et de Navarre. Se souvient-il du brillant cavalier qu'il fut jeune homme, avant que l'impérieux devoir de famille n'en fasse un évêque de Luçon, l' "évêché le plus crotté de France" ? Il a goûté la faveur, l'amertume de l'exil, l'équivoque fierté que donne la certitude d'une intelligence hors pair. Patient et impulsif, persévérant dans l'adversité, dévoré par l'anxiété, la maladie, l'ambition, il forge un Etat, une nation. Pourquoi, pour qui ce labeur immense, cette volonté implacable, la tête de Chalais puis celle de Cinq-Mars, les morts de La Rochelle et les pendus d'Avranches ? Richelieu, père de la France moderne ? L'Histoire vraie, plus passionnante qu'un roman, d'un homme et de son époque. Une invitation à réfléchir sur l'art difficile de gouverner les Français.

CASTAGNOS (Pierre).

Richelieu face à la mer.

Rennes, Ouest-France, 1989, in-8°, 287 pp, 7 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. De mémoire d'homme : l'histoire)

"Le propos de Pierre Castagnos est moins d'apporter du nouveau sur le sujet que de faire la synthèse des travaux de ses devanciers et de situer la place des problèmes maritimes dans l'action politique du cardinal considérée dans son ensemble, en temps de paix comme en temps de guerre. Le mérite de l'auteur est de montrer l'originalité des vues du « grand maître et surintendant général de la navigation et commerce de France » non seulement dans le domaine administratif (où il apparaît bien comme le précurseur de Colbert), mais aussi en ce qui concerne l'expansion coloniale (illustrée par de très bonnes cartes) et la conduite de la guerre (les victoires navales de Cadix en 1640 et de Barcelone en 1642 sont, autant que les victoires terrestres, des signes du déclin de la puissance espagnole). Servi par un style alerte, l'auteur n'ignore rien de la production historique récente et a fait notamment un usage judicieux des Papiers de Richelieu édités par Pierre Grillon et Adolf Wild." (Danielle Rosenthal, Bibliothèque de l'école des chartes, 1990)

CASTAN (Yves).

Vivre ensemble. Ordre et désordre en Languedoc (XVIIe-XVIIIe siècles).

Julliard, 1981, gr. in-12, 286 pp, 16 pl. de documents hors texte, sources, broché, bon état (Coll. Archives)

CASTARÈDE (Jean).

Bassompierre, 1579-1646. Maréchal gentilhomme, rival de Richelieu.

Perrin, 2002, in-8°, 239 pp, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

Il défraya la chronique pendant quarante ans. Il était beau, intelligent, charmeur, courageux, galant, fastueux et joueur. Ce Lorrain qui, à vingt ans, choisit d'être français, représente le type accompli du gentilhomme de son temps. Pour Tallemant des Réaux, le nom de Bassompierre était synonyme d' « élégance » et de « perfection ». Dans ses mémoires, la petite et la grande histoire se mêlent avec leurs intrigues et leurs rebondissements, qui servent de toile de fond au portrait haut en couleurs d'un personnage dont Jean Castarède retrace la vie bouillonnante, jalonnée de rendez-vous manqués avec l'histoire...

CASTELNAU (Jacques).

Christine, reine de Suède, 1626-1689.

Hachette, 1944, in-8°, 255 pp, broché, couv. illustrée, papier lég. jauni, bon état

"Biographe de Fouquier-Tinville, de Marat et de Mme Tallien, auteur d'un Paris sous Charles V et d'un Paris sous Louis XIII, M. Jacques Castelnau vient de publier une Christine de Suède , dans la collection « Le Rayon d'histoire ». Fille de Gustave-Adolphe et reine à six ans, Christine chercha à accroître la gloire de son pays, non par les armes, mais par les arts et la littérature. Cette « Minerve suédoise » devint ainsi la protectrice des célébrités de son temps. Née à Stockholm le 8 décembre 1626, elle abdiquait le 6 juin 1654 et entreprenait alors à travers l'Europe une suite de voyages au cours desquels celle qui n'était plus qu'une reine sans royaume surprit et déconcerta tous ceux qui la voyaient. Cette amoureuse toujours déçue et qui finira éprise du cardinal Azzolini, eut une vie étrange mais non dépourvue de grandeur. M. Jacques Castelnau en a retracé les principaux épisodes avec pénétration et pittoresque." (Revue des Deux Mondes, 1944)

CASTELNAU (Jacques).

Retz et son temps.

Tallandier, 1955, in-8°, 251 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, imprimé sur beau papier, broché, bon état

CAYLUS (Madame de).

Souvenirs. Edition présentée et annotée par Bernard Noël.

Mercure de France, 1965, in-8°, 210 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

Voltaire écrivait : "Tout ce que raconte madame la marquise de Caylus est vrai." A la fin de 1680, Madame de Maintenon fit enlever sa nièce, la future Madame de Caylus, aux huguenots. L'enlèvement n'émut personne, sauf le père, et la petite fille, après avoir un peu pleuré, se convertit dès le lendemain de son arrivée à la cour, parce qu'elle avait trouvé la messe du Roi très belle et qu'on lui avait promis qu'elle la verrait tous les jours. Madame de Caylus dit cela dans ses Souvenirs, et la cour de Louis XIV, Madame de Maintenon, Racine qui voulut la voir dans Esther, Saint-Simon qui appréciait sa finesse : tous ces grands personnages et bien d'autres encore font revivre l'esprit même de Versailles au temps du Roi Soleil.

CAYLUS (Marguerite de Villette, marquise de).

Souvenirs de Madame de Caylus. Nouvelle édition avec une introduction et des notes par M. Charles Asselineau.

P., Techener, 1860, pt in-8°, xlv-268 pp, un portrait de Mme de Caylus en frontispice et 4 planches hors texte gravées sur métal d'après J. Leman, table analytique, ex. sur vergé, broché, bon état

Les souvenirs de Madame de Caylus, nièce et protégée de Madame de Maintenon, ont d'abord été publiés par Voltaire en 1770, qui écrivait : "Tout ce que raconte madame la marquise de Caylus est vrai." A la fin de 1680, Madame de Maintenon fit enlever sa nièce, la future Madame de Caylus, aux huguenots. L'enlèvement n'émut personne, sauf le père, et la petite fille, après avoir un peu pleuré, se convertit dès le lendemain de son arrivée à la cour, parce qu'elle avait trouvé la messe du Roi très belle et qu'on lui avait promis qu'elle la verrait tous les jours. Madame de Caylus dit cela dans ses Souvenirs, et la cour de Louis XIV, Madame de Maintenon, Racine qui voulut la voir dans Esther, Saint-Simon qui appréciait sa finesse : tous ces grands personnages et bien d'autres encore font revivre l'esprit même de Versailles au temps du Roi Soleil. — "Les souvenirs de Madame de Caylus sont une galerie de portraits de la plupart des personnages qui ont joué un rôle dans la vie de Louis XIV. Ils sont dépeints d'une touche légère et fine, où l'éloge n'est jamais outré et où le blâme est dissimulé sous les formes les plus polies et les plus aimables." (Bourgeois & André, Sources II, 895)

CAYLUS (Mme de).

Souvenirs. Publiés avec une introduction par le comte d'Haussonville.

Fayard, s.d. (1909), gr. in-8°, 173 pp, texte sur 2 colonnes, 112 portraits, gravures, fac-similés, bandeaux et vignettes du temps dans le texte et à pleine page, table biographique des noms cités, reliure percaline ocre éditeur, plats imprimés (Coll. Mémoires et Souvenirs, publiés sous la direction de Frantz Funck-Brentano)

Voltaire écrivait : "Tout ce que raconte madame la marquise de Caylus est vrai." A la fin de 1680, Madame de Maintenon fit enlever sa nièce, la future Madame de Caylus, aux huguenots. L'enlèvement n'émut personne, sauf le père, et la petite fille, après avoir un peu pleuré, se convertit dès le lendemain de son arrivée à la cour, parce qu'elle avait trouvé la messe du Roi très belle et qu'on lui avait promis qu'elle la verrait tous les jours. Madame de Caylus dit cela dans ses Souvenirs, et la cour de Louis XIV, Madame de Maintenon, Racine qui voulut la voir dans Esther, Saint-Simon qui appréciait sa finesse : tous ces grands personnages et bien d'autres encore font revivre l'esprit même de Versailles au temps du Roi Soleil.

CHALLES (Robert).

Un colonial au temps de Colbert. Mémoires de Robert Challes, écrivain du Roi, publiés par A. Augustin-Thierry.

Plon, 1931, pt in-8°, xxii-301 pp, broché, état correct

"Voici un livre d'une lecture bien amusante ; il est plein de « révélations ». L'auteur, Robert ou Grégoire, Challes ou de Challes, n'était pas un inconnu, puisque son recueil de nouvelles licencieuses, Les Illustres Françaises, paru en 1713, était depuis longtemps célébré comme un des précurseurs du roman réaliste. Mais que vaut-il comme historien ? et surtout qu'a-t-il pu savoir ? Il est certain qu'il fut écrivain du Roi et que, de la sorte, il put être mêlé à quelques affaires ; mais il est non moins certain qu'il resta toujours un très petit personnage et qu'il finit par être renvoyé du service, assez piteusement. Dans ces conditions, que peut-il nous dire d'important ? En réalité assez peu de chose : tout ce qu'il nous raconte, il l'a entendu de deuxième ou troisième bouche ; ce qu'il a vu lui-même, il l'écrit après trente ou quarante ans. et souvent se rappelle mal ; de plus il est dans les fâcheuses dispositions d'esprit d'un homme à qui la vie n'a pas réussi, d'un raté aigri. Certaines des affirmations les plus considérables qu'il nous présente, sur les infamies des ministres et des financiers, ou sur l'imminente rentrée en grâce de M. Fouquet, à l'heure de sa mort, ressemblent singulièrement aux potins que nous lisons chaque jour dans les petits journaux. Tout ceci nous conduit à nous défier un peu de ce que Challes nous raconte des colonies, sur l'histoire desquelles, cependant, à Paris et sur les lieux, il a eu maintes occasions d'être bien informé. Mais Il reste la malveillance, et déjà cela est beaucoup... Le manuscrit de ces Mémoires, en la possession de M. Hanotaux, s'arrête court aux environs de l'année 1692 ; il serait bien désirable que l'on pût en retrouver la suite." (J. Tramond, Revue d'histoire des colonies, 1932) — Robert Challes (1659-1721) fit ses classes au collège de la Marche avec Jean-Baptiste Colbert de Seignelay. Après des études de droit, il s'embarqua pour la Nouvelle-France où il dirigea une entreprise de pêche, qui n'eut pas de succès. Fait prisonnier par les Anglais au Canada, il revint en France en passant par Lisbonne et Cadix. Nommé écrivain du roi sur un navire de la Compagnie des Indes orientales à destination de l'Inde et du Siam, il en rapporta une relation de voyage initialement destinée à Seignelay. Il vécut ensuite à Paris comme avocat avant d'être exilé à Chartres. Sa carrière d'écrivain fut si discrète qu'une partie de son œuvre, qu'on lui attribue aujourd'hui, resta, de sa propre volonté, anonyme. — "Ces mémoires sont remplis de faits scandaleux ou déplaisants imputés à des personnages importants que l'auteur se vante à tout bout de champ d'avoir personnellement connus, sans le démontrer le moins du monde. L'ouvrage ne vaut que par le style piquant et vif de sa partie anecdotique." (Robert Le Blant, Revue d'histoire des colonies, 1948)

CHANTELAUZE (Régis).

Le cardinal de Retz et l'affaire du Chapeau. Etude historique suivie des Correspondances inédites de Retz, Mazarin, etc.

Genève, Mégariotis, 1978, 2 vol. in-8°, xii-494 et 492 pp, un portrait et 2 fac-similés, reliures simili-cuir bordeaux de l'éditeur, dos lisses avec pièce de titre noire, titres dorés aux 1er plats, bon état (Grand prix Gobert 1878). Réimpression de l'édition de Paris, 1878

La fameuse affaire du Chapeau : l'histoire des intrigues de Jean-François Paul de Gondi pour obtenir le chapeau de cardinal en 1652. Multiples intrigues au moyen desquelles il parvint, en pleine Fronde, à se faire nommer cardinal par la reine-mère sur les conseils de Mazarin lui-même, et à se faire préconiser à Rome, en février 1652, malgré les retards que les agents de Mazarin s'efforçaient d'apporter à la conclusion de l'affaire. Edition précieuse pour les correspondances variées qui remplissent l'intégralité du volume II. — "... L'auteur suit le futur cardinal au milieu de la mêlée de la Fronde. Pour faire comprendre les phases diverses de l'Affaire du Chapeau, il est obligé d'esquisser le récit d'événements sur lesquels il reviendra plus tard, et avant d'arriver à Rome et après en être sorti, de faire apparaître en face de Retz, Mazarin, Beaufort, le duc d'Orléans, Mme de Chevreuse. Son tableau de la cour pontificale (v. surtout le chapitre IX) est piquant et satisfera plus d'une curiosité maligne ; il constitue la partie vraiment originale du volume. Les bulletins de cette campagne, c'est-à-dire les correspondances inédites touchant l'Affaire du Chapeau et émanant de Retz, de ses amis ou de ses adversaires, remplissent tout le second volume. Ils sont classés en six séries, dont la plus importante comprend vingt-neuf lettres de Retz adressées à son confident Charrier. M. Chantelauze a accompagné ces documents de notes historiques et philologiques fort intéressantes..." (L. Pingaud, Revue historique, 1880)

CHANTELAUZE (Régis).

Le cardinal de Retz et l'affaire du Chapeau. Etude historique suivie des Correspondances inédites de Retz, de Mazarin, etc.

P., Didier, 1878, 2 vol. gr. in-8°, 494 et x-492 pp, reliures demi-toile turquoise à coins, bon état. Edition originale sur papier de Hallines. Très rare en grand papier

Les intrigues de Jean-François Paul de Gondi pour obtenir le chapeau de cardinal en 1652. Il s'agit dans ce livre de la fameuse affaire du Chapeau ; c'est l'histoire des intrigues multipliées au moyen desquelles Paul de Gondi parvint, en pleine Fronde, à se faire nommer cardinal par la reine-mère sur les conseils de Mazarin lui-même, et à se faire préconiser à Rome, en février 1652, malgré les retards que les agents de Mazarin s'efforçaient d'apporter à la conclusion de l'affaire. Edition précieuse pour les correspondances variées qui remplissent l'intégralité du volume II. — "... L'auteur suit le futur cardinal au milieu de la mêlée de la Fronde. Pour faire comprendre les phases diverses de l'Affaire du Chapeau, il est obligé d'esquisser le récit d'événements sur lesquels il reviendra plus tard, et avant d'arriver à Rome et après en être sorti, de faire apparaître en face de Retz, Mazarin, Beaufort, le duc d'Orléans, Mme de Chevreuse. Son tableau de la cour pontificale (v. surtout le chapitre IX) est piquant et satisfera plus d'une curiosité maligne ; il constitue la partie vraiment originale du volume. Les bulletins de cette campagne, c'est-à-dire les correspondances inédites touchant l'Affaire du Chapeau et émanant de Retz, de ses amis ou de ses adversaires, remplissent tout le second volume. Ils sont classés en six séries, dont la plus importante comprend vingt-neuf lettres de Retz adressées à son confident Charrier. M. Chantelauze a accompagné ces documents de notes historiques et philologiques fort intéressantes..." (L. Pingaud, Revue historique, 1880)