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AFIOUN-EFFENDI (pseud. de W.-H. de Morfinay).

Paradoxes sur la Turquie, revus et complétés.

Société d'Editions, 1908, gr. in-12, 220 pp, broché, bon état. Rare

ASLANAPA (Oktay).

Turkish Art and Architecture.

London, Faber and Faber, 1971, in-4°, 422 pp, 315 illustrations, dont 33 en couleurs, 67 plans et 3 cartes, biblio, index, reliure pleine toile de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

BARBIER (J.-B.).

Un frac de Nessus. Hommes politiques et diplomates au décapage.

Rome, L'Alveare, 1951, fort in-8°, 1400 pp, 2 cartes en couleurs hors texte, broché, dos lég. sali, bon état. Peu courant

Mémoires de l'auteur, Ministre plénipotentiaire, de la veille de la Première Guerre mondiale à l'administration de Vichy : la Pologne, la Turquie, le Japon, l'Espagne, Vichy... Un ouvrage qui fit du bruit dans lequel l'auteur décrivait et jugeait la politique extérieure de la France depuis le début de la première guerre mondiale jusqu'au lendemain de la seconde... — Jean-Baptiste Barbier débute dans la carrière diplomatique en avril 1915. De fin 1919 à 1923, il est en poste à Madrid (pp 143-214), de mars 1924 à février 1930 à Varsovie (pp 215-351), puis est Conseiller à Stamboul (Istanbul) jusqu'en septembre 1934 (pp 353-494), Conseiller à Tokyo de décembre 1934 à juin 1936 (pp 495-586), puis d'août 1936 à avril 1937 Conseiller à Madrid (l'Ambassade ayant en fait reflué à San-Sebastian) et ensuite Chargé d'affaires à Valence, où il crée de toutes pièces un poste diplomatique (pp 587-722). Renvoyé à Tokyo comme Conseiller de septembre 1937 à mai 1938 (pp 759-837), il est, de juin 1938 à novembre 1939, Ambassadeur à Caboul (Kaboul) (pp 839-1030). Après une cure en Suisse, il arrive à Vichy en juillet 1940, mais doit à nouveau rejoindre la Suisse pour se faire soigner et y séjourne pendant toute la guerre ; en 1945, il est mis à la retraite anticipée par le Gouvernement provisoire pour s'être abstenu d'adhérer au Gouvernement d'Alger. — "Un diplomate de carrière, mis à la retraite en 1945, raconte sa vie et exprime infatigablement sa rancune contre la République, le Front populaire, les Juifs, les instituteurs et le service des Œuvres françaises à l'étranger..." (Revue française de science politique, 1955)

BENEDETTI (Vincent, comte).

Essais diplomatiques (nouvelle série), précédés d'une Introduction sur la question d'Orient.

Plon, 1897, in-8°, lv-412 pp, broché, pt mque au coin du 1er plat, bon état

La question d'Egypte. Méhémet-Ali durant ses dernières années. Un ambassadeur anglais en Orient. Le comte de Cavour et le prince de Bismarck. — "Par les hautes fonctions qu'il a exercées en Orient et en Europe, M. Benedetti était qualifié pour entreprendre une œuvre d'information et d'appréciation. La nouvelle série des Essais est précédée d'une introduction sur la question d'Orient. Tout le monde est d'accord sur la nécessité d'une réforme en Turquie ; le Sullan veut aussi réformer. M. Benedetti se demande si l'on peut espérer que la diplomatie sera plus habile ou plus heureuse qu'elle ne le fut jusqu'à présent, et s'il n'y aurait pas lieu de recourir à une occupation partielle. Cette suggestion n'est pas à dédaigner... A côté de la réforme organique, il y a à prévoir le retour périodique des grands massacres. M. Benedetti établit facilement que, par une marche en avant de Kars, la Russie aurait pu couper court aux massacres... (...) M. Benedetti, qui a résidé en Egypte, raconte avec détail les dernières années de Méhémet-Ali. Espérons qu'il nous en exposera un jour les premières années, qui furent les plus brillantes. Ce n'est pas que j'admire, même au point de vue de l'intérêt politique, le massacre des mameluks. La Russie a soumis ses Tcherkesses ; mais elle n'a pas exterminé cette noble race. Les mameluks constituaient ce qui manque à l'Egypte, une aristocratie d'hommes nativement supérieurs ; mais on ne peut pas demander à un bachy-bozouk de comprendre cette question des races que tant d'autres gens méconnaissent. Où j'admire Méhémet-Ali et sa famille, c'est dans la péninsule arabique, où ils ont eu à lutter contre des adversaires vraiment héroïques, comme Abd-Allah et Noury, qui sont allés mourir de male mort à Constantinople. Les débuts en Syrie furent brillants, l'issue tragique. Là, les quatre alliés ont assurément soutenu les populations insurgées ; mais le soulèvement a eu pour cause primordiale la dure oppression d'Ibrahim, ses besoins d'argent, un dur recrutement, le désarmement de la Montagne. Le consul de France insistait pour signaler le danger à Paris ; mais l'engouement n'a pas d'oreilles, et la Syrie était perdue moralement pour Méhémet-Ali avant le bombardement d'Acre. M. Benedetti expose aussi les votations qui, en 1882, ont livré l'Egypte aux Anglais, lesquels nous sollicitaient d'y entrer avec eux. « C'est dit-il, une lamentable histoire que celle de la politique de la France dans cette affaire. » Il l'attribue à l'instabilité ministérielle, « source de fréquents et d'irréparables mécomptes. » Cette instabilité est un effet naturel du parlementarisme. Pour la stérile satisfaction d'isoler la France, Nicolas Ier avait suscité les événements de 1840, dont le contre-coup a été de ravir à la Russie la prépondérance qu'elle exerçait à Constantinople depuis Unkiar-Skélessi (1833). La prépondérance passait à l'Angleterre. Après Ponsonby, elle fut exercée par lord Stratford de Redcliffe. « Si la nature lui eût donné un autre caractère, il eût été un ambassadeur accompli (p. 216).» Dans sa lutte ininterrompue contre la France, il fut tenu en échec aussi fermement par le calme de M. Benedetti que par la nervosité du successeur. A la manière de Plutarque, M. Benedetti établit un parallèle entre Bismarck et Cavour. A Plombières, Napoléon III et Cavour ne rêvaient que la conquête du nord et une fédération sous la présidence du Pape. Quant à Bismarck, s'il a viré d'un pôle à l'autre, il sut plus tard ce qu'il voulait et y amener les autres : M. Benedetti en informait son gouvernement en temps utile. Enfin, l'auteur consacre quelques pages excellentes au recrutement du corps diplomatique." (A. d'Avril, Polybiblion, 1898)

BENOIST-MÉCHIN (Jacques).

Lawrence d'Arabie, ou le rêve fracassé.

Lausanne, Clairefontaine, 1961, in-8°, 277 pp, 8 pl. de photos en héliogravure et une carte dépliante hors texte, chronologie, généalogie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

Si Thomas Edward Lawrence (1888-1935) a été tour à tour archéologue, explorateur, agent secret, stratège, combattant, diplomate, écrivain et poète, ces activités n'ont été que les manifestations d'une même obsession. Un rêve de bâtisseur d'empire qui a poussé l'auteur du célébrissime “Sept Piliers de la sagesse” sur les routes de l'Orient, d'Oxford au Caire et de Djeddah à Damas. Lorsque ce rêve s'est brisé, lorsqu'il a estimé trahie par son propre pays et par les Alliés la révolte arabe à laquelle il s'était voué, "il ne lui est plus rien resté que le désespoir, l'avilissement et cette implacable volonté d'autodestruction au terme de laquelle la mort est venue le fracasser au guidon de sa motocyclette".

BENOIST-MÉCHIN (Jacques).

Mustapha Kémal ou la mort d'un Empire.

Albin Michel, 1971, in-8°, 460 pp, 7 cartes, biblio, reliure toile rouge éditeur avec une photo de Kémal contrecollée au 1er plat, bon état (Le loup et le léopard, 1)

"La vie et l'œuvre du fondateur de la Turquie moderne. Après une introduction consacrée à l'histoire de l'Empire ottoman, l'auteur décrit les dernières années de cet Empire et l'action de Mustapha Kémal pour sauver la Turquie d'une annihilation quasi totale (1918-1922) ; il montre ensuite comment, après avoir aboli successivement la monarchie et le califat, M. K. forgea une nouvelle nation turque." (Revue française de science politique, 1955) — "C'est au destin, vraiment hors série, du premier président de la Turquie kémalienne – celui que l'on a appelé "le loup gris d'Angora" – qu'est consacré ce volume. Un portrait en pied, qui se détache sur le fond de l'un des phénomènes historiques les plus importants de notre temps : le réveil des peuples du Proche et du Moyen-Orient, vu ici sous son aspect turc. Héritier d'un empire cerné par les armées anglaise, française et russe, ramené aux dimensions d'un petit pays agricole guetté par la misère, Mustapha Kémal déclare peu avant sa prise de pouvoir : "Il faut faire plus qu'une révolution ! " La Turquie n'existe pas encore. Il faut la mettre au monde. œuvre harassante à laquelle il se consacre jusqu'à son dernier jour et qui lui permit de léguer à ses successeurs une jeune nation, pantelante et exsangue, mais transformée de fond en comble et déjà tressaillante d'une vitalité nouvelle. Tel est le passionnant tableau d'histoire contemporaine, d'une étonnante actualité, qui vous est offert ici, sous la plume d'un l'historien consommé et d'un écrivain de grand talent. La réalité, une fois de plus, on le verra, dépasse tout ce que l'imagination peut concevoir, car l'œuvre de Mustapha Kémal est véritablement sans précédent dans l'Histoire." (L'Editeur)

BERTRAND (Louis).

Le Mirage oriental.

Perrin, 1910, in-12, xii-455 pp, reliure demi-basane aubergine, dos à 5 nerfs soulignés à froid et fleurons dorés, pièce de titre basane havane, couvertures conservées (rel. de l'époque), bon état

La débâcle de la couleur locale. – Mirage et réalité. – L'Orient qui bouge : la plèbe, la misère, le travail. – Jeunes-Turcs. Jeunes-Egyptiens. Chrétiens et Juifs. – Nationalisme, séparatisme et révolution. – Les Ecoles. – La mêlée des Religions. – L'Orient contre l'Europe. — Par Louis Bertrand (1866-1941), romancier et essayiste, une figure de proue du nationalisme français de l’entre-deux-guerres, qui, par son radicalisme, rappelle Maurice Barrès et Charles Maurras. Professeur agrégé à Alger de 1891 à 1900. Il effectue son premier voyage en Égypte et en Grèce en 1906. Ce voyage d'une année fut entrepris pour la Revue des Deux Mondes à l'initiative de Brunetière. Louis Bertrand en rapporta ce livre où il dénonce le Mirage oriental ; dans cette « enquête au pays du Levant », il rejette l’idée de « fraternité universelle » et, au nom de la Nation, appelle à « se rebarbariser » pour pouvoir « [s’adapter] aux conditions du monde moderne, qui est, en grande partie, un monde barbare ». Une conception colonialiste associant l’altérité à une menace permanente. Voir par exemple comment il représente la ville orientale du Caire : « Nulle part au monde, pas même à Jérusalem, je n’ai respiré un pareil bouquet de puanteurs. Des effluves asphyxiants se dégagent du fleuve obstrué d’immondices et de charognes d’animaux ; le sol où l’on marche n’est qu’un dépotoir, un entassement de débris innommables que la chaleur recuit et liquéfie en des chimies invraisemblables. C’est d’une telle véhémence, d’une concentration d’arômes si nuancée, que l’odorat se pervertit et qu’à la longue on croit humer, en un prodigieux élixir, tous les fumets troublants de l’exotisme » (p. 59). — "M. Louis Bertrand, qui aime, comme on sait, à bousculer nos illusions et ne s'embarrasse pas des traditions ni des légendes, même dans les sujets les plus traditionnels et les plus légendaires, nous offre un livre tout bouillant d'images et d'idées sur le Mirage oriental. « Il y a cent ans, nous dit l'auteur, à l'époque tumultueuse et trouble du romantisme, alors que Turcs, Arabes et Japonais n'étaient guère pour nous que des sujets de pendules ou de paravents, des prétextes à poèmes byroniens et à romans exotiques, on pouvait s'amuser à décrire leurs vestiaires et ignorer leurs âmes : cela ne tirait pas à conséquence. Aujourd'hui, ces gentillesses ne sont plus de saison. On ne saurait trop connaître des gens qui, demain, peuvent être nos adversaires et qui se souviennent toujours d'avoir été nos vainqueurs »." (Ph.-Emmanuel Glaser, Le Mouvement littéraire, 1909) — "Avec un merveilleux talent d'exposition, en une langue, modèle d'élégance et de clarté françaises, M. L. Bertrand s'attache à dissiper les illusions des « lecteurs éblouis des Orientales », à dénoncer tous les mirages : mirage de la couleur locale, mirage des élites intellectuelles, mirage de la rénovation turque, mirage de la régénération islamique, mirage de la pénétration occidentale, mirage de la mission laïque ; rien n'est oublié ! Son enquête comprend tout l'Orient classique, depuis l'Égypte jusqu'à la péninsule des Balkans. L'auteur a visité le Levant à un moment particulièrement intéressant. « L'Orient se transforme et la mentalité musulmane avec lui, mais dans un sens qui n'est peut-être pas celui que nous souhaitons... période de crise, où les moeurs anciennes, entamées par les mœurs nouvelles, composent un spectacle hybride et déconcertant (p. 39) », mais la fréquentation des élites orientales ne l'a pas empêché de découvrir le fanatisme sommeillant au fond des masses populaires (p. 82) (...) Dans l'ordre intellectuel, il faut placer « les Syriens et les Grecs à peu près ex aequo. et, enfin, bon dernier, le gros Turc d'Asie » (p. 413-414)- Dans la masse musulmane, M. L. Bertrand distingue fort à propos ce qu'il appelle les élites Jeunes-Turcs et Jeunes-Egyptiens. « Il y a lutte chez eux entre la culture européenne et toute leur hérédité mentale. Quand cette culture ne leur est pas une gêne, ils s'en servent comme d'un trompe-l'œil. Leur éducation les a doués d'une double face : ils présentent l'une ou l'autre, selon qu'ils s'adressent à un coreligionnaire ou à un Occidental. Ils possèdent deux claviers intellectuels. ils changent de clavier en changeant d'auditoire. » (p. 220.) Nous demeurons en plein mirage oriental ! « Ce livre risque de mécontenter beaucoup de monde. » L'esquisse psychologique de l'âme levantine, impossible de le nier, n'est pas flatteuse pour les chrétientés orientales. Le livre ne satisfera pas davantage les musulmans. Moins que jamais les Jeunes-Turcs se montrent disposés à accueillir la critique ; les conseils les plus désintéressés leur paraissent du dénigrement, des dénis de justice. Au lieu de nous arrêter à ces récriminations, recueillons plutôt les leçons se dégageant de cette longue et fructueuse enquête. Commençons par une douloureuse constatation après un siècle de diplomatie, d'intervention en faveur des réformes et des opprimés, après les sacrifices de nos missions, en dépit de leurs œuvres de bienfaisance et d'instruction, malgré la pluie d'or déversée sur le Levant par l'épargne et la philanthropie occidentales, l'Europe, à l'heure présente, y trouverait difficilement des amis désintéressés. Avec des nuances dans la désaffection, au gré des affinités ethnographiques et religieuses, toutes ces races reconnaissent un ennemi commun « Cet ennemi, c'est nous-mêmes, nous Européens, qui, par nos entreprises industrielles, nos opérations financières, nos agiotages effrénés (auxquels d'ailleurs les Orientaux s'associent avec empressement), bouleversons sans cesse les conditions économiques de ces pays. » (p. 144-) Jeunes-Turcs et Jeunes-Égyptiens essayent de s'organiser une patrie. « Or, une patrie se fonde toujours contre quelqu'un. » (p. 166.) Cette patrie sera turque et islamique au dedans, xénophobe a l'extérieur ou elle ne sera pas ! Voici la conclusion du “Mirage oriental” : Là-bas au Levant, on est « las de notre tutelle et de notre ingérence... le monde asiatique est en proie aune sourde effervescence. Les tendances de la masse en Égypte, comme en Turquie, sont au fond plus réactionnaires que révolutionnaires. » (p. 441). Dans ces tendances réactionnaires, faites de fatalisme, de résignation confiante en la volonté de Dieu, il est permis, à la suite de M. L. Bertrand, de reconnaître un des atouts de l'Orient islamite. « Avec une pareille force de résistance, on vient à bout de toutes les épreuves, on défie les hommes et la durée. » (p. 444.) On peut attendre l'heure. « Allah est avec les patients » répète le Qoran. Et les musulmans attendent « Plus prolifiques que les Européens, ils ont une religion et une armée. Les Turcs sont, par excellence, une nation militaire. » A cette nation militaire, il manque encore un corps d'officiers. Cette lacune, nous travaillons à la combler : Nous recommençons toutes les folies de l'Empire romain à la veille des invasions. Nous initions les Barbares à notre tactique, nous leurs vendons nos armes, nous leur montrons à s'en servir. Ces gens qui ne connaissent ni nos scrupules, ni nos lassitudes, ni nos névroses, dont les âmes nous sont fermées, dont les pensées sont à mille lieues des nôtres, ces apprentis de la guerre moderne se chargent de nous enseigner un peu de psychologie. Il faut que nous-mêmes, tout en restant des intellectuels, nous redevenions capables d'agir comme des Barbares, si nous ne voulons pas être mangés par les Barbares. (p. 448). Si, après ces avertissements, le mirage oriental continue à nous amuser, on n'en pourra rendre responsable le courageux écrivain. Son livre nous paraît un des plus méritants consacrés à la matière en cette dernière décade." (Henri Lammens, Revue Etudes, 1910)

BOULANGER (Robert).

Istanbul et ses environs.

Hachette, 1967, in-12, 181 pp, 8 cartes et plans dont 2 cartes dépliantes en couleurs, 12 pl. de photos hors texte, index, reliure percaline bleue de l'éditeur, bon état (Coll. Les Guides bleus illustrés). Edition originale

BÉRAUD-VILLARS (Jean).

Le Colonel Lawrence ou la recherche de l'absolu.

Albin Michel, 1955, in-8°, 411 pp, un portrait en frontispice, 4 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

"Point n'est besoin de romancer la vie de Lawrence, car elle est plus près du roman que de la réalité. C'est un héros de Stendhal... (...) Dans un souci d'impartialité, je me suis efforcé, dans cet essai sur la vie de Lawrence, de m'appuyer surtout sur des documents puisés à des sources britanniques pour tantôt exalter, tantôt critiquer ce fascinant personnage. Des Anglais qui ont été témoins de sa vie ont bien voulu m'aider de leurs renseignements et de leurs conseils..." (Jean Béraud Villars, préface) — "Dans la galerie des grands hommes, Thomas Edward Lawrence – le Colonel Lawrence – est l'un des rares, peut-être le seul, à avoir été à la fois un chef de guerre et un artiste. Il y a de grands soldats écrivains, de Xénophon à Napoléon en passant par César, Joinville, Bernard Diaz et Montluc, mais aucun n'était ce que nous appelons un artiste avec ce que cela comporte de mystère, d'inspiration, de déséquilibre, de force, de faiblesse, d'impossibilité à s'adapter aux règles d'une société conventionnelle, en somme de monstruosité. L'Art et l'action guerrière semblent antinomique. Lawrence était génialement doué pour l'un et pour l'autre, d'où sans doute la courbe étrange de sa vie intérieure et celle, non moins exceptionnelle, de son destin. L'artiste c'est l'égocentrisme, le soldat c'est le sacrifice et l'oubli de soi. Deux philosophies aussi contraires existant chez le même homme ne peuvent qu'entraîner des porte-à-faux et des déchirements. Point n'est besoin de romancer la vie de Lawrence, car elle est plus près du roman que de la réalité. C'est un héros de Stendhal et il s'apparente de si près aux deux personnages les plus typiquement stendhaliens : Julien Sorel et Lucien Leuwen, que l'on a par moment l'impression d'un pastiche. Comme ses prédécesseurs de la fiction, il a l'esprit plein de réminiscences littéraires. Il construit sa vie à force de volonté sur un plan abstrait, il veut mener la vieille lutte de l'intelligence, du caractère, de l'égotisme, contre le conformisme. Son orgueil est immense et ses ambitions sans limite. Le naufrage de sa destinée ne lui fera faire aucun examen de conscience, ne lui laissera aucun doute sur lui-même, le plongera seulement dans un amer mépris des hommes et de la vie. Il est inhumain à force de rigueur, poursuit obstinément un absolu qui le fuit, son existence montre à la fois le triomphe et la faillite de l'intelligence pure, de la volonté tendue à l'excès. Il l'organise en mathématicien ; n'est-il pas un mandarin d'Oxford comme Julien était un fort en thèmes de séminaire, Lucien un demi-polytechnicien ? Lui aussi était obsédé par la pensée de Bonaparte. Toutes les réalités de cet étrange personnage sont plus captivantes que sa légende, mais il faut se hâter de le saisir, car ceux qui peuvent nous renseigner de façon directe sur son existence sont de moins en moins nombreux. La Guerre de 1914 n'est plus un événement contemporain. Elle bascule dans cet océan de légendes, de mensonge et d'indifférence qui s'appelle l'Histoire. Il eût été dangereux de laisser ce livre devenir une polémique anglo-française. Dans un souci d'impartialité, je me suis efforcé, dans cet essai sur la vie de Lawrence, de m'appuyer surtout sur des documents puisés à des sources britanniques pour tantôt exalter, tantôt critiquer ce fascinant personnage. Des Anglais qui ont été témoins de sa vie ont bien voulu m'aider de leurs renseignements et de leurs conseils. Je désire ici leur exprimer mon amitié et ma reconnaissance en insistant toutefois sur le fait que j'ai gardé mon entière liberté d'appréciation et d'expression et qu'ils n'ont aucune responsabilité dans les jugements que j'ai portés sur les événements et les hommes." (Jean Béraud Villars, préface)

CAVAIGNAC (Eugène).

Les Hittites.

P., Maisonneuve, 1950, pt in-8°, 122 pp, 21 illustrations et une carte dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Orient ancien illustré)

"L'ouvrage de M. Cavaignac est plus qu'une simple réédition du “Problème Hittite” paru en 1936. Depuis cette date, bien des documents nouveaux ont paru, dont l'étude a complété, parfois modifié considérablement la connaissance du monde hittite. Étant avant tout historien, M. Cavaignac fait à l'histoire une place de choix : il nous donne les dernières précisions chronologiques qui résultent de la découverte des listes assyriennes de Khorsabad. Plus particulièrement les hellénistes y verront dans quel cadre se situe la mention des Ahhiyawas et comment le grand empire hittite s'est effondré à l'époque même de la guerre de Troie. M. Cavaignac signale la capitale des inscriptions bilingues de Karatépé en Cilicie : ce sont des inscriptions en phénicien et en hittite hiéroglyphique dont l'auteur était le roi des Danunas. Les chapitres qui concernent la civilisation hittite sont forcément limités à l'essentiel, mais ils apportent justement les notions générales que réclame un non-spécialiste." (Louis Deroy, L'Antiquité Classique, 1951)

CEMOTI : Cahiers d'études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien.

Sociétés musulmanes et démocratie. Et aussi : L'Adjarie ; L'identité yakoute ; Iran et Pakistan ; La question kurde. L'exemple iranien.

P., CEMOTI/AFEMOTI, 1999, gr. in-8°, 364 pp, broché, bon état

Islam et gouvernement du peuple (Dominique Urvoy) ; Islam et démocratie : de la nécessité d'une contextualisation (Nouchine Yavari d'Hellencourt) ; Armée, laïcité et démocratie en Turquie (François Vinot) ; L'armée et la politique : le cas de l'Iran (Mohammad-Reza Djalili) ; L'armée indonésienne et la question démocratique (Françoise Blanchard) ; Le monde rural pakistanais et la démocratie (Gilbert Etienne) ; Le Sipah-e Sahaba dans le Penjab. Islamisation de la société ou conflit de classe ? (Mariam Abou Zahab) ; Les paysans dépaysannés et la Révolution iranienne (Farhad Khosrokhavar) ; Le secteur privé égyptien et l'action publique : association d'hommes d'affaires et démocratisation dans l'Egypte de l'Infitah (Eric Gobe) ; L'Adjarie, atout et point sensible de la Géorgie (Jean Radvanyi et Nicolas Beroutchachvili) ; L'Islam en Adjarie : trajectoire historique et implications contemporaines (Ekatherina Meiering Mikadze) ; L'Adjarie, carrefour de civilisations et d'empires (David Dartchiachvili et Charles Urjewicz) ; etc.

CHAMBRUN (Charles de).

Traditions et souvenirs.

Flammarion, 1952, in-12, 231 pp, broché, bon état

Souvenirs d’ambassade du comte de Chambrun, de l'Académie française (1875-1952), consacrés pour une bonne part à sa mission à Rome, ses rapports étroits avec Mussolini, le Pacte à Quatre, les sanctions... qu'il est fort opportun de lire ou de relire. — "Volume de souvenirs d'un ambassadeur humaniste, appartenant à la grande tradition d'une époque où des gentilshommes, nourris de belles lettres, représentaient la France à l'extérieur et pouvaient joindre à leurs talents diplomatiques les grâces d'une éducation raffinée... Nous suivons Charles de Chambrun aux Etats-Unis, en Grèce, en Turquie, en Autriche, en Italie, nous entrons avec lui dans l'intimité de Mustapha Kémal et de Mussolini. Il s'agit là d'un tableau qui, sur la trame historique, ressuscite une Europe de transition à la veille d'être balayée par la guerre. Mais point d'exposé technique. C'est un récit vivant, émaillé d'anecdotes et de traits à la fois profonds et plaisants." (Hommes et mondes, 1952)

CHARLES-ROUX (François).

Thiers et Méhémet Ali.

Plon, 1951, pt in-8°, 334 pp, sources, broché, bon état

Excellent livre sur la diplomatie française pendant la crise orientale de 1840 et plus particulièrement la période de huit mois (du 1er mars au 28 octobre 1840) où Louis Adolphe Thiers était président du conseil et ministre des Affaires étrangères.

CLÉRISSE (Henry).

Les Contes de la brousse et du bled. Illustrations de Pellos.

P., Nouvelle Collection d'Auteurs Français, 1936, in-8°, 304 pp, 23 illustrations de Pellos, reliure demi percaline fauve de l'éditeur, plats de feutre havane clair, encadrement doré au 1er plat, coins lég. émoussés, bon état

Récits d'histoire coloniale se déroulant en A.O.F., au Maroc, en Algérie, mais aussi en Asie Mineure, en Turquie, au Turkestan, par le journaliste Henry Clérisse, familier de tous ces pays.

Collectif – VIDAL (François), Alexandre Dumas, George Sand, etc.

Bibliothèque choisie des meilleures productions de la littérature française contemporaine. 3e série, tome II.

Milan, chez Charles Turati, 1844, in-8°, 576 pp, reliure demi-veau glacé prune, dos lisse, titres et roulettes dorées, tranches mouchetées (rel. de l'époque), dos uniformément passé, plats et coupes frottés, bon état. Rare

Lutte du capital et du travail dans l'agriculture. De la rente de la terre (François Vidal) ; De la justice distributive. Etudes sur le principe de la répartition, première partie (François Vidal) ; La Turquie sous Abdul-Medjid. Smyrne (Alexis de Valon) ; Etudes sur l'histoire politique de l'Irlande depuis 1776 jusqu'en 1809 (C.-F. Audley) ; L'Irlande et ses maîtres (O. N.) ; L'Irlande en 1844 (O. N.) ; Politique coloniale de l'Angleterre. Conquête du Scinde. Guerre contre l'état de Gwalior (E. Forcade) ; Titien Vecelli (Alexandre Dumas) ; Les trois soeurs (George Sand) ; Historiens contemporains : MM. Guizot, De Barante, Michelet, Aug. Thierry (Ad. J.) ; Vie de Rancé, par M. de Chateaubriand (Sainte-Beuve) ; Etudes sur les colonisations françaises : Canada, Acadie, Terre-Neuve, Baie d'Hudson, suite et fin (Emile Souvestre) ; etc. — François Vidal (1812-1872) devient avocat en 1831. Il se distingue par sa vision critique de l'économie libérale, et collabore à différents périodiques : La démocratie pacifique de Victor Considérant, La Revue indépendante (créée par Pierre Leroux, George Sand et Louis Viardot en 1841), et, en 1849, Le travail affranchi avec Alphonse Toussenel. Secrétaire de la Commission du Luxembourg en 1848, il en rédige le rapport avec Constantin Pecqueur. En contact d'abord avec les saint-simoniens, puis avec les milieux fouriéristes, sa pensée est celle d'un socialiste moderne, curieusement tombé dans l'oubli. — "... La « Bibliothèque choisie des meilleures productions de la littérature française contemporaine », que je te présente au public sera un recueil des meilleurs articles qui paraîtront dans les ouvrages périodiques français les plus estimés tels que les Revues des deux Mondes, de Paris, Britannique, la Bibliothèque Universelle, l'Institut, les Annales des Voyages, etc. Ces journaux, embrassant toute l'échelle des connaissances humaines, rendant compte de tous les travaux, même étrangers, de quelque importance, assurent les moyens de pouvoir faire un choix varié sur toutes sortes de matières et de satisfaire à toutes les exigences, autant sous le rapport de l'instruction que de l'amusement. Je reproduirai même quelques nouveautés littéraires dans leur entier toutes les fois qu'elles se distingueront par un mérite particulier ou par un intérêt d'actualité, et que leur volume permettra de les faire entrer dans le cadre que je me suis proposé..." (L'éditeur)

COURSIER (Henri).

Une Europe d'avant-guerre. Choses vues 1923-1926.

Etampes, Clovis, 1998, in-8°, 205 pp, présentation et notes de Philippe Pévost, 35 illustrations, annexes, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état

Jeune diplomate français, Henri Coursier a l'occasion de voyager entre 1923 et 1926, soit pour son agrément et son instruction, soit en raison de missions officielles. Mais un heureux hasard veut qu'il se rende dans certains pays au moment précis où des événements historiques d'une importance extrême sont en train de s'y dérouler. C'est l'Allemagne plongée dans un chaos financier sciemment provoqué afin d'échapper aux réparations de guerre. C'est l'Union Soviétique, exsangue après la guerre civile et les grandes famines, engagée dans la "Nouvelle Politique Économique", la N.E.P. C'est encore l'Angleterre en proie à la grève générale, ou l'Irlande tout récemment indépendante cherchant son destin. C'est enfin la Turquie rêvant de passer en quelques années, avec Kemal Atatürk, d'un pays pauvre croupissant dans l'obscurantisme musulman à un État moderne et prospère. Henri Coursier, après une carrière dans la diplomatie française, deviendra chef du service juridique du Comité International de la Croix-Rouge. Les récits de ses voyages de jeunesse, rédigés à l'époque, nous transmettent le témoignage direct d'un homme ouvert, curieux et cultivé.

[Curiosa] – [JEANNIDIS, Nicolas A.].

Contes licencieux de Constantinople et de l'Asie mineure, recueillis par Jean Nicolaïdès, professeur au lycée de Chios.

Kleinbronn et P., Gustave Ficker, 1906, in-12, xxviii-218 pp, reliure percaline havane de l'éditeur, titres au 1er plat et au dos, non rogné, bon état (Contributions au folklore érotique ; t. I). Edition originale, un des 200 ex. sur papier vergé (ouvrage tiré à 250 exemplaires seulement : 200 Vergé; 30 Hollande, 20 Japon). Rare

"Ce volume, tiré à petit nombre, est le premier d’une collection destinée, disent les éditeurs, à fournir aux folk-loristes aussi bien qu'aux critiques littéraires un ensemble de documents populaires permettant d'élucider l’origine de toute une partie de la littérature qui va des Fables milèsiennes aux facéties, aux fabliaux et aux nouvelles du moyen-âge et s’est perpétuée dans les récits licencieux de nombreux écrivains contemporains. Les contes sont au nombre de 70, et plusieurs présentent des parallèles avec ceux d'autres pays et aussi avec ceux des conteurs français ; ceux-ci les donnent sous une forme plus atténuée. C’est assez dire que ce livre est de ceux qui doivent rester dans « l’enfer » des bibliothèques des traditiounistes, auxquels seuls d’ailleurs il est destiné." (Revue des traditions populaires, 1906)

DADRIAN (Vahakn).

Histoire du génocide arménien. Conflits nationaux des Balkans au Caucase.

Stock, 1996, gr. in-8°, 694 pp, traduit de l'anglais, préface d'Alfred Grosser, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

"Le massacre de centaines de milliers d'Arméniens en 1915, sur ordre du gouvernement des Jeunes-Turcs d'Enver Pacha, apparaît aux yeux de nombreux historiens comme le premier génocide du XXe siècle, préfiguration, en quelque sorte rustique, de la Shoah. Hitler ne s'y trompait pas, qui rassurait ses affidés: «Qui se souvient encore de l'élimination des Arméniens ?» Nul ne nie aujourd'hui l'ampleur de la tuerie: selon différentes sources, entre 600 000 et plus d'un million de victimes. Le livre-somme de Vahakan Dadrian remet ces massacres, de plus en plus systématiques dès 1895-1896, sous le règne d'Abdul Hamid surnommé «le sultan rouge», dans leur perspective : dans la longue et convulsive dissolution de l'Empire ottoman. «L'annihilation de la population arménienne de l'empire ottoman apparaît comme le point culminant d'un processus historique impliquant déjà la liquidation de Arméniens par des méthodes de plus en plus radicales», écrit-il. A l'issue d'un méticuleux dépouillement des archives ottomanes, allemandes, autrichiennes, l'auteur met en lumière, entre autres, la complicité active d'officiers prussiens encadrant l'armée ottomane, comme ce général Bronsart von Schellendorf écrivant: «L'Arménien est, comme le Juif, un parasite égaré hors des frontières de sa patrie, suçant la moelle du peuple qui l'accueille.» Après la défaite, ce dernier organisa la fuite de sept dirigeants Jeunes-Turcs, qui furent ensuite condamnés à mort par contumace en 1919 par les tribunaux militaires turcs mis en place pour juger les responsables des massacres..." (Marc Semo, Libération)

DERRIENNIC (Jean-Pierre).

Le Moyen-Orient au XXe siècle. Sociétés politiques et relations internationales.

Armand Colin, 1983, gr. in-8°, 282 pp, 2e édition augmentée, 11 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U)

DOLLOT (Louis).

La Turquie vivante.

Berger-Levrault, 1957, in-8°, 263 pp, préface de André Siegfried, une carte et 41 photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

"On parle beaucoup de la Turquie, ce pays du Proche-Orient qui a réussi à passer d'une civilisation médiévale à une civilisation moderne en un quart de siècle. L. Dollot, au cours de sa carrière diplomatique, a été témoin de cette transformation : il nous en donne les conditions et nous entraîne à sa suite dans toutes les grandes capitales, les grandes villes et les lieux pittoresques de ce pays à la fois si proche et si lointain. Livre d'atmosphère à la fois intéressant et instructif qui révèle certains aspects étroitement liés aux problèmes actuels." (Jacqueline Beaujeu-Garnier, L'information géographique, 1957)

ELSNER (Jacques).

Sites antiques du sud-ouest de l'Anatolie.

Bodrum Yachting (Diffusion De Boccard), 1991, gr. in-8°, 266 pp, 2e édition, illustrations de Yuda Binhas, nombreux plans, cartes et dessins, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, jaquette illustrée, bon état

Un guide des sites archéologiques du sud-ouest de la Turquie allant d'Halicarnasse à Sidé et où la Lycie occupe une place prépondérante. Les notices sont accompagnées de plans et pourvues d'indications sur la beauté, la grandeur, l'originalité des paysages.

FARRÈRE (Claude).

Mes voyages. La promenade d'Extrême-Orient.

Flammarion, 1924-1926, in-8°, 271 pp, nombreuses illustrations photographiques dans le texte, hors texte et en frontispice, reliure pleine toile bordeaux décorée de l'éditeur, titre et pagode dorés au 1er plat, dos lisse avec titre et illustration dorés, bon état

Relation des voyages de l'auteur en Indochine, en Chine et au Japon. Aujourd'hui, il suffit de monter dans un avion pour, une dizaine d'heures plus tard, descendre au cœur de l'Asie, à des milliers de kilomètres. Claude Farrère, au début du 20e siècle, emmène ses lecteurs en paquebot, pour une longue promenade en Extrême-Orient : de Marseille à Saïgon, de Hong-Kong à Canton, puis Shanghaï et Pékin pour se terminer au Japon. Un voyage au jour le jour, entrecoupé de descriptions de lieux dont les noms sont magiques et font rêver... — "Dans ces conférences faites à l'Université des Annales, on retrouve le brio, le talent de donner du relief et de l'intérêt à tout ce qu'il raconte, qui valent à M. Farrère son légitime succès auprès d'un immense public." (Revue des arts asiatiques, 1926)

GARELLI (Paul).

Les Assyriens en Cappadoce. (Thèse).

P., Adrien Maisonneuve, 1963, gr. in-8°, 420 pp, 2 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque archéologique et historique de l'Institut français d'archéologie d'Istanbul, XIX)

L'ouvrage est une étude, à la fois précise et large, sur les archives des commerçants assyriens trouvées dans la ville cappadocienne de Kanis, aux environs de Césarée. — " (...) Le livre de Garelli est de première importance, non seulement pour les assyriologues, mais aussi pour l'histoire du commerce en général. C'est vraiment la description, trés claire, d'une des premières organisations commerciales, qui sont connues. L'auteur fait le bilan de tous les matériaux publiés et donne du sujet une étude excellente." (W. F. Leemans, Journal of the Economic and Social History of the Orient, 1965)

GOODWIN (Godfrey).

A History of Ottoman Architecture

Baltimore, The John Hopkins Press, 1971, in-4°, 511 pp, 4 pl. en couleurs hors texte et 521 illustrations, dont 81 plans, biblio, index, reliure pleine toile de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

GROC (Gérard) et Ibrahim ÇAGLAR.

La Presse française de Turquie de 1795 à nos jours. Histoire et catalogue.

Istanbul, Editions Isis, 1985, gr. in-8°, xvi-261 pp, 24 reproductions de journaux à pleine page, broché, bon état (Varia Turcica II)

"Comme pour celle de la photographie, du télégraphe ou du chemin de fer, les Turcs doivent aux Français l’introduction de la presse dans leur pays. C’est pourquoi l’on ne s’étonnera pas que les premiers journaux furent d’abord des journaux écrits en français, avant d’être bilingues et qu’enfin apparaisse une presse turque proprement dite. En deux siècles, on y compte plus de 700 journaux entièrement ou partiellement écrits en langue française. Dès le XIXe siècle, on constate l’existence d’une abondante presse francophone, illustrée par des journaux dont certains se maintiendront un siècle, tel Stamboul (1875-1964). Plusieurs questions restent en suspens concernant le rôle joué par cette presse de langue française dans l’opinion publique, tant en Turquie qu’en France. Ce livre fait aussi remarquer qu’au cours de son histoire, cette presse ne fut pas obligatoirement pro-française mais elle reflétait le rôle véhiculaire joué par la langue française dans l’Empire ottoman." (Joëlle Pierre, 2005)

[Guerre d'Orient].

La Guerre d'Orient en 1877-1878. Etude strategique et tactique des operations des armees russe et turque en Europe, en Asie et sur les cotes de la mer Noire par un Tacticien. Ouvrage redige sur les documents officiels publiés par le Gouvernement russe et le Gouvernement ottoman.

Librairie militaire de J. Dumaine, 1879-1883, 3 vol. gr. in-8°, 801, 796 et 804 pp, une carte, qqs figures, croquis et tableaux (4 dépliants), reliures demi-chagrin grenat, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titre et tomaisons dorés, tranches orange (rel. de l'époque), dos uniformément passés, qqs rousseurs, bon état. Rare

Manque le quatrième et dernier volume, paru en 1885. — "Excellemment documenté, cet ouvrage a été publié sous les auspices de l'Etat-major français." (W. E. D. Allen & Paul Muratoff, Caucasian Battlefields: A History of the Wars on the Turco-Caucasian Border 1828-1921, Cambridge University Press, 1953)

LABONNE (Roger).

L'évolution des Pays turcs. Avec une carte des républiques et territoires de l'URSS.

dans le Correspondant, 1927, 2 vol. gr. in-8°, 52 pp, (26 et 26), brochés, bon état

On trouve également dans ces deux numéros des lettres inédites d'Augustin Cochin, l'historien mort en 1916, des articles sur : un bel écrivain oublié : le Père Hercule, 1603-1659 (Henri Bremont) ; l'envers de Trianon : le conflit juridique roumano-hongrois ; le problème catalan ; etc.

LA JONQUIÈRE (Vicomte A. de).

Histoire de l'Empire ottoman, depuis les origines jusqu'au traité de Berlin.

Hachette, 1881, in-12, (6)-670 pp, 4 cartes en couleurs dépliantes hors texte, biblio, index, reliure demi-chagrin carmin, dos lisse avec titres dorés et date en queue (rel. de l'époque), pt mques de cuir aux coiffes, un mors fendu, dos recollé, état correct

"Un ouvrage qui embrasse à la fois le moyen âge et les temps modernes, mais qui accorde cependant plus d'attention aux événements dont la Turquie a été le théâtre et la victime au 18e et 19e siècles. « L'Histoire de l'Empire Ottoman » de M. de La Jonquière offre un résumé clair et exact de tout ce que le grand public peut éprouver le besoin de savoir sur la géographie, l'ethnographie et l'histoire de l'empire turc. L'auteur émet parfois des assertions contestables, mais cela n'ébranle pas l'autorité que donnent à son livre un long séjour dans le pays et l'impartialité avec laquelle il rend justice aux grands hommes qui ont gouverné la Turquie et signale en même temps des vices d'organisation et d'administration traditionnels et incurables." (G. Fagniez, Revue Historique, 1882)

LAMOUCHE (Colonel).

Histoire de la Turquie, depuis les origines jusqu'à nos jours.

Payot, 1934, in-8°, 427 pp, préface de René Pinon, 5 cartes, broché, couv. illustrée, qqs annotations au crayon en marges, bon état (Bibliothèque historique), envoi a.s.

"Le colonel Léon Lamouche, de qui l'expérience est bien connue en matière de questions balkaniques, dote les lecteurs français d'un ouvrage qui leur manquait : une Histoire de la Turquie allant jusqu'à l'époque contemporaine ; le volume se termine par une bibliographie française abondante." (Revue des Études Slaves, 1934) — "Le manuel si clair et si utile du regretté colonel Lamouche, Histoire de la Turquie depuis les origines jusqu'à nos jours, avec une préface de René Pinon, a fait l'objet d'une nouvelle édition, complétée par J.-P. Roux, du Centre national de la Recherche scientifique (la première, épuisée depuis longtemps, était de 1934). Les étudiants et de nombreux lecteurs de toutes catégories disposeront d'elle comme d'un bon ouvrage d'initiation et de consultation courante : une bonne bibliographie (p. 408-426), un index alphabétique détaillé et une liste des noms turcs actuels des villes leur en rendra le maniement aisé." (Revue des Études Slaves, 1957) — Léon Lamouche (1860-1945), qui possédait une solide connaissance des principales langues parlées dans la péninsule balkanique, comptait parmi les membres les plus anciens et aussi les plus assidus de la Société de linguistique de Paris. Pendant de longues années et presque jusqu'à sa mort, il fut membre du jury des examens de l'Ecole des Langues orientales pour le bulgare, le roumain et le turc.

LAUZANNE (Stéphane).

Au Chevet de la Turquie. Quarante jours de guerre.

P., Arthème Fayard, 1913, in-12, 276 pp, reliure demi-percaline verte, dos lisse avec titres, fleuron et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale

Des guerres oubliées... Les guerres des Balkans... Pourtant, juste à la veille du premier conflit mondial, elles ont été une épreuve redoutable et ont eu un impact certain dans le déclin de l’Empire ottoman. Les guerres des Balkans sonnent le glas à l’emprise d’un Empire déjà confronté à une véritable poudrière dans la région. En octobre 1912, les peuples des Balkans se soulevèrent contre la domination ottomane. La Grèce, la Bulgarie, la Serbie et le Monténégro entrent en guerre contre la Sublime Porte, espérant ainsi acquérir leur indépendance. L’Empire ottoman, gouverné depuis peu par les Jeunes-Turcs, alors complètement dépassé, n’est pas à même d’y faire face et s’enlise. De batailles sanglantes en défaites cuisantes, Stéphane Lauzanne livre le témoignage rare d’un « reporter de guerre ». De rencontres de hauts dirigeants ottomans, comme le ministre des Affaires étrangères Noradounghian Gabriel, d’origine arménienne, en découvertes des champs de batailles, de la misère des soldats turcs, c’est toute l’ampleur d’une véritable catastrophe qui nous est alors révélée. Par milliers, des Turcs et des musulmans des Balkans sont massacrés ou se réfugient à Istambul. Le journaliste, en fin observateur des événements, retrace ces quarante jours passés là-bas et témoigne des difficultés d’un Empire à gouverner des deux côtés du Bosphore. — Stéphane Lauzanne (1874-1958) était correspondant du quotidien “Le Matin”, pendant la guerre balkanique de 1912-1913 avant d'en devenir le rédacteur en chef pendant la première moitié du XXe siècle.

LAVALLÉE (Théophile).

Histoire de la Turquie. Seconde édition revue, corrigée et continuée jusqu'en 1856.

P., Librairie Hachette et Cie, 1859, 2 vol. in-12, 364 et 387 pp, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, filet à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire finement relié et sans rousseurs. Peu commun

Importante histoire de la Turquie, divisée en cinq livres : Description de la Turquie. – Histoire de l’islamisme jusqu’à l'avénement des Turcs Ottomans. – Depuis la prise de Constantinople jusqu’à la paix de Carlowitz (1453-1699). – Depuis la paix de Carlowitz jusqu’à la paix d’Yassi (1699-1792). – Depuis la paix d’Yassi jusqu'au traité de Paris (1792-1856). — Selon Théophile Lavallée, le traité de Koutchouk-Kainardji, signé en juillet 1774, et qui conclut la guerre russo-turque de 1768-1774, ne fut pas préjudiciable au commerce de la France avec la Turquie (« Ce fut même dans les quinze années qui suivirent ce traité que notre commerce dans le Levant atteignit sa plus grande prospérité » (tome II, p. 227).

[Lawrence d'Arabie] – ARMITAGE (Flora).

Lawrence d'Arabie. Le désert et les étoiles.

Payot, 1957, in-8°, 339 pp, traduction de S. M. Guillemin, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

Une superbe biographie, à l'image de son personnage : flamboyante, intelligente et érudite. — "Cette nouvelle biographie de Lawrence est plus solide que les titres des chapitres (« Le fardeau glorieux », « L'aire de l'aigle », etc.) ne pourraient le laisser supposer. L'auteur consacre son dernier chapitre à critiquer le livre retentissant de Richard Aldington : Lawrence l'imposteur." (Revue française de science politique, 1958)

[Lawrence d'Arabie] – BENOIST-MÉCHIN (Jacques).

Lawrence d'Arabie, ou le rêve fracassé (1888-1935).

Perrin, 1979, in-8°, 414 pp, 24 photos dans le texte et à pleine page, 5 cartes, généalogie des Hachémites, notes et commentaires, biblio, index, reliure skivertex bordeaux de l'éditeur, rhodoïd, bon état (Le rêve le plus long de l'Histoire, VII)

Si Thomas Edward Lawrence (1888-1935) a été tour à tour archéologue, explorateur, agent secret, stratège, combattant, diplomate, écrivain et poète, ces activités n'ont été que les manifestations d'une même obsession. Un rêve de bâtisseur d'empire qui a poussé l'auteur du célébrissime “Sept Piliers de la sagesse” sur les routes de l'Orient, d'Oxford au Caire et de Djeddah à Damas. Lorsque ce rêve s'est brisé, lorsqu'il a estimé trahie par son propre pays et par les Alliés la révolte arabe à laquelle il s'était voué, "il ne lui est plus rien resté que le désespoir, l'avilissement et cette implacable volonté d'autodestruction au terme de laquelle la mort est venue le fracasser au guidon de sa motocyclette".

[Lawrence d'Arabie] – BOUSSARD (Léon).

Le Secret du colonel Lawrence.

P., Editions A.M., 1946, in-12, 152 pp, un portrait hors-texte de Lawrence par August John, broché, bon état

Deuxième édition avec avant-propos de l'auteur de décembre 1945. Le premier ouvrage qui fasse mention de la naissance illégitime de Lawrence d'Arabie. En mars 1921, Lawrence était devenu conseiller pour les affaires arabes au ministère des Colonies, dirigé par Churchill. Léon Boussard, rédacteur au "Petit Journal" avant guerre, dirigea un temps "La Voix de la France", la radio du régime de Vichy.

[Lawrence d'Arabie] – GUILLAUME (André).

Lawrence d'Arabie.

Fayard, 2000, in-8°, 425 pp, 5 cartes, notes, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Les facettes de Thomas Edward Lawrence (1888-1935) sont si nombreuses que sa vérité est plus insaisissable que la légende qu'ont propagée ses hagiographes comme ses détracteurs. Historien et archéologue, orientaliste, poète, géologue, photographe, diplomate, agent de renseignements, chef de guerre, il fut l'ami d'hommes aussi différents que Winston Churchill et Bernard Shaw. D'une incroyable témérité, héros de la Grande Guerre au Proche-Orient, il souleva le monde arabe contre le vieil Empire ottoman et sa guérilla du désert apporta une contribution décisive à la victoire alliée. Mais plus que tout c'était un écrivain, et la prose dense, intense, des Sept Piliers de la sagesse captive son lecteur en lui jetant sous les yeux une poétique moisson de paysages, d'actions, de réflexions, de visages. Il pouvait prétendre aux plus grands honneurs, mais il s'en détourna pour se fondre dans la masse des sans-grade d'une armée de métier. Simple mécanicien dans les armes techniques, il écrivit alors un autre chef-d'œuvre, plus introspectif que le précédent, “La Matrice”. La lutte de ce serviteur de l'Empire britannique et des peuples arabes fut certes trahie par le cynisme des politiques, mais son génie sut transmuer ses échecs et sa misère intime pour les dépasser et en faire des œuvres de vérité.

[Lawrence d'Arabie] – KNIGHTLEY (Phillip) et Colin SIMPSON.

Les vies secrètes de Lawrence d'Arabie.

Laffont, 1969, gr. in-8°, 415 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

« L’un des plus grands hommes de notre temps », selon Churchill, l’Arabe blanc, le roi sans couronne de Damas, le prince de la Mecque, le seconde classe de la R.A.F... La légende, très tôt, s’est emparée de Lawrence d’Arabie, dissimulant la vérité de l’homme. C’est à mettre à nu cette vérité que Philip Knightley et Colin Simpson se sont employés, à partir de confidences, de lettres et de documents inédits. Apparaît l’image d’un agent britannique au Proche-Orient animé par une solide passion anti-française et qui devait avouer lui-même avoir commis « un délit d’escroquerie à l’égard des Arabes ». S’éclaire le comportement intime d’un homme – autour de l’épisode de Deraa, où Lawrence fut livré au gouverneur turc de la ville – qui avait le goût des pratiques masochistes. Knightley et Simpson ne cherchent pas le scandale ; ils disent ce qui fut. Et l’histoire nue d’un homme complexe et contradictoire prend enfin le pas sur la légende.

[Lawrence d'Arabie] – LAURENS (Henry).

Lawrence en Arabie.

Gallimard, 1992, gr. in-12, 176 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Découvertes)

1914. T.E. Lawrence est un jeune archéologue britannique qui arpente la Syrie et dont le destin semble tout tracé. Mais la Première Guerre mondiale éclate. Nommé agent de renseignement au Caire, il prend fait et cause pour la Révolte arabe. Aux côtés de l'émir Faysal et du général Allenby, il s'empare du port d'Akaba, entre en vainqueur dans Jérusalem et dans Damas. Il devient Lawrence d'Arabie. Après la guerre, il s'engage dans la RAF et, avec “Les Sept Piliers de la sagesse”, se révèle l'un des plus grands écrivains de son temps. Henry Laurens nous fait découvrir ce héros du XXe siècle en proie, comme le disait André Malraux, au "démon de l'absolu".

[Lawrence d'Arabie] – LAWRENCE (Colonel T.-E.).

La Révolte dans le désert (1916-1918).

Payot, 1930, in-8°, 463 pp, traduit de l'anglais, 8 illustrations et une carte hors texte, broché, bon état (Coll. de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la Guerre mondiale). On joint 2 coupures de presse sur Lawrence (l'une de 1935 : Souvenirs sur Lawrence ; l'autre de sept. 1939)

Récit haletant et sans fioritures , “La Révolte dans le désert” relate les aventures de Lawrence en Arabie entre 1916 et 1918. Dans ce best-seller mondial, publié de son vivant contrairement aux “Sept Piliers de la sagesse”, l'auteur fait la part belle à ses compagnons – britanniques et bédouins – et entraîne immédiatement le lecteur au coeur du désert brûlant, entre combats, embuscades et traversées épiques à dos de chameau. Oeuvre accessible, La Révolte donne à voir le génie littéraire et le parcours hors-norme de Lawrence.

[Lawrence d'Arabie] – LEGRAND (Jacques)(dir.).

Chronique de Lawrence d'Arabie.

Editions Chronique, 1997, gr. in-8°, 128 pp, 196 photos, 14 cartes en couleurs, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Chroniques de l'histoire)

[Lawrence d'Arabie] – LIDDELL HART (Capitaine Basil H.).

La Vie du colonel Lawrence.

Editions de la Nouvelle Revue Critique, 1935, in-8°, 317 pp, traduit de l'anglais, 7 cartes à pleine page, ex. sur vélin supérieur, broché, couv. très lég. salie, décharges de scotch sur la page de faux-titre et la dernière garde, bon état (Coll. Bibliothèque d'histoire politique, militaire et navale)

"... Liddell Hart a bien raison de dire que Lawrence a été plus qu'une sorte de Montluc du XXe siècle, plus qu'un simple chef de partisans. Car, dit-il, il « a prévu la tendance de la guerre moderne à la guerilla, tendance due à ce que les nations dépendent chaque jour davantage de leurs ressources industrielles. Il doit être rangé au nombre de ceux que nous appelons les grands capitaines. L'art, et non la force, est l'essentiel. »" (Emile Mayer, Revue militaire suisse, 1935)

[Lawrence d'Arabie] – MONTEIL (Vincent-Mansour).

Lawrence d'Arabie, le lévrier fatal, 1888-1935.

Hachette, 1987, gr. in-8°, 330 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

"Tout a-t-il été dit sur “le mystère Lawrence” ? Depuis sa mort, en 1935, le héros de l'aventure arabe s'avance masqué. De nombreuses zones d'ombres subsistent. Est-il vraiment le seul, le vrai vainqueur du désert, le libérateur de Damas ? A-t-il subi, inventé ou enjolivé le supplice commis par les Turc : flagellation cruelle suivie de viol collectif ? Pourquoi, au faîte des honneurs et de la gloire, a-t-il choisi de terminer les douze dernières années de sa vie comme simple soldat, dans des circonstances dégradantes ? Pour expier – mais quoi ? Par volonté de mortification et d'humiliation – mais pourquoi ? Dans quelles conditions est-il mort : accident, attentat, suicide ? Explorant toutes les sources inédites disponibles à ce jour, Monteil restitue dans leurs ambivalences les plus troublantes – homosexualité, masochisme, mythomanie... – les différentes facettes d'une personnalité complexe trop souvent perçue de manière univoque à travers le film à grand spectacle de David Lean (1963). La statue n'en est pas déboulonnée : elle y trouve une profondeur de chair et de sang."

[Lawrence d'Arabie] – NUTTING (Anthony).

Lawrence d'Arabie.

Fayard, 1962, in-8°, 263 pp, traduit de l'anglais, 3 cartes dont une dépliante hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

Dès sa plus jeune enfance, Lawrence se passionna pour l'archéologie et c'est ainsi qu'il fut emmené en Syrie par le Professeur Hogarth. Cette première expérience laissa à Lawrence une impression profonde et durable qui devait l'ammener plus tard à s'attacher à ces régions mal connues et à faire de lui “le roi non couronné de l'Arabie”, pour les uns, et pour les autres, un vulgaire agitateur. Antony Nutting a essayé d'analyser l'homme et les mobiles puissants, les raisons cachées qui ont animé cet homme...

LE PLAY (Dr. Albert-E.).

Le Chemin de ronde. Promenade autour de la terre, 1906-1916.

P., Librairie Le François, 1947, in-12, 318 pp, préfaces de Gabriel Hanotaux et du docteur Fiessinger, broché, bon état, envoi a.s.

Souvenirs de voyage du docteur Albert Le Play, ancien chef de clinique du Pr. Dieulafoy et petit-fils de l'illustre Frédéric Le Play, précurseur de la sociologie. On a d'abord les notes d'un long voyage effectué de novembre 1906 à juin 1907. L'auteur débute son récit à Stamboul, la côte d'Asie Mineure, l'Egypte, la Nubie, les Indes, l'Indo-Chine, la côte d'Annam, le Tonkin, la Chine, le Japon. Il termine son voyage par les Etats-Unis (les abattoirs de Chicago...) (pp. 15-211), puis une soirée à Tanger, le Gada de Debdou, qqs impressions de la guerre (Dixmude au début de 1915, Bucarest à la fin de 1916, le 16 décembre 1916 à Petrograd, lors de l'assassinat de Raspoutine, que l'auteur, alors sur les lieux, a failli voir de ses yeux...). Avec en épilogue les souvenirs de l'auteur sur l'Exode tragique de juin 1940 (pp. 253-316).

LOTI (Pierre).

Fantôme d'Orient.

Calmann-Lévy, 1920, in-12, 234 pp, reliure demi-basane noire, dos lisse orné en long, titres dorés, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), coiffe sup. lég. frottée, bon état

Le 16 mai 1876, à vingt-six ans, le lieutenant Julien Viaud, alias Pierre Loti, arrive par mer pour la première fois à Constantinople. Il découvre un pays qui l'éblouit et le marquera au point de le considérer comme sa "seconde patrie". Fasciné par le Bosphore, la Turquie, sa civilisation et ses hommes, le grand écrivain confia en son temps, dans le souci de l'authenticité due aux lecteurs : "C'est presque à travers mon âme qu'ils vont apercevoir le grand Stamboul." "Fantôme d'Orient" raconte le périple en Turquie du capitaine de corvette Julien Viaud, lancé à la recherche d'Aziyadé, sa bien-aimée, une jeune Circassienne appartenant au harem d'un Turc, qu'il aima follement quinze ans auparavant.

LOTI (Pierre).

Journal intime [1878-1881], publié par son fils Samuel Viaud. – Journal intime [1882-1885], publié par son fils Samuel Viaud. Compositions de Georges Baudin. – Un jeune Officier pauvre. Fragments de journal intime rassemblés par son fils Samuel Viaud. Dessins et aquarelles de l'auteur.

P., Editions de l'Illustration, 1923-1928, in-4°, 104-76-92 pp, un portrait photo de Pierre Loti en lieutenant de vaisseau (1881) en frontispice, 40 gravures et photos sur 16 planches en noir et une planche en couleurs hors texte dans la première partie, – 81 illustrations de Georges Baudin dans la seconde, – 25 dessins et aquarelles de l'auteur dans le texte et à pleine page (dont 3 planches en couleurs hors texte) et une photo de l'auteur en 1878 dans la troisième partie, les 3 parties reliées ensemble en un volume demi-maroquin noisette, dos à 5 nerfs filetés, titre (La Petite Illustration) et tomaison (12) dorés (rel. de l'époque), pt trace de mouillure ancienne en coin de la troisième partie, dos uniformément passé, bon état

Pré-publication illustrée du “Journal intime” de Pierre Loti (1850-1923) dans « La Petite Illustration », le supplément adressé aux seuls souscripteurs de l'abonnement N°1 à « L'Illustration ».

LOTI (Pierre).

Un jeune officier pauvre. Fragments de journal intime rassemblés par son fils Samuel Viaud.

Calmann-Lévy, 1923, in-12, viii-256 pp, préface d'Emile Vedel, reliure demi-maroquin brun, dos à 5 nerfs avec titres et date en queue dorés, tête dorée, couv. et dos conservés (reliure signée L. Pouillet), bon état. Edition originale sur papier courant

Très beaux récits de voyages : Sénégal, Cap Horn, Turquie, etc. — Loti avait demandé à son proche ami et collaborateur, le commandant Emile Vedel, de rédiger le "préambule" de cet ouvrage. Mais Loti meurt aussitôt, le 10 juin 1923, et le désarroi de son ami est palpable : « Perte immense, qu'a ressentie le monde entier ! Car nul n'a pu le connaître, personnellement ou à travers son oeuvre, sans l'aimer passionnément. » L'ouvrage fut publié au courant du mois de juin, avec un mot d'introduction de son fils Samuel : « Ceci n'est qu'un journal intime, nullement écrit pour être publié, dans lequel d'ailleurs manquent beaucoup de pages, détruites par mon père ou égarées depuis longtemps. »

MANTRAN (Robert).

La Vie quotidienne à Constantinople au temps de Soliman le Magnifique et de ses successeurs (XVIe et XVIIe siècles).

Hachette, 1965 in-8°, 319 pp, 2 cartes, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

"Publier une vie quotidienne moins de trois ans après avoir soutenu brillamment une vaste thèse sur la seconde moitié du XVIIe siècle à Istamboul constitue, à nos yeux, une véritable gageure si l'on considère qu'il s'agit, du moins en apparence, de concentrer en 300 pages deux siècles d'une histoire sociale alors que l'auteur avait consacré (sans longueurs inutiles) 731 pages à un demi-siècle de la même période. (...) Byzance, Constantinople, Istamboul, autant de noms évocateurs d'une ville qui, en réalité en comporte au moins deux, celle de la rive droite de la Corne d'Or, la musulmane, et celle de la rive gauche, la combien cosmopolite Galata ! mais Uskûdar, au-delà du Bosphore a toujours participé à la vie de la capitale, et Eyoub, au fond de la Corne d'Or, paraît difficile à dissocier de la cité même. C'est donc un grand ensemble urbain qu'il s'agit d'évoquer sans tenir compte des limites naturelles ou artificielles qui circonscrivent la capitale proprement dite, la ville administrative et impériale. La période choisie par l'auteur marque l'apogée de l'empire turc, l'âge d'or en quelque sorte, celui où la domination de la Sublime Porte s'étend progressivement du sud de l'Europe, profondément et largement entamée, aux frontières du Maroc, en passant par le Moyen-Orient, une partie de l'Arabie (la moins pauvre naturellement et la plus glorieuse, pour ne pas dire la plus sacrée) puis l'Egypte, la Libye, la Tunisie et l'Algérie. Epoque faste où les présents affluent à Constantinople devenue une métropole économique de première grandeur..." (Lucien Golvin, Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, 1966)

MANTRAN (Robert).

Turquie. Texte de R. Mantran, photographies de Emile Dahier et Emmanuel Boudot-Lamotte.

Hachette, 1955, in-8° carré, 126 pp, 62 pl. en noir et 8 pl. en couleurs hors texte, une carte, reliure de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état, ex. du SP (Coll. Les Albums des Guides Bleus)

"Les guides ne se conçoivent plus guère sans illustrations, sans ces images qui sont à la fois un rappel ou une sollicitation. Les vénérables Guides Bleus se conforment à cette mode nouvelle. Ils le font d'ailleurs selon une formule personnelle : les albums sont un complément des guides, mais aussi une publication qui peut se suffire à elle-même ; d'ailleurs albums et guides ne se superposent pas servilement. Il suffit de consulter la liste des albums parus. Varié également le texte qui préface l'album ; tantôt c'est une évocation magistrale comme la Bourgogne de Jean Bonnerot, tantôt une étude exhaustive comme la Turquie de R. Mantran..." (René Clozier, L'information géographique, 1956)

MARCY (M. l'abbé de) et RICHER.

Histoire moderne des Chinois, des Japonnois, des Indiens, des Persans, des Arabes, des Turcs, des Grecs, des Africains, des Russiens et des Américains. Nouvelle édition, revue et corrigée.

P., Veuve Desaint, 1775, 21 vol. in-12, reliures plein veau moucheté époque, dos à 4 nerfs ornés de caissons dorés, pièces de titre de cuir rouge, tranches jaspées, qqs menus défauts sans gravité, bon exemplaire sans rousseurs

MIGEON (Gaston).

Manuel d'art musulman. Arts plastiques et industriels. 2e édition revue et augmentée. Tome I : Peinture et miniature. Sculpture décorative monumentale ou mobilière, pierre, stuc, bois. Ivoires. Bronzes. Monnaies. Armes.

P., Editions Auguste Picard, 1927, in-8°, 440 pp, 211 illustrations, broché, bon état

Tome I seul (sur 2 : le tome II traite de l'orfèvrerie, des cuivres, de la verrerie, de la céramique et des tissus et tapis). "Ayant à citer dans son livre les noms d'un grand nombre de dynasties et de princes, qui ont régné dans le monde musulman du VIIe au XVIIIe siècle de notre ère, ayant à faire allusion à de multiples événements politiques, M. Gaston Migeon a estimé nécessaire de placer en tête un précis de l'histoire des civilisations musulmanes et à la fin un tableau chronologique des faits. Par cette heureuse disposition l'histoire de l'art est ainsi encadrée par l'histoire des événements politiques et des institutions. Dans ce premier volume, M. Gaston Migeon traite de la peinture et de la miniature, de la sculpture décorative sur pierre, de la mosaïque, de la sculpture sur bois, des ivoires, des bronzes et de la ferronnerie, des monnaies et des armes. Il procède, dans chaque chapitre, par ordre géographique, passant du Maghreb à l'Egypte, de la Syrie à la Mésopotamie, de la Perse à l'Inde. (...) A son exposé, M. Gaston Migeon a joint un nombre considérable de figures. Il cite en outre les recueils où sont publiés, ainsi que les musées où sont conservés les monuments, qu'il n'a pas reproduits. Chaque chapitre se termine par une bibliographie. Ce manuel est donc une vaste synthèse dans laquelle les descriptions d'un nombre considérable de monuments d'art déjà connus sont classées et coordonnées... "(Henri Dehérain, Journal des savants, 1927)

MORNAND (Félix) et JOUBERT.

Tableau historique, politique et pittoresque de la Turquie et de la Russie.

P., Paulin et Le Chevalier, 1854, in-folio, (2)-177 pp, texte sur trois colonnes, avec 162 gravures sur bois en noir dans le texte (certaines à pleine page) et 3 planches dont deux vues en noir à double page et une carte du théâtre de la guerre gravée sur acier en couleurs, reliure percaline noire, plats ornés à froid, titre doré au 1er plat (rel. de l'éditeur), un mors en partie fendu sans gravité, bon état. Edition originale

Publié à l'occasion de la Guerre d'Orient entre les empires ottoman et russe, l'ouvrage se veut une présentation populaire, mais documentée, de l'état général des deux belligérants. – Histoire et politique de la Russie et de la Turquie ; L'Empire ottoman : races, moeurs et coutumes, provinces, principale villes ; L'Empire russe : population, Etats, moeurs, coutumes, provinces, principales villes de l'Empire russe.

NEWMAN (Bernard).

Balkans, horizons d'hier et d'aujourd'hui.

P., Aux Portes de France, 1946, in-12, 392 pp, traduit de l'anglais, broché, état correct

Les Balkans, la Bulgarie, la Roumanie, la Yougoslavie, l'Albanie, la Grèce, la Turquie, les Balkans de l'avenir et l'idée fédérale, la Charte des Balkans.

NIKITINE (Basile).

Les Kurdes. Etude sociologique et historique.

P., Editions d'Aujourd'hui, 1975, gr. in-8°, 358 pp, préface de Louis Massignon, 15 cartes, biblio, index, broché, bon état (Coll. Les Introuvables). Réimpression de l'édition de 1956 tirée à 200 ex. numérotés seulement

Un excellent travail d'ensemble sur l'ethnographie des Kurdes, publié en 1956 mais rédigé en 1943. — "La présente étude, oeuvre d'un kurdisant qualifié, est le premier ouvrage d'ensemble consacré aux divers aspects du problème kurde : origines linguistiques, genres de vie, typologie psychologique, habitat, structure tribale, histoire des clans, genèse de l'idée de nation... Sur les points, encore très nombreux, où le problème kurde demeure mystérieux, l'auteur a su délimiter les dimensions de ce qui reste incertain, avec une mesure attestant combien il a réfléchi..." (Louis Massignon, préface)

PERNOT (Maurice).

L'inquiétude de l'Orient. I. Sur la route de l'Inde. II. En Asie musulmane.

Hachette, 1927, 2 vol. in-12, 252 et 243 pp, brochés, couv. illustrées, bon état, envoi a.s.

Pendant un an, de décembre 1924 à décembre 1925, sur l'invitation de la Revue des Deux Mondes, Maurice Pernot a parcouru l'Egypte, Ceylan, une grande partie de l'Inde, l'Afghanistan, la Perse, l'Irak, la Syrie et la Turquie. Dans tous ces pays, il s'est entretenu avec les oppresseurs et les opprimés, il a écouté les chefs d'Etat et de gouvernement, les agitateurs politiques et les chefs religieux... Tome I : Vers l'indépendance égyptienne. Les destinées de l'Egypte. De Ceylan à Golconde. L'Inde et les Anglais. L'Inde et l'Occident. Passé et avenir de l'Inde ; Tome II : En Afghanistan. Politique persane. A travers la Perse. Deux expériences : l'Irak et la Syrie. La réforme turque. Le devoir de l'Europe.

PIOTROVSKY (Boris B.), P.-N. Schultz et V.-A. Golovkina, S.-P. Tolstov.

Ourartou – Néapolis des Scythes – Kharezm.

P., Maisonneuve, s.d. (1955), pt in-8°, 172 pp, traduit du russe, 32 illustrations et 4 cartes dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Orient ancien illustré, 8)

Excellent ouvrage sur les découvertes sensationnelles faites par les archéologues soviétiques sur le royaume d'Ourartou, situé au coeur de l'Arménie ; sur les restes de cette ville que les Grecs nommaient Néapolis, tout à côté de Simféropol, en Crimée, qui fut la capitale des Scythes pendant sept siècles ; et sur le Kharezm ancien, région historique située au sud de la mer d'Aral, principalement dans l'actuel Ouzbékistan (plus une plus petite partie en Turkménistan).

POOLE (Lynn et Gray).

Schliemann à la découverte de Troie.

Laffont, 1969, in-8°, 324 pp, traduit de l'américain, 32 pl. de gravures hors texte, une carte, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée à rabats, état correct

Il y a 150 ans, Troie n'existait pas. Tous les spécialistes étaient convaincus que les poèmes homériques étaient purement légendaires...Un homme, un solitaire, un autodidacte allait renverser les dogmes de la science officielle, tenter l'aventure archéologique la plus inattendue des temps modernes, nous restituer le monde homérique et la civilisation mycénienne : Heinrich Schliemann (1822-1890)... — "H. Schliemann n'est pas aussi légendaire que la Troie du vieux Priam, mais il faut bien dire que le personnage décrit dans cet ouvrage est neuf, et romanesque au possible. Tyrannique homme d'affaires, époux sentimental, bouillonnant d'idées, de projets, « l'inventeur » de Troie est extraordinaire comme un héros de Cendrars. Dès l'enfance, un meunier lui récite l'Iliade (en grec). Schliemann fait fortune en Russie, vole aux Etats-Unis, y divorce, se lie en France avec Renan, choisit sa seconde femme d'après une photo et de là se lance vers Troie. Tout cela est passionnant..." (Revue des Deux Mondes, 1969)

POTOCKI (Jean).

Voyages en Turquie et en Egypte, en Hollande, au Maroc.

Fayard, 1980, in-8°, 373 pp, introduction et notes de Daniel Beauvois, une carte, lexique, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Bibliothèque des voyageurs)

Par le futur auteur du “Manuscrit trouvé à Saragosse”. Jan Potocki a 23 ans lorsqu'il décide de partir vers l'Orient. Il écrit à sa mère pour la rassurer chaque fois qu'il le peut. Ses lettres, bien écrites, sont tour à tour remplies de détails truculents, voire intimes, et d'histoires rapportées. Un autre volume de voyages de Potocki (“Dans les steppes d'Astrakhan et du Caucase, en Chine”) a été publié dans la même collection. — "Tous ceux qui ont aimé le “Manuscrit trouvé à Saragosse”, publié en 1958 par Roger Caillois, retrouveront avec plaisir son insolite auteur. A travers les pays qu'il traverse, le comte Potocki, d'une des plus grandes familles polonaises et écrivain français du meilleur aloi, cherche moins le frisson exotique qu'il n'étudie les coutumes, les mœurs et les systèmes de gouvernement. Il le fait avec la compréhension d'un ethnologue qui se veut dégagé des préjugés. «Les voyageurs n'ont, ordinairement pour observer, que les lunettes qu'ils ont apportées de leurs pays et négligent entièrement le souci d'en faire retailler les verres dans les pays où ils vont » (p. 167). S'il ne peut cependant éviter quelques jugements à l'emporte-pièce (Sidi Mohammed « était Africain, c'est-à-dire, inconséquent, avide, emporté... », p. 254), il se montre fin observateur, comme en témoignent ses notations sur la civilisation berbère ou le « youyou » des femmes dans Tanger assiégée. Le spectacle des Marocains et des Turcs lui permet de mettre en cause la bonne conscience européenne, ce besoin d'action frénétique devenu une véritable drogue ou cette prolifération du « moi, objet de tant de soins et d'attentions » (p. 290). En homme du 18e s., il accorde bonne place aux réflexions sur les libertés ou le despotisme ; mais lorsqu'il est en mer, il est sensible aux rêveries qui « portent avec elles je ne sais quelle inquiétude et laissent dans l'âme le vide sur qui elles reposent » (p. 141). Chez ce voyageur infatigable existe aussi le goût du silence et de la méditation !" (C. Michaud, Dix-Huitième Siècle, 1981)

REICHARD (Hans Ottokar).

Guide de la Russie et de Constantinople, 1793.

Editions de la Courtille, 1971, in-8°, (92) pp, non paginé, 32 pl. de gravures hors texte (dont une dépliante in fine), imprimé sur papier vergé crème, cart. éditeur, bon état

Réimpression en fac-similé des parties concernant la Russie, la Pologne, la Courlande, la Hongrie et Constantinople extraites du “Guide des voyageurs en Europe”, écrit par Hans Ottokar Reichard (1751-1828), augmentée par l'éditeur de gravures et plans de ville de l'époque. — Au lieu de publier le récit de ses pérégrinations, Reichard rédigea en allemand un guide de voyage très complet couvrant toute l'Europe, publié à Leipzig en 1784. Ce Guide est l'un des premiers exemples des guides de voyage modernes et constitue une rupture par rapport à la tradition des récits de voyages publiés jusqu'alors. En 1793, il est traduit en français et publié en deux volumes à Weimar, puis réédité en français et en allemand jusqu'en 1861 par Herbig à Berlin. Ces guides ont connu un grand succès durant toute la première moitié du XIXe siècle à travers toute l'Europe.

ROUILLON (A.-M.) – Georges GOYAU.

Sainte Hélène, par le P. A.-M. Rouillon. – Sainte Mélanie (383-439), par Georges Goyau.

P., Librairie Victor Lecoffre, J. Gabalda éditeur, 1927 et 1925, 2 vol. in-12, xii-172 et x-211 pp, les 2 ouvrages reliés ensemble en un volume demi-toile verte, pièce de titre basane noire, dos lisse orné d'un fleuron et d'un double filet doré en queue, couv. conservées, bon état (Coll. Les Saints)

"M. Rouillon a écrit, à propos de sainte Hélène, fille d'auberge, puis femme de Constance Chlore et mère de Constantin, un petit livre qui n'est pas ennuyeux et où il fait preuve à la fois de bon sens et de sens critique. Il est seulement fâcheux que son héroïne y tienne si peu de place. Était-il bien utile d'aborder un sujet que l'absence de documents réduit à presque rien ? L'auteur n'arrive à grossir un peu son volume qu'en tirant sur les moindres faits et en multipliant les hors-d'oeuvre. A noter une jolie page sur la formation des légendes en Orient, et, surtout, un appendice sur l'invention de la vraie croix, qui est à lire ; M. Rouillon rejette la légende traditionnelle." (Ch. Guignebert, Revue Historique, 1909) — "Mélanie la jeune est un personnage que nous connaissons de près grâce à une quantité de témoignages presque tous sûrs des plus grands noms de la fin du IVe siècle : Paulin de Nole, Rufin, saint Augustin et saint Jérôme, sans compter Palladius et notre Vita Meloniae. Cette aristocrate mariée à son cousin Pinien à l'âge de quatorze ans et dont les deux enfants meurent en bas âge, se voue aussitôt, de pair avec son mari, à la chasteté parfaite. Tous deux liquident leurs biens immenses à la veille de l'incursion d'Alaric contre Rome, ce qui leur acquiert une réputation dans tout le monde romain. Réfugiée d'abord en Afrique, elle passera la seconde partie de sa vie à Jérusalem, célèbre par ses records ascétiques." (Pierre Courcelle, Revue des Études anciennes)

ROUX (Jean-Paul).

Babur. Histoire des Grands Moghols.

Fayard, 1995, in-8°, 422 pp, 5 cartes, annexes, chronologie, glossaire, tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état, envoi a.s.

Babur est un des grands personnages de l'Histoire. Et pourtant, l'Occident ne connaît guère ce descendant de Gengis Khan et de Tamerlan, qui a jeté les fondements de l'empire des grands Moghols. Un homme extraordinaire s'il en fut, conquérant, mais aussi mystique, juriste et théologien, dont les talents d'écrivain sont encore universellement estimés : ses mémoires constituent la meilleure source d'information et sur son époque et sur les événements qui s'y déroulent. Sa vie fut une succession ininterrompue d'aventures. Pendant des décennies, il subit toutes les vicissitudes de la fortune, celle-ci lui donnant trois fois le trône de Samarkand, puis le contraignant à devenir chevalier errant, proscrit traqué, chef de bande, avant de le conduire, en humble courtisan, à la cour d'un roitelet mongol de Tachkent. Et s'il devint roi du pays de Kabul, ce fut pour se lancer dans des entreprises encore plus risquées – une traversée épique de l'Hindu Kuch en plein hiver, des razzias en Inde – et manquer de se faire égorger par des soudards révoltés. Dans sa vie privée, jusqu'au jour de sa mort, il connut toutes les passions : un malheureux mariage précoce, un amour éperdu pour un jeune garçon, un attachement indéfectible à la femme qu'il aimait, une romanesque rencontre avec la fille d'un chef de tribu afghane ; une dilection presque maladive pour sa famille, pour les femmes de son sang surtout... Il vécut tous les rêves et tous les excès, dans les tourments et les repentirs, se montrant clément au point d'en paraître faible, pour passer dans de brusques rigueurs qui l'amenaient à construire, aux marches de son empire, une enceinte de tours avec les crânes de ses ennemis décapités.

ROUX (Jean-Paul).

Histoire des Turcs. Deux mille ans du Pacifique à la Méditerranée.

Fayard, 2003, gr. in-8°, 494 pp, 15 cartes, chronologie, tableaux et généalogies, biblio, 4 index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

Qui étaient-ils, d'où venaient ces Turcs qui prirent Constantinople en 1453 et qui, des siècles durant, ont fait frémir l'Occident ? On connaît les visions pittoresques que nous en ont laissées Racine et Pierre Loti, Mozart et Delacroix entré autres. Mais sait-on que leur histoire est celle d'une mosaïque de peuples qu'on a connus au cours du temps sous des noms différents ? Sait-on que de Pékin à Alger, du Pacifique à la Méditerranée, ils ont parcouru presque tout l'ancien monde et que leur rôle dans l'aventure humaine a été fondamental ? Les Tabghatch qui franchissent la Grande Muraille au début de l'ère chrétienne, les Ouïgours qui dissertent de Dieu au cœur des déserts de l'Asie, les cavaliers de la Horde d'Or qui brûlent Moscou, les Ottomans qui font de leur empire la première puissance du monde, les janissaires qui assaillent Vienne, les Grands Moghols qui créent l'Empire des Indes, tous étaient des Turcs. Les Turcs, c'est donc quelque 2000 ans d'une histoire dont les héros les plus célèbres s'appellent Attila, Tamerlan, Soliman le Magnifique, Akbar, Atatürk ; c'est aussi une immense civilisation où se sont côtoyés tour à tour la violence et le sang, la paix, l'ordre, la tolérance, le mysticisme et l'art le plus raffiné.

ROUX (Jean-Paul).

Histoire des Turcs. Deux mille ans du Pacifique à la Méditerranée.

Fayard, 1985, in-8°, 389 pp, 7 cartes, chronologie, tableaux et généalogies, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

Qui étaient-ils, d'où venaient ces Turcs qui prirent Constantinople en 1453 et qui, des siècles durant, ont fait frémir l'Occident ? On connaît les visions pittoresques que nous en ont laissées Racine et Pierre Loti, Mozart et Delacroix entré autres. Mais sait-on que leur histoire est celle d'une mosaïque de peuples qu'on a connus au cours du temps sous des noms différents ? Sait-on que de Pékin à Alger, du Pacifique à la Méditerranée, ils ont parcouru presque tout l'ancien monde et que leur rôle dans l'aventure humaine a été fondamental ? Les Tabghatch qui franchissent la Grande Muraille au début de l'ère chrétienne, les Ouïgours qui dissertent de Dieu au cœur des déserts de l'Asie, les cavaliers de la Horde d'Or qui brûlent Moscou, les Ottomans qui font de leur empire la première puissance du monde, les janissaires qui assaillent Vienne, les Grands Moghols qui créent l'Empire des Indes, tous étaient des Turcs. Les Turcs, c'est donc quelque 2000 ans d'une histoire dont les héros les plus célèbres s'appellent Attila, Tamerlan, Soliman le Magnifique, Akbar, Atatürk ; c'est aussi une immense civilisation où se sont côtoyés tour à tour la violence et le sang, la paix, l'ordre, la tolérance, le mysticisme et l'art le plus raffiné.

ROUX (Jean-Paul).

Le décor animé du caravansérail de Karatay en Anatolie.

P., Geuthner, 1972, in-4°, 27 pp, 17 illustrations en noir dans le texte. Extrait de la revue Syria. Très bon état

SMITH (Wilfred Cantwell).

L'Islam dans le monde moderne.

Payot, 1962, in-8°, 387 pp, préface et traduction de Alain Guimbretière (“Islam in Modern History”, Princeton University Press), broché, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

"Cet ouvrage nous semble mériter une attention particulière à deux égards. D'abord parce que soutenu par une réflexion théologique chrétienne dont la sincérité commande le respect et empreint d'une vraie sympathie pour l'objet étudié, il ne sacrifie jamais l'esprit critique et ne se repaît pas d'illusions, ensuite parce que, en plus d'excellentes réflexions sur la réforme, islamique à sa façon, en Turquie (chap. IV), il apporte au lecteur français des renseignements difficiles à trouver ailleurs sur l'islam au Pakistan et dans l'Inde (chap.V et VI). Signalons l'excellent développement sur l'échec du libéralisme dans l'islam contemporain (p. 93 sq.)..." (G. Vajda, Revue de l'histoire des religions, 1964)

TERNON (Yves).

Les Arméniens. Histoire d'un génocide.

Seuil, 1977, pt in-8°, 319 pp, index, broché, état correct

[Terre Sainte] – Collectif.

La Palestine, la Syrie centrale, la Basse Egypte, Naples, Athènes, l'Archipel, Constantinople. Guide historique et pratique avec cartes et plans nouveaux par des professeurs de Notre-Dame de France à Jérusalem. 3e édition soigneusement revue et augmentée.

P., Maison de la Bonne Presse, 1922, fort in-12 (15 x 10,5 cm), xliv-802 pp, 75 cartes et plans (dont 35 dépliants en noir et en couleurs hors texte), panorama dépliant de Jérusalem, index, reliure pleine percaline verte souple de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, tranches rouges, dos lég. frotté, bon état. Rare

Nouvelle édition, soigneusement revue et augmentée, de cet ouvrage rédigé par des professeurs de Notre-Dame de France à Jérusalem. La première édition, de xxxiii-522 pages seulement, date de 1904. Notre-Dame de France est une vaste et puissante bâtisse dont la construction, organisée par les Assomptionistes, débute à la fin du XIXe siècle. Située sur une des collines qui domine Jérusalem, elle témoigne d'une grandeur passée, où elle accueillit et protégea les pèlerins de passage dans la Ville sainte. L'édifice fut également considéré comme un institut scientifique : les Assomptionistes disposèrent rapidement d'une imprimerie et d'une grande bibliothèque, et contribuèrent à immortaliser la Palestine et Jérusalem en se livrant à des travaux photographiques (voir Dominique Trimbur, « Une présence française en Palestine - Notre-Dame de France », dans le Bulletin du Centre de recherche français de Jérusalem, 1998)

THIECK (Jean-Pierre).

Passion d'Orient.

P., Editions Karthala, 1992, gr. in-8°, 240 pp, édition présentée et établie par Gilles Kepel, bibliographie complète de J.-P. Tieck, index, broché, bon état

Spécialiste du monde musulman, Jean-Pierre Thieck – que les lecteurs du Monde ont connu sous le nom de Michel Farrère – est mort prématurément en 1990, à 41 ans. Nourrie par une érudition sans faille, sa passion de l'orient déploie, dans ce recueil de ses écrits, ses multiples centres d’intérêt ; de la sociologie historique de l'empire ottoman aux mouvements islamistes d'aujourd'hui, en passant par l’épopée du communisme en Egypte, la grève de la faim des travestis d’Istanbul ou le séparatisme kurde... — Table : I. L'Orient d'aujourd'hui : 1. La Turquie dans "Le Monde" ; 2. La nouvelle génération des écrivains islamistes radicaux en Turquie (1987) ; 3. Communistes et mouvement national en Egypte, 1945-46. – II. L'Orient d'hier : 4. Décentralisation ottomane et affirmation urbaine à Alep à la fin du XVIIIe siècle ; 5. Le problème de la transition dans l'Egypte de Muhammad Ali ; 6. Le Caire dans les Khitat de 'Ali Pacha Mubarak ; 7. Un autre orientalisme.

TRAILL (David A.).

Schliemann de Troie.

Flammarion, 1996, gr. in-8°, 421 pp, traduit de l'anglais, 32 gravures et photos sur 16 pl. hors texte, une carte sur double page, 20 gravures dans le texte et à pleine page, 5 plans à pleine page, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Grandes biographies)

La controverse actuelle. Les débuts d'un self-made man. Du grand périple aux premières recherches archéologiques. Divorce, doctorat et remariage. Premières tranchées, premières tribulations. A l'assaut d'Hissarlik. Le « trésor de Priam ». Le procès et la grande tournée des musées. Les Lions de Mycènes. La coqueluche de Londres. Ithaque, Troie et la réconciliation avec l'Allemagne. Ilios, Orchomène et les honneurs allemands. Dôrpfeld, Troja et les Thermopyles. Marathon, Tirynthe et la rupture avec Virchow. Cuba, Le Caire et Cythère. La tête de Cléopàtre et la querelle avec Bôtticher. Troie, Halle et Naples. L'héritage de Schliemann. Il y a ensuite cinq Annexes, dont une utile liste chronologique des déplacements de Schliemann entre 1868 et 1890 (pp. 367-372).

[Turquie].

La Politique allemande (1941-1943). Documents secrets du Ministère des Affaires étrangères d'Allemagne. I. Turquie.

P., Editions Paul Dupont, 1946, in-8°, 130 pp, traduits du russe par Madeleine et Michel Eristov, index, broché, bon état. Peu courant

Prière d'insérer joint : "Tous ces documents ont été communiqués par les Services d'informations soviétiques. Ils font partie des trophées de guerre de l'armée soviétique..." Deux autres volumes sont parus sur la politique allemande en Hongrie de 1937 à 1943 et en Espagne de 1936 à 1943.

VANDAL (Albert).

L'odyssée d'un ambassadeur. Les voyages du marquis de Nointel (1670-1680).

Plon, 1900, gr. in-8°, xii-356 pp, 4 héliogravures hors texte, reliure demi-basane mordorée, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

Envoyé en mission à Istamboul pour réorganiser les relations politiques et commerciales avec l'Orient, Nointel voyagea aussi à Chypre, en Syrie et à Jérusalem. Voyageait avec lui Antoine Galland, qui rapporta et traduisit le texte des "Mille et une nuits". — "Diplomate du Grand Siècle, Charles Marie Olier, marquis de Nointel, était connu pour son cabinet de curiosités. De 1670 à 1680, Nointel part en expédition et la mission du marquis de Nointel aux pays d’Orient, de 1670 à 1679, fut une splendide aventure qui frappa vivement l’imagination des contemporains. (...) De toutes nos ambassades en Turquie, c’est l’une des plus importantes et à coup sûr la plus pittoresque. En effet, Par sa façon de voir et de sentir, par sa manière d’écrire, Nointel se rattache aux genres divers qui avaient fleuri ou sévi dans la première moitié de son siècle. A Paris, où Nointel se plaisait beaucoup, il acquit la réputation de « l’homme le plus agréable du royaume », si bien que Louis XIV désira le connaître." (Introduction)

WARTANOFF (Boris).

Prisonnier en Asie-Mineure.

P., Jules Tallandier, 1935, in-12, 221 pp, broché, bon état

"M. Boris Wartanoff fut « prisonnier de guerre en Asie-Mineure » dans les conditions suivantes : De nationalité russe, mais ayant été élevé en Suisse, il éprouva, à vingt-trois ans, l'impérieux désir de connaître son pays. D'autant que certaines fréquentations lui avaient inspiré quelque sympathie à l'égard du gouvernement des Soviets. Comment il dut déchanter, il l'a raconté dans un précédent ouvrage, “Un Russe retrouve son pays”. Il y vit sa famille réduite à une situation déplorable. Lui-même, pour n'avoir pas assez dissimulé son intention de fuite, fut enfermé dans les geôles du Guépéou. Il en sortit pourtant (après quelles difficultés !) et sous les balles bolchévistes, en passant la frontière turque non loin de la frontière persane, sans papiers et sans grandes ressources. Mais il ignorait que, partie pour se garer d'un afflux de bolchevisants miséreux et propagandistes, partie en vertu d'un traité, par quoi elle s'est engagée à rendre aux Soviets ceux de leurs nationaux qui se seraient réfugiés sur son territoire, la Turquie traquait les malheureux Russes en rupture de ban. D'autre part en mauvais termes avec l'Allemagne, elle traitait en espions les sujets allemands abordant la Turquie sans papiers et par l'une de ses zones militarisées, comme venait de le faire Boris. Celui-ci, heureusement, quoique dans un piteux état, comprit vite la chose et se prétendit mordicus citoyen français, ne demandant qu'à être mené auprès d'un consul français. Quelles difficultés, quelles souffrances il dut encore endurer ; traversant toute l'Asie-Mineure à pied, encadré de gendarmes durs et brutaux, avant d'aborder Constantinople, puis d'être « rapatrié » jusqu'à Marseille et Paris, c'est ce que son livre nous raconte, sans rancune ni grandiloquence. On ne reprendra plus notre homme à faire le voyage de Russie, aller et retour. Ce.retour nous aura du moins valu, à nous, d'intéressantes impressions sur l'Asie-Mineure d'après-guerre et sur tant de villes qui passèrent, au cours des âges, entre tant de mains différentes : Erzéroum, Trébizonde, etc." (Revue des lectures, 1935)

WILSON (Jeremy).

Lawrence d'Arabie. La biographie autorisée de T. E. Lawrence.

Denoël, 1994, fort gr. in-8°, 1288 pp, traduit de l'anglais, 32 pl. de gravures et photos, 7 cartes, annexes, index, broché, couv. illustrée, sous étui cartonné illustré en couleurs, bon état

I : Archéologie et voyages, 1888-1914 ; II : Les années de conflit, 1914-1922. III. L'écrivain et l'homme de troupe, 1922-1935. — "Un livre qui par la solidité de son érudition et la richesse de ses informations est la « Bible » de toutes les études sur Lawrence." (Henry Laurens, “Lawrence en Arabie”, 1992)

YERASIMOS (Stefanos)(dir.).

Istanbul 1914-1923. Capitale d'un monde illusoire ou l'agonie des vieux empires.

Editions Autrement, 1992, gr. in-8°, 230 pp, 47 photos et illustrations, 2 cartes, chronologie, biblio, biographies des auteurs, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mémoires)

Première Guerre mondiale. Capitale d'Empires pendant treize siècles, Istanbul contemple des bords du Bosphore l'écroulement du Vieux Monde, l'agonie des trois empires austro-hongrois, russe et ottoman. Située à l'intersection du Drang nach Osten allemand et de la descente vers les mers chaudes russes, au point précis où la route maritime des Détroits coupe celle, terrestre, du chemin de fer Berlin-Bagdad, la ville est le trophée majeur de la Grande Guerre. Mais, simple relais d'une expansion coloniale pour les uns, elle reste toujours Tsarigrad, la ville impériale, pour les autres. Plus qu'un enjeu géopolitique, elle est alors l'objet d'une utopie impériale, où Nicolas II de Russie est en concurrence avec Ferdinand de Bulgarie et Constantin de Grèce, chacun rêvant d'être couronné, dans Sainte-Sophie, empereur de la Nouvelle Rome. C'est donc en cristallisant sur elle le mirage d'un empire nouveau que l'éternelle Constantinople assiste à l'écroulement des vieux empires. Envahie par les Alliés en novembre 1918, la ville s'enfonce dans la folie cosmopolite. Au quatrième étage d'un immeuble attenant à la Grande Rue de Péra, un quarteron d'officiers complote pour sauver la Turquie ; au deuxième – le troisième est un bordel – siège un comité de libération d'un peuple du Caucase ; au premier un parti fédéraliste ottoman ; et la boutique du tailleur grec au rez-de-chaussée est ornée d'un immense portrait de Venizélos. Dans la rue patrouillent un Sikh de l'armée britannique, un tirailleur sénégalais, un carabinier italien et un evzone grec. Avec une nouvelle génération d'Etats-nations, Istanbul cédera bientôt la place à Ankara , la rude cité du plateau anatolien. Avec les contributions de Sina Askin, Paul Dumont, François Georgeon, Alexandre Jevakhoff, Nora Seni.

YETKIN (Suut Kemal).

L'architecture turque en Turquie.

Maisonneuve et Larose, 1962, gr. in-8°, (8)-173 pp, 104 planches de photos hors texte, 48 figures et plans dans le texte, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Histoire du monde de l'Islam)

L'architecture des Seldjoukides ; L'architecture des principautés ; L'architecture de l'empire ottoman (Mosquées, Médressés, Turbés).