La Victoire des convois.
Amiot-Dumont, 1954, in-8°, 290 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
"En temps de guerre, la Royale, comme disent les marins du commerce, c'est à-dire la marine militaire, accapare les communiqués. Sa sœur, Cendrillonne des mers, accomplit en silence sa grande œuvre, et le public n'entend parler d'elle que par des chiffres de destruction ou par quelque épouvantable histoire de naufragés. Et pourtant, la première n'existe que pour la seconde. La mer n'est qu'une route que parcourent les « marchands » pour transporter le personnel et le matériel sans lesquels s'arrêteraient les opérations militaires ou se paralyserait l'effort de guerre même d'un pays. C'est à ces combattants obscurs que le commandant Guierre, lui-même ancien officier de la Royale, rend un hommage mérité, à ces navires qui cinglaient dans les convois par les beaux jours de calme ensoleillés comme par les nuits de tempête, guettés par les « meutes de loups » ou par les mines insidieuses. Le livre commence par un bref exposé de la guerre sous-marine 1914-1918 qui vit la naissance des convois. Cette guerre, pour les marins amoureux de leur métier, marque une date douloureusement mémorable : la fin des grands voiliers qui doublaient le « Cap » pour aller charger les cargaisons de nitrate au Chili. Ils constituaient une proie bien facile pour les sous-marins et les corsaires, et ceux qui survécurent a l'hécatombe ne reprirent plus jamais le large. Le commandant Guierre étudie ensuite la deuxième guerre mondiale. C'est un véritable Mémorial qu'il dresse en l'honneur de nos navires marchands, reconstituant tous les épisodes, souvent profondément émouvants. C'est d'abord la « drôle de guerre », puis la campagne de Norvège, où se distinguèrent, en particulier, les anciens paquebots des lignes d'Algérie, transformés en croiseurs auxiliaires, puis l'enfer de Dunkerque et les tristes événements de l'armistice. Mais, la France retirée de la guerre, son pavillon n'en continua pas moins à flotter sur les « sept mers ». Beaucoup de nos navires de commerce, arrêtés à l'étranger par le développement des opérations, prirent leur place, modeste, dans les grands convois qui ne cessèrent de sillonner les océans, d'abord pour permettre à l'Angleterre de tenir, puis pour gagner la guerre. Dès lors, le récit s'élargit, il devient un exposé général de l'immense effort accompli par les Allemands pour couper le flux vital qui partait des États-Unis vers tous les pays alliés : eaux américaines qui furent, au début de 1942, le « paradis » des sous-marins, Atlantique où, aux « meutes de loups », s'ajoutaient par fois des corsaires camouflés en honnêtes marchands, ou les grands avions Focke-Wulf allant chercher leurs victimes très au large, océan glacial Arctique, enfin, qui vit les batailles les plus rudes, contre le vent, contre la mer, contre la glace, contre l'ennemi, et de grands massacres comme celui du convoi PQ 17. Le commandant Guierre complète cet exposé par une véritable synthèse de la guerre navale et de tout ce qui se rapporte à l'organisation, aux formations, à la navigation des convois. Livre intéressant, véritable épopée de la marine marchande, bourré d'histoires pathétiques racontées avec art." (Rene Jouan, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1956) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.