Himmler et son empire.
Stock, 1966, fort in-8°, 682 pp, 16 pl. de photos hors texte, un plan, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, dos lég. frotté, bon état
"Les principes et les méthodes de la terreur en régime nazi nous semblent maintenant bien connus par deux sortes d'ouvrages : les souvenirs des persécutés, bouleversants mais surtout descriptifs, et quelques études scientifiques malheureusement trop rares. L'ambition d'Edouard Calic a été de combiner les deux genres. Journaliste yougoslave à Berlin, il fut arrêté en 1942 et passa le reste de la guerre à Sachsenhausen. C'est donc d'abord le témoignage d'un rescapé des camps de concentration qui nous est offert. Mais ce camp servait de centrale administrative, et les prisonniers pouvaient y savoir beaucoup de choses, soit en compulsant les archives, soit en bavardant avec des compagnons de malheur venus de toute l'Europe. Rendu à la liberté, E. Calic a cherché à combiner ses souvenirs avec d'abondantes lectures pour faire œuvre vraiment scientifique. Une grande partie du livre est consacrée aux enquêtes que l'auteur, retournant courageusement les relations entre prisonnier et persécuteur, a voulu conduire en policier perspicace sur les sources plus ou moins occultes du pouvoir d'Himmler, ses machinations en Allemagne et à l'étranger... Mais l'apport du livre est ailleurs, dans la minutieuse description de la bureaucratie, des finances, de l'industrie... bref de l'État S.S., à peu près autonome et autarcique au sein du grand Reich. On a souvent remarqué que le nazisme avait mis les techniques les plus modernes – la radio, le moteur, l'organisation du travail – au service d'un idéal fondamentalement réactionnaire et anti-moderne. Les S.S. poussent cette contradiction jusqu'au paroxysme : ils imaginent et commencent même à bâtir une société de seigneurs et d'esclaves sur le modèle d'un Moyen Age de convention, mais cette mythologie agraire ne prend corps que par l'industrialisation du travail forcé et de la mort même ; le culte de l'irrationnel se célèbre dans la paperasse..." (Pierre Ayçoberry, Annales ESC, 1969) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.