Le miroir d'Hérodote. Essai sur la représentation de l'autre.
Gallimard, 1980, in-8°, 386 pp, 4 pl. hors texte, index, broché, pelliculage de la couv. en partie décollé, comme toujours, bon état (Bibliothèque des Histoires)
Régulièrement la postérité instruit le cas Hérodote : est-il ethnographe ou historien ? Est-il l'historiographe d'un prince ou d'une cité ? S'il est le père de l'histoire, pourquoi ment-il alors comme ne saurait le faire un historien ? Les Histoires – couramment appelées L'Enquête – et la longue suite de leurs interprétations sont un miroir où l'historien n'a jamais cessé de regarder, en fait de s'interroger sur sa propre identité et sur sa propre activité. Qui est-il, lui aussi ? Mais miroir s'entend aussi en d'autres sens. Parlant des Barbares, les Histoires sont ce miroir en négatif tendu aux Grecs. Ainsi les Scythes, nomades étonnants pour des Grecs, hommes de la cité. Manière de revenir, grâce à eux, sur la question de l'ethnographe et de l'historien. Le miroir, c'est encore la représentation du monde et du passé proche qu'Hérodote construit : parcourant et racontant le monde, à la fois rhapsode et arpenteur, il le met en ordre dans un espace grec du savoir. Manière donc, à partir du texte même de l'oeuvre, de reprendre la question de la place de l'historien et de son pouvoir. — "On aimerait pouvoir s'étendre sur un livre aussi riche et qui, par-delà l'historien de l'Antiquité, questionne le genre historique tout entier... Le dernier mot revient au plaisir que j'ai pris, que tout historien prendra à refléter ses interrogations dans ce Miroir qui est aussi un fort beau texte." (Nicole Loraux, Annales ESC, 1982)