Référence :3886

Weimar en exil. Le destin de l'émigration intellectuelle allemande antinazie en Europe et aux États-Unis. (Thèse).

PALMIER (Jean-Michel).

Payot, 1987-1988, 2 forts vol. in-8°, 533 et 486 pp, biblio, index, brochés, couv. illustrées, bon état (Bibliothèque Historique)

Tome 1 : Exil en Europe, 1933-1940 : de l'incendie du Reichstag à la guerre d'Espagne ; Tome 2 : Exil en Amérique, 1939-1945 : de la seconde guerre mondiale au maccarthysme. — "Ils furent des centaines, des milliers d'intellectuels, d'artistes, d'écrivains, de militants, d'opposants divers à quitter l'Allemagne à partir de 1933, par suite de l'avènement de Hitler au pouvoir. Tous n'étaient pas menacés dans leur vie. Mais ils savaient que sous le régime nazi, ils ne pourraient plus écrire, créer librement, qu'ils devraient choisir entre le silence et la collaboration, vivre dans la honte. Ils étaient, selon le mot de Heinrich Mann, « la meilleure Allemagne » et ne reconnaissaient plus dans l'Etat qui légalisait la terreur et la barbarie, leur pays. Qualifiés par Goebbels de « cadavres en sursis », ils émigreront aussi bien à Paris, à Amsterdam, à Prague, à Oslo, à Vienne, qu'à New York, Los Angeles, Shanghaï, Mexico, Jérusalem ou Moscou. Ecrivains, poètes, peintres, architectes, cinéastes, metteurs en scène ou acteurs – on trouvait parmi eux les plus grands noms de la culture allemande des années 20 -30 – ils tenteront, tout au long de leur exil, de lutter contre le national-socialisme par leurs oeuvres, d'éveiller le monde au danger hitlérien, croyant encore au pouvoir de l'intelligence et de la moralité contre la barbarie. Ces deux volumes retracent leur histoire, celle de leurs combats, de leurs échecs, de leurs rares victoires en suivant leur destin depuis la montée du national-socialisme jusqu'au retour d'une partie des survivants dans leur patrie en ruines. Ils s'efforcent de répondre à une exigence fondamentale de Walter Benjamin : écrire l'histoire du point de vue des vaincus. On peut brûler des livres, martyriser des hommes. On ne peut anéantir l'esprit qu'ils portent. Et l'histoire de cette émigration antinazie nous concerne plus que jamais." (4e de couverture) — "La victoire d'Adolf Hitler en 1933 et l'écroulement de la République de Weimar va obliger des milliers d'intellectuels allemands – anti-fascistes, démocrates ou simplement juifs – à fuir leur pays. Selon le mot bien connu de Karl Kraus, l'Allemagne, nation des Dichter und Denker (poètes et penseurs) était devenue celle des Richter und Henker (juges et bourreaux). Peu nombreux furent les intellectuels de renom qui – comme Gottfried Benn ou Martin Heidegger – acceptèrent de pactiser avec le nouveau régime. Cet exode massif de l'intelligentsia, sans précédent à l'époque moderne, va laisser sa marque dans la culture européenne et mondiale. Le livre de Palmier est un véritable monument à la mémoire de cette génération brisée et dispersée par le nazisme ; en utilisant une vaste bibliographie, les archives de deux continents, des interviews avec des survivants, il apporte une masse d'informations inédites et réussit à reconstituer tout un chapitre oublié de l'histoire culturelle du XXe siècle..." (Michael Löwy, L'Homme et la société, 1988) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.

60.00 €