Sur la destruction des Jésuites en France, précédé d'une introduction et suivi d'un épilogue par J.-M. Cayla. – Précédé de LINGUET. Mémoires sur la Bastille.
P., Bureaux de la Publication, 1865, 2 vol. in-16, 192 et 190 pp, les 2 ouvrages reliés ensemble en un joli petit vol. demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs pointillés, titres, fleurons et filets dorés (rel. de l'époque), bon état (Bibliothèque nationale, collection des meilleurs auteurs anciens et modernes)
Paru de manière anonyme sous une fausse adresse en 1765, Sur la destruction des Jésuites en France de D'Alembert retrace les raisons qui ont conduit à la suppression de la Compagnie de Jésus sur décision de Louis XV en novembre 1764. Placé sous l'égide de Tacite, l'ouvrage se propose d'offrir une chronique dépassionnée des faits, à l'inverse des innombrables pamphlets qui « respirent l'animosité et le fanatisme ». D'Alembert puise dans un vaste gisement de lieux communs anti-jésuites : despotisme démesuré, goût du complot et de la sédition, velléités régicides, morale relâchée, mensonges et dissimulation, manipulation psychique, pratiques apostoliques suspectes… Il déploie alors un ample arsenal stylistique pour stigmatiser une congrégation dont la seule ambition est de « gouverner l'univers […] par la religion ». Elle lui permet de penser à nouveaux à la séparation des pouvoirs temporel et spirituel. — Jean-Mamert Cayla (1812-1877) commença une carrière de littérateur anticlérical en 1860 avec Pape et empereur qui fut condamné par Rome, le 17 décembre 1860. La polémique qui entoure l’ouvrage lui valut une célébrité qu’il mit à profit pour publier une série de brochures dans la même veine. Après le rétablissement de la République, il collabora régulièrement à la « Bibliothèque démocratique » de Victor Poupin. En 1865, il fit paraître Sur la destruction des Jésuites en France, de Jean Le Rond d’Alembert auquel il donna une introduction et un épilogue. Avec en en appendice, l’article Jésuite de l’Encyclopédie, par Diderot. — Ardent, impétueux, injuste, excessif, cynique, rebelle, talentueux en diable, Linguet (1736-1794) consacra sa vie tout entière à la lutte : lutte contre les Lumières et les coteries littéraires, luttes contre les Parlements et l'injustice, lutte contre la puissance naissante de l'argent, lutte contre les dérives de l'administration royale et l'arrogance de la noblesse de cour... Tant d'ardeur et de hargne finirent par l'envoyer à la Bastille, où il resta deux ans. À sa libération, en 1782, il passa en Angleterre. Il y rédigea ces Mémoires, dont le succès fut immense et qui demeurent à ce jour le plus saisissant tableau de la vie quotidienne dans la célèbre prison. Pamphlétaire, philosophe, historien, économiste, journaliste, Linguet fut l'homme de toutes les audaces, de tous les paradoxes, de toutes les intuitions... Il est temps de redécouvrir cet écrivain de haut vol. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.