Les Perversions du merveilleux. Ma Mère l'Oye au tournant du Siècle.
Éditions Séguier, 1993, in-8° carré, 274 pp, biblio, index de 238 noms, broché, couv. illustrée, bon état
Appuyée sur un corpus d’environ cinq cents contes parus entre 1862 et 1922, voici l’étude de la mutation du conte dans la première partie du XIXe siècle. Les fées d’hier ressemblent de plus en plus à des femmes en chair et en os, voire à des lorettes, quand elles ne prennent pas toutes les apparences de la « femme fatale ». Inutile de préciser que Perrault, dans ces contes « pour grandes personnes », fait les frais de cette mutation. — "Jean de Palacio étudie ici ce curieux monstre qu'est un conte de fées décadent. Le Petit Poucet chez des Esseintes : à première vue, le sujet est une gageure ; rien ne semble plus étranger au merveilleux « naïf » des anciens contes, lié à une certaine idée de l'enfance (cercle familial, veillées populaires, folklore) que les rêveries vénéneuses, parisiennes et sophistiquées de ceux qui se proclamèrent « décadents ». Si merveilleux et décadence paraissent parfaitement opposés, la poésie symboliste fit cependant, on le sait grand usage de fées à noms bizarres empruntés à Maeterlinck ou Schwob ; de plus, la forme du conte connaît dans les années 1890 une intéressante recrudescence... L'ouvrage étudie les transformations des deux personnages-clés du merveilleux traditionnel : les fées et les ogres – devenus ogresses. La figure obsessionnelle de la femme fatale absorbe celles de Viviane et Mélusine, chargées d'exprimer la malignité ou la monstruosité du corps féminin ; l'ogresse se résout en croqueuse (de cœurs, de patrimoine). Entre la Fée et l'Ogre, Jean de Palacio précise les métamorphoses subies par trois contes de Perrault particulièrement propices aux variations décadentes : Barbe- Bleue, La Belle au Bois dormant, Cendrillon. (...) Le corpus envisagé est impressionnant Traversant les distinctions entre symbolistes ou naturalistes, l'inventaire mène des contes de Léo Lespès à ceux d'Anatole France en passant par Catulle Mendès, Paul Arène, Rebell, Mauclair, Gourmont Willy (ses Mécomptes de fées), Régnier, Bernard Lazare, Maizeroy..." (Mireille Dottin-Orsini, Littératures, 1993) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.