Le Jansénisme. Étude doctrinale d'après les sources. Leçons données à l'Institut catholique de Paris, novembre 1907 - janvier 1908.
P., Bloud et Cie, 1909, in-12, 523 pp, reliure toile jaune canari, dos lisse, pièce de titre basane noire, bon état
Jules Paquier a étudié plus particulièrement le dogme et la morale jansénistes dans cet ouvrage. — "M. J. Paquier, bien connu par ses travaux sur l'humaniste Jérôme Aléandre, a marqué les points principaux de la doctrine Janséniste dans une série de dix conférences données à l'Institut catholique de Paris. Ce travail demeure, et c'est un mérite, un résumé clair et facilement abordable. (...) « Le Jansénisme, c'est une vue à part sur l'opposition entre ce que l'humanité devrait être et ce qu'elle est en réalité, une vue à part sur les conséquences du péché originel. Pour le Jansénisme, cette faute a établi une différence formidable entre deux états de l'humanité : l'état primitif, ou état d'innocence et notre état présent, l'état de déchéance et de corruption où nous sommes misérablement plongés. » La doctrine catholique dit : après le péché originel l'homme est faible : le Jansénisme dit : il est totalement corrompu. D'où de cette dernière hypothèse, on conclut : l'homme corrompu tend nécessairement au mal, et seule une grâce victorieuse l'entraînera vers le bien... En face de cette doctrine, il est d'autres systèmes orthodoxes : le thomisme et le molinisme (chap. V.) Le premier fut d'abord combattu par les Jansénistes ; après leur condamnation, ils essayèrent au contraire de se rapprocher de lui afin de créer des équivoques. Le thomisme considère la question du côté de Dieu ; le molinisme l'examine du côté de l'homme. « Le thomisme a une plus belle tenue scientifique », mais le point difficile à expliquer pour lui, c'est la question du mal, et la réprobation. Le molinisme « de prime abord, semble beaucoup plus humain que l'autre », mais il aboutit à des difficultés considérables : il exalte la puissance de l'homme, au détriment de l'action divine; « il en arrive à nier la liberté, cette liberté qu'il a si bien voulu défendre » ; « il apparaît comme un précurseur de l'agnosticisme kantien » dans l'impossibilité où il est de donner aucune explication de la prescience divine. L'apologétique de Pascal (chap. VI) se rattache à la doctrine Janséniste ; l'auteur en étudie les fondements et la valeur. – La morale Janséniste (chap.VII), malgré son aspect imposant, est ruineuse dans ses conséquences, car elle fausse la nature de nos rapports avec Dieu, elle fausse la nature humaine par la condamnation de toute jouissance, même permise, même utile. – Parmi les grands hommes du XVIIe siècle qui ont eu des rapports avec le Jansénisme, M. Paquier étudie Bossuet (chap. VIII) et Racine (chap. IX). (...) – Une dernière conférence est consacrée aux miracles du Jansénisme." (M. Jacquin, Revue des Sciences philosophiques et théologiques, 1910)