Napoléon.
Fayard, 1946, fort in-12, 592 pp, biblio, broché, bon état (Les Grandes Études historiques)
"Chez Bainville, ce qui domine, ce qui plaît, ce qui rend commode et attachante la lecture d'un livre, dont l'aspect extérieur paraît cependant redoutable, c'est l'aisance admirable du style, d'abord, puis l'absence de toute longue citation, la netteté sobre, mais profonde des jugements, l'objectivité lucide des exposés, un don d'analyse subtile, qui s'efforce de se tenir éloigné de l'éloge ou du blâme, de l'admiration béate ou de la critique tendancieuse. (...) Que de clartés répandues tout le long de ces pages sur l'évolution même de la personnalité de Napoléon ! La formation du jeune Bonaparte par l'étude et par une immense lecture est traitée de manière à apparaître comme une nouveauté ; la mort du duc d'Enghien est à signaler ; plus loin, la politique de rapprochement avec la Russie et Alexandre Ier et les efforts désespérés tentés par l'empereur pour maintenir l'alliance envers et contre tous ; la campagne de France et l'abdication ; puis, les deux derniers chapitres, le Martyre et la Transfiguration, où l'auteur, et cela étonne un peu, ne semble pas être pris d'une pitié exagérée pour l'exilé... C'est dans ces pages consacrées à Sainte-Hélène que M. B., et ceci est une originalité de ses découvertes, nous montre en le prisonnier de Hudson Lowe, l'« homme de lettres » avec tout ce que cette expression laisse entendre de souci de gloire posthume, de vanité, d'apologie, à l'exemple de tant de mémorialistes. (...) Un livre qu'on lit et relit avec le plaisir que procure une belle et forte oeuvre d'art." (F. Magnette, Revue belge de philologie et d'histoire, 1932)