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Anonyme.

Le Procès du Général Boulanger, Rochefort, Dillon devant la Haute Cour de Justice. Compte rendu, jugement, condamnation. Edition illustrée.

P., Librairie Française, 1889, pt in-8°, 266 pp, un frontispice sous serpente (le portrait en groupe des trois accusés) et 16 pl. de gravures hors texte, reliure demi-percaline violine, dos lisse orné d'un fleuron et d'un double filet doré en queue, titre doré, filet doré sur les plats (rel. de l'époque), pt décoloration au bas du 2e plat, bon état

Le général Georges Boulanger (1837-1891) fait son entrée dans la vie politique française comme ministre de la guerre dans les cabinets Freycinet et Goblet (1886). Associées à son nationalisme revanchard et à ses partis pris républicains, les mesures qu'il adopte (modernisation de l'armement, améliorations des conditions de vie des soldats, radiation des cadres de l'armée des membres de famille ayant régné sur la France) lui assurent une popularité considérable. Il abandonne son portefeuille ministériel à la chute du cabinet Goblet (1887). Mais l'engouement persistant qu'il suscite agace et inquiète le gouvernement, qui l'écarte en l'envoyant à Clermont-Ferrand. Le jour venu, la foule de ses partisans, réunie gare de Lyon, tente d'empêcher son départ. C'est alors qu'éclate le scandale des décorations, provoquant la démission du président Jules Grévy et affaiblissant considérablement le pouvoir. Plusieurs manquements de Boulanger à ses obligations militaires entraînent sa mise à la retraite. Devenu éligible, il réunit autour de sa personne une hétéroclite coalition de mécontents, allant de l'extrême-gauche à la droite monarchiste et bonapartiste. Par un double jeu périlleux et habile, le « général Revanche » parvient à concilier l'inconciliable, pour bénéficier du soutien financier des uns (la duchesse d'Uzès, notamment), de la logistique des autres (la Ligue des patriotes de Déroulède) et des voix de tous. Il vole de succès électoral en succès électoral, remportant notamment un siège parisien le 27 janvier 1889. Au soir de cette victoire, ses partisans les plus fiévreux (Déroulède, Rochefort) le pressent de tenter un coup d'Etat. Boulanger refuse, par pusillanimité sans doute, mais surtout par légalisme républicain. Pour lui, la conquête du pouvoir passe par les urnes. La déception est grande dans les rangs boulangistes. Rasséréné, le Gouvernement réagit en accusant Boulanger et deux de ses principaux soutiens, Rochefort et Dillon, d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Menacé d'arrestation, le général abandonne ses fidèles pour fuir avec sa maîtresse, Marguerite de Bonnemains, à Bruxelles, puis à Londres. Le 12 avril 1889, le Sénat, réuni en Haute Cour, ordonne l'instruction du procès. Les audiences commencent le 8 août. Le dossier d'accusation est faible, mais l'absence des prévenus, présentée comme un aveu de culpabilité, leur nuit considérablement. Le 14, la Haute Cour les reconnaît coupables de « complot et d'attentat pour changer la forme du gouvernement » et les condamne par contumace à la déportation. Cette condamnation et la défaite électorale de septembre 1889 sonnent le glas du boulangisme. En juillet 1891, Marguerite décède à Bruxelles et Boulanger se suicide sur sa tombe deux mois plus tard. (www.senat.fr)

BENAERTS (Pierre), Henri HAUSER, Fernand L'HUILLIER, Jean MAURAIN.

Nationalité et nationalisme, 1860-1878. Nouvelle édition entièrement refondue.

PUF, 1968, in-8°, 761 pp, 9 cartes et tableaux, biblio, index, reliure toile verte de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Peuples et civilisations)

BLUYSEN (Paul).

Félix Faure intime.

P., Félix Juven, s.d. (1898), in-8°, 259 pp, 79 photos dont 18 hors texte, reliure demi-chagrin bleu-nuit, dos à 5 nerfs, titres dorés (rel. de l'époque), dos frotté, bon état

Par Paul Bluysen (1861-1928), journaliste, homme de lettres, publiciste, syndic de presse. A partir de 1893 il est secrétaire de rédaction au Journal des Débats. En 1898 il écrit ce "Félix Faure intime", oeuvre pleine de verve... Etienne de Nalèche, directeur du Journal des Débats, dans une correspondance avec Pierre Lebaudy, industriel sucrier, raconte avoir « eu les épreuves de l'ouvrage entre les mains, épreuves corrigées de la main même de Félix Faure. Je crois du reste t’avoir raconté autrefois, les corrections impayables faites par le président, corrections qui ne touchaient que des mots, mais quels mots ! » — Félix Faure (1841-1899), Président de la République de 1895 à 1899, mourut l'année suivante "dans les bras de sa maîtresse" selon les journaux du temps...

BORDESSOULE (André).

L'Envers de la parade. Quinze mois de la vie politique (octobre 1926-décembre 1927).

Le Sifflet, 1928, pt in-8°, 253 pp, 6 portraits caricaturés hors texte par Bib, broché, bon état. Edition originale, un des 50 ex. numérotés sur pur fil Lafuma (seul grand papier), envoi a.s. Peu courant

Portraits dessinés de Camille Chautemps, Adolphe Landry, Fernand Bouisson, Maurice Colrat, Louis Antériou, et Edouard Daladier. — Par André Bordessoule, journaliste au “Nouveau Cri”, hebdomadaire de droite, tendance “Candide”, et maire de Saint-Yrieix-la-Perche, près de Limoges, de mai 1929 à août 1944. En 1941, il recueillit au sein de sa famille le jeune Marc Ferro et lui fournit une carte d'identité où ne figurait pas le tampon « juif ».

BOURGIN (G.).

La Troisième République (4 septembre 1870 - 3 août 1914).

Armand Colin, 1956, in-12, 224 pp, 2e édition revue, biblio, broché, bon état (Coll. Armand Colin)

BURNAND (Robert).

La Vie quotidienne en France de 1870 à 1900.

Hachette, 1949, in-8°, 305 pp, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

"M. Robert Burnand égrène les souvenirs d'une époque heureuse dans ce volume. Tour à tour on voit défiler le parlement, la famille, la capitale et la province. On assiste aux réceptions de souverains venant de tous les points du monde : le Tsar de Russie, le roi Alphonse XIII et jusqu'au shah de Perse en 1899, qui « impressionna les parisiens par l'ampleur démesurée de ses moustaches et les parisiennes par le luxe de ses aigrettes et de ses uniformes de gala ; il était positivement brodé, surbrodé, cousu de diamants....» Ce sont aussi, brièvement évoquées, les grandes affaires de l'époque : le boulangisme, l'affaire Dreyfus, le mouvement anarchiste qui aboutit à Lyon, à l'assassinat du président Carnot, « le plus digne et le plus inoffensif des hommes tombait, victime d'excitations anonymes qui troublaient la cervelle d'un petit italien illettré nommé Caserio. Nos rapports avec « notre soeur latine » subirent une éclipse, ce qui n'était pas une nouveauté. Quant aux anarchistes, l'opinion presque unanime admit enfin qu'on ne pouvait plus, sans danger mortel, les laisser appliquer leurs théories de reprise individuelle, appuyées sur l'action directe. Le fracas des bombes s'éteignit et les vagabonds durent chercher d'autres façons de faire peur aux enfants ». Les jeunes liront avec un haussement d'épaules la manière étrange dont s'habillaient alors leurs pères, les plus âgés souriront en se rappelant par exemple la manière du gilet : c'était « chaque jour un gilet nouveau, soyeux, plucheux, brodé, pailleté, fleuri, sévère ou tendre, rude d'aspect ou doux au toucher ».... Ou encore celle du monocle : « Le monocle est tout-puissant, le monocle est roi. Un homme du monde, sans cet attribut, se sentirait incorrect, déshabillé, nu. C'est la marque de fabrique, l'estampille. Il est civil, aussi bien que militaire. Pas un jeune officier, surtout parmi les cavaliers, qui ne pare son orbite d'un disque ou d'un carreau de verre. Si bien vissé d'ailleurs que l'officier de cavalerie parfait doit pouvoir, sans que son monocle tombe, franchir les obstacles et même faire panache .... » Et l'on ferme le livre en retenant qu'un jeune parlementaire appelé pour la première fois au pouvoir demandait à son président du Conseil d'avoir égard à son inexpérience. Et celui-ci : « Je vais vous donner les Finances, c'est facile, de tout repos, il n'y a rien à faire... » Heureux temps !" (Louis Jacob, Revue du Nord, 1947)

CAILLAUX (Joseph).

Mes Mémoires. Tome I : Ma jeunesse orgueilleuse, 1863-1919. Tome II : Mes audaces. Agadir, 1909-1912. Tome III : Clairvoyance et force d'âme dans les épreuves, 1912-1930.

Plon, 1942-1947, 3 vol. in-8°, 306, 260 et 398 pp, 27 gravures hors texte, brochés, bon état

"Ces Mémoires, littérairement, valent en soi." (Emile Henriot) — "Joseph Caillaux a joué un rôle éminent entre 1900 et 1914, dirigeant une des négociations diplomatiques les plus délicates entre la France et l'Allemagne, transformant le système fiscal français, devenant le chef du parti radical et radical-socialiste, qui était alors le grand, le seul parti de gouvernement. Les épreuves qu'il a traversées depuis le drame du Figaro, en 1914, jusqu'à son arrestation en 1917 et sa condamnation par la Haute Cour, sa réhabilitation de 1924 et sa rentrée active dans la constellation politique en 1925 ont permis de dire que ce fils de l'ancien ministre du 16 mai, inspecteur des Finances, ministre de Waldeck-Rousseau, l'homme de la paix à l'époque d'Agadir, a connu, comme il se plaît à l'écrire lui-même, un « destin hors série ». Mais ses Mémoires ne dessinent pas clairement les aspects divers de sa carrière exceptionnelle et marquent mal ce qui fait la grandeur de l'homme et de son action. Cela tient sans doute au fait qu'elles ont été rédigées après coup, sur des notes, des dossiers, de la correspondance, et non sur un agenda où l'homme d'État, chaque jour, aurait consigné à grands traits les démarches de sa pensée et les faits principaux auxquels il aurait été mêlé..." (Jacques Kayser, Politique étrangère, 1947) — "... Le schéma est donc très simple : sitôt arrivé au pouvoir, Poincaré, de complicité avec Isvolsky, nous achemine à la guerre ; comme Caillaux risque de faire échouer cette politique, Poincaré, Barthou et Klotz lancent contre lui la campagne de Calmette. La guerre éclate ; en 1917, deux politiques : celle de Caillaux, qui est de hâter la paix afin de rendre possible une réconciliation continentale ; celle de la guerre jusqu'au bout, qui a pour effet de livrer la France à la tutelle des Anglo-Saxons ; pour battre Caillaux, Poincaré et Clemenceau se réconcilient, et le ministère Clemenceau est constitué. (...) Ce qui demeure intéressant, ce sont les professions de foi que fait Caillaux en matière de politique extérieure, et notamment l'exposé (p. 192-193) de ses projets en 1917 ; on voit clairement la filiation qui relie ses positions à celles des défenseurs de l'accord de Munich, d'un homme comme Georges Bonnet, peut-être même de certains des « collaborateurs » du régime de Vichy. Dans un curieux passage, Caillaux déclare d'ailleurs qu'il aurait admis, en 1917, d'être frappé d'une espèce d'ostracisme ; ce qu'il n'a pas admis, c'est un procès en haute trahison dépourvu de fondement. Reconnaissons que, autant ses jugements de politique générale sont critiquables, autant ses plaidoyers personnels paraissent solides. Ce dernier tome des Mémoires est suivi de divers appendices. Le plus important, « Comment j'ai donné le Maroc à la France », se compose essentiellement de lettres de Jules Cambon au président du Conseil au cours des négociations d'Agadir ; si ces lettres ne contredisent pas la thèse exposée par Caillaux dans le volume II des Mémoires, elles ne la confirment qu'avec une grande discrétion, compréhensible d'ailleurs sous la plume d'un diplomate. Puis viennent deux lettres de Poincaré à Clemenceau sur l'affaire Bolo, quelques pièces justificatives se rattachant au procès Caillaux, enfin le récit d'une conversation avec Briand, en 1932, sur la responsabilité de Poincaré dans le déclenchement de la guerre de 1914 ; Caillaux porte contre Poincaré des accusations si énormes qu'on aimerait en trouver des confirmations irréfutables..." (Jacques Néré, à propos du tome III, Revue Historique, 1948) — "Nous avons dans les Mémoires de Joseph Caillaux des morceaux d'histoire pleins de suc et qui feront naître dans le coeur des jeunes hommes de justes haines et un vigoureux mépris." (Pierre Cazenave, La Tribune des Nations)

CAILLAUX (Joseph).

Mes Mémoires. Tome I : Ma jeunesse orgueilleuse, 1863-1919.

Plon, 1942, in-8°, 306 pp, 9 gravures hors texte, broché, papier jauni, bon état

Tome I seul (sur 3).

CAVALIER (Auguste).

Les Rouges « chrétiens » ?

Editions Bossard, 1929, in-12, xvi-250 pp, broché, bon état

M. Briand et le désordre dans l'Eglise. – La démagogie paysanne. – Les infiltrations maçonniques. – L'appel des communistes aux syndicats rouges chrétiens. Etc. — "Auguste Cavalier, secrétaire de l'Action libérale populaire, directeur de l'Agence de l'Intérêt français et du Semeur de l'Ile de France, a fait paraître sous le titre : les Rouges Chrétiens, un ouvrage qui a fait sensation et a soulevé de nombreuses et ardentes controverses. Mêlé depuis de longues années à la politique, dont il a été à même d'étudier les dessous, son opinion est celle d'un homme qui a su observer les hommes et dégager les causes profondes des événements dont il a été témoin." (Georges Champenois, Le sabotage officiel de l'histoire de France, 1930) — "Auguste Cavalier (1871-1945) est le directeur de “L'Intérêt français”. Après les élections de 1928, Cavalier expose les ravages du "Démocratisme Chrétien" qui a réussi à faire battre des candidats catholiques et nationaux grâce à l'appui du Cartel des gauches. Dès lors il spécialise ses attaques contre la "démagogie nouvelle" incarnée par le Parti démocrate populaire (P.D.P.) Il développe ces thèmes dans son ouvrage “Les Rouges Chrétiens ?” : il y dénonce une tentative visant à empoisonner les milieux nationaux et catholiques et souligne la nécessité d'un front unique des défenseurs de la société, de la patrie et de l'ordre. Il reprend en fait certains des thèmes de l'Action Française, ainsi sur le complot briandiste dont le P.D.P. serait un des agents principaux. Il voit en lui "le pire élément de dissolution civique, sociale, religieuse et nationale"." (Jean-Claude Delbreil, “Centrisme et démocratie-chrétienne en France : le Parti démocrate populaire”, 1990)

CAVALIER (Auguste).

Les Rouges « chrétiens » ?

Editions Bossard, 1929, in-12, xvi-250 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 100 ex. numérotés sur Alfa (seul grand papier), signé par l'auteur

M. Briand et le désordre dans l'Eglise. – La démagogie paysanne. – Les infiltrations maçonniques. – L'appel des communistes aux syndicats rouges chrétiens. Etc. — "Auguste Cavalier, secrétaire de l'Action libérale populaire, directeur de l'Agence de l'Intérêt français et du Semeur de l'Ile de France, a fait paraître sous le titre : les Rouges Chrétiens, un ouvrage qui a fait sensation et soulevé de nombreuses et ardentes controverses. Mêlé depuis de longues années à la politique, dont il a été à même d'étudier les dessous, son opinion est celle d'un homme qui a su observer les hommes et dégager les causes profondes des événements dont il a été témoin." (Georges Champenois, Le sabotage officiel de l'histoire de France, 1930) — "Auguste Cavalier (1871-1945) est le directeur de “L'Intérêt français”. Après les élections de 1928, Cavalier expose les ravages du "Démocratisme Chrétien" qui a réussi à faire battre des candidats catholiques et nationaux grâce à l'appui du Cartel des gauches. Dès lors il spécialise ses attaques contre la "démagogie nouvelle" incarnée par le Parti démocrate populaire (P.D.P.) Il développe ces thèmes dans son ouvrage “Les Rouges Chrétiens ?” : il y dénonce une tentative visant à empoisonner les milieux nationaux et catholiques et souligne la nécessité d'un front unique des défenseurs de la société, de la patrie et de l'ordre. Il reprend en fait certains des thèmes de l'Action Française, ainsi sur le complot briandiste dont le P.D.P. serait un des agents principaux. Il voit en lui "le pire élément de dissolution civique, sociale, religieuse et nationale"." (Jean-Claude Delbreil, “Centrisme et démocratie-chrétienne en France: le Parti démocrate populaire”, 1990)

CHASTENET (Jacques).

Cent ans de République. I. L'enfance de la Troisième, 1870-1879.

Tallandier, 1970, in-8°, 475 pp, 49 gravures et photos, chronologie, reliure pleine toile bordeaux de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, tiré sur papier vergé couché ivoire, bon état

Premier volume seul (sur 7) de cette nouvelle édition de l'Histoire de la Troisième République de Jacques Chastenet (première édition : Hachette 1952-1963). — "Les Français de plus de soixante-dix ans et les Français de moins de quarante sauront un gré particulier à M. Jacques Chastenet d'écrire pour eux les volumes successifs de son Histoire de la Troisième République (...) Aux premiers il rappelle de vieux souvenirs. Aux seconds, il fait découvrir des terres inconnues. Que les uns et les autres lui en soient reconnaissants, c'est justice." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1955)

CHASTENET (Jacques).

Déclin de la Troisième, 1931-1938.

Hachette, 1962, in-8°, 302 pp, cartes, notes, index, broché, couv. illustrée, scotch en haut et en bas du dos, bon état (Histoire de la Troisième République, VI)

Volume VI seul (sur 7). — "Dans ce sixième tome, Jacques Chastenet conduit ses lecteurs des premiers mois de 1931 à la conclusion des accords de Munich le 30 septembre 1938. ... La parfaite maîtrise de son métier d'historien permet à Jacques Chastenet de conserver la tête froide en relatant cette succession d'événements en face desquels le lecteur, lui, ne saura rester impassible, tant ils sont proches encore et réveillent chez chacun, peurs, regrets, espoirs, colère ou amertume : assassinat de Doumer, incendie du Reichstag, projet avorté de Pacte à Quatre, affaire Stavisky, journée du 6 février, Front populaire, accords Matignon, Franc Auriol, les Ligues, la Cagoule, guerre d'Ethiopie, guerre d'Espagne, l'Anschluss, Munich..." (4e de couverture)

CHASTENET (Jacques).

Histoire de la Troisième République. III. La République triomphante, 1893-1906.

Hachette, 1955, in-8°, 372 pp, cartes, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

Tome III seul (sur 7) — "L'auteur aborde ici, avec le même souci d'objectivité que dans les précédents volumes, ce qu'on est convenu d'appeler la « belle époque ». Le récit s'ordonne autour de quelques événements-clés, comme l'affaire Dreyfus et la séparation de l'Eglise et de l'Etat. La politique extérieure tient une place importante dans ce volume qui couvre l'époque où prennent une forme définitive les constellations d'où sortira la guerre. L'ouvrage débute et se termine par un tableau de la société française, du genre de vie, des activités économiques, intellectuelles, artistiques." (Revue française de science politique, 1955)

CHASTENET (Jacques).

Histoire de la Troisième République. III. La République triomphante, 1893-1906.

Hachette, 1958, in-8°, 372-(7) pp, cartes, index, reliure demi-toile gris-vert, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, couv. illustrée et dos conservés (rel. de l'époque), bon état

Tome III seul (sur 7) — "L'auteur aborde ici, avec le même souci d'objectivité que dans les précédents volumes, ce qu'on est convenu d'appeler la « belle époque ». Le récit s'ordonne autour de quelques événements-clés, comme l'affaire Dreyfus et la séparation de l'Eglise et de l'Etat. La politique extérieure tient une place importante dans ce volume qui couvre l'époque où prennent une forme définitive les constellations d'où sortira la guerre. L'ouvrage débute et se termine par un tableau de la société française, du genre de vie, des activités économiques, intellectuelles, artistiques." (Revue française de science politique, 1955)

CHASTENET (Jacques).

Histoire de la Troisième République. VI. Déclin de la Troisième, 1931-1938.

Hachette, 1962, in-8°, 302 pp, cartes, index, reliure demi-toile gris-vert, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, couv. illustrée et dos conservés (rel. de l'époque), bon état

Tome VI seul (sur 7).

CHASTENET (Jacques).

Histoire de la Troisième République. V. Les années d'illusions, 1918-1931.

Hachette, 1960, in-8°, 352 pp, cartes, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

Tome V seul (sur 7) — "Comme dans les volumes antérieurs de cette histoire, J. C. met l'accent sur les événements politiques et notamment sur la conjoncture internationale. Les problèmes économiques sont traités en quelques pages, à la suite des problèmes financiers." (Revue française de science politique, 1960)

CHASTENET (Jacques).

Histoire de la Troisième République. V. Les années d'illusions, 1918-1931.

Hachette, 1960, in-8°, 352 pp, cartes, index, reliure demi-toile gris-vert, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, couv. illustrée et dos conservés (rel. de l'époque), bon état

Tome V seul (sur 7) — "Comme dans les volumes antérieurs de cette histoire, J. C. met l'accent sur les événements politiques et notamment sur la conjoncture internationale. Les problèmes économiques sont traités en quelques pages, à la suite des problèmes financiers." (Revue française de science politique, 1960)

Collectif.

Vingt-cinq ans de République.

P., Ernest Flammarion, s.d. (1897), in-12 à l'italienne, 158 pp, qqs portraits et photos, un tableau au 2e plat, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

La France depuis 25 ans – La population de la France – La constitution républicaine – Les Présidents de la République – Les partis politiques – Principales lois – Principaux traités – Les finances – Les fonctionnaires – Le travail – L'industrie – L'agriculture – L'armée – Les décorations – Le patriotisme – Les fêtes de la République – L'instruction publique – Les lettres et les arts – Paris – Nos colonies et nos protectorats – L'Alsace-Lorraine. — "25 ans après la fondation du gouvernement républicain dans notre pays, il importe de se rendre compte de son oeuvre. Disons tout de suite que son premier titre est d'avoir relevé le drapeau de la défense nationale tombé a Sedan. La paix conclue, il s'agissait de rétablir l'ordre dans tous les services de l'Etat, de libérer le territoire de l'occupation étrangère, de payer une effroyable indemnité de gnerre, de réorganiser nos finances et nos forces militaires, de rendre à l'Europe confiance en notre pays, enfin de donner une constitution à la France. Notre but a été d'exposer la tâche si laborieusement, si péniblement accomplie, malgré toutes les résistances, de suivre en quelque sorte pas à pas la transformation des institutions depuis 25 ans. Notre petit volume, c'est l'histoire racontée par les chiffres et par les faits, c'est-à-dire l'histoire la plus impartiale et la plus instructive, dégagée de tout esprit de secte, de toute passion politique. Nous avons voulu mettre sous les yeux du lecteur la vérité ; à lui de juger et de conclure. “25 Ans de République” seront consultés avec profit par ceux qui exercent ou exerceront, à un moment quelconque, une action sur les affaires de la nation et qui ne seront jamais trop éclairés. Le bilan que nous présentons, aussi complet et cependant aussi condensé que possible, s'adresse donc, en notre pays de suffrage universel, à tous les citoyens dignes de ce nom, c'est-à-dire soucieux de leur devoir et de leur responsabilité et capables de se prononcer en hommes libres." (Préface)

DANSETTE (Adrien).

Histoire religieuse de la France contemporaine. L'Eglise catholique dans la mêlée politique et sociale. Edition revue et corrigée.

Flammarion, 1965, fort in-8°, 892 pp, chronologie, sources et biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Histoire)

"Ce volume apporte une synthèse brillante et bien informée. Mais, comme tous ceux qui tentent une synthèse analogue, l'auteur se trouvait avantagé ou désavantagé par l'état fort inégal des études consacrées aux différentes époques où tant de régimes se succédèrent en s'opposant. Pour la Révolution, pour le Premier Empire, il bénéficiait de l'effort accompli depuis quarante ans. Les trois premiers livres sont donc la meilleure partie de cette œuvre ; ils présentent une mise au point complète et judicieuse ; la forme aisée, vivante, selon la bonne tradition des historiens français, dissimule une érudition solide, étendue, que seuls peuvent distinguer les spécialistes. « L'art se cache par l'art même », disait le musicien Rameau. Ainsi procède M. Dansette, dont la science se cache par la science même ; il excelle à ne pas écraser et se lit avec le plus grand intérêt..." (Jean Leflon, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1949)

DANSETTE (Adrien).

Histoire religieuse de la France contemporaine sous la Troisième République.

Flammarion, 1951, fort pt in-8°, 691 pp, chronologie, biblio, index, broché, bon état

Deuxième volet de l'Histoire religieuse de la France contemporaine.

DANSETTE (Adrien).

Histoire religieuse de la France contemporaine sous la Troisième République.

Flammarion, 1951, fort pt in-8°, 691 pp, chronologie, biblio, index. Edition originale, un des 30 ex. numérotés sur papier pur fil Outhenin-Chalandre, envoi a.s. Deuxième volet de l'Histoire religieuse de la France contemporaine

DAVID (Robert).

La Troisième République. Soixante ans de politique et d'histoire, de 1871 à nos jours.

Plon, 1934, in-8°, vii-600 pp, broché, bon état

Les 500 premières pages traitent des années 1871 à 1914. — "C'est un ouvrage très distingué. L'auteur, qui fut député de la Dordogne et sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur, nous révèle qu'il est le petit-fils de Dupont-White, membre de l'Assemblée nationale, le gendre de M. Escande, qui fut député vers les années 1880, et le neveu du président Carnot. Ce sont là titres de noblesse républicaine. Quant à ses amitiés, elles sont innombrables et vont d'Etienne Lamy à Briand, en passant par Poincaré, Barthou, Georges Leygues, Jonnart, etc. Cette familiarité avec des gens en place n'est pas sans donner à l'ouvrage un ton particulier. M. Robert David a beau honnir les excès du parlementarisme, on sent qu'il est de la maison : il glisse pudiquement sur certains faits fâcheux comme la mort de Félix Faure ou le scandale de Panama... Son livre est plutôt un Discours sur l'histoire parlementaire de la Troisième République, avec de nombreuses allusions aux faits contemporains. Au point de vue politique, il est éperdument centre gauche. Ses héros, ce sont Gambetta, Ferry, Méline, Waldeck-Rousseau, Poincaré, le Briand seconde manière, celui de 1910-1914, et jusqu'à ce « grand honnête homme » de Léon Bourgeois. L'anticléricalisme grossier d'un Combes répugne à ses goûts d'homme bien élevé autant qu'à son sens national ; il s'efforce de parler équitablement des questions religieuses... L'ouvrage se termine par une liste, fort utile, des quatre-vingt-seize ministères de la Troisième République, du 17 février 1871 au 9 février 1934." (Ed. Bruley, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1935)

DESCHANEL (Paul).

Gambetta.

Hachette, 1919, in-8°, 302 pp, 8 pl. de gravures hors texte sous serpentes, dont un portrait de Gambetta en frontispice, 3 pp. de fac-similés, biblio, broché, couv. salie, état correct (Coll. Figures du passé)

"... Toute l'existence de Gambetta est racontée sobrement, simplement, dans ces pages qui sont à la fois biographie scrupuleuse et monographie impeccable, où rien ne manque, depuis les secrets replis d'un coeur aimant jusqu'aux multiples mouvements d'idées et de volontés de ce cerveau aussi vaste que puissant, où flambaient toutes les généreuses aspirations, toutes les hautes pensées de la France contemporaine ; monographie où l'homme, étant le centre des plus grands événements de l'histoire, se confond à ce point avec ces événements qu'ils ne se peuvent comprendre sans sa souveraine action, et n'auraient pu être, en dehors de lui, tels qu'ils ont été. Ici, c'est la fine et délicate analyse psychologique qui scrute les circonstances et met en jeu les mobiles et éclaire les résultantes, mais, à chaque tournant du chemin, la voix grave et sereine de la synthèse s'élève et prononce, en termes saisissants, le jugement définitif, celui que l'Histoire a déjà enregistré et ratifié. (...) La mort est venue trop tôt, hélas ! – il avait quarante-quatre ans – interrompre cette prodigieuse existence de Gambetta qui, en treize ans, de 1869 à 1882, a pu sauver l'honneur de la France, figurer au premier rang des fondateurs de la République, préparer et assurer l'immortelle victoire. Que M. Paul Deschanel reçoive ici l'expression de la profonde gratitude des amis de Gambetta." (Eug. Etienne, Le Petit Parisien, 3 février 1920)

DESCHANEL (Paul).

Gambetta.

Hachette, 1919, in-8°, 302 pp, un portrait de Léon Gambetta sous serpente en frontispice et 7 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froids, titres dorés, couv. conservée (rel. de l'époque ou lég. postérieure), dos uniformément passé, bon état

"... Toute l'existence de Gambetta est racontée sobrement, simplement, dans ces pages qui sont à la fois biographie scrupuleuse et monographie impeccable, où rien ne manque, depuis les secrets replis d'un coeur aimant jusqu'aux multiples mouvements d'idées et de volontés de ce cerveau aussi vaste que puissant, où flambaient toutes les généreuses aspirations, toutes les hautes pensées de la France contemporaine ; monographie où l'homme, étant le centre des plus grands événements de l'histoire, se confond à ce point avec ces événements qu'ils ne se peuvent comprendre sans sa souveraine action, et n'auraient pu être, en dehors de lui, tels qu'ils ont été. Ici, c'est la fine et délicate analyse psychologique qui scrute les circonstances et met en jeu les mobiles et éclaire les résultantes, mais, à chaque tournant du chemin, la voix grave et sereine de la synthèse s'élève et prononce, en termes saisissants, le jugement définitif, celui que l'Histoire a déjà enregistré et ratifié. (...) La mort est venue trop tôt, hélas ! – il avait quarante-quatre ans – interrompre cette prodigieuse existence de Gambetta qui, en treize ans, de 1869 à 1882, a pu sauver l'honneur de la France, figurer au premier rang des fondateurs de la République, préparer et assurer l'immortelle victoire. Que M. Paul Deschanel reçoive ici l'expression de la profonde gratitude des amis de Gambetta." (Eug. Etienne, Le Petit Parisien, 3 fév 1920)

DESCHANEL (Paul).

Gambetta.

Hachette, 1919, in-8°, 302 pp, 8 pl. de gravures hors texte sous serpentes, dont un portrait photo de Gambetta en frontispice, 3 pp. de fac-similés, reliure percale verte de l'éditeur, dos lisse avec titres et fleuron dorés, titres, fleuron et encadrements dorés au 1er plat, bon état (Coll. Figures du passé)

"... Toute l'existence de Gambetta est racontée sobrement, simplement, dans ces pages qui sont à la fois biographie scrupuleuse et monographie impeccable, où rien ne manque, depuis les secrets replis d'un coeur aimant jusqu'aux multiples mouvements d'idées et de volontés de ce cerveau aussi vaste que puissant, où flambaient toutes les généreuses aspirations, toutes les hautes pensées de la France contemporaine ; monographie où l'homme, étant le centre des plus grands événements de l'histoire, se confond à ce point avec ces événements qu'ils ne se peuvent comprendre sans sa souveraine action, et n'auraient pu être, en dehors de lui, tels qu'ils ont été. Ici, c'est la fine et délicate analyse psychologique qui scrute les circonstances et met en jeu les mobiles et éclaire les résultantes, mais, à chaque tournant du chemin, la voix grave et sereine de la synthèse s'élève et prononce, en termes saisissants, le jugement définitif, celui que l'Histoire a déjà enregistré et ratifié. (...) La mort est venue trop tôt, hélas ! – il avait quarante-quatre ans – interrompre cette prodigieuse existence de Gambetta qui, en treize ans, de 1869 à 1882, a pu sauver l'honneur de la. France, figurer au premier rang des fondateurs de la République, préparer et assurer l'immortelle victoire. Que M. Paul Deschanel reçoive ici l'expression de la profonde gratitude des amis de Gambetta." (Eug. Etienne, Le Petit Parisien, 3 fév 1920)

DUBREUIL (Léon).

Paul Bert (1833-1887).

Félix Alcan, 1935, pt in-8°, 287 pp, broché, état correct

"En consacrant une consciencieuse biographie à Paul Bert, M. L. Dubreuil a fait revivre les traits d'un grand savant, très intimement mêlé à l'histoire de la troisième République, où il joua, de 1870 à 1882, un rôle important. L'activité scientifique de Paul Bert semble avoir été dépassée par son activité politique. De l'Assemblée Nationale au gouvernement de l'Annam et du Tonkin, où il devait trouver la mort, cet ardent républicain s'attacha surtout aux questions d'enseignement et de colonisation. Son nom, comme son oeuvre, furent très discutés. Nous trouvons dans le volume de M. L. Dubreuil l'écho de ces querelles lointaines et passionnées. Paul Bert, Gambetta, Jules Ferry, trois noms inséparables. Toute l'histoire des dix premières années du régime revit à travers les pages de M. L. Dubreuil." (Combes de Patris, Revue des études historiques, 1936)

ESTRADE (Paul).

Severiano de Heredia. Ce mulâtre cubain que Paris fit « maire », et la République, ministre.

Les Indes savantes, 2011, gr. in-8°, 161 pp, 19 illustrations en couleurs sur 4 pl. hors texte, sources, broché, couv. illustrée, bon état

Severiano de Heredia est un personnage politique de la IIIe République, méconnu à ce jour. Sa carrière a été assez longue puisqu'il est élu Conseiller du quartier des Ternes dès 1873, Président du Conseil Municipal de Paris en 1879, soit en fait Maire de Paris, puis député de Paris en 1881, et enfin ministre des Travaux publics en 1887. Radical progressiste, laïque, libre-penseur, franc-maçon, il défend l'école publique, prône la formation continue, se montre même écologiste puisqu'il se passionne pour la voiture électrique. Les Parisiens ont donc choisi pour les représenter quelqu'un venu d'ailleurs et dont l'apparence physique ne prêtait pas à équivoque. Et si quelques quolibets et articles racistes ont émaillé sa carrière, ils n'ont pas empêché le public et ses amis politiques de l'apprécier à sa juste valeur et de lui confier des responsabilités de manière durable. L'intelligentsia cubaine et des écrivains noirs dans le monde entier le reconnaissent : il est temps aujourd'hui d'apprécier la modernité de ce personnage attachant qui a démontré qu'exercer des responsabilités en étant né à l'étranger, et de couleur, était déjà possible dans la France du XIXe siècle.

FABRE-LUCE (Alfred).

Caillaux.

Gallimard, 1933, in-12, 285 pp, index, broché, bon état

Une biographie sur un ton de glorieux panégyrique. — "Admirateur de Joseph Caillaux, proche des “jeunes Turcs”du parti radical qui, avec Gaston Bergery, Bertrand de Jouvenel, Jean Zay, Pierre Mendès France et quelques autres, avaient entrepris de rénover celui-ci (et dont les choix devaient, plus tard, diverger), fondateur, en 1933, de l’hebdomadaire Pamphlet, puis, en 1936, de l’Assaut (dans lequel on relève notamment les signatures de Robert Poulet, Robert Brasillach et Maurice Bardèche, ou encore celles de Pierre Drieu la Rochelle et Bertrand de Jouvenel), entre-temps rédacteur en chef de l’Europe nouvelle, l’organe officieux de la Société des nations (SDN), fréquentant la galaxie des « non-conformistes des années 30 », frayant un moment avec le nouveau Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot, Fabre-Luce fut de ceux qui, en 1936, s’insurgèrent contre l’immobilisme franco-britannique face à la remilitarisation de la Rhénanie, avant que de défendre, deux ans plus tard, les accords de Munich. Fervent maréchaliste de juin 1940 à novembre 1942, il plaida, dans son Anthologie de la nouvelle Europe (1942), pour « l’Europe nationale, aristocrate et révolutionnaire ». Salué par André Siegfried, cet ouvrage, bien qu’interdit en Allemagne – notamment pour un éloge de Bergson –, lui sera vivement reproché à la Libération..." (Christian Brosio)

FALLOUX (Comte de).

Mémoires d'un royaliste. Tome III : Préliminaires de l'Empire. La Guerre d'Italie. 1870-1871. L'Assemblée nationale. Le ministère du duc de Broglie.

Perrin, 1925, in-12, 338 pp, broché, non coupé, état correct

Tome III seul (sur 3) : De 1852 au ministère du duc de Broglie en 1873. — "Les Mémoires d'un royaliste tiendront la première place parmi les oeuvres de leur auteur et une des premières dans la littérature de Mémoires de notre siècle. Nous ne tenterons pas de refaire, après MM. Gréard et de Broglie, le portrait de ce Vendéen parlementaire, de cet ultramontain libéral, de cet aimable fanatique, de cet agriculteur académicien, mais nous devons reconnaître qu'il nous est arrivé, après la lecture de ce livre, ce qui est arrivé à M. Gréard lui-même, nous avons passé, à l'égard de son auteur, d'une froideur hostile à une sympathie très vive, sinon toujours pour ses idées, du moins pour sa personne. Il y a chez lui une constante élévation d'âme, une générosité de coeur, une loyauté qui rachètent amplement ses étroitesses d'esprit et ses chimères un peu naïves. Les Mémoires d'un royaliste sont un document de premier ordre pour l'histoire du catholicisme français et pour l'histoire du parti légitimiste. On y saisit mieux que partout ailleurs le caractère essentiellement pratique, actif, social et philanthropique du catholicisme contemporain. Ne jouant plus qu'un rôle effacé dans le domaine de la science et de la pensée, il a mérité, par son activité charitable et son intelligence des besoins sociaux, le regain de force et d'inlluence dont nous sommes les témoins. M. de Falloux nous fait connaître le groupe d'hommes d'élite avec lequel il a constamment combattu, Montalembert, Berryer, Lacordaire, M. de Melun, A. Cochin, Dupanloup, A. de Broglie, à qui il faut toujours associer la femme distinguée qui fut leur Egérie, Mme Swetchine. Au point de vue religieux et social, M. de Falloux pouvait jeler un regard satisfait sur l'oeuvre de sa vie. Elle a été efficace ; non seulement il a réussi, sinon à fonder la liberté de renseignement, du moins à créer l'enseignement catholique à côté et en face de renseignement de l'État, mais il a aussi contribué, plus que personne, à grandir et à fortifier l'Église catholique. Les chapitres consacrés à la loi de 4850, aux oeuvres de charité, au Concile de 1870 sont du plus haut intérêt. Au point de vue politique, M. de Falloux avait moins de motifs d'être satisfait, et ses Mémoires ne sont guère que la confidence de ses désillusions et de ses déboires. Ils sont accablants pour le comte de Chambord. Cet enfant du miracle, demeuré enfant toute sa vie, roi fainéant de l'exil, à qui une coterie égoïste et inintelligente faisait jouer une comédie monarchique, nous apparaît comme un homme borné et pusillanime, n'ayant jamais eu le courage d'affronter les responsabilités d'une restauration, se servant, pour y échapper, de l'épouvantail du drapeau blanc, qui fut, pour lui, non un signe de ralliement dans la bataille, mais une nappe d'autel et un linceul. On retrouvera, dans le livre de M. de Falloux, l'émouvante histoire des querelles intestines du parti légitimiste sous Louis-Philippe, des tentatives de fusion et des essais de restauration après 1870. Que l'on partage ou non les vues politiques de M. de Falloux, on admirera la finesse et l'élévation avec lesquelles il apprécie la situation des partis en France ; ses jugements sur nos hommes d'État, en particulier sur M. Thiers et M. Guizot. Le récit des années 1871-1873 en particulier offre un saisissant intérêt..." (Ch. Bémond et G. Monod, Revue historique, 1888)

FAVREAU (Bertrand).

Georges Mandel ou la passion de la République, 1885-1944.

Fayard, 1996, in-8°, 566 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

Il est entré dans la vie publique à dix-sept ans comme journaliste aux côtés de Clemenceau, en pleine affaire Dreyfus. Il fut un des ministres les plus redoutés de la IIIe République. Emprisonné sur ordre de Vichy, déporté à Buchenwald puis ramené en France et livré à la Milice, il a été assassiné dans la forêt de Fontainebleau à la veille de la libération de Paris. La vie de Georges Mandel (1885-1944) a croisé les grands événements et les heures sombres de notre siècle. Avec son élégance invariable, son humour glacial, ses reparties cinglantes, il a marqué la vie parlementaire de l'entre-deux-guerres et laissé un souvenir impérissable dans le Médoc où ses campagnes homériques sont demeurées légendaires. Cible désignée des antisémites, il leur opposa un mépris hautain sans jamais trahir sa blessure. Homme politique, il plaida vainement pour un renouveau du régime parlementaire. Ministre, il entreprit des réformes audacieuses, fut le précurseur de la télévision publique, puis l'organisateur d'une grande armée coloniale qui, bientôt, devait porter les couleurs de la France libre. Mais c'est sa lucidité sur les faiblesses de la politique extérieure française depuis 1920 qui donne une dimension prophétique à ses exhortations souvent taxées de bellicisme. Premier résistant à l'armistice de 1940, il en sera la première victime. Dès le 17 juin, le gouvernement de Pétain le fait arrêter, avant de l'abandonner, en 1942, aux autorités allemandes qui le remettront plus tard à ses assassins. De ce destin solitaire, pour la première fois une biographie exhaustive restitue les espérances et les incertitudes, les grandes heures et les moments tragiques, les tourments et la mémoire. Bertrand Favreau, avocat, ancien bâtonnier du barreau de Bordeaux, est l'auteur de “Georges Mandel, un clémenciste en Gironde” (1969).

FAVRE (Jules).

Discours parlementaires. Publiés par Mme Vve Jules Favre.

Plon, 1881, 4 vol. gr. in-8°, xvi-536, 614, 841 et 604 pp, un portrait gravé en frontispice, brochés, qqs rousseurs éparses, état correct

I. De 1848 à 1861. - II. De 1860 à 1865. - III. 1865 - 1870 (3 septembre). IV. 1870 (4 septembre) - 1879.

FERRY (Jules).

La Troisième République.

dans la Revue de Paris, 1897, gr. in-8°, 23 pp, broché, bon état

Cette étude écrite en 1890 et restée inachevé était destinée à la “North American Review”. — On trouve dans ce même numéro du 1er juillet 1897. – Les déracinés, 4e partie (Maurice Barrés) ; Le dernier amour de Lope de Vega (Gustave Reynier) ; Poésies (Edmond Rostand) ; Le Mouvement agraire en France (Léopold Mabilleau, 29 pp) ; Lettres d'une amoureuse, 1ère partie (Brada) ; Madame Cornu et Napoléon III (entretien avec Mme Cornu au sujet de Napoléon III par l'économiste anglais Nassau-W. Senior, présenté et traduit par Eugène d'Eichtal, 17 pp) ; Le théâtre populaire (Maurice Pottecher).

FERRY (Jules).

Lettres, 1846-1893.

Calmann-Lévy, s.d. (1914), fort in-8°, viii-591 pp, un portrait en frontispice, et 2 planches hors texte, index, broché, couv. lég. abîmée, bon état

Jules Ferry est, à juste titre, considéré comme l'une des grandes figures de l'histoire républicaine française. Mais, si le grand public connaît le père de l'école primaire laïque, gratuite et obligatoire, on ignore son parcours politique, riche et tourmenté. S'il est reconnu aujourd'hui comme l'un des pères fondateurs de la IIIe République, peu de gens savent qu'il fut très critiqué à son époque. Médiocre orateur, bourgeois guindé, jugé froid et distant, surnommé « Ferry la famine » puis « Ferry le Tonkinois », le père de notre école publique ne connut jamais de son vivant la popularité que la postérité lui a reconnue.

FERRY (Jules).

Lettres, 1846-1893.

Calmann-Lévy, s.d. (1914), fort in-8°, viii-591 pp, un portrait en frontispice, et 2 planches hors texte, index, broché, couv. lég. abîmée, dos abîmé recollé, état correct

"Jules Ferry a laissé une très copieuse correspondance à peu près inédite. On vient d'en extraire un peu plus de 250 lettres, réparties sur toute la durée de sa vie politique. Elles sont publiées presque sans notes, mais avec un bon index. Peu de lettres se rapportent aux grandes affaires, à la politique étrangère ou coloniale, aux lois scolaires, etc. La lutte contre le boulangisme apparaît mieux et il y a, dans les lettres des dernières années, des morceaux importants (sur les affaires tunisiennes, les lois électorales, les syndicats d'instituteurs). Ce qui intéressera et plaira davantage, ce sont les lettres où Ferry, éloigné de la vie publique pour plus ou moins longtemps, par exemple lors de sa mission à Athènes en 1872, ou pendant des voyages et des séjours à la campagne, surtout après 1887, révèle par des descriptions ou des récits familiers une sensibilité profonde et un sens très vif de l'observation exercée sur lui-même (voir, p. 499, une lettre à sa femme relatant le succès d'un de ses discours) ou sur les autres (voir, p. 506, le très joli récit d'une fête à l'Opéra en l'honneur du shah de Perse). Cela donne des éléments de premier ordre aux historiens pour juger l'homme, à défaut de l'orateur ou du ministre, que d'autres volumes sans doute feront mieux connaître plus tard." (Raymond Guyot, Revue historique, 1917)

FLANDIN (Pierre-Etienne).

Discours. Le ministère Flandin, novembre 1934 - mai 1935.

Gallimard, 1937, in-12, 252 pp, broché, bon état (Coll. Blanche)

Par Pierre-Étienne Flandin (1889-1958), président du Conseil en 1934-1935. Les élections de 1936 amènent le Front populaire au pouvoir. Flandin quitte le gouvernement pour devenir, à la Chambre, le chef de l'opposition nationale. Il fait montre alors d'inconséquence, sans doute par anticommunisme et manque de hauteur de vue, jusqu'à devenir progressivement le « premier Munichois de France ». Président de l'Alliance démocratique depuis 1933, il mène une vigoureuse campagne dans le pays, multipliant les discours où il passe au crible la politique économique et financière du Front populaire, ainsi que ce qu'il estime être les erreurs diplomatiques du gouvernement. Ces controverses l'opposent non seulement à Léon Blum mais aussi, dans son propre parti, à Paul Reynaud, dont il désapprouve les thèses dévaluationnistes, les positions fermes contre Hitler et l'action qui mènerait, selon lui, la France à la guerre, dans un état d'impréparation matérielle et morale... En 1946, il sera condamné à cinq ans d'indignité nationale pour avoir fait partie du gouvernement de Vichy pendant cinquante-six jours...

FULIGNI (Bruno).

Dieu au Parlement.

Presses de la Cité, 2015, in-8°, 230 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

C'est au moment où la démocratie est attaquée par les fanatismes de tout bord qu'il est important de rappeler comment elle se construit au jour le jour. Bruno Fuligni, rédacteur à l'Assemblée des comptes rendus parlementaires, est particulièrement bien placé pour rechercher et réunir les textes qui en témoignent. On y découvre la violence du débat mais aussi sa profondeur. Complaintes, diatribes, ironie, insultes, larmes, poésie, prière... Hugo, Gambetta, Clemenceau, Jaurès, Barrès, Malraux... tous les genres oratoires et tous les grands noms défilent à la tribune pour le plus grand bonheur du lecteur, qui peut revivre ainsi en direct la naissance difficile de ce qui est aujourd'hui le point d'appui le plus solide de la culture française. La dernière page du livre refermée, la conclusion s'impose : si la laïcité ne s'est pas faite en un jour, Marianne ne peut que s'en féliciter.

GIRARDET (Philippe).

Ceux que j'ai connus. Souvenirs.

P., Editions Gamma, 1952, gr. in-8°, (8)-269 pp, index, broché, bon état. Edition originale, un des 1000 ex. numérotés sur bouffant, broché, couv. lég. salie, bon état

Mémoires de Philippe Girardet (1882-1961) sur sa jeunesse à Lyon, son travail chez Peugeot, les industries automobiles, ses rencontres dans le monde littéraire et journalistique, la politique en France entre les deux guerres, Louis Loucheur, etc. — "Fondé au lendemain des élections législatives de 1936, le groupe Républicain indépendant d’action sociale, au sein duquel se retrouvaient des élus modérés en provenance de divers horizons, a choisi de faire épauler son président, le député de Paris Marcel Héraud, par un secrétaire administratif au profil un peu atypique, l’ingénieur-conseil Philippe Girardet, doté déjà d’une longue expérience acquise dans le monde des affaires et les organisations patronales. Né en 1882, Philippe Girardet, qui avait occupé des fonctions de responsabilité aux usines Peugeot, fréquentait un « déjeuner hebdomadaire » où il avait l’occasion de rencontrer régulièrement des parlementaires. Il cite les noms d’André François-Poncet, Henry de Jouvenel, Paul Reynaud et Pierre Baudouin-Bugnet. Philippe Girardet a laissé un livre de souvenirs politiques très intéressant, publié en 1952, sous le titre 'Ceux que j’ai connus'." (Gilles Le Béguec, Aux origines des secrétariats administratifs des groupes parlementaires, 2010)

GOGUEL (François).

Géographie des élections françaises sous la Troisième et la Quatrième République.

Armand Colin, 1970, gr. in-8°, 185 pp, 74 cartes, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Cahiers de la fondation nationale des sciences politiques)

GOGUEL (François).

La politique des partis sous la IIIe République.

Seuil, 1948, in-8°, 566 pp, broché, bon état

"François Goguel vient de publier une étude originale sur un sujet pourtant maintes fois traité, conçue et menée à bonne fin dans un oflag d'Allemagne, c'est-à-dire avec des moyens d'investigation assez limités. Le titre pourrait en être : Philosophie de la vie politique de la troisième République et spécialement de la période de l'entre-deux-guerres. L'auteur part de cette observation qu'il explique en détail dans l'avertissement : au cours de soixante-dix années, l'esprit public français est resté très semblable à lui-même. On retrouve en 1877 et en 1928 les mêmes tendances et les mêmes divisions. Deux blocs s'affrontaient au temps du 16 mai, qu'il retrouve presque identiques en 1939. Malgré les transformations économiques, malgré le glissement de la population de la campagne à la ville, ces deux blocs conservent respectivement des forces équivalentes ; M. Goguel les baptise : parti de l'ordre établi (on pourrait aussi bien dire : les conservateurs), parti du mouvement ; le premier groupe, réunissait en 1877, 45 % des suffrages ; en 1928, 44,56 %. «Cette stabilité unique au monde, dit-il, témoigne de la largeur du fossé qui divise les Français en deux camps. » C'est en partant de cette idée corroborée par de nombreuses remarques, que l'auteur fait une revue rapide des quarante-quatre premières années de la République, et une analyse beaucoup plus détaillée des années 1919-1939...." (Pierre Rain, Politique étrangère, 1946)

GOMEZ (Manuel).

Joseph Caillaux, traître ou visionnaire.

Dualpha Editions, 2007, in-12, 285 pp, 17 illustrations, portraits, caricatures.., broché, couv. illustrée, bon état

Si son épouse n'avait pas assassiné Calmette, le « patron » du quotidien Le Figaro, en 1914, Joseph Caillaux aurait sans doute été élu Président de la République à la place de Clemenceau. Dès lors, le destin de la France, et celui de l'Europe, auraient été tout autres. Il a été condamné par une Haute Cour de justice pour intelligence avec l'ennemi et Haute trahison. Ce « visionnaire », s'il avait été entendu et écouté, aurait sans doute évité à la France la Première Guerre mondiale (1914-1918) et ses conséquences : l'apparition du nazisme, la montée au Pouvoir d'Adolf Hitler et, peut-être, la Seconde Guerre mondiale (1939/1945). Avec Jean Jaurès, Clemenceau, Gambetta et Poincaré, Caillaux fut l'un des hommes forts et incontournables de la IIIe République. De nombreuses fois ministre des finances, président du Conseil et vice-président, Joseph Caillaux a été « l'inventeur » de l'impôt sur les revenus.

GROS (Gaston, avocat à la Cour de Paris).

La République des Coquins.

Baudinière, 1934, in-12, 253 pp, broché, bon état

GUEYDAN (B.-E.).

Les Rois de la République (1900-1914).

Perrin, 1925, 2 vol. in-12, 410 et 374 pp, les 2 tomes reliés en un fort volume pleine toile turquoise (rel. lég. salie), bon état

Sur la Troisième République de 1900 à 1914, "Jamais régime ne donna l'exemple d'une plus grande immoralité."

GUEYDAN (B.-E.).

Les Rois de la République (1900-1914).

Perrin, 1925, 2 vol. in-12, 410 et 374 pp, brochés, dos fendu recollé au tome I, état correct

Sur la Troisième République de 1900 à 1914, "Jamais régime ne donna l'exemple d'une plus grande immoralité."

HALÉVY (Daniel).

Péguy et les Cahiers de la Quinzaine.

Grasset, 1941, in-12, 393 pp, broché, bon état

"Ce livre offre un grand intérêt. (...) C'est à travers la vie de Péguy que nous pouvons apercevoir, grâce à M. Daniel Halévy, tout un pan de l'histoire de la IIIe République. A coup sûr, M. Daniel Halévy n'est pas tendre à l'égard de celle-ci, mais peu nous importe, et il nous suffit qu'il introduise honnêtement le témoignage de Péguy lui-même pour que nous lui sachions gré de son effort, en vue de faire revivre les milieux humains où a vécu son héros. La politicaillerie dont Péguy s'est dégagé et qui l'a fait souffrir dans son âme et dans son corps, les milieux universitaires, l'école de Georges Sorel, les mouvements littéraires personnifiés par Claudel et Romain Rolland, l'École normale du temps de Perrot et de Lucien Herr, la Sorbonne historique et sociologique, et, avant encore, le collège Sainte-Barbe et les milieux populaires d'Orléans, – comme, au terme du livre, et de la vie de Péguy, – l'attente de la guerre de 1914 et ses premières réalités, – jusqu'à la mort de Péguy, le 5 septembre 1914, tout cela défile dans le livre de M. Daniel Halévy, avec les précisions, les références, les discussions utiles. Ainsi ce livre, qui est l'hommage d'un admirateur et d'un ami, est aussi une contribution historique de premier ordre." (Georges Bourgin, Revue Historique, 1943) — "La jeune floraison des Cahiers dura dix ans. De 1910 à 1914, il y aura Péguy et sa grandeur solitaire portée par les Cahiers, mais dressée plus haut qu’eux. De 1900 à 1910, il y eut les Cahiers, c’est-à-dire Péguy dans un entourage, en plein travail et entrain de jeunesse fraternelle. Après avoir quelques mois campé dans la chambre de Jérôme Tharaud, il transporta ses dossiers rue de la Sorbonne, dans une École de Journalisme qu’une agitée du dreyfusisme, Mme Dick May, avait installée là. Les Cahiers eurent une table, un espace réservé au premier étage. À côté des paperasses de Péguy, il y avait celles de Guieysse et de ses Pages libres. L’École de Dick May commença un voisinage qui dura longtemps. En octobre 1901, les Cahiers et les Pages libres, se déplaçant ensemble, s’installèrent, à vingt pas de l’École, dans une boutique dont une inscription rappelle aujourd’hui l’ancien emploi. La boutique, étroite et longue, fut divisée et cloisonnée. On ouvrait la porte : un couloir (plutôt un boyau) menait vers l’arrière boutique, où se tenait Guieysse : à gauche, une porte, et, franchie cette porte, il restait un petit espace qui était le domaine de Péguy. Sa boutique." (p. 102-103)

HALÉVY (Daniel).

Péguy et les Cahiers de la Quinzaine.

Grasset, 1943, in-12, 393 pp, broché, bon état, envoi a.s.

"Ce livre offre un grand intérêt au regard de l'histoire de la IIIe République. (...) Ce qui parait le plus extraordinaire dans la vie de Péguy, c'est précisément l'effort tenté par tant de cénacles de la bourgeoisie de s'annexer, en quelque sorte, le fils de la rempailleuse de chaises du faubourg orléanais, l'homme que je revois toujours, à travers tant d'années, le corps enveloppé dans sa longue cape, les lourds souliers aux pieds, la tête osseuse, avec la barbe frisottante et des yeux magnifiques d'audace et de candeur maligne. C'est à travers cet homme, – cet homme petit par la taille, dont le talent est peut-être plus discutable que ne pense M. Daniel Halévy, mais dont la force de volonté fut extraordinaire, – c'est à travers lui que nous pouvons apercevoir, grâce à M. Daniel Halévy, tout un pan de l'histoire de la IIIe République. A coup sûr, M. Daniel Halévy n'est pas tendre à l'égard de celle-ci, mais peu nous importe, et il nous suffit qu'il introduise honnêtement le témoignage de Péguy lui-même pour que nous lui sachions gré de son effort, en vue de faire revivre les milieux humains où a vécu son héros. La politicaillerie dont Péguy s'est dégagé et qui l'a fait souffrir dans son âme et dans son corps, les milieux universitaires, l'école, – si l'on peut dire, – de Georges Sorel, les mouvements littéraires personnifiés par MM. P. Claudel et Romain Rolland, l'École normale du temps de Perrot et de Lucien Herr, la Sorbonne historique et sociologique, et, avant encore, le collège Sainte-Barbe et les milieux populaires d'Orléans, – comme, au terme du livre, et de la vie de Péguy, – Ï'attente de la guerre de 1914 et ses premières réalités, – jusqu'à la mort de Péguy, le 5 septembre 1914, tout cela défile dans le livre de M. Daniel Halévy, avec les précisions, les références, les discussions utiles. Ainsi ce livre, qui est l'hommage d'un admirateur et d'un ami, est aussi une contribution historique de premier ordre." (Georges Bourgin, Revue Historique, 1943) — "La jeune floraison des Cahiers dura dix ans. De 1910 à 1914, il y aura Péguy et sa grandeur solitaire portée par les Cahiers, mais dressée plus haut qu’eux. De 1900 à 1910, il y eut les Cahiers, c’est-à-dire Péguy dans un entourage, en plein travail et entrain de jeunesse fraternelle. Après avoir quelques mois campé dans la chambre de Jérôme Tharaud, il transporta ses dossiers rue de la Sorbonne, dans une École de Journalisme qu’une agitée du dreyfusisme, Mme Dick May, avait installée là. Les Cahiers eurent une table, un espace réservé au premier étage. À côté des paperasses de Péguy, il y avait celles de Guieysse et de ses Pages libres. L’École de Dick May commença un voisinage qui dura longtemps. En octobre 1901, les Cahiers et les Pages libres, se déplaçant ensemble, s’installèrent, à vingt pas de l’École, dans une boutique dont une inscription rappelle aujourd’hui l’ancien emploi. La boutique, étroite et longue, fut divisée et cloisonnée. On ouvrait la porte : un couloir (plutôt un boyau) menait vers l’arrière boutique, où se tenait Guieysse : à gauche, une porte, et, franchie cette porte, il restait un petit espace qui était le domaine de Péguy. Sa boutique." (p. 102-103)

HANOTAUX (Gabriel).

Histoire de la France contemporaine (1871-1900).

P., Ancienne Librairie Furne, 1904-1908, 4 forts vol. gr. in-8°, xi-639, viii-707, 731 et viii-783 pp, un portrait de l'auteur en frontispice et 18 photos hors texte, brochés, qqs rousseurs, état correct

Complet. Tome I : Le gouvernement de M. Thiers ; Tome II : La présidence du maréchal de Mac Mahon. 1. L'échec de la monarchie ; Tome III : La présidence du maréchal de Mac Mahon. 2. La constitution de 1875 ; Tome IV : La République Parlementaire.

HANOTAUX (Gabriel).

Histoire de la France contemporaine (1871-1900).

P., Ancienne Librairie Furne, Combet et Cie, 1904-1908, 4 forts vol. gr. in-8°, xi-639, viii-707, 731 et viii-783 pp, un portrait de l'auteur en frontispice et 18 photos hors texte, reliures demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés (rel. de l'époque), dos lég. passés, bon état

Complet – I. Le gouvernement de M. Thiers ; II. La présidence du Maréchal de Mac Mahon. 1. L'échec de la monarchie ; III. La présidence du Maréchal de Mac Mahon. 2. La constitution de 1875 ; IV. La République parlementaire. — "M. G. Hanotaux a entrepris la tâche de raconter en quatre volumes l'Histoire de la France contemporaine, depuis 1871 jusqu'à nos jours. Par l'étendue de la documentation et la méthode critique employée, M. G. Hanotaux entend évidemment faire oeuvre d'historien au sens le plus élevé du mot. Il est par ailleurs visible, à certains artifices de forme et de composition, qu'il désire également intéresser le grand public. L'entreprise est considérable. Ancien ministre, historien distingué et académicien, M. Hanotaux réunit a priori un grand nombre des qualités qui peuvent en assurer le succès, et il est infiniment désirable qu'effectivement il réalise cette oeuvre si difficile et jusqu'ici si imparfaitement esquissée : l'histoire de nos trente ans de république. Il faut réserver, jusqu'à l'achèvement de l'édifice, un jugement sur son ensemble. Le premier volume, seul paru jusqu'ici, est sans contredit très supérieur aux ouvrages analogues qui ont été publiés sur le même sujet. Il contient, avec le gouvernement de M. Thiers. la fin de la guerre franco-allemande, les négociations de la paix, la Commune, la crise constitutionnelle, les débats de l'Assemblée nationale, la libération du territoire et s'arrête au 24 mai 1873. Outre les documents déjà connus, l'historien a eu à sa disposition un certain nombre de pièces inédites qui lui ont permis sinon de renouveler son sujet au moins d'y donner bon nombre de notes particulières. Bien qu'il montre contre Thiers une visible partialité, il faut louer l'effort généralement heureux accompli par l'écrivain pour porter sur des faits et des personnalités, qui touchent de si près les questions les plus brûlantes de notre vie actuelle, des jugements inspirés par une méthode objective. Puisse-t-il ne pas se départir de ces qualités lorsqu'il abordera l'étude d'événements encore plus proches de nous et par conséquent plus mêlés encore à nos passions !" (André Lichtenberger, Revue Historique, 1904)

HANOTAUX (Gabriel).

Histoire de la France contemporaine (1871-1900). I : Le Gouvernement de M. Thiers.

Ancienne Librairie Furne, Combet et cie, 1904, fort gr. in-8°, xi-639 pp, un portrait de l'auteur en frontispice et 4 photos hors texte, broché, qqs rousseurs, dos fendu recollé, sinon bon état

Tome I seul (sur 4) : La guerre. L'Assemblée nationale à Bordeaux. La Commune. Première crise constitutionnelle. Le traité de Francfort. — "M. Hanotaux parle de tous les partis sur un ton modéré qui contraste heureusement avec les formes violentes de certains écrivains conservateurs. Il parle même avec sang-froid de la Commune. Les jugements sur le caractère de Thiers, semés en différents passages, laissent apercevoir, à travers des formules de respect conventionnelles, un discernement clairvoyant des côtés mesquins du personnage. Ce livre porte encore quelques traces de l'éducation historique que M. H. a reçue il y a vingt ans. Malgré l'absence de bibliographie et le système rudimentaire des références, il semble qu'il a connu et examiné les principales sources allemandes sur les négociations de 1871. Son séjour aux Affaires étrangères se marque par une connaissance précise des relations entre les Etats dans cette crise. Son passage à la Chambre lui a ouvert l'esprit sur la nature des partis politiques français..." (Ch. Seignobos, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1903)

HANOTAUX (Gabriel).

Histoire de la France contemporaine (1871-1900). II : La présidence du maréchal de Mac Mahon. 1. L'échec de la monarchie.

Ancienne Librairie Furne, Combet et cie, 1906, fort gr. in-8°, viii-707 pp, 4 photos hors texte, broché, qqs rousseurs, dos fendu recollé, sinon bon état

Tome II seul (sur 4).

HAUSER (Henri), Jean MAURAIN, Pierre BENAERTS et Fernand L'HUILLIER.

Du libéralisme à l'impérialisme (1860-1878).

PUF, 1952, fort in-8°, 677 pp, deuxième édition, révisée et refondue, du volume paru sous le même titre en 1939, index, broché, couv. très lég. salie, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

"Entre la signature du traité de commerce franco-anglais et le congrès de Berlin, les événements importants ne manquent pas : la guerre de Sécession, Sadowa, la guerre franco-allemande et la Commune, Rome enlevée au pape et le concile du Vatican, les débuts de la troisième République... Au total, des pages fort attachantes, dont aucune n'est banale et dont beaucoup sont remarquables, un exposé à la fois dense et vivant des grandes questions qui se posèrent dans le monde entre 1860 et 1878, un tableau fort exact de l'état actuel de la science historique... Et l'on éprouve une mélancolie presque douloureuse à démêler la part de Jean Maurain, dont les travaux – sur la politique ecclésiastique du Second Empire (thèse, 1930) et sur Baroche (1936) – avaient été si remarqués et qui a disparu, dans l'été de 1938, victime d'un accident de montagne..." (Louis Villat, Revue d'histoire de l'Église de France) — "... Ce beau livre constitue un fleuron de plus serti dans la couronne des ouvrages qui honorent la mémoire de Halphen et de Sagnac, ces deux historiens enlevés trop tôt à la science française." (Frans van Kalken, Revue belge de philologie et d'histoire, 1954)

HAUSER (Henri), Jean MAURAIN, Pierre BENAERTS et Fernand L'HUILLIER.

Du libéralisme à l'impérialisme (1860-1878). Deuxième édition, révisée et refondue, du volume paru sous le même titre en 1939.

PUF, 1952, fort in-8°, 677 pp, index, broché, trace de mouillure, couv. défraîchie, état correct (Coll. Peuples et Civilisations)

HEIDENSTAM (O.-G. de).

Sven Hedin dans l'Asie centrale.

dans la Revue de Paris, 1897, gr. in-8°, 27 pp, broché, bon état

On trouve dans ce même numéro une étude sur les moeurs politiques et le Palais-Bourbon sous la Troisième République, par Léouzon Le Duc (La Chambre basse, 34 pp), des lettres de Lamennais à Montalembert (30 pp), des souvenirs du duc de Richelieu (Ma retraite du pouvoir, I, 22 pp), etc.

HUBERT (Louis-Lucien).

Ce qu'il faut connaître des grandes journées parlementaires de la IIIe République.

P., Boivin et Cie, 1928, in-12, 158 pp, broché, bon état

De Thiers à Boulanger : 19 épisodes devenus légendes. Par Lucien Hubert (1868-1938), homme de lettres et homme politique. L'homme politique, député des Ardennes puis sénateur du même département, se montre très actif dans le domaine des Affaires Étrangères, mettant son esprit caustique au service de ses idées. Républicain, radical, il reste attaché à l'Empire colonial français et à une conception traditionnelle d'une Europe "civilisatrice", même s'il se montre soucieux d'améliorer la situation des populations indigènes et de lutter contre les abus. Au-delà de l'action militaire et administrative dans les colonies, il met l'accent sur la diffusion de la langue et de la culture française. Pacifiste, il consacre beaucoup de son temps à l'Europe et à l'Allemagne. Il est délégué de la France à la Société des Nations puis ministre de la Justice pendant quelques mois, en 1929-1930.

JEANNENEY (Jean-Noël).

Leçon d'histoire pour une gauche au pouvoir. La faillite du Cartel, 1924-1926.

Seuil, 1977, in-8°, 151 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

"Un épisode trop oublié, mais très riche d'enseignement : le Cartel des gauches de 1924-1926." — "J.-N Jeanneney est un historien qu'une thèse récente sur François de Wendel a mis au rang des spécialistes les plus qualifiés de l'histoire de l'entre-deux-guerres, et notamment de ses aspects économiques et financiers. Cette étude des deux années pendant lesquelles le gouvernement de gauche (radical à soutien socialiste) présidé par Edouard Herriot s'est empêtré dans la crise du franc est donc parfaitement informée, très claire, elle se lit agréablement, et rendra de grands services. À une réserve près, peut-être. L'ouvrage met l'accent sur ce qui a mené le Cartel à la défaite, c'est-à-dire sur l'économie. Aussi est-il très sévère pour Edouard Herriot qui s'est montré, en cette matière, d'une inculture et d'un amateurisme également déplorables. Le mérite d'Herriot était ailleurs, il était dans l'authenticité et dans la fermeté du rappel des principes d'éthique générale et de politique pure : démocratie, laïcité, paix, droit international, etc. Or ceci est évidemment un peu minimisé dans l'ouvrage." (M. Agulhon, Annales ESC, 1979)

JEANNENEY (Jean-Noël).

Leçon d'histoire pour une gauche au pouvoir. La faillite du Cartel (1924-1926).

Seuil, 2003, in-8°, 176 pp, note sur les sources et la bibliographie, références, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. XXe siècle)

"Un épisode trop oublié, mais très riche d'enseignement : le Cartel des gauches de 1924-1926." — La première édition de ce livre remonte à 1977. A cette époque, chacun prévoyait, à juste titre, un prochain retour de la gauche au pouvoir, après vingt ans d'absence. Jean-Noël Jeanneney mit alors en lumière l'actualité étonnante d'une expérience ancienne : celle du Cartel des gauches, en 1924-1926. Il s'agissait, en réfléchissant sur une impuissance et des désillusions passées, d'aider le "parti du mouvement" à se prémunir contre une répétition de l'échec. Après la victoire de François Mitterrand en 1981, surgirent en effet de nombreux défis similaires : nécessité d'une promptitude dans l'action, dépendance de la politique étrangère envers la finance internationale, risque d'une revanche économique de la droite après sa défaite dans les urnes (le " mur de l'argent "), fuite des capitaux, perspective d'un impôt sur le capital, destin de l'école libre et défense de la laïcité... Un quart de siècle plus tard, la gauche ayant été longuement aux affaires, il est temps de reprendre le dossier à neuf. La leçon a-t-elle été utile ? Peut-elle encore servir ? L'auteur propose sa réponse dans une postface inédite. — "J.-N Jeanneney est un historien qu'une thèse récente sur François de Wendel a mis au rang des spécialistes les plus qualifiés de l'histoire de l'entre-deux-guerres, et notamment de ses aspects économiques et financiers. Cette étude des deux années pendant lesquelles le gouvernement de gauche (radical à soutien socialiste) présidé par Edouard Herriot s'est empêtré dans la crise du franc est donc parfaitement informée, très claire, elle se lit agréablement, et rendra de grands services. À une réserve près, peut-être. L'ouvrage met l'accent sur ce qui a mené le Cartel à la défaite, c'est-à-dire sur l'économie. Aussi est-il très sévère pour Edouard Herriot qui s'est montré, en cette matière, d'une inculture et d'un amateurisme également déplorables. Le mérite d'Herriot était ailleurs, il était dans l'authenticité et dans la fermeté du rappel des principes d'éthique générale et de politique pure : démocratie, laïcité, paix, droit international, etc. Or ceci est évidemment un peu minimisé dans l'ouvrage." (M. Agulhon, Annales ESC, 1979)

JUNOT (Michel).

J'ai connu trois Républiques.

Editions de Paris, 2008, in-8°, 430 pp, 21 pl. de photos et fac-similés hors texte, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état

Entré dans la carrière préfectorale à la fin de la IIIe République, Michel Junot en a gravi tous les échelons jusqu'à sa nomination de préfet sous la IVe République avant d'être élu député de Paris en 1958. Délégué de la France dans les Assemblées européennes, il y présida de 1959 à 1963 le Groupe libéral et la Commission des Nations non représentées. Élu en 1977 au Conseil de Paris, il devint le premier médiateur de la capitale. Il fut créateur en 1964 des premiers équipements de relais autoroutiers, puis président de la grande société Westinghouse Electric France qui réalisa l'équipement nucléaire français entre 1970 et 1977. Fort d'une longue et riche expérience, il porte un libre regard sur les principaux acteurs de la vie politique française, et l'évolution de notre société. Officier clandestin des Forces françaises libres, emprisonné par les Allemands en 1941, fondateur d'un réseau de renseignement et d'action, décoré de la Croix de guerre et de la Légion d'honneur pour services exceptionnels et de résistance, Michel Junot est commandeur de l'Ordre national et de plusieurs ordres étrangers.

KRAKOVITCH (Raymond).

Paul Reynaud dans la tragédie de l'histoire.

Tallandier, 1999, fort in-8°, 502 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, dos ridé, bon état

Dernier président du Conseil de la IIIe République, Paul Reynaud est au cœur du drame de mai-juin 1940 qui fit vivre à la France les heures les plus sombres de son histoire. Partisan de la poursuite des combats, il sera poussé à la démission par les défaitistes et notamment le maréchal Pétain que Reynaud avait pourtant appelé au gouvernement quelques mois plus tôt. Si le nom de Reynaud reste attaché à cet épisode tragique, il ne faut pas oublier qu'il traversa aussi la vie politique française du milieu du siècle en y occupant les plus hautes responsabilités. Ministre des Finances au moment de la crise des années trente et de la question cruciale des crédits militaires, ministre des Colonies à l'apogée de l'Empire français, il est le premier à saisir la justesse des analyses stratégiques de De Gaulle, prône une politique d'intransigeance vis-à-vis des dictatures et milite inlassablement pour un rapprochement avec l'Angleterre qui se manifeste notamment lors de l'expédition de Narvik où il décide avec Churchill de couper la route du fer aux Allemands. Interné puis déporté en Allemagne, il retrouve la vie politique dès 1945 et se fera alors l'ardent défenseur de la cause européenne. Ce monstre sacré de la politique n'avait fait l'objet jusque-là d'aucun travail de fond. Il faut dire que l'époque reste d'une grande complexité, le personnage comporte bien des zones d'ombre et son action au printemps 1940 demeure toujours controversée. Il y avait donc urgence à se pencher sur ce grand homme qui entraîne avec lui un demi-siècle de l'histoire du monde.

LECANUET (R. P. Edouard).

L'Eglise de France sous la troisième République.

Félix Alcan, 1930-1931, 4 vol. in-8°, vii-579, xxv-630, 616 et 735 pp, nouvelle édition, notes, index dans chaque volume, brochés, couv. lég. abîmée au tome 2, bon état

Complet — 1. Les dernières années du Pontificat de Pie IX (1870-1878) – 2. Les premières années du Pontificat de Léon XIII (1878-1894) – 3. Les signes avant-coureurs de la Séparation : les dernières années de Léon XIII et l'avènement de Pie X (1894-1910) – 4. La vie de l'Eglise sous Léon XIII. — "Ce livre [Les signes avant-coureurs de la Séparation] se rapporte à une période agitée de l'histoire des rapports de l'Eglise et de l'Etat. Après les années du ralliement, ce sont celles de l'affaire Dreyfus, des ministères Waldeck-Rousseau et Combes. L'objet essentiel du livre est la lutte contre les congrégations. C'est une suite d'événements dont l'importance pour les destinées de la France et de la République ne peut guère être exagérée. Parmi les traits dominants qui s'en dégagent, il y a d'abord la volonté très nette des républicains d'assurer dans tous les domaines la suprématie de l'Etat, et en particulier à l'égard de la religion : les uns penchent, sans grande résolution, vers la pacification intérieure ; les autres veulent continuer, par la lutte contre l'Eglise, l'effort d'émancipation de la Révolution. D'autre part, Léon XIII, désireux d'appuyer sur la France la politique de l'Eglise, s'efforce, avec les gouvernements successifs, de pratiquer une politique de conciliation ; mais, à l'intérieur de l'Eglise de France, des désaccords constants empêchent le succès de la politique pontificale et la collaboration avec les modérés. (...) L'auteur est d'une absolue bonne foi et d'une belle indépendance : il n'est que de lire, pour s'en convaincre, les deux chapitres relatifs à l'affaire Dreyfus, où le P. Lecanuet prend nettement parti pour l'innocence de Dreyfus. La documentation est abondante et ordinairement très précise : il y aurait peu d'observations à faire sous ce rapport ; il est bien écrit et composé. C'est une contribution remarquable à l'histoire et de l'Eglise et de la Troisième République." (E. Coornaert, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1931) — "Le quatrième volume de l'œuvre du P. Lecanuet est moins strictement ecclésiastique que son titre ne paraît l'indiquer. L'histoire de la presse catholique, du mouvement social et en particulier de la démocratie chrétienne, de l'Association catholique de la jeunesse française et du Sillon touchent de près à l'histoire politique ; l'exposé des initiatives catholiques en matière d'enseignement, des discussions suscitées par la question biblique, de l'affaire Loisy, des querelles philosophiques autour de l'Eglise et dans l'Eglise, de la controverse dite de l'américanisme sont du plus haut intérêt pour l'histoire des idées. Au fond, la question qui reste posée du commencement à la fin du livre est celle de savoir si et dans quelle mesure l'Eglise s'accordera avec la société moderne, si et dans quelle mesure elle restera elle-même. Comme le pontificat de Léon XIII a correspondu, pour l'Eglise de France, dans tous les domaines, à un effort tout à fait remarquable, mais souvent combattu, même de l'intérieur, par de vives oppositions, le livre offre le plus vif intérêt." (E. Coornaert, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1931) — "«L'Église de France sous la Troisième République : la vie de l'Église sous Léon XIII » du R. P. Lecanuet procure aux gens d'un certain âge le plaisir quelque peu mélancolique de revivre bien des événements, des controverses, des espérances et des déceptions. Il est très intéressant : par connaissance personnelle ou par d'abondantes lectures l'auteur a su bien des choses, il rappelle ou apprend beaucoup à ses lecteurs, et l'un est presque aussi instructif que l'autre. Là est son grand mérite. Le plan est simple et clair : traiter successivement les divers ordres de questions : la physionomie de l'épiscopat ( les évêques sont classés par ordre géographique) ; les œuvres de piété et la vie proprement religieuse ; la prédication ; la presse ; l'enseignement ; la question biblique ; le mouvement philosophique ; l'américanisme ; le mouvement social ; les associations de jeunes. Cette méthode offre le grand avantage qu'elle permet de trouver sans peine les renseignements précis dont on a besoin sur un sujet donné..." (E. Jordan, Revue d'histoire de l'Église de France, 1931) — "Le titre seul de cet ouvrage, comme le nom de l'auteur, disent assez par eux-mêmes l'intérêt puissant qui s'attache à ces pages et l'esprit qui les anime. L'historien de Montalembert n'a pas à se déjuger et les querelles qui peuvent lui être faites ne sauraient atteindre le fond même de son travail. (...) L'histoire que retrace le P. Lecanuet est tout à la fois singulièrement grande et étrangement mesquine..." (Albert Vogt, Revue d'histoire de l'Église de France)

LENGLOIS (Paul).

Vie et mort de Stavisky.

Denoël et Steele, 1934, in-12, 255 pp, broché, couv. illustrée (une photo de Stavisky en noir et blanc avec du sang rouge lui sortant de la tempe) lég. défraîchie, bon état

LOUBES (Olivier).

Jean Zay. L'inconnu de la République.

Armand Colin, 2012, gr. in-8°, 286 pp, 16 photos dans le texte, sources et biblio, chronologie, broché, couv. illustrée, manque la page de titre, bon état

Malgré une reconnaissance croissante, Jean Zay, le très jeune ministre de l'Education nationale et des beaux-arts de Léon Blum, reste un homme politique méconnu, une figure républicaine inconnue. Pourtant, son ouvre de réformateur est exceptionnelle (démocratisation scolaire, ENA, CNRS, festival de Cannes...), et fait de lui le Jules Ferry du Front populaire. Quant à son emprisonnement dès 1940 puis son assassinat par des miliciens en 1944, ils en font le Dreyfus de Vichy. Ce livre s'attache à combler l'écart entre une vie remarquable et une mémoire partielle, afin de donner à lire et à comprendre un parcours de républicain emblématique par son action et par la haine qu'il suscita. Aujourd'hui, alors que la référence aux "valeurs républicaines" est fréquente, mais ne dépasse souvent pas le stade de l'invocation, Jean Zay permet de répondre, historiquement, à la question dont dépend notre avenir : "Que signifie vivre en République ? Rien, sans engagement républicain".

LOUBES (Olivier).

L'école et la patrie. Histoire d'un désenchantement, 1914-1940.

Belin, 2001, gr. in-8°, 221 pp, notes, biblio, index, broché, bon état (Coll. Histoire de l'éducation)

"Le procès de l'école est souvent instruit en période de crise militaire ou sociale : comme un Renan célébrant en 1871 les qualités du maître prussien, Marc Bloch s'interroge sur les responsabilités des instituteurs français dans la débâcle de 1940. Pour ce qui est de l' «étrange défaite», cette question exige qu'on se reporte au traumatisme de la Grande Guerre ; car si les instituteurs ont été trop pacifistes en 40, c'est peut-être qu'ils se reprochaient d'avoir été trop patriotes en 14. Olivier Loubes se propose d'éclairer les rapports torturés qu'entretiennent l'école et la patrie dans l'entre-deux-guerres. Grâce à une documentation originale où se mêlent les cahiers d'élèves, les livres de lecture, les instructions officielles, les débats parlementaires et les archives privées (celles de Jean Zay notamment), il explique comment les instituteurs devenus pacifistes ont continué à fabriquer « d'excellents Français». Écœurés par la guerre et la mort de masse patriotique, les maîtres n'en ont pas moins assuré la francisation et la républicanisation des enfants..." (Ivan Jablonka, Histoire, économie & société, 2002)

LOUIS (Paul).

Histoire du socialisme en France, de la Révolution à nos jours, 1789-1936.

P., Marcel Rivière, 1936, in-8°, 438 pp, troisième édition revue et augmentée, 25 portraits dans le texte, biblio, index, broché, bon état

"La troisième édition, revue, et mise à jour jusqu'au lendemain de 1936, d'un bon manuel, modéré dans son format, aisé dans son écriture. Rappelons que ses douze chapitres conduisent agréablement le lecteur du XVIIIe siècle et de son idéologie jusqu'au temps présent, aux divisions du prolétariat entre communisme et socialisme, et à l'effort du regroupement âprement poursuivi par des militants conscients. Courtes bibliographies en fin de chapitre. Un effort d'objectivité constant. Peut-être un certain manque d'équilibre dans la conception d'ensemble : la moitié du livre est consacrée aux temps antérieurs à la Commune (214 pages) ; la Commune elle-même occupe 30 pages ; il ne reste que 184 pages pour la formation des partis socialistes, les recherches de l'unité ouvrière, la vie antérieure du socialisme de l'unification à la guerre de 1914, et la période, si troublée, de l'après-guerre. C'est suffisant. Mais on aimerait peut-être, sur certains événements et surtout sur certains courants proches de nous, un peu plus de détails. Par exemple, le mouvement syndicaliste révolutionnaire, si puissant jadis, n'est l'objet que d'une courte note de quatre lignes (p. 293) – et se voit identifié, un peu vite peut-être, avec la personnalité de Sorel." (Lucien Febvre, Annales d'histoire sociale, 1939)

LÉOUZON LE DUC.

La Chambre basse.

dans la Revue de Paris, 1897, gr. in-8°, 34 pp, broché, bon état

Etude sur les moeurs politiques et le Palais-Bourbon sous la Troisième République. On trouve dans ce même numéro des lettres de Lamennais à Montalembert (30 pp), des souvenirs du duc de Richelieu (Ma retraite du pouvoir, I, 22 pp), une étude sur Sven Hedin dans l'Asie centrale, par O.-G. de Heidenstam (27 pp), etc.

MIRMAN (Léon).

La Route Nationale.

Fayard, 1934, gr. in-12, 283 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 40 ex. numérotés sur vélin de Rives à grandes marges

Par Léon Mirman (1865-1941), ancien député de gauche et ancien haut-fonctionnaire devenu royaliste et adhérent à l'Action française en 1933, à l'âge de 68 ans. “La Route Nationale” est celle qui conduit à la monarchie et que l'auteur recommande. C'est l'exposé de l'itinéraire politique qui l'a conduit des convictions républicaines de son enfance, de son adolescence et des premières années de sa vie politique, à une adhésion spectaculaire aux thèses de l'Action française.

MOUY (Charles de).

Souvenirs et causeries d'un diplomate (1870-1891).

Plon, 1909, in-8°, iii-398 pp, 2e édition, broché, dos fendu, C. de bibl., intérieur propre, état correct. Peu courant

L'auteur (1834-1922) diplomate et littérateur, critique littéraire, fut aussi rédacteur des affaires politiques au Ministère des Affaires étrangères. — "M. de Mouy termina en 1888, comme ambassadeur auprès du Quirinal, une rapide carrière diplomatique, commencée en 1865 à Paris, poursuivie ensuite dans les bureaux du quai d'Orsay, à la délégation de Tours, au congrès de Berlin et à la légation d'Athènes. Il retrace aujourd'hui les principaux épisodes de sa vie active, que l'on peut classer sous trois chefs : 1) Souvenirs politiques (chapitres I-VIII), sur l'œuvre de la délégation de Tours (1870), sur les péripéties du congrès de Berlin (1878), sur les accroissements territoriaux et les ambitions impatientes de la Grèce entre 1880 et 1886, enfin sur les premières difficultés que la formation de la Triple Alliance et l'avènement au pouvoir de M. Crispi firent surgir entre la France et l'ltalie (1886-1888). Sans apporter sur ces événements de révélations inattendues, l'auteur les résume avec clarté, y ajoute des scènes « vécues », remet en lumière certaines figures trop oubliées (Chaudordy ou Saint-Vallier) et trace des portraits vivement brossés des grands hommes d'État qu'il a approchés (Bismarck ou Crispi). Ses récits sont toujours clairs et attachants. – 2) Des souvenirs de voyages (chap. VIII-X) autour du Péloponèse, dans la région thébaine et dans les Cyclades. On y retrouve les qualités brillantes et le talent de description de l'auteur. – 3) Enfin des considérations théoriques (chap. XI-XIII). L'auteur n'a pas voulu clore ses impressions sans en tirer la moralité. Il a résumé son expérience des hommes et des choses dans deux chapitres où il trace, sans préoccupation de personnes, le portrait de l'ambassadrice modèle et du ministre des affaires étrangères tel qu'il devrait être. Il reste à souhaiter que ce type idéal puisse être un jour réalisé." (L. Tarcenay, Revue des Questions historiques, 1910)

NÉRÉ (Jacques).

La Troisième République, 1914-1940.

Armand Colin, 1965, in-12, 221 pp, biblio, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Armand Colin), envoi a.s. à l'historien Lucien Genet

"Une synthèse claire, équilibrée, des recherches spécialisées sur l'histoire de la France depuis la guerre de mouvement de 1914 jusqu'au coup de force légal du 10 juillet 1940. Ce livre ne demeure pas strictement politique : le chapitre IV est consacré à la vie économique et à la société, le chapitre V à l'Outre-Mer. Il est néanmoins rythmé par les grands événements : La Grande Guerre, la liquidation de la première guerre (1919-1924), Retour à la normale ? (1924-1932), puis viennent l'ébranlement (1933-1936), le Front Populaire, la Chute..." (Revue du Nord, 1969)

PAUL-BONCOUR (Joseph).

Entre deux guerres. Souvenirs sur la IIIe République. III. Sur les chemins de la défaite, 1935-1940.

Plon, 1946, in-8°, 330 pp, 8 photos et un fac-similé hors texte, broché, bon état, bel envoi a.s.

Tome III seul (sur 3).

PAUL-BONCOUR (Joseph).

Entre deux guerres. Souvenirs sur la IIIe République. I. Les luttes républicaines, 1877-1918.

Plon, 1945, in-8°, vi-297 pp, 10 gravures hors texte, broché, papier lég. jauni, bon état

Premier tome (sur 3) des souvenirs du socialiste atypique Joseph Paul-Boncour (1873-1972), écrits de 1940 à 1942. Il fut député (entre 1909 et 1931), sénateur (de 1931 à 1941) et ministre (en 1911, puis de 1932 à 1938), et fit partie des quatre-vingt parlementaires qui ne votèrent pas les pleins pouvoirs à Pétain. Tout ce qui concerne Waldeck-Rousseau et Clemenceau est intéressant. — Docteur en droit et avocat, Paul-Boncour fut secrétaire particulier du président Waldeck-Rousseau de 1899 à 1902. Deux ans plus tard, il devient directeur de cabinet de René Viviani, socialiste proche de Jean Jaurès, qui a refusé d'adhérer à la SFIO et devient le premier ministre du Travail français, en 1911. Il commence sa carrière parlementaire comme député de Loir-et-Cher, élu lors d'une élection partielle en janvier 1909, réélu aux élections générales de 1910. Toujours hésitant face à la SFIO, il préfère adhérer au Parti républicain-socialiste. En 1914, il perd son siège de député, puis s'engage dans l'armée française, pendant toute la Première Guerre mondiale... — « Je ne dis rien qui ne soit exact. Mais je ne le dis pas avec indifférence. » (J. Paul-Boncour)

PELLETAN (Eugène).

Le 4 Septembre devant l'enquête.

P., Pagnerre, 1874, in-12, 339 pp, appendice, reliure demi-basane noire, dos lisse, titres et filets dorés (rel. de l'époque), bon état

La pensée politique d’Eugène Pelletan (1813-1884) illustre la richesse de l’idéologie républicaine française durant la seconde moitié du XIXe siècle. — "L'Assemblée a ordonné une enquête sur la délégation du gouvernement de la Défense en province. Une commission nommée à cet effet opère, dans l'ombre, depuis trois ans, sur ce thème, sans doute inépuisable, car l'enquête toujours béante, comme la bouche de fer, fonctionne encore ; elle informe, elle amasse, elle libelle, et de temps à autre elle rédige un réquisitoire qu'elle appelle un rapport. Le décret disait: délégation du gouvernement en province, la commission a conclu que province signifiait Paris et c'est sur le gouvernement de Paris qu'elle a porté tout l'effort de l'enquête. Elle a usurpé de son autorité privée un mandat que l'Assemblée lui avait expressément refusé. Le comte Napoléon Daru dirige l'atelier et distribue le travail. Ministre de l'empire, il avait procréé le plébiscite ; le plébiscite avait engendré la guerre ; et aujourd'hui le comte Napoléon Daru, juge et partie dans sa propre cause, appelle à sa barre une révolution qui a eu tout au moins le tort de déranger sa carrière d'homme d'État. Si nous aussi nous nous laissions aller à l'esprit de rancune, si nous aimions rendre injure pour injure, nous n'en trouverions pas de plus cruelle contre le comte Napoléon Daru que sa conduite dans cette circonstance. Mais qu'est-ce donc que cette enquête ? Comment est-elle faite ? ..."

PEYRARD (Jean).

La Loi des Caciques. La vie et la mort de Philibert Besson, député du Velay rebelle.

Limoges, Editions René Dessagne, s.d. (1979), in-8°, 202 pp, 12 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. illustrée, traces de scotch sur les gardes, bon état

Biographie de Philibert Besson (1898-1941), député anticonformiste de la Haute-Loire de 1932 à 1935. — "Philibert Besson fut élevé par sa mère, veuve, dentellière dans un petit village de la Haute-Loire, Après des études brillantes, il s'engagea à 17 ans. Plusieurs fois blessé, prisonnier puis évadé, il termina la guerre comme lieutenant d'artillerie. Ingénieur électricien (Institut électrotechnique de Grenoble) et Ingénieur mécanicien (Ecole de mécanique de Paris) il commença une carrière d'officier de marine marchande puis, à la suite d'incidents divers, y renonça et revint dans la Haute-Loire où il se lança dans la politique. Elu maire puis conseiller d'arrondissement de Vorey, il se présenta comme indépendant aux élections générales des 1er et 8 mai 1932, dans la première circonscription du Puy. Il fut élu au second tour de scrutin, avec 8.511 voix sur 14.876 votants. Au Palais-Bourbon, Philibert Besson ne s'inscrivit à aucun groupe, ne fit partie d'aucune commission, mais n'en déploya pas moins une très grande activité. Premier interpellateur du Gouvernement – il l'avait promis à ses électeurs – il exposa les moyens propres à conjurer la crise économique, qui, ayant un caractère universel devait donc avoir, selon lui, une solution universelle. Sur les catastrophes du Georges-Philippar et de l'Atlantique (1932-1933) il développa des idées que, par la suite, partagèrent nombre d'experts. Il dénonça avec vigueur « les vautours du trust de l'électricité » (1932) qui produisent de l'électricité à bon marché mais la vendent fort cher. Il s'occupa d'un certain nombre d'affaires qui défrayèrent la chronique (Stavisky, Prince, etc.). Ayant sur tous les problèmes des idées très personnelles, il se trouva rapidement en conflit avec plusieurs de ceux-là même qui avaient contribué à le faire élire. En lutte contre les autorités constituées de la Ville du Puy, il eut notamment maille à partir avec la magistrature et les gens du barreau. Condamné par le tribunal du Puy en 1932, il fut déchu de son mandat par la Chambre des Députés le 7 mars 1935, après que la Cour de Cassation ait, en 1934, rendu définitive la condamnation prononcée en première instance. Le débat donna lieu à une passe d'armes entre, d'une part, le Gouvernement et sa majorité et, d'autre part, l'extrême gauche (Renaud Jean) et l'extrême droite (Xavier Vallat, Amidieu du Clos) qui, pour des raisons différentes, insistaient sur le fait que le cas de Philibert Besson était peu important à côté de celui des parlementaires compromis dans l'affaire Stavisky pour lesquels, selon eux, les décisions de justice tardaient trop à intervenir. Plusieurs orateurs, dont le Rapporteur M. Paul Ramadier, firent allusion à l'état mental de l'intéressé. Philibert Besson prononça pour sa défense un long discours à la fois technique (il développa une critique en règle de la politique financière de déflation), pathétique (il évoqua sa mère mourante, les forces obscures qui luttaient contre lui), et incohérent (il décrivit les multiples tentatives d'assassinat dont, selon lui, il était incessamment l'objet). Il mourut à Riom (Puy-de-Dôme) le 16 mars 1941." (Jean Jolly, Dictionnaire des parlementaires français, 1889-1940)

PISANI-FERRY (Fresnette).

Le Coup d'Etat manqué du 16 mai 1877.

Laffont, 1965, in-8°, 334 pp, préface d'Edgar Faure, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, couv. illustrée à rabats, bon état

Intéressante étude. L'auteur, petite-nièce de Jules Ferry, a eu accès à des sources inédites, comme les "Souvenirs" du maréchal de Mac-Mahon. — "L'auteur, petite-nièce de Jules Ferry, fait de la célèbre crise un récit vivant, exact et documenté qu'on suit sans lassitude. Elle possède bien la documentation de son sujet. Elle a eu communication des souvenirs de Mac-Mahon, mais elle n'a pu trouver la partie des mémoires d'Albert de Broglie, touchant cette période. Disparition bien regrettable et qu'on souhaite temporaire. Par contre, elle cite la presse de l'époque avec à-propos. Le livre montre bien la réapparition du personnel bonapartiste avec ses procédés de violence et de répression, contenus toutefois par Broglie dans les limites d'une légalité encore très dure et aussi l'efficacité, le réalisme de la réponse républicaine. Les adversaires du coup d'État savent assurer leur cohésion, des radicaux au centre gauche ; du moins jusqu'à la victoire. On n'en saurait dire autant de leurs adversaires ; les orléanistes sont très vite réticents et les légitimistes font bande à part. Une centaine de pages retracent d'abord la tentative de restauration monarchique de 1873 d'où sort le septennat. Puis rien n'est dit sur les années 1874 et 1875. Il en résulte que l'action bonapartiste est sous-estimée : l'ouvrage souffre ici d'un défaut de composition. M. Edgar Faure, qui réintroduisit la dissolution dans la vie politique française, donne dans sa préface quelques réflexions et comparaisons qui lui furent demandées par la « malice amicale » de l'auteur. Des illustrations complètent le volume et ajoutent à son attrait." (Louis Girard, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1966)

PRIOURET (Roger).

La République des Députés. Postface de André Siegfried.

Grasset, 1959, in-8°, 266 pp, broché, bon état

PRIVAT (Maurice).

Pierre Laval.

P.-Neuilly, Les Documents Secrets, 1931, in-12, 236-52 pp, reliure demi-percaline rouge, pièce de titre basane havane, dos lisse orné d'un fleuron, double filet et date dorés en queue, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), bon état

La première biographie de Pierre Laval, pas si courante... Qui se souvient que Laval fut le plus célèbre des « jeunes-dreyfusards »... — Maurice Privat (1889-1949) avait débuté en tant que secrétaire de Raymond Poincaré et celui-ci, alors qu’il était Président du Conseil, lui offrit en janvier 1924 le droit d’organiser les premiers programmes de radio à partir de l’émetteur de la Tour Eiffel qui avait été jusque là réservé à des fins militaires. Dans le cadre de cette activité, il vendit notamment des « tranches publicitaires » à l'escroc Stavisky. Dans les mêmes années , il crée une maison d'édition, intitulée “Les Documents secrets”, où il publie ses propres enquêtes : la prostitution au Maroc (“Vénus au Maroc”), les origines du Milieu marseillais (“Bandits Corses”), les affaires Hanau (“Marthe Hanau : haute finance, basse justice”), Oustric (“Oustric et Cie”), Seznec (“Seznec est innocent”), etc. Ami proche de Pierre Laval, mais aussi son astrologue, il publie en 1935 une biographie favorable à l’homme politique. Il lui restera fidèle après 1945, puisqu’il lui consacrera un deuxième ouvrage en 1948.

PRIVAT (Maurice).

Pierre Laval.

P.-Neuilly, Les Documents Secrets, 1931, in-12, 236-52 pp, reliure demi-basane noire, dos à 5 nerfs, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

La première biographie de Pierre Laval, pas si courante... Qui se souvient que Laval fut le plus célèbre des « jeunes-dreyfusards »... — Maurice Privat (1889-1949) avait débuté en tant que secrétaire de Raymond Poincaré et celui-ci, alors qu’il était Président du Conseil, lui offrit en janvier 1924 le droit d’organiser les premiers programmes de radio à partir de l’émetteur de la Tour Eiffel qui avait été jusque là réservé à des fins militaires. Dans le cadre de cette activité, il vendit notamment des « tranches publicitaires » à l'escroc Stavisky. Dans les mêmes années , il crée une maison d'édition, intitulée “Les Documents secrets”, où il publie ses propres enquêtes : la prostitution au Maroc (“Vénus au Maroc”), les origines du Milieu marseillais (“Bandits Corses”), les affaires Hanau (“Marthe Hanau : haute finance, basse justice”), Oustric (“Oustric et Cie”), Seznec (“Seznec est innocent”), etc. Ami proche de Pierre Laval, mais aussi son astrologue, il publie en 1935 une biographie favorable à l’homme politique. Il lui restera fidèle après 1945, puisqu’il lui consacrera un deuxième ouvrage en 1948.

RAMBAUD (Alfred).

Jules Ferry.

Plon, 1903, in-8°, xxviii-553 pp, broché, très bon état. Peu courant

"Une biographie de Jules Ferry n'était pas sans présenter des difficultés : d'abord l'étendue du sujet, il est impossible de séparer la vie de Ferry de l'histoire du parti républicain de 1863 à 1893 ; ensuite le plan. Le plan chronologique est le moins artificiel et le plus critique, mais à présenter de front les réformes scolaires, la politique extérieure et coloniale, les luttes parlementaires de Ferry, à les disséminer sur un grand nombre d'années au lieu de les grouper, ne risquerait-on pas de perdre de vue les idées directrices de Ferry, ou de ne les suivre que malaisément dans un récit chargé de faits et forcément un peu confus ? Reste enfin la difficulté de juger en historien des événements trés rapprochés de nous et pour lesquels nous nous passionnons encore..." (P. Muret, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1906)

REYNAUD (Paul).

Mémoires. 1. Venu de ma montagne. – 2. Envers et contre tous, 7 mars 1936 - 16 juin 1940.

Flammarion, 1960-1963, 2 vol. in-8°, 507 et 513 pp, 24 pl. de photos et 2 cartes dépliantes hors texte (bataille navale de Narvik et offensive de mai-juin 1940), qqs caricatures de l'époque reproduites dans le texte, documents en annexes, brochés, couv. illustrées, bon état, envoi a.s. sur chaque volume

Complet – "La première partie des mémoires de P. R. fait une large part à l'ascension politique du villageois né le 15 octobre 1878 à Barcelonnette. Devenu le brillant député et l'éloquent homme d'Etat que l'on sait, P. R. évoque ses luttes contre les chefs du Cartel de 1924 à 1928, contre la politique de rapprochement franco-italien menée par Pierre Laval, ses efforts pour imposer la dévaluation redoutée, ou l'armée de métier du colonel de Gaulle... Pour expliquer la solitude politique à laquelle il a toujours été condamné, P. R. conclut : « En face des problèmes d'entre les deux guerres, plaire aux Français, c'était nuire à la France ». L'ouvrage, qui n'évite pas à certains moments la polémique, est une contribution importante à l'histoire de la IIIe République à son déclin." (Revue française de science politique, 1961) — "L’an dernier, à l’âge de 82 ans, le président Paul Reynaud a entrepris la publication de ses mémoires, avec une verve, une fraîcheur, une jeunesse qui ne se démentent jamais tout au long de ce fort volume, qui nous mène de l’enfance du futur Président du conseil à la rentrée politique du Front populaire en juin 1936. On l’y voit élève à Bossuet, Louis-le-Grand, aux Hautes études commerciales (HEC) et à l’École de Droit, faire le tour du monde en 1906, puis jeune avocat, député de Grasse à la Chambre Bleu-Horizon, battu en 1924, mais réélu à Paris en 1926 ; devenir ministre des Finances d’André Tardieu en 1930, ministre des Colonies de Pierre Laval en 1931, se spécialiser dans les affaires financières, et, à partir de 1933, mener « une longue bataille » en faveur de la dévaluation monétaire. Récit toujours vivant, coloré, à l’occasion combatif, émaillé de savoureux portraits d’hommes politiques, Briand, Poincaré, Loucheur parmi d’autres. Le lecteur de la RDN s’intéressera particulièrement au chapitre intitulé « ma longue bataille pour le corps cuirassé de de Gaulle » (p. 420-442), – « un haut lieutenant-colonel… d’une tranquille assurance qui confirmait le regard de ses yeux bruns profondément enchâssés dans leurs orbites », – un lieutenant-colonel qui, sans une intervention personnelle auprès de Daladier, aurait probablement été irrémédiablement rayé du tableau d’avancement... De pareils mémoires présentent toujours pour l’historien l’intérêt de saisir leur auteur sur le vif, et, de lui donner matière à d’éventuelles confrontations. Ceux-ci ne font pas exception à la règle. Ils se terminent sur une note de mélancolie : « Dans toutes mes batailles parlementaires, j’ai été seul. Pourquoi ? Ah ! si j’avais été soutenu par l’un ou l’autre des chefs de parti. Mais ne dois-je pas m’en prendre à moi-même ? Rôle ingrat que celui de Cassandre... L’illusion de trop croire au pouvoir de la raison a-t-elle été la faute que j’ai commise ? » On devine avec quel intérêt nous attendons le second tome des mémoires du président Reynaud, qui nous montrera Cassandre au pouvoir." (H. M., Revue de Défense nationale, 1961)

ROUSSET (Lt-Colonel).

Trente ans d'histoire 1871-1900. Histoire générale de la France de la Troisième République. Tome I : La République conservatrice, 1871-1875.

P., Librairie illustrée Jules Tallandier, s.d. (1912), in-4°, 320-x pp, 20 planches en noir et en couleurs hors texte, 134 tableaux et dessins (par Lix, Pils, Robida, Vierge, etc.), 110 portraits, 76 scènes diverses, monuments, cartes et autographes dans le texte, reliure demi-chagrin vert, dos lisse orné, plats percaline vert bouteille décorés de fers dorés, tranches rouges (reliure de l'éditeur), bon état

Tome I seul (sur 3). Très riche iconographie en noir et en couleurs : Livre I. La Paix (pp. 1-29) ; II. La Commune (pp. 30-112) ; III. La Libération du Territoire (pp. 113-197) ; IV. L'« Ordre Moral » (pp. 198-279) ; V. La Constitution de 1875 (pp. 280-320). — "Premier volume d'une « Histoire de la France de la Troisième République » par le grand spécialiste de l'histoire de la guerre franco-allemande, qui fut officier de l'armée de Versailles. Naturellement hostile à l'insurrection, l'ancien député de la Meuse consacre à la Commune le livre II avec les habituelles exagérations réactionnaires (« les troupeaux de femmes un seau de pétrole à la main »)..." (Le Quillec, 4076)

ROUSSET (Lt-Colonel Léonce).

Trente ans d'histoire 1871-1900. Histoire générale de la France de la Troisième République.

P., Librairie illustrée Jules Tallandier, s.d. (1912-1921), 3 vol. in-4°, 320, 336 et 280 pp, très riche iconographie en noir et en couleurs : grands faits historiques, commémorations, fêtes, allégories, batailles et expéditions coloniales, portraits des célébrités politiques, militaires, littéraires, artistiques et scientifiques, cartes et plans hors texte : en tout 52 tableaux et portraits hors texte, 396 tableaux et dessins (par Lix, Pils, Robida, Vierge, etc.), 433 portraits, 217 scènes diverses, monuments, cartes et autographes dans le texte, reliures demi-chagrin vert, dos lisses ornés, plats percaline vert bouteille décorés de fers dorés, tranches rouges (reliure de l'éditeur), très bon état

ROUX (Marquis de).

Origines et fondation de la Troisième République.

Grasset, 1933, fort in-12, 400 pp, index, broché, bon état

RUBY (Marcel).

La Vie et l'oeuvre de Jean Zay. (Thèse).

P., Chez l'Auteur, 1969, in-8°, 509 pp, préface de Jacques Droz, 18 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, bon état

Thèse sur le ministre de l'Education Nationale du Front populaire, député à 27 ans, ministre à 31 ans, prisonnier politique à 36 ans, assassiné à 39 ans... L'auteur a eu accès aux papiers que lui a transmis Madame Jean Zay et aux archives de son plus proche collaborateur, Marcel Abraham. ; "D'origine juive et de souche alsacienne, élevé à Orléans dans la religion protestante, franc-maçon, militant du Parti radical socialiste, Jean Zay fut ministre de l'Education nationale et des Beaux-Arts à 27 ans, et le resta du 5 juin 1936 au 10 septembre 1939, date à laquelle il donna sa démission pour être incorporé sous les drapeaux. M. R. retrace en détail les étapes de sa brillante carrière et son activité débordante : projets de réforme de l'enseignement, législation sur les droits d'auteur, projets de création de l'Ecole nationale d'administration et du Centre national de la recherche scientifique, etc. Le dernier chapitre décrit l'arrestation de Jean Zay en août 1940 à la suite de « l'affaire du Massilia », son emprisonnement et son assassinat, le 12 juin 1944." (Revue française de science politique, 1972)

SAMNÉ (Dr. George).

Raymond Poincaré. Politique et personnel de la IIIe République.

P., Les Œuvres Représentatives, 1933, in-8°, 394 pp, lettre-préface de M. Edouard Herriot, un portrait du président Poincaré par Georges Tcherukine en couverture et 104 photographies hors texte, index, reliure demi-basane havane, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état

"Ce n'est pas une biographie de M. Poincaré qu'a voulu écrire le docteur Samné : on ne découvre pas M. Poincaré. C'est une étude sur la politique et le personnel de la troisième République. La carrière de M. Poincaré a commencé de bonne heure. Il est chef de cabinet de Develle à l'Agriculture en 1886, à vingt-cinq ans. Il est député en 1887, ministre de l'Instruction publique en 1893. Son portrait à cette date explique qu'on l'ait pris à son arrivée rue de Grenelle pour le président d'une association d'étudiants. Il a vu de près, pour ses débuts, les coulisses du boulangisme, l'affaire du Panama et; depuis il a vécu, on peut le dire, toute l'histoire de France pendant quarante ans. Suivre son rôle, c'est prendre un fil conducteur à travers toute l'histoire de la troisième République. Comme l'écrit à l'auteur M. Herriot dans sa lettre-préface :« Autour d'une personnalité de cette importance, vous retracez toute une époque de notre histoire. » Et quelle époque ! Il y a cent quatre photographies hors texte dans le volume. Chacun de ces portraits physiques est accompagné d'un portrait psychologique. Quand l'auteur ne le trace pas lui-même, il nous en fournit les éléments. De Thiers à M. Albert Lebrun, de Gambetta à Clemenceau, on peut dire que le personnel de la.troisième République est au complet. M. Herriot, M. Tardieu, M. Léon Blum, M. Daladier ferment la liste. Parmi les publicistes, Léon Daudet fait le pendant de Rochefort, Arthur Meyer voisine avec Drumont. Au total, le volume de M. Samné est une mine d'informations. Son ouvrage est en partie un témoignage, il est exact dans le récit, vivant dans les impressions." (A. Albert-Petit, La Revue de Paris, 1933)

SAMNÉ (Dr. George).

Raymond Poincaré. Politique et personnel de la IIIe République.

P., Les Œuvres Représentatives, 1933, in-8°, 394 pp, lettre-préface de Edouard Herriot, un portrait du président Poincaré par Georges Tcherukine en couverture et 104 photographies hors texte, index, broché, couv. illustrée, dos sali, bon état. Edition originale, un des 330 ex. numérotés sur Alfa

"Ce n'est pas une biographie de M. Poincaré qu'a voulu écrire le docteur Samné : on ne découvre pas M. Poincaré. C'est une étude sur la politique et le personnel de la troisième République. La carrière de M. Poincaré a commencé de bonne heure. Il est chef de cabinet de Develle à l'Agriculture en 1886, à vingt-cinq ans. Il est député en 1887, ministre de l'Instruction publique en 1893. Son portrait à cette date explique qu'on l'ait pris à son arrivée rue de Grenelle pour le président d'une association d'étudiants. Il a vu de près, pour ses débuts, les coulisses du boulangisme, l'affaire du Panama et depuis il a vécu, on peut le dire, toute l'histoire de France pendant quarante ans. Suivre son rôle, c'est prendre un fil conducteur à travers toute l'histoire de la troisième République. Comme l'écrit à l'auteur M. Herriot dans sa lettre-préface :« Autour d'une personnalité de cette importance, vous retracez toute une époque de notre histoire. » Et quelle époque ! Il y a cent quatre photographies hors texte dans le volume. Chacun de ces portraits physiques est accompagné d'un portrait psychologique. Quand l'auteur ne le trace pas lui-même, il nous en fournit les éléments. De Thiers à M. Albert Lebrun, de Gambetta à Clemenceau, on peut dire que le personnel de la troisième République est au complet. M. Herriot, M. Tardieu, M. Léon Blum, M. Daladier ferment la liste. Parmi les publicistes, Léon Daudet fait le pendant de Rochefort, Arthur Meyer voisine avec Drumont. Au total, le volume de M. Samné est une mine d'informations. Son ouvrage est en partie un témoignage, il est exact dans le récit, vivant dans les impressions." (A. Albert-Petit, La Revue de Paris, 1933)

SAMNÉ (Dr. George).

Raymond Poincaré. Politique et personnel de la IIIe République.

P., Les Œuvres Représentatives, 1933, in-8°, 394 pp, préface de Edouard Herriot, un portrait du président Poincaré par Georges Tcherukine en couverture et 104 photographies hors texte, index, reliure demi-chagrin bordeaux, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, 1er plat de couv. illustré conservé, bon état

"Ce n'est pas une biographie de M. Poincaré qu'a voulu écrire le docteur Samné : on ne découvre pas M. Poincaré. C'est une étude sur la politique et le personnel de la troisième République. La carrière de M. Poincaré a commencé de bonne heure. Il est chef de cabinet de Develle à l'Agriculture en 1886, à vingt-cinq ans. Il est député en 1887, ministre de l'Instruction publique en 1893. Son portrait à cette date explique qu'on l'ait pris à son arrivée rue de Grenelle pour le président d'une association d'étudiants. Il a vu de près, pour ses débuts, les coulisses du boulangisme, l'affaire du Panama et; depuis il a vécu, on peut le dire, toute l'histoire de France pendant quarante ans. Suivre son rôle, c'est prendre un fil conducteur à travers toute l'histoire de la troisième République. Comme l'écrit à l'auteur M. Herriot dans sa lettre-préface :« Autour d'une personnalité de cette importance, vous retracez toute une époque de notre histoire. » Et quelle époque ! Il y a cent quatre photographies hors texte dans le volume. Chacun de ces portraits physiques est accompagné d'un portrait psychologique. Quand l'auteur ne le trace pas lui-même, il nous en fournit les éléments. De Thiers à M. Albert Lebrun, de Gambetta à Clemenceau, on peut dire que le personnel de la.troisième République est au complet. M. Herriot, M. Tardieu, M. Léon Blum, M. Daladier ferment la liste. Parmi les publicistes, Léon Daudet fait le pendant de Rochefort, Arthur Meyer voisine avec Drumont. Au total, le volume de M. Samné est une mine d'informations. Son ouvrage est en partie un témoignage, il est exact dans le récit, vivant dans les impressions." (A. Albert-Petit, La Revue de Paris, 1933)

SAUVY (Alfred).

Histoire économique de la France entre les deux guerres. 3. Divers sujets.

Fayard, 1972, in-8°, 467 pp, avec la collaboration d'Anita Hirsch et d'autres auteurs, 6 figures, 3 cartes, index, broché, bon état

Tome 3 seul (sur 4). — "Singulier Alfred Sauvy. Peu d'hommes ont poussé aussi loin que lui le refus de toutes les complaisances, l'opposition à tous les conformismes. Et peu d'hommes ont poussé aussi loin que lui le souci de s'en tenir aux sources brutes de l'information économique. Alfred Sauvy s'efforce d'observer l'histoire économique au moyen de l'analyse statistique critique. Sa matière à lui, c'est le chiffre, mais elle n'est pas moins explosive que l'homme." (Maurice Roy, L'Express) – "Scientifique et serein, Sauvy est d'une férocité savoureuse. On ne le lit pas, on le déguste." (Louis Salleron, La Vie française) – "... Une enquête passionnante dirigée par Alfred Sauvy. Un travail indispensable pour la compréhension de l'histoire contemporaine." (Le Nouvel Observateur) – "La connaissance de ces années reste obscurcie par l'ignorance et, pis encore, par les préjugés. En tirant les leçons du passé, Alfred Sauvy sert l'avenir." (L'Expansion)

SOULIÉ (Michel).

La Vie politique d'Edouard Herriot. (Thèse).

Armand Colin, 1962, in-8°, x-626 pp, 15 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, bon état

"En publiant le livre de Michel Soulié sur la vie politique d'Edouard Herriot, la Librairie Armand Colin introduit en France un usage britannique : celui de consacrer aux hommes d'Etat de quelque renom, peu d'années après leur mort, une biographie fondée au moins en partie sur l'utilisation de leurs archives personnelles. Usage excellent, grâce auquel des documents privés qui risqueraient de s'égarer ou de demeurer enfouis dans le secret peuvent concourir à une meilleure connaissance de l'histoire récente et à la compréhension vivante du fonctionnement d'un régime. Mais usage qui comporte cependant certains inconvénients pour le biographe. Celui-ci contracte en effet envers ceux qui ont mis à sa disposition les papiers de l'homme politique disparu une sorte d'obligation morale, sinon d'écrire, au sens propre, un panégyrique, au moins de présenter les faits sous un éclairage aussi favorable que possible à son héros, et de ne formuler à l'égard de celui-ci aucune critique trop sévère. On saura justement gré à Michel Soulié de la parfaite honnêteté avec laquelle, à côté de ces louanges, il a rappelé les faits et cité les textes qui permettent de se faire de l'homme d'Etat radical une image sans doute plus exacte que celle qui se dégagerait seulement des jugements explicitement formulés par son biographe..." (François Goguel, Revue française de science politique, 1963) — L'enfance et les années d'apprentissage. - De la Mairie de Lyon au Ministère des Travaux publics. - Du Sénat de la guerre à la Chambre "Bleu horizon" de la victoire. - Genèse, combat et victoire du Cartel des gauches. - Premières épreuves du pouvoir, les Chequers et la conférence de Londres. - Triomphe à Genève. Premières difficultés à Paris. - La revanche des vaincus du XI Mai. - L'effritement du Cartel et le retour de Poincaré. - Servitudes et grandeurs de l'union nationale. - Années d'incertitude et nouveau rassemblement des gauches. - Le deuxième Ministère : Lausanne et Genève. - La chute : le désarmement, le problème des dettes. - De la demi-retraite à la nouvelle union nationale. - Montée, triomphe et décadence du Front Populaire. - La guerre, l'armistice, la déportation. - La bataille pour la liberté et le retour aux honneurs. - Le mentor de la République. - Les restes d'une voix qui tombe. - Conclusion : Herriot, la France et la République.

STAVISKY (Claude).

Stavisky était mon père.

P., Edition°1, 1995, gr. in-8°, 312 pp, 12 pl. de photos hors texte en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée, bon état

...1934, Alexandre Stavisky, l'escroc du siècle, se suicide « d'un coup de revolver qui lui a été tiré à bout portant » (Le Canard Enchainé)... « L'affaire » Stavisky éclabousse toute la classe politique, taxée de corruption... – ...1995, Claude Stavisky accuse : « Mon père a payé pour les autres et j'ai payé aussi... Aujourd'hui, je demande que justice soit faite...» — En 1933, 230 millions de francs – soit 1 milliard de francs de 1995 – sont tirés sur le crédit municipal de Bayonne en échange de bijoux volés ou faux. L'auteur de cette escroquerie du siècle : un certain Alexandre Stavisky, petit juif russe émigré d'Ukraine, devenu en quelques années la coqueluche du tout-Paris. Stavisky, aventurier-dandy de la finance, a su asseoir sa fortune et sa respectabilité sur la corruption de toute la classe politique de son temps. Stavisky, « l'homme aux 32 non-lieux », « l'Arsène Lupin de la IIIe République », distribuait des enveloppes aux ministres, aux députés, aux avocats, aux policiers, aux journalistes. Au moment d'être inculpé, il est « suicidé » parce qu'il en savait trop et qu'il gênait trop de gens. « L'affaire Stavisky » eut plusieurs conséquences : suicide d'un conseiller à la cour d'appel ; chute de deux gouvernements ; émeutes fascistes de février 1934, qui ont failli sonner le glas de la République. — Stavisky. Un nom lourd à porter. Claude Stavisky, le « fils de l'escroc », est marqué au fer rouge. Ce n'est pas facile , d'être le fils d'un homme dont on a sali le nom. « Petit Prince » du Claridge, aux temps de la splendeur de son père, Claude est interné abusivement en clinique psychiatrique, durant plus de treize ans, sur demande de sa mère. A sa libération, il devient prestidigitateur dans les cirques et les cinémas. — "Claude Stavisky (1926-2006), personnage hors du commun, savant dosage d’énigmatisme et de sympathie était une figure du milieu de l’illusionnisme. Pendant de longues années il a été membre de la Fédération Française des Artistes prestidigitateurs (FFAP) et du Cercle Français de l’Illusion Jules Dhôtel. Sa vie durant, il a exercé sa grande passion : la prestidigitation. Les clients des restaurants savaient-ils que l’illusionniste qui se produisait de table en table était le fils d’Alexandre Stavisky, héros d’une célèbre affaire qui provoqua en 1934 des émeutes et fit vaciller la république ? Magicien, Claude Stavisky fera partie de la grande famille du cirque Bauer de 1955 à 1958. Pendant quatre années il présentera sous le pseudonyme de Fougestas, puis Vitiskas, ensuite sous celui de Prince Frankestas et enfin Prince Stavisky, le poste de radio éclipsé, le bonneteau aux liquides, le cadre de Bacchus et une version personnelle du panier indien dans lequel il enfermait sa partenaire, la transperçait d’épées comme une pelote d’épingles et d’où elle ressortait souriante et indemne sous les applaudissements du public." (Ranky)

SUAREZ (Georges).

Soixante années d'histoire française. Clemenceau. I. Dans la mêlée. – II. Dans l'action.

Editions de France, 1932, 2 vol. in-8°, 275 et 351 pp, 32 pl. de gravures et photos hors texte, index des noms cités dans chaque volume, brochés, bon état

Nouvelle édition de "La Vie orgueilleuse de Clemenceau" revue, corrigée et augmentée. Cette copieuse biographie présente non seulement un portrait de Clemenceau, mais aussi le tableau d'une époque.

SUAREZ (Georges).

Soixante années d'histoire française. Clemenceau. 1. Dans la mêlée. Nouvelle édition de “La Vie orgueilleuse de Clemenceau” revue, corrigée et augmentée.

P., Jules Tallandier, 1933, gr. in-8°, 273 pp, 18 pl. de portraits, gravures et photos hors texte, biblio, index, imprimé sur beau papier, broché, couv. illustrée d'un portrait en médaillon de Clemenceau jeune, pt mque au coin du 1er plat, bon état. On joint un article de presse d'Emile Buré sur “Le Vrai visage de Clemenceau” daté du 5 juin 1946

Premier volume seul (sur 2) : La vie et la carrière de Clemenceau de 1852 aux élections du 20 août 1893.

VIPLE (Jean-François).

Sociologie politique de l'Allier. La vie politique et les élections sous la Troisième République. (Thèse).

P., LGDJ, 1967, gr. in-8°, xiii-354 pp, préface de Marcel Prélot, index biographique, biblio, 2 index, broché, bon état, envoi a.s.

"L'Allier appartient au bastion de l'extrême-gauche, situé au Nord et à l'Ouest du Massif central. Il s'agit d'un département dont la structure sociale présente plusieurs traits originaux, liés à la fois à l'existence d'une grande propriété foncière, souvent exploitée jadis par des métayers dépendant d'un « fermier général », à la présence de bûcherons et d'ouvriers du bois dans la région de la forêt de Tronçais, et au développement industriel précoce de la région de Montlucon-Commentry, conséquence de la présence de mines de charbon dont l'exploitation n'a perdu que récemment l'importance qu'elle avait eue dans la seconde moitié du XIXe siècle. La psychologie politique des paysans du Bourbonnais nous est connue à la fois par le précieux document que constitue “La vie d'un simple” d'Emile Guillaumin, et par les pénétrantes analyses de Daniel Halévy, dans ses “Visites aux paysans du Centre”. L'histoire de la vie politique locale a été étudiée en outre, avec beaucoup de précision, par Georges Rougeron, dont les nombreuses publications relatives au mouvement socialiste dans l'Allier, à la composition et au rôle du conseil général, ainsi qu'à la représentation parlementaire du département depuis la Révolution, constituent une somme dont on aimerait trouver l'équivalent dans d'autres régions. Mais aucune étude systématique de la vie politique et électorale dans l'Allier n'avait été entreprise avant que Jean-François Viple n'ait décidé de consacrer sa thèse de doctorat (menée à bien sous la direction de Marcel Prélot) à la sociologie politique de son département natal sous la Troisième République : le livre qu'il a écrit sur ce sujet comble donc une lacune, et figurera fort honorablement dans la liste des monographies départementales publiées depuis une quinzaine d'années. Ce n'est pas seulement d'une étude électorale qu'il agit. Avant d'analyser les scrutins et leurs résultats, J.-F. Viple a consacré, en effet, la première moitié de son ouvrage à faire le tableau – un tableau complet, nuancé et précis – du milieu géographique et historique et, selon une distinction fort heureuse faite par M. Prélot, des influences spontanées et des forces organisées qui se sont exercées dans ce milieu en matière politique et sociale. Le lecteur connaît donc déjà bien l'Allier de la Troisième République lorqu'il aborde l'histoire et la géographie des élections qui s'y sont déroulées, et il se trouve parfaitement préparé à l'interprétation d'ensemble de ces scrutins qui lui est proposée en conclusion. (...) Le livre de J.-F. Viple, on le voit, abordant à peu près tous les aspects de la vie politique du Bourbonnais entre 1871 et 1939, constitue un apport très utile à la connaissance de la vie politique française pendant cette période, non seulement sur le plan des élections, mais sur ceux de la sociologie des partis, du rôle de l'Eglise, et de la psychologie politique des diverses classes sociales." (François Goguel, Revue française de science politique, 1968)

WELLHOFF (Edmond).

Autour du député moyen.

Fasquelle, 1932, in-8°, 200 pp, illustrations de Cabrol et croquis de l'auteur, broché, état correct

"Nous ne savons pas grand chose d'Edmond Wellhoff, né en 1900 : il fait des études à la Faculté de Droit, à l'École des sciences politiques, il täte du journalisme, est attaché au cabinet de plusieurs ministres du travail : Loucheur, Frot, Grinda, Dalimier, d'autres ministres ; entré au ministère du Travail en 1926, il devient chef-adjoint de la main-d'oeuvre étrangère (1926-1932), il sera contrôleur général des assurance sociales (1932-1952), puis chef de service du contrôle général de la Sécurité sociale : en 1959 il était commandeur de la Légion d'honneur. Mais ce bon bureaucrate a rédigé un petit livre malicieux qu'on a bien oublié “Autour du député moyen” (1932), on devrait le rééditer : car c'est un bon témoignage sur la vie du Palais-Bourbon dans les années 1930, un regard amusé sur les moeurs politiques de cette époque heureuse, où les partis n'existaient pas vraiment. vraiment. Ce ne sont que des croquetons, des pochades adroites (il faut lire le « Cagibi des belles Madames »), mais les politistes ont tout intérêt à le lire, même aujourd'hui : cette philosophie souriante n'est plus guère de mise. Wellhoff n'a qu'un but, nous amuser." (Guy Thuillier, La Revue administrative, 2007)

WORMSER (Georges).

La République de Clemenceau.

PUF, 1961, in-8°, 522 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

"Ce livre n'est pas une biographie de plus. Le titre le dit bien. En fait, à part quelques remarques qui expliquent l'influence du père de Clemenceau et quelques pages sur ses amis, l'auteur a entièrement écarte la vie privée de son héros. II ne donne pas non plus un tableau d'ensemble de l'évolution de la République française parallèlement à l'existence de Clemenceau. II aurait fallu refaire pour cela presque toute l'histoire de la Troisième République, puisqu'il entre dans la vie publique en 1870 et vit jusqu'en 1929. Parlant de la République telle que la concevait Clemenceau, le biographe s'attache à montrer comment les idées ont guidé l'action du militant et de l'homme d'Etat. Sa doctrine politique n'a rien d'original, sinon la conviction absolue et la passion avec lesquels il la défend, c'est-à-dire le tempérament même de l'homme. La foi républicaine s'exprime tout entière dans un programme électoral de 1876 : «Le but, c'est l'accomplissement de la grande rénovation de 1789, abandonnée par la bourgeoisie française, la réalisation de la République dans l'ordre politique comme dans l'ordre social, par la substitution d'institutions républicaines aux institutions monarchiques» (p. 59). Et les réformes en découlent naturellement, parmi lesquelles la liberté de presse et d'association, l'instruction primaire, laïque, gratuite et obligatoire, la séparation des Eglises et de l'Etat, le service militaire égal pour tous. Sous la fidélité au credo républicain, on ne peut s'empêcher de discerner une certaine dichotomie dans le caractère de Clemenceau. Antibourgeois et individualiste au point d'avoir été souvent tenu pour anarchiste ou aristocrate, il ne s'affirme pas moins en toutes circonstances résolument légaliste. Voilà un trait qui le lie à la classe qu'il méprise. En dépit de sa liberté intellectuelle, en dépit de l'influence de Blanqui, il reste un homme d'ordre. «Son socialisme de coeur va peu à peu s'effacer devant un certain autoritarisme de raison», selon l'excellente formule de M. Wormser. Le même homme, qui envoie la troupe contre les grévistes et qui refuse aux fonctionnaires le droit de se syndiquer, ne cesse de proclamer sa sympathie pour la classe ouvrière et fait voter en 1919 la loi instituant la journée de huit heures. Au fond, il est beaucoup moins positiviste et héritier de la Révolution qu'il ne le croit – et son biographe avec lui. Sa conception de la democratie reste foncièrement idéaliste. II admire en elle ce que les marxistes dénoncent sous le nom de démocratie formelle. Après avoir fait la synthèse de la pensée de Clemenceau, M. Wormser retrace sa carrière de la mairie de Montmartre, à la veille de la Commune, jusqu'à la retraite amère qui suit la victoire. Tranchant le plus souvent en faveur du Tigre, il expose cependant avec objectivité et en détail tous les cas où son action a été discutée ou mal comprise : le scandale de Panama, l'affaire Dreyfus, la politique coloniale, les deux présidences du Conseil. Son ouvrage contient en annexes plusieurs documents inédits qui éclairent des étapes importantes de la vie de Clemenceau, ainsi que d'utiles précisions bibliographiques sur son oeuvre littéraire et journalistique. II est illustré de quelques photographies fort bien choisies et fort bien reproduites. Comme chef de cabinet et ami de Clemenceau, l'auteur a noté des conversations et il a pu consulter des papiers privés. L'admiration légitime qu'il éprouve pour son ancien patron l'a conduit quelquefois à exagérer ses mérites. II y a des traces de rhétorique dans ce livre chaleureux, mais parfois un rien prolixe. Mais, par la valeur et l'abondance de sa documentation, par le sérieux de ses sources, M. Wormser a constitué un dossier indispensable aux futurs historiens de la Troisième Republique." (Gustave Moeckli, Revue suisse d'histoire, 1961) — Par Georges Marcel Wormser (1888-1978), ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de lettres. Officier, il est deux fois blessé au front durant la Première Guerre mondiale. Il est membre du cabinet de Georges Clemenceau quand ce dernier est pour la seconde fois président du Conseil en novembre 1917 puis son chef de cabinet de décembre 1918 à février 1920. Il est aussi secrétaire de la délégation française lors des négociations du traité de Versailles. À la mort de Clemenceau dont il a été un des plus proches collaborateurs et dont il a toujours défendu la mémoire, il fonde la société des amis de Georges Clemenceau dont il devient le président. Il est chef de cabinet de Georges Mandel quand il est ministre des PTT de novembre 1934 à juin 1936. En 1936, il fonde la Banque d'Escompte qui deviendra plus tard la Banque Wormser Frères. En 1961, il publie son ouvrage le plus célèbre La république de Clemenceau pour lequel il reçoit les félicitations du général de Gaulle : « Il n'est pas de meilleur moyen de servir sa mémoire que de faire connaître sa vie, son action, sa passion... »

ZEVORT (Edgar).

La France sous le régime du Suffrage universel.

P., Ancienne Maison Quantin, Librairies-Imprimeries réunies, s.d. (1894), gr. in-8°, 263 pp, excellente iconographie comprenant 118 portraits et gravures dans le texte et à pleine page, reliure pleine percaline carmin de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés et fleuron en noir, 1er plat illustré d'une vignette et de deux branches dorées, trace de mouillure ancienne au bas des plats, sinon bon état (Coll. Bibliothèque d'Histoire illustrée)

"La proclamation du suffrage universel en France date de 1848 ; à partir de cette époque, le peuple prit ou crut prendre une part prépondérante au gouvernement du pays. M. Zevort passe successivement en revue les événements politiques de la seconde moitié de notre siècle et cherche à en dégager les progrès de « l'éducation » du suffrage universel. La conclusion qui s'accuse au dernier chapitre est que toute autre forme gouvernementale que la forme républicaine est incompatible avec la pratique loyale du suffrage universel. (...) Le résumé de l'histoire de ces cinquante dernières années est exposé avec clarté et méthode, et les questions de politique étrangère sont abordées avec tact et clairvoyance." (Revue des questions historiques, 1895) — Histoire sociale et politique du suffrage universel, de son instauration en 1848 jusqu'à la fin du XIXe siècle, par Edgar Zevort (1842-1908), normalien, professeur d’histoire, puis recteur de l'Académie de Caen.

ZÉVAÈS (Alexandre).

Henri Rochefort, le pamphlétaire.

France-Empire, 1946, in-12, 283 pp, un portrait hors texte, annexes (généalogie, bibliographie des oeuvres de et des publications sur Rochefort), broché, bon état (Coll. Hommes et mouvements)

Victor Henri de Rochefort-Luçay (1831-1913), mieux connu sous le nom d'Henri Rochefort, est un journaliste, auteur de théâtre et homme politique. Grand polémiste dans les pages de ses journaux (La Lanterne, La Marseillaise, L'Intransigeant), il défend des options politiques radicales voire extrémistes (anticlérical, nationaliste, favorable à la Commune, boulangiste, socialiste et antidreyfusard) qui lui vaudront le surnom de « l'homme aux vingt duels et trente procès », et des condamnations, notamment au bagne en Nouvelle-Calédonie, dont fait unique, il parvint à s'échapper en 1874.