Référence :95720

Sur la querelle du théâtre au temps de Leandro Fernandez de Moratin. (Thèse).

ANDIOC (René).

Tarbes, Imp. Saint-Joseph, 1970, gr. in-8°, 721 pp, 4 pl. d'illustrations, broché, bien complet du feuillet d'errata volant, bon état

Par René Andioc (1930-2011), ancien membre de la Casa Velasquez, puis professeur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Pau. — "En dépit des travaux importants qui ont été publiés, en France tout particulièrement, depuis une vingtaine d'années sur l'Espagne de la seconde moitié du XVIIIe siècle, portant sur la littérature aussi bien que sur l'histoire des idées, il faut reconnaître que cette période nous est encore fort mal connue. Dans bien des domaines, nous continuons à être influencés par les jugements partiaux et l'attitude polémique des historiens et des critiques du XIXe siècle. C'est précisément l'un de ces domaines, celui du théâtre, que René Andioc a choisi d'éclairer d'un jour nouveau. Quelles étaient donc les pièces qui attiraient le public ? Telle est la question à laquelle René Andioc s'efforce de répondre. S'appuyant constamment sur des chiffres et des documents de première main, le plus souvent inédits, l'auteur montre que le public recherchait avant tout un spectacle complet, varié, polyvalent, à grande mise en scène, d'où la faveur dont jouissaient incontestablement les « comedias de teatro », et plus particulièrement, les « comedias de magia ». Mais René Andioc ne se contente pas de ces constatations, il ne borne pas son étude au cadre étroit de l'esthétique dramatique, artificiellement isolée : il s'efforce toujours de replacer le théâtre dans les conditions de vie et les conceptions morales des différentes classes de l'époque, et de mettre en lumière l'interaction de l'esthétique dramatique et de la psychologie sociale qu'il analyse avec beaucoup de lucidité. Le théâtre, est d'ailleurs maintes fois utilisé par le pouvoir comme un instrument de propagande pour exhorter le public au travail, pour prêcher la vertu, la résignation et l'obéissance, pour honorer le paysan ou l'artisan : certaines pièces comme « Los menestrales », « El barón » et « La comedia nueva » reflètent ainsi l'idéologie de l'élite éclairée. (...) Ce compte rendu ne saurait donner qu'un mince aperçu de la richesse, de l'originalité et de l'exceptionnel intérêt que présente l'étude de René Andioc. Si nous avons insisté sur les aspects sociaux et idéologiques beaucoup plus que sur les problèmes d'esthétique proprement littéraire, qui ne sont cependant aucunement négligés, nous n'avons fait, en cela, que suivre les choix, qui nous paraissent en l'occurrence pleinement justifiés, de l'auteur lui-même. L'abondante documentation inédite qu'elle apporte, les perspectives nouvelles qu'elle ouvré dans de multiples domaines, feront désormais de cette thèse un ouvrage de base indispensable pour toute étude sérieuse sur le XVIIIe siècle espagnol." (Jacques Soubeyroux, Caravelle. Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 1972)

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