Référence :31763

Où la mémoire s'attarde.

AUBRAC (Raymond).

Odile Jacob, 1997, gr. in-8°, 373 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état. On joint une coupure de presse de 2007 sur Raymond Aubrac

Héros de la Résistance, adjoint du chef de l'Armée secrète, plusieurs fois arrêté, plusieurs fois évadé, Raymond Aubrac est l'un des derniers survivants du rendez-vous de Caluire, au cours duquel Jean Moulin fut arrêté. Sur ces événements et son parcours politique après-guerre, ses rencontres avec de Gaulle, ses quelques années auprès des communistes, son rôle essentiel dans les négociations secrètes qui ont accompagné la guerre du Viêt-nam, ses travaux au sein de l'ONU, il apporte ici un témoignage inédit, essentiel pour l'histoire de notre temps. — "Ceux qui attendaient avec impatience la publication des Mémoires de Raymond Aubrac ne seront pas déçus par ce livre tout en réserve et en pudeur contenue, qui retrace un demi-siècle d'histoire proche – et pas n'importe laquelle – : un « parcours de vie » compris entre les années de formation, autour de 1930 et celles de la retraite active venue à la FAO, en 1976. Comme un certain nombre d'élèves de grandes écoles de même milieu bourgeois que lui, il avait été très tôt attiré par le Parti communiste, mais il ne franchira définitivement le pas qu'après son entrée dans la Résistance, qu'il rejoint, à Lyon, dès l'automne 1940, au côté de l'impavide Lucie, sa jeune femme, dont il avait fait connaissance avant-guerre dans des centres d'étudiants communistes. En 1941, Raymond Aubrac occupe une place importante au sein du mouvement Libération-sud avec Emmanuel d'Astier, mais il accède aussi à des postes de responsabilité dans la coordination des mouvements de zone sud: à l'automne 1942, le général Delestraint le charge des problèmes d'armement de la future Armée secrète, et c'est à ce titre qu'il deviendra un des interlocuteurs privilégiés de Jean Moulin, avec lequel il sera arrêté à Caluire, le 21 juin 1945. Il nous donne ici un témoignage saisissant de sa vie de condamné à mort en sursis, entre les mains du sinistre Barbie, qui le poursuivra de sa haine par-delà la mort, quelque cinquante ans plus tard, dépité d'avoir été joué par l'évasion spectaculaire du « boulevard des Hirondelles » montée de toutes pièces par Lucie Aubrac. On trouve ici aussi d'utiles indications sur le séjour que Raymond fit à Alger auprès du gouvernement provisoire. Il décrit son accueil mitigé dans les sphères officielles et son envoi comme commissaire de la République de la Libération à Marseille : une entreprise périlleuse, rapidement interrompue par un rappel (janvier 1945), et que ne compensera pas dans son cœur la réussite du déminage de la France entre la fin de cette année et 1948..." (Claude Lévy, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1997)

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